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ileux mille cinq cents cipayes, quinze cents cavaliers, parmi lesquels on ne comptait au plus que deux cents Européens , tous mal montés et incapables d'entrer en lice arec la cavalerie maïssourienne; mais son infanterie était parfaitement disciplinée et exercée à toutes les manœuvres. « On eût cru jusqu'à cette guerre, dit l'historien « français , son nombreux corps d'Européens ca- « pable de battreseul les douze cent mille hommes • qu'opposa Mrhemet-Schah, empereur mogol, à » Nadir-Schah, roi de Perse. » Dès le 25 août 1 767, un lieutenant de Halder enleva par surprise tous les bestiaux des Anglais et tailla en pièces un tiers de leur cavalerie. L'armée du nizam dirigea sa marche sur Arcate et celle de son allié sur Bangalore : ils pénétrèrent ainsi de deux côtés dans le Carnalic, tandis que le jeune Typou allait porter la désolation et la terreur jusque sous les murs de Madras. Le général Smith fut chargé par le gouvernement de Madras de marcher à leur rencontre (1), et le 2 septembre 1767, les armées se rencontrèrent et curent un choc assez fort auprès de Changana. Les Anglais, manquant de munitions, ne purent inquiéter la prudente retraite de leur ennemi; mais, le 26 du même mois, ils le joignirent encore dans les plaines d'Erour, auprès de la forteresse de Trincomaley. La journée se passa en manœuvres de part et d'autre ; Halder voulait attirer le général Smith dans un marais que celui-ci ne connaissait pas. On demeura toute la nuit sous les armes, et, à la pointe du jour, les Anglais fondirent sur les indiens avec une furie et une rapidité qui ne laissèrent point à ceux-ci le temps de se reconnaître. L'éléphant du général du nizam eut le pied emporté par un boulet, et l'armée fut mise dans une déroute complète. Le prince se retira lui-même à la distance de douze lieues, laissant trente-sept pièces de canon sur le champ de bataille, et ne tarda pas à abandonner son courageux allié pour faire une honteuse paix avec leur ennemi commun. « llaïder, au lieu « d'imiter la lâcheté du nizam, dit M. de la Tour, « parut en bataille à l'entrée de son camp, dès la « pointe du jour suivant, avec toute son infanterie « en première ligne et sa cavalerie en seconde, et « se fit respecter des Anglais. » En effet , ils n'osèrent pas l'attaquer ni même l'inquiéter dans sa retraite. Cependant le général Smith, alors secondé par le général Wood, et qui reçut du Bengale six cents Européens (ou trois cent cinquante, suivant M. Itobson) et six mille cipayes, bien supérieurs pour la Torce et le courage aux cipayes de Madras, le suivit dans le Malssour, prenant toutes les forteresses qui se trouvaient sur son chemin ; mais le souverain musulman déconcerta terriblement son ennemi en le tournant et eu portant la guerre et le pillage dans le Carnalic.
(Il I/armée M|1alM ne minutait qu'en deux: nvimenta européen-, formant huit cent» homme» , sept bataillon» .te opaye» <ic huit cent» humilie» chacun, un corpt a'artillerir, cinq eenla cavalier» indiens, et trente F.un|*«M commande» par le lieutenant Kobton , qui noua fournit cette note.
