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était pour ainsi dire le cachet du style de Jay ; le littérateur professait en même temps l'histoire à l'atbenée de Paris. Ce fut aussi vers cette époque de sa vie que Jay fut choisi par le duc de Rovigo, qui avait pu l'apprécier chez le duc d'OIrante, pour faire une traduction raisonnée des jourpaux anglais, qui passait chaque matin sous les yeux de l'empereur; le maître, satisfait, le désigna pour diriger le Journal de Paris, auquel il imprima une impulsion plus philosophique. Nommé, au mois de mai 1815, membre de la chambre des représentants pendant les ccnl-jours, Jay eut l'occasion de rendre plusieurs services à des royalistes alors menacés de proscription. Il joignait constamment ses efforts à ceux des membres de cette chambre qui voulaient prendre des garanties contre le retour du despotisme impérial. Dès le
10 juin, il insista pour faire modifier l'acte additionnel et un ensemble incohérent de sénatusconsultes, dont l'interprétation pouvait autoriser une multitude de décisions arbitraires. Chargé le 28 juin de la rédaction d'une adresse i l'armée campée sous les murs de Taris, il fut un des cinq membres de ladéputation dont la mission difficile et délicate consistait à dissuader les soldats de prolonger la résistance et à les engager à permettre l'entrée des alliés dans Paris. Ces grands événements politiques terminés, Jay revint bientôt à ses occupations littéraires et publia dès les premiers jours de la restauration VHiftoire du cardinal de Richelieu, 1815, 2 vol. in-S . Comme cette publication coïncidait avec le ministère d'un petit-neveu du cardinal , quelques critiques soupçonnèrent Jay d'avoir eu l'intention de lui faire sa cour; mais il prouva facilement que ce travail était déjà fait depuis longtemps. « Pour le temps « où il fut écrit, a dit M. de Sacy, son successeur « à l'Académie, le livre de Jay est excellent. C'est « un récit clair et rapide des faits connus, un « exposé plein de chaleur cl d'intérêt. Sans doute « nous exigerions davantage aujourd'hui de celui « qui entreprendrait d'écrire l'histoire du cardi- « nal de Richelieu. Nous lui demanderions plus ■ de profondeur et de nouveauté dans les recher- « ches, plus d'exactitude dans les détails, plus « de couleurs dans le style. • Aujourd'hui encore
11 est utile au point de vue biographique (I ). Parmi les autres travaux de Jay, nous citerons encore : 1° Les Etats-Unis d'Angleterre, ou Souvenirs tt réflexions d'un citoyen américain (M. Lee, consul américain à Bordeaux, rédigé par Jay), Bordeaux, 1814, i ii- S" ; 2° Histoire moderne, extraite de deux chapitres de l'histoire des temps passés, à l'usage de tous les partis (anonyme), 1815, in-8°; 3» Voyages dans la partie septentrionale du Brésil depuis ï 809 jusqu'en 1816, comprenant les provinces de Fernambuco,
(1) On dirait que et* observations de M. de fcary, sauf la dernier* qualité du style , qui n'est que simple et naturel et manque quelquefois d'anlmaUoa, ont inspiré et guidé le travail de M J. Caillet, HUtoirt af» mmMÊM d* Rxckêtitu, 1867. 1 toi. ln-6». C'est une des Uièaea d'histoire le* plus remarquables de notre époque.
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Scara, Paraïban, Maragnan, etc., traduit de l'allemand, de il. Costcr, 1817, 2 vol. in-8e; 4° Un mot sur la pétition à la chambre des députés, de M. àladier de M ont j au. Paris, 1820, in-8°; 5« Plaidoyer pour le sieur Bidault, éditeur responsable du Constitutionnel , prononcé devant la cour d'assises de la Seine, le 29 juin, dans l'affaire de la souscription nationale, 1820, in-8°; 6° Considérations sur l'état politique de f Europe , sur celui de la France, sur la censure et les élections, ou supplément aux documents historiques de J/. de Kératry,
1820, in-8«, 3 éditions; 7° Xotice surTabbé Raynal.
1821 , in - s-; elle a été mise en tetc de l'Histoire philosophique des Indes; 8° (avec M. Jouy) Salon d'Horace Vernet : analyse historique et pittoresque de quarante-cinq tableaux exposés chez lui en
1822, 1822, in -v, 9* Du ministère et de la censure, 1827, in-8°. Il a coopéré aussi à la rédaction des Constitutions des différents peuples, du Recueil de pièces authentiques sur le captif de Sle- Hélène, auquel il a fourni les notices biographiques sur Napoléon , Bertrand , Las Cases , Montholon et Courgaud; de l'Abeille, journal littéraire dirigé par madame Dufrénoy ; de la Biographie nouvelle des Contemporains, sous la direction de M. deNorvins; il a fourni une Xotice sur la vie et les ouvrages de madame de la Fayette, pour l'édition de ses œuvres complètes; un Estai sur Véloquenct politique en France, inséré dans la collection des discours du général Foy ; des Considérations constitutionnelles, a la suite de la pétition de J4. lladicr de Monljau à la chambre des députés; m lin, pour l'édition des œuvres poétiques de madame Dufrénoy, une Xotice sur ta vie et les ouvrages^ de l'auteur; Derniers moments de Bayard, et des Eloges. Sa dernière publication est la Conversion d'un romantique (1830), œuvre de polémique littéraire contre le romantisme, dont il fut toute sa vie un adversaire ardent et qu'il avait infatigablement combattu dans sa chaire de l'athénée de Paris. Écrivain élégant et pur, d'un goût sévère, Jay éloigna de la collection de ses OEuvres littéraires (1831, 4 vol. in-8°) un assez grand nombre des travaux précédents qui n'avaient dù leur naissance qu'à des circonstances d'actualité et devaient s'oublier avec elles; il fut admis en 1832 à l'Académie française en remplacement de l'abbé duc de Montcsquiou. Malgré tous ces titres littéraires, Jay doit son nom encore plus aux journaux qu'a ses livres. Journaliste en Amérique et sous l'empire, Jay devait être un des premiers et des mieux préparés à entrer plus largement dans celte voie. Au commencement de la restauration il ne fallait ni autorisation préalable , ni mise de fonds considérable pour créer un journal d'un format quatre fois moins grand que les nôtres; Jay, avec quelques amis, Jouy, Jullien de Paris, Gourict, Bitriste Dumoulin, etc., fonda un journal appelé d'abord l'Indépendant , puis le Constitutionnel, dans une espèce d'échoppe adossée aux écuries de l'ancien sénat conservateur (1815). On sait
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jusqu'à quel point s'éleva bientôt la fortune de celte entreprise politique destinée à tenir la restauration en échec. Jay contribua aussi à la fondation de la Âlînervf, autre instrument très-célèbre de cette opposition (1818). Jay devint ainsi un des coryphées du parti libéral , et paya même de sa liberté la hardiesse de quelques-unes de ses attaques. Sa notice biographique sur les frères Faucher (aoy. ce nom), reproduite dans la Xouvtlie biographie des Contemporain! , lui attira avec Jouy une condamnation à un mois de prison. Celte captivité inspira aux deux amis les Ermites en prison, 1823, î vol. ln-12, et les Ermites en liberté, 1824,3 vol. in 12, productions maintenant a peu près oubliées , mais alors très-populaires et très-Iueg. Jay devint bientôt député sous la restauration , et représenta aussi un des arrondissements de Paris sous Louis-Philippe. Mais son rôle était terminé , il passa les dernières années de sa vie dans la retraite, près du lieu de sa naissance, dans son domaine deChaberville, près de Gultrc; il y mourut le 9 avril 1831. Sa fille Caroline Jay, esprit distingué, et qui avait été élevée sous les yeux de son père , est veuve depuis 1837 de M. Dufrenoy, directeur de l'école des mines. A. F-l-t.
