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quitter la France. Il mourut bientôt après, à Hampstead, le 26 août 1825. P— ot.
11 i TU (Georges-Léonard), médecin de l'hôpital de Nuremberg, où il reçut le jour le 29 mars 1705, commença à Altdorf, en 1721, l'étude de la médecine et de la philosophie, il y soutint en 1727 son Exercitatio philologico-medica de ostibus eonferentibOs, et en 1728 sa thèse inaugurale mentionnée plus bas. A la fin de la même année, il alla à Strasbourg, où il demeura six mois occupé de l'étude de l'anatomie, de l'art des accouchements et des maladies d'yeux. Après avoir consacré à Paris une année presque entière à continuer ses études en médecine et en chirurgie , il passa en Hollande , où il fut pendant deux ans l'élève assidu du célèbre Boerhaave. De retour dans sa patrie, il entra au Collegium phyricum de Nuremberg en 1733, et fut chargé en 1742 du traitement des soldats malades de la garnison de cette ville, fonctions qu'il cumula, en 1752, avec celles de médecin des maladies contagieuses, et, en 1759, de médecin de l'hôpital de Nuremberg. Il devint membre de l'Académie impériale des naturalistes, et mourut d'une maladie de poitrine le 24 février 1761. 11 a laissé : i°Dist. inaug. utrum capiti frigut mugis an ealor conducal ? Altdorf, 1728, in- 4°; 2° De la cure de* blessures d'armes A feu , Nuremberg, 1740, in-8°. Cette dissertation est traduite en allemand du français de H.-F. Ledran (voy. ce nom); 3° Histoire naturelle du rhinocéros (traduite de l'anglais de J. Parsons en allemand), Nuremberg, 1747, in-4°; 4° Passe-temps agréable et utile, accompagné d'observations sur diverses sortes d'animaux terrestres et aquatiques, reptiles, volatiles, etc. (en allem.). Cet ouvrage, commencé par le médecin Gaspard Goeckel, à Nuremberg, en 1748, fut achevé par Hulh, en 2 volumes in-fol., 1748-52. 5° Collection de différents oiseaux exotiques et turcs, formée par M. J.-M. Seligmann, avec des planches enluminées, Nuremberg, 1719, in-fol. Hulh a travaillé aux premiers volumes de cet ouvrage, dont la neuvième et dernière partie a été publiée en 1778. 6° Hortus nitidissimus, omnem per annum superbiens Jloribus, sive amœnisrimorum Jlorum imagines, quas magnis sumptibus collegit Christ. Jacob. Trew , ipso vero annuente in as incitas vivisque coloribus pians in publicum edidit J.-M. Seligmann. Nuremberg, 1750, in-fol. Toutes les descriptions latines et allemandes, jusqu'à la lettre E (appartiennent à Huth; celles qui suivent et toute la seconde partie ont été écrites par C.-T. de Murr (voy. ce nom et Trew). 7° Piscium, serpentum, inseetorum, aliorumque nonnullarum animation, necnon plantarum quarumdum imagines, quas Marcus Catesby descripsit, etc., Nuremberg, 1750, in-fol. Huth traduisit de l'anglais les descriptions des animaux et des plantes, en allemand et en latin, qui se trouvent dans cet ouvrage publié par F. Eisenberger et G. Lichtenstcger. 8° Le Jardinier anglais. etc. (en aHem.),Nuremberg, 1750-88,3 part/m-tol . C'est une traduction faite sur la cinquième édition
anglaise de l'ouvrage de Ph. Miller [voy. ce nom); &>Jo. iîartyn historia plantarum r or i arum, ob prœstantiamdenuo édita studio ac opéra Jos. -Dan. hSeyeri, pietoris, ibid., 1732, in-fol. en allem. et en latin ; la traduction allemande est de Hulh; 40° Dissertation de George Voorhelm sur les jacinthes, ihid., 1753, in-8°, avec des pl. (traduite du français)} 11° Observations utiles pour servir à l'histoire des animaux. C'est encore une traduction allemande de l'ouvrage si connu de Perrault, ibid., 1733, in-4°. 12° Cinq Traités du P. d' Ardent sur Us renoncules, traduits du français, ibid., 1731, in-8°; 13° Description des plantes médicinales qui sont employées dans les royaumes de r Amérique méridionale, du Pérou, etc., ibid., 1736-57, 2 vol. in-4°. C'est une traduction de l'ouvrage du célèbre minime Feuille. 1 4° Collection des planches anatotniques de Guillaume Smetlit , etc., ibid., 1758, in-fol. Les planches de cet ouvrage, traduit de l'anglais par Huth, ont été' gravées par J.-M. Seligmann. 15° Sur les parties à travers lesquelles l'urine passe, etc.; 16° Description de la vessie par Parsous. Ces deux dissertations, traduites de l'anglais, ont été publiées par Uuth à Nuremberg, en 1730, avec des planches. 