‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 20 sur 106 · HIC · texte numérisé non relu

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publication , comme éditeur, des Tablettes romantiques (1822), des premiers volumes annuels des Annales ronmntiques, et du Conteur, recueil deconte» de tous les temps et de tous les pays, paraissant mensuellement, Paris, 1853, in-12. Enfin il a fourni des articles à la Foudre, à Y Opinion littéraire, au Conservateur littéraire, à la Muse française, aux Annales de la littérature et des arts, à la Revue de TOrient, au journal l'Etoile, au Moniteur parisien, au Spectateur militaire, au Journal de l'Armée, etc. P. L — X.

HUGO (Eugène), frère puîné du précédent, fit preuve de cette imagination inquiète, exaltée, qui de nos jours a été fatale à tant de talents précoces. Cette exaltation, après lui avoir fait composer quelques opuscules empreints d'énergie et de couleurs poétiques , contribua sans doute , avec le chagrin que lui causa une passion malheureuse, à développer la terrible maladie dont il est mort. Un jour son frère Abel, entrant dans sa chambre au bruit des cris qu'il poussait, le trouva environné d'une illumination complète et s'escrimant à grands coups de sabre contre les meubles de la maison. 11 était fou , et cette folie devint telle que, la vie de son père étant exposée, on prit le parti de le placer chez le docteur Esquirol. En vain celui-ci essaya de le guérir; la maladie fut reconnue incurable, et dès lors sa famille le fit entrer à Charenton , où il est morl au mois de mars 1837, à peine âgé de trente-huit ans. Comme |M>èle, comme romancier, comme critique, Eugène Hugo promettait de rivaliser avec ses deux frères, qu'd secondait activement dans la rédaction du Conservateur littéraire , où ses articles sont signés de l'initiale E. Quelques-uns de ces articles sont tres-remarquables, entre autres celui qu'il a consacré à l'examen des poésies d'André Chénier, qui venaient de paraître et qui causaient alors une vive sensation parmi les jeunes poêles de la nouvelle école. Ce dernier article a été réimprimé, sous forme de notice , en tête d'une édition des œuvres en prose d'Amlré Chénier, en 1840. Eugène avail déjà remporté plusieurs prix à l'Académie des Jeux floraux, notamment celui de l'ode, lorsqu'il perdit la raison. Son ode sur la mort du duc d'Enghien offre des beautés de premier ordre. On trouve dans les Tablettes romantiques (1823) deux pièces de lui, une ode sur la bataille de Denain, et un fragment en prose intitulé La dernière assemblée des Francs-Juges. On a souvent reproduit daus les Keepsakes une légende fort dramatique, qu'il avait publiée dans le Conservateur littéraire sous ce tilre : le Duel du précipice. L — G— E.

I1UG0L1N. Voyez Gherardesca.

HUGON ou HUGONET (Guillaume) , bailli du Charolais et chancelier du duché de Bourgogne, dont il était originaire, prit part aux principales affaires de son temps. Il accompagna le duc Charles à Trêves, lors de son entrevue solennelle avec l'empereur Frédéric, dont le duc de Bourgogne espérait obtenir la dignité royale en

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fareur du mariage projeté entre Marie $a fille et l'archiduc Maximilien. En 1174, à Bovines, il traita de la paix si difficile à maintenir entre deux princes tels que Louis XI et Charles le Téméraire, et les ambassadeurs du roi et du duc firent porter sur le connétable de Saint-Pol le poids des intrigues qui avaient brouillé leurs maîtres. Deux ans après , le chancelier remit à Louis XI le connétable réfugié dans les Pays-Bas , ce qui attira sur lui la haine de son fils. Lorsque Marie de Bourgogne , opprimée par les Gantois, rechercha l'appui de Louis XI , son chancelier et Imbercotirl furent obligés de consentir à la remise de. l'Artois entre les mains du roi, qui bientôt après compromit les ambassadeurs en découvrant aux députés gantois le secret des négociations. Excité par le comte de Saint-Pol et les amis du connétable , le peuple de Gand intenta contre les deux ministres des accusations dont ils se justifièrent aisément. Mais leur perle était jurée ; malgré leur appel au parlement de Paris, malgré Marie accourue en habits de deuil sur la place publique et dont les pleurs touchaient déjà la multitude, une soldatesque furieuse , tournant ses armes contre la souveraine , fit consommer sous ses yeux la double exécution de ces ministres le 3 avril 1477. Louis XI se hâta de réhabiliter la mémoire du chancelier, et fit dresser des lettres patentes en faveur de ses enfants. — Philibert Ilccos, son frère, avait succédé dans l'évéché de Mâcon à Étienne. son oncle. Il fut fait cardinal par Sixte IV, et remplit plusieurs missions à Rome et à N a pies. A la mort du chancelier, il se retira en Italie, fut légat à Viterbe, et mourut en 1484. La chambre apostolique fil les frais des funérailles de ce cardinal, mort pauvre après avoir libéralement protégé les sciences et occupé îles emplois importants. Antoine Lulle, docteur célèbre du !;{• siècle, prononça son éloge. On i quelque raison de penser que le personnage objet de l'article suivant sort de la même lige.' — Hlt.o.n de la Reynie (Fiacre) était issu d'une maison dont une branche, fidèle à la postérité de Marie de Bourgogne, se retira en Franche-Comté, où elle subsiste encore et porte les noms de Poligny et d'Augicourt (voy. ntXSM [llerman]), et dont une autre suivit le parti de France et demeura dans le duché de Bourgogne après sa réunion à la couronne. Fiacre Hugon se fit remarquer au grand conseil par Charles IX, qui le nomma président au parlement de Dijon en 1368. Il fut au nombre des commissaires choisis dans la magistrature et les états pour corriger les coutumes de la province, et c'est une étude fort instructive de suivre dans leurs travaux , recueillis par Palliot et le président Bouliier, les progrès du droit politique et civil au milieu d'une époque si or.igeuse. En 1370, le roi chargea de terminer cette réforme Fiacre Hugon, qui succédait au premier pn' i lent Jean de la Guesle, nommé procureur général au parlement de Paris. La noblesse proposait de

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nouveaux articles qui autorisaient les pères et mères à disposer Inégalement de leurs biens entre leurs enfants. Elle avait mis dans Son parti les ecclésiastiques entièrement désintéressés. Le tiers étal seul s'opposait à cette nouveauté ; enfin il se rendit malgré lui aux vœux des deux autres ordres, que les représentants de l'autorité royale devaient ménager dans la situation critique où les guerres civiles mettaient le royaume. S'efTbrçant de faire prévaloir les réformes utiles et d'écarter celles qui pouvaient devenir abusives, Hugon, après beaucoup de délais, renvoya à l'assemblée générale des trois ordres les délibéralions relatives aux anciens article» de réformation, et homologua ceux qui concernaient les successions et qui ne furent enregistrés au parlement qu'en 157.". Henri III, satisfait de voir le duc d'Anjou, son frère, appeler à son conseil et choisir pour garde des sceaux Un serviteur aussi fidèle qu'éclairé, autorisa Hugon à exercer cet office avec celui de président ; mais cet illustre magistrat ne jouit pas longtemps de cette distinction. Il mournt le 14 septembre 1!581 à Péronne, où le service du duc d'Anjou près d'entrer dans les Pays-Bas l'avait appelé, et dans un moment où ses conseils auraienl été le plus nécessaires à ce jeune prince. Son creur fut rapporté en Bourgogne, et un tombeau fut érigé à sa mémoire dans l'église de sa terre de Villey près de Dijon. Z.

HLGoT. l'oyez Bassyiixe.

HUGUENIN (Sl'i.pice) , l'un des directeurs les plus fougueux des premiers mouvements de la révolution, naquit vers le milieu du 18* siècle. Il fut d'abord avocat à Nancy, puis cavalier dans le corps des carabiniers , ensuite commis aux barrières de Paris. Mêlé dès le commencement des troubles aux agitations du faubourg St-Antoine, il concourut à la prise de la Bastille le 11 juillet 17K«», et à l'invasion des Tuileries le 20 juin 1792. iJ'altord il entra à la tête d'un rassemblement dans le sein de l'assemblée législative, où ses menaces n'épargnèrent pas les députés du côté droit; il se porLi ensuite au chftteau, et on prétend que ce fut lui qui plaça le bonnet rouge sur la tète de Louis XVI. Au 10 août, Huguenin >Ympara de l'hôtel de ville, et à la place de la municipalité il constitua aussitôt le fameux conseil de la commune. 11 était un des principaux directeurs de ce corps révolutionnaire pendant les journées de septembre. Investi d'une mission extraordinaire, il se rendit à Lyon, puis à Chatnbéry , où il semble n'avoir pas oblenu d'autres résultats que celui de la création d'une société populaire qu'il inaugura en présence du général Montesquiou. Après une autre mission en Belpique, il fut accusé de malversations au sein de la commune, et fut invité à se justifier par écrit. Cette aflaire n'eut point d'autres suites, mais Huguenin cessa de faire partie du conseil. Il vécut encore plusieurs années dans l'obscurité. En 1708 il avait obtenu un prix à l'Académie de

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Lyon pour un mémoire tur Ut étangi, qui fut imprimé l'année suivante. Z.

HLCLES (Saist), archevêque de Bouen , était fils de Drogon, établi duc de Champagne par son père Pcpln d'Heristal, et d'Adaltrude , Olle de Waraton, maire du palais. Il se fit remarquer iks son enfance par sa piété, donna de grandes terres aux abbayes de Fontenelle et de Jumiéges, el renonça au monde en prenant l'habit religieux dans cette dernière maison. Il fut tiré de sa retraite en Tti pour occuper le siège de Rouen , et fut chargé en même temps de l'administration des diocèses de Paris et de Bayeux. Il ne consentit à cumuler ces charges qu'au défaut de sujets capables de les remplir , et dans la vue de prévenir le retour des abus qui étaient résultés du choix de laïques pour administrer les biens de l'Église. Il distribuait aux pauvres la plus grande partie de ses revenus , et consacrait le surplus à augmenter la pompe du service divin. Sa vie fut une suite continuelle de bonnes œuvres et d'austérités. 11 mourut à Jumiéges en 730, le 9 avril, jour dû sa fêle est célébrée dans le diocèse de Kouen. — Hcgi es d'Amiens, archevêque de Itout'ii, descendait, dit-on, de l'illustre famille des comtes d'Amiens. Il fît ses études à Laoïl, dont l'école éuit célèbre dans le 11* siècle, embrassa la1 vie religieuse à Cluny , fut pourvu, eu 1113, du prieuré de St-Martial de Limoges , qu'il résigna peu de temps après. Il passa en Angleterre, où Henri I" le mit à la téte de l'abbaye de Heading. Il fut élu, en 1 130 , archevêque de Houen , et se lit d'abord remarquer par la régularité de sa conduite et plr son zele pour l'instruction des peuples, auxquels il distribuait fréquemment le pain de la parole. Il assista aux conciles de Heims, de Pise, de Paris, et prit part à toutes les affaires importantes qui agitèrent de son temps l'Eglise de France. Cet illustre prélat mourut le 11 novembre 1101 : il est regardé comme l'un des plus savants théologiens de son siècle et l'un de ceux qui ont transmis avec le plus de (idélilé la véritable doctrine de l'Eglise sur les points de foi. Son style, dit un critique, est assorti aux sujets qu'il traite , et presque également éloigné de la barbarie et de i'aflectatiod. On a de lui : 1° Sept Livres de dialogues, où sont expliquées diverses qùestîons tbéologiques. Ils ont été insérés par D. Martine dans le tome 3 de sou Thesaur. oHttdotor. 2° Trois Livres sur l'Église et set ministres. Cet écrit, destiné à réfuter les erreurs d'une secte d'hérétiques qui avaient alors de nombreux partisans en Bretagne, a été publié par D. d'Achery , à la suite de son édition des Œuvres de Guibert de Nogcnt. 3° Trois Livret d là louange de la mémoire. On n'imaginerait sans doute pas que ce titre cache un Traité de Cincarnation. 4U Lnc Ex/Uiealion du symbole des apdtret et de l'oraison dominicale. Cet ouvrage el le précédent font partie du tome 9 de l'Amptisstma eolT lectio de I). Martène. 3° lin Traité de l'ouvrage