JAYME ou JACQUES I", roi d'Aragon, surnommé le Conquérant, fils de Pierre II, monta sur le trône en 1213, après la mort de son père, et trouva le royaume partagé entre deux factions qui se disputaient le gouvernement. Les états lui ayant prêté serment de fidélité, Jacques fut confié, à cause de son extrême jeunesse, aux soins de Guillaume de Mouredon , grand maître des templiers, et gardé dans le château de Moncon, afin qu'il ne fût pas exposé aux entreprises des factieux. Ennuyé bientôt de cette espèce de captivité, il décida les seigneurs de son parti à le conduire -à Saragosse. A peine «finît-il arrivé dans son palais, que les grands qui conspiraient contre lui l'y firent garder à vue. Jacques parvint à s'échapper? se rendit à Huesca, et, par une conduite pleine de fermeté et de modération, finit par se concilier tous les partis. Devenu paisible possesseur de ses Etats, il résolut de tourner ses armes contre les Maures, fit une expédition aux Iles Baléares, attaqua Majorque , défit les Maures sur le rivage, marcha vers leur capitale, et, montant Je premier à l'assaut, il s'empara dé la place, et soumit cette Ile à l'Aragon. Jacques entreprit ensuite la conquête du royaume de Valence. Sous prétexte de marcher au secours de Zcith, l'un des deux princes maures qui se disputaient ce royaume, il y pénétra, et, profilant de ses avantages, força son antagoniste à lui livrer la capitale. Peu de rois d'Aragon ont eu un règne aussi glorieux. Adopté par le roi de Navarre Sanche IV, et désigné pour lui succéder, Jacques eut la générosité de renoncer à ce royaume en faveur de Thibaud, comte de Champagne, oncle de Sanche. Ce prince eut différents démêlés avec le pape, qui voulait rendre son royaume tributaire de l'Eglise romaine. Sa «
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passion immodérée pour les femmes lui causa des chagrins violents et des remords , mais sans que jamais il songeât sérieusement à se corriger. 11 mourut à Xativa, le 27 juillet 1276, âgé de 70 ans, après en avoir régné soixante-trois. Avant d'expirer, il se revêtit de l'habit de l'ordre de Clteaux , faisant vœu de finir ses jours dans le cloître et la pénitence, si sa santé se rétablissait. Z.
JAYME ou JACQUES II, roi d'Aragon, second fils de Pierre III, fut Jacques I" pour la Sicile, où il régna de 1285 à 1291 , et Jayme II pour l'Aragon, où il régna de 1291 à 1327. Dès que les vêpres siciliennes eurent assuré le royaume de Sicile à Pierre III, roi d'Aragon, Jacques, fils de ce prince, vint à Palerme avec Constance , sa mère. Il succéda, le 11 novembre 1283, à son père, dans le royaume de Sicile, et fut couronné à Palerme, le 2 février de l'année suivante. Secondé par le zèle de ses sujets et leur haine contre les Français, il remporta de brillants avantages sur la maison d'Anjou, qui lui disputait la couronne. Son rival, Charles II, était prisonnier en Aragon depuis sa défaite devant Naples, le 3 mai 1284. Une victoire plus éclatante encore fut remportée, le 23 juin 1287, par Roger de Loria, amiral de Jacques, sur la flotte napolitaine : quarante-quatre galères et cinq mille prisonniers conduits à Messine en furent le fruit. Jacques conquit eusuite presque toute la Calabre et les lies du golfe de Naples. Il est vrai que ses victoires étaient compensées par les défaites de son frère Alphonse, qui régnait en Aragon : aussi celui-ci , après avoir rendu la liberté à Charles II, s'était-il même engagé à faire évacuer la Sicile par les Aragonais, lorsqu'il mourut le 18 Juin 1291. Dès que Jacques en fut averti, il renonça aux conquêtes qu'il faisait en Calabre, et, laissant la vice-royauté de Sicile à Frédéric, son frère puîné, il aborda, le 16 août, à Valence, et fut reconnu roi par les Aragonais et les Catalans. Jacques avait bien plus d'ambition que de générosité dans le caractère. A peine fut-il assis sur le trône d'Aragon, qu'il oublia les Siciliens qui l'avaient si fidèlement servi : non-seulement il ne s'occupa plus de défendre leur liberté; mais il les vendit indignement, en 1293, au roi Charles, dont il avait épousé la fille Blanche, et il conduisit une armée en Calabre et en Sicile pour chasser son frère Frédéric de ces deux provinces. Cependant, après y avoir remporté de grands avantages, il s'arrêta tout à coup au milieu de ses conquêtes, par un sentiment de honte ; et il s'en retourna en Aragon pour ne plus être le témoin ou l'instrument de la ruine de son frère. Le règne de Jacques fut encore marqué par deux guerres importantes : l'une, en 1309, contre les Maures de Grenade, l'autre en 1321 , contre les Pisans, en Snrdaigne. Alphonse, fils de Jacques, fit sur eux la conquête de cette lie. Le même Jacques, dans les cortès de # Saragosse, en 1323, confirma les privilèges des Aragonais. L'usage de la torture et de la confiscation des biens des condamnés fut interdit à tous
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le» tribunaux de son royaume. Le fils aîné du roi d'Aragon s'appelait Jayrae comme lui; il s'était rendu odieux au peuple par ses vices et sa cruauté. Tout à coup, au mois de janvier 1319, il se pré* senta aux cortès assemblées à Tarragone ;,il déclara qu'il renonçait à son droit de primogéniture, et à toute espérance de succéder au trône ; il déposa ses habits de prince, et il revêtit ceux de l'ordre de St-Jcan de Jérusalem. Peu de mois après, il entra dans un couvent de moines; mais sa vie ne répondit point à une résolution si rigoureuse : bientôt il ne se fit remarquer que par sa dissolution et ses mauvaises mœurs, en sorte qu'on n'attribua qu'à la lâcheté de son caractère ce qui avait d'abord paru le fruit de sa piété. Dans le même temps, deux autres fils de rois avaient abandonné leurs prétentions au trône, et mérité d'être inscrits parmi les saints, savoir Louis, tils du roi de Naples, et Jacques, fils du roi de Majorque, tous deux entrés dans l'ordre de St- François. Jayme mourut à Barcelone, le 2 novembre 1327, Agé de CO ans. Les Aragouais ont célébré son amour pour la justice et son respect pour leur liberté. Son fils, Alphonse IV, lui succéda. S. S — i.
