TIL'N
s'embarqua sur un sloop de guerre. Bien notice encore dans l'art nautique, il suppléa pourtant, à force de persévérance et de capacité naturelle, à ce défaut d'éducation préliminaire; grâce au soin qu'il prit de mettre à profit toutes les occasions d'étudier la navigation et les mathématiques, il finit par posséder à Tond la théorie comme la pratique. Aussi, après avoir passé successivement sur plusieurs vaisseaux, fut-il promu au grade de lieutenant r et il servit avec ce titre sous les amiraux Durell, Hawke, Percival, et derechef sous le vénérable Durell. Cet officier était rempli d'estime pour Hunier, qui pouvait se flatter d'un avancement prochain , lorsque ce prolecteur mourut. L'escadre était alors devant Halifax (1766J. Il n'eu fut pas moins chargé l'année suivante des fonctions de maître à bord du Lnunceston. 11 fut aussi chargé d'examiner la possibilité d'adapter aux bateaux des tuyaux à air, afin de prévenir la submersion par la diminution de pesanteur spécifique en cas de danger; et ses expériences habilement conduites amenèrent un procédé à l'aide duquel il fut possible de transformer ainsi chaque embarcation en bateau insubmersible. De retour en Angleterre (1760), et confirmé dans son rang de lieutenant après l'examen d'usage, il ne larda point à repartir, visita Pensacola, et, pendant lt séjour de trois mois qu'il y fit, étudia les profondeurs de ce port et en dressa une carie: il lit voile ensuite avec l'escadre pour la Jamaïque. Comme il fut impossible d'aborder, à cause des grands ouvrages que 'construisaient les Espagnols sur les hauteurs de Cavanos, il alla, travesti en matelot, se placer sur un mât, et dessina de là tout ce qui pouvait être découvert.Ce dessin, qu'à son retour en Angleterre il offrit au contrôleur de la marine, sir llugh Palliser, lui valut l'attention de ce personnage, et contribua à le faire acquitter honorablement, lors de l'information dirigée sur les causes qui avaient fait donner le Carysfort (c'était le navire à bord duquel servait Hunier) sur les écueils du Martyr, dans le golfe de Floride. Au pilote appartenait la faute tout entière, et, pendant les neuf jouis que le navire avait passés à se préserver d'une destruction inévitable, le sang-rroid de Hunier avait rendu d'émi* nenls services. Placé immédiatement après sur un autre bâtiment, il resta deux ans aux Indes orientales, et ne reparut qu'un instant en Angleterre, en 1776, pour aller rejoindre lord Botte en Amérique. La guerre alors avait éclaté avec les colonies anglo-américaines. Hunter déploya dans cette lutte les qualités d'un officier de premier ordre. Il se couvrit de gloire surtout en faisant passer, malgré le feu des Américains, son navire de guerre dans l'étroit chenal que forme 1* lit de la Delaware aux environs de l'Ile de Mud. chenal où jusque-là les Américains eux-mêmes n'osaient s'aventurer qu'en bateau. Le résultat de cette manœuvre, aussi habile que hardie , fut l'occupation de l'Ile, et par suite l'ouverture de la
Delawarre à la flotte britannique et la jonction de cette flotte aux troupes de terre. Soit par un malentendu , soit par un autre motif, il ne reçut pas la récompense que méritaient ce trait brillant et quelques autres. Assez mécontent, il ne consentit, l'année suivante, à prendre de service que comme volontaire; et c'est en cette qualité qu'il accompagna son ami, le capitaine Keith Stuart, à sa croisière dans l'Atlantique, aux Indes, en 1780 et 1781. Il s'y fit estimer du commodore lord YValsingham, qui le regardait comme un de ses officiers les plus instruits, et qui le donna pour second à l'ingénieur civil Smeaton , dans une occasion de quelque importance. De retour en Europe, Hunter fut attaché de nouveau à lord Howe, comme troisième lieutenant, en 4782; et enfin, en 1784, il obtint le commandement d'une canonnière que bientôt il échangea contre celui d'un sloop. En 1786, lors de l'expédition pour la fondation de Botany-Bay, il s'embarqua sur le Sircies, avec le titre de second capitaine et la commission de capitaine suppléant. Envoyé de la Nouvelle-Hollande au cap de Bonne -Espérance, il eut sur toute la route une voie d'eau , et n'évita un naufrage qu'en ayant sans cesse du monde à la pompe. Dirigé après son retour sur l'Ile Norfolk, où le gouverneur pensait qu'il fallait former un second établissement, il fut assailli dans l'opération par des vents contraires, et un des deux bâtiments qu'il conduisait (le SircUs) échoua sur les récifs de corail qui rendent l'abord de la côte si difficile; personne ne périt, mais la position de Hunter était critique : on n'avait pu mettre à terre que peu de vivres, et la majorité des naufragés se composait de deux cent six déportés. Les officiers réunis en eonseil résolurent d'envoyer à Port-Jackson le vaisseau restant afin qu'on vint à leur secours, et, en attendant, proclamèrent la loi martiale pour comprimer par la terreur l'insurrection possible des déportés. Vingt semaines se passèrent dans cette dure situation; enfin on vint les prendre avec leur équipage et les reconduire à Port-Jackson. Le gouverneur les fit ensuite partir pour l'Angleterre, et, par une mesure dont la sévérité était une insulte, il les mit tous à bord d'un navire hollandais avec lequel il fit marché pour leur transport. Ce voyage, si pénible par lui-même , le devint encore plus par la mortelle lenteur avec laquelle il se fit, et par les maladies qui décimèrent les habitants du vaisseau. Heureusement, tous les officiers et marins du Sircies trouvèrent à la cour martiale chargée de l'enquête sur la perte du navire un acquittement honorable; et lorsque Phillip se démit du gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud , en 1793, c'est Hunter qui fut nommé son successeur. Dans l'intervalle, il avait servi a bord de la Reine- Charlotte, vaisseau amiral de lord Howe, alors à la tête de la flotte de la Manche. Il resta cinq ans à la Nouvelle-Galles du Sud (1796-1801); son administration y fut éclairée, vigoureuse et féconde en résultats utiles. C'est surtout à lui que les établis-
sements anglais dans cette partie du monde ont du le germe de leurs développements ultérieurs. Revenu en Europe, il fut nommé, en 1804, capitaine du navire de première classe le Vénérable, et, malgré k malheur qu'il eut encore une fois de perdre son vaisseau, il devint en 1807 contreamiral, en 1810 vice-amiral; mais son âge ne lui permit pas de prendre part aux grands événements qui se précipitaient à cette époque. II mourut le 13 mars 1821. P— OT.
HUNTEK (Mistriss Raciiel), Anglaise, veuve d'un négociant de Lisbonne, a donné plusieurs ouvrages qui se recommandent par une excellente morale. Elle est morte à Norwich en 1813; elle a publié: 1° Letitia ou le château sont spectre , 1801 , 4 vol. in-12; 2° Histoire de la famille Grubthorpe, 1802,
3 vol. in-12; 3° Lettres de mistriss Palmerstone à sa fille. 1803 , 3 vol. in-12; 4" le Legs inattendu. 1804, 2 vol. in-12; 3» Poésies, 1802,, in-8»; 6» les Amusements des Génies, 1805, in i - 7» Lady Maclairn, la victime de la scélératesse , 1806, 4 vol. in-12; 8° Annales d'une famille, ou la Sagesse mondaine. 1807, 3 vol. in-12; 9» la Maîtresse d'école , conte moral, 1810, 2 vol. L.