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des six jours , et une Vie dé St-Adjuteur , moine «le Tlron ; ces deux pièces se trouvent aussi dans le tome 3 «lu Thesaur. anecdotorum. 0" Enfin plusieurs Lrttres adressées au roi Louis le Jeune et à l'abbé Suger , insérées par Duchesne dans le tnme i des Scriptor. Fruncor. On trouvera une Vie plus détaillée de l'archevêque Hugues dans le 12- volume de YHist. litlèr. de France. — HlGlts, archevêque de Besançon, l'un des plus illustres prélats qui aient occupé le siège de cette ville, était fils de Humlu rt II, sire de Salins , et descendait des comtes souverains de Bourgogne. Sa piété et ses talents le rendirent encore plus recommanitable que sa haute naissance. Il fut élu archevêque en 1031 , et reçut l'onction sainte des mains de Brunon , évéque de Toul, qui devint pape sous le nom de Léon IX. II acheva la construction de la cathédrale de SI - Etienne , commencée par son prédécesseur, et y établit un chapitre composé de cinquante chanoines , qu'il «Iota d'une partie de ses grands biens, il rebâtit l'abbaye «le St-Paul , ruinée par les guerres, et la «lonna à des chanoines séculiers. 11. fonda deux collégiales, l'une dédiée à Stc-Madeleine et l'autre à St-Laureiit , les pourvut de toutes les choses nécessaires à la dignité «lu culte, et particulièrement de livres tic chœur , «pie l'on conserve encore et «lont on admire la beauté. Il assista, en 10(0, au concile de Reims, où fut cité l'évéque de Langres , accusé de simonie. Hugues s'était chargé de sa défense ; mais son client avoua sa faute et fut condamné aux peines portées par les canons. L'archevêque de Besançon suivit à Borne le pape Léon LX, y assista au concile où furent anathématisées les erreurs de Bérenger , et en signa les actes le quatrième. 11 parut avec le titre «le légat au sacre de Philippe Pr, roi de France. 11 fut honoré par l'empereur Henri III de la dignité d'ar«:hichancelier, et mourut a Besançon le 27 juillet 1000. Son corps fut inhumé dans l'église St-Paul , où il s'était fait élever un tombeau qui subsistait encore il y a quelques années. Hugues avait la réputation d'un profond théologien et d'un grand oraleur. Il aimait les savants et les protégeait. Pierre Damien lui a«lressa son traité Contra sedentes tempore divini officii. Ce fut SOUS son épiscopat que les archevêques de Besançon furent créés princes «lu St-Empire, et obtinrent le privilège de battre monnaie, d'élire les maires «le la vicomt«: «le Besançon , el de faire rendre la justice en leur nom. W — s.

III CLES (Saint), évéque de Crenoble, né en 1033 «lans le diocèse de Valence en Dauphiné, «l'une famille illustre , fut placé sur le siège de Crenoble en 1079. Les efforts inutiles qu'il fit pendant les «leux dernières années de son épiscopat pour «létruire les désordres de toute espèce qui régnaient «lans son diocèse le déterminèrent à se retirer à la Chaise-Pieu , d'où le pape Crégoire VII l'obligea bientôt tte sortir pour aller se remettre à la tète de sou troupeau. St-Bruno et

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ses disciples l'étant venus trouver en t08t, il les mit en possession du désert de la Chartreuse. Il y faisait lui-même de fréquents voyages pour s'édifier au milieu de ces pieux solitaires, et vivait comme un d'entre eux. Il mourut en 1132. On a de lui un Cartulaire dont on trouve des fragments à la suite du Péniteniiel de St-Théodore de Cantorbéry, de l'édition de Jacquet Petit, et dans les Mémoires pour sertir à l'histoire du Dauphiné , par Allard. C'est un monument précieux pour l'histoire de l'église de (.renoble , à cause des observations dont l'auteur accompagne les chartes. — St-Hlcues de Cluny, né à Semur en Briennois l'an 1024, d'une des familles les plus distinguées de Bourgogne, renonça de bonne heure aux avantages temporels que pouvait lui faire espérer sa haute naissance, pour se consacrer à Dieu dans le monastère de Cluny, dont, n'ayant encore que vingt-cinq ans , il fut élu abbé d'une voix unanime après la mort de St-Odilon. Sous son gouvernement, l'abbaye de Cluny parvint au plus haut degré d'illustration ; il y attira un si grand nombre de personnes, dont plusieurs étaient remarquables par leur naissance , et d'autres par leur savoir ou leur éminente piété , que cette abbaye devint la pépinière d'une foule d'hommes distingués qui brillèrent dans l'Etat et dans l'Eglise. Il maintint la discipline régulière dans toute sa ferveur ; il étendit la réforme à tant de monastères que, suivant Orderic Vital, il avait plus de dix mille moines sous sa juridiction. Les souverains pontifes l'honorèrent de leur confiance et le chargèrent de plusieurs commissions importantes, dont il s'acquitta toujours avec le plus grand succès : niais, quelque liaisou qu'il eut arec Grégoire VII, il ne voulut point prendre part à ses querelles , si ce n'est en qualité île médiateur , et jamais les foudres de Rome , lancées contre l'empereur Henri IV, son filleul, ne purent le détacher des intérêts de ce prince. Il se mit peu en peine des désagréments que lui causa le légat Hugues, évèque de Die, dont il avait désapprouvé les intrigues pour parvenir à la papauté. Ce saint abbé mourut en 1109, avant de pouvoir achever la superbe église de Cluny, dont il avait jeté les fondements. L u fait digne de remarque, c'est qu'en fondant l'abbaye de Marcigni, il défendit d'y recevoir aucune fille au-dessous de vingt ans. Ses occupations, aussi importantes que multipliées, ne lui laissèrent ni le temps ni le loisir de composer beaucoup d'ouvrages. 11 ne nous reste île lui que sept Lettres, entre un grand nombre qu'il avait écrites ; des statuts ou règlements qui servent à faire connaître la vie qu'on menait dans le célèbre monastère dont il était le chef , et quelques opmcules ascétiques , pleins d'onction et de piété. On trouve ces pièces dans la Btbliothecu cluniacensis . p. 491 et suiv. T— D.

HUGUES, trente-septième évêque du Mans, né à Sl-Calais, fut élevé par le vénérable llildebert (roy.ee nom), et fit de grands progrès sous cet

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habile mallre, qui n'était alors qu'écolâtre de la cathédrale du Mans, et qui, devenu évêque, le fit archidiacre. Hugues occupa cette place pendant treize ans, jusqu'en 1110, qu'il fut fait doyen à la place de Ceoiïroi, élu évêque de Rouen. Il accompagna son bienfaiteur dans sa prison et lui montra une reconnaissance égale aux preuves d'al lâchement qu'il en avait reçues. Après avoir été doyen pendant vingt-cinq ans, il fut élu évêque a la mort de Gui d'Élampes (voy. Gui), qui avait succédé à llildebert. C'était un des plus beaux hommes de son temps, et il n'était pas moins bien partagé du côté de l'esprit. Malgré la douceur de son caractère, il eut, dès le commencement de son épiscopat, des démêlés avec Geoffroi , comte d'Anjou et du Maine, au sujet des immunités ecclésiastiques, et il fut éloigné de son siège pendant neuf mois, au bout desquels il fut rappelé. La famine et la mortalité firent de grands ravages dans son diocèse et lui donnèrent lieu d'exercer sa charité. 11 employa ses revenus et les trésors des églises à rebâtir un faubourg du Mans qui avait été consumé par les flammes. Il mourut le 8 février 1142, après sept ans d'épiscopat, laissant une mémoire vénérée. Z.

HUGUES CAPET (1), chef de la troisième dynastie, qui a donné trente-deux rois à la France, était le plus puissant seigneur du royaume lorsque, la couronne lui ayant été déférée dans une assemblée tenue à Noyon, il fut sacré par Adalberon , archevêque de Keims, le 3 juillet 087. Cette assemblée ne devait pas être nombreuse : depuis le triomphe de la féodalité, il ne pouvait plus y avoir d'assemblées de la nation, puisque les hommes libres étaient peu à peu tombés en servitude, et que les nobles relevaient, pour leurs fiefs, de quelques grands propriétaires qui seuls exerçaient le pouvoir publique et qu'on désignait par le titre de vassaux de la couronne. Le nombre îles grands vassaux n'allait pas alors au delà de huit, savoir : le duc tic Cascogne, le duc d'Aquitaine, le comte de Toulouse, le duc de France, le comte de Flandre, le duc de Bourgogne, le comte de Champagne et le duc de Normandie , duquel la Bretagne relevait encore à cette époque. Tels étaient les seigneurs qui avaient un intérêt réel au choix du monarque , parce que seuls ils traitaient directement avec lui : les autres Français n'étaient plus les sujets du roi , mais les hommes des grands vassaux, et s'inquiétaient fort peu à qui serait offerte une royauté qui ne s'étendait plus jusqu'à eux. Si l'ordre de succession au trône eût été établi sous la seconde race , Charles, duc de la basse Lorraine, frère de Louis d'Outremer, aurait succédé à sou ueveu Louis V ; mais on ne manqua pas de raisons pour l'exclure : on l'accusa de s'être fait vassal du roi de Cermanie, d'avoir le cœur plus allemand que français ; en un mot , il

(Il C« »urnom, en («tin Cn/»/o, signifie grotte t(lt ; quelques iuit«-ur« le dérivent .l'une r»prr«- tic cliapenm que ce prince port» li premier

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fut en butte à mille reproches, parmi lesquels on oublia le véritable : c'est qu'e'tant issu de Charlemagne, il croirait ne régner qu'en vertu de sa naissance; or, on voulait un joi complice du morcellement de la France en plusieurs souverainetés à peu près indépendantes, afin que, n'ayant aucun prétexte pour essayer de revenir sur le passé , il ne songeât qu'à maintenir ce que le temps avait consacré. Hugues Capet, qui comptait déjà parmi ses aïeux deux rois élus par le suffrage des grands (1), qui possédait le duché de France et disposait par son frère du duché de Bourgogne, lut préféré dans l'assemblée deNoyon, où se trouvaient aussi les chefs «lu clergé, non comme le plus capable de rendre au trône sou éclat, mais comme entièrement désintéressé dans le rétablissement de la monarchie telle qu'elle était sous Clovis et sous Charlemagne (2). C'est ainsi que souvent les princes libres de l'empire, auxquels les grands vassaux de France ressemblaient en tous points, choisissaient pour empereur celui qui , par sa position et ses intérêts , ne leur laissait appréhender aucune tentative contre leur indépendance. La famille de Hugues était depuis longtemps à la tète du parti opposé au pouvoir royal des Carlovingiens; et l'on peut dire qu'il reçut la royauté telle que ses ancêtres l'avaient faite : c'élait bien peu de chose à cette époque. On est si porté à croire que le fondateur d'une dynastie qui a régné pendant huit siècles était un homme extraordinaire, que les historiens qui n'ont pas remonté jusqu'à l'esprit du temps ont attribué à Hugues Capet des établissements admirables, des lois profondes dont ils faisaient honneur à son génie. Il ne tenta rien , n'établit rien , ne porta aucune loi ; son plus grand mérite est d'avoir senti qu'une extrême modération de sa part pouvait seule accoutumer les grands à voir la royauté se perpétuer dans sa famille. Six mois après son couronnement, il obtint en effet la permission d'associer au trône son fils unique Robert, qui fut sacré à Orléans le i* janvier 988. Ce prince donna à son père quelques légers regrets de s'être tant pressé; mais si Hugues Capet eût attendu plus tard, peut-être n'aurait-il pas trouvé les seigneurs dans des dispositions aussi favorables, car Charles de Lorraine était entré eu France à la tête d'une armée, pour soutenir les droits qu'il prétendait avoir à la couronne. Le duc de Guyenne combattait pour

(1) L'origine de sa famille te perdait dans la nuit des temps, •u rapport de Glabcr, historien contemporain. D'anciens historiens le font drtMx-ndre de Ht-Arnoul, et même d'une fille de Clotaire, fils de Clovis le Grand; d'autres le font arriérc-pctit-flls du Saxon Witiklnd. Ilclgald,daas sa Vie de Hubert, semble lui faire tirer son origine tics rois de Lumbardie ; sentiment adopté par Legendrc de Saint-Aubin. Fonccrnagne combat ce* divers •«alème* dan» les Mem de l'Acad. de* inscription.

t2i Suivant une lettre de Gerbert, depuis pape su us le nom de Sylvestre II, qui a été publiée par André Dut-hesne, il semblerait que l'élection de Hugues Capet fut aucsi due à l'arrivée de six cents hommes d'armes, 4 la tète desquels il s'avançait , et à l'approche desquels le parlemcut, assemblé i Compiegue, se dissipa le 11 mai.