JEAN -BAPTISTE (Saint), le précurseur de Jésus-Christ, était fils de Zacharie, de la tribu de ] é\ i , et de si r-K| isabeth, cousine de la Ste-Vierge; et il est vraisemblable qu'il naquit à Hébron, ville sacerdotale qu'habitait sa famille. Un jour que Zacharie vaquait dans le temple à l'exercice de ses fonctions, l'ange Gabriel lui apparut, se tenant debout à la droite de l'autel des parfums : le lévite fut saisi de frayeur; mais l'ange se hâta de le rassurer, en lui annonçant que sa prière avait été exaucée, et que sa femme, jusqu'alors stérile, mettrait au monde un fils qui serait grand devant le Seigneur. L'âge d'Elisabeth paraissant un obstacle à l'accomplissement de cette promesse, Zacharie osa demander un signe qui lui en garantit la vérité, et il fut aussitôt privé de la parole , jusqu'à l'accomplissement de la prophétie. Elisabeth, durant sa grossesse, reçut la visite de la Ste-Vierge, et l'enfant qu'elle portait dans son sein tressaillit de joie en présence du Sauveur. Il reçut, suivant l'ordre de l'ange, le nom de Jean. qui signifie plein de grâces', et fut consacré à Dieu, le huitième jour après sa naissance. Il n'eut point les cheveux coupés, et ne but jamais de vin ni d'aucune liqueur enivrante; il se retira fort jeune dans les déserts, menant une vie pleine d'austérité; il portait une tunique de poils de chameau, nouée autour de ses reins par une ceinture de cuir, et sa nourriture se composait de sauterelles et de miel sauvage. Il avait près de trente ans quand il commença à prêcher, en disant : « Faites pénitence , car le royaume des « cicux est proche. » Les habitants de Jérusalem, de la Judée et des pays qu'arrose le Jourdain, accouraient en foule pour l'entendre; et il les baptisait dans l'eau du fleuve, après qu'ils avaient confesse leurs péchés. Jésus-Christ lui-même vint
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le trouver, du fond de la Galilée, pour recevoir de lut le baptême ; mais Jean s'en défendit : C'est moi , s'écria-t-il , qui dois être baptisé par vous , et vous venez à moi. Jésus vainquit cependant sa répugnance, et Jean le baptisa (voy. Jésis-Cmist). La vue des grandes austérités de Jean ne put ton cher ceux qui en étaient les témoins, et quelquesuns disaient : Cet homme est possédé du démon. D'autres crurent qu'il était le Sauveur annoncé par les prophéties.'et députèrent vers lui pour le savoir; mais il leur répondit : Je suis la woix de celui qui crie dans le désert. Jean passa ensuite à Béthanie ou Belharaba, et de là à Ennon, près de Salim , dans la Judée. Il eut le courage de rrprocher à Ilcrode Antipas son amour impudique pour Hérodias, sa belle-sœur; et ce prince, excité par cette femme, fit enfermer le prophète dans la forteresse de Hachera ou Macheron : Jean y jouissait cependant de quelque liberté, et il lui était permis d'y recevoir ses disciples, puisqu'on apprend par l'Evangile (St-Matthieu,cbap. 11 , et St-Luc, ch. 7), qu'il en députa deux vers Jésus pour s'informer de sa doctrine. La douceur dont Antipas usait envers Jean venait autant de sa vénération pour le prophète que de la crainte de soulever le peuple. Cependant, un jour qu' Antipas célébrait dans son palais l'anniversaire de sa naissance, Salomé, fille d'Hérodias, entra dans la salle du festin, et dansa devant le roi avec tant de grâce qu'il s'engagea par serment à lui accorder tout ce qu'elle demanderait. Salomé, instruite par sa mère, lui dit alors : Donnez-moi donc présentement dans un bassin la tête de Jean-Baptiste. Antipas, effrayé à l'idée seule de ce crime, se repentit de son imprudente promesse ; mais ne croyant pouvoir s'en dégager, il envoya un soldat faire mourir Jean dans la prison (l'an 32 de l'ère chrétienne). Saint- Jérôme dit que Salomé porta la tête du prophète à sa mère, qui se fit un jeu barbare* île lui percer la langue à coups d'aiguille. Les disciples de St-Jean-Baptiste prirent ensuite son corps, l'ensevelirent, et allèrent prévenir Jésus de la mort de leur maître. L'Église célèbre la fête de la nativité de St-Jcan le 24 juin , et celle de sa décollation, le 29 août. Plusieurs églises se disputent l'avantage de garder la précieuse relique de la tête du saint précurseur; mais Ducange a prononcé en faveur de la cathédrale d'Amiens, dans son savant Traite historique du chef de St-Jean- Baptiste (ooy. Ducaxce) : on y renvoie le lecteur curieux de détails, ainsi qu'aux Antiquiiates ckrutianœ de eultu S. Joannis-Baptista , par le P. Paciaudi, Rome, 1753, in - r. Ces deux écrivains ont discuté avec toute l'érudition possible les points historiques relatifs à St-Jean-Baptiste. W — s.
JEAN (Saint;, Yêtangélute, né à Belhsafde dans la Galilée, était fils d'un simple pêcheur nommé Zébédée, et frère cadet de Sl-Jacques le Majeur. Il avait environ vingt-cinq ans lorsque Jésus- Christ l'appela à lui (ooy. St-Jacques ls Majeur}: il fut le témoin des principaux miracles du Sau-
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veur, et en reçut des témoignages particuliers d'affection ; aussi, se désigne-t-U ordinairement lui-même par ces mots : Le disciple que Jittu aimuai, il fut chargé avec St-Pierre des préparatifs de la dernière pâque, et, pendant le repas, il njfesa sa tête sur le sein du Sauveur. Lorsque Jésus eut déclaré que l'un de ceux qui étaient à table avec lui le trahirait, les apôtres consternés n'osèrent point lui demander lequel d'entre eux se rendrait coupable d'un crime aussi énorme ; mais ils s'adressèrent à St-Jean pour le savoir (voy. Jibas Iscariote). Il fut le seul des apôtres qui n'abandonna point Jésus pendant sa passion ; et il était debout au pied de la croix lorsque le Sauveur mourant lui recommanda sa mère (coy. Jksus-Curist). Averti par Marie-Madeleine que le corps de Jésus avait disparu, il arriva au sépulcre le premier, vit et toucha les linceuls qui avaient servi à ensevelir son divin maître, reconnut Jésus qui lui apparut, et annonça sa résurrection aux autres disciples. Les^apôtres, ayant reçu l'Ksprit- Saint, commencèrent à prêcher et à faire des miracles. St-Jean fut arrêté avec St-Pierre, et mis en prison , pour avoir guéri un boiteux au nom de Jésus-Christ; mais les magistrats, n'usant pas leur infliger de peine, les renvoyèrent, en leur défendant de continuer à prêcher. Comme Jean n'avait tenu aucun compte de cet ordre, il fut mis en prison une seconde fois, et battu de verges : il accompagna St-Pierre i Samarie dont les habitants avaient reçu le baptême, et y annonça l'Évangile. Il assista, en l'an 51, au premier concile de Jérusalem, où il parut, ditSt-Paul, comme une des colonnes de l'Église; il fit ensuite des prédications dans différentes parties de l'Asie mineure, et y établit des pasteurs : il résidait habituellement à Éphèse , et ne s'éloignait de cette ville que pour visiter les églises voisines. Il fut arrêté, l'an 95, par ordre du proconsul, et conduit à Rome, où des juges barbares le condamnèrent à être plongé vivant dans une cuve pleine d'huile bouillante: il en sortit, dit St-Jérôme, sans avoir éprouvé aucune incommodité , et fut exilé dans l'Ile de Patmos, l'une des Sporades. Ce fut là qu'il écrivit son Apocalypse, ouvrage allégorique, dans lequel il donne des conseils aux églises d'Asie, prédit leur grandeur future, les progrès du christianisme et les choses qui doivent arriver à la consommation des siècles. Après la mort du cruel Domitien, St-Jean obtint la permission de revenir à Éphèse. Son grand âge l'avait tellement affaibli, que ses disciples étaient obligés de le porter entre leurs bras aux assemblées des fldèles ; chaque fois , il se bornait à leur dire ces belles paroles : « Mes chers enfants, « aimez-vous les uns les autres. » Quelques-uns de ses disciples lui ayant témoigné leur surprise de ce qu'il répétait toujours la même chose : « C'est « là, leur répondit-il, ce que le Seigneur nous a « commandé, et, pourvu qu'on l'exécute, il ne - faut rien davantage. » Ce saint apôtre mourut à
