ÎN
HYI»
incontestablement un des personnages les plus extraordinaires que l'Asie ait produits. Dépourvu de toute espèce d'éducation, il acquit d'assez grandes connaissances dans les sciences et dans la politique. Ses talents seuls rélevèrent de l'état obscur de simple particulier à la souveraineté d'un puissant royaume. Il administra la justice avec une grande impartialité, encouragea l'agriculture et le commerce , se montra constamment indulgent envers ses sujets, strict observateur de la discipline militaire, sévère pour punir les agresseurs, impitoyable et cruel envers ses ennemis et surtout envers les Anglais, pour qui sa haine était égale au moins à la terreur que ceux-ci lui inspiraient. C'étaient, en effet, les seuls rivaux capables d'entraver l'exécution de ses projets ambitieux. Il s'est constamment montré l'ami des Français, qui ne pouvaient lui inspirer aucune inquiétude et qui lui ont souvent rendu d'importants services. Son penchant pour la superstition était tel que les musulmans lui reprochèrent sa confiance dans les astrologues et son respect pour les dieux des Hindous. Peut-être ce sentiment doit-il être attribué à ses intimes relations avec un brahmane qui jouissait de toute sa confiance et qui la justifia par les services les plus signalés. Kendeh-rao joignait à la tète froide et calculatrice d'un prêtre hindou une rare sagacité , des vues singulières, et une audace qui ne redoute et ne ménage rien. Il avait fait des opérations militaires un système de Dnances, et il eut beaucoup plus d'influence qu'on ne s'imagine sur les succès et l'élévation de HaTder. L'indication de tous les ouvrages anglais ou français qui renferment des anecdotes ou des détails relatifs à ce conquérant formerait une nomenclature bibliographique beaucoup trop longue pour trouver place ici. Nous nous bornerons à indiquer : \aV Histoire d'Hayder- Ali-khan, nabab bahader, roi des Canarins, etc., souba de Scira . dayva du ilayssour. souverain des empires du Cherequi et du Calieut, etc., nabab du Benguelour, etc., seigneur des montagnes et vallées, roi des iles de la mer. etc., etc., etc.; ou Nouveaux mémoires sur l'Inde, par M. M. D. L. T. ! Maître de la Tour), général de dix mille hommes de F empire mogol. et à-devant commandant en chef l'artillerie de f armée d'Hayder-Ali, et un corps de troupes européennes à la iolde de ce nabab, Paris, 1783, 2 vol. in-12 ; 2» tke Life of Hyder-Aly-Khan, etc., par Fr. Robfton, Londres, 4786, in-8°, traduits en français sous le titre de Vie dHaider-Aly-Khani précédée de rkistoire de l'usurpation du pays de Maïssour et autres pays voisins par ce prince, suivie d'un récit authentique des mauvais traitements qu'ont éprouvés les Anglais qui furent faits prisonniers par son fils Typou-Khan. Paris, 1787, 1 vol. in-12. L'auteur ne parait pas avoir eu des renseignements exacts sur les dates et les circonstances des faits dont il n'a pas été témoin. 5° Deux mémoires biographiques
•ont fort trnitablt» : mais on n'eat j*m»U parvenu à r I» tigr* r»y« qu'on nomroo tiffr* *»▼•'.
nvr,
insérés dans l'Asiatic annual Register, t. 2 et 6 ; i'àlemoirsof Hyder-Aly-Khan, placés au commencement du Descriptive catalogue of the oriental library [Catalogue descriptif de la bibliothèque orientale de feu Typou, sultan de ifaïssour. par M. Charles Stewart, ancien major à rétablissement du Bengale, et professeur de langues orientales au collège de la compagnie des Indes à Hertford.), Cambridge, 1809, 1 vol. in-t°. Les notices et les extraits des nombreux manuscrits qui composent cette riche bibliothèque décèlent dans l'auteur de ce catalogue une rare connaissance des langues et de la littérature orientales, et nous n'hésitons pas à placer M. le major Stewart auprès du savant auteur de la Bibliotheca arabicohispana [voy. Casiri). Nous citerons enfin : 5° Les Historical Sketches {Essais historiques sur le midi de l'Inde, offrant Cessai d'une histoire de Maissour depuis l'origine du gouvernement hindou dans cet Etat jusqu'à Vextinction de la dynastie musulmane en 1799, rédigée principalement d'après les autorités indiennes recueillies par C auteur, tandis qu'il remplissait, pendant plusieurs années, la place de résident à la cour du Maissour; par le colonel Mark Wilks, Londres, 1811 et 1817, S vol. in-4°. Cette histoire, remarquable par l'immensité des recherches et par l'exactitude, fait naturellement suite à celle de M. Orme, et mérite d'être placée auprès de ce bel ouvrage. L — s.