17° Collections de différents mémoires et observations de Douglas, Schipton. Walls, Gray et de la Condamine. sur le quinquina et f arbre qui le produit, Nuremberg, 1759 , in-8° (traductions de l'anglais et du français); 18° Anatomie chirurgicale de Paljin, etc. (traduite du français), ibid., 1760, avec planches; 10° Joh. Herrmann Knopp pomologia, etc., traduite du hollandais, avec des planches enluminées, ibid., 1760, in-fol.; 20° Essai d'un système sur la génération des plantes, accompagné de planches, par Jean Hulh, ibid., 1761, in-8° (en allem.); 21° Dissertation complète sur la chirurgie, par GuiU laume Mauquest de la Motte, traduite du français, et publiée en deux parties, ibid., 1762, in-8°; 22° Dissertation de TA. Kirkland sur Us brûlures, traduite de l'anglais, ibid., 17G2; Vfr Additions aux Amusements sur Us insectes et à l'Histoire naturelle des grenouilUs, par Roesel (voy. ce nom); 24° G.-H. Huthii et C.-J. Trevii observationes in vitulo bicipiti factœ. On peut consulter Àdelung, Hirsching, Meusel, Ladvocat et Baader, pour de plus amples détails sur la vie et sur les ouvrages de Uuth. N — d.
UUTTEAU (François-Louis), avocat distingué au parlement de Paris, né à Malesherbes en 1720, fut reçu avocat en 1757, sous le patronage de Gerbier et de Legouvé.U plaidait sept à huit causes chaque jour, et, journellement occupé de résoudre les doutes, les questions que lui soumettaient les jeunes avocats, il était devenu leur patron. Pénétré des grandes maximes de notre droit public, il unit son sort à celui de la magistrature dans les orages qui l'agitèrent sous Louis XV. Il s'abstint de paraître au barreau pendant l'exil du parlement en 1771. Au retour de cette cour, il ût rentrer avecUui MM. Gaillard et Gerbier, qui, cédant aux instances du chancelier Maupeou, avaient fait.
entendre leur voix devant le nouveau parlement-
Les anciens avocats qui s'étaient voués à la retraite ne voulaient plus admettre sur le tableau ces deux avocats, qui étaient du nombre des quatre désignés alors sous la flétrissante dénomination des quatre mendiants. En 1786, nommé membre de l'assemblée provinciale de la généralité d'Orléans, Hutteau développa de grandes connaissances en matière politique. Sous le cardinal de Loménie , il présenta au roi , au nom des six corps de la ville de Paris dont il était l'avocat, des remontrances dans lesquelles, avec autant de respect que d'énergie, il réclamait la liberté du commerce, s'élevait contre l'établissement du timbre et les actes de l'autorité arbitraire, sollicitait le retour du parlement exilé à Troyes, et prévoyait, comme par inspiration, les longs malheurs qui ont fait crouler le trône. Les états généraux le portèrent sur un nouveau théâtre. Seul de tous les députés du tien état de la capitale, il demeura constamment fidèle à ses serments, à son roi, aux lois de son pays, et plusieurs des orateurs qui brillèrent à la tribune se servirent des matériaux qu'il leur préparait dans le silence du cabinet. Seul aussi de sa députation, il signa les célèbres protestations de la minorité de l'assemblée constituante contre les décrets subversifs de' la monarchie. Cet exemple de fermeté et de dévouement, qui fut honoré en 1814 des souvenirs du souverain, et récompensé, en la » personne de ses enfants , par des lettres de noblesse, souleva contre lui les factieux qui avaient saisi le pouvoir. Sorti de la capitale la veille des massacres du 1er septembre, il se retira à Malesherbes, où il est mort le 27juin 1807. C'est au sein de cette retraite qu'il a passé ses dernières années, malgré les souffrances de la maladie la plus cruelle, dans l'étude de l'histoire , dans la méditation des Livres saints et dans les consolations que lui offrait la correspondance d'un petit nombre d'amis que le sort lui avait réservés. En 1705, le fameux San terre vint à Malesherbes, chargé d'arrêter Uutteau; mais il fut repoussé, au milieu même de l'assemblée populaire, par la déclaration unanime que Uutteau était l'avocat, le prolecteur et le père des pauvres. Uutteau est un des avocats qui ont le plus honoré leur profession par leurs talents, leur érudition, leur désintéressement, leur zèle pour la défense des pauvres. Quelquefois la gaieté de son caractère se manifestait au milieu des discussions les plus arides. A une audience de relevée, les magistrats paraissaient assoupis. L'orateur n'était pas habitué à de tels auditeurs. H élève une question de prescription, et, frappant sur le bureau , il s'écrie ; « Oui , messieurs , pres- « criptio currit inter dormientes. • Les vieux conseillers se réveillent, se coudoient, ne pouvant réprimer leur rire excité par la malignité de la saillie, et la cause, mieux entendue, est gagnée l'instant d'après. En 1763, il sollicitait la main d'une jeune personne qui appartenait à l'une des premières familles du parlement de Flandre. Ui
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des oncles, le comte de Lagny, alléguait le défaut de noblesse et d'une fortune égale : « Et sur quoi * hypothéquera-t-il le douaire de sa femme?
