‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 31 sur 106 · IH'O · texte numérisé non relu

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«i réjouissant cliquetis que firent ce jour-là nos « fourchettes de fer sur nos assiettes de faïence. « Les travailleurs avaient trouve de l'ouvrage. » Vers la même époque, Huot fut chargé de continuer le Dictionnaire de Géographie physique. commencé par Desmarets, dans Y Encyclopédie méthodique, et il fournit les articles de minéralogie et de géologie à Y Encyclopédie moderne, dirigée par M. Courtin. La première édition du Précis de la Géographie universelle, terminée en 1829, dont Malte-Brun avait composé les six premiers volumes et une portion du septième, et Huot les trois quarts de ce septième et la totalité du huitième , portait seulement le nom du célèbre Danois. Dans les deux éditions qui suivirent, terminées l'une en 1837 et la troisième en 1841, les noms de l'auteur et du continuateur figurèrent à la fois sur le titre; mais la part du premier, quoique la moins importante en apparence, si l'on se borne à calculer, dans ces deux dernières éditions, le nombre de pages qui appartiennent à chacun d'eux, l'est infiniment plus sans aucune espèce de comparaison. C'est, en effet, Malte-Brun qui a conçu le plan de l'ouvrage, modèle que les géographes futurs s'efforceront d'imiter, et dont quelques parties sont des chefs-d'œuvre de précision et d'éloquence; c'est lui qui a eu le premier le mérite de rendre intéressante la lecture de la géographie, ainsi que le reconnaît Huot lui-même dans l'avertissement qui précède le tome -i de la troisième édition : «t La composition tlu Précis est, « suivant un juge compétent, neuve par la forme , « par le style et par les pensées... Malte-Brun a « évité la sécheresse des méthodes abstraites , en « combinant les méthodes naturelles et les divi- « sions politiques , en réunissant les peuples « d'origine commune, en s'emparant de tous les « souvenirs, en rattachant à l'inventaire du sol a l'homme dans sa physionomie native avec ses « mœurs, sa langue, son culte et ses annales, en « parlant toujours à la pensée et à l'imagination , n en replaçant enfin sur des bases philosophiques « une science trop longtemps dépouillée de son « véritable caractère et de ses charnues naturels... « Il a popularisé la géographie par ses vues «t élevées , ses couleurs locales , ses aperçus « piquants, son érudition sans pédantisme , ses r tableaux animés et ses ingénieux rapproebe- « ments entre la terre et l'homme , entre le monde « matériel et le monde moral... Quels que soient « les progrès de la science, le Précis restera « comme un beau monument ( 1 ). » C'est à peu près dans le même sens que M. Bory de Saint- Vincent l'apprécie (2) ; et nous ajouterons que quelques modifications qu'on ait fait et qu'on fasse subir au Précis, ce sera toujours l'œuvre de Malte- Brun , et devra conserver son nom , attendu que

(1| Notiettur Ut travaux dt la tocittè dt g.narnphi*. etc., Bullttin, 1827, par M. de la Renaudière, et notice biographique du même dans celte Biographie unwtrttllt.

|2| Rtru* tncyclopédique, t. 36, 1827, p. 075.

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les principales de ces modifications ne peuvent être que des rectifications mote'rielles dont il avait senti la nécessité pour tenir au courant la géographie , science essentiellement progressive , rectifications qu'il eût faites lui-même et mieux que tout autre, si la mort ne l'eût point enlevé à la science, pour ainsi dire dans la force de l'âge ; et que ses continuateurs quels qu'ils soient devront, s'ils veulent obtenir l'assentiment des hommes compétents et du public même, conserver son plan, les formes qu'il a adoptées, etc., et chercher surtout à imiter son faire, sa méthode. En 1851, lors des élections municipales qui curent lieu à Versailles, où Huot avait établi sa résidence, il fut nommé conseiller, et concourut efficacement aux travaux de ce conseil, ainsi qu'à ceux de la Société dei sciences morales, lettres et artsàt Seinc-et-Oise, dont il fut l'un des fondateurs; il avait contribué précédemment à la création de la Société géologique de France, qui le comptait parmi ses plus zélés collaborateurs; il le fut aussi d'un grand nombre d'ouvrages périodiques. Huot fit, en 1837, partie de l'expédition scientifique chargée d'explorer, sous les auspices du prince Anatole Demidoff, la Russie méridionale et la Crimée; il est auteur de la partie géologique de la relation de ce voyage,