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lui; plusieurs évêques soutenaient sa cause, et le comte de Champagne menaçait pour se faire acheter. Hugues Capet n'était pas puissant parce qu'il était roi , mais parce qu'il avait fortifié le trône par ses immenses domaines, qu'il pouvait compter sur le duché de Bourgogne que possédait son frère, et que ses alliances avec plusieurs autres grands vassaux lui garantissaient leur secours. Il battit le duc de Guyenne et fut battu à son tour par Charles, qui, après lui avoir enlevé de vive force la ville de Laon, seul véritable domaine de la couronne, s'empara par surprise de la ville de Reims. Un jeune homme nommé Arnold, neveu de Charles, fils naturel du roi Lothaire, et par conséquent de la famille carlovingienne, joua un grand rôle dans la prise de Laon et de Reims : il trahit Charles pour être fait archevêque de Reims par Hugues Capet, et trahit ensuite Hugues Capet en faveur de Charles, qu'il voyait vainqueur. Un archevêché donnait à cette époque une souveraineté réelle sur une grande étendue de pays; et, comme le pape intervenait, en sa qualité de chef de l'Eglise, dans l'élection et la déposition des évêques, il se trouvait arbitre du gouvernement féodal pour ce qui concernait les fiefs ecclésiastiques; tout s'accordait alors pour restreindre le pouvoir des rois. En rentrant en vainqueur dans la ville de Laon, Hugues Capet fit prisonniers Charles et l'archevêque Arnoul ; il les fit conduire à Orléans, où le premier mourut deux ans après : ce n'était qu'un prince souverain ; il ne trouva personne pour le protéger : mais le second était un prélat, on ne pouvait disposer de son sort sans le consentement des évêques. Il fallut assembler un concile , qui ne prononça la déposition du coupable qu'à condition qu'il ne perdrait pas la vie, restriction d'autant plus désagréable à Hugues Capet qu'Arnoul était de la famille de Charlemagne. Le pape trouva mauvais qu'un archevêque eût été condamné sans l'aveu de la cour de Rome. Cette affaire devint si considérable qu'elle occupa le reste du règne de ce monarque, qui mourut sans la voir terminée, le 24 octobre Û96, la cinquante-septième année de son âge et la dixième de son règne. Ce prince, dont l'autorité n'était point supérieure à celle des grands vassaux, dont il avait été l'égal, sut tirer de ses forces tout le parti que lui permirent les circonstances : les alliances qu'il contracta ne laissent aucun doute sur la connaissance profonde qu'il avait des intérêts de l'Europe ; il fixa son séjour à Paris et fit de son palais une église (c'était celle de St-Barthélemi, dans la cité). 11 fit fortifier, contre les irruptions des Danois et des Normands, une métairie qu'il avait comme abbé de St-Riquier {Abbatis villa), et qui le rendait maître du cours de la Somme : telle fut l'origine d'Abbeville. Hugues Capet joignit au courage l'art de ménager les esprits, et se Ut, par son zèle pour la religion, des amis assez sincères parmi les évêques pour qu'ils ne balançassent pas

à se cotuinettre avec le pape dans la déposition d'Arnoul. lïlesse de voir les biens «le l'Église envahis par les hommes de guerre, il renonça au* riches abbajes qu'il possédait par héritage comme duc de France; et, dans l'impossibilité où il était de donner uue loi à cet égard , il ofTrit au moins aux seigneurs un bel exemple à suivre. Plusieurs de ses successeurs l'ont imité en établissant dans leurs domaines «les usages si favorables à l'ordre qu'ils s'étendirent ensuite sur toute la France. Les actions des rois suppléaient ainsi à leur autorité, et préparaient le retour de leur puissance en fixant tous les regards sur le trône. Hugues Capet était si peu mallre hors de ses domaines, qu'avant voulu empêcher Audeberl, comte de la Marche, de poursuivre une guerre injuste, le gentilhomme qu'il lui députa, piqué de la résistance «pi'il trouvait, s'emporta jusqu'à lui demander qui l'avait fait comte : Ce sont, répondit Audebert, ceux-là mêmes qui oui fait rois Hugues et' son fils Robert; et il continua son entreprise, sur que l'intérêt de tous les seigneurs justifierait sa réponse; il ne se trompa point. La couronne, qui avait été élective sous la seconde race, parce qu'elle s'était unie, dans la personne de Pépin, à la mairie du palais, qui ne s'obtenait que par le suffrage des grands, mleviut héréditaire sous la troisième dynastie, parce qu'elle se confondit dans la personne de Hugues Capet avec les grands fiefs qu'il possédait , et que les fiefs alors étaient incontestablement héréditaires. Ou peut même assurer qu'il ne fut élu que pour consacrer l'usurpation des iiefs, déjà sanctionnée par uue longue possession; et l'on ne peut s'empêcher d'admirer par quels secrets ressorts , d'une mesure prise contre le pouvoir des rois, sortirent avo: le temps l'hérédité et l'indivisibilité de la couronne, les deux hases fondamentales de toute véritable monarchie. On croit que Hugues avait épousé Blanche, veuve de Louis le Fainéant, dont il n'eut point d'enfants. De sa deuxième femme, Adélaïde, (illc du duc de Guyenne, il eut un fils, qui régna seul après lui (cou. Hubert), et trois tilles, Adwige, Adélaïde et Gisèle. F — e.

III (.ILS LE GRAND, comte de Paris, duc de France, père de Hugues Capet, plus puissant que les monarques français sous lesquels il vécut, semble avoir été choisi par les seigneurs de son temps pour chef de l'opposition formée contre l'agrandissement du pouvoir royal. II était fils de Robert, comte de Paris, qui osa disputer au faible Charles III le litre de roi. Son perc ayant été tué a la bataille «le Soissons (9±J), Hugues rallia ses troupe», ranima leur courage et remporta une victoire complète. Il fut a»scz sage pour résister au parti qui voulait le proclamer roi, et il fit élire a sa place son bcau-frere Kaoul , duc de Bourgogne c'y ■ Cuarles III et Raoul.:. Il lui fournit des secours contre Us Normands, <|ui étentlaienl leurs ravages jusque dans la Picardie et l'Artois, et les força d'abandonner précipitamment leurs con-

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quêtes. Hugues eutra cependant , en 927. dans la ligue formée par Herbert, comte de Yertnamlois, pour rétablir sur le trône le malheureux Charles III , prisonnier à Château - Thierry . Kaoul parvint à détacher Herbert de la coalition en lui cédant la ville de Laon ; mais Hugues, furieux d'avoir été trompé , envahit la plus grande partie «les «lomaines d'Herbert, et ne lui accorda la paix que sous des conditions onéreuses. La mort d<- Haoul, en laissant le trône vacant, ouvrit bientôt un nouveau champ à toutes les ambitions. Personne n'en était plus «ligne que Hugues ; mais, dit Velly , les seigneurs ne voulaient point d'un roi «pii sût se faire obéir, et son mérite n'était qu'un titre d'exclusion. Hugues, n'ayant point «l'espoir de réunir les suffrages, engagea les gramls, assemblés en états généraux, à rappeler sur le trône Louis d'Outremer, fils unique «le Charles III ; il alla le recevoir à Boulogne, le salua respectueusement à la descente du vaisseau, et fut le premier à lui prêter le serment de fidélité. Le jeune prince , par reconnaissance , choisît Hugues pour son ministre, et lui lit don d'une partie de la Bourgogne; mais il ne tarda pas à se repentir de la confiance qu'il lui avait accordée trop légèrement, et il le banuit de sa cour. Hugues, résolu de venger cet affront, se réconcilie avec Herbert, gague les «lues de Normandie et de Lorraine et se dispose a péuélrer sur les terres du roi : la crainte de l'excommunication fait évanouir cette ligue formidable, et Hugues, abandonné de ses partisans, propose une trêve, que le roi se trouve heureux d'acc< pter. Hugues en prollte pour négocier avec l'empereur Olhou l«r, son beau-frère, et il se détermine à favoriser ses projets. De concert avec le comte «le Vermandois, il s'empare de Reims, après un siège de six jours (940) , et marche ensuite sur Laon , qui lui oppose une vigoureuse résistance. Le roi accourt pour délivrer celte place , et son armée éprouve un revers qui entraîne la désertion générale des troupes. Hugues offrit alors la couronne à Othoo ; mais ce prince , loin de l'accepter , témoigna qu'il se repentait d'avoir aidé des sujets rebelles, et les obligea de rentrer dans le devoir. Hugues, quel- «|ue temps après, fournit des troupes au roi |>our l'aider à chasser les Normands; mais, sa croyant trompé, il ramena ses soldats, et le roi ayant été fait prisonnier dans uu combat près de Cherbourg, il traita de sa rançon , qu'il lui lit racheter par la cession de la ville de Laon. Le roi, désespérant de pouvoir réduire par les armes uu sujet aussi puissant, eut recours à l'intervention du pape. Hugues fut excommunié, et il se hâta de rendre le château de Laon et de renouveler au roi sou serment de fidélité. La mort de Louis d'Outremer (Mlyi) laissa encore è Hugues les moyens de s'emparer du trône ; mais , trop habile pour ne pas sentir que les mêmes intérêts qui le soutenaient contre le souverain s'élèveraient contre lui aussitôt qu'il paraîtrait redoutable, il se couteau

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de préparer les voies à ses fils, en leur formant une puissance à laquelle rien ne pourrait résister : ainsi, serrant et combattant tour à tour Lothaire II, il ajouta la Bourgogne et l'Aquitaine à son duché de France. La généalogie de la famille des Capet a été établie avec d'autant plus de soin que des chronologistes dévoués à un parti étranger prétendaient que le premier roi de cette maison était d'une race obscure : c'était bien peu connaître l'esprit d'un siècle où les grands étaient les égaux des rois, que d'avancer qu'ils avaient choisi pour mettre à leur tête un homme d'une naissance au-dessous de la leur. Hugues descendait de Hobert le Fort , comte d'Anjou , et allié à la famille impériale du temps «le Charles le Chauve; c'est par ce Robert que les grands fiefs des Capétiens entrèrent dans leur maison et préparèrent l'ascendant que prit Hugues le Grand sur les seigneurs de France. Il était 01s de roi, oncle de roi, beau-frère de trois rois, ayant épousé successivement une sœur de Louis le Bègue, une fille d'Edouard, roi d'Angleterre, et une Sœur d'Uthon, roi de Germanie, fille de l'empereur Otbon 1". 11 fut père de roi et n'en porta jamais le litre; mais il en eut la puissance jusqu'à sa mort, arrivée à Oourdan le 16 juin 930 : aussi on a dit de lui qu'il régna vingt ans sans être roi. On l'appelait Hugues l'Abbé, parce qu'il possédait des abbayes considérables; Hugues le Blanc, par opposition à Hugues le Noir, qui fut duc de Bourgogne, et Hugues le Grand, à cause de sa taille , car il serait dillicilede citer les actions glorieuses d'un prince qui ne travailla qu'à son élévation, fit la guerre à son roi , et ne remporta aucune lictoire mémorable contre les ennemis de l'État. On peut le regarder comme un homme habile, digne de la confiance qu'il avait inspirée aux seigneurs; mais il faut plus pour mériter le'litre de grand, |j avait épousé Hadvige , sœur de l'empereur Otaon , dont il eut trois (Ils : Hugues-Capet, tige de la maison de France; Othon et Eudes ou Henri, ducs de Bourgogne; et deux filles : Béatrix et Fsseme, mariée a Richard l*r, duc de Normandie. F — e et W — s.