■ ajoutait le vieil oncle. — Je suis avocat, répondit « Uutteau, je suis noble; le douaire, je lhypo- « thèque sur la houppe de mon bonnet carré. » Le mariage se ût, et le comte de Lagny, décrété de prise de corps par le parlement de -Paris, comme prétendu recéleur d'effets appartenant à la maison des jésuites de Douai, fut rendu à la liberté par son nouveau neveu, qu'il ne cessa depuis d'aimer comme un fils. Pendant l'exil de 1771, liuttcau s'était retiré avec sa famille dans une petite propriété qu'il possédait près de Fontainebleau. Assis un jour au pied d'un chêne, vétu très-simplement, un livre à la main.il voit venir Louis XV et Mgr le Dauphin, depuis Louis XVI. « Bonhomme, s'écrie « le roi , as-tu vu passer la chasse? » Point de réponse. Seconde interpellation sur le même ton, et même silence. Cette fois Louis XV s'approche, et, étant son chapeau : « Monsieur, dit-il , pourriez-
■ vous nous indiquer la route de la chasse? » Le bonhomme se lève, fait un profond salut, et, feignant toujours de ne pas reconnaître le roi : « Monsieur, vous trouverez sans doute la chasse à « telle étoile. — Monsieur, reprit le roi , je vous « remercie de l'avis , et plus particulièrement de
■ la leçon que vous venez ifc nous donner. Et « vous, mon fils, ne l'oubliez jamais ; un ton im-
• périeux et dur, avec qui que ce soit, est toujours
• blâmable. » Une humeur égale, une gaieté constante, de la causticité sans fiel, une bonhomie pleine d'esprit, le don de raconter avec intérêt et naïveté, une mémoire heureuse et une vaste érudition donnaient à la conversation de Uutteau un charme que l'on ne peutexprimer. L'immensité de ses travaux se prouve par ce seul fait qu'il existe des collections de ses Mémoire, imprimés qui, quoique incomplètes, forment 20 volumes in-4°. Z.
