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confie le gouvernement des Indes m ; ut il' « , si son abdication n'eût empêché l'exécution de ce projet. Chargé par le gouvernement provisoire de Hollande d'aller porter à l'empereur cette nouvelle, et d'apprendre ses intentions à l'égard de ce pays, Jansscns cul un entrelien «le plusieurs heures avec Napoléon, ipli, après avoir écouté attentivement ses réponses à une foule de ttuesliotis qu'il lui avait adressées sur la situation intérieure de la Hollande, garda d'abord un long silence qui laissait le général Jansscns dans une pénible Incertitude, puis finit par rédiger luimême le décret qui réuni) la Hollande à l'empire français (!) juillet 181Q). Dès cette époque, l'einpereur ne cessa de témoigner son estime à l'ancien ministre de son frère; il le lit d'abord porter sur le UMraU des lieutenants généraux on activité, et le nomma gouverneur général des anciens établissements de la Hollande dans les Indes orientales, en remplacement du général haendcls yroy. ce nom'. A son arrivée à Batavia, après une traversée de près de quatre mois 1 ïS 1 1 ; , Jansscns trouva une armée d'une force nominale assez considérable, mais où l'on ne comptait qu'un petit nombre d'Européens» b plupart invalides; le reste se Composait de nouvillcs levées javau, lises, mal disciplinées et mal commandées. La désertion et les maladies {une épidémie régnait alors à Batavia, achevaient de rendre les «m yens de défense iusiiHi.sinls en cas d'attaque îles Anglais; l'Ofhl, de trois mille soldats aguerris que l'empereur avait L'intention d'tnvnycr dans la colonie* troisci ntsseulcwenl parvinrent à cette destination. Ainsi faussons était ptuir la seconde fois condamné, malgré son dévouement et sa capacité, à céder devant la supériorité numérique des Anglais. Ce fut au mois de septembre I8H qu'ils parurent devant Batavia. Lord lliuto, gouverneur général des possessions anglaises dans les Indes, arrumpa-
gnait en personne cette expédition. La résistance
dcJanssens fut aussi brillante que malheureuse. Lorsque, dans la journée du 2d .septembre, il se vit impc'tueiiscm; ut attaqué dans ses retranchements, nue forte explosion se fil eiiteiube. C'était nue redoute que le major Mullcr avait juré la v Cille, eu quittant sou général, de faire plutôt sauter en Pair avec lui et toute >a troupe, que de la rendre à l'ennemi : il tint parole et trouva une mort glorieuse sous les débris de celte redoute, qui ensevelit à la fois ses braves compagnons d'armes et les assaillants. Tant d'héroïsme bit inutile; les Javanais, frappés d'une terreur panique, prirent la fuite de toutes parts. Jansstiis, oblige d'ordonner la retraite, faillit être tu ! par un dclachemeat de cavalerie anglaise; il ne dut la vie qu'à la générosité du commandant ennemi, qui, n'aspirant qu'a le (aire prisonnier, le protégea contre ses troupes, Irritées de la résistance di s Hollandais. Parvenu a Ikiitenxorg, après avoir incendié sur sa roule des magasins d'épicerie, Jaus- SCnS refusa la capitulation qui lui lut olftrle par
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lord Minto. Comme il ne pouvait tenir d m s cette position avec le peu de troupes qu'il conservait encore, il se porta sur Samarang, où il ra&ut des princes indiens quelques renforts qui l'abandonnèrent à la première attaque. Ne se trouvant entouré <pie d'un petit nombre d'officiers, il fut obligé de capituler avec l'ennemi, qui alors lui imposa de dures conditions. Il fut transporté comme prisonnier en Angleterre avec son ét iiuiajor, tandis que ses autres officiers furent relégués au Bengale. Au mois de novembre 1812, il lui fut permis de se rendre en France, sur sa parole de ne point servir contre la (Îraude-Bretagne qu'il ne fut échangé. En arrivant à Paris, il demanda que sa conduite fût jugée par un conseil de guerre. « J'ai moi-même examiné votre affaire, « lui dit Napoléon ; je vous ai justifié rompléte- » ment, et je vais vous employer à l'intérieur. » Eu elïet, il fut nommé au commandement de la 3!r division militaire, dont le chef-lieu était à Ootlingtie ; il fol en outre indemnisé île ses perles et créé baron d'empire. Le générai Jjnssens se signala par la sagesse avec laquelle il réprima, sans effusion de sang, uuf insurrection qui avait éclate dans l'Oosl-Erise ; il protégea même contre le ressentiment des Français le comte de Bcnlinekîtoon, qui était tombé dans leurs mains à la suite du soulèvement de ses anciens vassaux. Des frégates anglaises avant paru devant Hambourg, Janssens, qui prévoyait la possibilité qu'un ordre lui cujoignlt d'agir contre ces forces, rappela au gouvernement français qu'il n'était pas encore échangé, et que par conséquent l'honneur s'opposait a ce qu'il fut employé de ce coté. L'empereur approuva ce scrupule, et (H passer sur-hchamp l'honorable général à Indivision militaire, à Méziëres. C'est la qu'il recul enfin l'acte de sou échange, au mois de février 1813. L'atinée suivante, au mois de mars, sur l'ordre qu'il en avait reçu, il Délaissa dans les places fortes de sa division que le tiers des troupes, et vint avec le resle, qui se moulait a six mille hommes, joindre l'empereur à Beiius. Napoléon voulut alors lui donner le commandement d'une division d'infanterie sous les ordres «lu maréchal Ney ; mais Janssens allégua sou peu d'expérience pour faire mouvoir de grandes masses devant des ennemis si nombreux. Ce refus modeste ne parut point déplaire, et l'empereur voulut le renvoyer a Méziëres avi c >U > pouvoirs très étendus. Nouveau reTus du' général» qui objecta que dans celle position il aurait saus doute les Hollandais à combattre, et qu'il nepourtait s'y résoudre : alors l'empereur lui dit d'aller attendre à Paris que les circonstances changeassent. II y resta jusqu'à l'entrée des allies, en conservant toujours ses appointements, et donna msuite sa démission du service de France. Rentré dans sa pairie en avril 1814, il offrit ses service! au roi des Pays-Bas. Ce prince, oubliant que Janssens avait servi le parti opposé au sien, pour ruse rappeler que les blessures qu'il avait revue» tu
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1705 en combattant sous ses ordres , lui conserva le grade de lieutenant gênerai , et le chargea de coopérer à l'organisation de l'année du nouveau royaume des Pays-Bas. Janssens y fut ensuiîe charge' de l'administration de la guerre , avec letitre de commissaire gênerai et le rang de scerétaire d'État; mais, sur sa demande réitérée, le roi accepta sa démission de cette place; et depuis lors ce gênerai a vécu dans la retraite. Il est mort le 1er juin 1855, laissant peu de fortune à sa famille, mais la réputation la plus honorable. Il avait à des époques antérieures éle'sueeessivement nommé commandant et gran.l-croix des ordres de l'I nion et de la Réunion , officier, puis commandant et grand officier de la Légion d'honneur, grade dans lequel il fut confirmé par Louis XVIII; enfin le roi des Pays-Ras le créa grand-croix et chancelier de l'ordre militaire de Guillaume, et lui conféra le titre d'écuyer pour lui et ses descendants. D — a — n.