Îui lui valut, en 1839, la décoration de l'ordre e Ste-Anne de Russie, et publia plusieurs autres ouvrages dont nous donnerons plus tard les titres. L'état de sa santé le força, en 1844, de se rendre en Italie pour la rétablir; mais, n'ayant obtenu qu'un congé de deux mois, un séjour aussi restreint ne produisit aucun résultat. Rentré en France au commencement de 1845, encore valétudinaire, Huot, mis en demeure d'opter entre ses fonctions de bibliothécaire de la ville de Versailles, qu'il exerçait depuis plusieurs années, et celles d'entreposeur, renonça à ces dernières et fut admis à la réforme le 14 avril. 11 devait installer son successeur le 19 mal suivant, lorsque le 18 il se sentit pris d'élouffements douloureux, qu'une abondante saignée ne dissipa qu'en partie, et dans la matinée du lendemain il s'éteignit doucement sans souffrance, à l'âge de 56 ans. On doit à Huot, outre les ouvrages dont nous avons parlé dans le cours de cet article ! 1° Cours de géologie, Paris, 1838 , 2 vol. in-8°, avec atlas; 2° Manuel de géographie physique, 1839, 1 vol. in-18; 3° Description géologique de la Crimée, 1 vol. in-4°, compris dans l'ouvrage de M. le prince Demidoff; 4° Abrégé de géographie, Paris, 1842, 1 vol. ln-8° ; 5° Traduction de Pomponius Mêla pour la collection des classiques latins de M. Nisard. Parmi les ouvrages qu'il avait terminés et qui n'ont point été publics, on cite une Traduction entièrement revue et corrigée de la Géographie populaire de Goldsmith et un Manuel de Paléontologie. M. Hardouin Michelin, qui était, ainsi que Huot, l'un des fondateurs de la Société géologique de France, a lu dans la séance de cette société, du 1 G juin 1845, une notice lur ce savant, et

HUP

M. Paul Huot fils aîné, aujourd'hui magistrat, attaché au parquet d'une de nos cours impériale», en a publié également à Versailles, en 1846, une autre très-dé veloppée sur la vie et les œuvres «le son père. C'est principalement dans ce» deux notices que nous avons puisé les renseignements qui nous ont servi à rédiger cet article. D — i — s.

HUPPAZOLf (François), l'un des centenaires les plus remarquables des temps modernes, naquit à Casai, le 15 mars 1587, de parents aisés. Après avoir terminé ses études, il se rendit à Rome, et, pour obéir à son père, prit l'habit ecclésiastique, mais sans engager sa liberté. Son inclination le portait à voyager; et il profita d'une circonstance favorable pour visiter la Grèce et les échelles du Levant. S'étant arrêté à Scio, il s'y maria en 1625 : quelques spéculations commerciales lui ayant réussi, il se trouva bientôt maître d'une fortune médiocre, mais qui lui parut suffisante. Il vécut dès lors exempt de toute espèce de soin et d'inquiétude ; et l'on ne peut douter que cet état de calme n'ait beaucoup contribué à maintenir sa santé. Sa conduite était très-régulière ; il remplissait avec exactitude ses devoirs religieux, soulageait les pauvres, entretenait la paix dans sa famille, et aidait de sa bourse, ou de ses conseils, tous ceux qui s'adressaient à lui. 11 avait adopté un régime sévère, dont il ne s'écarta jamais sous aucun prétexte ; il ne faisait usage d'aucune liqueur fermentée, mangeait peu, et seulement du gibier rôti ou des fruits, se couchait à l'entrée de la nuit, et se levait de très-grand matin. 11 entendait la messe, faisait une promenade de plusieurs heures, se renfermait ensuite pour écrire sa correspondance, et donnait le reste du jour à la société que réunissaient, autour de lui, ses talents et l'amabilité de son caractère. 11 avait quatre-vingt-deux ans lorsqu'il fut pourvu du consulat de Venise à Smyrne (1669); et il déploya dans cette place beaucoup de prudence et d'activité. La guerre interrompit ses fonctions ; mais il revint à Smyrne, en 1699, à l'âge de cent douze ans, et reprit l'exercice de sa charge. 11 faisait encore , a cette époque, sa promenade du matin ; et il lui arrivait souvent de la prolonger à jeun pendant trois et quatre heures, au travers des rochers et des montagnes. Il tomba malade, pour la première fois, en 1701, d'une fièvre, dont il guérit au bout de quinze Jours; mais il était resté sourd, et cette infirmité cessa au bout de trois mois. Quelque temps auparavant, il avait perdu ses dents, et 11 était réduit à ne vivre que de bouillie : mais ses gencives se durcirent au point qu'il cassait facilement les os de poulets et de poulardes, dont il fit sa dernière nourriture. 11 fut attaqué de la gravelle dans le courant de l'hiver qui suivit sa maladie ; et un rhume l'emporta, le 27 janvier 1702, dans sa 115" année. Huppazoli était d'un tempérament ferme et d'un caractère doux et modéré : il n'eut jamais d'autre passion que celle des femmes; mais U la porta jusqu'à l'excès. II avait été marié