HUNTER (William), chirurgien et orientaliste écossais, né à Montrose, obtint une bourse de
4 liv. sterl. par an, en 1773-74, au collège Maréchal d'Aberdeen, où il prit ses degrés de médecin en avril 1777. 11 suivait en même temps un cours de chirurgie sous un professeur qui était tout à la fois médecin, chirurgien et apothicaire; et, après avoir étudié sous lui pendant quatre ans, il obtint un emploi à bord d'un vaisseau de l'Inde. 11 quitta, en 1781, celte place pour entrer au service de la compagnie des Indes dans le Bengale; c'est là qu'un vaste champ s'ouvrit à son génie et à son instruction. 11 sut y recueillir, à force de travail , une ample moisson de connaissances. Quoique honorable, son emploi n'était rien moins que lucratif. Pour améliorer son sort , il se rendit à Java. Jusqu'à cette époque, la fortune n'avait point répandu sur lui ses bienfaits ; et le peu qu'il avait pu acquérir par ses travaux avait à peine suffi aux dépenses occasionnées par l'éducation de sa nombreuse famille. Après un séjour de trente-huit ans dans l'Inde, il espérait pouvoir venir passer un été à Aberdeen avec quelques-uns de ses camarades d'études; il se préparait à ce voyage, lorsqu'une fièvre le saisit et mit (in à son existence en 1813. Après être resté attaché pendant quelque temps à l'établissement médical de la compagnie des Indes orientales dans le Bengale, et avoir rempli les fonctions d'inspecteur général des hôpitaux de l'Ile de Java, il devint secrétaire de la société asiatique, de 1794 à 1808, et fut professeur et examinateur au collège de Calcutta , de 1784 à 1794. Chirurgien du major Palmer, il accompagna cet officier dans son ambassade auprès de Daoulet-Ral Scindyab. Il était associé étranger de la société médicale de Londres et membre honoraire de la société des sciences
de Paris, it s'était livré avec une ardeur singulière à l'étude des différents idiomes de l'Inde. Les circonstances favorisèrent ses goûts pour cette branche de la littérature , et peu de savants ont su faire de leurs connaissances un usage plus distingué et plus brillant. Les Mémoires de la société asiatique et divers autres ouvrages périodiques sont remplis des morceaux originaux de littérature indienne qu'il composa , et de communications qu'il y inséra. Nous nous bornerons à citer le résultat des travaux astronomiques de Jayasinha , sous le titre de Zydje-Mohammed-Chdhy, ouvrage qu'il défendit avec une rare habileté dans le n° ISO du Monlhly Magaxine, contre les remarques captieuses et frivoles d'Anquetil Duperron. Outre ses mémoires, trop nombreux pour en donner ici la liste, Ilunter publia séparément une description abrégée du Pégou ( 1 concise account of the l't'j"), avec un appendice renfermant la description des cavernes d'Elepbanta , d'Ambola et de Canara, et des observations sur la variété qu'on remarque dans les toisons des moutons des climats chauds, Calcutta, 1784, in-8°; réimprimé à Londres en 1789, petit in-12, traduit avec des notes par l'auteur de cet article, sous le titre de Description du Pégu et de l'île de Ceylan, Paris, 1793, in-S*». Nous avons aussi sous les yeux un autre ouvrage Tort intéressant de Ilunter, lequel forme un gros volume in-fol., publié en 1801 en anglais. C'est un traité approfondi sur la nouvelle maladie qui a fait un ravage affreux parmi les Lascars qui servaient sur les vaisseaux du gouvernement et sur ceux de la compagnie pendant la dernière guerre, au défaut de matelots européens. Cette maladie paraîtrait, dans son origine et ses symptômes, avoir une analogie frappante avec le scorbut des marins européens : elle se déclare sur la superficie du corps, lorsque le Lascar n'a aucun moyen de se soustraire à la mauvaise nourriture à bord des vaisseaux-, ce qui produit souvent des mortalités qui enlèvent les trois quarts des équipages. Le docteur Ilunter, comme chirurgien de la marine depuis 1794 jusqu'à 1798, a souvent été à portée de faire des remarques sur cette maladie, et d'établir un certain régime dont le résultat eut un succès complet contre les ravages de ce fléau destructeur. Il a été depuis publié en France un ouvrage sur le même sujet. Le docteur Hunier avait des connaissances profondes en arabe, en persan, en sanscrit et en hindoustani, et pendant onze ans qu'il occupa la place d'examinateur des élèves du collège de Fort- William, il eut des occasions multipliées de déployer un rare talent dans les distributions des prix faites solennellement chaque année. On lui doit aussi un excellent dictionnaire hindoustanianglaii, Calcutta, 4808 , 2 vol. gr. in-4°, d'après les matériaux recueillis par M. Taylor. Cet ouvrage, rempli de citations hindoustanies et persanes, peut être d'une très-grande utilité pour la connaissance de cette dernière langue; on y
trouve même des documents très-instructifs sur les lettres devà-nagàry et sur le sanscrit; car l'auteur a eu grand soin d'indiquer en caractères originaux les mots de cette dernière langue qui se retrouvent dans l'hindoustani. Ce même dictionnaire a été à la fois abrégé et augmenté par M. Shakespeare, qui a supprimé les détails relatifs aux lettres arabes et devâ-nagâry, ainsi que les exemples, et a ajouté plusieurs milliers de mots tirés principalement du sanscrit, Londres, 1817, in-4°. L— s.