HUGUES, dit le Grand, le troisième fils d'Henri lw, roi de France, né en 1057, joignait à tous les eharmes de la figure beaucoup d'adresse pour les exercices du corps et une valeur héroïque; mais il ne soutenait pas les revers avec le même courage qu'il bravait les dangers, et l'habitude des éloges le rendait trop sensible aux reproches. Il était d'ailleurs généreux jusqu'à l'excès, plein d'humanité pour ses vassaux, de respect pour les dames, et réunissait ainsi toutes le» qualités qui distinguaient les chevaliers à cette époque mémorable de notre histoire. Hugues se croisa l'un des premiers pour la délivrance des lieux saints; mais cette résolution ne lui fut inspirée que par son zèle pour la foi, et, dit Michaud [Histoire des Croisades, t. i", p. 134) , il ne chercha que la gloire dans une guerre qui

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offrait des royaumes à l'ambition des princes et même des simples chevaliers. Hugues partit, à la tête de ses sujets, en 10%, traversa l'Italie, reçut l'étendard des mains d'Urbain VIII, et, après avoir visité les tombeaux des saints Apôtres, s'embarqua à Bari. Une tempête jeta sa petite flotte sur les côtes de l'Épire; il y fut accueilli par le gouverneur de Durazzo, qui, cachant sa perfidie sous les dehors de la politesse, l'empêcha de continuer sa route. On l'envoya prisonnier à l'empereur Alexis, effrayé des projets des croisés (voy. Alexis III). Godefroy de Bouillon réclama la liberté de Hugues et ne tarda pas à l'obtenir; mais celui-ci, séduit par les caresses d'Alexis, s'était déterminé à lui prêter serment de fidélité. Cet acte de faiblesse lui attira de justes reproches de la part des autres chefs de l'expédition ; cependant ils le reçurent avec joie dans leur camp, et l'admirent à partager leurs exploits. Il se signala surtout à la bataille de Dorylée et aux sièges de Nicée et d'Antioche , où il accrut sa réputation par des faits d'armes qui tiennent du merveilleux. Hugues fut du nombre des croisés qui défendirent ensuite Antioche, attaquée par les Sarrasins, et contribua beaucoup à la victoire remportée sur l'armée destinée à reprendre cette ville. 11 fut député vers l'empereur Alexis, pour lui rappeler sa promesse d'aider les croisés à délivrer Jérusalem du joug des infidèles ; mais n'ayant rien pu obtenir, il repassa en France, où sa désertion le fit comparer au corbeau sorti de l'arche. On lui reprochait comme une lâcheté d'avoir abandonné l'armée chrétienne au moment où elle se disposait à marcher sur Jérusalem. Touché de ces reproches , il se rembarqua l'année suivante pour retourner en Asie. II partit de Constantinople à la tête d'un corps d'armée, s'empara de Philotnclium et de Samalia , et se dirigea ensuite vers Héraclée. A peu de distance de celte ville, les chrétiens rencontrèrent l'armée du sultan de Nicée; la bataille s'engagea aussitôt, mais la victoire trahit leurs efforts. Le carnage fut horrible : la plus grande partie des chrétiens furent tués ou faits prisonniers. Hugues, percé de deux flèches, parvint cependant à gagner la ville de Tarse, où il mourut de ses blessures le 18 octobre 1102, à l'âge de 45 ans. Il avait épousé Adélaïde, fille d'Herbert; et, par ce mariage, il devint la tige de la seconde branche des comtes de Vermandois. W— s.

HUGUES de Provence, roi d'Italie de 926 à 947, était fils de Théobald, comte de Provence, et de Berthe, fille de Lothaire, la même qui épousa en secondes noces Adalbert II, duc de Toscane. La maison de Provence avait acquis plus de pouvoir pendant le règne de Louis III, roi d'Arles et empereur, mort en 915, et qui était oncle de Hugues. Celui-ci cependant, peu content de l'héritage paternel, éleva, en 925, ses prétentions au trône d'Italie, occupé à celte époque par Rodolphe, roi de la Bourgogne transjurane. Hugues

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était secondé par ses frères du second lit, Guido et Lambert, ducs de Toscane et de Spolète, et par sa sœur Ermengarde, veuve du marquis d'ivrée. Le pape Jean X, Lambert, archevêque de Milan, et presque tous les seigneurs lombards, s'engagèrent dans son parti par les iutrigues d'Ermengarde. Les hommes les plus considérés de l'Italie se rendirent à Pise auprès de lui , lorsqu'il y débarqua au commencement de l'année 926; et ils le conduisirent à Pavie, où il fut couronné. Rodolphe lui-même consentit, en 929, à cette violation, moyennant la cession du royaume d'Arles. Mais Hugues, entouré dans le royaume d'Italie de vassaux puissants et jaloux, qui avaient ébranlé à plusieurs reprises le trône de ses prédécesseurs, prit à tâche de les abattre l'un après l'autre , avec une perfidie et une ingratitude sans exemple. Il n'épargna pas son propre frère Lambert, duc de Toscane, qui avait succédé à Guido, mort peu auparavant. L'ayant fait prisonnier, il lui arracha les yeux et lui ôta son gouvernement. Il épousa ensuite Marie, souveraine de Home, et veuve de Guido, son frère; mais lorsqu'il voulut profiler de ce mariage pour soumettre les Romains à sa domination, une révolte d'Albéric, fils du premier lit de Marozia , le contraignit à s'éloigner de Rome. Hugues, après avoir fait périr plusieurs autres seigneurs , forma aussi le projet de surprendre son propre neveu Dérenger, marquis d'ivrée, pour lui arracher les yeux; mais celui-ci (voy. Riîrenger 11) , averti à temps de ses desseins, s'enfuit en Allemagne pendant l'hiver de 940. H en revint en 9-15, à la téte de quelques troupes : les Italiens étaient alors tellement fatigués de la tyrannie de Hugues, que toutes les villes ouvrirent leurs portes à Bérenger, et Hugues fut forcé de se réfugier en Provence sans avoir combattu. Son fils Lothaire, il est vrai, qu'il avait associé à la couronne dès l'année 951, soutint plus longtemps la lutte contre Bérenger. Hugues mourut en Provence en 917 , une année après sa retraite. S. S — i.

HUGUES I", duc de Bourgogne, petit-fils du duc Robert, devint son héritier présomptif par la mort prématurée de Henri , son père , qui lui succéda en 1075. A cette époque, le principe titulaire de l'hérédité n'était point encore reconnu; et la mort d'un prince était presque toujours le signal de la guerre entre ses ambitieux vassaux. Hugues s'empara de tous les châteaux forts, y laissa quelques hommes d'un dévouement éprouvé, et fit ensuite son entrée solennelle à Dijon. Il y reçut le serment de fidélité des principaux seigneurs dans l'église de St-Bénignc, et s'y consacra lui-même à Dieu, dont il se plut à reconnaître la protection spéciale dans toutes les circonstances de sa vie. Il accorda de nouveaux privilèges à cette abbaye, en considération des pertes qu'elle avait éprouvées sous le règne de son prédécesseur, et s'engagea par serment à n'établir jamais de taxe sur les biens qu'elle possédait. Ayant

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perdu son épouse en 1078, il se retira dans l'abbaye de Cluny, dont il était le bienfaiteur, et, quelque temps après, y prit l'habit religieux, malgré les instances de ses sujets et même du pape Grégoire VII, pour l'empêcher de suivre une résolution dictée en partie par la douleur. II remit le gouvernement de ses Etats à son frère Eudes, reçut les ordres sacrés et passa quinze ans dans la pratique des devoirs les plus austères. Un accident le priva de la vue ; il supporta cette affliction avec beaucoup de patience , et mourut vers 1093, dans un âge peu avancé. Il y a peu d'années qu'on voyait encore à Gluny son épitaphe, rapportée par D. Plancher (Histoire de Bourgogne. t. 1", p. 275). W— s.

HUGUES H, surnommé le Pacifique, était neveu du précédent : son père, Eudrs, partant pour la terre sainte , lui confia l'administration de ses Etals; et, quoique jeune, il usa de son pouvoir avec une telle prudence, qu'il se concilia l'affection des grands et du peuple. 11 succéda à son père m 1102, signala sa piété en rendant aux abbayes les privilèges et les biens dont elles avaient été dépouillées , fonda plusieurs monastères , qu'il dota richement, ne voulut prendre aucune part aux guerres qui désolèrent les États voisins , et mourut en 1142 regretté de ses sujets. Il fut inhumé dans le même tombeau que son père, sous le portail de l'église de Clteaux. Son fils, Eudes II, lui succéda. W — s.

