‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 99 sur 106 · SS48 JAN · texte numérisé non relu

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ctlit des hôpitaux, det prisant, des raitteaux de

gutrrr, etc.; imprimé par ordre du gouvernement, Paris, 17H1 , 1782, in-8°; G" Détail de ce qui t'est passé dans Ut expériences /ailes par M. Janin les 18 et 25 mars, en présence des commissaires réunis de l' Académie royale des sciences et de lasociéfé royatede médecine, concernant tantiméphitique. Paris, 1782, in-8°; 7° Dittertationt et lettres sur le méphitisme et tantiméphilitme. adressées à if. Cadet, ibid., 1784, i»-8°; 8° Réponse à il. O'Hyan (professeur de médecine à Lyon) sur le magnétisme amm il, (ienève et Lyon, 1781, in-8°; 11° La vérité mise eu évidence, Paris el Lyon, 1783, in-12. On attribue encore à Janin un pelit écrit satirique contre Guélte, chirurgien en chef de l'hotcl-Dieu de Lyon, et qui s'occupait aussi des maladies des yeux, intitulé Lettre écrite de la région det morts par Uaciel. oculiste du roi, au sieur Guérin, 1709, in-12. Oi— u.

JAMN (Jkak-Maiue-Mklv), littérateur et journaliste, né à Paris en 1777, Ut de bonnes éludes au collège de Sainte-Barbe, el, quoique d'un caractère fort doux et fort modeste, débuta dans la littérature par des satires. Attaché au Juurntl des Débats il fut chargé/a» ec MM. Uussault, liolliuann et Félclz, de rendre compte des ouvrages de littérature. Dès le commencement de la restauration, il passa au journal la Quotidienne, où il fut spécialement chargé de l'ensemble des nouvelles et de la rédaction du feuilleton pour les articles des grands théâtres. Il publia en 1817 un recueil périodique intitulé Lettres champenoises , dans lequel il exprima des opinions très-hardies, et qui eut beaucoup de succès. Il s'associa plusieurs collaborateurs ; mais cette publication cessa à la fin «le l'année 1821. Mely Janin fit imprimer sous la restauration un grand nombre d'odes pour célébrer les divers événements des règnes de Louis XVIII et de Charles X. Il est l'auteur d'une vie de la Harpe , qu'il a composée pour une nouvelle édition du Court de littérature, publiée par A. Coste, édition a laquelle il a ajouté un volume rontenaul Y Examen critique et raisonné des drames et tragédies de l'auteur qui ne sont pas restés au théâtre. Un lui doit encore plusieurs éditions de l'ouvrage intitulé Pans, Veriailies tt les provinces (voy. I)i (.as de Bois Saint Jistj. En 1821 (10 jui. j, il lit représenter au second Théâtre-Français une tragédie tYOreste qui, avant d'être entendue, fut condamnée par les élèves de l'école de médecine et de droit, fort opposés, comme l'on sait, au gouvernement de ce temps-là, dont Janin s'était constamment montré le partisan. A la première représentation ils firent circuler dans le parterre des billets quj portaient : Les écoles de droit et de médeciue sont menacées : union et fvree. A la troisième représentation, le ministère eul la faiblesse d'en ordonner lui-même la suspension. Lu 1827 (13 février] Mely Janin lit représenter au Théâtre- Français Louis Xi à l'é'ontie, comédie historique en cinq actes, qui eut plus île cinquante représentations. C'est au milieu de ce triomphe, en dé-

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cembre 1827, que mourut Janin, laissent inachevés plusieurs ouvrages, parmi lesquels se trouvent une vie de Louis XVI et une tragédie en vers (Etienne ilarcel) , dont les quatre premiers actes sont terminés. 1.

JAMTILK (Glbhpt) , savant polonais, naquit en 1010, à Jamusig, village de la grande Pologne. Protégé par André Cricius, archevêque de Cnesne, il fit ses premières études dans un collège de Poscn. Les poêles latins fixèrent surtout son attention. A l'âge de quinze aus, il était si babile dans la poésie latine, qu'il prononça avec le plus grand succès, devant un nombreux auditoire, un discours en vers sur le fondateur dû collège. Pierre Kmits, qui ne le protégea pas avec moins «le générosité que Cricius, l'envoya à l'université de Padoue , où il développa ses connaissances et son talent poétique sous la direction de Lazare lîonamici. Sa santé l'étant allaiblie, il se rendit *à Cracovie, el mourut peu après y être arrivé, en 1613, à l'âge de 28 ans. Il laissa les fllvrages suivants : 1° Querela reip. el reg. polonic. elegtt cohscripta, 1038, in-4u; 2" Tristia, elegia et epigrammata, sans année ni lieu d'impression; 5° Vit* regum Polo», elegiaco carminé de script* . Anvers. 105.1; Cracovie, 1051, in-8"; 4° Vit* archiepiscoporum Ont snensium camt. tleg.. Cracovie, 1874, in-8". En I7ES5, Jean Uoebme publia à Leipsick un recueil de poésies de Janitius , sous ie titre de /'ocmata in unum libellant* collecta, in-8°. C — au.

JANkOWSM, général polonais, prit une part active à l'insurrection de l'an 18." I , et commanda un corps de l'armée polonaise qui fut opposée aux Busses, et que commandait en chef le général Skryuecki. Au commencement de juin, le cofj»* d'armée russe du général Kreulz s'était porté île Lublin sur la Podlacbie; Budigcr le suivit de la Volhynic à Lublin. Skrynecki conçut le hardi projet d'écraser successivement les deux corps ennemis. Tandis que Bybinski devait tomber sur le général kreutz, le corps commandé par Budi^cr devait être enveloppé par trois généraux polonais, savoir; Chrzanowski arrivant de Zamosc, Bamorino venant de Pulawi.et Jankowski arrivant de Lukow. De fausses démonstrations faites par les Busses sur Sierok trompèrent le commandant en chef polonais, en lui faisant concevoir des craintes pour la sûreté de la capitale de la Pologne, d'autant plus que Jankowski , malgré les forces considérables mises sous ses ordres, ne repoussait point les Busses, quoique, le it* juin, un colonel de son corps se fût battu avec avantage, auprès de Lisobyni , contre toutes les forces de l'ennemi. Pour couvrir Varsovie, l'ordre fut donné à Bybiuski et à Jankowski de revenir sur leurs pas. Ou peuse que dans ce moment encore Jankowski aurait pu attaquer avec succès et battre le corps russe. Il n'en fit rien. Son inaction indigna la nation polonaise : la plus belle occasion d'arrêter l'ennemi était perdue. Il fallut se résigner à la retraite On demanda la mise en jugement des

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chefs ineptes qui , ayant laissé échapper des circon- I stances farorables, compromettaient la sûreté de la capitale. Skrynerki Ht arrêter le 49 juin Jankowski et Bakowski, ainsi que plusieurs personnes accusées de complot en foreur des Russes. Traduit devant un conseil de guerre extraordinaire sous l'accusation île haute trahison , au commencement du mois d'août , Jankowski se défendit arec chaleur et indignation, lit une déclaration solennelle de son patriotisme, et demanda à combattre dans l'armée comme simple soldat, pour prouver à ses quatre fils, disait-il, que leur père n'était pas traître à la patrie. Le conseil de guerre extraordinaire ne vit pas dans la conduite de ce général un caractère de trahison; mais il le renvoya devant le conseil de guerre ordinaire pour répondre de sa conduite stratégique ris-à-ris l'ennemi. En conséquence, il fut ramené en prison. Ce jugement irrita le club patriotique dans lequel siégeaient les hommes les plus exaltés, et qui ne voyait partout que complots et trahisons. Le ÎN août, après une séance très-orageuse de ce club , des furibonds se portèrent sur le château où Jankowski était détenu arec des compagnons d'infortune; les portes furent forcées sans que les troupes cl la garde nationale lissent beaucoup de résistance. Jankowski et les autres prisonniers furent cruellement mutilés, puis pendus par des brigands que soutenait toute la populace. Les massacres continuèrent le lendemain, et ce mouvement démagogique ne fit que haler la chute de la Pologne. D — r,.

