‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 25 sur 106 · HL'L · texte numérisé non relu

HL'L

Louis XVIII. Il était chevalier de St-Louis et grand officier de la Le'gion d'honneur. Z.

HUI -TU KM (Charles-Joseph-Emmanuel van) , bibliomane , naquit à Gand le 17 avril 1764. Son père descendait d'une famille patricienne, dont l'Espinoy fait mention et qui avait été' anoblie par Philippe II en 1569. Le 16 décembre 1832 il fut frappé d'un coup d'apoplexie foudroyante. Quoiqu'il se soit effacé le plus qu'il lui a été possible en qualité d'homme public, il a fait cependant preuve du caractère le plus honorable chaque fois que la nécessité l'a en quelque sorte traîné sur la scène politique. Lors de la révolution de Belgique en 1789 , on le nomma à l'unanimité membre du conseil de la ville de Gand, désigné sous le nom de la Collace ; et , s'il marcha dans le sens de l'insurrection, ce fut en homme éclairé et cherohant toujours à être utile à sa patrie. La tranquillité ayant été rétablie, il fut chargé par la Collace de conférer avec le comte de Mercy et de stipuler les intérêts de la ville de Gand. Le mémoire qu'il rédigea à cet effet fut imprimé. Député de l'Escaut au conseil des cinq cents en 1797, il préférait aux débats parlementaires les • ventes des bibliothèques , la fréquentation des professeurs, l'entretien des artistes et des gens de lettres. Cependant il fit des actes de courage en plaidant la cause des émigrés , et en repoussant la triple taxe ordonnée contre les nobles dans l'emprunt de cent millions. Membre du tribunal en 1803, il entretint principalement ses collègues d'objets relatifs à ses goûts, sans négliger le commerce et l'industrie , et rendit, à cet égard, de grands services à la Belgique. Présenté au sénat conservateur par son département et par le premier consul , il fut rayé de la liste pour avoir déclaré avec une probité qui fit lever les épaules aux hommes fort» qu'il s'en fallait de deux ou trois mois qu'il eût l'âge requis. Sa réputation, van Ilulthem ne la devait guère qu'a son amour pour les livres. Il n'avait encore que neuf ans lorsqu'il acheta son premier volume, c'était la Vie des jésuites avec de belles images. Insensiblement sa collection réunit tout ce qu'on pouvait posséder de plus curieux en imprimés, manuscrits et estampes, principalement sur l'histoire et la littérature belges. La plupart des raretés cachées jusqu'alors dans les monastères, celles qu'avaient recueillies l'évêque de Nélis, Major, Servais, Ermens, van der Block , Nuewens , etc. , étaient passées entre ses mains. Ses amis se souviendront toujours que , lorsqu'on venait à parler devant lui d'un manuscrit précieux, d'un livre introuvable, d'une édition douteuse, il laissait dire quelque temps, donnait à son sourire une expression malicieuse et toute particulière, puis, d'un air de satisfaction intérieure et avec cet accent gantois qu'il serait impossible d'imiter, U terminait par ces deux mots : Je l'ai. Ce bibliomane ne possédait pourtant pas de bibliothèque proprement dite ; car , avant que