Éphèse, l'an 99, âgé de 94 ans, et fut inhumé auprès de cette ville. Ce ne fut qu'à.son retour de l'Ile de Patmos qu'il composa sun Evangile . à la demande de ses disciples, qui le prièrent de réfuter par son témoignage les erreurs répandues par les Ébionites contre la divinité de Jésus-Christ: il l'écrivit en grec, langue que parlaient les peuples auxquels il le destinait; mais on en fit presque aussitôt une version en syriaque. L'Évangile de St-Jean renferme l'histoire des quatre dernières années de la vie de Jésus-Christ; le style en est d'une admirable simplicité : il a été commenté par Origène , St-Cyrille , Alcuin , Kupert , Gilbert de la Porrée, etc.; et plusieurs Pères, entre autres, St-Chrysostome et St-Augustîn, l'ont choisi pour texte dep leurs homélies. On a encore de St-Jean trois Epitres: la première, qui est la plus étendue, est adressée aux chrétiens répandus dans la Parlhie; les deux autres, dont on a longtemps contesté l'authenticité, sont adressées à une dame nommée Électe, et à Caius, l'un de ses disciples. Dans toutes trois, le saint apôtre recommande l'accomplissement du précepte de la charité. L'Apocalypse de St-Jean est un des ouvrages qui ont le plus occupé les savants ; Denys d'Alexandrie, tout en convenant de l'obscuriré qui y règne, n'en parle qu'avec admiration : c'est, dit St-Jérôme, un livre au-dessus de toute louange, et dont chaque mot contient des sens et des merveilles sans nombre, si nous sommes capables de les y trouver. Les critiques modernes les plus judicieux n'en ont pas porté un jugement moins favorable : mais d'autres écrivains en parlent comme d'un livre où il n'y a ni sens ni raisonnement; et l'Église grecque, en adoptant cette opinion, l'a rejeté du nombre des livres canoniques. On renvoie les curieux aux auteurs qui ont traité de V Apocalypse. et à la tête desquels il faut placer notre illustre Dossuet; on citera encore, parmi les commentateurs nombreux de YApocalyte. Cassiodore, Arétas deCésarée, le vénérable Bède, Jacques Ie', Grotius, Newton , la Cbétardie , curé de St-Sulpiee, et l'évêque anglais Walmesley , sous le nom de Pastorini . LesGrecs célèbrent la fêle de St-Jean le 26 septembre et les Latins le 27 décembre. L'Église fait aussi mémoire de son martyre, devant la porte Latine, le 6 de mai. On donne pour attribut à St-Jean un aigle , emblème de l'élévation de son esprit qui lui a fait découvrir jusque dans le sein de Dieu le Verbe égal à son père; et on le représente tenant à la main une coupe d'où sort un serpent, en souvenir de ce qu'il échappa par miracle aux tentatives de ses ennemis pour l'empoisonner. W — 8.
JEAN (Saint), surnommé Y Aumônier, à cause de ses immenses charités, était né à Amathonte , aujourd'hui Limisso, dans l'Ile de Cypre, vers le milieu du 6* siècle. Unique héritier d'une famille noble et riche, il se maria jeune; mais la mort lui ayant enlevé sa femme et ses enfants, il refusa de former de nouveaux nœuds, distribua ses biens aux pauvres, et se retira dans une solitude pour
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s'y consacrer uniquement à la pratique des vertus chrétiennes. La réputation de sa piété se répandit bientôt dans tout l'Orient ; et les fidèles d'Alexandrie l'appelèrent sur le siège patriarcal de cette fille, fers l'année 008. Dès qu'il y fut arrivé, il demanda aux magistrats la liste des pauvres, qu'il nommait ses maître* et ses seigneurs ; et quoique leur nombre s'élevât à plus de sept mille, il se chargea avec joie de pourvoir à tous leurs besoins. Il leur fit partager aussitôt tout l'argent amassé par ses prédécesseurs, et qui se trouvait dans les trésors de l'église ; il rendit une ordonnance contre l'inégalité des poids et des mesures, qu'il regardait comme un piège tendu à l'ignorance et a la bonne foi, défendit à ses officiers de recevoir aucun présent, et fixa deux jours par semaine pour entendre les plaintes des personnes de toutes les conditions. Dès ce moment les revenus de son siège, l'un des plus riches de l'Orient, passèrent entre les mains des indigents ; aucun malheureux ne l'approchait sans s'en retourner consolé. On eût dit que la Providence l'avait chargé seul de réparer toutes les injustices de la fortune, et de relever tous ceux que le sort avait abattus. Un jour, un père de famille, qu'il avait secouru dans une nécessité pressante, lui témoignait sa reconnaissance dans des termes passionnés : « Eh ! « mon frère, dit le saint prélat, je n'ai point en- <* core répandu mon sang pour vous, ainsi que « Jésus-Christ me l'ordonne. » La charité de St- Jcan ne se bornait pas à soulager les misères dont il était le témoin ; ses largesses allaient trouver les chrétiens captifs dans la Perse, et il envoya des vivres et des ouvriers à Jérusalem, après que cette malheureuse ville eut été pillée par les barbares. Il se refusait le strict nécessaire afin que les pauvres ne manquassent de rien : sa table était toujours grossièrement servie ; et son lit n'était couvert que d'une étoffe commune. Un homme riche lui envoya un jour une couverture précieuse, le priant de s'en servir pour l'amour de lui ; le saint eut ccUe complaisance, mais dès le lendemain il la fit vendre pour en employer le prix â des aumônes : celui qui l'avait donnée la racheta et la lui renvoya ; mais il la vendit une seconde, puis une troisième fois, disant : « Nous verrons " lequel des deux se lassera le premier. » Il remplissait avec un zèle ardent tous les devoirs de son ministère, veillant à maintenir la paix dans son vaste diocèse ; il eut l'avantage de le préserver des erreurs de l'hérésie, et fut même assez heureux pour ramener à l'unité plusieurs ennemis de l'Église. Les Perses ou les Sarrasins ayant fait une irruption en Egypte, le gouverneur d'Alexandrie, Nieétas, son ami, lui persuada qu'il devait se retirer auprès de l'empereur : ils partirent ensemble pour Constantinople ; mais arrivé à Khodes, le patriarche lui dit > ■» Je ne peux aller plus loin, « parce que le roi du ciel m'appelle à lui. » Il se fit transporter alors dans sa ville natale, et y mourut quelques jours après son arrivée, vers l'an 019,
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à l'âge de 01 ans, après avoir institué les pauvres ses héritiers. Son corps, transféré d'abord à Constantinople , fut envoyé en présent à Matthias Huniade, roi de Hongrie ; et on le conserve depuis 1032 dans la cathédrale de Presbourg. Les Grecs célèbrent la fête de Sl-Jean le H novembre, pur de sa mort ; mais le martyrologe romain en fait mention au 23 janvier, anniversaire de la translation de ses reliques. Sophrone et Jean Mosch, ses disciples, avaient écrit sa vie. On en trouvera une en latin par Léonce, évéque de Naplouse, dans les Vite patrum de Hosweyde , et dans les Acta sernrtorvm des Bollandistes ; et une autre en grec par Mélaphraste dans YOritns Christian** du P. Lequlen. W— s.
JEAN (Saint). Voyet Capistran, Cmmosmitt, Ci.imaqcb, Colombi.ni, Choix, Damascènb, Dire, Gi'albert , Math a , Nfpomi cfcs e .