JANNKQUIN (CUUMT), est plus connu sous le nom de démens non papa. Ou ne sait pas quel pays lui a donné le jour; M. Fétis croit qu'il habitait Lyon, où la plupart de ses ouvrages ont été publiés ; mais il arait été auparavant maître de chapelle de Charles-Quint. La musique a eu en lui son Itabelais, puisqu'il est auteur d'une foule de morceaux curieux, tels que leCaqutt des femmes, la Bataille de ilariguan . ou la Défaite des Suisses en ifilS, le Chant des oiseaux , et les Cris de Paris. Il laissa en mourant sept lirres de motets et une messe des morts. Ses chansons françaises, publiées in-t° en ilW.), ont un meilleur style et un chant plus agréable que celles des autres maîtres du même temps. Choron, qui a ressuscité parmi nous le goût de l'ancienne musique , a fait exécuter arec succès de 1K30 à 185i, par ses cent cinquante (•levés de la rue de Vaugirard, la Bataille de Marignan et les Cris de l'aris. Ces deux ouvrages décèlent un génie s upérieur. Le second a été graré dans la Gaz- tu- musicale de Paris du ±2 août i«39. F— lb.

JAKNKQl'IN, sieur de Rocheforl { Clacdk ) , royageur français, était né à Chàlons-sur-Marne. Il avait accompagné M- de Hellièrre, ambassadeur de France en Angleterre, pour renouveler l'amitié entre les deux pays; mais sa jeunesse lui faisant désirer de courir un peu le inonde, il quitta Londres et le service de l'ambassadeur, après aroir

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assez bien appris la langue anglaise, et alla à Dieppe. Le capitaine d'un narire prêt à partir le reçut à son bord comme soldat dans une compagnie qu'il embarquait, et, lui découvrant quelque capacité, le fit son écrirain. On mit à la voile le l\ novembre t»\T7; après une traversée pénible, on arriva sur la côte de barbarie que l'on suivit jusqu'au cap Blanc, où l'on débarqua, afin d'y construire des barques « qui sont nécessaires, dit -< l'auteur, pour entrer dans la ririère du Senega, " les navires étant contraints de toujours restera " la rade. » Les habitants étaient si farouches (pie l'on ne pouvait trafiquer avec eux qu'en déposant à quelque distance les objets que l'on roulait donner en échange de leurs poissons; ils les venaient chercher, laissaient ce qu'ils apportaient, puis s'enfuyaient au plus vite. Quand on fut entré dans le fleuve, on s'avança jusqu'à Dicurt, à trois lieues de son embouchure; on bâtit une maison par le secours des nègres, et l'on s'occupa de commercer avec eux. F.nsuite le capitaine et une partie de son monde remontèrent le Heure jusqu'à Terrier-BMge , à soixante-dix lieues de distance, en continuant à traiter avec les indigènes, des cuirs, de l'ivoire, de la gomme, des plumes d'autruche, de l'ambre gris et de l'or. L'insalubrité du climat décida les Français à quitter le pays; ils allèrent aux Ile6 du cap Vert, y prirent des vivres, et enfin revinrent à Dieppe en UW.). Jannequin publia le récit de ses courses sous ce titre : Voyage de Libye au royaume de Senega, te loug du Mger, avec ta description des habitants qui sont le long de ce fleuve, leurs coutumes et façons de rivre, les particularités les plus remarquables de ce pays, Paris, HUô, in-12. Il est évident que par le nom de Libye Jannequin entend le Sahara ; luimême, dans sa préface, convient que ce pays est fort éloigné de ceux qu'il a vus. Suivant les idées de son temps, il pense que le Niger, après avoir arvosé le royaume de Tombouctou , qui doit être le Bambara , 6e divise en trois bras, dont l'un tombe dans la mer entre le désert et la contrée de Sénégal , et le troisième , dont le cours est plus long que les deux autres, se décharge près de la cote de Cuinée. On voit que ces opinions avaient la vérité pour base. Cependant la plupart des remarques de Jannequin sont très-superficielles; il ne tient aucune espèce de journal, et l'on ne connaît la date de son retour que d'après celle qu'il énonce dans le titre de son livre. Mais ses observations sur les mœurs et les usages des nègres sont assez instructives, souvent très-exactes et très -judicieuses, quoiqu'il montre parfois une grossière crédulité. Ceux qui ont exploré la contrée où coule le Sénégal reconnaissenlque beaucoup de choses s'y passent encore comme à l'époque où Jannequin y voyagea. F — s.

JANNIN (Don), prieur de la Chassaignc. ordre de Clteaux, naquit à Dôlc vers 1740; il avait reçu de la nature beaucoup d'esprit, de facilité, et un talent inarqué pour la poésie. 11 cultiva dans le

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cloître la littérature légère avec assez de succès pour s'attirer îles ennemis; mais il les désarma par sa modestie. Il fut en correspondance avec Collé, et l'on trouve dans les Mémoires «le ce dernier (t. 1", p. 509) la lettre que D. Jannin lui adressa pour le remercier du plaisir que lui avait causé la lecture de la Partie de chasse de Henri IV: « Cette lettre, dit Collé, est pleine de sentiment « et écrite avec esprit, sans qu'il y ail de préten- « tions à en avoir. « On a de D. Jannin desépltres à Voltaire, à Dorât, et quelques chansons inspirées par la gaieté française. Il permettait volontiers à ses amis de prendre des copies de ses ouvrages; mais il n'eut jamais l'idée de les réunir et de les publier. C'est dans le Mercure et dans VA/manadi des Muses qu'il faut rechercher les productions de ce religieux poè*te, qui aurait pu facilement se faire une réputation. Il mourut à Ponl-dc-Vesle en 178*, laissant des regrets à tous ceux qui l'avaient connu. W — s.

JANOD (Jea>-Josepii-Joaciiim), magistrat, né en 1761 à Clairvaux, petite ville du Jura, était neveu de Vernier, mort pair de France en 1818 (roy. Ver.nier). Il acheva ses études à l'université de Besançon, et fit en 1786 ses débuts au barreau de cette ville, sous le patronage du professeur Courvoisier (roy. ce nom), dont il avait mérité l'estime par son amour pour le travail, et qui lui portait un vif intérêt. Malgré l'éclat de ses premières plaidoiries, il quitta Besançon pour aller s'établir à Lons-le-Saulnicr, où il ne tarda pas à jouir de la réputation d'un bon jurisconsulte. S'étant montré dans le principe fatorahle à la révolution, il fui, en 1790, élu membre du conseil général du département du Jura. Il était un des courageux administrateurs de ce département qui tentèrent, au mois de mai 1793, d'organiser des moyens de résistance à la tyrannie de la convention, et fut compris dans le décret du 27 juillet qui les mandait à la barre de cette assemblée pour rendre compte de leur conduite. Ayant, ainsi que ses collègues, refusé prudemment d'obéir à ce décret, il dut s'éloigner, et se tint caché jusqu'après le 0 thermidor. Lors de la mise en activité de la constitution de l'an 3, il fut envoyé par son département au conseil des cinq-cents, où il se fit remarquer par sa modération et la sagesse de ses vues. Après le 18 brumaire, il fit partie du corps législatif, qui l'élut un de ses secrétaires , et, lors de l'expiration de son mandat en 1809, il fut continué dans ses fonctions, qu'il remplissait encore à la restauration. Nommé, en 1804, juge au tribunal de première instance de la Seine, il en fut fait vice-président en 1811, passa en 1829 conseiller à la cour royale de Paris, et mourut au mois de mai 18.~6. \V— s.