liUTTEN (Ulmc m) fut l'un de ces hommes extraordinaires moins célèbres par leurs talents que par l'abus qu'ils en ont fait, et à qui la Providence parait n'avoir accordé les dons du génie qu'au prix du repos de leur vie entière. Il naquit le 20 avril 1488 au château de Stekelberg, sur les borda du Mein, d'une des plus illustres familles de Franconie. A douze ans, il fut envoyé à l'abbaye de Fulde pour y faire ses premières' études. Son père, qui n'avait qu'une médiocre fortune à partager entre ses enfants, désirait qu'Ulric prit l'habit religieux; mais son caractère impétueux ne pouvait s'accommoder de la fie du cloître; il sollicita la permission de retourner dans sa famille, et, ne l'ayant pas obtenue, il s'enfuit, en 1504, avec un de ses compagnons d'étude (Crotus Rubianus), et se rendit à Cologne. Il s'y mit sous la direction du savant iEsticampianus, le suivit à Francfort-sur-l'Oder, où la hardiesse de ses discours sur la théologie l'avait forcé de se retirer, et y reçut le degré de maître ès arts. Depuis son
départ de Fulde, son père ne lui avait fait passer aucun secours, et sans la générosité de quelques amis, peu riches eux-mêmes, il aurait déjà ressenti les atteintes de la misère. Le margrave de Brandebourg lui procura enfin les moyens de satisfaire sa passionpourlesvoyages.il parait qu'flutten visita alors, non l'Italie, comme le prétendent plusieurs biographes, mais le nord de l'Allemagne. 11 essuya dans le trajet des traitements violents de la part d'un bourgmestre, et s'en vengea en composant contre lui une satire. Les marques des coups qu'il avait reçus et une maladie honteuse furent tout ce qu'il rapporta de ce premier voyage. Il arriva, en 1510, à Wiltemberg, malade et manquant de pain : ce fut dans cette situation vraiment affreuse qu'il composa, dans l'espace de quelques mois, son Art vertificatorùi, loué dans le temps comme un chef-d'œuvre d'élégance et de goût, mais qui ne changea point son sort. Il alla passer l'hiver suivant à Vienne, où son ami Vadianus remplit à son égard les devoirs de l'hospitalité, Les lectures qu'il y fit de ses vers ne lui produisirent que de vains éloges , et il se décida enfin à renoncer à la poésie pour suivre la carrière du barreau, qui lui promettait des avantages plus réels. Il alla donc étudier le droit à Pavie en 1512; mais la fortune ne se lassait pas de le persécuter: Pavie fut assiégée la même année par les Suisses, et Ulric, maltraité tour à tour par les Suisses «t par leurs ennemis, ne parvint à s'échapper que par une espèce de miracle : il se traîna , malade de la fièvre, jusqu'à Bologne, où il eut beaucoup de peine à guérir. Sa misère était alors si grande qu'il fut forcé pour vivre de s'enrôler comme soldat dans l'armée autrichienne; mais il quittais service au bout de quelques mois, et revint en Allemagne en 1514. 11 adressa le recueil de ses poésies à l'empereur Maximilien , avec une humble * épltre par laquelle il sollicitait des secours; mais il ne put rien obtenir. Dans son désespoir, il recourut à Eitelwolf de Stein, qui lui avait montré autrefois de la bienveillance. Ce généreux ami, alors chancelier de l'électeur de Mayence, l'appela près de lui et chercha par ses soins à lui faire oublier les maux qu'il avait soufferts. Tandis qu'Ul* rie goûtait au sein de l'amitié un repos qui lui était inconnu, un événement affreux vint en empoisonner les douceurs. Jean de Uutten, son cousin, avait épousé depuis quelques mois la fille du maréchal de Thumb, et cette union, fondée sur une affection réciproque, semblait assurer sa félicité. Malheureusement, le duc de Wurtemberg conçut pour son épouse un amour criminel. Jean pria le prince de chercher à vaincre une passion qui l'offensait, et, pensant que le duc oublierait plus facilement sa femme lorsqu'il ne la verrait plus . il lui demanda la permission d'aller passer quelque temps dans sa famille. Le duc feignit de consentir à cet arrangement; mais, quelques jours avant celui qui avait été fixé pour son départ, il invita Jean à une partie de chasse, et, lorsqu'ils
furent dans l'épaisseur du bois, il le perça de son épée. En apprenant cette triste nou?elle, Ulric ne songea qu'aux moyens de tirer rengeance d'un crime si horrible : il voulut intéresser à sa cause tous les princes de l'Allemagne, et publia successivement cinq harangues adressées à l'empereur Maximilien, dans lesquelles il retrace l'attentat du duc de Wurtemberg avec une éloquence dont on ne trouve le modèle que dans les ouvrages des plus grands orateurs de l'antiquité. 