JANT (Jacques de), chevalier servant de l'ordre de Malte, intendant et garde du cabinet des raretés de Monsieur, frère de Louis XIV, garde général des frontières du royaume et commissaire de la marine, naquit à Rijon, en IfirîG, de Pierre de Jant, trésorier de France au bureau des nuances de celle ville. Outre les fondions que nous venons d'indiquer, le chevalier de Jant remplit plusieurs mission* à la cour de Lisbonne, où le duc de Vendôme, surintendant général de la navigation en France, l'avait chargé de représenter la. marine française. Le roi lui accorda un brevet de conseiller d'État, en récompense doses services. C'était un homme instruit , mais qui négligea un peu les éludes sérieuses et s'adonna de préférence aux curiosités. Il a publié : 1" Histoire d'Osman, fils du sultan Ibrahim, empereur des Turcs et frère de Mahomet IV, qui est celle du R. P. Ottoman, de Tordre des frères prêcheurs , Paris, IGG3, in-21, Jean Cusson. Cet opuscule est dédié à S. A. R. Monsieur, frère du roi. 11 a été réimprimé à Paris en 1670, Loyson, in-12, arec plusieurs additions concernant l'histoire des Turcs, où il est décrit le combat naval des chevaliers de Alalthe , les intrigues du serrait et de la Poite au sujet de la sultane et de sou fils : et l'histoire du sultan Jacayi , avec un abrégé de l'histoire des Turcs jusqu'à présent. Tout le monde sait que ce père Ottoman ne ffit jamais (ils du sultan Ibrahim, et que sa mère, prise avec lui par les chevaliers de Malte le 28 septembre 1644, n'était pas une sultane, mais seulement la femme d'un riche musulman qui se rendait en pèlerinage à la Mecque. Mais, en qualité de membre de l'ordre, Jacques de Jant ne pouvait démentir un conte si fort à sa gloire. 2° Théologie curieuse contenant la naissance du monde, arec douze questions belles et curieuses sur ce sujet, traduites du docteur Osorio, Portugais, Dijon, P. Palliot, 16fiG, in-12 ; 3" la Méduse, bouclier de Pallas. ou défense pour la France contre un libelle intitulé le Bouclier d'État pour ce qui concerne le Portugal. Traduction imprimée
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probablement à Dijou, chez Palliot, 1 GGH , avec épitre dédicatoire au roi et préface. -1° Prédictions tir,'r$ des centuries de Xnstradamux, qui vraisemblablement se peuvent appliquer au temps présent et à la guerre qui r* commencer entre la France et l'Angleterre contre les Provinces Unies, in-4",sans date; 5° Prophétie de Xostradamus sur la longueur des jours et la félicité du règne de Louis XIV, sans nom df lieu ni «l'imprimeur, in- î" île 25 pages. Celle prophétie n'est pas de Xoslradamus, mais de Vincent Sève, de Reaucaire, et Tut dédiée à Henri IV en 1G05. Le chevalier de Jant avait en outre laissé à sa famille un manuscrit in-folio , contenant ses instructions cl négociations à la cour de Portugal. Ce manuscrit passa dans la bibliothèque du président Rouhier, et de là, probablement dans celle de Troyes. Jacques de Jant mourut en septembre If>7f>, âgé de 50 ans. On peut consulter sur lui Papillon, Bibliothèque des auteurs de Bourgogne. IL R — k.
JANTLT (Antoine-François-Xaviei»), mathématicien, né le fi mars 1 7 i7 au Rief-du-Fourg, dans les nioul, ignés du Jura, montra dès son enfance la plus grande aptitude pour les sciences. Ses parents , quoique peu aisés, ne négligèrent rien pour cultiver les dispositions qu'il annonçait. Après avoir terminé ses études, il embrassa l'état ecclésiastique, <l fut chargé en 1708 de l'enseignement du latin dans la maison des orphelins à Pôle. Ce fut vers cette époque que parut le Traité d'hydrodynamique de Rossut Cet ouvrage lui étant tombé entre les mains, il le lut avec empressement, et fit part de ses observations à l'auteur, qui voulut l'attirer à Paris par la promesse d'une plaec avantageuse. L'abbé Jantet remercia Rossut de ses offres : toute son ambition se bornait à consacrer sa vie à l'instruction publique dans sa province. Enfin il obtint au concours, en 1773, la chaire de philosophie du collège de Pôle. Ses succès dans la carrière de l'enseignement sont attestés par le nombre prodigieux d'excellents élèves sortis de son école : il avait à leur égard la tendresse d'un père, excitait leur émulation par des récompenses, et prenait sur ses modiques appointements pour aider ceux qui manquaient de fortune. Lors de la suppression du collège de Dole, il fut nommé à la chaire de mathématiques transcendantes de l'école centrale du Jura, et passa avec le même litre au lycée de Resançon à l'époque de sa création. Ses amis s'apercevaient depuis quelque temps de l'affaiblissement de sa santé, et lui conseillaient de prendre du repos; mais ri; n ne put le déterminer à suspendre ses leçons. Victime de sou zèle , il fut enlevé aux sciences et à ses amis par un coup d'apoplexie en 1803. Sa mort excita des regrets universels. L'abbé Jantet avait des connaissances très-variées ; il aimait les langues, et en avait fait une étude particulière; il se délassait de ses travaux en composant des pièces de vers pleines de naïveté et de sentiment. Le seul ouvrage qu'il ait publié est un
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Traité élémentaire de mécanique , Dôle, 1783, in-8°, qui fut favorablement accueilli des connaisseurs. If a laissé en manuscrit quelques Opuscules mathématiques, entre autres un Traité d'arithmétique. dont la publication était vivement désirée par ses collègues , et un Dictionnaire étymologique des mots français dérivés de l'hébreu, demeuré incomplet. L'abbé Requct, son ami, a publié une Notice nécrologique sur l'abbé Jantel, Besançon, 4803, in-8°, el M. Rosset, son compatriote, a sculpté son portrait en bas-relief. W — s.