HYGLN (Sai!«t-) fut élu pape le 6 janvier 138, sous le règne d'Antonin le Pieux. On croit qu'il était natif d'Athènes. 11 succédait à St-Telespbore. On ne sait rien autre chose de lui , sinon qu'il établit la distinction du rang dans le clergé de Rome, et qu'il montra beaucoup de zèle pour arrêter les progrès des hérésies de son temps. Son pontificat dura quatre ans et deux jours, suivant Lenglet Dufresnoy. Le même auteur et quelques autres modernes lui donnent aussi la qualité de martyr. Aucun acte historique ne prouve qu'il le fût ; mais on se conforme en cela à l'esprit de l'Église , qui appelle ainsi beaucoup de saints confesseurs, quoiqu'ils ne soient point morts dans la violence des tourments. On a de lui quelques lettres dans la collection des conciles. Il eut pour successeur St- Pie I". D— s.
HYGIN (Caïcs-Jclics Hycinus), né en Espagne, ou, suivant d'autres, à Alexandrie en Egypte, fut esclave de Jules César, qui l'amena encore enfant à Rome, et le fit étudier. Hygin eut pour maître Corn. Alexandre, grammairien, ou plutôt littérateur célèbre : il devint lui-même très-habile ; et Auguste, l'ayant affranchi, lui confia le soin de la bibliothèque Palatine. Les anciens citent de lut un grand nombre d'ouvrages, entre autres un commentaire sur Virgile, qui était fort estimé. Ceux qui nous restent sous son nom sont d'un autre Hygin, qui était vraisemblablement aussi affranchi d'un empereur, et qui vivait au plus tard dans le second siècle de notre ère ; car quelques-unes de ses fables ont été mises en grec par le grammairien Dosithée, qui nous apprend lui-même qu'il a
fail ce travail sou» le consulat de Maiitnu* et d'Aper, l'an 207. Ces ouvrages sont : 1° Un recueil de FabUt mythologiques, tirées en grande partie des anciens scoliastes, principalement de ceux des poêles latins. Le style en est souvent barbare, sans doute parce que des écrivains d'un âge postérieur y ont fait des additions. 2° Poeticon aslronomicon, en quatre livres, dont le second est en partie une traduction des Catastérismes d'Eratosthène qu'IIygin avait plus complets que nous. Ces deux ouvrages, qui sont absolument nécessaires pour la connaissance de l'ancienne mythologie, ont été imprimés plusieurs fois ensemble (Baie, 1533, in-fol., et Hambourg, 1674, in-8°), ou séparément (Paris, 1378, et Leyde, 1670, in-8°). Les meilleures éditions sont celles qui ont paru avec les commentaires de Th. Muncker dans le recueil intitulé ilythographi latini, Amsterdam, 1681, in-8°; réimprimé avec de nouvelles notes, par Aug. Van Staveren, Leyde/ 1768, in-4°. 3° Un Fragment sur la castra métation, publié pour la première fois par I». Scrivcrius, à la suite de Végèce, Leyde, 1607, in-l°; réimprimé avec un savant commentaire de Schelius, Amsterdam, 1661, in-4°, et dans le dixième volume des antiquités romaines de Crajvius ; 4" De limiiibus constituendis , dans le recueil intitulé Rei agraria auetores, cura ll'il. Gœsii. Amsterdam, 1674, in-4°. On ne voit aucune raison pour attribuer ces deux derniers ouvrages à un Hygin différent du mythograpbe. C — a.
H Y LAS, gladiateur qui fut sept fois vainqueur dans les jeux du cirque à Lugdunum, et qui combattait avec deux épées. Le petit monument funéraire en marbre blanc qu'Hermalis, sa femme, lui fit élever, et sur lequel se lit une inscription en caractères romains , a été découvert à Lyon en novembre 1714, dans la ruedeTrion. L'inscription où il est nommé était, en 1789, chez les célestins de Sens ; elle y avait été apportée par les héritiers de Laurent Pianelli de la Valette. Klle se conserve dans le musée lapidaire de Lyon. Voyex les Inscriptions antiques de Lyon, recueillies par Alphonse de Boissieu, p. 469, et le Bulletin du comité de la langue, de l'histoire et des arts de la France, années 1835-36, t. 3, p. 426. A. P.