HUGUES III, (Ils d'Eudes H, duc de Bourgogne, lui succéda en 1102, sous la tutelle de Marie de Champagne, sa mère, princesse dont l'histoire loue la sagesse et la piété; il se croisa en 1171 pour la délivrance des lieux saints. A son retour, il essuya une tempête si violente, qu'il fit vœu, s'il échappait, de fonder une église desservie par douze chanoines occupés jour et nuit à remercier Dieu de l'avoir délivré. Telle est l'origine de la Sle-Chapelle de Dijon. Il fournit, en 1172, des troupes au roi Louis VII, pour l'aider à punir le comte de Ghalon, qui rançonnait les gens d'église, et il profita de cette circonstance pour agrandir ses domaines de la moitié des biens du comte, dont la confiscation fut prononcée. En 1174, il déclara la guerre au comte de Nevers, qui refusait de lui prêter serment de fidélité pour les terres qu'il possédait en Bourgogne ; il le fit prisonnier dans îîh combat , et le força de souscrire des conditions onéreuses pour avoir la paix. Hugues fut moins heureux dans son entreprise contre le duc de Vergy, son vassal : il vint l'assiéger dans son château en 1185; mais le duc de Vergy, aidé des Français, l'obligea de se retirer précipitamment, brûla Châtillon-sur-Seine et ravagea les pays voisins. Battu de toutes parts, Hugues implora la clémence de Philippe-Auguste, qui lui pardonna, à condition qu'il indemniserait les moines des sommes qu'il leur avait enlevées par violence. Hugues était marié avec Alix de Lorraine, il répudia cette princesse en 1188,

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quoiqu'elle De lui eût donné aucun sujet de mécontentement, pour épouser Béatrix, comtesse du Viennois , dont l'immense dot flattait son ambition. Il se disposa, peu de temps après, à suivre Philippe-Auguste dans une nouvelle croisade , et remit le gouvernement de ses Étals entre les mains de son fils Eudes; mais il lui associa Béatrix, afin que ce dernier n'osât pas entreprendre de rétablir Alix dans ses droits. Hugues se trouva au siège de Ptolémals, et contribua, par son courage, à la réduction de cette ville. La mésintelligence qui se manifesta bientôt entre les chefs des croisés ayant déterminé Philippe à se retirer, Hugues prit le commandement de l'armée française et marcha sur Jérusalem; mais arrivé à une journée de la ville sainte, dont la délivrance était le but de l'expédition , il fit dire à Richard , roi d'Angleterre, de ne point avancer davantage , ou, du moins , de ne pas compter sur l'appui des Français. Hugues opéra ensuite sa retraite sur Tyr, et cantonna son armée dans les environs. 11 tomba malade dans cette ville, et y mourut en 111)2. C'était un prince vaillant et ambitieux , mais inconstant dans ses projets et capricieux , défauts moins excusables dans un souverain que dans un particulier : il vexa tour à tour et enrichit les gens d'église; il commit de grandes injustices, et se montra disposé à les réparer. Dijon lui dut ses franchises et des privilèges qui contribuèrent à son agrandissement. Le corps de Hugues fut rapporté en Bourgogne et inhumé sous le portail de l'église de Liteaux. Son fils , Eudes III , lui succéda. W— g.

HUGUES IV, duc de Bourgogne, né le 9 mars 1212, succéda en 1218 à Eudes III , sous la tutelle d'Alix de Vergy, sa mère. 11 entra dans la coalition des principaux seigneurs contre la reine Blanche; niais Thibaud, comte de Champagne, qui en était le chef, ayant fait sa paix avec la régente, les coalisés se réunirent contre lui, et Hugues le punit de sa défection en ravageant ses terres. Il épousa ensuite Yolande , fille du comte de Dreux , et ce fut encore son ressentiment contre Thibaud qui décida ce mariage. Hugues obligea, en 1255, l'abbé de St-Seine à lui payer une forte contribution pour l'indemniser des frais de la croisade : mais il se contenta d'envoyer quelques hommes à cette expédition; et il profita de l'appauvrissement des seigneurs voisins pour agrandir ses domaines des comtés de Cbalon et de Charolais et d'autres terres considérables. Après la mort d'Yolande, il épousa, en 1258, Béatrix , fille de Thibaud, avec lequel il s'était réconcilié. Il s'engagea , l'année suivante , à aider Baudouin à reconquérir le trône de Constantinople, et reçut de ce prince le titre de roi de Thessalonique : mais il préféra la vie tranquille dont il jouissait aux hasards de la guerre dans un pays lointain. Dans sa dernière maladie , il partagea ses grands biens entre ses enfants mâles, et fit reconnaître pour son successeur Robert, le seul des fils qui lui restait d'Yolande. Il mourut en 1272. W— s.

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HUGUES V, fils atné de Robert II, doc de Bourgogne , lui succéda, en 1508, sous la tutelle d'Agnès de France, sa mère. On le voit recevoir l'hommage de ses vassaux, s'appliquer à terminer les différends qui s'étaient élevés entre son père et les évéques de Chalon et d'Autun , au sujet de quelques fiefs, et donner une preuve de sa moderation en s'en rapportant à la décision d'arbitres nommés par les parties. Il confirma les privilèges accordés à la ville de Dijon par ses prédécesseurs, et fit des règlements sur le titre et le cours des monnaies dans ses États. Il avait été fiancé en 1502 à Catherine de Valois; mais il abandonna ses droits sur cette princesse en faveur de Philippe, prince de Tarente, et demanda en mariage Jeanne, fille de Philippe V, roi de France. 11 tomba malade pendant les préparatifs de celte union, et mourut en 1515, dans un âge peu avancé. C'était un prince doux, pacifique et bienfaisant, jaloux de ses droits, mais ne cherchant point à les exercer injustement. Par son testament, il fonda un hospice à Dijon et fit des legs considérables aux pauvres. Eudes IV, son frère, lui succéda. W— s.

HUGUES (Victor), gouverneur de la Guadeloupe pendant la révolution, est un de ces hommes qui , par l'audace et l'énergie de leur caractère , trouvent toujours à s'élever au milieu des tourmentes politiques. H naquit à Marseille, d'une famille commerçante; la turbulence de sa jeunesse le fit envoyer à St-Domingue, près d'un oncle et d'un frère qui y étaient établis. D'abord simple ouvrier, il devint, par son intelligence et sou activité, propriétaire de la boulangerie qui fournissait le pain aux troupes. Lors de la convocation des états généraux , les colonies françaises partagèrent l'effervescence de la métropole, Hugues et ses parents se prononcèrent vivement pour les principes démagogiques, et attirèrent sur eux l'animadversion des colons , attachés à l'ancién ordre de choses. Après avoir vu son frère et son oncle périr victimes de ces premiers troubles, lui-même fut déporté en France eu 1795. Mais le comité de salut public le renvoya immédiatement en Amérique en qualité de secrétaire de Simondès, qui était chargé de ramener en France Polvérel et Sonthonax , commissaires du gouvernement précédent. Le bâtiment qu'on leur avait donné pour remplir cette mission faisant eau de toutes parts, Victor Hugues rentra dans le port, et fut tout aussitôt nommé accusateur public près le tribunal révolutionnaire de Rochefort. De là il passa à Brest, où il exerça les mêmes fonctions. Son zèle ayant de nouveau fixé sur lui l'attention du comité de salut public, il fut nommé, au commencement de 1791 , avec Chrétien, commissaire de la convention aux Iles sous le Vent. Ils étaient chargés de mettre à exécution le décret sur la liberté des nègres, et d'empêcher que la Guadeloupe ne tombât entre les mains des Anglais. On avait rassemblé à Rochefort une petite expédition, composée de deux frégates, d'un brick et de cinq

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bâtiments de transport, sous les ordres du capitaine de vaisaeau Leysseigues, ayant à bord environ onze cent cinquante hommes de troupes. Victor Hugues, monté sur la frégate la Pique, appareilla de l'Ile d'Aix (23 avril 1791). Après une traversée de quarante jours, l'escadre parut à la hauteur de la Pointe-à-Pitre , le 24 juin 4794. C'était avec ce faible armement, entièrement formé de jeunes réquisitionnâmes, que les commissaires te proposaient d'attaquer des troupes nombreuses, aguerries et appuyées par trente bâtiments de guerre. Mais ils comptaient sur la valeur française, sur l'attachement des Quadeloupéens à la mère patrie, sur le désespoir où les avait jetés la tyrannie des Anglais. Aussi, à l'exception du petit nombre de colons que l'intérêt attachait à la cause des étrangers, on vit tous les autres habitants, blancs, jaunes et noirs, oublier leurs inimitiés et se faire soldats, en se joignant à la petite armée expéditionnaire, pour chasser un ennemi dont les excès n'épargnaient personne. Dès le 6 juin, la Pointe-à-Pitre fut enlevée d'assaut. Les Anglais, dans cette circonstance, abandonnèrent si lâchement leur position, que, pour pallier la honte de cet échec, ils l'attribuèrent à la terreur panique des royalistes français servant sous leurs ordres. Bientôt l'amiral Jervis vint bloquer les républicains avec des forces considérables. Déjà le commissaire Chrétien avait succombé à l'influence du climat, en sorte que Victor Hugues se trouva seul chargé de diriger les opérations. Les Français, entourés de toutes paru par les Anglais, qui étaient maîtres de la mer, étaient dans une situation désespérée. Exténués par la fatigue et le manque d'eau, privés de tout, excepté de sucre et de café, ils périssaient d'une manière effrayante. Dans la nuit du l«* au 2 juillet, les Anglais s'emparèrent de la Pointe-à-Pitre. Il ne restait aux Français que le Home du gouvernement, sur lequel Victor Hugues s'était réfugié avec les chefs et le reste des troupes. Les Anglais, pressés autour de ce poste, attendaient le jour pour l'enlever. Mais dès qu'il parut, les Français foudroyèrent avec leur artillerie les masses ennemies, qu'une frégate mouillée au fond du port mitraillait à bout portant. Au moment où les Anglais ébranlés parurent chanceler, les Français se précipitèrent sur eux , les mirent en déroute, prirent leur artillerie et les poursuivirent, la baïonnette aux reins, jusqu'à leurs retranchements. Huit cents ennemis furent pris ou tués. Victor Hugues consacra le souvenir de ce fait d'armes, auquel il avait pris la part la plus active, en changeant le nom de Home du gouremement en celui de Morne de la Victoire, qu'il a conservé. Il donna également à la ville de la Pointe-à-Pitre le nom de Port de la liberté, qu'il n'a plus. Cependant les Anglais étairnl restés maîtres de deux positions du haut «lesquelles ils ne cessaient de foudroyer la ville. Le général de division Aubert, le seul chef de l'expédition qui restât encore, venait de succomber à la maladie ; Victor Hugue< trouva

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dans la vigueur de son esprit et de son caractère des ressources pour faire face à tout. Il enflamma le courage des individus de toutes les classes, leva deux mille hommes de couleur, et mit à la tête de ces forces le capitaine d'artillerie Pélardy, avec le titre de général de division. Le commandant Boudet fut fait général de brigade, et eut la tâche d'organiser et d'exercer les troupes. Victor Hugues surveillait tout avec une prodigieuse activité, ne se fiant qu'à lui seul du soin de l'administration civile et militaire. Entièrement dépourvu de munitions, il s'en procura par des navires américains; il attira près de lui tous les patriotes français réfugiés dans les Iles neutres, nonobstant la rigueur du blocus, et quoique les Anglais eussent signifié à toutes les nations que. la Guadeloupe étant en état de siège, ils s'empareraient de tout bâtiment qui en approcherait à quatre lieues. Maigre* ces faibles secours et des efforts si persévérants, l'expédition française était dans un état peu rassurant. Ses rangs s'éclaircissaient d'une manière effrayante par le bombardement et surtout par la fièvre jaune; les Anglais se flattaient qu'avec le temps ils contraindraient les Français de se rendre à discrétion. Victor Hugues, qui prévit ce résultat, conçut le dessein d'attaquer l'ennemi dans son camp de Berville. Secondé par le général Pélardy et par le capitaine de vaisseau Leysseigues, il cerna de tous cOtés les Anglais, et s'apprêtait à forcer le camp , lorsque , le 0 octobre , le général anglais Grahara adhéra à la sommation qui lui fut faite, de la part de Victor Hugues, de capituler dans les vingt-quatre heures. Des articles suffisamment favorables aux Anglais furent signés, mais ils n'offrirent de salut qu'aux vingt-deux chefs des émigrés français. Les huit cents autres royalistes furent abandonnés à la vengeance des républicains. L'inexorable commissaire de la convention Ut fusiller trois cents blancs et une centaine de gens de couleur libres, et condamna aux travaux publics une centaine d'esclaves. Dans son rapport à la convention, du 26 frimaire an 3, il porte à douze cents le nombre des émigrés qu'U lit prisonniers, et a huit cent soixante-cinq ceux qu'il fit fusiller, mais il se vantait; l'assertion plus véridique de témoins oculaires dignes de foi les réduit aux nombres que nous avons rapportés. L'exécution eut lieu avant le départ des Anglais; le général Graham voulut y assister, à côté de Victor Hugues, mais ce commissaire indigné lui dit dans le langage du temps : « Mon devoir « veut que je me trouve ici; mais loi, qui t'oblige « à venir repattre les yeux du sang français que « je suis obligé de répandre? * Quant aux Anglais du camp de Berville, ils furent renvoyés sur leur escadre au nombre de quatorze cents prisonniers sur parole, et laissèrent au pouvoir des Français trente-huit bouches à feu, deux mille fusils, une quantité considérable de munitions et de vivres, et les huit cents victimes qui ont fait comparer à la journée de Quibcron la capitulation de Bertille.