HUNTER (Jean Dunn), aventurier américain, était né, vers 1798, dans un établissement à l'ouest du Mississipi, dont les rives en offraient alors un nombre bien moindre qu'aujourd'hui. Voici sa vie singulière racontée par lui-même. Dès l'âge le plus tendre, il fut enlevé par les Kickapous et adopté dans la famille de l'un des principaux guerriers, dont la femme se montra une mère tendre pour le pauvre petit blanc i il eut la douleur de s'en voir séparé dans une marche que l'on fit vers un canton nouveau. La horde avec laquelle il était allé fort loin à l'ouest du Missouri eut de. fréquents engagements avec celles qu'elle rencontra; enlln elle fut presque entièrement détruite par un parti de Kansas. Alors Hunter entra dans une nouvelle famille qui lui montra une vive affection. Au printemps suivant, il voit pour la première fois des blancs ; c'étaient des trafiquants. Imbu qu'il était des idées des Indiens, la profession de ces étrangers lui cause un dégoût profond. H perd sa mère d'adoption. Après nombre de courses et de combats, il est avec ses compagnons reçu par les Osages. Une mère qui avait perdu son fils le prend avec elle pour tromper sa douleur. Hunter, dans un engagement avec les Panis,cst blessé dangereusement; à peine guéri, les Osages l'emmènent avec eux au delà des monts Rocky, dans la vallée et jusqu'à l'embouchure du Tchok-é-li-lam , fleure auquel on a donné le nom de Colombia , et qui se jette dans le grand Océan. Ce n'est qu'au bout de seize mois qu'on repasse les monts Rocky; les Osages dirigent leur marche au sud , vers les rivières qui affluent au rio del Norte, dont les eaux coulent au golfe du Mexique. L'adresse remarquable du jeune blanc lui mérite de la part des Indiens le surnom de Hunter (chasseur). Revenu plus au nord près des affluents du Mississipi, la tribu rencontre souvent des trafiquants. Sa conduite déloyale envers ceux-ci dans un accès d'ivresse, en pillant l'un et égorgeant l'autre, révolte l'âme de Hunter. 11 se sépare de ces êtres dont auparavant il était engoué, avertit le trafiquant pillé d'un projet formé pour l'assassiner, lui et les siens, et, après une infinité d'événements et de terribles débats intérieurs, prend la résolution, en 1817, de vivre avec les blancs. Il put réaliser à la Nouvelle-Orléans une somme assez ronde avec le produit des fourrures qu'il possédait. 11 fréquenta les écoles pour s'instruire dans la langue anglaise. Ses camarades de classe , dont la plupart n'étaient pas arrives à l'adolescence, s'égayaient souvent à ses dépens,
l'appelant tantôt par un nom, tantôt par un autre, puisqu'il n'en avait paa un qui lui appartint en propre ; ce désagrément fut cause qu'il s'appropria celui que les Indiens lui avaient donné. En 1821 , il était dans le Kentucky, continuant ses études. Il avait fait connaissance avec plusieurs personnes recommandantes. G.-P, Watkins, le trafiquant auquel II avait sauvé la rie, lui écrivit pour lui témoignersa reconnaissance et lui offrirsesbons offices. Hunter, encouragé par les conseils de ses amis, visita Baltimore, Philadelphie, New-York et d'autres villes de l'est des États-Unis. De toutes parts, on le pressait de publier le récit de saviechex les Indiens. Il se fit aider par son ami Kdouard Clarke pour la composition de son livre, qui parut en 1823 et qui fut accueilli très-favorablement; mais bientôt un incident imprévu interrompit ce succès brillant Un Français établi à Philadelphie, M.P.-E. Duponceau , qui s'occupait depuis longtemps de recherches sur les idiomes des peuples aborigènes de l'Amérique du Nord, étant allé à New-York, y vit par hasard Hunter. Celui-ci vint ensuite à Philadelphie, où il eut plusieurs entretiens avec le philologue français. 11 en résulta pour ce dernier la conviction que Hunter était un imposteur, ignorant les langues qu'il prétendait savoir; il le lui dit à lui-même, et énonça son opinion dans un journal \ mais peu de personnes voulurent le croire; on lui objectait que son sentiment ne pouvait prévaloir contre les assertions d'un homme qui avait vécu chez les Indiens. Toutefois quelques personnes , entre autres celles qui avaient fait partie de l'expédition aux monts Kocky avec le major Long, en 1819 et 1820, se déclarèrent pour M. Duponceau. Afin de se dérober à l'orage qui commençait à gronder et le menaçait, Hunter partit pour l'Angleterre avec l'appui de fortes recommandations. H y reçut l'accueil le plus flatteur t les petits et les grands, les ignares et les savants, la société royale virent en lui un homme que la Providence avait en quelque sorte suscité pour porter aux Indiens les bienfaits de la culture intellectuelle. II indiquait les moyens de parvenir à ce but si désirable dans la préface de son livre, réimprimé à Londres en 1823, avec un changement dans le titre. Hunter, comblé des dons qu'il avait recueillis dans la Grande-Bretagne, où il avait même été présenté a la famille royale, revint aux Etats-Unis, où sa présence renouvela les hostilités auxquelles il avait momentanément échappé. Une personne, que sa position avait mis en état de connaître à fond tout ce qui concerne les Indiens, discuta, dans le cahierj 50 du Xorth American Review, la q uo st i<m relative à la véracité de Hunter, accumula contre lui une masse de preuves irrésistibles, et personne n'essaya de réfuter ses arguments. Alors Hunter s'éloigna d'un pays où il était démasqué; il alla eu Mexique pour essayer d'obtenir du gouvernement la concession d'un vaste espace de terrain «où il voulait établir une colonie d'Indiens ; il assurait qu'elle formerait
| un boulevard capable de résister à tout empiète* ment des Etats-Unis sur la frontière mexicaine. Toutefois le gouvernement, doutant de l'efficacité de ce préservatif, rejeta les propositions de Hunter, qui, de dépit, s'en alla au Texas, où il devint l'un des chefs du parti qui voulait rendre cette contrée indépendante. Comme depuis ce moment on n'a plus entendu parler de lui , on a supposé qu'il avait été tué, avant 1830, dans une des batailles livrées entre les insurgents et les Mexicains. Les rédacteurs de YAmerican quarterly Revit» (cahier de septembre), duquel nous avons extrait une bonne partie des particularités de cet article, disent qu'après avoir parlé comme ils le devaient de Hunter, de son ouvrage et du rôle qu'il avait voulu jouer, la justice leur impose l'obligation de déclarer que le caractère de cet aventurier était aimable et que sa conduite fut toujours convenable tant en Amérique qu'en Angleterre. « 11 se montra « constamment désintéressé, ajoutent-Us, et, sauf « le profit qu'il put tirer de son livre, nous n'a- « vons pas appris qu'il ait essayé de dériver aucun « avantage particulier du personnage sous le « masque duquel il s'était présenté. C'est ce qui « lui valut beaucoup d'amis parmi les hommes i dont l'attachement est honorable et désirable. » Du reste, toutes les recherches que l'on a faites pour apprendre quelque chose de certain sur Hunter, avant son apparition parmi les blancs en 1817, ont été vaines; il est probable qu'il séjourna longtemps parmi les Indiens, mais on n'a pu constater comment il arriva cbex eux, ni combien d'années il y resta. U est fâcheux qu'il n'ait pas voulu avouer la vérité sur aucun de cet points, car son ouvrage aurait pu être cité comme une autorité. Il est Intitulé Manners and customt oj seceral Indian tribei tocattd west of the Misfissipi, etc. (Mœurs et coutume» de plusieurs tribut indienne s qui vivent à l'ouest du Mississipi; et détails sur U sol, le climat et Us productions végétales , ainsi que sur la médecine des Indiens; précédé de l'histoire de la vie de l'auteur pendant un séjour de plusieurs années parmi ces tribus), Philadelphie, 1823, in-8°. Le titre de l'édition de Londres présente des différences : Mémoire of m coptivity among the Jndians of north America, etc. (Mémoires de ma captivité che% les Indiens de l'Amérique septentrionale, depuis mon enfance jusqu'à l'dge de dix-neuf ans; avec des anecdotes relatives aux maure et aux coutumes de ces tribus; auxquels sont ajoutés des détails sur le sol. le climat et les productions végétales du terri' toire à l'ouest du Mississipi), Londres, 1823, in-8»; traduit en allemand par W.-A. Lindau, Dresde, 1824, in-8°; en suédois, Mariefred, 1826, in-8*. Le titre de l'édition de Londres est plus propre que celui de la première à piquer la curiosité. Ce sentiment est assez agréablement satisfait en lisant le livre de Hunter. Le tableau de la vie errante des tribus de l'Amérique du Nord prouve que l'auteur avait vécu avec elles, mais pas aussi longtemps qu'il a voulu le (aire croire, et l'on reconnaît beau-
coup de traits empruntés à d'anciennes restions, i Il suppose parfois aux Indiens des notions que ces peuples ne possèdent pas. Des critiques anglais l'ont accusé, avec raison, d'une érudition un peu étrange chez un homme de la nature ; il leur répondit en les traitant A' anthropophages littéraires, d'après une expression de lord Byron. Le récit de ses aventures personnelles offre quelques invraisemblances, et ce qui a trait à la manière dont il quitta les Indiens est un peu embarrassé. On doit lui savoir gré de donner les noms que ces peuples attribuent aux rivières, car ceux que leur ont assignés les blancs sont pour la plupart trèsmauvais , et les premiers devraient être préférés ; l'usage a malheureusement sanctionné les autres. On peut consulter les ouvrages suivants sur Hunter et sur son livre : Structures on the article inthe North American review (Observations sur l'article du North American review, Londres, 1826); Réponse à cet observations (London Magazine (juillet 1826); Lettre du major Thomas Biddle (23 septembre), dans le National intelligencer (8 novembre 1826); Lettre du major Hamtrauch (1* décembre 1826) dans le National gazette (10 janvier 1827). La Revue d'Edimbourg s'est aussi occupée de l'aventurier américain, qu'elle a déclaré auteur de mémoires supposés. M. Ernest de Blosseville, qui a fait paraître en 1835 une élégante traduction des Mémoires de John Tanner, dont les aventures singulièresoffrent une analogie frappante avec celles de Hunter, mais qui semble ne pas avoir publié un récit imaginaire, a aussi fait mention du livre de celui-ci, sans essayer de le réhabiliter. E — s.