11 n'obtint cependant point la justice qu'il réclamait, et la mort du généreux Eitelwolf interrompit bientôt le cours de sa prospérité passagère. Son amitié pour le savant Reuchlin l'engagea à prendre sa défense contre quelques théologiens de Cologne qui l'accusaient de judaïsme, et il couvrit ses adversaires d'un ridicule ineffaçable par ses Epitlola obteurorum virorum, satire sanglante où quelquefois la plaisanterie revêt les formes d'une certaine éloquence , et qu'il rédigea en société avec H. Buschius, 11. de Nuenaer et d'autres. Le succès en fut prodigieux ; mais on fut longtemps avant d'en connaître l'auteur, intéressé à conserver l'anonyme pour se dérober au ressentiment des catholiques et surtout des moines, dont il avait affecté de généraliser les vices et l'ignorance qu'il n'avait pas eu de peine à trouver chez quelques-uns d'entre eux. Peu de temps après la publication de ces lettres, Ulric retourna en Italie pour y achever son cours de droit. Ce fut dans ce voyage qu'il prétend avoir donné une preuve de son courage en se défendant seul contre cinq Français qu'il mit en fuite. Quelques épigrammes dirigées contre des hommes puissants l'obligèrent à quitter secrètement Bologne; il se retira à Venise, d'où il ne tarda pas à repasser en Allemagne. Il reçut à Augsbourg la couronne poétique des mains de l'empereur Maximilien; et c'est la seule faveur qu'il ait obtenue de ce prince. L'électeur de Mayence lui offrit alors un emploi qu'il accepta, et l'envoya à Paris, où Ulric se lia avec les savants les plus distingués. A son retour, il accompagna l'électeur à la diète et y publia un discours pour engager les princes allemands à se réunir contre les Turcs. 11 quitta peu après Mayence pour joindre en Souabe l'armée des confédérés qui se disposaient à chasser le duc de Wurtemberg de ses États. C'était une occasion que la Providence semblait lui offrir de venger la mort de son cousin ; il partagea les exploits des confédérés sous la conduite de François de Sickingen, et les en félicita par une harangue dans laquelle il les remercie d'avoir puni un coupable que son rang mettait au-dessus des lois. La campagne terminée, il revint à Mayence en 4519. Faisant quelques recherches dans la bibliothèque de l'abbaye de Fulde, il y découvrit un manifeste de l'empereur Henri IV contre Grégoire VII, et la vue de cette pièce accrut encore sa haine contre la cour de Home : il l'exhala dans trois discours qu'il publia en 1520. Le pape obtint de l'électeur de Mayence qu'il bannit de ses
Étals un homme aussi dangereux, etHutten, privé de son emploi, et se trouvant dispensé de tout ménagement, n'hésita pas à se joindre à Luther pour accomplir l'œuvre de la information. Il fit ensuite un voyage à la cour de Charles-Quint, où il avait des amis; mais ayant reçu avis qu'il était question de l'arrêter et de le conduire à Rome , il s'enfuit précipitamment et se retira dans le château d'Ebernbourg , appartenant à Sickingen. Il composa dans cette solitude plusieurs opuscules en latin et en allemand, qui contenaient une vive censure des abus reprochés alors à la cour de Rome , et faisaient sentir la nécessité de les supprimer. Charles-Quint, sur le point de tenter une invasion en Fr.ince, fit condamner Luther pour plaire au pape; mais il offrit dans le même temps à Hutten, dont il connaissait la bravoure, un emploi dans l'armée qui devait agir contre Metz. Après la levée du siège, Iluttcn rentra en Allemagne, où il continua d'écrire en faveur de la réforme. 11 reçut en 1522 une lettre de François Ier qui lui offrait une pension, avec le titre de conseiller, s'il roulait s'établir en France : l'amour de la patrie l'empêcha d'accepter; mais la mort de Sickingen le priva, en 1523, de sa dernière ressource. CEcolampade, pour le distraire de sa douleur, l'emmena à Bâle, où il avait beaucoup d'amis (1). Mais le clergé fit tant de plaintes que dfeux mois après il fut obligé de se retirer à Mulhausen, d'où il se rendit à Zurich pourvoir le fameux Zwingie, son ami. Cependant la maladie dont il était attaqué depuis longtemps, fruit de son libertinage, faisait des progrès. Zwingie lui procura un asile dans la maison du prédicateur Schnegg, située dans l'Ile d'L'fuau (au milieu du lac de Zurich), et ce fut là qu'il succomba à ses douleurs, le 29 août 1525, âgé seulement de 55 ans. On ne peut nier que ce ne fût un homme d'un rare talent et d'un esprit supérieur; mais son emportement le conduisit souvent au delà des bornes de la décence. Camerarius lui a appliqué ce qu'on avait dit de Démosthènes, qu'il aurait bouleversé le monde si ses forces avaient secondé sa volonté; et ce mot nous parait caractériser parfaitement llutten. Niceron a donné la liste complète de ses ouvrages (t.lSet 20); il suffira d'indiquer ici les principaux : i'Ars versijkandi, Wilteraberg, 1511, in-4». Ce poème a été réimprimé plusieurs fois et inséré daus différents recueils; il est pourtant assez rare. 2°.V«m, seu satyra de ineptis tœcuii studiis et verœ erudùùmù contempiu, Augsbourg, sans date, in- 4"; Bâle, 4519, in -4°; Leyde, 1023, in-8°, et dans plusieurs recueils. Cette ingénieuse satire a été imitée en français sous ce titre : Les grands et tneroeUUux fmU
\l) Il paraît cependant qu'Érasme refusa de voir Huttes, pow ne pas se rendra trop suspect aux catholique*, et peut-ètrs saisi daiis la crainte qu'il ne lui empruntât de l'argent. Erasme Toiiist ensuite justifier sa conduite. Hutten écrivit contre lui un libelle sanRlaui ; Erasme répondit par sa Spotgia aévtr$us aifffif Itultrnt,k laquelle Olhon DrunMs répliqua peu de temps après Toutes ces pièces sont curieuse* en re qu'elles font cotinattrt '« ton des houoéisu» littéraires du lû» siècle.