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connue aux Antilles sous le nom de capitulation du camp de Saint-Jean. Victor Hugues, sans perdre de temps, attaqua le fort de la Basse-Terre; et, après un siège long et meurtrier, força le général Prescott et les Anglais à l'évacuer (H décembre). Les Français, en possession de la Guadeloupe, enlevèrent ensuite aux Anglais Marie-Galante et la Désirade. Ainsi , une expédition de deux frégates et de onze cent cinquante hommes, manquant de tout, dont les cinq sixièmes périrent dans les combats ou par la (lèvre, avait, pendant six mois et vingt jours, lutté contre huit mille Anglais, bien approvisionnés, niattres de la mer et soutenus par des escadres formidables. Cependant la Guadeloupe était dans la plus extrême détresse ; les nègres, interprétant à leur guise le décret du 4 février 1794, qui les déclarait libres, se refusèrent au travail, élevèrent les prétentions les plus exagérées et se réunirent au quartier des Abîmes pour les faire valoir. Victor Hugues marcha contre eux, les défit, et par des exemples sévères les renferma pour toujours dans les bornes qu'il voulut bien leur assigner. Il les reconnut jwur Français, mais rien de plus. 11 Rubstitua à l'ancienne servitude une discipline militaire dunt la vigueur fut le correctif de la licence des lois révolutionnaires. Les blancs, les gens de couleur et les noirs furent indistinctement rangés sous la domination du dictateur, et les infractions furent punies sans différence de couleur et de condition. Tout tremblait sous la même loi ; la mise en surveillance de tous les parents d'émigrés, les commissions militaires, la guillotine qu'on traînait dans tous les quartiers, prévinrent ou punirent toute résistance à la tyrannie. Ce despo- • tisme n'était point fardé par les qualités séduisantes du maître : Victor Hugues affectait dans ses paroles et dans ses mœurs le cynisme le plus révoltant; et, dans sa lubricité féroce, trop souvent il envoya à l'échafaud ceux dont le seul crime était d'avoir épousé une belle femme. La Guadeloupe n'offrit plus l'aspect d'une colonie française ; elle devint une sorte de puissance isolée au milieu des mer9 , ne conservant le nom de français que pour le faire redouter. Toute distinction ayant été proscrite parmi les habitants, tous furent appelés à la défense de l'intégrité de son territoire. Une armée de dix mille soldats, exercés et aguerris, ôta aux Anglais jusqu'à l'idée d'une attaque. Les côtes furent hérissées de batteries bien armées et bien défendues, qui assurèrent le cabotage, en dépit des menaces de l'ennemi posté sur les rochers des Saintes. De nombreux corsaires bravant les quarante vaisseaux , frégates et corvettes britanniques, désolèrent le commerce anglais, enlevèrent ou pillèrent plus de cent cinquante bâtiments, jetèrent sur les habitations une grande quantité de tiègres pris à bord des bâtiments ennemis qui venaient d'en faire la traite sur les côtes d'Afrique . et conduisirent de vive force dans les ports de la colonie les navires des États-Unis

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d'Amérique qui refusaient d'y apporter leurs denrées. Les nègres qui u'étaient pas soldats ou marins furent contraints de cultiver les terres. Les revenus des biens séquestrés des habitants absents furent versés dans le trésor public. Les denrées coloniales prises aux Anglais ou confisquées furent expédiées à la métropole en grande quantité. La Guadeloupe, devenue à la fois militaire et agricole, se suffit à elle-même , et brava pendant toute la guerre les forces imposantes de la Grande-Bretagne. L'activité inquiète des têtes exaltées ayant besoin d'aliment, Victor Hugues la dirigea au dehors; on vit des hommes de toute couleur se précipiter à l'envi dans de frêles barques, et, renouvelant les exploits audacieux des flibustiers, aller, au nom de la république, française, braver les Anglais dans leurs propres colonies. Des intelligences furent pratiquées à Ste-Lucie, à la Grenade, à Sl-Vincent, colonies françaises qui étaient au pouvoir de l'ennemi, et des secours de toute espèce y furent envoyés pour fomenter et entretenir la guerre. L'audace de Victor Hugues, la force de son caractère et les formes acerbes qu'il employait dans tous ses rapports, avaient inspiré aux Anglais un tel effroi qu'ils frémissaient à son seul nom. Mais rien de sa part ne les avait glacés de terreur autant que l'arrêté qu'il avait publié (10 décembre 1794) pour faire exhumer et jeter à la voirie les restes du général Dundas, gouverneur de la Guadeloupe, enterré six mois auparavant dans le fort Saint-Charles. A la place de l'inscription tumulaire, il fit élever une pierre, portant d'un côté cet arrêté, et de l'autre la liste des griefs imputés à ce général qui avait fait peser une main de fer sur la colonie. Tout respectait la Guadeloupe au dehors; une obéissance passive conservait le calme au dedans; les magasins étaient remplis, l'artillerie dans un état formidable; mais ce gouvernement extraordinaire concentré dans une seule main, et ne reposant que sur la violence du commandement, devait crouler en perdant son appui. La nouvelle des succès de l'expédition avait répandu la joie dans la convention. Tous les actes de Victor Hugues avaient été confirmés par cette assemblée, qui s'empressa de faire partir (17 novembre 1794) une division chargée de transporter à la Guadeloupe des troupes, des armes, et deux nouveaux commissaires, Goyrand pour Sainte- Lucie, et Lebas (1) pour la Guadeloupe. Tandis que Goyrand, homme doux et modéré, reprenait Sainte-Lucie et y établissait une administration bienfaisante, Victor Hugues et Lebas exerçaient, de concert, à la Guadeloupe, un pouvoir qui ne connaissait d'autres limites que leur volonté. Le 2 juillet 1793, ils embarquèrent pour la France le général Pélardy, qui refusait de se plier à leurs caprices et dont l'influence les offusquait. Ils éloignèrent également tous ceux dont les services ou

(1) Il ne faut pas le confondre avec Lebas du Paa-de-CaJais \voy. Lcuab).

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les talents leur portaient ombrage. Les armements ne se ralentissaient pas dans la colonie, et les Anglais, malgré toutes leurs croisières, ne purent empêcher qu'on ne fit de nouvelles tentatives sur la Grenade, la Dominique et St-Vineent. Les Caraïbes s'unirent aux français; mais ils finirent par succomber. Victor Hugues et son collègue furent plus heureux dans leurs entreprises contre St-Eustache et St-Martin : ils réussirent à les enlever aux Anglais et les restituèrent à la Hollande, ne se réservant que la partie française de St-Martin. Cependant les Anglais préparèrent une expédition formidable , que les rapports du temps font monter à vingt mille hommes de troupes commandées par le général Abercrombie; mais son succès se borna à la reprise de Ste-Lucie, défendue par quinze cents Français. La résistance héroïque de cette poignée d'hommes et la fièvre jaune épuisèrent tellement l'armée anglaise, que son général n'osa pas courir les risques d'une tentative sur la Guadeloupe. Le directoire de la république française, par arrêté du 1S février 1790, confirma les commissaires Victor Hugues et Lcbas sous le titre iYagents du directoire, et déclara qu'ils jouiraient d'un pouvoir égal au sien, pendant dix-huit mois, à compter «lu jour de la réception de l'arrêté. Ces deux agents continuèrent à faire peser sur la colonie le régime révolutionnaire. Privés des secours qu'ils s'étaient flattés de recevoir de la métropole et que le directoire n'était pas en état de leur envoyer, ils se virent contraints de renoncer à leurs projets d'armement contre les tles ennemies et de se concentrer à la Guadeloupe (1790). Peu occupés désormais d'opérations militaires , ils se livrèrent à de vastes spéculations de commerce , et armèrent de nombreux corsaires dont ils étaient les principaux actionnaires, en sorte que le dommage qu'en éprouvait le commerce anglais profitait peu à la république. Un nouvel arrêté du directoire, du 19 mars 1798, prorogea encore pour dix-huit mois les fonctions dt s agents. Mais la santé altérée de Lebas, dont le caractère assez modéré tempérait la fougue de son collègue , l'ayant obligé de retourner en France au mois de mai suivant, Victor Hugues se vit encore une fois l'unique arbitre de la colonie. Il s'entoura de créatures dévouées à toutes ses volontés , institua une agence par laquelle il disposait à son gré des biens des émigrés, des diverses branches de l'administration, des finances , de l'armement des corsaires , enfin de tout le commerce, qu'il rendit entièrement exclusif. 11 rétablit les douanes, qui avaient été supprimées ; et , ne recevant pas de secours de la métropole, il se borna à continuer contre les Anglais la guerre de corsaires. La course se fit alors avec éclat et entretint dans le commerce une sorte de splendeur qui, bien que factice et temporaire, suppléait au déficit que l'absence des institutions coloniales avait causé dans les pro-i ductions du sol. Les neutre» furent peu ménagés

et dans les port* même de la colonie ils se virent exposés à des vexations qui ne tardèrent pas à amener la mésintelligence et la guerre avec les Etats-Unis d'Amérique. Cette circonstance et les nombreuses dénonciations que, depuis quatre ans, Victor Hugues avait provoquées contre lui déterminèrent le directoire à lui retirer ses pouvoirs pour les conférer au général Desfourneaux, envoyé à la tête d'une expédition, ayarit sous ses ordres le général Pélardy, qui depuis son exclusion de la colonie n'avait cessé de poursuivre Victor Hugues auprès de toutes les autorités. Ce dernier avait été prévenu de son remplacement par une lettre du ministre de la marine (14 juin 1798), qui lui enjoignait de quitter ses fonctions à l'arrivée du général Desfourncaux. Environné de nombreux affidés qui cherchaient par toutes sortes de bruits è jeter de la défaveur sur la personne et la mission du nouvel agent, il se crut assez fort pour éluder l'ordre de remettre son autorité; et lorsque le général Desfourneaux fut arrivé à la Guadeloupe (ââ novembre), Hugues imagina chaque jour des prétextes pour conserver le pouvoir. Mais il avait à lultcr contre l'influence du général Pélardy, qu'appuyait le-concours de l'autorité municipale. Les partisans de Hugues espérèrent triompher en formant un complot contre le général Desfourneaux ; mais celui-ci, prévenu à temps, le déjoua par l'embarquement subit de son antagoniste, qu'il renvoya en France. De retour à Paris, Hugues fut reçu avec faveur par le directoire : les torts qu'on pouvait lui reprocher étaient peu de chose au prix du service qu'il avait rendu à la patrie, en lui conservant une précieuse colonie. Lui-même, sur la fin de sa vie, loin de désavouer la conduite qu'il avait tenue envers tels ou tels habitants pendant les années de son commandement, disait que , si ce qu'il avait fait était à recommencer, il le referait. Provoqué à cette époque par le fils d'une de ses victimes (Gouraud, colon de la Guadeloupe), Victor Hugues fut atteint d'une balle qui lui cassa le bras et pénétra profondément sous l'aisselle. Aussitôt après son rétablissement, il fut nommé agent du directoire à Cayenne (1er septembre 1799). Confirmé dans cet emploi par le gouvernement consulaire, après la révolution du 18 brumaire, il resta jusqu'au 12 janvier 1809 dans cette colonie, qu'il rendit par capitulation aux Espagnols de l'Amérique du Sud réunis aux Portugais du Brésil. On l'accusa de n'avoir rien préparé pour résister à l'ennemi, et de s'être défendu avec peu d'énergie. H avait capitulé, disaiton, sans convoquer de conseil de guerre, et sans consulter les autorités civiles ; enfin il avait sacrifié la colonie au désir de conserver ses richesses. Traduit en 1809 devant le conseil de guerre de la première division militaire séant à Paris, il fut acquitté à l'unanimité; et ce jugement, dont le commissaire impérial avait appelé, fut confirmé par le cooseil de révision. Victor Hugues était en France pendant les événements de 1814 et de

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1815 : certains services qu'il rendit aux armées alliées, d'accord avec Talleyrand , et une mission que lui confia Fouché, lui concilièrent la bienveillance du gouvernement de Louis XVIII. En 1817 il obtint le titre de commissaire du roi pour se rendre à Cayenne. Il eut d'abord quelque peine à faire lever le séquestre que les Portugais avaient mis sur son .habitation , et vécut comme simple planteur dans la colonie qu'il avait administrée pendant dix ans couine gouverneur. Frappé de cécité en 1822, il revint en France, et mourut en novembre 1826 sur une propriété qu'il possédait dans le département de la Gironde. D—r — r.