Les Anglais, justement alarmés, abandonnèrent leurs nouvelles conquêtes, ainsi que les garnisons qu'ils y avaient laissées : à Bangalore , par exemple, ils perdirent, au mois de juin 1768, un général , quarante-six officiers et plus de six mille cipayes, avec tous les bagages de l'armée. Ce fut là un des premiers faits d'arme* du jeune Typou. Peu de temps après, au mois de novembre 1768, son père, feignant de vouloir combattre le colonel Wood, disparut tout à coup, se porta sur Bangalore, qui était tombe au pouvoir des Anglais, emporta la place d'assaut, y massacra deux ou trois mille habitants pour les punir de ne s'être pas défendus, enleva deux pièces de canon de dix-huit, pilla le bazar, les munitions, le bagage de l'armée anglaise, et prit deux mille bœufs de trait. Cette catastrophe, et surtout un commissaire de la compagnie, des Indes nouvellement arrivé d'Europe, déterminèrent le conseil de Madras à faire, ver» la (in de septembre , des ouvertures de paix au prince musulman ; celui-ci se contenta de répondre : « J'écouterai vos propositions dès que je « serai arrivé aux portes de Madras.» Aussitôt les Anglais songèrent à leur défense, et les armées eurent ordre de se rapprocher promptement de la ville. Halder , en effet , continua ses mouvements, se porta sur Pondichéry, Goudelour. et vint à sept lieues de Madras. L'année anglaise veut lui disputer le passage de la rivière de St- Thomé; mais tout à coup il disparatt et ne tarde pas à se montrer aux portes de Madras du côté de Paléacale. Aussitôt il envoie un parlementaire demander quelles sont les conditions qu'on veut loi proposer. Son message fut très-favorablement accueilli, et le jour même les négociations commencèrent. Le 15 avril (le > avril 1769, suivant M. Robson), un traité fut signé entre le conseil de Madras, agissant au nom du roi d'Angleterre, et Haïder-Ali-Khan, soubab.lir de Sera , roi de O nara, etc.. et un autre entre le nabab du Dékhan, le nizam, Mohammed'Ali-Khan et Halder. Ce dernier traité était si désavantageux pour le nabab, protégé des Anglais, et conséquetnment pour ses orgueilleux protecteurs, que le gouvernement st garda bien alors de le publier. Le véridique et impartial major Stewart remarque que dans celle guerre leur enuemi déploya une rare habileté. Bien convaincu de la supériorité des Anglais sur lui pour la tactique et la manœuvre , il sut très* adroitement éviter une affaire générale, H ne perdit pas une seule pièce dans toute la campagne; l'artillerie nombreuse que les Anglais prirent à la bataille d'Erour appartenait au nizam. En outre, llaïder ne commit aucun de ces actes de brigandage et de cruauté dont il se souilla par la suite dans le Carnalic. Depuis un an, il s'occupait d'organiser l'administration des pays nouvellement conquis, lorsque les infatigables et insatiables Mahrattes vinrent encore l'arracher à ces paisible occupations et lui donner de nouvelles inquic-
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tudes. Une armée bien disciplinée, soutenue d'une artillerie habilement manœuvrée par des Français, parvint à repousser cette nuée de brigands et de pillards, qui revinrent, l'année suivante, plus nombreux et comHnandés par leur jeune peychoua en personne. Après plusieurs marches et contremarches fort bien combinées de part et d'autre, Halder perdit une grande bataille le 9 mars 1771. Cette défaite , qu'il faut principalement attribuer à l'état d'ivresse où il se trouvait au moment de l'action, entraîna la perte de son armée tout entière, de son artillerie et de ses bagages; lui-même fut blessé, et il courut conséquemmcnt les plus grands dangers. Retiré à Seringapatnam , il eut bientôt formé une nouvelle armée plus belle que la première, en grande partie avec ses anciens soldats, car les Indiens ne font point de prisonniers. Il put même racheter des Mahrattes une grande partie de ses armes et de ses bagages. Quelques dissensions adroitement jetées parmi les chefs victorieux , les pluies périodiques, et