HtIL

M. Voisin en rédigeât le catalogue en six volumes in-octavo, ses livres n'étaient point classés; ils restaient déposés dans des caisses ou en piles dans les appartements de deux maisons , l'une à Bruxelles, l'autre à Gand. Cependant il savait par cœur toutes les richesses dont il était propriétaire, et que Camus admirait déjà en 1805. Souvent on le surprenait lavant des feuillets jaunis, ou collant sur un volume, élégamment restauré, l'une de ses jolies vignettes symboliques, ou enfin contemplant avec une enfantine volupté quelque beau torse de femme en gravure. C'était la tout son commerce avec l'autre sexe. Pudique et simple comme le Simson de Walter Scott, facile à vivre quoique entier dans ses idées, il n'opposait aux duretés du commandeur de Nieuport, son collègue à l'Académie, qu'un silence complètement passif. En renonçant à ses fonctions de secrétaire de cette compagnie , il avait bien moins cédé à ces petites persécutions qu'à son penchant pour l'indépendance. C'était par le même motif qu'il avait refusé d'être sénateur sous l'empire et qu'il avait depuis renoncé à la charge de greffier des états généraux. D'ailleurs, tout instruit qu'il était, l'idée d'être oblige d'écrire s'offrait a lui sous les couleurs les plus fâcheuses; il avait toujours des raisons toutes prêtes pour se dispenser de prendre la plume, et son antipathie sur ce point était si forte, qu'il lui arriva souvent , aux étals généraux , de lire le compte rendu imprimé dans les journaux, au lieu du procès-verbal qu'il avait dû rédiger. De là vient que van Ilulthem n'a pas publié d'écrit de longue haleine. M. Voisin, dans la notice qu'il lui a consacrée, a donné la liste de trente et une brochures, la plupart très-peu étendues. On y dislingue : 1° Discourt prononcé dans une réunion d'artistes belges , le 8 septembre 1806, Paris, Didot, in-8° de 29 pages ; 2° autre Discours prononcé le 8 octobre 1807, ibid., 46 pages; 3° Discours sur l'état ancien et moderne de l'agriculture et de la botanique dans les Pays-Bas, prononcé le 2 juin 1817. Gand, 70 pages. Ce curieux précis, où M. Bory de Saint-Vincent a puisé en partie fin* troduction des Annales des sciences physiques,commencées à Bruxelles en 1819, a été réimprimé en 1857. Les véritables preuves de van ilulthem comme savant sont dans les notes dont il enrichissait ses livres et qui attestent, la plupart, une grande lecture. On a eu l'heureuse idée d'en insérer plusieurs dans son catalogue. Beaucoup de faits , de singula ités , de circonstances minutieuses, voila ce qui formait le fond de son savoir. Quant aux vues philosophiques, il n'en avait cure, de sorte que, pour parler le langage à la mode, son esprit manquait de puissance synthétique. Van Hulthem prit part à plusieurs discussions littéraires ; telles que celles qui sont relatives à l'jjuteur de l'Imitation de Jésus Chrùt et à l'invention de l'imprimerie. On lui pardonnait difficilement, en Hollande, de

uni

combattre les prétentions d'Harlem. Il aimait aussi les arts, quoiqu'il les comprit peu , et Gand lui est redevable de ses salons de peinture , et même de son jardin botanique et de ses expositions de fleurs. Vers la fin de sa vie il s'e'tait réduit , pour satisfaire sa passion favorite , et quoiqu'il eût une fortune assez considérable , à une sorte de misère opulente. Sa maison , sa table étaient négligées ; mais ses livres se multipliaient. L'or, le tabis et le maroquin n'y étaient pas épargnés. Le gouvernement belge en a fait l'acquisition. R — r— c.

HL'MANN Jean-Georges \ né le 0 août 1780, à Strasbourg, était l'un des principaux négociants de cette ville lorsqu'il fut, en 1820, appelé par ses concitoyens à la chambre des députés, où il alla siéger sur les bancs de l'opposition. Dans la session de 1822, il prit la parole contre le projet de loi ayant pour but la répression des délits de presse , et se prononça contre le monopole des tabacs. Réélu aux élections suivantes (février 1824), il se sépara un instant de l'opposition pour défendre le principe du remboursement de la dette publique par l'État, à propos de l'institution du 3 pour 100 par M. de Villèle. Dès ce moment, ses études se portèrent plus spécialement sur les questions financières, et il prit plusieurs fois la parole dans les sessions de 1825 et de 1,820. Il vota entre autres contre le projet d'indemnité en faveur des émigrés et contre le projet de loi relatif à la police de la presse. Il ne 'fut pas réélu en 1827, mais en 1828 il fut nommé par le collège de Villefranche (Aveyron), en remplacement de M. Dubruel. En 1829, la commission générale du budget le chargea de rédiger le rapport sur le projet de loi fixant les dépenses de l'année 1830, cl il défendit ce projet avec habileté et talent. Il combattit le ministère de M. de Polignac, vota l'adresse des deux cent vingt et un, et après la révolution di juillet, il fut un des membres de la commission chargée de reviser la charte de 181 4, sur la proposition de M. Rérard. Dès ce moment, llumann se montra un des défenseurs dévoués du gouvernement nouveau. Il continua à se distinguer dans les débals où il s'était fait une spécialité, et le 11 octobre 1832 il fut investi du ministère des finances, qu'il conserva jusqu'au 11 janvier 18.10. Nommé pair de France par ordonnance du 3 octobre 1837, il prit part aux travaux de la chambre pendant les sessions de 1838 et 1831). Il fut rappelé au ministère des finances au mois d'octobre 1840, et mourut investi de ces fonctions le 25 avril 18*2. Pendant son administration, llumann se montra partisan des économies, défenseur de l'ordre dans les finances, et ne cessa de s'occuper de maintenir l'équilibre entre les recettes et les dépenses du budget. C'est sous son ministère que furent établis les paquebots transatlantiques de la Méditerranée. Du reste, bon comptable, homme de régularité et d'exactitude , Humann était plutôt un bon administrateur qu'un ministre de premier ordre. Il

III M 1 ii>

n'en rendit pas moins à son pays, dans ce poste, des services réels, quoique modestes. Toutefois, il était peut-être un peu fiscal , et c'est à lui qu'est dù ce mot qu'on a souvent répété depuis: « Il faut faire rendre à l'impôt tout ce qu'il peut « rendre. » E. D — s.