JANOZKI ou JANISCH [Jean-Daniel), savant polonais né en 1720, mort en 1786, était chanoine de Kiow et bibliothécaire de la belle collection de livres rassembl ée par Zaluski cl transportée depuis par les Busses de Varsovie a St-Pétersbourg. On lui

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doit plusieurs ouvrages utiles pour la connaissance de la littérature polonaise. Voici les principaux : 1° Soties des livres rares écrits en tangue polonaise qui se trouvent dans la bibliothèque Zaluski, Breslau, 1747-1753, 3 vol. in-8°; 2° Dictionnaire des auteurs polonais rivants, 2 parties, 1753, in-8"; 3° Polonia litterata nottri temporis. 4 parties, Breslau, 1750- 1766, in-8°; 4« Excer/itum polon. litterat. kujus atque superioris atatis, i parties, ibid., 1764-1766, in-8°; 5° Musarum Sarmat. specimina nova . 1 vol., ibid., in-8"; Sarmat. littéral, nostri temporis fragmenta, 1 vol., Varsovie, 1773, in-8° ; Jano<iana, se* clarorum Polonia auctorum, Macenatumque memoriie miscrllte. 2 t., ibid., 1776-79, in-8°. C'est une notiee, par ordre alphabétique, des écrivains ou protecteurs des lettres natifs ou habitants de la Pologne ; le premier volume en contient 115 et le second 162. C— au.

JANSEN (Henri), né à la Haye, en 1741, d'une branche, dit-on, de la famille du célèbre évéque d'Ypres (roy. Jansémus), vint à Paris vers 1770. La connaissaneequ'il avait non seulement de sa langue maternelle, mais encore de l'allemand et de l'anglais, le porta à en traduire plusieurs ouvrages en français, il exerça pendant quelque temps le commerce de la librairie, puis devint bibliothécaire de M. de Talleyrand, prince de Bénévenl, et censeur impérial. Il est mort en mai 1812. C'est à lui que l'on «loit la traduction de l'ouvrage de O.-Z. de llaren sur le Japon (roy. Il mu s). La plupart de ses autres traductions ont été ou seront énumérées ailleurs (roy. P. Camper, G. de Hare* , Hemsterhiys, Hogartu, Mi m,-, J. Bey.xolus, Horertson et Winkelmans). Ce fut avec Kruthoffer qu'il mil au jour son Recueil de pièces intéressantes concernant Us «■/<quttés, tes beaux-arts, les lettres et la philosophie . 1787 et suiv., 6 vol. in-8° traduits de différentes langues. Les travaux de Jansen étant presque tous anonymes, sont mentionnés dans le Dictionnaire des anonymes par Barbier. Jansen luimême, en ti'te de son Essai sur Corigiue de la gravure en bois et en taille-douce, et sur la connaissance des estampes des 15" et 10* siècles, a donné la liste de vingt-quatre de ses ouvrages; mais il n'y a pas compris sa traduction du Discours sur l 'égalité des hommes et sur les droits et Us devoirs qui en résultent. parPaulus, 1795, in-8». Les ouvrages qu i l a publiés depuis 1808 sonl : 1° De l'invention de l'imprimerie . ou Analyse des deux ouvrages publiés sur cette matière par M. Meermann, suivie d'une notice chronologique et raisonnée des Itères, avec et sans date, imprimés avant l'année 1501 dans les dix-sept provinces des Pays-Bas, par J. Visser, 1H09, in-81. L'auteur de l'analyse est M. Henri Cockinga. Jansen a ajouté près de deux cents articles à la liste île M. Visser. 2"» Recherches historiques sur l'usage des chereux postiches et des perruques dans Us temps anciens et modernes , traduit de l'allemand de Nicolaï, 1809, in-8°; 5° Précis d'histoire univrrselU , politique, eccUsiastique et littéraire, depuis ta création du monde jusqu'à la

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paix de Schœnbrunn, trachiil de l'allemand sur la 20* édition de J.-N. Zopf, 1810, 5 vol. in-12. La partie politique des derniers siècles, l'histoire de la révolution, la plupart des notices sur les hommes île lettres allemands et du Nord, sont de ll.Scha'll, ainsi que les deux mémoires sur les langues et les religions des peuples de l'Kuropc, et la table alphabétique de tout l'ouvrage. 4" Voyage dans la péninsule occidentale de l'Inde et dans l'île de Ceylan. par M. J. Haafner, traduit du hollandais, 1811, 1 vol. in-8°; 5° Voyages de Mina Abu tc/tb- Khan en Asie, en Afrique et en Europe, écrits par lui-même en persan; suivis d'une réfutation des idées qu'on a en Europe sur la liberté des femmes d'Asie , par le même auteur, le tout traduit du persan en anglais par C. Stewart, et de l'anglais en français, 1811, 2 vol. in-8°. Il n'a été qu'éditeur de VEtsai sur la législation et la politique des Romains, traduit de l'italien, 1795, in-12. Celle traduction est de H. Quêtant seul. Il est vrai que, de son côté , Jansen avait commencé à traduire cet ouvrage; mais il brûla son travail lorsqu'il eut vu celui de M. Quêtant. A. B— t.

JANSÉNIUS (Corneille), évéque de Gand, naquit à Hulst en 1510. Après avoir terminé ses cours à Louvain, il s'appliqua avec beaucoup d'ardeur à l'élude de la théologie, et apprit le grec et l'hébreu afin de pouvoir lire les livres saints dans l'original. Sa réputation le fit bientôt choisir pour enseigner la théologie aux religieux de Tongerloo, et œ fut pour eux qu'il composa sa Concorde des Évangiles. Il fut pourvu, en 1550, de la cure de St-Martin de Courtrai, qu'il administra pendant douze ans avec un zèle infatigable, ({appelé à Louvain, en 1562, pour y remplir une des principales chaires de l'université, il fut désigné la même année par Philippe 11, avec Michel Baius et Jean Hessélius, pour assister au concile de Trente. Il fit paraître dans cette assemblée des talents précieux que relevait encore sa modestie, et bientôt après il fut nommé à l'évéché de Gand, l'un de ceux qui venaient d'être établis dans les Pays-Bas. Il gouverna sagement son diocèse, et mourut à Gand le 10 avril 1576. Son oraison funèbre, prononcée par Pierre Simonis, depuis évéque d'Vpres, a été imprimée. La Concorde des Évangiles est le principal ou>ragc «le Janscnius; les éditions en sont nombreuses. On citera encore de lui : 1° Paraphrasis et annotationes in omnes psalmos Davidicos et in Veteris Testament! cantica , Louvain, -1569, in-4", souvent réimprimé; 2° Commentant in Proterbia Salomonis et Ecclesiasticum; annotationes in tibrum Sapientiœ Salomonis. Anvers, 1589, In -4°; 5° une Profession de foi en flamand, et traduite en français par Nicolas de Leuze, Louvain, 1567, in-88; 4° des Statuts synodaux, publiés en 1571, in-8°, et un Pastoral à l'usage du diocèse de Gand, dont Ant. Triest, l'un de ses successeurs, donna une nouvelle édition revue et augmentée, Gand, 1640, in-8s. — Gabriel Jansénius, qu'il ne faut pas confondre avec l'évéque de Gand, ni avec

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l'évéque d'Ypres, ni même avec un Janseaics (Dominique] auteur de quelques ouvrages ascétiques publiés vers 1600, était principal du collège d'Alost; il composa «les pièces de théâtre, des contes, des épigramines et un roman historique intitulé Réguius. qui fut imité en français par Camus, évéque «le Bellay, Lyon, 1627, 1 vol. in-8». W— s.