surtout l'immense somme de trente lacs ou trois millions de roupies comptée à ces Mahrattes, débarrassèrent Halder de leur présence. Ils laissèrent quelques troupes pour garder les districts à eux cédés en nantissement de la somme qui restait à payer, et pour garantir la trêve signée au mois de juillet 1772. Ce fut vers cette époque que le prince indien, révolté de la conduite de ses deux alliés, le nizam et les Anglais, impatient surtout de se débarrasser des garnisons mahrattes, résolut de renouer ses relations avec les Français, qu'il n'aimait sans doute pas plus que les insulaires nos voisins. Il était aisé de sentir quel avantage résulterait de l'alliance de Haïder pour nos relations avec l'Inde. Des officiers français reçurent, sinon l'invitation, du moins la permission de passer dans l'Inde pour lui organiser une artillerie à la manière européenne; on lui procura amplement des armes, des munitions de toute espèce. Mais, avant d'entamer une guerre sérieuse et à outrance dans le Carnatic , il ne fut pas fâché d'essayer ses forces contre des ennemis moins redoutables que les Mahrattes et les Anglais. Des chefs de la cote de Malabar eurent l'imprudence de l'appeler, en 1773, pour régler des différends domestiques. Celui des deux pour qui Halder se déclara eut bientôt l'avantage sur son compétiteur, et ne crut pas trop payer ce service en abandonnant à son protecteur la seconde moitié d'un district dont celui-ci possédait déjà la première moitié depuis 1761. Il y ajouta une redevance annuelle de vingt-quatre mille roupies (environ soixante mille francs), somme considérable pour un petit canton stérile et montagneux. L'armée maïssourienne subjugua de suite le royaume de Calicut, où le zamorin s'était rétabli, ainsi que plusieurs petites principautés de la même côte, et obligea le radjah de Cotchin à payer tribut. Pendant cette expédition , les discussions le» pl»» sanglantes s'étalent élevées
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parmi les Mahrattes : Haïder voulut en profiter pour recouvrer les districtsqu'il avait été contraint de leur céder. Il les en chassa en effet avant la fin de 1774, prit ensuite et saccagea Séra, qui avait été longtemps la résidence de son père. 11 faudrait se livrer à une étude particulière de la topographie de la presqu'île pour se former une juste idée des conquêtes de Haïder dans cette partie de l'Inde, depuis 1774 jusqu'à sa mort; nous nous bornerons à raconter les événements les plus remarquables. En 1773, le jeune radjah, ou souverain nominal du Maïssour, Cham-radjah, étant venu à mourir sans proche parent, le nabab, qui affectait encore de gouverger et de posséder le Maïssour au nom de la famille hindoue, fit venir devant lui huit ou dix enfants alliés en ligne directe à la famille royale , et leur distribua luimême quelques fruits qu'ils mangèrent. Un d'eux ayant offert à son père le fruit qui lui était échu en partage, ou, suivant M. Wilks , ayant pris parmi tous les objets qu'on avait mis à leur disposition une épée , il fut choisi pour s'asseoir sur le mesned. L'enfant avait quatre ans. Immédiatement après cette parade sentimentale et politique , Halder alla rejoindre son armée dans ses provinces nouvellement conquises. Nous regrettons de ne pouvoir raconter ici par quelles ruses ingénieuses et par queUes adroites libéralités il sut brouiller le nabab du Dékhan avec les Mahrattes , paralyser l'activité de ceux-ci , et rompre une coalition qui aurait infailliblement causé sa ruine. A la (in de 1778 ou au commencement de 1779, il fit une nouvelle invasion dans le territoire du nabab de Kondapah, qu'il prit et envoya, ainsi que toute sa famille, à Seringapatnam. C'est ainsi qu'après avoir échappé , par le plus heureux des hasards , au poignard de quarante officiers, dont quelques-uns s'étaientdéjà introduits dans sa tente, il se trouva maître île ce que l'on nomme le Carnatic-Balaghat-Haïdéry, dont les revenus bruts sont évalués à quarante-sept lacs de roupies (12 