cinq fois : il épousa sa dernière femme à quatrevingt-dix-huit ans, et il en eut encore quatre enfants. Les quatre premières lui en avaient donne vingt; et on lui en connaissait vingt-cinq illégitimes. Il n'éprouva aucune des incommodités partage ordinaire de la vieillesse ; il eut, jusqu'au dernier moment, le libre usage de ses facultés physiques, et une mémoire excellente. On dit, qu'à l'Age de cent ans, ses cheveux, de blancs qu'ils étaient, redevinrent noirs, ainsi que sa barbe et ses sourcils, et qu'à cent douze ans il lui perça deux grosses dents. Il laissa, en manuscrit, le Journal des événements les plus importants de son temps, 22 vol. in-fol. On peut consulter, sur Huppazoli, une lettre écrite de Smyrne, et insérée dans le Mercure d'août 1702. W— s.

HUQUIER (Jacques-Gabriel), dessinateur, graveur et marchaud .d'estampes à Taris, naquit à Orléans, en 1605. On a de lui un grand nombre de gravures à l'eau forte, d'après Boucher, Valteau, Gillot, et d'autres maîtres français; mais ce qui le distinguait surtout, c'étaient ses profondes connaissances dans les arts, et l'usage qu'il en faisait. Huquier avait une nombreuse collection de dessins et d'estampes; et certains jours de la semaine, ses portefeuilles étaient ouverts à tous les artistes et amateurs qui se présentaient. Les jeunes artistes, surtout, étaient l'objet de sa prédilection ; et il leur prodiguait ses conseils avec un zèle peu commun. Huquier mourut en 1772. — Son fils, Gabriel Huquier, qui est mort en Angleterre, a aussi gravé beaucoup de sujets dans le môme genre que son père. I' — e.

HURAULT. Voyet Chiyerny.

HURD (Richard), évéque anglais, né en 1720, à Congrève dans le comté de S ta fi ut 1 , occupait une petite cure dans le comté de Leicester, lorsque le célèbre évéque Warburton, qui eut occasion d'apprécier son mérite, résolut de le tirer de l'obscurité où son goût l'aurait probablement retenu toute sa rie, et lui procura l'archidiaconat de Gloucesler, ainsi que la place de prédicateur de la chapelle de Lincoln's-inn, que lui-même venait de résigner. Hurd s'était fait connaître avantageusement par la publication (en 1749) d'un Commentaire sur l'art poétique d'Horace, reproduit en 1757, avec deux dissertations sur le drame poétique , et une lettre à Mason sur les indices d'imitation. Cet ouvrage, dont il a paru depuis, en 17G5, une quatrième édition, en 5 volumes in-8D, et une cinquième, en 1776, est regardé comme un des meilleurs morceaux de critique qui existent. En 1751 , il avait publié un Commentaire sur l'épttre à Auguste (la 1" du 2* livre), réimprimé en 1757, avec le commentaire précédent. Ses Lettres sur la cheialerie et les romans, qui furent mises au jour pour la seconde fois, en 1765, avec ses Dialogues moraux et politiques , et surtout douze discours qu'il prononça dans la chapelle de Lincoln's-inn , pour la leçon fondée par Warburton sur l'éclaircissement des prophéties, ajoutèrent beaucoup à sa réputa-