JANSÉNIUS (Corneille', éveque ti'Ypres, naquit en 1585 au village d'Acquoi , près Leerdam, en Hollande. Son père, Jean Otto, était catholique. Corneille fut envoyé à Louvain pour y faire ses études, et ce fut alors qu'il prit le nom de Jansénius, c'est-à-dire fils de Jean, les Hollandais catholiques qui allaient étudier en pays étranger avant adopté l'usage de changer de nom pour ne pas attirer l'attention «les protestants. Jansénius fit à I ou vain connaissance avec Jean Duverger de Hauranne, depuis abbé de St-Cyran , et vint ensuite à Paris pour achever ses études. De là, l'abbé «le Sl-Cyran remmena à Bayonne, où l'évéque de cette ville le mit à la t«lte du collège qu'il venait de fonder. Jansénius remplit cette place jusqu'en 1647, et retourna à Louvain, où il fut fait principal du collège de Ste-Pulciiéric. Il prit le bonnet de «locteur en théologie en 1619, et devint en 1650 professeur «l'Écriture sainte. Nommé évéque d'Ypres en 1635, il occupa ce siège peu de temps, étant mort de la peste en visitant ses diocésains, le (i mai 1633, Il avait publié lui-même un discours moral sur la réforme de l'homme intérieur, qui a été traduit en français par Arnauld d'Andilly ; VAlexiplutrmacum, contre les ministres protestants «le Bois-le-Duc; une «léfensc de cet ouvrage, sous le litre de Spongia notarum, contre le ministre Voe't ; des commentaires mu* le Pentateuque et les quatre Kvangiles; le parallèle en latin des erreurs des semipélagicns de Marseille et de celles des semipélagiens modernes ; le l/,«r> Gallicus, traduit par Charles Hersent, où les Français étaient assez mal. traités à l'occasion de leur alliance avec les Hollandais. Mais le plus fameux de ses ouvrages est celui qu'il intitula Augustmui, comme ne contenant que la pure doctrine du saint évéque d'Hippone. Il s'était persuadé «pie, faute d'entendre St-Augustin , tous les scolastiques avaient abandonné les sentiments de ce père sur la grâce, et que lui seul les avait bien compris et fidèlement rendus. Son livre est divisé en trois parties, où il traite de la grâce, «lu libre arbitre, du péché originel et de la prédestination, et où il combat la doctrine des semipélagiens et celle de Molina. Il déclara , par son testament , «pi'il soumettait son livre et sa doctrine au jugement du saint-siége. 11 eût été à désirer qu'on attendit ce jugement avant de faire imprimer l'ouvrage ; mais deux docteurs de Louvain, Fromond et Calenus, exécuteurs testamentaires de l'évéque, se hâtèrent «l'y publier {'Augustinui en 1640, et il s'en fit successivement plusieurs éditions. Ce livre, accueilli par les uns, attaqué par les autres, excita dès l'origine de vives disputes, et l'on commença dès lors à donner aux

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partisans de VAugustinus le nom «le jansénistes, comme eux donnèrent à leurs adversaires celui de molinistrs, voulant les faire passer tous poulies disciples d'un jésuite qui avait publié, sur la fin du siècle précèdent, un livre sur la manière d'accorder le libre arbitre avec la prédestination et la grâce, et dont le système était pourtant loin «l'être adopté par tous ceux qui étaient contraires aux sentiments de l'évéque d'Ypres. Les jésuites avaient opposé des thèses a YAugutiimit. Le 6 mars 1012, Urbain VIII défendit par une bulle le livre et les thèses , et déclara que le premier renouvelait des propositions condamnées par les bulles de ses prédécesseurs. Ce jugement «le l'F.glise romaine, auquel Jansénius avait déclaré se soumettre, ne rencontra pas la même d«>cililé dans ses disciples. Il y eut beaucoup de troubles à Louvain, où l'université ne reçut la bulle qu'après bien des délais. Ces contestations passèrent en France, où l'archevêque de Paris onlonna, le Il décembre 1013, la réception de la bulle dans son diocèse. La faculté de théologie de Paris défendit de soutenir les propositions censurées; elles comptaient déjà de nombreux partisans, parmi lesquels se distinguaient l'abbé de St-Cyran et le docteur Arnauld, fort jeune encore. On écrivait pour et contre, quanti, le 1" juillet 10PJ, Cornet, docteur et syndic de la faculté «le théologie de Paris, représenta a sa compagnie qu'il s'y introduisait des opinions nouvelles, et demanda qu'on examinât quelques propositions qui donnaient lieu aux disputes. On nomma des commissaires. H y avait eu d'abord sept propositions défért:es, mais elles furent réduites à cinq, que Cornet avait extraites de VAugustinus et qu'il avait présentées comme la substance «le ce livre. Les docteurs, voyant qu'on se donnait beaucoup «le mouvement pour empêcher la censure, crurent à propos de recourir à une autorité plus imposante, et plusieurs évéques furent du même avis. L'affaire Tut donc portée au pape, qui était alors Innocent X. Quatre-vingt-cinq évêipies, auxquels trois autres se joignirent par la suite, signèrent une lettre commune pour prier le souverain pontife de faire cesser les «picrelles par un jugement solennel. D'un autre ctHé, onac évêques sollicitaient le pape de ne pas prononcer, et envoyaient à Itome quatre «locleurs pour y plaider la cause du livre. Innocent X écouta les uns et les autres, et nomma une congr«:galion qui s'occupa «le cet objet. Apres deux années de discussions, d'examen et de conférences, il donna, le 51 mai lOàô, la bulle Cum occasion*, par laquelle il condamnait les cinq propositions déférées; elle fut reçue en France et dans les Pays-ltas. Optant aux disciples de l'évéque d'Ypres, ils protestèrent bien qu'ils souscrivaient à cette décision et qu'ils n'entendaient pas soutenir les propositions condamnt:es,maisen même temps ils se plaignirent que le pape n'eût pas spécifié le sens dans lequel il condamnait ces propositions, comme si ce n'était pas le sens naturel qu'elles

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présentent, et ils lui reprochaient aussi d'avoir ilonné à entendre qu'elles étaient tirées de J insénius, tandis qu'elles étaient, disaient-ils, forgées à plaisir et fort éloignées des sentiments de cet évêque. Ft telle est l'origine de la «piestion de fait, qui devint depuis la principale, les mêmes ayant prétendu d'abord que la doctrine condamnée n'était point celle de Jansénius, et en second lieu que ce n'était qu'un fait sur lequel l'Église n'était point infaillible, et qu'on ne «levait à sa décision qu'un silence respectueux. Ce fut contre ce subterfuge qu'une assemblée d'évéques qui se tint à Paris déclara, le 20 mars 1054, que la bulle Cum occatione avait condamné les cinq propositions comme étant de Jansénius et au sens de cet auteur, et Innocent X, dans un bref de la même année, confirma cette déclaration. L'année suivante, Arnauld fit paraître deux lettres, dans la dernière desquelles surtout il prenait la défense de VAugustinus. Sa lettre fut déférée à la faculté; on en censura deux propositions, et Arnauld fut rayé du nombre «les docteurs. Depuis ce temps, nul n'a pris des degrés dans la faculté de théologie sans adhérer à cette censure. L'assemblite du clergé de 1030 prit de nouvelles mesures contre les opposants, et Alexandre VII déclara, dans sa bulle Ad sacrum du 10 octobre 1030, que les cinq propositions étaient tirées de Jansénius et con- «lamnées dans le sens de cet auteur De plus, l'assemblée «lu clergé de 1G00 arrêta «jue tous les ecclésiastiques souscriraient un formulaire , et Alexandre VII en prescrivit un par sa bulle du lî> février 1003. Ce formulaire fut signé par tous les ecclésiastiques et religieux, et tous les évéques publièrent des mandements pour s'y conformer; il n'y eu eut que cinq qui distinguèrent le fait «lu droit, et qui ne demandèrent pour le fait qu'un silence respectueux; ffu-ore, l'un des cinq, l'évéque de Noyon, rétracta-t-il son mandement peu après. Les quatre qui persévérèrent furent Pavillon, évêque d'Aleth; Arnauld, évêque d'Angers et frère du docteur; Caulet, évêque de Painiers; et de Buzanval , évêque de Ueauvais. Leur opposition fit beaucoup de bruit et tient une grande place dans l'histoire ecclésiastique de ce temps-la. 11 fut question de les juger; mais ils avaient des amis dans l'épiscopat, à la cour et au parlement. lue négociation fut entamée en leur faveur. On promit qu'ils signeraient le formulaire purement et simplement; ce qu'ils n'exécutèrent pourtant pas. La distinction «tu fait « l du droit fut au contraire clairement énoncée daus leurs procès-verbaux, dont on lit pour cela un grand mystère, tandis (pie leurs lettres au pape «tonnaient à entendre qu'ils avaient agi et signé comme tous leurs collègues : on iw'otuil rien pour persuader le souverain pontife de leur soumission franche et sincère. On appela cet accommodement ta paix de Clément /.Y, sur laquelle on peut voir l'Histoire des cinq propositions de Dumas. Cependant les disputes sur le formulaire et sur le silence respectueux ne furent