JEAN Iw (Saint), élu pape le 13 août 323, né en Toscane , succéda à Hormisdas. Justin I" gouvernait alors l'empire d'Orient, et Théodoric, roi des Cofns, régnait en Italie. Justin, par un zele plus louable dans son objet que réfléchi dans ses conséquences, voulut extirper d'un seul coup l'hérésie, et signifia aux ariens qu'ils eussent a céder leurs églises aux catholiques. Théodoric, ayant fait à Justin de vaines remontrances, ordonna au pape Jean de se transporter à Constant! nople et d'aller en son nom faire cette demande à l'empereur, et le menaça de traiter rigoureusement les catholiques, si Justin ne se relâchait de la sévérité de ses édits. On dit que le pape Jean employa vainement les prières et les larmes, et n'obtint rien de l'empereur. A son retour, Théodoric irrité le fit arrêter à Ravenne , avec les sénateurs qui l'avaient accompagné. Le saint pape, épuisé par les fatigues d'un long et pénible voyage, et manquant du plus étroit nécessaire dans sa prison, succomba sous le poids de ses souffrances, et finit sa carrière le 27 mai 520, après deux ans et neuf mois de pontificat. Sa mort fut glorifiée par un miracle qui l'accompagna ; un énergumène fut guéri en touchant le corps du saint pontife. Son cruel persécuteur fit périr de la même manière les autres ambassadeurs, sans avoir aucun égard à leur dignité. Le pape Jean avait été l'ami de Boèce, qui lui dédia plusieurs de ses ouvrages, et qui fut comme lui victime de l'ingratitude et de la tyrannie de Théodoric. Le bollandiste Papebroch (mai, t. 0) a réuni leurs Vies. Jean I" eut pour successeur Félix IV. D— s.
JEAN II, surnommé àfercure. Romain de naissance, fut élu pape le 23 janvier 333, après Rôti i face II. Il était prêtre du titre de St-Clément lors de son exaltation. Il condamna, suivant Platine, Anthémius, patriarche de Constantinoplc, parce qu'il était tombé dans rarianisme. Dans ce même temps le roi Athalaric reçut des plainles sur les brigues qui s'exerçaient pendant la vacance du saint-siége, pour extorquer des promesses sur les biens de l'Église. Voulaut remédier à cet abus,
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le roi écrivit au pape Jean 11 de mettre en vigueur un décret porté du temps de Boniface II, prescrivant la nullité de tout contrat et de toute promesse faite pour obtenir un évêché, arec restitution de ce qui pouvait avoir été donné. L'empereur Justinien, dans la vue de ramener les schisraatiques à l'unité de l'Église, publia un édit accompagné d'une profession de foi orthodoxe, qu'il fit signer à la plupart des métropolitains d'Orient, et qu'il envoya au pape Jean II avec de riches présents. Il lui demandait l'approbation de ces actes, et lui donnait le titre de chef des évêques. Le pape approuva cette profession de foi de l'empereur par une lettre, dans laquelle il condamnait les moines qui rejetaient cette proposition : Un de In Trinité a soujfert en ta chair, Vers le même temps le pape reçut des plaintes graves contre Contumeliosus, évéque de liiez, convaincu de plusieurs crimes d'après sa propre confession. Il l'interdit de toutes ses fonctions, et ordonna qu'il fût enfermé dans un monastère; que cependant son église serait gouvernée par un visiteur, qyi ne se mêlerait que de la célébration des saints mystères, sans toucher aux ordinations ni au temporel de l'Église. Jean II mourut peu de temps après, le 18 mai 333, ajfrés avoir tenu le saint-siége pendant deux ans quatre mois et quelques jours. 11 eut pour successeur Agapet. D — s.
JEAN 111, élu pape le 1" août 300, était surnommé Cattelin, et remplaça Pélage l,r. L'histoire de son pontificat est dénuée .d'événements ; on y trouve seulement qu'il acheva régllsc de St-Philippe et St-Jacques ; qu'il y fit peindre plusieurs histoires, dont une partie en mosaïque ; qu'il en fit la dédicace, et qu'il augmenta, les cimetières destnartyrs. On a faussement prétendu que ce pape n'avait point opprouvé le cinquième concile. Cette erreur a été victorieusement combattue par le cardinal Noris et par le père Pagi. Jean III mourut le 3 juillet 373, après un pontificat de treize ans moins un mois. II eut pour successeur Beftolt I". D— s.
JEAN IV, é%pape le 26 décembre 610, succédait à Séverin. II était originaire de Dalmatie. 11 eut à combattre les erreurs des monothélites que l'empereur Héraclius protégeait, et qu'il voulait appuyer dans son édit appelé Eethite ou exposition, édit composé par Sergius, patriarche de Constantinople. Cette doctrine fut condamnée dans un concile assemblé à Rome par le pape Jean IV, qui envoya cette décision à l'Église grecque. Ce pape eut aussi à défendre la mémoire de l'un de ses prédécesseurs, Honorius, que l'un accusait d'erreur au sujet des deux volontés contraires que l'on supposait en Jésus-Christ, comme homme et comme Dieu. Le pape Jean démontra qu'Honorlus avait soutenu que, Jésus-Christ étant tout à la fois homme parfait et Dieu parfait, la volonté de sa chair n'a jamais combattu la volonté de son esprit, et que les volontés contraires n'appartiennent qu'à nous autres pécheurs, depuis la
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chute d'Adam. C'était à Constantin, successeur d'Iléraclius, que le pape Jean adressait cette apologie; mais elle ne parvint à Constantinople qu'après la mort précipitée de cet empereur. Le pape ne lui survécut pas longtemps. Il mourut le 12 octobre 642. Pendant son pontificat, qui ne fut que d'un an et neuf mois, il avait envoyé de grandes sommes d'argent en Dalmatie et en lstrie, pour racheter les captifs pris par les Slaves. Il eut pour successeur Théodore. D — g.
JEAN V, élu pape le 23 juillet 683, était Syrien de naissance, et de la province d'Antioche : il succéda à Benoit II. Jean V était savant, courageux et plein de modération Son élection, interrompue depuis longtemps, se fit dans l'égnV de Latran, d'où il fut conduit au palais épiscopal. Ce pape remit sous la disposition du saint-siége les églises de Sardaigne, dont les ordinations lui appartenaient de toute antiquité, mais qui avaient été accordées pour un temps aux archevêques de Cagliari. Après une longue maladie, Jean V termina ses jours le 2 août 686. U eut Conon pour successeur. D — s.
JEAN VI, élu pape le 3 octobre 701 , élait Crée de nation, et succéda à Sergius P*. Peu de temps après son élection , Théophylacte , chambellan de l'empereur Tibère III, exarque d'Italie, vint de Sicile i Rome. Les troupes, l'ayant appris, s'assemblèrent tumultuairement dans la ville pour le maltraiter : le pape s'y opposa , et calma la sédition en envoyant des évêques haranguer les soldats. La sédition était à peine apaisée, que Gisulfe, Lombard, duc de Bénévent, vint ravager la Campanie, pillant, brûlant et enlevant beaucoup d'habitants, sans qu'on lui opposât la moindre résistance. Le pape, hors d'état de réprimer ces violences, envoya des évêques avec de riches présents tirés des trésors des églises. Gisulfe rendit ses captifs, et s'éloigna. St-Vilfrid vint l'année suivante trouver Jean VI, pour se défendre des accusations intentées contre lui par l'archevêque de Cantnrbéry : il fut pleinement justifié dans un concile que le pape assembla pour cet effet. Jean VI mourut le 11 janvier 703 ; après un pontificat de trois ans et deux mois. D— s.