HUNTHERUS ou HONTHERUS (Jacob), né en Suède à la (in du 16* ou au commencement du 17» siècle, quitta jeune sa patrie, passa en Hollande, et de là en Angleterre. On croit qu'il se fit catholique dans ce pays. Il se rendit en 1623 à Paris, où il se lia d'abord avec Grotius, et ensuite avec l'ambassadeur d'Autriche en France, qu'il accompagna à Vienne. Après avoir recherché en vain plusieurs places, il obtint enfin celle de secrétaire impérial à Ratisbonne. Mais lorsque les Suédois eurent paru en Allemagne comme ennemis de la maison d'Autriche, on fit entendre a l'empereur qu'il n'était pas convenable de confier à un Suédois les affaires de l'empire, et Huntherus perdit sa place. On ignore quelles furent ensuite ses destinées. Il est surtout connu par ses lettres latines, imprimées à Vienne sous ce titre : Jacobi Huntheri Misccllaneœ , ornât a sententiarum coucinnitate vestitat, sermonis elegantia gravida, in quibus rts tragicœ pene comice . tristes remisse, severa hilare, forenses seenica prope venustate tractantur : gui manus attulerit stériles intro ad illas. gravidas foras exportabit : lege, vide, ride. Viennes Austr., ex ojhc. typogr. Mich. Rictii, an. 1631. Ces lettres, pleines de sel et d'anecdotes piquantes, sont adressées à Banier, Horn , Meric Casaubon , Prustenberg, et à plusieurs autres personnages illustres de Suède, d'Allemagne etdeFrance. C— au.
HUNTINGDON ( Hans-Fiukçow HASTINGS, onzième comte de ) appartenait à l'ancienne famille de Huntingdon qui , comme on sait, descend du duc de Clarence, frère d'Edouard IV et de Richard III, mais à une branche non titrée et qui semblait fort loin de pouvoir prétendre au litre dont elle finit pourtant par être investie. Son père, George Hastings, était lieutenant-colonel du 3e régiment de la garde. Lui-même naquit à Londres le 14 août 1779. Son parent, François, dixième comte de Huntingdon , le mit vers 1787 à l'école de Repton, et il y resta trois ans, c'està-dire jusqu'à la mort du comte, dont le titre sembla s'éteindre él dont les biens passèrent presque en totalité à la comtesse de Moira. L'époux de celle-ci prit Hans-François sous sa protection et l'envoya à l'Académie de Bettesworth à Cbelsea, pour s'y préparer à la carrière maritime. Le jeune homme en sortit en 1793, recommandé aux soins de sir John Warren , qui l'emmena sur la frégate la Flore, et qui, dès 1791, le fit son aide de camp. Hastings courut ainsi la Manche et le golfe de Gascogne , prit part selon son rang aux nombreuses opérations et aux engagements de la petite escadre dont sir John avait le commandement, assista à la désastreuse expédition de Quiberon, où il fut blessé grièvement à la jambe, puis aux croisières qui eurent lieu ensuite le long des côtes de France. Son sort resta le même pendant les années suivantes et jusqu'en 1799, époque à laquelle il passa sur un autre vaisseau en qualité de lieutenant. Il venait de faire, comme premier lieutenant, la campagne navale d'Egypte de 1800 à 1801 , quand la paix d'Amiens lui permit de respirer: U alla vivre dans le comté de Leicester auprès d'un oncle ecclésiastique, lequel aurait dû succéder au titre de Huntingdon. La reprise des hostilités en 1803 le rappela bientôt : il suivit à Portsmouth le capitaine Wolfe, autorisé à faire la presse : cet officier ne fut guère heureux dans sa mission , dont le résultat immédiat fut un soulèvement terrible, et Hastings, chargé par lui d'aller donner avis a Londres de l'embarras des presseurs , le fut encore moins que lui : la populace de Portland se saisit de sa personne et le mit en prison. Il n'en sortit qu'au bout de six semaines , sous l'obligation de se représenter aux assises et sous caution de lord Moira. Avec cette rapidité qui caractérise la vie des marins, il mit à profit cette liberté provisoire pour se marier à Londres, se rembarquer à Plymouth et revenir avec sa part de prises : après quoi il se présenta aux assises d'été de Dorchester, qui l'acquittèrent honorablement. Nelson alors s'intéressait à lui, et, si ce grand amiral ne fût point mort prématurément , il est croyable qu'Hastings eût fait un chemin rapide. Mais tout semblait d'accord pour le décourager. La mort de son oncle, en 1804, l'avait déterminé à se porter juridiquement l'héritier de ses prétentions au titre de comte de Huntingdon. Mal
HPN
secondé par ses parents et par ses amis, peu riche, peu apte par 5a position inférieure à jouir d'une grande influence, ii fte retira de ses démarches, qui commençaient à devenir dispendieuses, que des rebuts et des dettes : il ajourna, s'il n'abandonna ses prétentions. L'année suivante il demandait, par l'organe de lord Moira, le rang de commandant : il lui fut répondu qu'il n'y pouvait compter qu'autant qu'il consentirait à prendre du service en Amérique. Hastings venait de recevoir la nouvelle de la mort de deux frères , ses aînés, tous deux victimes de cet homicide climat des Antilles : on comprend qu'il refusa. Tout ce que l'on put alors obtenir pour lui, ce fut la chétive place de maître des baraques à l'Ile de Wight, et en 1808, celle de garde-magasin à Enniskellen. Ses appointements n'allaient qu'à trois mille sept cent cinquante francs. Il avait ainsi passé neuf ans , lorsqu'un heureux hasard lui fit faire la rencontre d'un homme d'affaires hardi et délié, H. Nugent-Bell, qui, frappé de sa position, résolut de reprendre la partie abandonnée par Hastings en 1801. Ses démarches, les mémoires et pièces qu'il produisit, les ressorts qu'il flt agir, finirent par amener un plein succès : le procureur général de la couronne se déclara dans son rapport en faveur du client de Nugent-Bell , et, le 14 janvier 1819, Hastings alla siéger en qualité de onzième comte de Huntingdon à la chambre des pairs. Mais en lui rendant un titre, Bell ne pouvait lui rendre les riches domaines qui, possédés jadis par les comtes de Huntingdon, avaient été les uns vendus, les autres légués. La résurrection du titre éteint n'en détermina pas moins quelque changement dans le sort du nouveau comte. L'amirauté lui donna le commandement d'un vaisseau, puis le gouvernement de la Dominique. H y resta trois ans ; mais au bout de ce temps , mécontent des tracasseries que lut suscitèrent les autorités de l'Ile, il donna sa démission et reprit du service comme commandant de vaisseau en 1824. Il venait de quitter la carrière navale pour cause de santé , lorsqu'il expira le 9 décembre 1828 à Green-Park. L'ouvrage de Bell intitulé la Pairie. che-. les Huntingdon (Huntingdon Peerage) , Londres , 1820 , in-8° , est un des livres généalogiques les plus intéressants qui existent. P— ot.