JAMS PANNOMt'S. Voyez Cisingk.
JANVIER (Bon Renê-Ahbroisk \ né en 1611 à Ste-Osmanne, dans le Maine, entra dans la congrégation de St-Maur en 1637, et fit de grands progrès dans l'étude de la langue hébraïque, qu'il professa pendant plusieurs années à l'abbaye de Vendôme et ailleurs. Ce pieux et savant religieux mourut à St-Cermain des Prés le 23 avril 1682, âgé de 08 ans. Nous avo*t de lui : 1° Une Elégie en vers hébraïques, sur la mort de Jérôme Bignon, 1636 , imprimée à la suite des Formules de ithrculphe, édition de 1666. 2° Rabbi Daeidis Kimchi commenlarii in Psalmos, ex hebraeo latine redditi, Paris, 1669, in-4u. Cette traduction est estimée ; c'est la seule complète que nous ayons de ces commentaires, qui sont utiles |>our l'intelligence du sens littéral des Psaumes. Dora Janvier est aussi l'éditeur des OEucres de Pierre de Celles, évèque de Chartres, Paris, 1671 , in- 1°, avec une préface du P. Mabillon. I — u.
JANVIER (le Père), chanoine régulier de St- Symphorien d'Autun , s'est fait connaître par un Poème sur la Conversation, Autun , 1742, in-8°. C'est une imitation ou plutôt une paraphrase du poenic latin que le P. Tarillon, jésuite, avait publié sous le titre d'Ars confabulandi . L'ouvrage du P. Janvier, imprimé en province, fut peu répandu ; et un M. Cadot , le croyant parfaitement oublié, quinze ans après, jugea convenable de le reproduire sous son nom, et, se contentant d'y changer une vingtaine de vers, il l'intitula L'Art de contt rstr, pol'me, Paris, veuve Delormel, 1737, in-8°. Cadot mourut la même année : son plagiat, longtemps inconnu , a été dévoilé dans la Décade ou llerue, n° du 11 avril 1807, p. 88 et suivantes {coy. aussi les notes du poème de la Conrersation, par Jacq. Delille, 1812, p. 173 de l'édition in-8<\ On y a inséré un échantillon du poème du P. Janvier , qui peut suffire pour juger à la fois le poème français et le poème latin du P. Tandon. Z.
JANVIER (Aktide), célèbre horloger, né à St-Claude, le 1" juillet 1731, était Lis d'un simple laboureur qui s'était fait de lui-même horloger, et qui contribua beaucoup à étendre cette branche d'industrie dans les montagnes du Jura. Son père, dont il a parlé plusieurs fois avec enthousiasme dans ses ouvrages, lui donna les premières notions de la mécanique. Il eut ensuite pour maître l'abbé Tournier (eoy. ce nom), qui
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lui enseigna les éléments du calcul des rouages par une méthode dont il était l'inventeur. Doué d'une mémoire prodigieuse , en quittant cet homme extraordinaire Janvier écrivait ses leçons, qu'il a publiées textuellement bien longtemps après dans la deuxième édition du Recueil de ses machines. L'éclipsé du 1rr avril 1761 lui inspira un goût irrésistible pour l'astronomie; et, avant sa quinzième année , il avait exécuté , d'après le système de l'abhJ Tournier, une sphère mouvante qui reproduisait toutes les révolutions des corps célestes. Il présenta cette ingénieuse machine, en 1768, à l'Académie de Resançon, dont les éloges fixèrent l'attention publique sur le jeune artiste. Les magistrats de cette ville l'accueillirent surtout avec une distinction inusitée, et, pour l'engager à s'y fixer, lui accordèrent des lettres de citoyen qui lui furent expédiées au nom de son père (1J, parce qu'il n'avait pas lui-même l'âge nécessaire pour qu'elles pussent l'être au sien. Après avoir passé à Besançon quelques années, qui furent sinon les plus heureuses, du moins les plus calmes de sa vie, il se rendit à Paris, pour s'y perfectionner par la fréquentation des artistes et des savants; il s'y lia particulièrement avec Ferdinand Berthoud et Lalande, dont les ouvrages avaient rectifié ses premières idées (2), et en reçut de sages conseils qu'il sut mettre à profit. En 1771 , il avait construit un grand planétaire de trois pieds de diamètre, représentant les inégalités de! planètes, leurs excentricités, la rétrogradation des points équinoxiaux , avec des rouages en racines de buis. Il perfectionna et exécuta en cuivre cette machine, réduite à dix pouces de diamètre, et eut l'honneur de la présenter au roi Louis XV, au mois d'octobre 1773, à Fontainebleau (5). Cette démarche n'ayant pas eu le résultat qu'il en espérait , il ne tarda pas à quitter Paris, et s'établit à Verdun, où il se maria en 1774. U y demeura dix ans, exerçant l'état d'horloger, mais au fond s'occupant moins de son commerce que de ses machines astronomiques -el des moyens de les perfectionner. Il revint à Paris en 1784, apjwrtanl de petites sphères que Lalande fil acheter pour le roi par M. «le la Ferlé, intendant des menus-plaisirs; et la même année, sur la recommandation de son zélé protecteur, il obtint le brevet d'horloger-mécanicien du roi, avec un logement au Louvre. En 1786, il composa une petite horloge à équation et à remontoir, la première de celle espèce. Au mois de février 1789,
I Claude-Etienne Janvier.
(21 - L'Btsai de I erd. Bcrtlioud et l'Aitronomi» de Li'ar.ct
* lurent le» preml.r» livre» qui rectifièrent m< » idée* erronée» et
• achevèrent de développer le» germe» d'un talent aont le» prou ducuori» sont aujourJbui la iT'ie de la cupidité. » [Ou rrrolultont dci corpt celt$lu, p. 36-i
(Si Le Jeune Janvier, qui voyait la cour pour la première M», eut l'un. -nid nrr de donner un démenti au vieux marrcbal de lticlielieu eu présence du roi Le courtisan offensé obtint «an» peine l'ordre d'enk-rnier a la bastille l'artiste ti-meraire, mai» If lieutenant de police, M de Sartine*, le fit avertir de quitter Tari», en lui accordant quinxe jour» pour vlaitet la capitale, t -iX.