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pas totalement apaisées : elles se renouvelèrent de temps en temps , et spécialement lors «lu ras de conscience, en 1702. Ce fut pour cela que Clément XI, par sa bulle Vintam Domini du 1 S juillet 1705, déclara que l'on ne satisfait point par le silence respectueux à l'obéissance due aux constitutions. Ce silence respectueux derrière lequel les jansénistes se retranchaient pouvait d'ailleurs passer pour un véritable subterfuge; car, tout en disant qu'ils étaient obligés au silence et au respect, ils n'observaient pas plus l'un que l'autre, et publiaient des livres et des brochures par milliers pour contredire et pour infirmer lesdécisions qui leur déplaisaient. Tel est le récit fort abrégé des disputes que causa YAugusiinus. et qui agitèrent l'Eglise si longtemps. A ce livre en succéda un autre que le même parti défendit avec encore plus de chaleur, et, à dater des premières années du 18e siècle, il s'éleva une nouvelle guerre qui, bien que la suite de la première, eut néanmoins pour principal objet les Réflexions moralts du père Quesnel, ouvrage plus cher encore aux jansénistes que celui de l'évéque d'Ypres, et autour duquel ils se rallièrent, comme des soldats débusqués d'un premier poste redoublent d'efforts pour se maintenir dans un second. On trouve une Vie de Jansénius à la tète de son Augustinus. Quant à la liste des ouvrages composés soit pour soutenir, soit pour attaquer son livre, elle serait immense et ne saurait faire la matière d'un article de biographie. Nous nous contenterons de renvoyer, pour la partie historique, à Y Histoire des cinq propositions mentionnée plus haut, et qui, au milieu de tant d'ouvrages dictés par l'esprit de parti, se distingue par l'exactitude des faits et surtout par un ton de sagesse et de modération assez rare dans ces disputes. P — c— t.

JANSON (Nicolas). Voyez Jessoîi.

JANSON (Toussaist de Forbix de), cardinal et évéque de Beauvais, de l'illustre maison des marquis de Janson en Provence , était né en 1625. Destiné à l'ordre de Malte, il en avait dès le berceau reçu la croix ; mais sa vocation l'ayant porté vers l'état ecclésiastique, il fit les études convenables pour suivre cette carrière, et prit les ordres. L'évéque de Digne (Raphaël de Boulogne) le demanda et l'obtint du roi pour son coadjuteur. Les bulles en furent expédiées à l'abbé de Janson sous le titre d'évéque de Philadelphie, et il fut sacré en cette qualité le 1 i mai 1056. Il prit en 1658 possession du siège de Digne, qu'il gouverna pendant dix ans, et où il donna des preuves de sagesse et des exemples de zèle. Au commencement de l'année 1662 le roi le nomma à l'évécbé de Marseille. Devenu par ce nouveau titre membre des états de Provence, il y développa des talents qui n'échappèrent poiut à Louis XIV. Ce prince l'envoya d'abord en ambassade auprès de Cosme III , grand-duc de Toscane, que le prélat parvint à réconcilier avec la grandeduchesse Marguerite-Louise d'Orléans, son épouse. XX»

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Quelque temps après Louis XIV le nomma son ambassadeur extraordinaire à la diète de Pologne, alors réunie pour l'élection d'un roi. On sait combien la diversité des prétentions et la chaleur des partis rendaient ces assemblées orageuses , et la diète était menacée d'une scission : l'évéque de Marseille sut si bien ménager les esprits, qu'aidé du palatin de Russie , il lit élire le grand maréchal de la couronne , Jean Sobieski , déjà renommé par de hauts faits d'armes. Le nouveau roi reconnut ce service en disposant de son droit de présentation au cardinalat en faveur de l'ambassadeur , qui fut revêtu de la pourpre romaine le 25 février 1690, sous Alexandre VIII. Di-s 1679 Louis XIV l'avait Tait passer de l'évêché de Marseille à celui de Beauvais , comté-pairie , et l'avait, en 1689, nommé commandeur de l'ordre du St-Esprit. La cour de France était depuis plusieurs années en discussion avec celle de Rome, t;int au sujet de la régale qu'à cause des quatre articles de la déclaration du clergé, arrêtée dans l'assemblée de 1682. Plusieurs députés du second ordre, membres de cette assemblée, avaient été nommés à des sièges vacants et n'avaient point leurs bulles; près de quarante églises étaient veuves, et cet état de choses devenait de jour en jour plus affligeant. Le roi, songeant enfin à y porter remède, jugea le cardinal de Janson propre à lever tous les obstacles, et il l'envoya à Rome , chargé de celte mission : mais la mort d'Alexandre VIII, arrivée le 15 août 1(591, ne permit pas de suivre les négociations déjà entamées. Elles furent reprises sous le pape Innocent XII, à l'élection duquel le cardinal de Janson avait concouru, et heureusement terminées en 1695 par ses soins et ceux du cardinal d'Estrées. Le roi, satisfait de la conduite du cardinal de Janson, le laissa à Rome pour y soutenir les intérêts de la couronne et y traiter les affaires de France. Il y était encore en 1700, à la mort d'Innocent XII. Il assista au conclave où fut élu Clément XI, auprès duquel il continua de résider pendant plusieurs années. La grande aumônerie de France étant venue à vaquer en 1700, par la mort du cardinal de Coislin, Louis XIV la donna au cardinal de Janson, déjà pourvu de bénéfices considérables par la libéralité du monarque. N'étant encore qu'évéque de Digne, il avait condamné dans son synode l'Apologie des casuistet, et composé une censure contre ce livre : ceux qui l'en avaient loué ne furent cependant pas contents dans la suite, et lui reprochèrent de ne pas marcher, à Beauvais, sur les traces de M. de Buzanval, son prédécesseur , et d'écarter les jansénistes qui avaient eu la confiance de ce prélat. Il mourut à Paris le 24 mars 1715, à la suite d'une longue maladie, étant âgé de 88 ans, et doyen des évéques de France. Son corps fut porté à Beauvais et inhumé dans sa cathédrale, où une épitaphe honorable rappelait ses services. L — t. JANSON i~

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bis ) , c'vêque de Nancy tt de Toul , primat de Lorraine, né à Paris le 3 novembre 1783, était fils du marquis de Forbin-Janson , lieutenaut général des armées du roi, et de la même famille que le précédent. I) fut en 1790 emmrné en émigration en Allemagne par ses parents, et il ne rentra en France qu'après que les passions révolutionnaires furent calmées. Nommé auditeur au conseil d'Étal en 1805, il quitta bientôt ces fonctions pour entrer en 1808 au séminaire de St-Sulpiec, en ce moment sous la direction de l'abbé Êmery. Consacré prêtre en 1811 par l'évéquc de Gap, il fut nommé presque aussitôt grand vicaire du diocèse de Chambcry. 11 fut persécuté en même temps que le comte Alexis de Noailles, pour le zèle religieux qui les avait portés l'un et l'autre à répandre une bulle du pape. L'abbé Janson faisait comme missionnaire, de concert avec l'abbé de Hauzan, des conférences à I Mauvais lorsque Napoléon arriva à Paris ; il soutint de sa parole, dans ses prédications, le gouvernement des Bourbons. En 1817, résolu de s'adonner aux missions, il partit pour l'Orient, évangélisa à Smyrne et dans diverses autres villes, et visita Jérusalem. De retour à Paris en 1821, le roi lui offrit l'évéebé de Nancy et de Toul, avec le titre de primat de Lorrain'*. 11 se lit remarquer dans ce poste par son dévouement au gouvernement et par son absolutisme, combattant dans ses mandements avec énergie et passion les candidats du parti libéral. Ses instructions pastorales furent attaquées par les feuilles de l'opposition, et l'orbin- Jansou se vit bientôt en butte dans son diocèse à des baincs violentes. Aussi quand éclata la révolution de juillet une partie de la population de Nancy se souleva contre lui, «les attroupements se formèrent devant son éveché, et il se trouva forcé de prendre la fuite devant les menaces de la populace. Il fut alors l'objet d'une accusation ridieule ; on prétendit qu'il avait pillé la caisse du grand séminaire , et divers journaux répandirent cette calomnie, que rien ne pouvait justifier. Janson résolut de quitter la France ; il partit pour l'Amérique. Il se rendit au Canada, visita les tribus nomades, et ne recula devant aucune difficulté, devant aucune fatigue, pour porter la foi de l'Evangile au milieu de peuples encore barbares. Il obtint de nombreux succès, et il eut le bonheur de voir des peuplades entières se convertir à sa parole. De retour en France quelques années après, il s'occupait d'organiser l'œuvre de la Ste-Eofance, quand la mort le surprit à Paris le 11 juillet 1841. Z.