tion , et lui procurèrent d'illustres et utiles protecteurs. Il fut nommé précepteur du prince de Galles et du duc d'York : en 1775, le roi lui donna l'évêché de Lichfield et Coventry, et, en 1781, la place de secrétaire du cabinet (clerk of the eloset). Il fut transféré, la même année, au siège épiscopal de Worcester, et eut, en 1783, l'honneur d'être nommé à l'archevêché d'York, et à la pritnatie de toute l'Angleterre , qu'il refusa. Ses douze discours pour l'éclaircissement des prophéties ne furent imprimés qu'en 1772, sous le titre A' Introduction à V étude drs prophéties. En 1769, il publia, en 2 volumes in-8°, les OEuvres choisies de Cowley, avec une préface et des notes ; et en 1776, un volume de ses sermons , qui fut suivi de deux autres volumes en 1781. Son ouvrage le plus considérable est une édition de Warburton, 1788, 7 vol. in-4°, à laquelle, en 1795, il ajouta un supplément contenant la vie de l'auteur : mais c'est plutôt une apologie de ce théologien célèbre, dont il ne parlait jamais qu'avec enthousiasme. Dans sa jeunesse, il avait fait paraître un pamphlet intitulé Essai sur la délicatesse de l'amitié, où il s'était proposé de venger son protecteur contre une attaque du docteur Jortin. Cette tentative avait ameuté contre lui tous les ennemis de Warburton , qui le poursuivirent avec acharnement jusque dans ses dernières années. Hurd était cependant un homme d'un caractère doux et modéré , quoique David Hume, dont il avait attaqué l'Essai sur l'histoire naturelle de la religion, en laissant paraître sous son nom la réfutation de cet ouvrage par Warburton (toy. Hume), lui ait reproché toute la pétulance intolérante , l'arrogance et la scurrilité de l'école warburtonienne. Le zèle de l'amitié, seul, aurait pu l'entraîner au delà de sa modération naturelle. Ses ouvrages prouvent autant de savoir que de logique et de sagacité; son style se distingue par l'élégance et la pureté. Il mourut à Hartiebury, le 6 juin 1808, Agé de 89 ans. On a imprimé un volume in-4° des lettres que lui avait adressées Warburton et dont il a été fait, en 1809, une édition in-8". Grand admirateur du style d'Addisson, il avait préparé une édition de ses ouvrages, avec des notes philologiques, et qui a été imprimée en 6 volumes in-8°, Londres, 1815. Il avait paru en 1810, une réimpression de son édition de Warburton, et, pour la première fois, une édition du recueil de ses propres écrits, en 8 volumes in-8°. L.

HUHÉ (Charles), né à Champîgny-sur- Yonne, diocèse de Sens, le 7 novembre 1659, vint étudier à Paris, où il eut une bourse au collège des Grassins. 11 fut professeur de troisième et de seconde dans le même collège pendant vingt-cinq ans. Sa connaissance des auteurs grecs et latins dans toutes les branches de la littérature, une mémoire trèsheureuse , beaucoup de délicatesse dans l'esprit » une grande facilité à s'exprimer avec pureté et beaucoup de grâce en vers comme en prose ; tous ces avantages réunis avaient fait de Huré un des