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il présenta à l'Académie des sciences une grande horloge planétaire, la plus complète qui eût encore paru ; elle Tut acquise par Louis XVI pour vingt-quatre mille francs, et placée dans sa petite bibliothèque à Versailles (1 ). En 1792, il termina sa pendule «planétaire qui fut placée au Musée (Bièlioth. astrcnomiq.. p. 424). Quoiqu'il fût partisan des principes de la révolution , Janvier n'y prit aucune part. Mis à la téte d'une école d'horlogerie dont il avait sollicité la création, mais qu'il fut obligé de soutenir à ses frais, il partagea son temps entre les soins qu'il devait à ses élèves dont plusieurs lui firent honneur, et la construction ou le perfectionnement des machines qu'il imaginait. Il dut s'occuper aussi des questions soulevées par le nouveau système horaire proposé à la convention. Ce fut à la suite -de longues discussions qu'il eut à ce sujet avec Ferdinand Bcrthoud qu'ils adoptèrent ensemble le plan de l'horloge publique pour les communes de campagne, que Janvier publia plus tard. En 1800, il soumit au jugement de l'Institut une pendule à laquelle il travaillait depuis plus de douze ans, où il a représenté les inégalités de la lune, le changement de l'excentricité et le mouvement de l'apogée. Cette pendule , qui surpasse de beaucoup tout ce qui avait été fait jusqu'alors en ce genre, a été décrite par Lalande dans la Connaissance des temps pour l'an 12; et Janvier a donné lui-même les détails de sa construction dansl'tf<>toire de la mesure du temps par Berthoud , t. 2, p. 207-41 . A l'exposition de 1802, il présenta et valut à son auteur la médaille d'or. Janvier mit à l'exposition de 1819 trois pendules que le jury déclara « remarquables par la précision du travail « et par les combinaisons qui servent à indiquer « les divisions du temps, » et à celle de 1823, son horloge à secondes et à poids, qu'U regardait le plus parfait de ses ouvrages.
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(1) Janvier, que ion service d'horloger ordinaire appelait sans cesse auprès du roi, connaissant son goût pour la géographie, exécuta une pendule géographique indiquant l'heure dan» tous le> département» »an» qu'il y eût une seule aiguille »ur le cadran, qui représentait une carte de France d'une projection particulière. Cette machine, terminée au mois d'octobre 1791, fut portée aux Tuileries pour être présentée an roi , qui , depuis le 6 octobre lîS'j, y raii>ait aa résidence. Au jour indiqué, quelques instants avant que Louis XVI parut, la reine se présenta et désira voir la machine. M. de Brézé la conduisit près de l'artiste, qui, lui parlant pour la première fois, s'empressa de lui expliquer non ouvrage. La princesse écoula avec attention, puis demanda comment on voyait l'heure. Janvier loi fit d'abord remarquer le nom de la ville de Paris sur la carte, et observer ensuite que le méridien qui la traversait descendait, sur l'échelle de» longitudes mobiles, i la minute actuelle. * Supposons, dit-il , « madame, que vous voulez connaître l'heure qu'il est dans un » autre lieu , i Metz, par exemple... » A ce mot, la reine, qui était baissée pour voir de plus près, se relève brusquement, fait un pax en arriére, en lançant un regard foudroyant sur l'artiste, et se retire avec ses deux enfants et M. de Brézé, qui la suit. Janvier reste interdit ; mais aussitôt il se rappelle le voyage de Metz, où le roi devait se rendre en fuyant de Versailles, le 21 juin, voyage dont le projet n'avait pu ëlrv mis i exécution ; et il ne douta plus que la reine eût pris l'indication faite au hasard de la ville de Metz pour «ne allusion mordante Deux minutes après Louis XVJ entra. Il vit avec plaisir la pendule, et s'en fit expliquer le mécanisme et Tusage. Il déclara lui-même en faire l'acquisition ; mais deux heures étaient i peine écoulées que Duret , homme de service au château, vint annoncée que le roi ne prendrait point la pendule. F - I I.
Il obtint dans ces deux expositions le rappel de la médaille d'or; et dans la dernière le jury termina son rapport sur les machines de Janvier en disant « que personne n'avait plus contribué à « porter l'horlogerie française à l'état de prospéi rité où elle est parvenue. > Cet appel à la générosité da gouvernement ne fut point entendu. Aucun ministre n'eut la pensée de venir au secours d'un artiste* dont les productions étaient depuis longtemps, comme il s'en plaint énergiquement, la proie de la cupidité, et qui s'était trop occupé de son art pour avoir pu songer à la fortune. Réduit pour subsister à vendre pièce à pièce ses livres, ses dessins, ses meubles et puis ses machines, il ne lui restait d'autre ressource, lorsqu'il tomba malade, que de solliciter une place à l'Hôtel-Dieu. Il y mourut le 23 septembre 1835, à l'Age de 84 ans (1). Dès le lendemain les journaux annoncèrent qu'une souscription était ouverte pour élernr un monument à sa mémoire; mais cet élan tardif en faveur d'un vieillard qu'il eût mieux valu secourir pendant sa vie , n'a pas eu de suite. Un des compatriotes de Janvier, M. Huguenin , jeune statuaire, dont on a déjà vu des ouvrages à diverses expositions, a modelé son buste. Précédemment son portrait avait été lithographie^ Janvier, qui , dès qu'il l'avait pu , s'était occupé de compléter sa première éducation, avait des connaissances très-variées; il se délassait de ses études sérieuses par la culture des lettres; et on a de lui quelques pièces de vers très-agréables. Son compatriote Guyétand (cvy. ce nom), avec lequel il avait été très-lié dans sa jeunesse, lui a adressé une èpitre sur le doute, l'une de ses meilleures productions. Reconnaissant des bontés qu'avait eues pour lui Lalande, il fit graver à ses frais le portrait de ce savant que l'on voit en téte du quatrième volume de Y Histoire des mathématiques par Montucla. Ce fut le même sentiment qui lui fit payer un dernier tribut à Ferdinand Berthoud en publiant, dans le Moniteur, une notice sur ce grand horloger. Naturellement bon et serviable, le malheur avait, dans ses dernières années, changé son caractère bienveillant en une sombre misanthropie. Kn composant son dernier écrit, la Description de ses machines, il eut évidemment pour but de se relever à ses propres yeux et de se rendre une justice que ses contemporains semblaient lui refuser. La première planche de ce volume représente la pendule astronomique qu'il avait exécutée avant sa quinzième année : « C'est par cet essai, dit-il, que j'ai ouvert « une carrière inféconde, où dans le pénible « cours de soixante années de travail , après avoir « sacrifié vingt-cinq mille francs à mon instruc- « tion et au plaisir de la répandre gratuitement ,
(1) Quelque» jours avant sa mort il disait : J'ai besoin de vivre encart deux ans txmr acktvtr des ouvrages commencés. Voilà donc un homme de génie qui , faute de secours , laisse , comme tant d'autres, des ouvrages imparfaits, et meurt dans la misère, de peines et de sacrifice». F— U.