Hl'MRERT II, sire de Reaujeu, était fils de Guichard et de Lucienne de Rochefort ; il prit possession de la baronnie de Reaujolais du vivant de son père, qui s'était retiré dans l'abbaye de Cluny quelques années avant sa mort, arrivée en 1137. Il se conduisit d'abord avec une extrême licence, et se laissa enlever l'héritage paternel. Guichard vint â son secours, quitta le froc pour reprendre l'habit de chevalier, et après avoir reconquis, les armes à la main, les domaines de son fils, rentra I dans son couvent. Touché de repentir , Ilumbert j se convertit (1), partit pour la terre sainte et enj tra dans l'ordre des templiers. Sa femme, Alix de Savoie, sans le consentement de laquelle il avait pris cette détermination, obtint du pape j Eugène III, par le crédit de Pierre le Vénérable et d'Héraclius de Montboissier , archevêque de Lyon , la cassation de ses vœux ; mais on lui imposa la condition de faire une fondation pieuse. En conséquence, il fonda, le 17 octobre 11 89, une église à Relleville, et la fit, quelque temps après, ériger en abbaye. Toutefois, il ne persista pas dans sa conversion ; il entreprit des guerres injustes. S'étant lié avec Drogon , archevêque de Lyon, et Girard, comte de Mâcon, il attaqua Renaud III, seigneur de Rangé, de Dresse et d'une partie de la Dombes, désola ses terres, et fit prisonnier sou fils, Ulric de Rangé. Hors d'état de résister à ce triumvirat, Renaud implora, mais en vain , le secours du roi ; il fallut que, pour la rançon de son fils, il cédât à Ilumbert les châteaux de Toissey et «le Lent avec tout ce qu'il possédait dans la Dombes. Durant ces démêlés, le comte Guy de Forez s'était fait donner par Louis le Jeune l'investiture de l'abbaye de Savigny, dont le patronage avait toujours appartenu aux sires de Reaujeu. En 1103, Ilumbert se rendit à Montbrison auprès du roi , qui revenait triomphant de son expédition contre le vicomte de Polignac; ses remontrances furent accueillies, et l'investiture lui fut rendue. Sur la fin de ses jours Ilumbert, à l'imitation de son père, voulut achever sa carrière dans l'abbaye de Cluny, où il mourut l'an 1174. Il eut de son mariage avec Alix de Savoie plusieurs enfants; l'aîné, Ilumbert III, lui succéda, fut le fondateur de Villefranche en Reaujolais, et mourut vers l'an 1202, laissant pour héritier de sa baronnie Guichard IV, né de son mariage avec Agnès de Thiern. Voyez la notice de 4L Victor Leclerc sur Ilumbert 11, dans le tome 23 de YHist. iiit. de la Fr., p. 230 ; l'Ai* du

1 1) La conversion d'Humbert est le sujet d'un drame aUn d* bebwtien Oiidy \voy. ce noml, nmine de Cluny, im^rimi* en 1632 a Paris, où elle fut reprwe-.iée «n cofitew ClumaeeiuMi»» benêdiaxno [0*1*1. de M. do Soleirme |

fie uni

Beaujolais, par M. de la Carclle, t. \ , p. 61 ; et le Cartuloire de Sacigny . publié par M. Auguste Bernard, p. 92. A. P.