millions de francs). Le nabab Bazalët-Djeng étant convenu, en 1779, de céder aux Anglais son serkar ou fief de Gontour, afin d'obtenir leur protection, cette disposition déplut à Haïder, qui, avec sa célérité ordinaire, ravagea les provinces d'Ado ii i . s'empara de tout le plat pays, et leva des contributions considérables. Ce fut vers la même époque que M. de Lallée [voy. Démotî), qu'il ne faut pas confondre avec M. de Lally, et plusieurs autres officiers, avec son bataillon européen, renvoyés, à la sollicitation des Anglais, du service de Bazalet-Djeng, vinrent trouver Haïder, qui les accueillit avec empressement. Cette généreuse hospitalité attira bientôt auprès de lui beaucoup de déserteurs et de prisonniers échappés de Pondichéry après la prise de cette place par les Anglais, en 1778. A la vue de ces puissants auxiliaires, il conçut le projet d'expulser les Anglais de la presqu'île et même de toute l'Inde. Des négociations furent entamées et des traités d'alliance
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offensive et défensive conclu» arec le nabab du Dékhan, Mohammed-Ali-Khan , le« Mahrattes, le radjah de Bérar et celui d'Oude , dans le haut Hindoustan, contre les Anglais, leurs ennemis ■communs. Le gouvernement de Madras, justement darme d'une pareille coalition, s'empressa d'envoyer, vers la fin de 1779, des négociateurs à 8eringapatnam, où il ne leur fut point permis d'entrer : on les fil camper a une grande lieue de la ville, et ils n'eurent d'audience qu'après avoir longtemps attendu. Halder leur reprocha d'avoir manqué à différents articles du traité de 1769, leur rappela plusieurs traits d'une insatiable avidité; H n'oublia pas les tristes résultats de leur monopole, qui, en 1770, coûta la vie à plusieurs millions d'Indiens : « Il ne peut y avoir entre i nous, dit-il, ni traite ni amitié. Retournez vers « celui qui vous a envoyés, et dites-lui de ne plus m m'importuner avec ses lettres et ses messages.» En juillet 1780, l'armée du Nalssour fondit comme un torrent sur le Carnatic ; elle consistait en 30,000 chevaux , 40,000 fantassins , un nombreux train d'artillerie, et un corps de Français commandé par M. de Lallée et d'autres officiers de la même nation. Ilaïder s'était mis lui-même à la téte du corps de bataille; son fils Typou-Saheb commandait l'aile gauche, destinée à s'emparer des serkars septentrionaux ; des officiers expérimentés devaient conduire l'aile droite dans le Madhoureh et dans les cantons méridionaux de la presqu'île. Tchitor fut la première place dont s'empara le principal corps d'armée ; on y trouva une précieuse collection de manuscrits arabes et persans, acquis à grands frais par Anvar-ed-dynkhan, et qui furent transportés à Seringapalnam. Après la prise de celte ville et la mort de Typou, ces livres ont été envoyés à Londres, où ils forment la base et le principal ornement de la bibliothèque de la compagnie des Indes. La prise de Tchitor et de plusieurs autres forteresses ne ralentit pas la marche de l'année victorieuse; car, le 18 juillet 1780, ses partis avancés pillèrent les villages voisins de Madras, dont les habitants effrayés demandèrent asile dans la forteresse. Le peintre Hodges, qui fut témoin de celte désolation, en a donné une description vraiment déchirante (1). Halder se vit, avec un vif regret, obligé d'abandonner cette riche proie pour s'opposer à la jonction des troupes commandées par le général Hector Munro avec celles du colonel Bayley, qui fut arrêté dans sa marche par la crue de plusieurs rivières. Les mouvements du prince musulman se tirent d'ailleurs avec tant de mystère que ses avant-postes rencontrèrent le colonel liayley au moment où celui-ci les croyait encore fort éloignés; ce qui n'empêcha pas pourtant qu'il ne repoussât, en leur faisant éprouver une immense perte, les premiers corps qui vinrent l'attaquer, et il se trouvait même dans une position si avan-
1) Voyagé jrittoruga* tanê t'tkdi, traduit r«r l'auUur d* «et ■nttla. Parti, IMt.