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de Xemo, augmenté} par P. S. A., Lyon, Macé Bonhomme, in-8°. 3° Epistola obtcurorum rirorum ad venerab. tir. maqist. Orlu in. Grattunt ,* in Venetia, in impressor.Aldi Afanii/ti (probablement Mayence), 1516, in-4; goth.,en deux parties. Cette première édition est très-rare; il en a parti plusieurs autres en Allemagne dans le 16e siècle, mais les curieux n'en font pas grand cas. Les meilleures e'ditions sont celles de Londres; mais H. Lobs U in, dans la Notice qu'on citera tout à l'heure, avertit de se méfier des nombreuses additions qu'elles renferment. Cet ouvrage a une troisième partie dont l'auteur est inconnu; llutten est le seul rédacteur des deux autres, à l'exception de quelques lettres qu'on croit de Crotus Rubianus; et, malgré l'assertionde plusieurs savants bibliographes, fteuchlin ne parait pas avoir coopéré à cet ouvrage (roy. OrtW. Gratius et RCOCBLU). 4° De guaiaci medicina et morbo galiico liber, Mayence, 1519, in-4"; ibid., 1551, in-8°, et dans le recueil intitulé Dr morbo gallico omnia tjua exilant, publié par Luisiuus en 1599; 5» Super interfectione propinqui tui Jo. Hulteni equitis deplorationes , in aree, Steckelberg, 1519, in-4°, volume très-rare et très-intéressant ; 6° Dialogi. fortuna, febrit i. n, trias Humana teu Vaditeus et intpicientet, Mayence, 1520, in-4", volume non moins rare que le précédent et rempli des plus violentes déclamations contre la cour île Home. On regarde généralement llutten comme l'auteur d'une partie des pasquilles publiées par Curion (»oy. Cœl. Sec. Curios), et on lui attribue le fameux Dialogue entre Sl-Pierre et Jules II à la porte du paradis, dont il existe une traduction française, 1727, in-12, assez rare. Ses Poésies latines ont été recueillies, Francfort, 1538, in-12, et la plupart ont été insérées dans les Delicim poelar, Gemanor., t. 3. Les OEucres complètes de llutten ont été réunies et publiées par M. E. Miinch, Berlin, 1841-1825, 5 vol. in-8°. Celte édition est peu estimée ; ses OKuvres choisies ont été publiées également en allemand, de 1822 à 1824 , 3 vol. llutten a eu un grand nombre de biographes. Bayle, Niceron et Chauffepié lui ont consacré des articles assez étendus. Goethe , Moser, Schubart, Wagcnseil, ont écrit sa vie en allemand; J. Burckhanl en latin, Wolfenbuttel , 1717-23, 3 parties in-8°. En léte se trouve une Epitre où llutten luimême expose les motifs qui l'ont dirigé dans diverses circonstances de sa vie. M. Meiners est entré dans de grands détails sur Uutten dans son ouvrage allemand Sur les hommes Us plus célèbres gui ont Jleuri au temps de la renaissance des lettres. Zurich, 1797, 3 vol. in-8°. M. Panzer a considéré llutten sous les rapports littéraires dans un écrit spécial, Muremberg, 1798, in-8°; M. Lobstein a publié une X'otice sur sa vie et ses ouvrages dans le Magasin encyclopédique, année 1805, L l*r, p. 49-99. M. Mohnike a publié la Jeunesse de Hutten. Greifswald, 181G, et M. Wagenseil, Portrait d'Ulric de Uutten, Nuremberg, 1823. Voyez aussi YHutoire de la littérature nationale de l'Allemagne,