HYPATIA, fille de Théon, célèbre mathématicien il' Alexandrie, naquit vers la fin du 4e siècle, et fut l'élève de son père, qu'elle surpassa encore en célébrité. Douée d'une rare pénétration, elle y joignait une si grande ardeur de s'instruire, qu'elle consacrait à l'étude, les jours entiers et une partie des nuits. Elle s'appliqua particulièrement •à la philosophie de Platon, dont elle préférait les sentiments à ceux d'Aristotc. A l'exemple de ces grands hommes, elle voulut ajouter à ses connaissances par les voyages, et suivit à Athènes les leçons des maîtres les plus fameux. De retour dans sa patrie, elle fut invitée par les magistrats à y enseigner la philosophie ; et l'on vit une femme succéder à cette longue suite d'illustres professeurs qui, depuis deux siècbs, avaient rendu
HYP
| l'école d'Alexandrie l'une des plus célèbres de l'univers. Cette distinction flatteuse, qui était alors sans exemple, engagea Hypatia à redoubler de zèle pour remplir dignement des fonctions dont elle sentait toute l'importance. L'historien Socrate nous a conservé des détails sur la méthode qu'elle suivait dans ses cours {Mit. lib. 7, cap. 15) : on voit qu'elle commençait par l'enseignement des mathématiques, et qu'elle en faisait ensuite des applications aux différentes sciences connues sous le nom de philosophie ; elle s'attachait toujours à un principe évident, et en déduisait les conséquences par une marche progressive. Son éloquence était douce et persuasive; et elle ne parlait jamais en public sans s'y être préparée. Elle compta au nombre de ses disciples plusieurs hommes célèbres, entre autres Synésius, depuis évêque de Plolémaïs, et qui lui conserva toute sa vie le plus tendre attachement, quoiqu'elle se fût constamment refusée à embrasser le christianisme. Hypatia unissait aux dons de l'esprit toutes les qualités extérieures et les vertus de son sexe. Elle était velue simplement, et s'enveloppait souvent d'un manteau à la façon des philosophes. Sa conduite fut toujours à l'abri du plus léger soupçon ; elle savait contenir dans les bornes du respect les jeunes gens qui se montraient sensibles à ses charmes, et éloigna constamment toute idée d'une liaison qui l'aurait distraite de son goût pour l'étude. Un si rare mérite, tant de qualités précieuses, excitèrent la jalousie. Oreste, gouverneur d'Alexandrie, admirait les talents d'Hypatia, et lui demandait souvent des conseils. Il voulut réprimer le zèle trop ardent de St-Cyrille, qui n'envisageait en elle que le principal appui du paganisme. Les partisans de l'évéque vireut dans les mesures du gouverneur le résultat des avis d'Hypatia. Les plus séditieux, ayant à leur téte le lecteur Pierre, arrêtèrent Hypatia dans le temps qu'elle se rendait à l'école, la forcèrent de descendre de son char, et la traînèrent dans l'église nommée Césanne, où, après l'avoir dépouillée de ses habits, ils l'assommèrent avec des débris de tuiles et de poU cassés. La rage de ces forcenés ne fut point assouvie par la mort de cette femme illustre ; ils coupèrent son corps par morceaux , les portèrent dans les rues d'Alexandrie, et les brûlèrent dans un lieu nommé Cinaron (voy. Cvrille). Cet événement déplorable eut lieu au mois de mars de l'an 415. Les ouvrages d'Hypatia oui péri dans l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie : il y avait dans le nombre un Commentaire sur Diopbantc; un Canon astronomique et un Commentaire sur les coniques d'Apollonius de Perge. On ne connaît pas même les titres des autres ou- # vrages. La lettre publiée sous le nom d'Hypatia par le P. Lupus dans sa CollecL car. epistolanim est évidemment supposée, puisqu'on y parie de la condamnation de Nestorius, postérieure à la mort de cette femme célèbre. On trouve dans Us œuvre* de Synésius 'publiées par Pétau, 1633, in-fol.,
HYP
sept des lettres qu'il écrirait à Hypatia ; mais on regrette la perte de ses réponses, qui éclairciraicnt des faits dont, faute de documents certains, on n'aura jamais qu'une connaissance imparfaite. L'Anthologie grecque offre une épigramme à la louange d'Hypatia, qu'on attribue à Paul le silentiaire. Hug. Grotius l'a traduite en latin. On peut consulter sur Hypatia : 1° Ménage, Histor. mu lier, philosopher., p. 52 et suiv. ; 2 une Dissertation de Desvlgnoles dans la Bièl. germait., t. 5; et S» une lettre de l'abbé Goujet dans les tomes S et 8 de la continuation des Mémoires de littérature, par Resinolets. W— s.