professeurs d'humanités les plus remarquables de l'université de Paris. Il se livra ensuite tout entier à l'étude de l'Écriture sainte, qui lui fut d'autant plus facile qu'il pouvait la lire en grec, en latin et en hébreu. Janséniste très-prononcé, il a empreint tous ses ouvrages de ses opinions. Il fut élu principal du collège de Boncourt, où il mourut le 12 novembre 1717. Il a laissé : 1° une édition latine du Nouveau Testament avec de courtes notes, Kouen, 1694, 2 vol. in-12; 2° Aror«« Tettamentum regutisillustratum. teu canones tacra Scriptura certa methudo digesti, Paris, 1696, in-12. 3° Il abrégea ensuite cet ouvrage, et le donna en français sous le titre de Grammaire sacrée, ou Règles pour entendre te sens littéral de l'Ecriture sainte, Paris, 1707, in-12. 4° En 1702, il avait donné une traduction française du Nouveau Testament et de ses notes latines augmentées, 4 vol. in-12. On imprima aussi sa traduction sans les notes en différents temps et en divers formats. Comme cette traduction n'était guère que celle de Mons, retouchée en quelques endroits, les évéques de Marseille, de Toulon et d'Apt la censurèrent presque aussitôt qu'elle parut. 5° Un Dictionnaire de la BihU, qu'il avaitM'abord composé en latin et qu'il publia en français, Reims. 1715, 2 vol. in-fol. Son but dans cet ouvrage est d'expliquer les différentes significations des termes de l'Ecriture, les hébralsmes et les autres façons de parler usitées dans les livres saints. 6° Charles Huré revit aussi avec quelques autres les Ëpttres de St-Paul , de la traduction de Sacy, avec le sens littéral et spirituel , les Epltres catholiques et l'Apocalypse. On a même inséré sa traduction dans un Recueil dépilres et d'évangiles, augmenté de prières pour les dimanches et fêles, à l'usage des fidèles. B — i> — e.

IIUHET (Grégoire), dessinateur et graveur, né à Lyon en 1610, a beaucoup gravé d'après ses propres destins : néanmoins ses estampes sentent la couleur ; ses effets sont piquants ; sa manière est large ; ses tètes ont de l'expression ; ses conceptions sont neuves et ingénieuses ; ses draperies sont bien jetées, ses accessoires riches ; sa gravure est moelleuse et facile : cependant il y manque un je ne sais quoi qui l'a empêché d'atteindre à une réputation méritée à certains égards. Huret a gravé plusieurs portraits, et différents sujets d'histoire, d'après Vouet, Champagne, Bourdon, et autres maîtres français. On a de lui en outre l'histoire de la Passion en trente pièces de sa composition. Cet artiste est mort à Paris en 1670. H s'était aussi occupé d'architecture, et a donné Sur cet art : 1° Règle précise pour décrire le profil élevé dufustdes colonnes. Paris, 1665; 2° Réponse de Grégoire Huret au quatrième article du journal dit des Savants, 11 mars 1665. Les journalistes n'ayant pas répliqué, Huret revint à la charge, et publia Cinq avis donnés par G. Huret aux auteurs du journal dit des Savants, en considération de ce qu'ils sont demeurés sans réplique à sa réponse, în-4». P— e.