HUGUES DE BEBSIL, BEKSYou BERZE. Voyet Berze.

BIGLES DE FLAVIGNY, savant bénédictin qui comptait des empereurs parmi ses aïeux, naquit en 1065, et se consacra à Dieu, vers 1077, dans le monastère de St-Vannes de Verdun, d'où les persécutions de l'évêque Thierri, partisan de l'antipape Guibert, l'obligèrent d'aller chercher une retraite à St-Bénigne de Dijon. Il fut nommé abbé de Flavigny, en Bourgogne, en 1007. Forcé d'en sortir au bout de trois ans par les tracasseries de l'évéqued'Autun, il revint à St-Bénigne. L'ambition le fit entrer dans le parti du schisme contre lequel il avait, auparavant, composé un traité, qui est perdu; et il supplanta, en 1111, le vénérable Laurent, que son attachement au pape légitime fit exclure de l'abbaye de St-Vannes. Hugues parait n'avoir guère vécu que jusqu'en 1115. Il est auteur d'une Chronique, dont la première partie, peu importante par elle-même, fourmille de fautes. Mais la seconde , qui comprend l'histoire du il* siècle, est très-importante, principalement pour les deux Beigiques, par les actes de plusieurs conciles qu'on ne trouve pas ailleurs, par une quantité de pièces originales, par un grand nombre de traits concernant les gens de lettres et 1rs personnages illustres de son temps : on y trouve, à la vérité, de trop longs détails, peu d'ordre, des dates embrouillées, quelques anachronismes, trop de partialité, et des défauts d'exactitude sur les faits. Le P. Labbe a publié la chronique de Hugues, dans sa Btbtiotheca manuscriptorum noca. T — 0.

HUGUES DE FLEUKÏ, appelé aussi de Sa Mnne , du nom d'un village appartenant à son père, embrassa la vie monastique à St-Benolt-sur- Loire, autrement Fleury, d'où lui en est resté le surnom sous lequel il est le plus connu. Il s'y rendit célèbre par son savoir, sur la fin du 1 !• siècle et au commencement du 12e. Rien ne lai fit plus d'honneur que son excellent petit Traité de la puissance royale et de la dignité sacerdotale, divisé en deux livres, et entrepris pour apaiser les disputes élevées de son temps à ce sujet ; ouvrage précieux par la solidité et l'exactitude des principes, par la gloire qu'a eue l'auteur de s'élever au-dessus des préjugés du siècle où il vivait, et par la sagesse avec laquelle il pose les justes bornes de l'autorité des deux puissances, en développant

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leurs droits respectifs et leurs prérogatives. On le trouve dans le im tome des Mélanges de Baluze. Il est fâcheux que Lorry n'ait pas eu le temps de publier l'édition qu il en avait préparée avec des notes. Le second ouvrage de Hugues est une Chronique distribuée en six livres, qui s'étend depuis Abraham jusqu'à Charles le Chauve. L'auteur avait lu les anciens historiens, et même des mémoire» qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous ; et il en a su faire un bon usage. C'est une espèce d'histoire universelle , dont le principal but est de montrer la conduite de Dieu à l'égard des hommes dans les différents âges du monde. Les mystères de la religion y sont exposés avec exactitude, les hérésies réfutées avec précision, et la géographie moins défigurée que dans les autres auteurs du même siècle. L'ouvrage est d'ailleurs utile pour les bas siècles de l'Eglise et de l'Empire : il parut, en 1 658, à Munster, par les soins de Bernard Boffendorf, in-4°, avec une savante Préf.ice. et des notes intéressantes. Cette édition , la seule que nous ayons, est fort rare. L'auteur avait écrit les actions des rois de France, depuis Louis le Débonnaire jusqu'à Louis le Gros : mais il ne nous reste de cet ouvrage précieux que Yftpitre dédicatoire à l'impératrice Mathilde, insérée au premier tome AesAnecdota de dom Martène. Plusieurs morceaux publiés sous son nom dans les différentes collections des historiens de France paraissent être des fragments de cette histoire. On a encore de lui, dans les Bollandistrs, une Vie^de St-Sacerdos, évéque de Limoges. Le style de cet auteur est clair, précis, et plus pur que celui de la plupart des ouvrages composés à la même époque. II mourut vers 1120. T — d.

HUGUES DE FOSSE, ainsi appelé du lieu de sa naissance, surnommé aussi Hugues de Cambrai, et par quelques-uns Hugues Farsit(i), premier abbé de Prémontré (2), était issu de parents nobles, qu'il perdit en bas âge. Il fut élevé dans le monastère de Fosse , près de Namur ; il était chapelain de Burchard, évéque de Cambrai. Lorsque St-Norbert, dans le cours de ses missions, vint prêcher à Valenciennes, Burchard était dans cette ville; Norbert, qui l'avait connu à la cour de l'empereur Henri V, crut lui devoir une visite, et fut introduit par Hugues auprès du prélat. Celui-ci eut peine à reconnaître, sous l'habit d'un pauvre missionnaire, nu-pieds et le visage exténué, son ancien ami, le parent et le favori de l'empereur, qu'il avait vu autrefois dans l'équipage le plus brillant. Hugues

1 1 1 Aucun ancien monument de l'ordre no donne à Huçues de Fosse le surnom de Fa fit. Abélard, dans un sermon surSt-Jean, en parlant de St-Norbert et du compagnon de son apostolat, use à l'égard de celui-ci de cette dénomination : fiforàtrlum et coapotloium tjmt Famtum. Le pere Papebrock {AnaUeta Norbrrltna, p. 861 ( soupçonne que c'est un sobriquet injurieux, conviliuM pntiuM quant n/ymen, ce qui n'étonnerait pas de la part d' Abélard, irrité de ce que St-Norbert et Hugues avaient contribué a sa condamnation dans le concile de Boissons. Cependant on trouve au 12» siècle plusieurs écrivains esUmables qui ont porté le nom de Farstt.

(2) Si-Norbert, fondateur de l'ordre de Prémontré, qu'il gouverna^ pendant huit ans, ne prit jamais le titre d'abbé, qu'il

nur.

en fut encore plus frappé ; et admirant ce merveilleux effet de la grâce, il demanda au saint et obtint de lui la permission de le suivre, et de s'associer à ses travaux apostoliques. Norbert ayant fonde' son ordre en 1220, Hugues fut un des premiers qui en embrassèrent l'institut; et il remplaça le saint fondateur, lorsque celui-ci eut e'té appelé en 1228 à l'archevêché de Magdebourg. On aura peine à croire l'étonnant accroissement que l'ordre prit sous son gouvernement. Il eut, avant de mourir, la consolation de voir plus de cent abbés à son chapitre général. Assistant en 1145 à une assemblée tenue à Chartres pour la croisade de Louis VII, il refusa l'évéché de cette ville. 11 mourut l'an 1161, et non 116i, comme le dit le F. Lepaige, et fut inhumé dans l'église de Prémontre. Il avait gouverné son ordre, selon les uns pendant trentecinq ans, mais plus probablement seulement pendant trente-quatre. Sa sainte vie lui fit décerner le litre «le bienheureux. Dans un chapitre tenu en 1600 sous l'abbé général le Scellier, un arrêta qu'il serait procédé à son exhumation pour le faire canoniser; mais ce projet fut différé, et il n'eut point son exécution. On attribue à Hugues de Fosse les ouvrages suivants : lu La Vie de St-Xorbert, que Surius et les bollandistcs ont insérée dans leur recueil ; 2° Le Lier» des miracles de Notre-Dame de Soissons (1). 3» Les Premières constitutions de l ordre de Prémontré, ap/troueées par Innocent 11 , Célestin II et Eugène III; \° le Livre des Cérémonies de l'ordre, appelé ordinaire, dont l'usage s'était conservé avec quelques changements ; 5° un traité De Dei gratta coutervanda , et d'autres ouvrages moins importants. L— y.

HUGUES DE MONTIEK - EN - DEIl , peintre et sculpteur du 10° siècle, naquit vraisemblablement dans les environs de Brienne, de l'an 060 à l'an 070. Placé dès l'enfance dans l'abbaye des bénédicUns de Montier-en-Der, il y reçut l'instruction générale qu'on donnait alors dans les couvents , mais il y apprit spécialement les principes, ou, si l'on veut, les procédés de la peinture et de la sculpture. S'étant échappé de son monastère, il mena, dit-on, une vie peu régulière, et, trouvant assez d'emploi pour vivre de son art, il vint à Châlons-sur-Marne, où sa réputation d'habile peintre l'avait précédé (camper ta ejus scientia) , et fut chargé par Giboin, évéque de cette ville, de renouveler les peintures de la cathédrale, effacées par l'effet du temps [ad renocanda opéra sua ecclesice.auce erani obnubilata multorum lemporum vetustate (2). Pour déterminer Hugues à entreprendre ce travail, Giboin le laissa jouir de sa liberté. Ce prélat, ayant ensuite été invité, en l'an 1U00, à

0) On . «et poi»t d'imtd »ur le véritable auteur de cet ouvrage. Buttant Morert, e'eat Hu9o Pardlue, abbe de Tordre de St-Benolt , ver. iTM. II »•„, pu), de l'autorité de Higebert cl de Henri de Gand. D'autre* veulent que ce «oit Hugue» ferait, abbé de Si-Jean en Vallée. Du m Rivet en fait auteur un chanoine régulier de St-Jcan dea Vigne*.

(2i De <ite*r«i« eoeibue Dervtntxt ccruoo. , apud Dachcry et Mabill., Act, SS. crd. S, Semeâ,, t. 3, p. 86*.

nua

consacrer l'église de Montier-en-Der, dont l'abbé Bérenger venait de terminer la construction, emmena Hugues avec lui; et celui-ci consentit à être réintégré dans le couvent. H reçut alors de son abbé l'ordre de sculpter un crucifix. Le Christ, dit l'historien, ne voulut point être représenté par des mains si profanes : Hugues fut frappé d'une maladie grave, et, tandis qu'elle le retenait au lit, un autre moine sculpta la sainte image. Ce que nous voyons de remarquable dans ce récit , c'est que l'usage de couvrir de peintures les murs intérieurs des églises se conservait encore en France à la lin du 10* siècle. On en trouve en effet un grand nombre d'exemples, et à celte époque, et dans les deux siècles suivants. Le mot opéra, employé ici pour indiquer les peintures, contribue, par une signification si détournée, à prouver combien cet usage était général. H fallait que l'on fut bien habitué à voir les murs des temples revêtus d'images, pour que les mots opéra ecclesim pussent signifier les peintures de l'église. Le mot obnubilata doit nous faire présumer que les peintures exécutées plus anciennement dans l'église de Chàlons n'étaient point des encaustiques, mais des fresques, genre de peinture très-sujet à changer de ton. Hugues était ainsi au nombre des peintres français qui, vers l'an 1000, cultivaient l'art de la fresque dans les monastères. E — c D— d.