HYPATODOREou HÉCATODORE, sculpteur grec, a Técu dans la cent deuxième olympiade, 372 ans avant J.-C. Émule et contemporain de Céptiisodore, de Polyclès et de Léocharès , il se rendit célèbre par de beaux ouvrages dont le principal était une statue colossale de Minerve en bronze, placée dans le temple de cette déesse sur le haut de la citadelle d'Aliphèrc, petite ville d'Arcadie. Pausanias et Polybe font un magnifique éloge de cette statue ; et le dernier ajoute qu'Ilypatodore l'exécuta de concert avec Sostrate, autre sculpteur célèbre. Hypatodore s'associa pareillement avec un autre artiste nommé Arlstogiton pour exécuter les statues d'Aliterse et (TAmphiarails, que les Argiens consacrèrent à Delphes après avoir battu 1rs Lacédémoniens près d'CEnée en Argolide. I.-S-e.
HYPATUS, médecin grec, vivait dans le 4M» siècle. 11 exerçait sa profession à Rome , et ses talents lui méritèrent la bienveillance du pape Nicolas V, qui le créa comte de Latran et le revêtit de la dignité de consul. Son véritable nom était Georges Sanginatic (1) ; mais les manuscrits ne le désignent que par celui d'Hypatus, mot grec qui n'exprime que la dignité consulaire. Il dédia, vers 1430, au pape Nicolas V, un petit traité : De partions corporis humam. Cet opuscule, écrit en vers politiques, fut publié pour la première fois par Etienne le Moyne, dans ses l'aria sacra, 1. 1, p. 543. Jean-Et. Bernard (roy. ce nom) Ta reproduit en 1744, Leyde, b>8°, avec la version ln line de le Moyne, dont il ne faisait pas grande estime (2). 11 y joignit des note», tant de lui que de Dan. Triller, et trois planches anatomiques, tirées d'un manuscrit de la bibliothèque de Leyde, qu'il jugeait, sans en connaître la date, beaucoup plus ancien que le premier traité d'analomie imprimé avec figures (3). Dans cette édition, l'opuscule d'Hypatus est précédé d'un autre petit traité d'anatomie, d'un médecin grec, intitulé Introdwtio anatomica. Cet opuscule avait été déjà publié par Pierre Lauremberg (roy.
U) Gaoaoïut Samoinaticub. Ct dernier 10m c»t «ans doute celui de m patrie, obscure bourgade oubliée par tous les lexicographe*.
Pi. Voici ce que. Bataard dit de 1» version d. U iftv-yn* : Q*x non tan, auc totem txphcat quam paliui itntum tint invertit <iW., XI).
(31 Bernard «oyait (Pr«/., X\l) qtt* VAnmtomié do Jacq. de Carpi éUitï* première imprimée avec n^ure»; mai» il H> trompait : ce n'est qua I» troisième <»oy. J. Bsawon*.
IIYP
ce nom), avec une version latine, Hambourg, 4646 (4), et Leyde, 4648. L'introduction anatomique, dont l'auteur est inconnu, n'offre goère . que des lambeaux tirés des Œuvres d'Aristote, et réunis par un compilateur ignorant ou malhabile, (►uelques critiques ont cependant soupçonné Lauremberg d'avoir composé lui-même cette espèce de centon; mais il est plus vraisemblable, comme le dit Morsius (Pré/, de l'éd. de 4618), que Lauremberg l'avait rapporté de France, où il Tarait déterré dans quelque bibliothèque. La préface curieuse que Bernard a mise en téte de son édition de ces deux opuscules mérite d'être lue. On attribue encore à llypatus un Traité du pouls, reste manuscrit. W — s.