JANSON (Ciiaklf.s-IIknri), prêtre, né à Besançon le 13 novembre 1731, fut d'abord pourra de la cure de Cbambornay-les-Pius, qu'il administra vingt-trois ans avec beaucoup de zele. L'affaiblissement de sa santé le lorça de résigner sou modeste bénéfice, et il se relira à Paris, où il ne tarda pas à être connu avantageusement. L'arcbevéque (M. de Juigné), informé de Ses talents,

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lui confia la direction des Carmélites de la rue St-Honoré, et ne cessa dès lors de lui donner des preuves multipliées de son estime et de sa bienveillance. La révolution priva l'abbé Janson de ses protecteurs, et bientôt après son no.n fut porté sur une liste d'ecclésiastiques condamnés à la déportation pour avoir refusé un serment qui blessait leur conscience; il parvint cependant à se faire rayer de la liste fatale pour cause d'infirmités ; mais il lui fut enjoint de s'éloigner de Paris sur-le-champ. Il dit alors à ses parents un' dernier adieu, et se réfugia en Suisse, dans le canton de Soleure, où il remplit pendant cinq ans les devoirs de son ministère, de manière a mériter les suffrages de tous les prélats français >|iii partageaient son exil. Cédant enfin au besoin de revoir sa famille, il rentra eu France, et se chargea quelque temps après de desservir une paroisse demeurée sans pasteur : son grand Age et ses infirmités le forcèrent encore d'abandonner son troupeau pour se retirer à Besançon, où il mourut le 21 juin 1817, âgé de 82 ans. L'abbé Janson était tres-laborieux, ainsi qu'on en jugera par la liste de ses ouvrages, tous destinés à faire connaître et aimer la religion, ou a la venger des attaques île ses ennemis. On a de lui : I ' l'Eu- > charistie selon le dogme et la morale . Besançon, 17t>9, 2 vol. in-12; 2" Instructions familières sur les vérités dogmuùguts et morales de la religion, Ibid., 1781, 3 vol. in-12; abrégées, Paris, 1788, 3 vol. in-12; 3" le Catè-lrsme des fêtes. Paris, 17.SIÎ, in-12 ; 4" la l'enté de ta religion démontrée par le miracle de la résurrection de Jésus-Christ , abrégé de l'anglais de Hilton, in-12 ; 3J Discours sur l' Eucharistie />our To<tave de la Ecte-Dieu. 2 toi. in-12; ('»" le Panégyrique de Ste-Thérèse, iu-S'; 7" Explication succinte des devoirs propres à eJktfM état de la société naturelle et civile, Paris, 1787, in-12. L'abbé Janson fit paraître, en 1788, le Prospectus d'une nouvelle édition de Y Histoire du pniple de Diiu. par le P. Ucrruyer, purgée de tous les défauts qu'on reproche à cet ou» rage, et son travail eut l'approbation de plusieurs hommes de lettres distingua s, entre autres de l'abbé Feller (voy. l'article Berruyer dans le Dict. de Ftlb rj : mais la révolution en empêcha la publication. L'abbé Janson a laissé en manuscrit : lu Instructions sur les principales vertus du chrétien et sur les vices gui leur sont opposés, in-12; 2° Instructions familières sur les vérités du salut, ou Catéchisme raisonné à l'usage des fidèles et des p.istt urs. 2 vol. in-8" ; 3° Précis des instructions de il. de Villethierry sur les dispositions au mariage et sur les obligations des personnes gui y sont engagées. in-12; 4" Tableau de l'Église, in-12; 3» Abrégé des méditations d'Abelly sur les principales ventés de l'Ecuigile, in 12; tï" Abrège du Traite de l'amotr de DUu de St-Erançois de Sales, in-12 ; 7" Recueil des plus importantes vérités de la foi et de la morale chrétienne, 3 \ol. in-12; 8" l'ie du B. Xicolas de Elue (mort en 1487), in-12 ; 9° Court extrait da

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plus importants enseignements contenus dans Cem-

bryologie de M. de Cangiamila . in-12; 10° les Divines Écritures de l'ancienne et de la nouvelle Alliance, quant à leurs parties historiques et aux l> tires drs Apôtres ; le tout disputé conformément à l'explication des interprètes les plus suivis et selon la chronologie d'Vsserius, arec des notes pour servir à l'éclaircissement des matières, 6 vol. in-l°. II a refondu dans cet ouvrage le travail qu'il avait lait antérieurement sur Berruyer, et y a ajouté «les notes extraites de D. Calmet, Doublant, Carrières, etc. Tous ces manuscrits existaient à Besançon, dans le cabinet de M. Menuet aine, parent de l'auteur. W — s.

JANSSF. (I.icas), ministre de la religion réformée, en exerça les fonctions à Bouen depuis 1G32, pendant plus de cinquante ans. II se retira ensuite a Rotterdam, signa l'acte d'uniformité rédigé par le synode wallon, et mourut en 1681 dans un âge fort avancé. C'était, au jugement de ses collègues, un pasteur zélé et un fort honnête liommc. Il awiit de l'instruction : mais ce n'était point un de ces savants toujours appliqués aux objets de leurs études, et il ne croyait pas déroger en égayant la conversation par des contes plaisants, dont il possédait un ample répertoire. Il est principalement connu par un petit ouvrage intitulé la messe trouvée dans l'Écriture, in-12. C'est une réfutation assez piquante de l'interprétilion que le père Véron avait donnée d'un plissage des Actes des apôtres. Il le Ht impriiut r à Rouen, en 1617, in-8°; mais, sur l'avis que le parlement informait contre l'auteur, il en lit retirer tous les exemplaires avec un soin qui a rendu cette première édition fort rare. Cet ouvrage a été inséré depuis dans un Recueil de plusieurs pièces curieuses, à Villefrancbe (Hollande, 1678), in-12, et il a reparu sous ce litre : Le miracle du père L'i ron sur la messe, etc., Londres, 1699, in-12. On a longtemps attribué celte pièce à Cb. RrelincQurt et à l)av. Derodon ; mais les bibliographes s'accordent à en regarder Jansse comme le \érit ible auteur. On cite encore de lui : 1° En Traité de la fin du monde, Rouen, 1656, in-8° ; 2" Le chrétien nu pied de la croix, ou Entretiens sacrés de l'âme fidèle avec son Suureur sur l'histoire de lt passion, ibid., 1683, in-8° ; 3" une Chronçlogie des rois de France, en vers latins, dédiée au duc de Moqtausier. Cet ouvrage n'a probablement point été imprimé, puisqu'il n'est pas indiqué dans la dernière édition de la Biblioth. historique de la France. On trouvera quelques détails sur Jansse dans le Dictionnaire de Chaufepié. W — s.

