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Valois, Renée de France, Anne Dubourg. A la même époque il acheta, avec l'un de ses beauxfrères et deux autres hommes de lettres, un journal quotidien, le Courrier des spectacles, qui, tout en s'occupant surtout de littérature, se permettait parfois des allusions politiques qui en amenèrent la suppression. Les propriétaires réunis se voyaient menaces d'une perte considérable, lorsque lluot eut l'idée de changer le litre du journal, d'arborer un pavillon qui dénotât franchement sa tendance progressive, et d'envoyer le lendemain même aux abonnés, sans autre avis, non plus le Courrier des spectacles, mais le Corsaire. C'est ainsi qu'il fut le parrain de ce précurseur du Churicari, qui a survécu à tous ses concurrents,, et s'est fondu depuis avec l'un d'eux sous le nom de Corsaire-Satan, pour devenir ensuite le Figaro, du moins par l'adjonction à cette feuille d'une partie de ses rédacteurs. Tandis que les collaborateurs de lluot défrayaient le journal de mots piquants et de comptes rendus de théâtre, le futur continuateur de Malte-Brun donnait au Corsaire une teinte plus sérieuse en lui fournissant des articles de fonds, notamment sur la vie privée des anciens. C'est dans ses colonnes qu'il fit connaître la portée des connaissances géologiques qu'il avait acquises par dix ans d'études consciencieuses. C'était en 182-i; la curiosité publique était vivement excitée par un prétendu homme et un prétendu cheval fossiles trouvés près de Moret dans la forêt de Fontainebleau , et qui présentaient au premier aspect quelque analogie avec les corps renversés d'un homme et d'un cheval, lluot, dans un premier article du Corsaire portant la date du 27 juillet, examina d'abord ce que l'on doit entendre eu géologie par ces mots : Fossiles, pétrification, incrustation, et il établit que, ni le cheval ni le cavalier ne présentant la charpente osseuse de ces deux êtres, on ne pouvait, avec la meilleure volonté du monde, les placer dans la classe des fossiles. Dans un second article, il établit que le cheval et le cavalier démonté n'étaient pas davantage des pétrifications . et il se fonda par analogie sur l'exemple des coquilles pétrifiées, qui, bien qu'hermétiquement fermées, ne présentent pourtant aucun cartilage, aucune membrane de l'animal qui les habitait, tandis qu'on faisait voir dans l'homme fossile les muscles des bras. Dans un troisième article, il prouva que l'homme et le cheval du long-Rocher ne pouvaient être davantage des incrustations, attendu que la science n'admet que des incrustations calcaires, c'est-à-dire d'une composition toute différente du grès, ou siliceuses, c'est-à-dire analogues au grès quant à leur principe, mais non quant à la forme, puisque les eaux chargées de molécules siliceuses qu'elles déposeraient sur un corps quelconque n'y formeraient pas un dépôt de grés, mais une couche dure, serrée, compacte, en un mot un véritable silex. Enfin dans un quatrième article, il réfuta l'opinion
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de M. Barruel, savant chimiste, qui, ayant reconnu par l'analyse des matières animales dans le grès de Moret, en concluait que ces deux morceaux étaient un trésor d'histoire naturelle. Il terminait d'une manière aussi logique que spirituelle en montrant dans ces deux prétendus fossiles une bizarrerie fortuite de configuration qui ne résistait pas à un examen sérieux; aussi, dit-il, plus vous tous éloignerez et plus l'illusion sert complète. « Ces articles, qui n'étaient point signés, « furent, dit lluot fils, assez généralement altri- « bués au célèbre Cuvier. » Une polémique assez vive s'engagea à ce sujet entre les propriétaires du prétendu fossile et Huot, qui gardait toujours l'anonyme, et une assez méchante plaisanterie de l'un des rédacteurs du Corsaire qui écrivait le •i septembre : « Depuis que la généralité des sa- « vants s'accorde à dire que le prétendu fossile « n'est que du grès, on assure que les proprié* « taires désespérés sont malades de la pierre, » fut sur le point d'amener un duel. Le ministre de l'intérieur ayant appelé l'attention de l'Académie des sciences sur une question qui préoccupait alors tous les esprits, une commission, dont M. Geoffroy St-llilaire était rapporteur, fut nommée par ce corps savant. Cédant à l'insistance tic se* amis, lluot se décida à transformer ses lettres eu mémoire; il refit son travail, auquel il donna une forme plus sérieuse, le fit imprimer, et le jour où le rapporteur devait prendre la parole, il lui eu fit remettre un exemplaire, ainsi qu'à chacun des membres