HYPERIDES, célèbre orateur athénien , était fils de Glaucippus. Après avoir étudié la philosophie sous Platon, et l'éloquence sous Socrate, il se mit à composer des plaidoyers pour les particuliers, en attendant que l'Age lui permit de se présenter à la tribune. En entrant dans la carrière politique il s'attacha , comme Démosthènes, au parti opposé à Philippe, roi de Macédoine. Ce prince, qui n'était pas encore très- puissant, craignant que les Athéniens ne missent des obstacles à ses projets, avait eu soin de prendre à sa solde une partie de leurs orateurs , à la téte desquel» était Eschine. Le parti contraire , qui avait Dêmosthènes pour chef, s'adressa au roi do Perse, dont les États étaient également menacés par Philippe, et il parait qu'Hypérides et Éphialtis furent chargés de cette négociation , qui fut sans doute très-secrète. Quelque temps après (314 ans avant J.-C), l'Eubée craignant une invasion de Philippe, et les Athéniens consumant leur temps en de vaines délibérations, Hypérides engagea les citoyens les plus riches à se réunir à lui pour équiper sur-le-champ quarante vaisseaux , dont deux furent armés à ses frais, l'un sous son nom, l'autre sous celui de son fils. Il lit partie de l'expédition que les Athéniens envoyèrent au secours de Byzance, sous les ordres de Phocion. A la nouvelle de la bataille de Chéronée (338 ans avant J.-C), il monta à la tribune, proposa de mettre les femmes , les enfants ct les dieux en sorete dans le Pirée ; de rappeler les exilé* ; de rendre les droits de citoyens à ceux qui les avaient perdus , de les accorder aux étrangers domiciliés à Athènes ; de donner la liberté aux esclaves et de prendre tous les armes pour la défense do pays. Ces mesures furent adoptées, et la république leur dnt la paix honorable qu'elle obtint. Le danger passé, Hypérides fut attaqué par Aristofliton, qui l'accusait d'avoir viol* par ee décret toutes les lois de la république. Hypérides se défendit par un discours célèbre , dans lequel il disait
(lj Celte édition de 161G et citée par Conring, mail Bernard déclare qu'il a fait d'inutile* rechercUe* pour se la procurer,** U pense que, ai col ouvras* eut été publié réellement en 1616. Uatsius n'en aurait pas donné, deux an» après, Une nouvelle éditl.s.
HYP
qu'ébloui par les armes des Macédoniens , il n'avait pas pu porter ses yeux sur les lois , et il gagna sa cause. Il était un de ceux qu'Alexandre voulut se faire livrer après le sac de Thèbes ; mais la colère de ce prince fut apaisée par Démades, et Hypérides resta dans sa patrie. Il fut du petit nombre de ceux qui ne se laissèrent point corrompre par l'or d'ilarpnlus, c'est pourquoi on le chargea de poursuivre ceux qui n'avaient pas su résister, et il fut un des accusateurs de Démos- Ihènes. 11 n'en conseilla pas moins aux Athéniens de garder à leur solde les troupes qu'Harpalus avait amenées sur le promontoire Taenare. L'occasion de s'en servir se présenta bientôt; Alexandre étant mort (323 ans avant J.-C.), les Athéniens conçurent le projet de délivrer la Grèce du joug des Macédoniens; ils envoyèrent Léosthènes prendre le commandement de ces troupes , et ce fut avec elles qu'il commença la guerre l*amiaque. Léosthènes ayant été tué, Hypérides prononça l'oraison funèbre de ce général et de ceux qui avaient péri dans la même guerre. Les anciens la citent comme un des plus beaux discours qui aient été faits en ce genre. Après la défaite des Grecs il fut exilé d'Athènes. Il se retira d'abord à Égine, où il se réconcilia arec Démosthènes. Poursuivi par les Macédoniens, il se réfugia dans le temple de Neptune à llermina, et il fut arraché de cet asile par Archias, qui s'était chargé de l'infâme mission de livrer à Antipatcr les orateurs athéniens qui lui étaient opposés. Antipater fit couper la langue à Hypérides, et le fit mettre à mort (323 ans avant J.