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phonsc Yulpian et de Hotnieu; avec le premier, il composa Ut Fronçait en Ftpagne. à -proposvaudeville en un acte, et avec le second, Pierre et Thomat Corneille, à-propos en un acte et en prose, deux bluettes spirituelles qui furent représentées avec applaudissements sur le théâtre de l'Odéon. La guerre d'Espagne avait naturellement reporté l'attention d'Abel sur ce pays, qu'il aimait comme une seconde patrie. Après avoir aidé son père à recueillir et à rédiger ses Mémoires, qui furent mis sous presse en 1823, il y ajouta un Précis (Ut écénementt qui ont conduit Josq>h Napoléon tur le trône d'Etpagne, et un chapitre additionnel très-curieux sur le caractère des Espagnols. Ensuite il écrivit, pour son propre compte, une Hittoire de la campagne d'Etftagne en 1823. dette histoire, qui parut en deux volumes avec des gravures en taille-douce par Couché fils, et qui peut être considérée comme le premier essai des livret illuttrét, fut présentée à Louis XVIII et valut au jeune auteur les plus flatteurs encouragements. Abel se faisait historien , mais ses premières tendances littéraires le rattachaient encore à cette littérature nouvelle, qui était née sous le patronage de Chateaubriand et qui se développait avec une puissante énergie en se colorant du reflet des littératures étrangères. Abel fit appel à tous les auteurs qui représentaient l'élite de ce qu'on appelait déjà la littérature romantique : il rassembla dans un volume intitulé TabUttet romantique t (Paris, Persan, 1823, in-12,, une foule de pièces en vers et en prose, qui caractérisaient la nouvelle école (1). «Les fragments di- « vers que renferme ce livre tant en vers qu'en « prose, disait-il dans sa préface, ont presque tous « les caractères que les critiques désintéressas « semblent attribuer à la littérature romantique. «. L'éditeur pense que ce qui est beau, fùt-il roman- « tique, puisque cette dénomination existe, finit « toujours par devenir classique. Il croit qui] n'y « a qu'un beau , comme il n'y a qu'une vertu , « qu'une morale, qu'une religion. » Abel continua son rôled'édileur impartial ; il publia chaqueannée, pendant trois ou quatre ans, sous le titre d'Annales romantiques , un recueil formé de morceaux détachés qu'il empruntait à ses amis littéraires, à ses deux frères surtout, à Charles Nodier, à Soumet, à Guiraud , à Emile Deschamps, à de Vigny et à tous les écrivains de la pléiade. Abel, dont la plume avait rendu d'importants services à la royauté des Bourbons, reçût la croix de la Légion d'honneur, « pour avoir coopéré à la conservation de plusieurs « drapeaux pris sur l'ennemi pendant les guerres " de l'empire et reudus à l'hôtel des Invalides « après l'occupation étrangère. » Marié en 1827 à la fille d'un maître des comptes ancien syndic du
111 Àbcl Hugo a inséré dans ce recueil quatre morceaux on pro»e , dont les deux premier» avaient paru dans le CumervuU-jr l\Ua*iT4 : MUi»*, U C«mUit .<« (aveaux, iUturt dt ta m ri, et une Seine Uu myt Je Sara<joti4, extrait d'un discours iUl l'influence du théâtre Ml k» m.nr,
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Languedoc, il perdit , l'année suivante, son père, le général Hugo, avec lequel il préparait un grand ouvrage militaire sur l'histoire des sièges et sur la défense des places fortes. Il avait perdu sa mère en 1821. La révolution de 1830 le trouva livré à des travaux d'histoire : il avait complètement renoncé à la politique active et à la vie de journaliste. Il faillit se rejeter dans la littérature d'imagination, qu'il n'avait abandonnée qu'à regret : il essaya de publier par livraisons mensuelles le Conteur, recueil de contes de tous les temps et de tous les pays. Mais il venait d'achever son œuvre de prédilection, une histoire populaire de l'empereur Napoléon. C'était encore une tentative de la librairie illustrée qu'Abel Hugo cherchait à créer en France. L'ouvrage parut en 1833, chez Perrolin, l'éditeur des chansons de Béranger, par livraisons, dont chacune était accompagnée d'une vignette gravée sur bois, d'après les dessins de son patriotique ami