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« je n'ai rencontré qu'un peu de gloire, l'aban- « don, la misère et l'oubli. » Plus loin il se compare à Pascal : « Enfant prématuré comme lui , i d'une aussi faible complexion, on ne sera pas « étonné que j'aie usé mon cerveau à de semblait blcs pensées ou qu'elles aient influé sur ma « vie (p. 31). ■ Ailleurs, il dit efleore : * La na- « turc m'avait doué «l'une force de tête rare, d'un « esprit fécond en ressources et d'une patience à « toute épreuve, puisque, né de parents sans « fortune , je n'ai rien pu acquérir que par mes « propres forces (p. 37). » Janvier était membre des Académies de Rouen et de Besançon et de plusieurs autres sociétés scientifiques et littéraires. Comme écrivain, on a de lui : 1° Ètrennes chronométriques pour l'an 1811, ou Précis de ce qui concerne le temps, ses divisions, ses mesures, leurs usages, etc., Paris, 1810, în-12. Cet ouvrage a été réimprimé sous le titre de Manuel chronométrique, etc., 181» cl 1821 , in-12 Jlvcc 3 planches. C'est, comme il en prévient dans l'avertissement, une reproduction de l'opuscule publié en 1759, par Pierre Leroy (eoy. ce nom), avec les changements que' le progrès des arts rendait indispensables. Le frontispice représente la colonne de la place Vendôme, dont Janvier aurait voulu faire un superbe gnomon; mais il reconnut qué la disposition des bâtiments delà nouvelle rue rendait ce projet impraticable. On y trouve (p. 19 de la 1 n édition) des réflexions très-remarquables sur la nécessité de l'observation du dimanche, indépendamment du précepte religieux. 2° Essai sur les horloges jnthltques f>our tes communes de la campagne, Paris, 1811, in-8», flg. Cet opuscule utile mérite d'être lu par les personnes auxquelles il est adressé. 3° Des révolutions des corps célestes jmr le mécanisme des rouages. Paris, 1812, in-4° avec 8 planches. La première partie de cet ouvrage se compose de la description du planétaire automate du célèbre Chr. Iluygcns, traduite du latin par Janvier lui-même qui, comme on l'a déjà dit, s'était, dès qu'il l'avait pu, occupé de compléter son éducation littéraire; il se plaint des horlogers qui s'approprient ses découvertes et nomme ceux qui font leur profit de ses dépouilles. 4° Ktogedes mathématiques, Paris, 1814, in-8°; 5° Précis des calendriers civilet ecclésiastique, ibid., 1824, in-S°; 0° Du pouvoir des tciences sur le bonheur des hommes, ibid., 1823, in-8" de 10 pages; 7" Recueil de machines composées et exécutées par Janvier, Paris, 1827, in-4° de 39 pages de texte avec 1 2 planches; reproduit eu 1828, ln-4°de 01 pages avec 13 planches. Cette seconde édition est augmentée des leçons de l'abbe" Tournier sur le calcul des rouages. Les machines de Janvier décrites dans ce volume sont , outre la pendule astronomique dont on a déjà parlé, une pendule représentant le mouvement vrai du soleil, exécutée en 17GG; et l'horloge à secondes et à poids admise à l'exposition de 1823. Il y a joint la quadrature et la description de l'horloge du cardinal de Granvelle
qu'il avait vue à l'hôtel de ville de Besançon où elle est encore, et qu'il regarde comme un des ouvrages les plus parfaits qui aient été exécutés à Nuremberg au 10» siècle. \V — s.
JAN VILLE ( Loiis-Kra>çois-Pierre Louvel) naquit en 1743, à Paluel, dans le pays de Caux. Il entra au service en 1739 : mais il ne tarda pas à quitter la carrière militaire pour suivre celle de la magistrature. Il occupa d'abord la charge de conseiller au parlement de Rouen, et fut ensuite nommé président de la chambre des comptes de cette ville. Envoyé à Caen pour présider au tribunal redoutable établi spécialement contre les faux sauniers cl les contrebandiers , il remplit cette place avec tant de modération , qu'il fit disparaître aux yeux du public tout ce qu'elle pouvait avoir d'odieui. Il répondit au ministre qui lui adressait des reproches sur son extrême indulgence qu'il comparait sa place à ces épouvantails qu'on met dans les arbres à fruits plutôt pour effrayer les oiseaux que pour les tuer. Pendant les orages de la révolution il exerça, avec un grand dévouement, plusieurs fonctions publiques, entre autres celles de membre du conseil général du département du Calvados et de maire de Caen. Il donna , comme administrateur des hôpitaux de cette ville, tous ses soins à la restauration «le ces utiles établissements. Les moments qu'il pouvait dérober aux affaires étaient consacrés à l'agriculture. Il s'atlachait particulièrement à multiplier les fruits de bonne qualité. 11 s'occupait beaucoup aussi de la culture des pommes de terre, dont il obtint une espèce de graine «l'excellente qualité, «|ui porte encore son nom. 11 avail composé sur les plantations un mémoire qui était le résultat de sa longue expérience dans les pépinières nombreuses qu'il avait formées. Il faisait sur la vigne et sur les abeilles des observations suivies, dont il se proposait de rendre compte au public, lorsqu'il fut enlevé par la mort dans sa terre d'Elerville, près de Caen, le 29 juillet 1808. Janvillc avait beaucoup d'enjouement de caractère, «le facilité d'esprit et de droiture de cœur. C'était à la fois un homme aimable et un homme de bien. Libéral sans être prodigue , il raisonnait en quelque sorte ses largesses; et sa bienfaisance, toujours dirigée par le discernement, tendait à inspirer l'amour du travail. Si l'on désire «les détails plus étendus sur sa vie, on pourra consulter la notice que l'auteur de cet article a lue à l.i société d'agriculture du Calvados, Caen, 1809, in-8°. L— ».