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HURN ( Guillaume ) , sectaire anglais, né a Hockham au comté de Norfolk, vers 1760, servit plusieurs années comme lieutenant dans la milice de Sufïblk pendant la guerre de l'indépendance américaine. Chose singulière ! cette guerre développa chez lui des idées religieuses qui finalement lui firent quitter sa carrière pour l'état ecclésiastique. La duchesse douairière de Chandos et une autre grande dame (Anne Henniker) le présentèrent en 1790 pour le vicariat de Debenham (Suffolk) ; et bientôt à ce bénéfice Hurn joignit la place de chapelain de la duchesse , qui du reste en avait plusieurs. Hurn divisa son temps entre les soins de son ministère, auquel il vaquait avec la ferveur la plus vive, et quelques travaux moitié littéraires, moitié ecclésiastiques. Jeune, il se livrait à la poésie, il y revint dans l'âge mûr, mais en consacrant toujours ses chants à des objets religieux. Consciencieux et sincère par-dessus tout, vers la fin de sa carrière il se sentit des doutes, soit sur la légitimité, soit sur la suprématie de l'Eglise anglicane; et, après une scrupuleuse "investigation, il crut devoir renoncer aux fonctions qu'il remplissait depuis un tiers de siècle. C'est ce qu'il annonça le 15 octobre 1822 à ses paroissiens, par deux sermons d'adieu. En vain ceux-ci firent des efforts de tout genre pour le garder, en vain allèrent-ils jusqu'à lui offrir d'élever à leurs frais à Debenham un oratoire pour son culte de prédilection, s'il voulait rester parmi eux, il déclina ces propositions fort singulières, il est vrai , et, renonçant aux avantages du ministère, alla s'établir à Woodbridge. Il faut dire qu'il était à l'aise, veuf depuis 1817 et sans enfants. Quelques adhérents le suivirent et formèrent autour de lui le noyau d'une congrégation qui prit un certain accroissement. Hurn construisit à ses frais une chapelle, la remplit des objets nécessaires au culte , et naturellement devint le chef religieux de cette petite association. Une grande liberté dans l'interprétation de l'Ecriture, et l'indépendance relativement à l'Eglise établie, en d'autres termes , la négation complète de toutes les idées hiérarchiques, tels sont les deux principes fondamentaux de la secte de Hurn, qui, comme les quakers, les méthodistes et d'autres mystiques, aspire à une haute pureté morale, et qui, bien qu'hostile à l'esprit de l'Eglise établie, suit sa liturgie sans scrupule. Hurn mourut le 9 octobre 1829. On a de lui : 1° La Colline des bruyères, Londres, 1777, in-4°, poème descriptif qui décèle de la facilité, de la lecture ; 2° les Bienfaits de la paix, et diverses poésies, Londres, 1784, in-4° ; 5° Hymnes et cantiques spirituels, s ni ri s d'une traduction métrique des psaumes, Londres, 1824, in-12, 2e édition. Le but de Hurn était de donner un nouveau livre d'hymnes embrassant toutes les matières et tout le cycle de l'année, et strictement conforme au dogme : comme poésie , cet ouvrage n'est guère au-dessus du médiocre ; toutefois on y sent un poêle ; à défaut d'abondance , il y a de La variété, de la précision, et parfois du raoure-

ment. 4" Plusieurs sermons, parmi lesquels nous citerons les deux derniers, reunis avec des remarques et additions en un volume intitulé Témoignage d'adieu, Londres, 1823, in-8°. I* — ot. . HURTADO DE MENDOZE. Voyez Mendoze.

HURTAULT (Maxuiilies-Joseph), architecte, né à llimingue, en 1705, de parents peu aisés, étudia «l'abord le dessin sous le directeur des fortifications de cette ville, et montra beaucoup d'aptitude pour les arts. S'étant rendu à Paris, où l'on voulait le placer dans une maison de commerce, il se fit tailleur de pierre. Chargé ensuite de diriger les constructions que la reine Marie-Antoinette faisait exécuter à Trianon , il fut employé comme dessinateur par Mique, premier architecte de cette princesse. Privé de sa place par la révolution, mais versé dans le dessin et les mathématiques, il entra d'abord dans l'administration de la grosse artillerie , puis fut nommé professeur adjoint à l'école polytechnique, et enfin inspecteur des salles du conseil des anciens et de celui des cinqcents. Il reprit alors l'élude de l'architecture sous l'ercier, qui lui confia l'inspection des grands travaux du palais des Tuileries, llurtault se présenta plusieurs fois dans les concours académiques, et il obtint un grand prix. A son retour d'un voyage tn Italie, pendant lequel il dessina une foule de monuments de tout genre, il fut nommé architecte du château de Fontainebleau. Les réparations importantes qu'il exécuta dans cette résidence royale lui firent le plus grand honneur. Il restaura complètement la galerie de Diane, fit construire dans le parc la fontaine du même nom , dessina un jardin anglais qui fut planté dans un terrain auparavant inculte et marécageux , donna le plan de la reconstruction des cascades du Tibre , répara la cour de la Fontaine, et fit élever dans la forêt une chapelle avec un porche pour servir d'abri aux voyageurs. Chargé de diriger les travaux de St-Cloud , ce fut lui qui construisit les petits pavillons de la grille de Sèvres. Enfin les édifices particuliers dont il fut l'architecte, notamment la maison du passage Sandrié , le manège de la rue St-Honoré, un hôtel rue de la Paix, la maison où il demeurait rue Richepance, attestent qu'il connaissait bien le génie de son art et savait approprier chaque construction à sa destination spéciale, llurtault mourut à Paris le 2 mai 1824. Admis à l'Institut en 1819, il faisait aussi partie du jury de l'école des beaux-arts ; il était un des architectes de la maison du roi, inspecteur général et membre du conseil des bâtiments civils. M. Mazois, au nom de ce conseil ; M. Vaudoyer, au nom de l'Académie des beaux-arts, prononcèrent des discours sur sa tombe. Sa bibliothèque était, pour un particulier, une des plus riches et des plus nombreuses en livres qui traitent de l'architecture. 11 en fit imprimer un premier catalogue, rédigé par M. Barbier jeune, Paris, 1805; in-8°. Après sa mort on en publia le catalogue général, Paris, Merlin, 1824, in-8°, avec une notice biographique et le