JANSSENBOY ou JANSSENS, en latin Jameuiut, est le nom de cinq frères qui se distinguèrent dans je iqéme ordre religieux. Ziriczée, petite ville de l'Ile de Schowen (Zélande) Tut leur patrie. Celte ville ayant été reprise par les Hollandais sur les Espagnols, qi.i s'en étaient emparés en 1373, la famille Janssenboy, ainsi que d'autres, chercha un asile plus favorable à l'exercice de la religion

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catholique, à la propagation et à la défense de laquelle se consacrèrent les personnages dont nous allons parler. — Sicolis Jamssrnboy naquit dans la seconde moitié du 16* siècle, et prit l'habit des dominicains à Anvers. Aux études ordinaires il avait ajouté celle des langues orientales et du gree, parce qu'il était persuadé que cette connaissance lui serait utile dans les discussions avec les ministres de la uouvelle secte qui commençait à devenir nombreuse. R'abord régent, puis supérieur du collège de Lière, dans le Brabant, il forma ses élèves aux lettres et les fortifia sur le dogme , pour les mettre en étal de ne pas craindre les vaines subtilités des ministres protestants. Professeur de théologie à l.ouvain, il prit sis degrés dans l'université de cette ville. Ce fut là aussi qu'd publia ses premiers ouvrages, ce qui ne l'empêcha pas de travailler avec zèle à la conversion des hérétiques et de s'opposer de toutes ses forces aux progrès de l'erreur. Ce succès de ses travaux dans les Pays-Ras porta le ponce apostolique (Jean-François Conti) à l'envoyer, avec le P. Jacques de Brower, dans le Dancmarek, pour essayer de ramener h s luthériens au sein de l'Eglise. Après avoir parcouru avec qn zèle prudci.l et généreux le Jlolstein, la Norvège, et quelques autres provinces du Nord, il alla à Borne rendre compte à Crégoire XV et à la congrégation de la propagande de tout ce qu'il avait fait dans ces contrées, et proposer Jes moyens qu'il jugeait convenables. Ses vues furent goûtées, et muni de nouvelles instructions , de nouveaux pouvoirs, il partit pour les mêmes provinces en 1623. La congrégation des cardinaux voulut qu'il y fut accompagné par deux de ses frères Corneille et Dominique. Frédéric III, roi de Dane^narck, leur permit de prêcher la religion catholique dans tous ses Etats. Les zélés missionnaires sucent profiter de celle liberté, et Nicolas Janssenboy ne se laissa déconcerter par aucune des entraves et des persécutions dont ne purent le garantir ni la protection du roi ni la conversion de plusieurs sectaires. 11 obtint de Frédéric le libre exercice de la religion catholique à Frédérikstad, ville nouvellement bâtie par ce prince dans le Holstejn. En conséquence des Lettres que donna Frédéric III eu 1623, plusieurs familles dispersées dans les Provinces-l 'nies se réfugièrent dans la nouvelle ville pour y exercer leur religion. Notre fervent religieux y établit une paroisse et fut Iç premier pasteur de ce troupeau naissant. Les luthériens ne voyaient pas sans chagrin les progrès du retour a la religion catholique. Si la vigilance du prince les empêchait d'éclater, ils tâchaient de se dédommager par quelque autre voie; et, n'osant plus s'attaquer au pasteur, ils essayèrent de séduire adroileiuent au moins une parfie du troupeau, en répandant nu écrit récemment composé par Jean Muller, ministre if Hambourg, SOUS ce titre : Avertissement i.é-cssaire. Nicolas Janssenboy mourut le 21 novembre IfSty,

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Parmi ceux qui l'ont fait connaître , on doit citer Jean-Adolphe, auteur «les Annales des évêques de Slesvick, qui en fait le plus grand éloge. Il a laisse' : 1° Panégyrique de St-Thomas d'Aquin, Louvain, 1621, in-8°; 2° Vie de Si-Dominique , Anvers, 1622, in-8°; 3° Animadversiones et scholia in apologiam nuper éditant de vita et morte Joannis Dunt Scoti, adversus R. P. F. Abrahamum Bsovium, ord. Prtrdic. S. T. il. et hitt. eccles. scriptorem% Cologne, 1022s 4° De/ensio fidei catholicœ et apostolica romana opposita adtnotiitioni necessaria Joannis Mulleri . lutherani prœdicauiis Hnmburgensis. Anvers, 1651, in-8°. C'est la réfutation de Y Avertissement nécessaire (pie nous avons mentionné ci-dessus. 5° Bénéficia FF. l'radicatoribus a dita Virgine collata, Anvers, 1632, in-12. Nicolas Jansscnboy publia aussi une traduction en latin de V Instruction des prêtres, de Molina, chartreux espagnol. Quelques personnes attribuent cette traduction au P. Raymond de Ladesou, mais il parait que c'est à tort, et la Xouvelle bibliothèque espagnole (t. \", pag. 111} la donne formellement au P. Janssenhoy, disant qu'il la traduisit sur la septième édition espagnole, et la publia à Cologne, à Anvers, etc. Nicolas Janssenboy a aussi donné une traduction latine des Cas de conscience de Pierre Ledestna, dominicain. Enfin, on conservait jadis manuscrite au couvent des dominicains d'Anvers une apologétique qu'il avait faite des notes et scholies indiquées ci-dessus, sous le n° 3. — Corneille Janssenboy, après après avoir fait ses études à Louvain, se rendit en Italie vers le commencement du 17e siècle. Il avait pris l'habit des dominicains au couvent de Bois-le-Duc, lorsque celle ville élait encore sous la domination du roi d'Espagne. Quoique étranger dans la Péninsule, il se mit bientôt en étal d'exercer le ministère de la parole dans les villes de Lombardie, et il enseigna dans les écoles de Bologne. La Propagande, instruite de sa capacité et de la vivacité de sa foi , le ût partir, en 1623, pour les provinces du Nord, où il arriva avec son frère Nicolas, et ce que l'un faisait dans le Holstein pour le rétablissement ou l'accroissement du catholicisme, l'autre tâchait de le faire dans la basse Saxe. Les travaux, les dangers mêmes pour sa vie, ne purent ralentir le zèle de Corneille Janssenboy , qui ne fut pas toujours couronné du succès qu'il méritait. Ses supérieurs l'ayant rap|>elé en Flandre, il s'arrêta quelque temps à Monickendam, petite ville des Pays-Bas, où il eut quelques consolations et beaucoup d'épreuves. S'étant embarqué pour aller à Home instruire le saint-siége de l'état de la religion dans les Provinces-Unies, une tempête violente assaillit le bâtiment qu'il montait, et il périt le 11 octobre 1037. Un de ses frères, les passagers et tout l'équipage, furent avec lui la proie des flots. Pendant le séjour que Corneille Janssenboy fit en Hollande, il écrivit plusieurs ouvrages de piété ou d'histoire qui n'ont été imprimés qu'a-