HL'MRKRT p\ dauphin du Viennois, né vers 1240, était le cadet des enfants mâles d' Albert III, de l'illustre maison de la Tour. Il fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique, et l'on conserve des actes dans lesquels il est qualifié chanoine de Paris et chantre de Lyon. Albert IV, son frère aîné, étant mort en 12(>9 sans postérité, llumbcrl obtint de ses deux autres frères, engagés dans les ordres, la cession de leurs droits, et fut reconnu chef de sa maison. Il épousa, en 1273, Anne, fille du dauphin Guignes VII, qui la déclara son héritière dans le cas où Jean, son fils unique, mourrait sans enfants. Cette condition rendit lluml>ert maître du Viennois en 12S1. Le nouveau dauphin rechercha aussitôt l'alliance des prinees voisins , et entre autres d'Othon, comte (h- bourgogne, et fit avec les eomtes de Valenlinois et Us archevêques de Vienne des traites par lesquels ils s'obligeaient à se secourir mutuellement en cas de guerre. Hobert , duc de Bourgogne , ne tarda pas à réclamer le Viennois en qualité de parent le plus proche du dauphin Jean, dans la ligue masculine, et se disposant à appuyer ses prétentions par les armes ; mais , après quelques hostilités , le roi Philippe le Bel fut choisi pour médiateur, et la paix fut conclue entre les deux princes, en 1283, moyennant quelques sacrifices, auxquels Humbert se soumit. Il eut , dès l'année suivante , une nouvelle guerre à soutenir contre le comte de Savoie, et il la termina également par un accord; mais il accepta des conditions trop onéreuses, et leur exécution, toujours différée, devint un sujet continuel de guerres jusqu'à la réunion du Dauphiné à la France. Tant de sacrifices avaient tellement épuisé ses finances, qu'il se vit obligé d'exiger de nouveaux impôts de ses peuples; mais on doit dire qu'il se hâta de les supprimer dès qu'il put s'en passer. La politique de la cour de Home faisait alors prendre aux papes le parti des peuples contre leurs souverains; et Humbert, pour se mettre à l'abri des censures, qu'il redoutait, offrit volontairement de donner à ; Eglise les sommes qu'il aurait levées injustement. Ce prince accrut ses États de plusieurs terres considérables ; il déclara son fils aîné, Jean, son successeur, lui fit prêter serment en cette qualité, et se l'associa dans l'administration des allaires. H parvint par sa prudence et sa fermeté a éloigner le HJau de la guerre. Sentant sa tin approcher, il renonça au monde pour ne s'occuper que de son salut, prit l'habit religieux dans le couvent des chartreux du Val- Ste-Marie, diocèse de Valence , et y mourut quelques mois après, le 12 avril 1507. On trouve de lui une Épltre De Cartusiensium ut, Lus sine juris ioUmntiaU Jiniendis . dans le tome 5 des letera Analecta de D. Mabillon. Humbert avait régné vingt-quatre ans; et, quoique pacifique, il fit plus

qu'aucun de ses prédécesseurs pour l'agrandissement de sa maison , à laquelle il assura la soureraineté du Dauphiné. TV — s.

HUMBÉRT II, dernier dauphin du Viennois, était fils de Jean II et de Béatrix de Hongrie; il naquit en 1312, et succéda à son frère. Guignes VIII, tué, en 1555, au siège tlli château de la Perrière. Humbert, au moment de la mort de son freré, était à N a pies, et il venait d'épouser Marie des Baux, nièce du roi Robert. A son arrivée, il se hâta de conclure la paix avec le comte de Savoie, et fit, pour l'obtenir, tous les sacrifices qu'on exigea. Ses finances étaient épuisées. Humbert obligea les ofliciers employés par son frère à rendre contpte de leur conduite, et leur fit racheter de prétendues ihalvcrsations par de fortes amendes ; il rançonna tous ceux qui avaient acheté des biens du domaine , et en contraignit quelques-uns d'en verser une seconde fois le prix; enfin, toutes ces ressources ne suffisant pas, il taxa chaque famille à quatre gros pour les frais de son voyage. Il entra, en 155(3, dans la ligue des seigneurs de Bourgogne contre le duc Eudes ; mais il n'en retira aucun avantage. Il s'occupa ensuite de fortifier Ses frontières du côté de l'Italie, régla les limites de ses États avec la Savoie, et établit un conseil de justice qui donna naissance au parlement de Dauphiné ; il fonda une université à Grenoble, et, dans le dessein d'y attirer un grand nombre d'élèves, leur accorda des exemptions, ainsi qu'à ceux qui les logeraient. La mort malheureuse d'André, son fils unique {{), vint troubler la tranquillité dont U commençait à jouir; quoique jeune, n'espérant plus avoir un héritier, il voulut disposer de ses États en faveur d'un prince assez puissant pour les garantir du fléau de la guerre; et, par un traité du 23 avril 1313, confirmé en 1319 , il céda irrévocablement le Dauphiné à Philippe de Valois, sous la condition qu'un fils de France porterait le nom de Dauphin et en écarlèlerait ses armes. Philippe, par le même traité, s'obligea de payer à Humbert une somme de quarante mille écus d'or et une pension annuelle de dix mille livres. Les revers que les chrétiens avaient éprouvés dans le Levant engagèrent le pape Clément TI à faire prêcher une seconde croisade en 1515. Humbert obtint le commandement de la nouvelle expédition : il reçut îles mains du pape la croix et l'étendard de l'Église; et, ayant désigné l'archevêque de Lyon pour administrer ses Étals pétillant son absence, il s'embarqua à Marseille, avec son épouse, qui voulut partager ses dangers. 11 aborda sur les cotes de Toscane, et se