Charlet(l). Cette histoire, qu'on aurait dit composée par un vieux soldat de l'empire , était la première qui fût écrite dans le sens française! national : le peuple, auquel l'auteur la destinait, l'accueillit avec enlhousiasiue. Le succès de cet ouvrage fut constaté à l'étranger par l'héritier même du nom impérial (2). Le crayon deChar- Ict avait, en quelque sorte, inauguré la librairie illustrée, qui fut toujours l'idée favorite d'Abel Hugo. La presse périodique à bon marché devait être aussi une des spéculations de cet esprit chercheur et inventif; il fonda encore un journal du soir, le Moniteur paritien. Mais il quitta bientôt ce journal, qui prospérait, pour se lancer dans de nouvelles entreprises de librairie illustrée : il voulait à la fois instruire et amuser les innombrables lecteurs qu'il demandait aux classes les moins éclairées de la population qui sait lire. Il avait accumulé depuis longtemps les matériaux d'une description historique, topographique, monumentale et physiologique des départements de la France. Le mode de publication qu'il adopta fut celui des livraisons détachées, avec de nombreuses gravures en taille-douce. Un travail opiniâtre permit seul à l'auteur de mener à bonne An ce livre important qui renferme, en trois volumes de format petit m- i" à 2 colonnes, la matière de plus de vingt tomes in-8'. La France pittoresque terminée, Abel Hugo était déjà en mesure de commencer une publication du même genre, plus vaste et non moins Intéressante, la France militaire, qui devait comprendre en cinq volumes in-i° l'histoire des armées françaises de terre et de mer, depuis 1792 jusqu'en 1833. Cet ouvrage considérable, orné d'un grand nombre de gravures, de
|l) Abel Hugo fut 1« meilletu ami du grand peintre Charlst,
qu'il voyait presque tout !es jours, a l'cpuquc du Lb30, dans un petit cercle intime composé d'anciens officiers de l'empire, de littérateurs et d'artistes du l m gués , tels que, Poterkt, Eugène Deeéria, etc.
\'X » Monsieur, loi dit le prince Louis-Nardéon, qui était «alors prebiuent de la république, j'ai vu vondre à fa loire de m Lcipaick plu* de trente mille ex pilaire» de U traduction allt- • mande de votre belle Histoire du remporeur Napoléon. »
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cartes et de plans, restera comme le livre classique de l'armée. Abel Hugo n'eut pas plutôt mis la dernière maiu à la France militaire, qu'il entreprit, dans le même système de publication et sous le titre de la France historique et monumentale, une immense histoire de France, dans laquelle il laissait autant que possible la parole aux historiens contemporains et à laquelle il ajoutait simplement la description des usages, des costumes et des monuments. Le premier volume de cette histoire archéologique, consacre aux temps antérieurs à Clovis, a été particulièrement remarqué des érudils. Abel Hugo, qui avait travaillé, pour ainsi dire, nuit et jour depuis dix ans, se reposa de ce long travail littéraire, en donnant ses soins, comme vice-président de la société Orientale , au développement de cette société savante, formée pourl'étudedesintérétsdelacivilisation en Orient. Celle société publiait une revue dont Abel Hugo fut le rédacteur en chef pendant plusieurs années. Il réussit bientôt à faire de cette revue un excellent recueil au point de vue scientifique. L'auteur de tant d'ouvrages estimables avait conquis une réputation qui, sans être aussi éclatante que celle de son frère Victor, n'était ni moins solide ni moins méritée. Ce fut à celte époque (1844) que le prince Louis Bonaparte voulut bien accorder une haute marque d'estime à l'historien de l'empereur Napoléon, en lui adressant un de ses propres ouvrages avec une lettre autographe, ainsi conçue : « Je vous envoie comme une preuve de « mon estime et de ma sympathie pour vous une " notice sur mon oncle Joseph. Je n'ai fait qu'a- « jouter quelques réflexions à ce que vous avez « publié vous-même autrefois sur le chef de ma « famille. Mon seul mérite est de vous avoir «« copié. Il y a longtemps, monsieur, que je vous « connais par vos écrits patriotiques, qui