‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 34 sur 106 · II UT · texte numérisé non relu

II UT

força de prendre un parti. Rien que détestant les persécuteurs de l'Irlande, Hutchinson, comme la plupart des hommes de loi , se déclara pour le gouvernement. Son frère le général étant chargé d'un commandement parmi les troupes destinées à opérer la pacification de l'Irlande, il alla le joindre comme volontaire et lui rendit de véritables services , tant par son intrépidité que par sa parfaite connaissance des lieux. Il eut part à l'affaire de Castlebar, fit prisonniers les deux généraux français Lafontaine et Sarrazin au moment où, environné par leur corps, il se croyait et devait se croire perdu, et s'acquit ainsi l'estime du général en chef, lord Cornwallis. Mais il ne tarda point à se séparer de ce gouvernement qu'il appuyait si chaudement; il vit combien les promesses faites au jour du danger étaient violées impudemment. Pitt poussait de toutes ses forces à l'abolition de la nationalité irlandaise, acte douloureux qu'il voilait du grand 'nom d'union de l'Irlande à la Grande-Bretagne. Les brochures, les meetings se succédaient avec une prodigieuse rapidité. Dans le meeting de» hommes de loi, Hutcbinson ne craignit pas de proposer formellement la résistance à la pointe de l'épée. Indigné de l'ordre du jour qui accueillit sa motion , il quitta l'Irlande, jurant de ne jamais y remettre les pieds, et alla distraire ses chagrins à l'armée. I II eut part, comme aide de camp de son frère , à l'expédition anglaise contre le Helder, et fut blessé à la bataille d'Alkmar. Il suivit encore son frère comme volontaire dans la mémorable expédition d'Égypte, sous Ralph Abercromby, et continuant à se signaler par sa valeur, il fit dire souvent aux connaisseurs qu'en entrant au barreau au lieu d'entrer à l'école militaire, il avait manqué sa vocation. De retour en Angleterre , il fut élu membre de la chambre des communes en 4802, et se montra grand partisan de la guerre contre Napoléon. 11 offrit au duc d'York de lever un régiment à ses frais. Le duc déclina sa proposition. L'ex-Iégiste alors suivit son frère#dans sa mission à St-Pétersbourg et à Berlin (1 806), mission guerrière plus que pacifique; puis, pendant la campagne de Pologne (4 807), il combattit dans les rangs de l'armée russe, reçut à Preussich-Eylau une blessure à côté du général Benningsen et se trouva au plus fort de la mêlée à Friedland. Après la paix de Tilsitt, il visita Moscou, la Russie méridionale et surtout Odessa , avant de reprendre la route de l'Angleterre et son siège au parlement. Opposé au ministère, il fut enfin évincé aux élections générales de 1812 ; mais plus tard il fut encore élu; enfin il représenta sept fois au parlement la ville de Cork. A partir de 1815, et grâce à la paix continentale, il revint presque constamment, dans les intervalles des sessions, résider à Paris avec sa famille. Ses liaisons avec les chefs du libéralisme, et surtout son opposition à l'intervention légitimiste de la France en Espagne, le rendirent suspect au gouvernement des Bourbons : il lui fut enjoint de

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