JEAN VU, élu pape le 1" mars 703, était Grec de nation . fils de Platon, et succéda à Jean VI. Il passait dans son temps pour être savant et éloquent. Justinien II, qui régnait alors en Orient, lui envoya les actes du concile in Trullo, en l'invitant à les examiner dans un concile, et à confirmer ou rejeter ce qu'il trouverait digne d'approbation ou de blâme; mais le pape, craignant sans doute de déplaire à l'empereur, renvoya ces actes sans y faire aucun changement et sans rien décider. Ce fut pendant son pontificat que le roi des Lombards, Aribert, rendit à l'Église de St- Pierre le patrimoine des Alpes Cottiennes (à présent le mont Genèvre) et le mont Cenis, usurpés depuis longtemps par cette nation ; et l'acte de donation fut écrit en lettres d'or. Jean VU répara
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plusieurs églises , et les orna de plusieurs images, parmi lesquelles était son portrait. Il fit faire un calice d'or, du poids de trente livres, orné de pierreries. Jean VII mourut le 18 octobre 707, après un pontificat de deux ans et sept mois. II eut pour successeur sisinnius. D — s.
JEAN MU, élu pape le 14 décembre 872, était archidiacre de l'Église romaine, et succéda à Adrien II. Les incursions des Sarrasins, à cette époque, désolaient l'Italie. Le pape demanda des secours contre eux à l'empereur Charles le Chauve, qui lui en avait promis, mais qui fut obligé de retarder l'accomplissement de ses promesses, à cause de la guerre que lui faisait son neveu, Louis II, et des incursions des Normands. Charles se mit enfin en chemin pour l'Italie. Le pape vint à sa rencontre ; mais la révolte de Carloman et la lenteur des seigneurs français, qui ne venaient point joindre leur prince, rendirent tous ces projets inutiles. Le pape se contenta de couronner à Tortone l'impératrice Richilde , et revint à Rome avec un crucifix d'or, orné de pierreries, que l'empereur lui avait donné; celui-ci, en retournant en France, mourut dans un village auprès du mont Cenis. Jean VIII, se voyant ainsi trompé dans ses espérances, fut obligé de traiter avec les Sarrasins, et de leur payer un tribut de 23 mille marcs d'argent par an. Le pape voulut ensuite s'appuyer de la protection de Rasile, empereur d'Orient, et lui envoya une légation à ce sujet. Mais il eut d'autres occupations dans Rome. Lambert, duc de Spolète , vint à Rome , sous prétexte d'amener des secours au pape, mais en effet pour le traiter en ennemi. Il se saisit de sa personne, et l'enferma dans l'église de St-Pierre, sans permettre à qui que ce fut de communiquer avec lui, ni même de lui porter des vivres. Des évéques, dos prêtres, des moines, qui venaient pour officier dans l'église, furent chassés à coups de bâton. Lambert disait qu'il agissait ainsi par l'ordre du roi Carloman ; mais on le soupçonnait île vouloir se faire empereur lui-même. Ouand il eut abandonné Rome, le pape l'excommunia, et résolut de venir en France se plaindre de ces outrages ; mais Lambert lui ayant fermé le chemin par terre, Jean fut obligé d'y aller par mer. Il tint un grand concile à Troyes, y couronna Louis le Bègue, fit de vaines exhortations pour obtenir des secours de troupes, et ne trouva qu'un seul évéque qui l'accompagnât dans son retour en Italie. Le pape fit des instances non moins infructueuses auprès des souverains d'Italie, pour les détacher de l'alliance des Sarrasins. Dans sa détresse, il eut encore recours à l'empereur Basile ; et , pour le flatter, il écrivit des lettres favorables à Pholius, qu'il résolut de reconnaître pour patriarche légitime , et qui fut en effet reconnu dans un concile tenu à Constantinople au mois de novembre 879, mais auquel le pape mit ensuite des restrictions, après s'être convaincu qu'il avait été trompé par ses légats. Une flotte envoyée par Basile en Italie
eut des succès considérables contre les Sarrasins; mais Rome ne s'en trouva pas mieux. Alors Jean VIII tourna ses vues vers Charles le Gros, auquel il promit l'empire, et qui vint effectivement se faire couronner à Rome, par Jean VIII, le jour de Noël 881. Le pape n'en fut pas plus heureux pour obtenir ce qu'il demandait. Il mourut le 1 1 décembre 882 , après dix ans de pontificat. On lui reproche d'avoir été beaucoup trop occupé du gouvernement temporel et d'avoir prodigué les excommunications au point de les rendre indifférentes. Ce fut par l'ordre de Jean VIII que Jean, diacre de l'Église romaine, écrivit en quatre livres la vie de Grégoire le Grand, qui avait vécu trois cents ans auparavant. Il est resté trois cent vingt-six lettres de Jean Y III, insérées dans la collection des conciles. Il eut pour successeur Martin II. D — s.
JEAN IX, élu pape le 12 mars 898, natif de Tibur, fils de Itampalde, succéda à Théodore II. Il eut pour compétiteur le prêtre Sergius, dont le parti fut le plus faible, et quftut obligé de ^'enfuir en Toscane. Jean IX tint plusieurs conciles, parmi lesquels on remarque celui de Rome en 899, où la mémoire de Formose, accusé [ fut entièrement rétablie , et la procédure son cadavre condamnée aux flammes. Tous i qui avaient pris part à ce concile furent déclarés séparés de l'Église, s'ils ne venaient à résipiscence. L'empereur Lambert assista en personne au concile de Ravenne, où, le pape fit déclarer excommunié quiconque s'opposerait à l'exécution des canons et des capitulaires des empereurs Cnarlemagne, Lothaire et Louis , touchant les décimes. L'empereur, de son côté , après s'être réservé son droit de protection envers tout Romain , cleroou laïque qui aurait recours a lui, promet de conser ver inviolablcment le privilège de la sainte Église romaine. Le pape expose ensuite au prince le déplorable état où celte Église se trouvait réduite, et le prie d'y remédier. Il finit par exhorter les évêques à remplir leurs devoirs pour la conduite de leur troupeau. Jean IX écrivit à Stylien, évêque de Néocésarée , pour le louer de fa fermeté avec laquelle il avait résisté au schisme de Photius. Ce pape mourut le 26 mars 900, après un pontificat de deux ans et quinze jours. Il eut pour successeur Benoit IV. I) — s.
JEAN X fut élu pape le 30 août 914 (913), par le crédit de Théodora, sa maîtresse, qui le fit successivement évéque de Bologne, archevêque de Itavenne, et enfin le plaça sur le saint-siége après la mort de Landon. Jean X , plutôt né pour le métier des armes, que pour la première dignité de l'Église , se réunit avec les princes de Capoue, Landulfe et Atenulfe, pour combattre les Sarrasins. Il marcha contre eux avec des troupes conduites par le marquis Albéric, fils de Marosic, mère ou sœur de Théodora , et les défit entièrement. L'histoire ne dit rien de remarquable de Jean X jusqu'à sa mort, qui arriva d'une
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tragique. Gui, frère utérin de Hugues, comte d'Arles, était alors maître de Rome. Il avait épousé Marosie ; et tous deux, jaloux du pouvoir que Jean accordait à Pierre, son frère, résolurent de se défaire de l'un et de l'autre. Un jour que Jean X était au palais de Lalram avec son frère et quelques amis, des soldats île Gui et de Marosie entrèrent, tuèrent Pierre aux pieds du pape, et jetèrent celui-ci dans une prison , où il mourut quelque temps après. On dit qu'on l'éloiiiïa en lui mettant un oreiller sur le visage. Il avait occupé le saint-siége un peu plus de quatorze an». Il eut pour successeur Léon VI. D — s.