ont eu « un si grand retentissement en France et eu « Allemagne, et je profile avec plaisir de l'oc- « casion qui se présente de vous exprimer per- « sonnellement mes sentiments de haute eslime • et de sympathie. Napoléom Lotis. Fort de Ham, « ce 20 septembre 18 ; i. ■ Abel Hugo, dans sa réponse au noble prisonnier de Ham, a porté sur le roi Joseph un jugement qui appartient désormais à l'histoire. « Les hautes qualités du « roi Joseph , disait-il , seront , il n'y a pas à en « douter, appréciées par la postérité. Déjà la rai- « son des contemporains a réduit au néant les n calomnies intéressées que les passions poli- « tiques et les haines étrangères avaient ré pan - « dues contre lui. La nation espagnole a plus n d'une fois regretté le souverain sage dont « toutes les pensées étaient dirigées vers sa pros- « péri té, son indépendance et sa grandeur. Et « cette nation n'est pas la seule qui ait de pareils « motifs de regret. * En eûTet, Abel Hugo gardait au roi Joseph un fidèle souvenir de vénération et de dévouement; il n'avait pas cessé de lui en donner des témoignages désintéressés,
qui sont dignement appréciés dans les lettres que le frère aine de Napoléon lrr a daigné lui écrire. Voici deux extraits de celte précieuse correspondance. « Philadelphie. 9 mai 1835. M. P**» étant » au moment de son départ pour Paris, je lui ai « rappelé les fils du général Hugo, qu'il allait « revoir et dont la renommée a manqué au bon-
« heurde mon ancien ami Je lui ai donc recom-
« mandé de leur parler de moi. J'ai lu, dans la n Reçue des Deux-Mondes , dans la France pitto~ » resque, de nouvelles preuves du bon souvenir « que vous me conservez. Je me suis reproché de « ne vous en avoir jamais montré ma reconnais- « sance.... » — n Philadelphie, le 25 novembre 1855. « Volrc lettre du 5 septembre m'a suivi sur ces « bords éloignés; ce n'est pas à des proscrits que « l'on adresse ordinairement de telles demandes; - pour la rareté du fait, je consens à être le « parrain du petit-fils de mon ami le général « Hugo... » Abel Hugo, comme membre de la société Orientale, avait dirigé ses études sur l'Algérie : il y fit plusieurs voyages d'enquête et d'exploration, pendant les années 1846 et 1847, sous les auspices du maréchal Uugeaud, avec lequel il s'était lié d'une franche et cordiale amitié. Il entrevoyait le succès de la colonisation dans les riches produits de la culture industrielle, et depuis l'expérience a dcmontrcla justesse deses vues à cet égard. Mais la révolution de février coupa court aux projets agricoles qu'il avait conçus dans l'intérêt de la colonie et que l'illustre maréchal Bugeaud eût favorisés de tout son pouvoir. Abel Hugo, forcé de laisser là momentanément le côté pratique de ses travaux d'économie politique, continua du moins à en étudier la théorie, avec cette passion qui conduit aux grandes découvertes de la science. C'est ainsi que dans l'aridité même de la statistique il trouva les éléments d'un Mémoire sur la période de disette qui menace la France, mémoire Imprimé dans les premiers mois de 1853 et distribué seulement aux hommes compétents dans la question. Les récoltes désastreuses, qui se succédèrent de 1853 à 185G, ne tardèrent pas à donner raison aux prévisions du savant économiste, qui vécut même assez pour les voir en partie réalisées. II préparait de nouvelles et lumineuses recherches dans la voie scientifique où il venait d'entrer à la fin de sa vie littéraire , et il avait en même temps publié les premières livraisons d'une grande histoire de la guerre de Crimée, quand la mort le frappa, le 7 janvier 1855, après une maladie de quelques jours , à l'âge de 513 ans. H a laissé deux fils. Quoique nous ayons passé en revue les principaux ouvrages d'Abcl Hugo, nous croyons devoir, à cause de leur importance et de leur variété, en présenter ici le détail bibliographique : 1° Histoire de la campagne d'Espngne en 1823, ornée de vingtdeux gravures par Couché fils, Paris, 1824, huit livraisons formant 2 volumes in-8° ; 2° Précis historique des événements qui ont conduit Joseph Xapoléon sur le trône d'Espagne, Paris, 1823, in-8°.