portrait de llurtault. Il possédait en outre une précieuse collection d'objets d'art et d'antiquités qu'il avait rassemblés depuis plus de trente ans. P— rt.

HURTAl'T (P.-T.-N.), maître de pension, ancien maître èsarts, et professeur à l'école militaire, était natif de Paris. Ce littérateur s'est distingué par quelques productions de différents genres. Ce sont : 1° Estait de médecine sur te Jlux menstruel et Traité des maladies de la tête, traduits du latin de Hubert Enett, 1739, 1757,in-12; 2° Coup d'œil anglais tur let cérémonies du mariage, soi-disant traduit de l'anglais, Genève, 1750, in-12; satire piquante de l'état conjugal et des cérémonies religieuses qui le consacrent ; ce n'est qu'une nouvelle édition des Cérémonies nuptiales de toutes les nations, par le sieur Caya, Paris, 1080, in-12; ô° llanuale rhetorices, 1757, in-12; plusieurs fois réimprimé; 4° le Pacte du destin , de l'amour , de l'hymen et dé la fidélité, poème sur le mariage du Dauphin, 1770, in-8"; 5° Bibliographie parisienne, année 1770 (en société avec d'IIcrmilly), Paris, 1774, G vol. in-8°; 6° Dictionnaire des mots homonymes de la langue française, Paris, 1775, in-12; très-bon ouvrage que n'a point fait oublier celui de Philippon de la Madelaine; 7° C Art de péter, essai théoriphysique et méthodique, en YVestphalie, chez Florent Q, rue Pel-en-Gueule, au soufflet (Paris), 1751 et 1775, in-12, flg. ; 1776, petit in-8°, en prose mêlée de vers ; 8° Dictionnaire historique de la ville de Paris et de set environs (en société avec Magny), Paris, 1779, 4 vol. in-8°, avec cartes et planches; on y trouve une biographie assez étendue des auteurs nés à Paris; 9° IchnOgraphie historique et généalogique des souverains de l'Europe (en société avec d'Ilermilly ), Paris, 1787, in-4°. Z.

HURTREL D'AHROVAL (Louis-Henri-Joseph), vétérinaire distingué, naquit le 7 juin 1777, àJ.Mciitreuil-sur-Mcr, où sa famille avait occupé pendant longtemps un rang honorable dans la magistrature, car ce fut un de ses ancêtres que cette ville mit, en 1031, à la tête d'une députât ion pour aller demander au roi la levée de l'interdit dont l'évéque d'Amiens l'avait frappée à la suite de querelles religieuses. Le jeune ilurtrel , privé de son père dès l'âge de trois ans, fut jeté dans les prisons d'Abbcville, avec sa mère et son aïeule, sous le règne de la terreur. Rendu à la liberté après le 9 thermidor, sans pourtant cesser d'appartenir à la fatale catégorie des suspects, il chercha l'oubli dans une retraite obscure. En 1798, il vint à Paris pour terminer son éducation commencée à Boulogne, mais que lis dissensions civiles l'avaient forcé d'interrompre. Un goût décide pour l'art vétérinaire le conduisait alternativement à l'école d'Alfortct aux exercices du manège. Revenu dans sa ville natale au bout de quatre ans , il s'empressa de mettre à l'essai les connaissances théoriques qu'il avait acquises. La profession de vétérinaire se trouvait alors livrée tout entière à l'empirisme le plus grossier. Ilurtrel sut la relever

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