‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 17 sur 106 · JUG · texte numérisé non relu

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d'abord très-rapide. Devenu sous-lieutenant en 1791 , il fit les premières campagnes à l'dlat-raajor de l'armée du Khin sous Custine et Beauharnais. Au commencement de 1793, il entra comme adjudant-major capitaine dans un bataillon de volontaires nationaux du département des Vosges, qui fut envoyé' dans l'ouest pour combattre le» royalistes de la Vendée. Dans cette terrible guerre, dont il vit les faits les plus importants, Hugo eut l'avantage de servir sous les Marceau , les Kléber.etil Tut particulièrement distingué par ce dernier. La 20* demi-brigade, dont il faisait partie, étant venue à Paris en 1797 , il fut un de ceux qui, sous les ordres d'Augereau , concoururent à la dissolution du corps législatif dans la journée du 18 fructidor. Nommé ensuite rapporteur d'un conseil de guerre, il se vit, à son grand regret sans doute, chargé de poursuivre quelques procès funestes contre des émigrés dont il suffisait alors de constater l'identité pour les envoyer à la mort, lorsqu'ils avaient le malheur d'être arrêtés et de se trouver inscrits sur la fatale liste. Le capitaine Hugo remplit ces terribles fonctions jusqu'au commencement de 1799, et l'année suivante, il se rendit à l'armée du Rhin, où il rencontra Lahorir, son ancien ami, qui était adjudant de Moreau et qui le présenta à ce général. Ayant fait dans son étal-major les guerres de cette époque jusqu'à la bataille de Hohenlinden, il devint chef de bataillon. C'est en celte qualité qu'il était à Lunévillc, en 1801, lors de la paix avec l'Autriche, et qu'il y fut particulièrement remarqué du principal négociateur, Joseph Bonaparte. Resté néanmoins fort attaché à Moreau, il refusa un peu plus tard île signer une de ces adresses de félicitations que Napoléon demanda â tous les corps pour justifier la condamnation de ce général. Ce refus n'amena cependant pas la destitution de Hugo, comme celle de tant d'autres; et il continua d'être employé dans son grade de chef de bataillon sous Masséna, à l'armée d'Italie, où il eut encore plusieurs occasions de se distinguer, notamment aux meurtrières attaques de Caldiéro en 180.'»; puis dans les Apennins, les Ahruzzes, où il poursuivit longtemps le partisan Kra-Diavolo, qu'il atteignit enfin , et qui fut fusillé par ordre du nouveau roi Joseph Bonaparte, bien que ce fût un officier, un militaire au service de l'ancien roi des Dcux-Siciles. Hugo se rendit ensuite à Naples, où Joseph le chargea d'organiser l'infanterie de sa garde, dont il lui donna le commandement en le nommant maréchal de son palais. En 1809, le frère de Napoléon ayant changé cette couronne pour celle d'Espagne, Hugo le suivit dans son nouveau royaume; et, devenu général de brigade, il fit dans celte autre péninsule une guerre fort acharnée contre les guérillas et surtout contre le fameux Empecinado, se portant successivement de la Navarre dans la Caslille. la Catalogne et sur les bords du Tage par des marches

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aussi pénibles que périlleuses. A peine avait-il dispersé une troupe, qu'une autre surgissait dans la contrée voisine, où il fallait accourir. C'étaient véritablement des travaux d'Hercule; et ils durèrent plus de trois ans, depuis 1810 jusqu'à 1813. Hugo en fut récompensé par le grade de général de division. Les suites de ses blessures, reçues dans tant de combats, l'obligèrent dans cette dernière année d'accepter le commandement de Madrid. Il ne quitta cette place que lorsque le roi Joseph et l'armée française tout entière furent contraints île l'évacuer. Alors il commanda l'arrière-garde sous Jourdan et fut chargé de couvrir ceUe retraite désastreuse, où le vainqueur de Fleurus perdit son bâton de maréchal et se montra si au-dessous de sa réputation. Dès qu'il fut rentré en France, Hugo reçut de l'empereur le commandement de Thionville (janvier 18U), ét il eut bientôt à défendre cette place contre un corps de troupes alliées sous les ordres du prince électoral de Hesse. Quoiqu'il manquât de vivres et de munitions et que sa garnison fût peu nombreuse, il se défendit avec beaucoup «le vigueur pendant trois mois, et ne rendit la place que sur les ordres de Monsieur, comte d'Artois, devenu lieutenant général «lu royaume. Hugo envoya aussitôt son adhésion au nouveau gouvernement , et à son tour ce gouvernement se hâta de le confirmer dans ses titres de comte et de général de division, qui ne lui avaient été conférés jlUque-U que par le roi «l'Espagne Joseph. Il reçut en même temps la croix de St-Louis des mains de Louis XVIIL On ignore par quel motif ce prince le priva du commandement de Thionville dans le mois de septembre suivant. Ce qu'il y a de sûr, c'est que le général Hugo avait cessé d'être employé lorsque Bonaparte, revenu au pouvoir en mars 1 8 1 r; , lui rendit le commandement de Thionville. Il défendit encore cette place après la seconde chute du gouvernement impérial, et la préserva surtout avec beaucoup d'énergie du pillage que les Prussiens voulaient y opérer. Rendu encore une fois au repos par cette seconde restauration, le général Hugo se retira à Blois,où il ne s'occupa plus «pie de la rédaction de ses Mémoires, «ju'il a publiés à Paris en 1823, 3 vol. in-8°, sous ce titre : Mémoires du général Hugo . gouverneur de plusieurs provinces etaiie-major général désarmées en Espagne. Cet ouvrage, écrit avec méthode et clarté, contient des détails utiles pour l'histoire des guerres de la Vendée, de Naples et surtout d'Espagne. En tête du • premier volume se trouvent «les mémoires inédits sur la Vendée par le général Aubertin; et en tête du second un Précis des événements d'Espagne, par Abel Hugo, fils de l'auteur. On a encore du général Hugo : 1° Coup d'ail militaire sur la manière d'escorter, d'attaquer et de défendre Its ronrois, et sur les moyens de diminuer la fréquence des courais et d'en assurer la marche, suivi du» mot sur le pillage. Paris. 17%, in-lî; 2° Mémoire sur les moyens de suppléer à la traite des nègres