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C'est un extrait des Mémoires du général Hugo, tiré à un petit nombre d'exemplaires qui n'ont pas été mis dans le commerce. 3° Les tombeaux de St-benis, ou Description historique de cette abbaye célèbre, des monuments qui y sont renfermés et de son riche trésor, Paris, 1824, in-18, anonyme; 4* Vit anecdotique de Monsieur, comte d'Artois , au~ jourd'hui S. M. Charles X. roi de France et de Navarre, depuis sa naissance jusqu'à ce jour, Paris, 1 82 i, iu-18, réimprimée dans la même année; 5° Histoire de /'Empereur X'apoléon. Paris, 1 833, in-8°, avec trente et une vignettes parCharletjG" ta France pittoresque ou Description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France. offrant, en résumé, pour chaque département et colonie , l'histoire , les antiquités , la topographie, etc., Paris, 1833, 3 vol. in- ; à 2 colonnes, avec sept cent vingt vignettes et cent vingt cartes; 7° Tout Paris pour doute sous, Guide perpétuel dans la capitale. Paris, Uaudouin, 1834, in-18. Ce guide, très-habilement rédigé, a paru sous le pseudonyme de A.-H. de Monnières, qui se qualifie sur lu titre des différentes éditions de ce volume (1833, 1857, etc.) : Inspecteur général, volontaire et gratuit des monuments et des curiosités de la ville de Paris, membre de plusieurs sociétés savantes, etc.; 8° la France militaire, histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1833, ouvrage rédigé par une société de militaires et de gens de lettres, d'après les bulletins des armées, le Moniteur, les documents officiels, etc., revu et publié par Abel Hugo, Paris, 1834, 3 vol. grand in-4° avec vignettes, plans et cartes ; 9° la France historique et monumentale . histoire générale de France depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, illustrée et expliquée par les monuments de toutes les époques, édiliés, sculptés, peints, etc. Paris, 1836-43, 5 vol. in-i°a - colonnes, ornés de douze cents vignettes, cartes ou planches. 10° Histoire, analyse et effets du guano du Pérou (sous le pseudonyme de A.-B. de Monnières), Paris, impr. de Itignoux, 1845, in-8° de 52 pages; réimprimé en partie la même année sous ce litre : Guano du Pérou; sa valeur comme engrais; manière de l'employer; résultats des expériences faites en Angleterre et en France. On doit encore à Abel Hugo les opuscules suivants : 11° Traité du mélodrame, par MM. A ! A ! A ! Paris, 1817, in-8° de 80 pages (avec MM. Arm. Malitourne et J. Ader); 12° l'Heure de la, mort, Paris, 1822, in-8° de 8 pages; 13° deux pièces de théâtre : 1. tes Français en Espagne, à-proposvaudeville en un acte, Paris, 1823, in-8û (en collaboration avec Alph. \ ni pian; 2. Pierre et Thomas Comeille, à-propos en un acte et en prose, Paris, 1823, in-8°, sous le pseudouyme de Monnières. Il a traduit de l'espagnol : Romances historiques, Paris, 1822, et de l'italien un fragment intitulé la Vengeance de la Madone, Paris, 1822, iu-8" de 4 pages. On lui doit une édition du Romancero é historia del re de Espaita don Rodrigo (1822) et la