HUNTINGrOHD (George-Isaac), savant anglais, naquit à Winchester en 1748, et des écoles de cette ville passa au collège Neuf d'Oxford, où, en 1776, il prit le degré de maître ès arts, et dont, en 1782, il devint membre. En 1789 il fut mis à la tête du collège de Winchester, et quatre ans après il reçut le bonnet de docteur. Engagé depuis longtemps dans les ordres et successivement pourvu de plusieurs bénéfices ', il fut enfin , en 1802, élevé par lord Sidmouth,son ancien élève, au siège épiscopal de Gloucester. Il ne se maria jamais. Sa mort eut lieu en 1815. Outre des sermons et discours divers, dont deux volumes ont
été publiés en 1795 et 1797 , on a de Huntingford : 1° Appel aux église» dissidentes, ou Vceu d'union entre elles et l'Eglise établie . 1800 , in-s- ; 2* édit., 1808; 2° deux recueils de poésies lyriques grecques : 1. Odes grecques, 1781 (tirées à cinquante exemplaires seulement) ; 2. Metrica monotlrophica. 1782. Le premier de ces ouvrages fut passé par le célèbre helléniste Ch. Burney, dans le Monthly Review, au crible d'une critique sévère, et causa entre ce savant et l'auteur une polémique au bout de laquelle pourtant ils devinrent amis et conçurent l'un pour l'autre une véritable estime. 3* Une traduction latine d'Ëlien, in-12. P— ot.
HUNTINGTON (Bobert), savant théologien orientaliste anglais, naquit en février 1636, à Deorhyrst, dans le comté de Glocester, où son père était ministre du St-Êvangile. Il commença ses études à Bristol, et alla les achever à Oxford, dans le collège de Merton. En même temps que Huntington faisait ses humanités, il acquérait la connaissance des langues orientales sous le célèbre Pockoke. Le retour de Trampton en Angleterre laissant vacante la place de chapelain de la factorerie anglaise d'Alep, il fut choisi d'une commune voix pour le remplacer , et arriva en Syrie en 1670. Huntington ne revint en Angleterre qu'en 1682. Il avait visité la Palestine , la capitale de l'Egypte et l'Ile de Chypre. L'année suivante il prit le degré de docteur en lettres et en théologie , et devint régent du collège de la Trinité près de Dublin : mais il abdiqua bientôt cet emploi , qu'il n'avait accepté qu'à regret. En 1692 , ayant été choisi ministre de Hollenburg, près de Hartford, il s'y établit et s'y maria. En 1701 , il fut élevé au siège épiscopal de Baphoe eu Irlande , et ne jouit que quelques jours de cette nouvelle dignité : la mort le frappa le 2 septembre de la même année , douze jours après sa consécration. Huntington, quoiqu'il n'ait rien publié , n'en a pas moins rendu de grands services à la littérature orientale. Pendant les onze années qu'il séjourna en Syrie, il rassembla une nombreuse collection de manuscrits coptes, syriaques, grecs et arabes, et de médailles: il était en correspondance avec les plus savants hommes de son temps, tels que Ludolf, N. Marsch, J. Fell, Pockoke, Éd. Bernard, Th. Hyde, Th. Marshall, etc. ; il dirigeait ses recherches d'après leurs conseils, et employait à leur succès les mission- naires les plus instruits du Levant: c'est ainsi qu'il parvint à enrichir l'Europe de manuscrits et de renseignements précieux touchant diverses sectes religieuses de l'Orient. Pendant son voyage à Jérusalem , ayant visité les Samaritains de Naplouse, il les mit en correspondance avec Th. Marshall (1). Voici les seuls opuscules de ce savant qui aient été publiés : 1° Account 0/ the porpkyrg pillarsin Eggpt , inséré dans les Trans. philos.,
m Voy« *ur cette correspondance te Mémoire de Sjrlreitre de Sacy t*r tttat aeimtl du Samaritain [Annuité du voyages, t. 19).
lat
ir 01 ; f plusieurs des observations recueillies pendant ses voyages se lisent dans la ColUct. 0/ euriout traeels, de J. Ray ; 3° R. Huntingtoni vit» a «pittoltt, Londres, 1704. A la suite de ces lettres on trouve la Vie d'Éd. Bernard, et son Synoptii vettr. natkematicorum. L'éditeur est Th. Smith. Les manuscrits d'Huntington appartiennent aujourd'hui à la bibliothèque Bodléienne, J— x,
HUNTINGTON (Gcillaumk HUNT, connu sous le nom il'. , fameux sectaire méthodiste, naquit dans une ferme du comté de Kent en 1774. Son père, ou plutôt celui qui passait pour son père , était un pauvre paysan qui gagnait de sept à huit sbellings par jour. Son père réel se nommait Russel. Cet homme, livré à tous les vices, et qui par un double adultère prolongé pendant des années lui donna dix frères et sœurs, le mit à l'école, où il apprit un peu de lecture et d'écriture. Ce fut là toute son éducation. La misère de Russel ne permettait pas davantage. ■ Que de « fois , dit quelque part Huntington , que de fois, ■ mourant de faim et de froid , j'ai souhaité être « bœuf ou vache pour m'emplir le ventre dans « les champs ! » Parvenu à l'adolescence, il entra pour trois ans au service d'un fermier au prix de vingt shellings par an, devint ensuite laquais, et en cette qualité changea plusieurs fois de maître jusqu'à ce qu'il entrât chez un ecclésiastique de Frittenden , et finalement , redoutant ses < réanciers et les inspecteurs de la paroisse auxquels il fallait qu'il payât les mois de nourrice d'un Qls illégitime , fruit de ses amours avec une pauvre lille qu'il avait indignement séduite, il alla chercher aventure hors de sa province natale. Le sort fut loin d'abord de lui être favorable : Huntington (tel est le nom qu'il prit en ajoutant six lettres à quatre de celui qu'il avait porté et qui d'ailleurs, dit-il, était un meusonge, puisque Barnabas Russel était son père) mena encore longtemps la vie de domestique, tour à tour à la ville et à la campagne ; puis , las d'être malheureux seul, il épousa une fille aussi dénuée de ressources que lui et dont il n'eut que des enfanU. Sa misère augmenta ; U vit ses enfants tomber malades et mourir ; lui-même ensuite se cassa la jambe : vingt fois il avait été tenté de se noyer dans la Tamise, et il l'eût fait si les principes religieux dont évidemment il avait toujours été imbu, sauf peut-être aux premiers temps de sa vie de laquais, ne l'en eussent empêché. Enfin il eut le bonheur de se placer comme jardinier à Sunbury. Mais , comme si tout eût conspiré à le ramener vers cette funeste idée de suicide , le hasard voulut que le nègre qu'il remplaçait vint de se donner la mort : son sang tachait encore le plancher de sa loge ; Huntington couchait dans son lit. On sait combien l'idée du suicide est contagieuse. On comprend que Huntington ait sérieusement écrit que le diable en personne lui apparut, et qu'il eut à soutenir contre ce terrible ergoteur une argumentation en règle dont