tageuse que le commandant français, M. de Lallée. alla plusieurs fois presser Ilaïder de faire retraite Mais celui-ci, qui connaissait au juste, par des espions, la situation critique des Anglais, n'omit aucune des dispositions nécessaires pour les exterminer. Le 10 septembre au matin, on les vit se mettre en marche et s'engager dans des déGles que le général indien avail adroitement garnis de canons masqués. Outre le feu de ces pièces, ils eurent à soutenir la vigoureuse attaque de £>,O0u cavaliers, de trente régimentsde cipayea disciplines et d'un corps nombreux d'Européens. Les Anglais, qui n'avaient que dix pièces, tinrent les assaillants longtemps en échec, et peut-être la victoire allait se déclarer pour eux, quand les caissons d'artillerie sautèrent, en faisant deux explosions épouvantables au centre même de l'année anglaise. Ilaïder, qui ne songeait qu'à la retraite, revint à la charge avec plus de furie que jamais ; il fut reçu de la manière la plua intrépide par les malheureux Anglais, armés seulement de la baïonnette, car ils n'avaient plus ni car louche» ni gargousses. Il fallut que la valeur cédât su nombre : leur commandant lui-même leur ordonna de mettre bas les armes; et ce mouvement, qui prescrit toujours la clémence au vainqueur, fut pour les soldats de Ilaïder le signal d'atrocités que la plume se refuse à tracer. 11 est doux pour un Français de pouvoir consigner ici l'honorable témoignage que les vaincus se sont empressés de rendre à uos concitoyens employés dans l'armée indienne : ■ Sans les vives instances et les énrr- « giques représentations que les commandants « Lallée et l'ituoran adressèrent à Halder, les « braves restes de notre petite armée auraient « servi à assouvir cette soif du sang par laquelle « le tyran déshonora sa victoire. » En effet, quoique M. Kobson semble louer l'humanité de Halder, il est trop certain, d'après des témoins oculaires, que ces infortunés ne reçurent de secours que de M. Castro, chirurgien français, dont ils proclament en ces ternies la bienfaisance : « Leur bon ■ ami, le docteur français, leur apportait souvent « des lettres et des secours de l'humain et divin « {God Uke) capitaine Piiuoran, dont il est ioiposn siblc de prononcer le nom sans éprouver le* r plus vîtes émotions de reconnaissance, d'admi- « ration et d'amour.... » [Metnoir of the war m An» front 1780 to 1784, in-8°, p. Î9.J L'armée victorieuse,après le repos dont elle avait grand besoin, reprit le chemin d'Arcale. Le siège de cette ville, défendue partie* officiers anglais, fui pousse avec vigueur et talent. Des ingénieurs français dirigaient l'artillerie du sit^c. La ville et le fort capitulèrent successivement a la lin d'octobre, et au commencement de novembre 1780, le Cartuuc tout entier lut le théâtre des brigandages et do cruautés des soldais de Ilaïder, qui se vantait d'être « l'instrument de la colère divine pour le abêti* « meut des liabitauts du Carnatic. » Il poursuivait le cours de ses conquêtes, quand, au mots de jao-
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vier 4784, l'approche du chevalier Eyre Coote le détermina à faire une retraite précipitée. 11 apprit en même temps la prise de ses forteresses de Calicut et de Mangalore, et la destruction de sa flotte dans ce dernier port. Le l«r juin, Lyre Coote parvint à joindre son ennemi, qui cherebait constamment à éviter un engagement général, malgré l'énorme supériorité du nombre. En effet, sa déroute fut complète : il s'enfuit précipitamment, laissant 5,000 morts sur le ebamp de bataille, mais emmenant son artillerie et ses bagages. Le général anglais, ayant reçu des renforts du Bengale, se remit à la poursuite de son adversaire, qui l'attendait à l'érirabakem, poste extrêmement avantageux, où, un an auparavant, il avait détruit le détachement du colonel Baillie. Celte année il fut moins heureux. L'action la plus terrible commença le 27 août 4781, à neuf heures, et se termina à la nuit close par la défaite de l'armée du àlaïssour, qui perdit dans sa retraite un de ses plus gros canons. Cette circonstance fit beaucoup de tort à M. de Lalléc dans l'esprit de Haïder, que la fortune semblait abandonner; car la fin de l'année 4781 et le commencement de 4782 furent encore signalés par ses défaites. Pourcomblede malheur, l'arméequ'il avait chargée de faire le siège de Télitchéry, sur la côte de Malabar, fut aussi battue et détruite par les Anglais. Halder, accablé de chagrins et livré au découragement, malgré les promesses des Français, allait abandonner leCarnatic et se retrancher