JAQUEL0T et non pas JACQUELOT (Isaac), savant théologien protestant , né à Vassy en Champagne le 10 décembre 1017, était fils du pasteur de celte ville. Son père prit soin de son éducation, et l'obtint, à vingt et un ans, pour adjoint au saint ministère. Jaquclot se distingua bientôt par son talent pour la prédication, et fut sollicité «le se produire sur un plus grand théâtre; mais il ne voulut point quitter son «fglise jusqu'au mo-
ment où h révocation de l'édit île Nantes l'obligea de chercher un asile dans les pays étrangers. Après avoir séjourné quelque temps à Heidelberg, où il reçut des marques d'estime de l'électrice palatine, il se rendit à la Haye, en 1686, et ne tarda pas d'y ohtenir un emploi. Enfin , le roi de Prusse, touché de son mérite, le fit venir à Berlin, pour y remplir les doubles fonctions de son prédicateur et de pasteur de l'Eglise française. Il mourut d'apoplexie en cette ville , le 20 octobre -1708, âgé de 61 ans. Jaquelot, dit un critique, avait du savoir, delà pénétration et du jugement : il manque quelquefois de méthode dans ses sermons, et son organe n'était point agréable; mais il se soutenait par la bonté des choses et par la manière de les dire. Son zèle pour les principes «lu christianisme l'entraîna dans des disputes avec llayle et Jurieu; et il en résulta, de part et d'autre, des écrits justement oubliés. Sa réputation repose principalement sur les écrits suivants : 1° Dissertation sur f existence de Dieu, la Haye, ■1697, in-4°; nouvelle édition, augmentée de là Vie de l'auteur et de quelques lettres (par Cabre- Pérau), Paris, 1744, 3 vol. in-12. L'abbé Houteville en parle avec éloge; et l'auteur des Trait siècles dit que ce traité est préféré à celui de Fénélon pour la méthode, la force et la chaîne, des raisonnements. 2° Dissertation sur ta Messe, où l'on prouve aux juifs que Jésus-Christ est te Messie promis, et prédit dans l'Ancien Testament, la Haye, 1699, in-88. Cet ouvrage est une suite du précédent ; mais il est moins connu , parce que l'auteur, obligé de rapprocher et de discuter un grand nombre de passages des saintes Ecritures, n'a pas pu se mettre à la portée de toutes les classes de lecteurs. 3* Traité de la térité et de l'inspiration des livres du Vieux et du Xouveau Testament. Rotterdam, 1715, in-8°. C'est le chefd'œuvre de Jaquelot; et l'on doit regretter qu'il n'ait pas eu le temps d'y mettre la dernière main. 4« Choix de sermons. Cenève, 1721, 2 vol. m - 1 -2 Plusieurs prédicateurs, dit encore l'auteur des Trois siècles, y Tjnt pris des morceaux, mais sans faire connaître la source où ils avaient puisé. Barbier (Dictionnaire des Anonymes, n° 4 0809 ) attribue à Jaquelot le Tableau du socinianisme , 1690, in-8°, contre le ministre Jurieu; mais Jaquelot l'a constamment désavoué. On peut consulter pour les détails son Eloge, par Bauval, dans l'Histoire des ouvrages des savants, décembre 1708; les Mémoires de Niceron, t. 6, et le Dictionnaire deChaufepié(roy. aussi les articles Bavi.e et JuaiFi). La Vie de Jaquelot, composée en français par David Durand, et demeurée longtemps manuscrite, a été imprimée à Londres, en 178.1, in-8». W — s.
JAQUET-DROZ. Voya Droz.
JAQPOT (Blaise), jurisconsulte, né vers 1580, à Besançon, d'une ancienne famille de robe, joignait à tous les avantages extérieurs d'heureuses dispositions pour les sciences. Après avoir terminé
ses études, il fut admis chez les jésuites; mais il ne tarda pas à les quitter, et renonçant à l'état ecclésiastique, il se livra à l'étude du droit avec autant d'ardeur que de succès. Il visita ensuite l'Italie, s'arrêta quelque temps à Turin, et, de retour dans sa patrie, fut pourvu d'une chaire à l'université de Dole. Il la résigna au bout de quelques années, afin de s'attacher au prince de Phallzbourg, qui levait des troupes pour l'empereur d'Allemagne : il sut mériter les bonnes grâces du prince, et fut nommé, sur sa recommandation, en 1624, doyen de l'université de Pont-à-Mousson. Jaquot soutint avec chaleur les privilèges de l'université contre, les jésuites, fit fermer leurs écoles de philosophie, et les restreignit à l'enseignement du latin. Les jésuites irrités résolurent de perdre Jaquot , et une circonstance singulière leur en fournil les moyens. Une fille de Nancy, qu'on disait possédée du démon, déclara publiquement qu'il y avait en Lorraine un grand magicien dont elle ne pouvait dire le nom : les jésuites ordonnèrent au démon qui tourmentait cette fille de désigner le magicien inconnu par une marque au visage; et le soir mémo, Jaquot, rentrant chez lui, fut frappé à l'endroit désigné. Le hruit de cet événement se répandit bientôt, et le malheureux doyen reçut du duc de Lorraine l'ordre de sortir de ses Etats dans un court délai. Il partit de Pont-à-Mousson le 6 janvier 1628, et vint cacher son chagrin à Besançon. Le P. Abram (Mût, acad. Mussipont., sect. 77) dit que Jaquot se convertit, en 1632, et qu'il mourut peu de temps après. On a de lui : 1° Peplum Casarum. Turin, 1610, in-8°. C'est un abrégé de l'histoire des empereurs. 2° De jurisdietione commentarte», Bruxelles, 1613, in-8°. Cet ouvrage est précédé d'un discours De origine legum et magistratuum. ô°[Juridica curiœ oratio. Pont-à-Mousson, 1625, in-8°; 4° Mars togatus, sive de jure et justifia militari, ibid., 1625, in-8°; 5° un Poème latin sur le canal qui conduisait les eaux d'Arcier à Besançon. J.-J. Chilllet, qui nomme l'auteur Musarum delicium , a inséré ce poè'me dans son Vesuntio civitas imper., partie première, p. 123 et suivantes. Ce canal avait quatre mille pas de longueur, et l'on en voit encore aujourd'hui des restes bien conservés. Jaquot en attribue la construction à J. César; mais Chifllet prouve que le séjour de ce grand capitaine dans la capitale des Séquanais n'a pas été assez long pour qu'il ait pu songer à l'embellir, et il fait honneur de ce magnifique ouvrage à M. Agrippa, qui stationna à Besançon avant de passer le Rhin. D'un autre côté, Dunod (Hist. du comté de Bourgogne, t. 1", p. 128) cherche à prouver que le canal fut entrepris par les ordres de Marc-Aurèle, qui affectionnait particulièrement les Séquanais; et ce^te opinion, appuyée de raisonnements solides, est celle qui a prévalu. W — s.