JEAN XI, élu pape le 21 mars 931, après la mort d'Élienne VU, était fils de la patricienne Marosie, et, selon quelques-uns, du pape Sergius III (1). Cette femme était alors mariée à Gui, marquis de Toscane, et jouissait d'un pouvoir absolu dans Rome. Elle s'en servit pour faire élever sur le saint-siége Jean XI , qui n'avait encore que vingt-cinq ans. Aussi n'eut-il aucune autorité, aucun éclat : il favorisait seulement les cérémonies de la religion. Marosie, après la mort de Gui, épousa Hugues, roi de Lombardie. Ce nouvel époux, croyant son autorité bien affermie, commença à mépriser les Romains, et particulièrement Albéric le Jeune, fils de Marosie. Un jour qu'Albéric, par ordre de sa mère, présentait le bassin au roi pour se laver, celui-ci lui donna un soufflet, parce qu'il lui avait versé trop d'eau. Albéric, outré de cet affront, assembla les Romains, et voulut s'emparer de Hugues, qui parvint à s'enfuir. Albéric n'en poursuivit pas moins sa «engeance contre sa propre mère et Jean XI. 11 les fit arrêter, et les tint enfermés dans le château St-Ange. Depuis ce moment , la destinée de Jean XI est très-obscure. Il ne porta le nom de pape qu'environ deux ans, soit qu'il ne fût plus regardé comme tel depuis sa prison, soit qu'il mourût dans le cours de l'année 935. Il eut pour successeur Léon Vil. D— s.
JEAN XII, élu pape le 20 mars 936, était fils du patrice Albéric ; il avait succédé à la dignité de son père, quoique clerc, et remplaça sur le siège pontifical Agapet II. Il n'était âgé que de dixhuit ans lorsque les Romains l'excitèrent à se faire élire pape. Il s'appelait Octavien, et fut le premier pape qui changea de nom. En l'an 957 il assembla une armée et marcha contre Pandolfe, prince de Capoue, qui lui résista, et l'obligea de retourner chez lui. Le pape lui demanda la paix, et ils firent alliance ensemble. Jean XII ne pouvant plus souffrir la tyrannie de Bérenger, roi d'Italie, et de son fils Adalbert, envoya deux légats en Allemagne, vers le roi Olhon, avec prière de venir le secourir. Othon passa en effet en Italie en 962 , et ne trouva aucune résistance. 11 fut couronné empereur par le pape, qui lui fit serin Ce*t au moins ce que rapporte Lurtprtfed , d'après des bruiU populaire*. L'opinion la plu* rraiaemblable e*t qu'il <
de St-Pierre de ne jamais donni à Bérenger ni à Adalbert.
Othon, de son côté, confirma au pape les donations de Pépin et de Charlemagne. Il y joignit quelques villes du royaume de Lombardie, avec cette clause importante : « Sauf en tout notre « puissance et celle de nos descendants. • Par ce même acte on règle les formes de l'élection du pape, le serment qu'il doit prêter de conserver les droits de tous ; enfin l'empereur se réserve la souveraineté et la juridiction en dernier ressort sur la ville de Rome. L'original de cet acte fut écrit en lettres d'or, et gardé à Rome au château St-Ange. Le pape, à la prière de l'empereur, érigea aussi Magdebourg en métropole. Cependant, dès l'année suivante, Jean XII, au mépris de ses serments , se réconcilia avec Adalbert, auquel il envoya une députalion à Fressinet, chez les Sarrasins , auprès desquels il s'était retiré. L'empereur, qui était alors à Pavie, fut frappé de celte nouvelle, et dépécha à Rome pour en savoir les motifs. Les Romains répondirent que Jean s'était lié avec Adalbert, parce qu'il avait trouvé en lui un homme corrompu qui lui ressemblait. Ils l'accusèrent de vivre scandaleusement avec des concubines, de leur prodiguer les trésors de l'Eglise, de les loger dans le palais pontifical même , d'employer la séduction ou la violence envers d'autres. « Voilà, ajoutaient-ils, « pourquoi Adalbert lui convient mieux que l'cra- « pereur. > Othon vint à Rome pour éclaircir les faits et remédier a ces désordres. 11 assembla un concile. Jean XII et Adalbert prirent la fuite. Le pape fut déposé, et l'on élut à sa place Léon VIII. Mais Othon ayant renvoyé la plupart de ses troupes afin de n'être point à charge aux Romains, Jean XII excita sous main le peuple à la révolte, et l'empereur, ayant appris qu'on en voulait à sa vie, fit mourir un grand nombre des conjures. Il s'éloigna ensuite, et se rendit à Spolète. Les partisans de Jean XII profitèrent de cette absence pour faire revenir ce pape à Rome. Jean XII, à son tour, se vengea de ceux qui avaient provoqué sa destitution : il fit couper à Jean, cardinal-diacre, la main droite, et à un autre officier de l'Eglise la langue, le nez et les deux doigts. 11 tint ensuite un concile, où il fil annuler ce qui avait été décidé dans le précédent, trois mois auparavant. L'élection de Uon VU! fut déclarée irréguliére. Jean Xli ne survécut que trois mois à à cet événement. Quelques-uns prétendent que sa mort, arrivée le 14 mai 964, eut lieu dans l'excès d'une débauche, et Luilprand l'attribue aux coups du démon ; mais elle aurait plutôt été l'effet de la vengeance d'un mari jaloux. D'autres assurent An de vérifier Ut doits) que Jean XII fut emporté par une maladie de huit jours, à laquelle il succomba sans avoir reçu les sacrements. D — s.
JEAN XIII, élu pape le 2 octobre 965, était et fils d'nn évéque auss
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Il succéda à Léon VIII étant évêque de Narni. Le peuple romain l'élut, après avoir pris les ordres de l'empereur Othon , qui avait déployé son autorité d'une manière si vigoureuse sous le pontificat précédent (roy. Léon VIII et Benoit V). Jean XIII se fit haïr des grands de la ville de Rome, qu'il traitait avec hauteur. Rofrède, comte de Campanie, et le préfet Pierre arrêtèrent le pape et l'enfermèrent au château St-Ange. Mais cet acte de violence ne demeura pas impuni. Jean, après quelques mois de prison , vint se retirer à Capoue, chez le comte Pandulfe son ami , qui trouva le moyen de se défaire de Rofrède dans Rome même, où celui-ci s'était fait déclarer chef de la faction ennemie de l'empereur et <lu pape. Othon, de son coté, revint en Italie en 007, et ce retour effraya les Romains, qui s'empressèrent de rappeler Jean Mil et de le rétablir sur le saintsiége. Othon fit pendre douze de ceux qui avaient arrêté le pape } les os de Rofrède furent déterrés par son ordre, traînés avec ignominie dans la boue, et jetés ensuite à la voirie. Quant au préfet Pierre, Othon l'abandonna à la vengeance du pape, qui lui fit couper la barbe et le fit ensuite pendre par les cheveux au cheval de Constantin ; puis il fut dépouillé, mis à rebours sur un âne qui avait une clochette au cou ; le patient portait une mil vt- sur sa tête et deux à ses cuisses. On le promena en cet état par toute la ville, en le fouettant et en l'accablant d'insultes. Jean XIII envoya à Constantinople des nonces qui furent traités avec mépris, parce qu'il avait appelé dans ses lettres Nicéphore empereur des Grecs. Ce pape mourut le 6 septembre 972, après un pontificat de sept ans environ. Raronius dit que ce fut Jean XIII qui introduisit la coutume de bénir les cloches. Il eut pour successeur Benoît VI. D — s.
