‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 33 sur 106 · BOT · texte numérisé non relu

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Woodward , médecin du duc. n accusa ensuite le docteur d'avoir voulu lui voler sa collection et ses notes, et résolut de mettre le public dans la confidence de ses griefs; c'est ce qu'il fit, en 1724, dans la première partie de ses Princiftes de MoUe, où, de plus, l'histoire naturelle de la terre par le docteur est tournée en ridicule ; la deuxième partie des Principes de Moïse parut en 1727. Cet ouvrage, qui fit beaucoup de bruit, est entièrement opposé aux principes de Newton; celui-ci fonde sa philosophie sur le vide et la pesanteur : la philosophie de llutcbinson , qu'il présente comme étant celle de l'Écriture , est fondée sur l'air et sur le plein. Dans l'introduction à la deuxième partie, il donne à supposer que l'idée de la Trinité a dû être prise des trois principaux agents dans le système de la nature, le feu, la lumière et l'esprit; ces trois états d'une seule et même substance, l'air, selon lui, répondant admirablement d'une manière symbolique aux trois personnes d'une seule et même essence. Celte idée fraj>pa tellement le docteur Clarke qu'il en fit faire des compliments a l'auteur, et lui demanda plusieurs fois, sur ce sujet, une conférence qu'llutchinson jugea convenable de refuser. On raconte que, quelques jours avant sa mort, son médecin, le docteur Mead, l'engageait à se faire saigner et lui disait en plaisantant : « Je vous enverrai bientôt à Moïse, » voulant dire à son travail sur les principes de Moïse; mais llutchinson, prenant la chose à la lettre , lui répondit sans plaisanter et entre ses dents - « Je. le crois bien, docteur, que vous m'y « enverrei. ■» Il prit un autre médecin, et mourut le 28 août 1737, âgé de (33 ans. llutchinson était assurément un homme de talent et de savoir, mais dont le jugement n'était peut-être pas bien sain, comme on peut en juger par les étymologies absurdes auxquelles il a eu recours pour soutenir une opinion non moins absurde, qui était que toute la science, soit naturelle, soit théologique, est contenue dans les saintes Ecritures. Il trouvait dans chaque racine hébraïque des sens cachés et des représentations des objets intellectuels; enfin il expliquait tout par l'hébreu. 11 voyait une foule de choses dans les chérubins de l'arche d'alliance, et interprétait tout comme des emblèmes et des hiéroglyphes. On peut aussi juger, dans ses ouvrages, de la violence de son caractère par les termes injurieux qu'il emploie et l'esprit d'intolérance auquel il se livre. Tous ses écrits ont été imprimés ensemble, en 1748, en douze volumes în-8°, et il en a paru un extrait, en 1723, en un volume in-12. On peut le regarder comme le chef d'une nouvelle secte. Sa doctrine a donné lieu à une discussion très-animée de part et d'autre ; mais, en général , l'air de mysticisme qui domine dans ses ouvrages, joint au ton présomptueux de l'auteur, en a fait longtemps, en quelque sorte, un objet d'horreur, et il a suffi souvent, pour arrêter l'avancement d'un homme de mérite, de le présenter comme un hutchlnsonien. Les plus connus

de ses partisans sont Catcut, Bate, Jones et l'évéque llorne. Sa secte est presque anéantie aujourd'hui, quoiqu'un de ses admirateurs ait tenté de ressusciter ses opinions en publiant, en 1793, une brochure intitulée U chemin abrégé de la vérité, ou la doctrine chrétienne de la Trinité dont Cuniti, êclaircie et confirmée par ^analogie avec la création naturelle. Une machine qu'il construisit en 1712 pour découvrir la longitude en mer, et qui obtint l'approbation de Newton , et quelques autres ouvrages du même genre, font croire qu'il serait devenu un habile mécanicien s'il se fût borné à cette branche de la science. On croit que c'est lui qui a formé, en grande partie , la riche collection de fossiles que le docteur Woodward a léguée à l'université de Cambridge. On peut prendre une idée de son système dans un livre intitulé Pensées concernant la religion, Edimbourg, 1713. — Un Thomas Hutchinson a rem et publié avec îles notes : Xenophontis de Cyri institutione, gr.-lat., Oxford, 1727, in-4°; et De Cyri expeditione, id., ibid.,1733, in-4°.— Hutchinson (William), membre de la société des antiquaires de Londres, auteur des Histoires des comtés de Northumherland, de Durham et de Cumberland, est mort le 7 avril 1814, ftgé de 82 ans. L.

HUTCHINSON (Christophe-Ême), cinquième fils de Jean-Êlie Hutchinson, prévôt de l'université de Dublin et secrétaire d'Etat pour l'Irlande (roy« Donoi'ghmore ) , fut, comme ses frères, élevé par un précepteur particulier dans la maison paternelle, mais suivit les cours des collèges, reçut le grade de bachelier dans l'université de Dublin, alla, suivant l'usage, mettre le dernier sceau à son éducation par un voyage sur le continent, et à son retour fut envoyé à Londres, au Temple, pour s'y livrer à l'étude des lois. Le droit était bien peu de son goût : il fit pourtant de nécessité vertu, et entra au barreau en 1792. Les richesses et la considération dont jouissait son père rendaient les affaires faciles au jeune llutchinson, qui n'avait pour ainsi dire point de clientèle à créer. Aussi fut-il bientôt une des notabilités du barreau de Dublin, et dès lors il cessa de nourrir une anltpathic déraisonnable. En 1793, à la mort de son père, le bourg deTaghmon le choisit pour son représentant au parlement : il fit son entrée dans la chambre irlandaise des communes pendant l'administration de lord Fitz-Williara. Véritable patriote, Hutchinson soutint de toutes ses forces le système et les mesures de ce vice-roi» que le cabinet britannique rappela si promptement. Lord Camden, son successeur, prit avec les Irlandais la marche inverse, et décréta de prime abord les confiscations, les arrestations, les supplices, llutchinson se déclara l'antagoniste de cet impolitique déploiement de forces, et, moitié dégoût à l'aspect de ces atrocités, moitié chagrin de la perte de sa femme, il se retira des affaires politiques et se réduisit à son cabinet. I<a grande révolte de 1798 le fit sortir de sa solitude et le

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