JAQLOTOT ( Marie-Victoire) , née à Paris le 15 janvier 1772, peut passera bon droit pour l'ar-
liste qui a fait l'emploi le plua habile et le plus élevé «lu procédé de la peinture sur porcelaine. Elle était entrée à la manufacture de Sèvres en mai 1801 et se retira de cet établissement le i*r mai 1842. Depuis son attmissionjusqu'enl820, il est constaté par les registres que Victoire Jaquotot n'avait travaillé que pour la manufacture : mais le titre de peintre du cabinet qu'à celte dernière époque elle obtint du roi Louis XVIII , et les travaux que ce prince lui commanda en particulier, l'affranchircnt de l'obligation exclusive qu'elle avait contractée : néanmoins c'est toujours pour Sèvres qu'elle exécuta ses plus beaux ouvrages. Un peintre habile, né à Sèvres même, le 25 avril 17G2, d'un ouvrier de la maison, et qui n'est mort qu'en 1840, après avoir vécu quelques années comme pensionnaire , Etienne-Charles Leguay avait pris en affection la jeune Victoire Jaquotot. Après lui avoir communiqué les secrets de son art, il l'épousa : mais cette union ne fut pas heureuse, et au bout de quelques années elle se termina par un divorce. Sur aucun de ses ouvrages Victoire Jaquotot n'a inscrit ni le nom de son premier mari , ni celui du second-, qu'elle avait suivi à Toulouse, où elle mourut le 27 avril 1855, et dans le monde, elle n'a été connue que sous le nom de madame Jaquotot. Les personnes qui ont conservé son souvenir se la rappellent comme une femme spirituelle et presque aussi bien douée pour la musique que pour les arts du dessin ; elle avait une imagination vive, un caractère susceptible, une humeur inquiète et souvent troublée par les inégalités d'une santé délicate. Toutefois son ardeur pour le travail était incomparable, et personne n'a poussé plus loin ce désir de perfection sans lequel on n'arrive jamais au but. Madame Jaquotot ne semble pas s'être livrée à la composition : sous ce rapport, elle différait de Leguay, son maître et son premier mari, qui peignait d'un, ton frais et fin des scènes de son invention dans le genre anacréontique. On n'a d'elle en fait d'oeuvres originales que des portraits, souvent bien compris, et toujours parfaitement exécutés. Elle débuta à la manufacture de Sèvres par un portrait de l'impératrice Joséphine tracé sur une tasse, et qui pensa la faire exclure de l'établissement , tant l'auguste modèle qu'elle avait choisi se montra mécontent de cet essai : mais l'artiste prit bientôt sa revanche, et l'on conserve dans le musée céramique de Sèvres, à coté du premier essai, deux tasses avec le portrait , l'un de l'impératrice Joséphine, l'autre de Marie-Louise à son arrivée en France, et qui témoignent déjà d'un talent très-remarquable. Toutefois, ce fut seulement à partir de la restauration que ce talent prit tout son essor. Madame Jaquotot, ayant été chargée de faire la copie de la BeUe Jardinière de Raphaël pour la décoration du plateau d'un cabaret de porcelaine, exécuta ce travail avec un tel succès, qu'il n'en fallut pas davantage pour l'affranchir désormais de toute subordination de ses pinceaux
à un objet d'industrie. Dès la fin du dernier siècle , le chimiste Dihl avait pressenti la destinée siq»érieure de la peinture sur porcelaine. Tout en fournissant aux artistes une riche palette de couleurs vitrifiées, il en avait indiqué lui-même l'application à des plaques de dimension considérable, c'est-à-dire à de véritables tableaux inaccessibles aux effets du soleil , de l'air et de l'humidité. On ne peut regarder sans admiration, dans la collection céramique de Sèvres, la léte de Dihl , peinte de grandeur naturelle et sous sa direction, par Martin Drolling, sur une plaque d'environ quarante centimètres de hauteur avec une largeur proportionnée , et qui porte la date de l'an 1800. Mais depuis cette tentative hardie et couronnée d'un plein succès, jusqu'aux grands travaux de madame Jaquotot, il s'écoula près de quinze ans, et on eut encore besoin d'une découverte industrielle pour arriver à ces tableaui à mi-corps de grandeur de nature qui ont mis la supériorité de la France hors de toute contestation aux expositions universelles de Londres et de Paris. Cette découverte, due à M. Régnier, un des chefs d'atelier de la manufacture de Sèvres, à l'époque de l'habile et active administration d'Alexandre Brongniart, réside dans la substitution du coulage des plaques de porcelaine à l'emploi du rouleau, qui jusqu'alors n'avait permis d'obtenir en grande dimension que des surfaces inégales. Depuis ce perfectionnement, on a vu Langlacé et Robert, dans le paysage, Jacobber (1) et Philippine dans la peinture de fleurs, Constantin , Bérenger et madame Ducluseaux dans le portrait et la peinture d'histoire, atteindre aux plus remarquables résultats; pour madame Jaquotot, elle se tint toujours, quant à la proportion de ses ouvrages, un peu en deçà de ces efforts. La téte d'homme de grandeur naturelle qu'elle peignit d'après Van Dyck et que l'on conserve à Sèvres est ce qu'elle a tenté de plus hardi dans ce genre. Partout ailleurs elle se restreignit à des dimensions modérées , ne dépassant pas dans la grandeur des figures la proportion qu'observent d'ordinaire les graveurs au burin , et descendant même volontiers (comme elle le fit pour les portraits de femme dont le roi Louis XVIll lui avait demandé ta suite) (2), jusqu'à lutter avec les plus fines productions de la peinture sur émail. Dans les nombreuses imitations qu'elle fit des tableaux des maîtres les plus parfaits sous le rapport du dessin, et surtout de
(1| La copie d'an de» Van Iluymm du Mutée du Loutre par Jacobber e»t, août le rapport de la couleur, le cheJ-d'auvre de la peinture »ur porcelaine. On le voit dan» le wagoain de la manufacture de Serre».