JEAN XIV, élu pape le 19 octobre 084, était évêque de Pavie lorsqu'il succéda à Benoit VIL Son pontificat ne dura que huit mois : car Francon, qui avait pris le nom de Boniface VII, et qui avait été chassé de Rome sous le pontificat précédent, revint de Constantinople, où il s'était retiré, et comme il avait de grandes richesses, il se fit aisément un parti, et déposa Jean XIV, qu'il fit renfermer au château St-Ange, où celui-ci mourut de faim et de misère le 30 août 905. Jean XIV eut pour successeur immédiat Ronifacc VU, qui, malgré son intrusion, est compté au nombre des papes légitimes (eoy. Boniface VII, Renoit VI et Benoit VII). Après la mort de Boniface VII, on élut un autre Jean, fils de Robert, qui mourut au bout de quatre mois, sans avoir été sacré. Enfin l'on nomma Jean XV, dont l'article va suivre. 13 — s.
JEAN XV fut élu pape le 23 avril 086. Il était Romain et fils de Léon, prêtre. Son pontificat ne s'annonça point d'une manière paisible : il craignait la puissance de Crescence , et se relira d'abord en Toscane, d'où il envoya prier l'empereur Othon III de venir, à l'exemple de son
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père, délivrer Rome du tyran qui l'opprimait. Les Romains redoutaient la présence des Allemands, et firent des soumissions au pape, qui se laissa fléchir à leurs prières et revint dans la ville. Crescence dissimula, et n'osa pas troubler le pape dans l'exercice de son autorité. Hugues Capet, roi de France, fut en ce temps-là (989) trahi par l'archevêque de Reims, Arnoul, fils naturel du roi Lothaire. Cet archevêque ayant été fait prisonnier au siège de Laon, le roi sollicita sa déposition auprès de Jean XV. Comme le pape ne répondit pas à cette demande, un concile fut convoqué à Reims, et prononça la condamnation d'Arnoul , qui s'avoua coupable, et se soumit a la sentence portée contre lui. Ce fut Gerbert qui lui succéda dans le siège de Reims : mais le pape ayant réclamé contre le jugement du titulaire et contre la nomination du successeur, le roi écrivit au souverain pontife pour lui représenter que rien n'avait été fait contre son autorité, et lui offrit de s'en expliquer avec lui s'il voulait venir le trouver à Grenoble. Un concile se tint [le 2 juin 995) à Mouion, où celte affaire fut discutée. Le droit de Gerbert y parut incertain, et le légat du pape l'interdit jusqu'à la tenue d'un nouveau concile, qui fut indiqué à Reims pour le 1" juillet suivant : mais ce concile n'eut pas lieu sitôt, et tant que le roi Hugues vécut, Gerbert resta archevêque de Reims, et Arnoul prisonnier à Orléans. Ce fut sous le pontificat de Jean XV que les Russes se convertirent à la religion chrétienne, à l'exemple de leur prince Wladimir, et que St-UIdaric reçut les honneurs de la canonisation. Jean XV mourut à Rome, d'une fièvre violente, dans les derniers jours d'avril 996, après dix ans de pontificat. Le célèbre Abbon de Fleury vit ce pape dans ses derniers moments, et ne le Irouva pas tel qu'il devait être, mais intéressé et prêt à tout vendre. Il eut pour successeur Grégoire V. D — s.
JEAN XVI est ce Philagase qui fut élu par la faction de Crescence en 997 (coy. Grégoire V). Il est compté parmi les papes légitimes, malgré son intrusion. — Jean XVII, élu pape le 6 juin 1003, mourut le 31 octobre de la même année. Il s'appelait Sicco, et succéda à Silvestre. Platine dit que ce pape était d'une naissance obscure. Son pontificat n'offre rien de remarquable. — Jean XVIII, nommé Fasan, élu pape le 19 mars 1004, succéda à Jean XVII au bout de quatre mois et dix- huit jours de vacance du saint-siége. Il le tint pendant cinq ans quatre mois , et mourut sans avoir rien fait d'important. De son temps, l'église de Constantinople était unie à celle de Rome, et l'on y récitait à la messe le nom du pape avec celui des patriarches. Jean XVI11 eut pour successeur Scrgius IV. D— s.
JEAN XIX, élu pnpc le 49 juillet 4024, succéda à Renolt VIII son frère , de la famille des comtes de Tusculum. Selon quelques historiens , il était évêque de Porto; scion d'autres, c'était un simple
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' laïque. Cette élection fut l'outrage de la faction aristocratique qui dominait dans Rome, lorsque les empereurs d'Occident y perdaient leur influence, et ces choix ne réunissaient pas toujours les opinions. Jean XIX eut des ennemis qui conspirèrent contre ses jours (8 juin 1033) : ils ne le tuèrent point, mais ils le chassèrent de son siège. 11 dut son rétablissement aux armes de Conrad, qu'il avait couronne empereur à Rome, en 1027. Canut, roi de Danemarck, qui assistait à ce couronnement, se plaignit de l'énormité des sommes que l'on exigeait de ses archevêques lorsqu'ils 'allaient recevoir le pallium , et le pape promit qu'à l'avenir cela n'aurait plus lieu. Ce fut sous le pontificat de Jean XIX que parut le moine Gui d'Arezio, qui inventa les notes de la gamme : le pape l'attira à Rome et l'y traita avec honneur. Jean XIX mourut à Rome l'an 1033, le 8 novembre, après avoir occupé le saint -siège neuf ans et trois mois. Il eut pour successeur Renolt IX. D— s.
JEAN XX ou XXI, élu pape le 13 septembre 1270, dans le palais de Viterbe, était Portugais, évêque de Tusculum, et se nommait Pierre-Julien. 11 devait n'être que le vingtième , suivant le rang observé jusqu'ici : mais quelques écrivains mettent au nombre des papes Jean, (Ils de Robert, qui mourut au bout de quatre mois, sans avoir été sacré, après la mort de Jean XIV, et notre Jean se trouve , d'après ce calcul , être le vingt et unième (1). Son élection fut précédée de quelques dissensions entre les cardinaux et les prélats. Les premiers prétendaient que la constitution étant suspendue par le dernier pape, Adrien V, ils ne devaient point élire. Les prélats, les procureurs, et les autres officiers de la cour de Rome, forcèrent à main armée les cardinaux à s'assembler. On les tint rigoureusement enfermés, et ils ne lardèrent pas à faire leur nomination. Jean XXI était très- instruit pour son temps; on lui a même attribué le Trésor des pauvres ; mais l'opinion la plus commune est que ce livre appartient à Jean XXII {voy. ci-après). Le nouveau pape commença par donner son approbation à la suspension prononcée par son prédécesseur , contre la constitution de Grégoire X. 11 rendit aussi une autre bulle portant punition des excès commis contre les cardinaux à l'occasion du dernier conclave. Lue affaire d'un autre genre attira son attention vers la France et l'Espagne ; c'était la guerre qui était sur le point d'éclater entre Philippe le llnrdi et Alphonse de Caslille. Le pape écrivit au roi de France pour l'engager à maintenir la paix et à tourner 6cs armes contre les infidèles. 11 lui représente que le concile de Lyon a ordonné, en faveur de la croisade, une paix générale entre tous les princes chrétiens, avec pouvoir aux prélats de procéder par censures
|1| Lcnglet-Dutresnoy et le T. Pngi indiquent un «rtaln Viwdoniinlu», qui «uri.it ttf *luJ« 6 «cptambre. Ficury n'en ji»rje [^"a^Vc^tf,1" ^ ehrono'°si,le* conviennent o,u I un