dans ses Etats, quand il vit arriver une flotte française commandée par M. de Suffren. Cet amiral, aussi expérimenté qu'intrépide, avait battu les Anglais à plusieurs reprises; il eut avec Halder une entrevue qui rendit à ce dernier toute son énergie et son activité. Le 20 janvier 1782, une action des plus meurtrières s'engagea entre le corps du colonel Braithwaith, campé sur les bords «lu Coleroum, et l'armée envoyée contre lui, en toute hâte , sous les ordres de Typou-Sabeb. Les Anglais se battirent en désespérés pendant trois jours, et ne purent être enfoncés qqe par quatre cents Français formés en bataillon carré, et soutenus d'une artillerie vigoureusement servie. La cavalerie compléta leur déroute, et sans les efforts des Français pour sauver les vaincus, il est probable, dit M. Stewart, que pas un soldat du détachement anglais n'aurait été épargné. Mais l'humanité de M. de Lallée et de ses compagnons d'armes ne put soustraire à la plus horrible captivité ceux qu'ils avaient si courageusement sauvés sur le champ de bataille. L'arrivée de M. Duchemin, oui amenait un corps considérable de Français débarqués à Pondichéry, mit le comble à la joie du prince indien, qui marcha aussitôt sur Goudelour; la place capitula le 8 avril 1782. Le nabab remporta encore quelques avantages qui déterminèrent le chevalier Lyre Coote à le presser vigoureusement ; il le mit dans la nécessité de livrer une grande bataille le 2 juin , et tous les efforts des Français qui se trouvèrent à cette action ne
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purent préserrer leur allié d'une déroute aussi complète que les précédentes. Ce fut la dernière action à laquelle assistèrent ces deux grands capitaines ; les fatigues de la guerre accélérèrent leur On ; mais surtout le chagrin causé par ses défaites successives , par la certitude de sou infériorité à l'égard des Anglais, aggrava fortement la situation de Halder , qui souffrait depuis longtemps d'uu mal inconnu en Eucope, nommé par les Hindous radjepora, ulcère ou bouton royal, et sertan, cancre, par les musulmans : c'est une espèce de pustule qui vient vers la nuque, et à laquelle on croit que les personnes d'un haut rang sont seules sujettes. Le venin renfermé dans ce bouton a une activité et une violence incroyables. Le malade se vit contraint de s'arrêter dans la ville d'Arcale, où il mourut le 7 décembre 1782, laissant sa souveraineté à Fetb-Ali-khan, communément appelé Typou-Saheb, et à Kérym-Saheb , ses deux enfants légitimes, qui prirent soin de le faire inhumer à Seringapatnam , dans un magnifique monument dont on peut voir la description et le dessin dans le deuxième volume des Monuments anciens et modernes de tHindonstan. A l'époque de sa mort, Haïder possédait, outre ses conquêtes dans le Carnatic, un territoire de vingt-sept mille lieues carrées ; ses revenus 6e montaient à deux krores de roupies, ou environ cinquante millions de francs ; et quoique son armée fût composée de plus de cent cinquante mille hommes, ses trésors renfermaient plusieurs millions en espèces d'or, d'argent ou de lu! Ion. Halder avait environ cinq pieds six pouces (anglais) de haut! il était fort leste, quoique chargé d'embonpoint; son nef paraissait fort petit sur sa grosse physiouomie basanée; il ne portait ni barbe ni moustache, contre l'usage des Orientaux. Comme la plupart des riches Indiens, il était vêtu ordinairement en magnifique mousseline à fleurs d'or, avec un turban de la même étoffe ; il ne portait jamais ni colliers, ni pendants d'oreilles, ni bracelets, ni pierreries. Malgré cette simplicité' apparente, il ne faisait nulle difficulté de passer deux ou trois heures à sa toilette quand il en avait le loisir; mais, dès qu'il s'agissait d'une opération militaire ou d'une autre affaire importante, la toilette était complètement oubliée. En temps de paix , il avait la comédie presque tous les soirs ; mais il paraissait prêter fort peu d'attention à ces espèces de parades ou marionnettes : il profitait de ce moment pour expédier un grand nombre d'affaires, Ouand occupations le lui permettaient, il prenait grand plaixi* à recevoir, du haut d'un balcon, le salut de ses éléphants, qu'on faisait défiler devant lui, ainsi que ses chevaux de main, ses tigres de chasse couverts d'un manteau traînant de couleur verte à bandes d'or, ayant sur la tête un bonnet de drap brodé d'or, avec lequel on pouvait leur couvrir les yeux si l'on craignait qu'ils ne vinssent à s'effaroucher (1). Haïder est
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