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près sa mort. Jean Muller avait répliqué à la réponse de Nicolas Janssenboy dont nous avons parlé au commencement de cet article; comme Nicolas était mort, son frère Corneille crut que c'était à lui de venger la mémoire de l'auteur outragée par le ministre luthérien; il fit donc l'apologie de l'ouvrage intitulé Défense de la foi catholique, et la publia en 1633. — Dominique Janssenboy, troisième frère, avait aussi pris l'habit des dominicains au couvent de Bois-le-Duc, et envoyé par le saint-siége dans les provinces du Nord, il poussa plus loin que les deux précédents ses jours et ses travaux. La ville de Hambourg fut le théâtre de ses combats et de ses disputes avec les docteurs de la réforme. Ce fut en 1623 qu'il arriva comme prédicateur et pasteur apostolique dans cette ville, où il eut à souffrir beaucoup, mais où il eut aussi le bonheur de ramener plusieurs apostats au sein de l'Église. Le plus ardent de ses ennemis fut encore Jean Muller, qui publia contre lui un libelle, et fit tant que le sénat ordonna au P. Dominique de sortir de la ville sous deux jours. Cet ordre néanmoins fut révoqué avant son exécution; mais, en 1634, notre religieux fut contraint d'aller ailleurs, et se retira d'abord a Cologne , d'où , après un fructueux apostolat, il crut devoir entrer au monastère d'Anvers. Vers 1643 ses supérieurs l'envoyèrent à Amsterdam, où il mourut le 14 mars 1047. Pendant son séjour à Cologne, il avait publié quelques ouvrages en latin et en allemand pour expliquer les pratiques de l'Église romaine attaquée par les luthériens, et montrer que la doctrine de ceux-ci n'était pas moins opposée à l'Écriture sainte qu'à toute la tradition. A Anvers, il fit imprimer, en 1643, une traduction flamande de l'ouvrage italien sur les miracles qui s'opéraient tous les jours devant l'image de St- Dominique, dans l'église de Soriano. Son" but était d'opposer ce témoignage public aux impiétés des nouveaux iconoclastes. — Léonard Janssf.nbot , frère des précédents, avait fait profession dans le couvent des dominicains de Bois-le-Duc. Il était dans cette ville quand elle fut assiégée et prise par les Hollandais sous la conduite du prince d'Orange (1620). Les conditions de la capitulalion furent que tous les ecclésiastiques et religieux sortiraient de la ville à la suit» de leur évéque, Michel Opnovius, dont le P. Touron a donné l'histoire. Mais Léonard Janssenboy ne tarda pas à y rentrer par ordre de ses supérieurs , qui confiaient celle mission à sa haute prudence, en lui permettant de porter l'habit séculier. Il y exerça ce fuiclueux et obscur ministère pendant trente-quatre ans, et y termina sa carrière le 21 février 1663. Dans ses moments de loisir, le fervent missionnaire composait de petits ouvrages de dévotion. Ses cantiques spirituels, écrits eu flamand, furent imprimés à Anvers en 1633. Il a aussi donné une histoire abrégée de quelques saints personnages de l'ordre des dominicains,

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qui fut imprimé en 1644. — Ambroite Janssesboy, cinquième frère des précédents, entra aussi dans l'ordre* de St-Dominique et s'y distingua également par son zèle et sa piété; mais sa vie est moins connue , et il ne parait pas qu'il ait écrit. Il se rendait en Italie avec son frère Corneille , lorsqu'il périt sur mer, avec lui et tout l'équipage, le 11 octobre 1637. On peut consulter sur ces religieux célèbres les œuvres du P. Echard, du P. Touron, et le dictionnaire de Richard, tous auteurs de l'ordre des dominicains. lî — o — e.

JANSSENS (Jan-Willems), général hollandais, né le 12 octobre 17(52 à Nimèguc, où son père, officier au régiment d'Aïlva , était en garnison, entra à l'âge de quinze ans comme cadet dans ce même régiment , où il devint bientôt officier. Ayant montré du dévouement au parti orangiste, il fut récompensé par le grade de capitaine dans le régiment de Wartensleben , et fit la campagne de 1703 contre les Français. Grièvement blessé le 13 septembre devant Menin, il continua de servir l'année suivante, même en 1798 , malgré les changements politiques qui s'opérèrent en Hollande et renversèrent le stathoudérat. Toutefois ses blessures mal guéries le forcèrent de demander sa retraite, qu'il obtint avec une pension : il avait à peine trente-trois ans; mais ses talents, qu'il n'avait encore déployés que sur un théâtre bien circonscrit, ne devaient pas rester inutiles pour sa patrie, et Janssens était destiné à fournir encore une longue carrière d'activité. Employé, sous les auspices du nouveau gouvernement batave , dans l'administration des troupes françaises à la-soldc de la Hollande, il fut promu, en mars 1797, aux fonctions de commissaire général de cette administration, et pendant cinq ans qu'il les exerça, il fut à diverses reprises envoyé à Paris, afin de prévenir des changements vt-xatoires et onéreux que le gouvernement français prétendait apporter aux stipulations arrêtées entre ces deux Etats pour l'entretien des troupes. Il s'acquitta de ces missions avec autant d'intelligence que de probité. On avait mis à sa disposition des sommes considérables dont il n'était pas obligé de rendre compte : son gouvernement le vit avec surprise les remettre à son retour, sans retenir autre chose que ses frais de voyage calculés avec la plus stricte économie. En 1802, son administration ayant été supprimée, il fut nommé gouverneur et général en chef de la colonie du cap de Bonne-Espérance. Aussitôt que sa présence au chef-lieu de cet établissement cessa de paraître indispensable, il alla visiter l'intérieur des terres, pénétra jusque dans la Cafrerie, et conclut un traité avec un roi ou chef nommé Gaïka. Il aurait pénétré plus loin et recueilli une plus ample moisson de connaissances sur l'intérieur de celte partie de l'Afrique, si la rupture de la paix avec la Grande-Bretagne ne l'avait ramené au Cap, dont les Anglais méditaient la conquête. A l'approche du danger, les colons,

oubliant leurs anciennes divisions, secondèrent avec empressement les dispositions de défense prises parleur gouverneur. Janssens ne désespérait point de mettre la colonie à l'abri de toute atteinte, lorsqu'il reçut de son gouvernement l'ordre de diriger la meilleure partie de ses troupes européennes sur Batavia. Cet ordre, nécessité par la plus grande importance de Batavia relativement au Cap , ne pouvait avoir d'autre résultat que la reddition de cette dernière colonie, dès que les Anglais s'y présenteraient en force. Aussi le débarquement de dix mille des leurs, sous les ordres du général Raird, dans les premiers jours de janvier 1806, rendit impuissants tous les efforts du gouverneur Janssens, qui n'avait plus sous ses ordres que dix -neuf cents hommes, presque tous colons et Hottentots. Il essaya néanmoins de résister; mais, trahi par un bataillon étranger qui faisait partie de son corps, et qui lâcha pied au commencement de l'attaque faite le 8 janvier par les Anglais, Janssens obtint du moins une capitulation honorable. Il fut stipulé que les braves restés fidèles au gouvernement hollandais seraient transportés dans leur patrie avec leur chef, et qu'ils ne seraient pns considérés comme prisonniers. Il demeura encore quelques semaines au Cap avant de s'embarquer, et trouva l'approbation de sa conduite dans les témoignages unanimes de respect et de regret que lui donnèrent les habitants de la colonie, sur laquelle il n'exerçait plus aucune autorité. De retour en Hollande, il fut accueilli de la manière la plus flatteuse par son nouveau souverain Louis- Napoléon, qui, comme on sait, s'était fait Hollandais , et manifestait à ses nouveaux sujets la préférence la plus marquée sur les Français. Janssens se fit d'ailleurs un titre particulier à la bienveillance de ce prince qui s'occupait très-spécialement de sa cave, en lui faisant hommage, à son débarquement, d'une provision tres-précieuse de vins de Constance et du Cap (1). Il fut, au mois de juillet de cette même année, nommé secrétaire général du ministère de la guerre avec le titre de conseiller d'Étal. Il présida en cette qualité les sections de la guerre et de la marine, fut intendant de l'armée du Bhin, directeur général de l'administration de la guerre, et enfin, en 1807, ministre de ce département ; mais il ne conserva pas longtemps ce poste. L'instabilité du roi Louis dans le choix des hommes était égale à ses bonnes intentions , et la faveur dont Janssens paraissait jouir auprès de la reine Horlense détermina sa disgrâce. 11 conserva néanmoins le grade de lieutenant général et le titre de conseiller d'État avec une pension de 8,000 florins. Après avoir visité la Suisse et l'Italie , il reparut à la cour du roi Louis, qui, revenu de ses préventions, lui aurait

(I) On peut consulter, tur Ire min» particulier* que Loui» Bonaparte donnait à »ea ccilicre , lea mémoires intitule» la Cour Je Hollande tout U régne Ue Luuit- Aapelto* , par ait audUtur, Paria, 1833, 1 Toi. inm*.

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