-C.). Son corps, qui avait été laissé sans sépulture, fut enlevé par ses proches , et ils l'enterrèrent dans l'Attique. Hypérides avait plusieurs fois été chargé par la république de missions importantes. Les I ir liens, après avoir secoué le joug des Athéniens, prétendaient avoir la surintendance de leur temple et des jeux qui s'y célébraient. Les Athéniens la réclamèrent comme leur appartenant de toute ancienneté. La cause fut portée devant les ainphictyons de Delphes, Je temple qu'Apollon avait dans cette ville étant celui d'où le culte de ce dieu s'était propagé dans tout le reste de la Grèce. Le peuple d'Athènes avait nommé Eschine pour aller défendre ses droits ; mais l'aréopage , sachant que cet orateur était vendu à Philippe, sous la protection duquel les Déliens s'étaient mis, annula ce choix et fit charger Hypérides de cette défense. Cet orateur fut aussi envoyé à Olympie pour demander la remise de l'amende à laquelle avait été condamné Callippus, athlète athénien, qui avait corrompu ses antagonistes pour obtenir le prix du pentathle. 11 alla enfin en ambassade à Rhodes, on ne sait à quelle occasion, et il y prononça un discours qu'on trouve quelquefois cité. Ses mœurs étaient peu régulières, et il avait été attaché au char de plusieurs courtisanes. C'est sans doute par cette raison que Phryné le choisit pour son défenseur. Un certain
HYR 257
Kulhias, qu'elle avait rebuté, voulut se venger en intentant contre elle une accusation d'impiété, qui n'avait pas sans doute de caractère bien déterminé ; car elle fut portée devant les héliastes, au lieu de l'être devant l'aréopage. L'éloquence d' Hypérides n'aurait point sauvé cette courtisane: voyant le danger qu'elle courait, il lui déchira sa tunique sur la poitrine , et découvrant sa gorge et ses épaules qu'elle avait de la plus grande beauté , il dit aux juges : « Condamnez, « si vous l'osez , la prétresse favorite de Vénus. » Frappés d'un respect religieux , ils crurent voir la déesse elle-même, et sa cause fut gagnée. Cicéron le place immédiatement après Démosthènes, et presque sur la même ligne. On avait de lui cinquante-deux discours qui existaient encore en partie du temps de Photius : ils se sont perdus depuis, et il est le seul des dix orateurs grecs dont il ne nous reste rien ; car on ne peut guère s'en rapporter au jugement de Libanius, qui lui attribue un discours contre Alexandre, qui est le dix-septième parmi ceux de Démosthènes. C — a.
HYPS1CLÈS d'Alexandrie vivait sous Ptolémée Physcon, vers l'an 146 avant notre ère. On a de lui les quatorzième et quinzième livres qu'il a mis à la suite des Éléments d'Euclidc. Les opinions des savants ne sont pas bien unanimes sur ce point ; mais personne ne lui dispute un petit traité qu'il a nommé Auaphorique ou des Ascensions. Il y donne une méthode fort inexacte pour calculer en combien de temps se lève chaque signe ou chaque portion de l'écliptique. L'auteur était à peu près contemporain d'Hipparque, qui le premier a donné la solution exacte du problème. Il a pu ignorer les découvertes d'Hipparque, et c'est ce qui l'excuse ; mais ce que l'on conçoit moins facilement, c'est que son Anaphorique ait été inséré dans la collection appelée le Petit Astronome, c'est-à-dire dans un recueil de quelques petits traités qu'on enseignait dans l'école d'Alexandrie pour préparer à la lecture de Y Astronomie de Ptolémée. Il était assez inutile de montrer aux élèves une solution très-vicieuse d'un problème fort aisé qu'ils devaient trouver bien résolu dans le livre de Ptolémée. D — t — e.
HYPSICHATES. Voyez Anticosë.
HYPSILANTES. Voyet Ypsilahti.
HYKCAN lrr (Jea>, surnommé) était le troisième fils de Simon Macchabée, grand prêtre des Juifs, et lui succéda dans cette dignité éminente l'an 135 avant J.-C. 11 voulut venger la mort île son père, assassiné dans un festin par son genilre Ptolémée ; il poursuivit le meurtrier, et le contraignit de s'enfermer dans la forteresse de Dagon , où il l'assiégea ; mais Ptolémée l'ayant menacé d'égorger à ses yeux sa mère et ses deux frères qu'il retenait prisonniers, llyrcan se retira. Bientôt il eut à se défendre contre Antiochus Sidélès , roi de Syrie. Ce prince vint avec une armée devant Jérusalem, et pressa le siège avec tant de vigueur