\\) îl nV»t pas vrai qot le prince mit tombe" par dtic ftettre de» bru de «* nourrice; il est beaucoup moins vraisemblable, comme un le r.«p. • <:'••• djna le Diclmn uoiv-rnl de Chaud u et Dclan âne, <iu'Humh«rt, jnuant avec son fll« a Lyon, l'ait lal»e tomber d'une fenêtre dans le Kbône, où il se noya L'inscription qu'on lisait sur «ion tombeau, aux Jacobins dedrenoble, par.* d'une maladie dont il était atteint, et qui fut la cause de «a mort, un peut voir cette pièce dans VHuttirt du Dampkmt, pair Bo«rclienu de Valbounais, t. 2 , aux preuve», n» XLV.

rendit par l«rre * Venise, où il fut reçu avec de grands honneurs; il cingla ensuite vers l'Ile de Négrepont, où quatre vaisseaux armes par le pape et deux autres par, les chevaliers de Rhodes vinrent le rejoindre. La campagne s'ouvrit , en 1516, par une bataille près de Smyrne , dans laquelle les Sarrasins Turent défaits. Cette victoire n'était pas décisive ; mais Humherl , au lieu de poursuivre ses succès, accepta la trêve que lui fit demander le ge'ne'ral sarrasin, et revint passer l'hiver à Rhodes : il eut la douleur d'y perdre son épouse, se rembarqua au mois de mai 1547, et fut de retour à Grenoble au mois de septembre suivant, n ne songea point à diminuer les impôts qu'il avait établis pour les frais de la guerre mi nie ; i) les augmenta, au contraire, pour subvenir aux dépenses de sa maison, qu'il accrut d'un grand nombre d'officiers. Celle conduite peu réfléchie acheva de lui faire perdre l'amour de ses sujets. Humbert voulut se remarier, et demanda la main de Jeanne de Bourbon; mais, le contrat signé, il retira sa parole en annonçant le projet d'embrasser la vie monastique. Il prit effectivement, quelques mois après, l'habit de M-Doniinique dans le couvent de Beauvoir; il y reçut les ordres sacrés de la main du pape, le lourde M<oël 1354, fut nommé patriarche d'Alexandrie et administrateur de l'archevêché de Hetm». H sollicita ensuite l'évêché de Paris ; mais «Vtanl rendu à Clcrmont pour attendre l'effet de " demande, il tomba malade et mourut le 22 mai 13TiS. Son corps fut transporté à Paris et inhumé dans le cbœur de l'église des Jacobins, où l'on tovait son tombeau il y a quelques années. 1 lu intact était un prince faible et capricieux , aimant le faste et sacrifiant le bonheur de ses peuples à une vaine représentation. Il ne fut ni politique, ni guerrier; mais il protégea les lettres et il forma quelques établissements utiles. Un peut consulter sur ce prince : 1° Son Hi-toire, par Allard, Grenoble, 1688, in-12; 2° Lettre écrite à l'abbé de Vertot, par Bourchenu de Valbonnais, dans les i/em. de iiUéral. . par Dcsmolets, t. 6. Il s'y plaint de la sévérité avec laquelle Vertot a jugé Humbert dans son Hàtoire de Malte ; mais Valbonnais n'a pas mis plus de ménagement dans son Histoire du Dauphiué. qui contient, au surplus, un grand nombre de Lettres et iVÈdits d'Humhert. S» l'Histoire des hommes illustres de l'ordre de St~ Dominique, par Touron, t. 2 ; 4° une Dissertation du père Texte, dans le Jour», de Verdun (oclobre 1745). Humbert Pila, sou secrétaire, a laissé en manuscrit des Mémoires cités par Guy Allard et qu'on dit fort curieux. Un a imprimé , en 1771 , une tragédie en cinq actes et en vers, intitulée Humbert II ou la Reunion du Daupltiné à la couronne. in-8°. W — s.

HUMBERT aux BLANCHES MAINS. Voyez. Savoie.

HUNBEHT, et non pas Hubert ni libert, bénédictin du \î* siècle, né en Bourgogne, est le premier Français conuu qui ail été revêtu de la

Page 1