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par des individus libres, et d'une manière qui garantisse jtour l'avenir la sûreté des eoh'is et ta dépendance des colonies, Blois, 1818, in-8", sous le pseudonyme tic Genty; 5° Journal historique du blocus de Thionville en 1814, et de Thionville . Sierck tt Rodemack en 181a, contenant quelques détails sur le siège de Longiey, rédigé sur des rapports et mémoires communiqués , BloLs, 1819, in-8°. Ce journal, publie" sous le nom d'un ancien officier d'état-major au gouvernement de Madrid , se retrouve dans les Mémoires du général Hugo. 4° L'Aventure tyrolienne , Paris, 1R20, 3 vol. in-12, publiés sous le nom de S. Slgisbert. Le général Hugo s'occupa longtemps d'un ouvrage sur I? défense des places fortes, dont il n'a paru que le prospectus en 1827. On a dit qu'un gouvernement étranger voulut lui acheter soti manuscrit pour une somme considérable , mais qu'il n'accepta point cette proposition. Le général Hugo est mort à Paris le 30 janvier 1828, laissant trois fils : l'alné (Abcl) a succédé au tiuv de comte; il a, ainsi que le Second (Eugène), un article h la suite de celui-ci; le troisième (Victor) est célèbre par ses draines, ses roman* et ses diverses oeuvres poétiques. M — uj.

HUGO (Abel), dis atné du précédent, s'est distingué, comme ses deux frères Eugène (voy. son article ci-après) et Victor, dans la carrière des lettres ; ou peut dire cependant que sa réputation est restée bien au-dessous de son mérite. Il naquit à Paris le 15 novembre 1798, dans les bâtiments mêmes de l'hôtel de ville, où son père était logé comme exerçant des fonctions militaires. Ce dernier, ayant été envoyé à Lunévillc pendant les négociations de ia paix qui fut signée entre l'empereur d'Autriche et le premier consul Napoléon Bonaparte, ad mois de février 1801', ne voulut pas se séparer de son Hls Abel , qui , à peiqc âgé de trois ans et demi , se faisait déjà remarquer par line intelligence bien supérieure à son âge. Ce fût pendant le cdngrès de Lunéville que le père d'Abel Hugo eut l'occasion d'être connu et apprécié de Joseph Bonaparte, plénipotentiaire de la France, lequel se souvint de lui en montant sur lé trône de Naples. Le colonel Hugo passa dès lors au service de ce généreux souverain et alla s'établir avec sa famille en Italie. Il était attaché désormais à la fortune du roi Joseph, qui s'empressa de l'appeler auprès de lui, en 1808, quand H échangea la couronne de Naples contre celle d'Espagne. Abel, qui n'avait jamais quitté son père, le suivit encore à Madrid, où il fut placé au collège des pages ; le colonel Hugo était detetlu général de brigade et dignitaire de la cour d'Espagne. Son fils Abel, le seul qui fût Français de naissance entre les pages du roi Joseph, apprit à parler la langue du pays comme s'il était d'drigine espagnole. Dès cette époque, le roi avait daigné le distinguer, et malgré son extrême jeunesse) les seigneurs les plus considérables de la cour lui témoignaient de lâ bien-

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