121 Cette aiiile ac composait de pièce» que le roi fallait placer toflr à tour sur *a tabatière; elle appartient aujourd'hui au Mutée du Louvre. Madame Jaquotot »'y était fait aider par tvê elére» Elle y a exécuté elle-même avec un aoin tout particulier le» i-rtraits de madame de Sévifné cl de madame de Maintenon. Kl le avait débuté dan» ce genre par un chef-d'uL-uvre , trarc au fond d'une »oucoupe, Elisabeth de Franco, reine d'Kapagne , d'aprra
Raphaël , madame Jaquotot eut pour conseil et pour auxiliaire M. Panneticr, ami intime et élève dévoué de Girpdet. Ce collaborateur, qui possédait en chimie des connaissances étendues, enrichit la palette de l'artiste et l'aida ainsi à soutenir la lutte qu'elle avait engagée contre les plus sérieuses difficultés de l'imitation. C'est seule» ment à une époque comme celle où David avait communiqué à ses élèves la passion du dessin qu'il a été possible d'entreprendre , jusque dans les nuances les plus délicates, la reproduction des chefs-d'œuvre de llaphaèl. A côté de ces belles Vierges qui assurent au nom de madame Jaquotot une gloire impérissable, se placent la copie de la Psyché de Gérard et celle de VAtala de Girodet, ouvrages dont l'artiste n'a pu reproduire les Iwautés sans y consacrer autant d'efforts et de talent qu'en exigeaient les imitations faites d'après le plus grand des peintres. Si l'on était tenté un instant de mettre en doute la supériorité des maîtres qui florissaient au commencement du 19' siècle, il suffirait, pour reconnaître son erreur, de les étudier dans les copies de madame Jaquotot. Tel est en effet le prestige de son pinceau : elle s'attache avec une délicatesse si persévérante à rendre son modèle, qu'on dirait quelquefois qu'en l'imitant elle lui donne une perfection de plus. « Madame , lui dit Louis XVIII « en 1816, si Raphaël revenait à la vie, il serait « jaloux. ■ Ce n'est pas là seulement un compliment gracieux : c'est l'expression spirituelle d'une opinion juste en elle-même. Madame Jaquotot n'avait pas été appelée par la nature à rendre au même degré toutes les beautés de Raphaël. Ce n'est que sur la On de sa carrière, en 1839 et en 1840, qu'elle visita l'Italie, dont effe rapporta les c%pics de la Ste-Cêcite, du Jules II et du portrait de Raphaël peint par lui-même. Ces ouvrages, d'une main déjà affaiblie (1), ne donnent pas l'idée qu'elle eût abordé avec un succès sans limite des productions énergiques, telles que le Si-Jean de Florence, la Vision dEtéchiel. YHéliodore ou le Miracle de Baise ne mais là où le charme incomparable de Raphaël a quelque chose de féminin, on peut affirmer que jamais ce peintre n'a été ni plus intimement compris ni mieux rendu que par madame Jaquotot. Elle a sur les graveurs l'avantage d'un procédé inaltérable et d'une richesse surabondante de môyens; son organisation offre de plus quelque chose de commun avec celle de Raphaël. Marc-Antoine le traduisait dans le sens de la force et de la science, Edelinck, dans celui de l'ampleur et de l'harmonie ; Boucher-Desnoyers, comme on le voit surtout par l'estampe de la Belle Jardinière, son début et son chef-d'œuvre, approchait seul de la vénusté qui est le propre de Raphaël : madame Jaquotot y est entrée pour ainsi dire à pleines voiles. Plus son modèle offrait
01 Le talent de madame Jaquotot n'aralt encore rien perdu quand elle exécuta, d'aprè» EapnaÈl , la Jeanne de N«pl«» , »u-
de beautés en apparence insaisissables , et plus elle s'élevait elle-même. Elle n'a jamais atteint à un plus haut degré de perfection que dans la copie de la Vierge au linge. Cette copie, malheureusement perdue pour la France (le roi Louis-Philippe en Ht présent au pape Pie IX), a cela de particulièrement précieux, qu'elle offre l'imitation de l'original , tel qu'on l'admirait avant qu'il eût subi les effets d'un malencontreux nettoyage qui a , pour ainsi dire , emporté tous les glacis de la peinture. Cet exemple fait comprendre l'importance qu'acquerront les tableaux sur porcelaine exécutés par madame Jaquotot, à mesure que les chefs-d'œuvre qu'elle a reproduits subiront les atteintes du temps ou les effets de la maladresse des hommes. — Madame Jaquotot avait formé quelques bons élèves, à la tête desquels on doit nommer madame Turgan , née Naigcon , mademoiselle Charrin et mademoiselle Tréverret. Lu, L — -t.
JARAVA J kan), médecin espagnol, vivait vers le milieu du 16» siècle. On lui a donné une place parmi les botanistes à cause de l'ouvrage suivant : Historia de las yereas y plantas, c'est-à-dire, Histoire des herbes et des plantes tirée de Dioscoride d'Anazarbe et autres illustres auteurs grecs, latins, espagnols, etc., traduite en espagnol, avec leurs vertus et propriétés, auxquelles on a joint leurs figures, Anvers, chex Arnold de Byreman, 1337, 520 pages in-8°, contenant autant de figures assez bonnes. En tête se trouve le nom, et dans la marge il y a une notice fort courte sur les usages de la plante représentée, et quelquefois d'autres particularités. Cet ouvrage et son auteur sont cités trois fois dans la bibliothèque dejlaller. On l'a jugé d'une très-grande importance d'après le titre; et ce n'est autre chose que la traduction littérale d'un abrégé français de l'histoire des plantes de L. Fuchs, qui parut à Paris en 1319, avec les mêmes figures in-8°, que celui-ci avait fait faire à Baie en 1543, et disposées de la même manière. Ce livre était resté anonyme; mais grâce aux trois dernières figures ajoutées par l'abréviatcur, nous avons découvert le nom de celui-ci. La première est celle du véritable acacia d'Egypte ; il y est dit : « Elle nous a levé à Paris « à l'abbaye St-Germain des Prés de la semence « que nous avons cueillie en Arabie. » La seconde est celle de la véritable hysope , « qui nous est « levée de la graine cueillie en Asie. » Enfin, à la dernière, qui est celle du cardamomum, il est dit : « Ces gousses ainsi en troches ont été appor- « tées du Caire. » On remarque encore d'autres traits disséminés, qui tous ne peuvent se rapporter qu'au voyageur Belon ; ainsi l'on ne peut le méconnaître pour l'auteur de cet abrégé. C'est donc pour lui un nouveau titre à la reconnaissance de la postérité ; car ce travail a du mérite du côté de l'exécution. Il parait d'ailleurs que ce voyageur naturaliste avait eu des relations directes avec