pourtant, Dieu et une vieille Bible aidant, il sortit vainqueur. Son esprit alors était dans un état d'exaltation extrême, tant par le sentiment de ses souffrances et du péril qu'avait couru son âme, que par la ferveur de sa reconnaissance religieuse. Plein des textes saints qu'il ne cessait de relire, il crut bientôt avoir des visions. Taillant un jour un vieux poirier , il rit , dit-il , éclater autour de lui une éblouissante lumière , et deux lignes droites tirées au travers du monde séparaient d'avec les œuvres des méchants celles des élus ; puis une voix du ciel lui cria : 1 Laisse là « tes formules de prières et va prier Jésus-Christ ! * Je me mis à prier, ajoute-t-il, avec tant d'éner* « gie, d'éloquence et de hardiesse, que j'en fus « étonné comme si j'avais parlé arabe, langue « que je n'ai jamais sue. » Le dimanche, s'étant rendu suivant son usage au service anglican , U prit en pitié tout ce qu'il voyait ; toutes les cérémonies de l'église établie lui semblèrent absurdités et moquerie ; il sentait en lui le pouvoir de prêcher la parole de Dieu plus énergiquemeot que le ministre qu'il venait d'entendre , et dès lors il se croyait appelé à la faire retentir. Avant pourtant de se risquer en publio , il voulut choisir parmi les sectes qui pullulent en Angleterre, afin de ne pas donner à tous le spectacle de ses indécisions; puis il essaya la puissance de ses homélies et allocutions bibliques sur sa femme. Finalement il se détermina en faveur du méthodisme, et bientôt il commença ses premières prédications a Kingston. H était alors au semée d'un manufacturier d'Ewel à onze shellings par semaine. Mais comme Kingston avait un prédicateur en titre , qui , malgré toute sa dévotion de méthodiste, ne se souciait que médiocrement d'avoir un second, et qui tenu de le dégoûter de la prédication en exagérant les obstacles dont la route serait hérissée et la responsabilité qu'U assumait sur sa tête, Huntington changea encore de demeure , et quatorze mois durant il fut porteur de charbon à Thames Dilton. Là commença sa réputation : les dimanches et fêtes et une fois dans la semaine il prêchait; on accourait de vingt milles à la ronde pour l'entendre s insensiblement les prédications devinrent plus fréquentes, et parmi ses auditeurs l'un lui fit cadeau d'un costume complet, l'autre oflrit de lui apprendre gratuitement un métier plus doux que celui de porteur de la houille sur le dos. Mais armé de ce texte t « Si vous demandez à votre père un pain, « il ne vous donnera pas une pierre ; si vous lui « demandez un poisson , il ne vous présentera i pas un serpent , » il résolut de se confier à la Providence et de ne plus faire que prêcher, ■lût-il mourir de faim. Le méthodiste Toriel Joss l'ordonna selon le rite de WhiteUeld en présence de toute la congrégation, et Huntington flanqua son nom pour remplacer le m. a. (uwguur aHim), ou ». b. (dactor qf ditinitg), qu'il u'avdiL pas droit de porter et pas moyen d'acheter, des deux ici-'
tiales f. s. lesquelles veulent dire pécheur sauvé, et qui ne laissaient pas d'enjoliver et d'ennoblir le nom trop nu sous lequel il se produisait en public. Les succès du nouveau prédicateur continuèrent et rien n'y manqua , pas même un peu de persécution. Un envieux un jour trouva moyen d'aaimer contre lui la populace du bourg, laquelle fit irruption dans l'assemblée et la dispersa en brûlant sur la place de l'assa-fœtida, et pendit Huntington en effigie à la porte de sa maison, après avoir déclamé un sermon ironique et chanté en cbceur une ballade burlesque. Cependant les dons que le ciel lui envoyait par la main des fidèles pour le tirer de sa misère étaient devenus et plus fréquents et plus considérables. Pourvu d'un cheval par ses ouailles, il parcourait les paroisses environnantes préchant et percevant. L'ambition lui vint alors de paraître sur un plus grand théâtre , et une mésaventure , qu'au reste il semble avoir comme pressentie , détermina l'exécution de ce plan. Un maudit charpentier de Frittenden , son compatriote et son camarade d'école, le reconnut un jour qu'il prêchait à Sunbury, et pour lui faire pièce courut chex une sœur du saint homme , lui fit écrire une lettre par laquelle elle demandait des secours à son frère et se chargea d'aller la remettre. Il eut l'art de s'acquitter de sa commission au moment où un attroupement de plus de cent personnes barrait au prédicateur le chemin de la chapelle et voulait de vire force s'opposer à ses prédications. La suscription de la lettre portait le vrai nom de Huntington. A l'aspect de l'officieux commissionnaire, qui proclamait tout haut les méfaits du frère avec la détresse de la sœur, et l'enfant à la charge de la paroisse , et les dettes et la métamorphose de nom, le prédicateur ne perdit point contenance : il confessa en pleurant à chaudes larmes les désordres de sa vie passée , il bénit le Christ de ce que le mensonge de Jacob , l'homicide de Moïse, l'adultère de David , l'apostasie de Salomon et le faux nom du révérend M. Huntington devaient être révélés ; il en tira cette moralité que la plus insigne grâce peut se greffer, prospérer et fleurir sur le dernier des hommes. Cependant il était impossible que dans une petite localité son crédit ne soutint aucune atteinte de ce brusque incident. Il eut une vision qui l'appelait à Londres, et il dit adieu avec sa famille à Thames Dit ton. Transplanté à Londres, grâce aux secours de ses fidèles, il fit ses débuts à la chapelle méthodiste de Margaret Street, mais il ne se voyait qu'avec douleur réduit à paraître sur une scène qui n'était point à lui. Tous ses efforts allèrent donc à se créer une position indépendante, en ayant ses admirateurs, ses adhérents à lui, en nombre assex grand pour qu'ils formassent une congrégation particulière et qu'ils subvinssent aux frais d'un établissement nouveau , et c'est ce qu'il fit non-seulement en déployant ses talents oratoires, mais en se sépa-
rant sur quelques points du système de Whitefleld et en se créant une autre doctrine. Trois ans lui suffirent pour préparer ainsi les voies : au bout de ce temps un de ses adhérents lui avança le terrain , un second la maçonnerie , un troisième la charpente , un quatrième la chaire et les pupitres, un cinquième le vestiaire, et moyennant vingt-cinq mille francs dont il se trouva débiteur, il eut sa chapelle à Titchfield. Ne se bornant plus alors à proclamer l'Évangile, il se mit audacieusement et tout haut en opposition avec les autres nuances du méthodisme , et partagea son temps entre une prédication souvent hostile et une vive polémique. On lui répondait, il répliquait: ces querelles ne firent qu'agrandir sa réputation ; il paya ses dettes, se vit maison à la ville et maison à la campagne , et reçut de ses ouailles fidèles un bon carrosse à deux chevaux. Plus difficile que les méthodistes ordinaires, il tenait à la qualité plus qu'à la quantité de paroissiens. Sa femme mourut: pour terminer son veuvage il put choisir entre de nombreuses admiratrices de son talent, et donna la préférence à la veuve du lord maire, lady Saunderson, qu'il épousa. Il était devenu à cette époque