HUGUES DE KOMANS, célèbre légat des papes en France, dans le 11» siècle, naquit à ltomans, d'une des meilleures familles du Dauphiné; il était neveu de Hugues 1er, duc de Bourgogne. Il fut élevé en 1073 sur le siège de Die, n'étant encore que simple clerc. Grégoire VH l'ordonna , le sacra, et le chargea l'année suivante de la légation de France. Hugues devint dès lors l'arbitre de toutes les affaires ecclésiastiques du royaume. Il fut fait archevêque de Lyon en 1082, et tint un grand nombre de conciles, dont le plus fameux est celui d'Autun, en 1099, où il prononça la première excommunication contre le roi Philippe, dans l'affaire du divorce de ce prince, et renouvela celle qui avait été lancée si souvent contre l'empereur Henri IV et l'antipape Guibert. Son zele fut quelquefois dans le cas d'être arrêté par Grégoire VII, qui savait d'ailleurs rendre justice à son mérite ; car il le désigna pour son successeur avant de mourir. Hugues, piqué de voir qu'on lui avait préféré Victor III, forma un parti pour s'opposer a l'intronisation de ce dernier ; mais il ne recueillit de ses intrigues qu'une sentence d'excommunication, dont il ne fut relevé que par Urbain 11. C'est par ses conseils que Robert, abbé de Molesme, se retira dans la solitude de Ctteaux ; et le cardinal Hugues protégea de tout son crédit et de toute son autorité le nouvel ordre qui prit alors naissance dans ce lieu célèbre. La mort le surprit à Suze en 1186, comme il se rendait au concile de Guastalla. C'était un prélat vertueux et plein de zèle, un homme d'esprit, savant, courageux, qui jouissait de l'estime de tout ce qu'il y avait alors

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de plus illustre dans l'Église. Il nous reste de lui un grand nombre de tel 1res, dispersées en différents recueils, toutes précieuses par les lumières qu'elles répandent sur l'état de l'Église de France pendant

ce siècle. T d.

HL'GUES DE SAINT-CIIER. ainsi appelé du lieu de sa naissance près de Vienne en Dauphiné, est le premier dominicain qui ait été honoré de la pourpre. Les souverains pontifes lui confièrent diverses légations dans lesquelles il montra l»eaucoup de sagesse, de modération et de talents pour les affaires. Il mourut à Orviette en 1263. Ses ouvrages font honneur à son savoir : on y remarque des postilUs ou notes sur l'Ecriture, Venise et Baie, 1487, 6 Toi. in-fol.; Lyon, 1669, 8lom. in-fol.; des sermons; un Spéculum EccUsia; Lyon, 1334, 1569, in-16. Le chapitre général des dominicains ayant chargé, en 1236, les religieux du couvent de St-Jacques à Paris, d'un travail considérable sur la Bible, Hugues fut mis à la tête de l'entreprise, qui produisit le Correctorium Bibliontm, que l'on conservait dans cette maison, écrit sur de beaux parchemins en lettres à demi gothiques, 4 vol. in-fol. Il n'y manque que le Psautier. C'est un ouvrage unique dans son espèce, depuis ceux d'Origène et de St-Jérôme, et qui annonce une grande connaissance de la langue hébraïque pour le temps auquel il a été composé. Le père Fabricy en a donné une bonne notice dans le second volume des Titres primitifs de la révélation. Mais le travail le plus important du cardinal Hugues est une Concordance latine de la Bible, la première en ce genre, et qui servit beaucoup, dans Je siècle suivant, au rabbin Isaac Nathan, pour ses Concordances hébraïques. C'est à cette occasion que l'Écriture sainte fut divisée par chapitres, comme nous le voyons aujourd'hui. Les Concordances, compilées dans la maison des bénédictins de St- Jacques, ne contenaient d'abord que les mots variables de la Bible, et sous chacun de ces mots l'indication du livre et de l'endroit du chapitre distingué par les lettres A. B. C. 0. Dans le 13e siècle, on y joignit les sentences ou les parties de phrases où se trouvait le même root. Dans le 13e siècle, on ajouta les mots invariables; et enfin on y substitua les chiffres aux lettres. C'est surtout depuis la vulgate de Sixte-Quint et sa division en versets, attribuée mal a propos à Robert Estiennc par quelques écrivains (voy. Estienne) , que François Lucas de Bruges a fait de nouvelles Concor. dances, souvent réimprimées, et les seules dont on se serve actuellement. Hugues de Saint-Cher, dont les œuvres ont été publiées à Lyon en 1643, 8 vol. h>fol., contribua beaucoup à l'institution de la fête solennelle du St-Sacrement, et à son établissement en Allemagne, où , en qualité de légal, il ordonna qu'elle serait célébrée tous les ans le jeudi après l'octave de la Pentecôte. Son mandement est du 29 décembre 1232. (Voy." Hist. ecet. de

Fleury, t. 18, p. 49.) T — D»

HUGUES DE SAINT-VICTOR , né de

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oauvres, dans le territoire d'Ypres, fut éleré chez les chanoines réguliers d'Hamersleben, en Saxe, et se consacra au même genre de Tic, en 1118, dans l'abbaye naissante de St-Victor de Paris. Dégagé de toute ambition , il renonça aux places de son ordre, et se contenta de remplir une chaire de théologie, qu'il occupa depuis 1133 jusqu'à la fin de sa vie. 11 mourut le 3 février 1140, consumé par le travail et par les austérités de la Tie régulière. Ennemi des contestations par caractère, et de toute nouTeauté par esprit de religion, il ne prit aucune part aux disputes tbéologiques de son temps, se fit estimer de tous les partis; et on ne le vit jamais figurer, comme les autres savants du même siècle, dans les affaires de l'Eglise et de l'Etat. La dernière édition de ses œuvres a été publiée à Rouen, 1648, 3 vol. in-fol., par les chanoines réguliers de St-Victor : mais outre les défauts de celles de 1617 à Mayence et Cologne.dont le principal consiste dans la confusion, pèle et mêle, de ses ouvrages vrais ou supposés, elle est encore plus négligée pour la partie typographique. Celles des productions de cet auteur qui méritent le plus d'être connues sont : 1° Des Commentaires sur l'Écriture sainte , par lesquels on conjecture qu'il savait un peu d'hébreu ; il y insiste sur la nécessité de faire précéder le sens allégorique par la connaissance du sens littéral, règle très-sage à laquelle il ne s'est pas toujours astreint lui-même; 2° une Somme des sentences , le premier cours complet de théologie en ce genre. Il est divisé en sejit traités: on voit, par le dernier, que l'auteur croyait que la Ste-Vicrge ne s'était point vouée à la continence avant son mariage. 3° Traité des Sacrements, inséré parmi les Scriptor. de divinis Ojfficiis, Cologne, 1368, et dans la Biblioth. des Pères, Paris, 1624. C'est le plus considérable de ses ouvrages. Hugues soutient, dans celui du mariage, que ce contrat n'est pas indissoluble de sa nature, et que la société des conjoints infidèles peut être rompue par la conversion d'une des parties : il est le premier théologien, parmi les latins, qui ait avancé ce paradoxe. 4° Une Explication du Décalogue en quatre chapitres, dont le dernier, intitulé de la substance de l'amour, a mérité d'être attribué à St- Augustin ; 5° une bonne Explication de la règle de Si- Augustin : elle a été traduite par M. de la Grange, chau. rég. de S. Victor, 1691 , in-12 ; 6° un excellent livre De l'institution des novices, où il s'attache à communiquer aux autres les sentiments nobles et les manières polies qu'il avait lui-même puisés dans une heureuse éducation ; 1° un traité De lande caritatis. écrit d'un style vif, coulant et plein d'onction ; 8° De sapientia Christi et de sa~ pientia Chruto, dans lequel il veut proUTer que l'âme de Jésus-Christ avait un i- science égaie à celle de sa divinité, question vivement agitée alors. On a cru remarquer dans cet opuscule les germes du système de Malebranche sur la nature et sur l'origine des idée*. 9° Traité de la manière d'étudier, bon à consulter tout au plus pour connaître l'état

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des lettres et la méthode de renseignement au 12* siècle. Do m Martènc a fait imprimer au cinquième tome de ses Anecdota un opuscule de cet auteur, De modo dicendi et mediiandi, plein de sens, et qui ne se troure pas dans la collection générale de ses œuvres. Plusieurs de ses traités ont été imprimés séparément en divers temps. Les bibliothèques de France en renfermaient un grand nombre qui n'ont jamais vu le jour; et l'on conservait dans la bibliothèque de Lichtlield, en Angleterre, une Chronique manuscrite qui lui est attribuée, et qui se termine à l'an 1128. On remarque chei cet auteur des connaissances très-variées, beaucoup de subtilité, un jugement solide, une grande facilité. Il s'attache à la tradition, et donne peu d'importance aux questions frivoles de l'école : mais ces qualités sont déparées par trop de répétitions, par des discussions hors d'oeuvre, par des omissions essentielles, qui font que la plupart de ses ouvrages sont moins des traités complets que des mémoires. Sa diction est simple, claire, mais sèche et chargée des idiotismes du temps. Ch. G. Dcrling a publié une dissertation De Uugone a Si- Victore, Helmstadt, 1743, in-4°. T — D.

HUGUES DES PAYENS, de la maison des i omtes de Champagne, s'unit en 1118 avec Geoffroi de St-Oldemar, et sept autres gentilshommes, tous Français, pour former une petite société destinée a escorter les pèlerins qui faisaient le voyage de Jérusalem, et les mettre à l'abri des périb auxquels Us étaient exposés. Ce n'était d'abord qu'unesimple association , dont les membres se lièrent ensuite par les vœux de chasteté, d'obéissance et de pauvreté, avec l'engagement de garder les chemins contre les voleurs, pour la sûreté des pèlerins. St- Dernard leur donna une règle, l'habit blanc, la croix rouge : l'ordre, ainsi constitué, fut approuvé, en 1128, au concile de Troyes. On leur donna le nom de Templier» ou chevaliers du temple, parce que le roi Baudouin leur avait assigné un logement dans son palais proche le temple. Les princes, les seigneurs, tout ce que la chrétienté avait de plus illustre voulut combattre sous les enseignes du nouvel institut : bientôt les richesses de ces chevaliers égalèrent la fortune des souverains; elles corrompirent leurs mœurs, et devinrent les funestes causes de leur malheur et de leur perte (eoy. Molav). Hugues mourut en 1136, universellement regretté. T— -a.

HUGUET (AnTOwa), conventionnel régicide, né à Hoissac en 1767, dans une condition fort obscure, fil néanmoins quelques études, entra dans la carrière ecclésiastique et devint cure* d'an petit village de l'Auvergne. Ayant montré dès le commencement de la révolution beaucoup de hardiesse dans ses opinion», il fut nommé éveque constitutionnel de la Creuse en 1791 par l'assemblée électorale de ce département, et bientôt après député à l'assemblée législative , où il ne se fit remarquer que par quelques dénonciations brusques et sans suite contre les ministres de Louis XVI.

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