de l'Académie. Quoique l'auteur portât un nom qui ne s'était pas fait connaître encore, le savant géologue , au lieu de lire le rapport qu'il avait préparé, déclara hautement à l'assemblée « que l'écrit qui était entre ses mains et entre « celles de chaque académicien examinait la ques- « lion avec tant de précision , en présentait des con- « clusions tellement semblables à celles de son rap- « port, qu'il croyait inutile de lire ce dernier, et « que, pour ménager le temps de F Académie, il n'y a avait rien de mieux à faire que d'adopter les con- » clusions du Mémoire. » La question scientifique de l'homme fossile eut du retentissement ; le mémoire de Huot fut inséré dans les Annales des sciences naturelles, et tous les journaux français et plusieurs recueils étrangers citèrent son nom avec éloge. Ce premier pas étant fait, ses amis l'engagèrent à vaincre la répugnance qu'il avait à donner de la publicité à quelques travaux terminés par lui en silence. Par suite des relations qu'il établit avec MM. Audouin, Ad. Brongniart et Dumas qui venaient de fonder les Annales dont nous venons de parler, il publia dans ce recueil des Observations sur le banc coquillier de Grigno*. sur le calcaire renfermant des débris de végétaux, et sur les couches supérieures de cette localité; une notice sur la vie et sur les travaux de J. V. F. Lamouroux, savant zoologiste qui l'avait honore de son amitié et qui venait de terminer une carrière laborieuse; ainsi que quelques considérations géo-
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logiques sur la présence d'animaux vertèbre'» dans les différentes coueket de notre globe. Il insérait en même temps dans la Galerie française, recueil biographique et isographique, une autre notice sur l'illustre et infortune' Lavoisier, qui, lui aussi, avait écrit sur la géologie à une époque où cette science n'avait encore ni règles ni éléments fixes. Ce fut dans le temps où il s'occupait de ces publications que des revers de fortune vinrent ruiner toutes les espérances de Huot. Maîtrisé par une position particulière, entouré d'une jeune famille, il ne se laissa pas abattre; mais il ne dut plus chercher à se faire un nom qui aurait pu le conduire peutêtre à l'Institut, honneur qui eût été le but de toute son ambition. 11 consacra donc ses jours et souvent ses nuits pour le public, en se livrant à des publications lucratives. Si cependant on l'a vu depuis être l'un des fondateurs de la société géologique de France (1830) et assister à plusieurs de ses sessions extraordinaires, à Beauvais, Autun et Grenoble, étudier divers points du département de Seine-et-Oise et professer la géologie et la minéralogie à la société des sciences naturelles de Versailles, c'est qu'il avait un excès de zèle qui lui donnait la force de faire succéder, pour se reposer, des travaux de diverses natures. II a inséré en effet dans les Mémoires de la société Linnécnne de Normandie une Notice géologique sur un terrain occupant sur la rive droite de la Seine la plaine située entre la montagne de Triel et la rivière, et sur la rive gauche l'espace compris de Meulan à Rolleboise, et dans les Mémoires de la société des sciences naturelles de Versailles, une autre Notice géologique sur les terrains qui s'étendent à test de Rambouillet, et qui comprennent la vallée de la Remarde. Pendant que Huot se livrait à ces travaux multipliés , et dont la plupart étaient gratuits , ses ressources pécuniaires se bornaient au revenu de sa place d'entreposeur de tabacs, tandis qu'il avait cru devoir s'engager personnellement à rembourser un capital de quatre-vingt mille francs dont la famille de son beau-père était restée débitrice par suite des spéculations malheureuses dans lesquelles il était intéressé. Aussi accueillitil avec un vif empressement, en 1820, l'offre de l'éditeur du Précis de la Géographie universelle de Malte-Brun, qui lui proposait de continuer la rédaction de cet ouvrage , que la mort du savant Danois (14 décembre 1826 ) venait de laisser inachevé (1). « Le jour où le traité fut signé, raconte « M. Paul Huot, son fils, le pauvre logis, si « triste depuis quelques mois, vit ses hôtes se « livrer à une joie inaccoutumée, et jamais dans •< les somptueux repas qui s'étaient donnés aux « beaux jours de la prospérité commerciale de la « maison Weyer, jamais l'argenterie ciselée qui « étincelait aux feux des bougies ne fit un aussi
(1) L'éditeur Aimé André" accordait a M. Huot cent francs par feuille d'impression : ce n'était, dit ton (Us, que la moitié de en que payent les Revues mensuelles, et la propriété resuit 4