trèsélégant , très-soigneux de sa personne , et l'on riait parfois de sa recherche. Southey , dans ses Lettres d'un voyageur espagnol, fait dire à D. Manuel Espeja que le pécheur sauvé a été indirectement prédit dans ce portrait qu'il fait d'un sectaire de son temps : « Jadis tu allais pieds « nus, etc. » Après tant de tribulations au commencement de sa vie , on eût dit que la fortune se plaisait à le favoriser en toutes manières. Sa troupe fidèle grossissant toujours, il fallait agrandir la chapelle. Le propriétaire d'un terrain voisin auquel d'abord avait pensé le pécheur sauvé en exigea un prix énorme. Huntington alors se passa de lui en donnant à sa chapelle des «tages, et cette nouveauté lui attira encore du monde. On eut beau dire que Titchfield était une salle de spectacle et une tour de Babel , la vogue s'accrut loin de diminuer. Enfin le feu prit au saint édifice et il n'en resta que des cendres. « Eh bien ! « s'écriait Huntington , le temple bâti par Salo- « mon et celui que construisit Cyrus brûlèrent a aussi tous les deux. Cela fera la joie des Phi- « lislins ! n'ont-ils pas triomphé quand l'arche « fut prise ? Mais leur joie fut courte. Ce que je « sais, c'est que cet événement aura eu lieu pour '■ notre bien. Comment ? je l'ignore » Effectivement, à peine eut-il dit qu'il songeait à se retirer en Ecosse ou bien à Suflblk , à Ély , en un mot, dans quelques-unes des villes où avait pénétré sa doctrine, que les huntingtoniens de Londres crurent tout perdu : dons, souscriptions affluèrent, et un second temple bien plus beau que le premier s'éleva comme par enchantement dans Grayslnn-Street, sous le nom de Chapelle de la Providence. Ce n'est pas tout : les fidèles prosélytes lui en firent don en toute propriété , sans qu'il
fût en rieo responsable des dettes contractées pour l'élever. Il avait bien provoqué, on pourrait dire exigé ce don, mais il faut croire qu'il se faisait illusion à lui-même sur ce qu'il y avait de très-peu théologal dans cette demande ; peut-être avec un tact que n'ont pas tous les hommes en vogue sentait-il que sa renommée pouvait s'évanouir, «iue sa secte pouvait s'enthousiasmer d'un autre que lui, et dans cette perspective il s'incrustait à la chapelle pour n'être abattu qu'avec elle. Il en eût été ainsi sans doute, si comme tant d'autres sectaires il fût mort septuagénaire ou octogénaire. Mais il ne devait point arriver à quarante ans : à peine au milieu de la carrière , il voyait ses forces faillir et s'éteindre. « chaque « jour je suis averti qu'il faut quitter cette deh meure d'argile : j'ai beau y dépenser du plâtre « et du badigeon , la peste est dans le logis , la « lèpre est dans les murailles ; il faut que la mai- « son tombe. » Et ailleurs : « Mon souille s'épuise, « mon huile diminue, ma cruche est vide, mon « vieil homme vit encore et le diable n'est pas « oisif. » Il mourut a Tunbridge Wells en 1813, et fut inhumé à Lewes dans un terrain attenant à la chapelle d'un de ses disciples. Son épilaphe est ainsi conçue : ■ Ci-glt le charbonnier aimé de « son Dieu , mais abhorré des hommes : aux « grandes assises le juge qui sait tout ratifiera « et confirmera cela pour la confusion de plu- « sieurs ; car l'Angleterre et sa métropole con- « naîtront qu'il y a eu un prophète parmi eux. » Parfois en effet Hunlington avait tranché du prophète ; mais ses prophéties , quand il les accompagnait de dates trop fixes ou trop prochaines, recevaient de prompts démentis. Ainsi , par exemple, lors de l'expédition de Bonaparte en Egypte , il prédit en chaire que ni lui ni un soldat de son armée ne reviendrait en Europe. Depuis ce petit échec, il eut soin de ne faire que des prédictions moins compromettantes. Telle est, par exemple, celle du triomphe momentané des papistes : dissidents, arminiens, sociniens, méthodistes même se rallieront au saint-siége, et la désolation du protestantisme durera soixante-dix ans ; au bout de ce temps la papauté rentrera dans les ténèbres. D'après les meilleurs calculs sur les nombres de là bête de l'Apocalypse , ce sera en 1866 ou 1870 , un peu plus tôt peut-être si l'on adopte les années lunaires d'usage en Orient. Ce qu'il y a de singulier , c'est que des adhérents de Hunlington beaucoup étaient des hommes de mérite , des hommes du monde ; c'est ainsi que, tout en usant des artifices du charlatanisme , il était souvent de bonne foi, et que, sans perdre un seul moment de vue ses intérêts , il avait une piété sincère et une confiance inébranlable en la Providence. C'est ce dont se convaincra tout lecteur impartial en parcourant le volumineux recueil de ses Œuvres, en vingt gros tomes in-octavo. Cette collection parfois fastidieuse est curieuse pour celui qui veut étudier les aberra-
tions du cœur humain , et souvent présente un grand charme. On pourrait en tirer de vrais mémoires sur Huntington , et il s'y trouve une foule de passages dignes des Confessions de Jean- Jacques ou de celles de St-Augustin. A notre avis on ne saurait nier que les préoccupations de Huntington ne soient voisines de la monomanie , et certes on a enfermé des hommes plus sains d'idées qu'il ne l'était. Cependant sa finesse , une fois qu'il eut trouvé un théâtre ,. montre qu'il ne se trompait point sur le réel de la vie présente , et d'autre part on doit avouer que ses préoccupations mêmes plaisent par la naïveté, par l'originalité. Un de ses ouvrages a pour titre : Dieu le protecteur du pauvre et le banquier de la foi, ou Manifestation des providences de Dieu éprouvées plusieurs fois par fauteur. H y pose en principe que Dieu et l'homme sont comme en relation d'affaires par la foi ; les promesses du premier sont les billets de banque du chrétien ; une foi vive tirera toujours sur le divin banquier qui souvent acquittera les traites à vue ou bien plus tôt qu'on n'oserait l'espérer : « L'esprit de prière et un besoin pressant « inspirent au vrai fidèle la hardiesse de s'adres- « scr à la caisse inépuisable du ciel. » Suivent des récits pleins d'intérêt en vérité, bien que minutieux et peu nobles, lesquels nous montrent à tout instant la vive foi du pécheur sauvé tirant ainsi sur son créateur, et la providence divine se plaisant par des aubaines inespérées à faire honneur aux traites de toute nature qui lui viennent sur les ailes de la prière. Les autres ouvrages de Hunlington sont: 1° Des Sermons, qui pèchent surtout par l'incorrection et la prolixité, mais où l'on ne peut méconnaître de l'onction, de l'entraînement, une fécondité inouïe de tours, d'idées et d'images empruntées à la Bible, et cette verve populaire plus voisine de la haute éloquence que les périodes académiques de beaucoup de sermonnaires en renom ; 2° des Dissertations et traités de controverse, remarquables la plupart par un ton d'acrimonie et de satire digne des premiers puritains ou de la polémique de Luther, mais parfaitement adapté au goût des lecteurs habituels de Hunlington. On peut en juger par le titre de ce pamphlet contre Timothcc Priestley : le Barbier, OU Timothée Priestley rasé comme on le voit dans son propre miroir et rasé par CuilL Hunlington P. S. ; l'épigraphe , empruntée à Ézéchiel , est : •« Fils de l'homme , prends un couteau bien ai- « guisé , prends un rasoir de barbier !» 3° Des Lettres fort nombreuses à ses amis et à ses prosélytes. Cette correspondance à elle seule ferait vivre le recueil ; c'en est la plus belle partie. La franchise avec laquelle ses correspondants lui dévoilent leurs petites misères et lui demandent des avis, comme des pénitents à un prêtre catholique, l'intérêt qu'évidemment éprouve pour eux leur guide spirituel, tantôt menaçant et rigide, tantôt plus doux, prêtent à cet échange de confidences et de consolations un charme de fascina-
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tion, comme toute page dont l'auteur a beaueoup senti ou fait beaucoup sentir. 4° Des Poésies médiocres ou même mauvaises, ainsi qu'on peut s'y attendre, bien qu'il les corrigeât souvent et longtemps. Huntington s'y montre le gauche imitateur de Bunyan, qu'au reste tant d'autres ont gauchement Imité ; un de ses morceaux les plus curieux est son Voyage. Il s'agit d'un voyage spirituel que fait l'auteur à bord du navire la Grée», capitaine Jésus, en charge pour la ville de Sion. Souvent ballotté par l'orage, le vaisseau double pourtant le cap de Bonne-Espérance , mais en vue du port il est attaqué et pris par le corsaire Dissolution, capitaine la Mort. Mais quand le pirate triomphe, le tonnerre tombe et brise la Dissolution du mât à la quille, la Mort tombe dans l'Oce'an et les captifs débarquent sains et saufs. Ce pofme allégorique , farci d'un bout à l'autre de termes théologiques et de termes de marine, fut commencé dans le temps où l'auteur portait encore des sacs de houille à Thames Ditton. Pour y mettre la dernière main , il voulut aller à Chatham visiter un vaisseau de première classe. — Les buntingloniens forment une des trois divisions de la grande 6ecle méthodiste où Wesley, puis Whitefleld ont été chacun les chefs de file d'une opinion. Ce qui distingue le huntingtonlanisme des deux autres nuances de méthodisme , c'est la théorie de l'élection. Selon cette secte , les élus ou prédestinés (deux mots synonymes pour Huntington) ne peuvent pécher ou plutôt pèchent impunément, attendu que leur salut est assuré de toute éternité dans la pensée de Dieu : mais elle reconnaît la nécessité de la foi, et par cette restriction à l'inutilité des œuvres propres de l'homme pour le salut, bien qu'on puisse la qualifier d'antinomienne, son antinomianisme reste en deçà de celui du 4e siècle, comme par sa doctrine de l'impossibilité où est le péché de mettre en danger l'âme d'un élu , elle va au delà de Wesley et de Whitefield. P— ot.
HUNYADI (François), médecin et pofc'te, né en Transsylvanie, dans le 16« siècle, fit ses études en Hollande et à Padouc. Après son retour, il devint médecin du roi de Pologne Etienne Dathori. Ce prince étant mort, Hunyadi se rendit à la cour de Sigismond Balhori en Transsylvanie. 11 cultiva la poésie latine avec beaucoup de succès ; on a de lui : 1° Epigrammaton in opus Hier. Mercurialis de morbis paerorum. Yen., 1588; 2° Votivum in ejusdem opus de venenis. ibid., 1388; 3° Versus lugubres posthttmis Stephani régis honoribus nuncupati, Cracovie, 1588, in-4°. C— au.
HUOT (Jean-Jacques Nicolas), savant géologue , l'un des membres fondateurs de la société géologique de France, et continuateur du Précis de la géographie universelle de Malte-Brun, naquit à Paris le 12 février 1790. Jacques Huot, son père, exerçait dans cette capitale la profession de doreur sur métaux, et Michèle-Louise Picoux, sa mère , était fille d'un meunier d'issoudun. Ce fut
à l'enthousiasme de celle-ci pour les œuvres du philosophe genevois qu'il dut ses deux premiers prénoms, et comme le troisième , qu'il tenait de son parrain , lui paraissait pèu distingué, elle l'appela toute sa vie Amédée. Ce fut sous ce nom qu'on le mit en nourrice et qu'on continua de l'appeler. Peu de temps après la naissance de Huot, son père ayant disparu , sa mère obtint le divorce et se remaria avec M. Lemonnier, commissaire de la trésorerie nationale. Jusqu'à l'âge de sept ans Amédée avait passé sa vie au milieu des champs dans une famille de paysans , dont il se croyait le fils, lorsque M. et madame Lemonnier le firent revenir à Paris, où ils s'occupèrent de son éducation. Des répétiteurs lui apprirent le latin, le grec et les mathématiques, et plus tard il fut placé par son beau-père dans une étude de procureur, d'où il s'esquivait en cachette pour suivre le plus assidûment possible des cours d'arabe, de grec moderne, d'archéologie, et principalement d'histoire naturelle, vers laquelle son goût le portait plus particulièrement. Ce fut ainsi qu'il mit à profit les leçons des Say, des Hase, des Millin, des Faujas de Saint-Fond, des Haûy, des Ad. Rrongniart, des Vauquelin, des Cuvicr, des Desfontaines, des Jussieu. Dans chacun de ces cours il recueillait des notes qu'il passait ensuite une partie des nuits à rédiger. En 1807 il fallut renoncer momentanément à ses chères études, car M. Lemonnier, voulant qu'il suivit la carrière administrative, l'envoya à Metz, chez son ami M. Henri Weyer, payeur de la 2« division militaire, dont Huot épousa plus tard la fille. Plein de bonté pour son jeune employé, M. Weyer, tout en l'occupant pendant quelques heures de la matinée dans ses bureaux, lui permit de continuer ses études; il lui donna un maître d'allemand, un professeur de mathématiques, et lui facilita l'entrée de la bibliothèque et des cours publics. Après avoir satisfait à la conscription, il continua à se perfectionner dans la géologie et la minéralogie jusqu'en 1811 , que par la protection de son beau-père il fut nommé entreposeur des tabacs à Versailles, place lucrative qui lui permettait de vivre honorablement et de partager son temps entre ses devoirs et ses goûts, quoiqu'il ne touchât qu'une faible partie des appointements dont M. Lemonnier s'était réservé la plus grande. Marié en 1815 à mademoiselle Weyer, il fut en 1821, avec MM. de Broglie, Guizot, de Gerando, Jomard, Benjamin Constant et quelques autres hommes d'élite, l'un des fondateurs de la Société de la morale chrétienne. Il fournit de nombreux articles au recueil publié par elle, principalement sur les institutions de bienfaisance dans les pays étrangers. II fournit aussi à une publication spéciale , le Musée des protestants célèbres, divers articles biographiques sur Guillaume de Nassau, prince d'Orange; Louis de Bourbon, prince de Condé; Jeanne tTAlbret, reine de Navarre; Le /ebered'Etaples, Louis de Berquiyny. Marguerite de