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mique qui contenait des observations nombreuses faites à Bagdad, sous le règne d'Adadh-éd-daulah. Malheureusement il en est de cet ouvrage comme de beaucoup d'autres : le titre, qui est tout ce que nous en connaissons, nous en fait regretter chaque jour la perte. De quelle importance, en effet, n'aurait pas été un ouvrage dont l'auteur était trèsestimé du célèbre Ibn-Yoùnis! lbn el-A'Iam avait été très en faveur auprès d'Adèdh-eddaulah ; mais le fils de ce' prince n'ayant pas eu pour lui la même considération, il quitta sa patrie pour faire le pèlerinage , et mourut à son retour, à OsaYla , le 8 de moharrem 575 de l'hég. (985 de J.-C.). J—fl.
IBN-EL-ATSYll. Voyet Ibk-Alatsyii.
IBN-EL-AWAM (Anor Zaccaria Yahia-bex-Mohammed-ben-Aiimed), célèbre auteur géoponique mahométan, vivait dans le 6e siècle de l'hégire, qui correspond au 12e siècle de notre ère. Les recherches faites par les savants espagnols dans les manuscrits arabes n'ont fourni aucune notion sur la vie d'Ibn-el-Awara. On sait qu'il n'était pas moins considéré parmi ses compatriotes par sa naissance que par ses connaissances philosophiques. Il a composé en arabe un ouvrage intitulé Livre d'agriculture , dont la traduction espagnole a été publiée à Madrid, en 1802, 2 vol. in-fol., par don Josef Antoine Banqueri. Cette traduction est accompagnée du texte arabe. Le monde littéraire et les agronomes en sont redevables au comte de Campomanès. Ce ministre , zélé protecteur de l'agriculture, ayant été informé par Casiri, savant arabisant, que l'ouvrage d'Ibn-el-Awam contenait les meilleurs préceptes d'agriculture adoptés chez divers peuples de l'antiquité et du moyeu âge , engagea le gouvernement espagnol à en ordonner la traduction. Ibn-el-Awam parait avoir travaillé pendant longtemps à la confection de son livre, et avoir lu, dans des traductions arabes, les auteurs géoponiques qui avaient écrit avant lui. Il cite en effet plus de cent auteurs grecs, latins, persans, chaldéens, africains et arabes-espagnols : « Ayant « lu , dit-il dans son prologue , les auteurs mu- « Mil m m --espagnols, ainsi que les anciens ouvra- « ges qui traitent de l'économie rurale, et ayant « médité la doctrine qu'ils renferment, je m'en « suis servi pour composer mon travail. » Il ajoute plus bas : « Je n'ai avancé aucune matime que je n n'aie constatée par des expériences réitérées. » En eflet Ibn-el-Awam cultivait, à peu de distance de Séville, une campagne nommée Alxarafe. L'auteur de cet article a visité avec un bien vif intérêt le lieu délicieux où l'agronome arabe acquérait, par la méditation et l'expérience, les connaissances aussi utiles que curieuses dont son ouvrage est rempli. On y trouve plusieurs genres de culture qui llorissaient à l'époque où les Maures possédaient ce beau pays, et qui sont aujourd'hui inconnus. Le beau système d'irrigation que les Maures avaient établi dans presque toutes les parties de Phspagne se retrouve encore dans le royaume de Valence. Mais on regrette de n'y
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voir plus la culture de plusieurs plantes utiles à la nourriture de l'homme et des animaux, à la médecine et aux arts, dont Ibn-el-Awam parle comme usitées de son temps. Tels sont le bananier, lesebestier, différentes espèces de palmier, le dattier, qui n'est plus cultivé que dans une très-petite partie du royaume de Valence; un nombre assez considérable de plantes potagères, d'arbres fruitiers, et de plantes servant à l'ornement des jardins. On trouve aussi dans cet ouvrage plusieurs méthodes et plusieurs procédés d'économie rurale et domestique, inusités parmi les habitants modernes de l'Espagne. Il est remarquable qu'il ne fait aucune mention des mérinos. La vie agricole dispose les hommes à la vertu et à la droite raison. L'esprit qui règne dans l'ouvrage d'Ibn-el-Awam prouve sa moralité ; il nous suffira de citer une maxime, qu'il rapporte en exhortant ses compatriotes à se livrer à la culture des champs. Cette maxime qu'il attribue à Mahomet , est ainsi conçue : « Celui qui plante ou qui sème ou qui fait « produire à la terre des aliments propres à « l'homme ou aux animaux fait une aumône dont <• il lui sera tenu compte dans le ciel. « L — ie.
ItyN-FAREDH (Aboi Hafs Omar), célèbre potfle arabe , était originaire de Hamah , ville de Syrie, et naquit au Caire le 4 de dzoulcaadah 577 (H 81 de J.-C.). Il y mourut le 2 de djoumadi I" «32 (1253 de J.-C.), et fut enterré au pied du mont Mokattatn. On n'a aucun détail sur ce poète, quoiqu'il soit très-estimé des Orientaux. On sait seulement qu'il consacra sa vie à la piété, et qu'il employa ses talents à célébrer les avantages et les délices de l'état mystique qu'il avait embrassé. Son divan, ou recueil de ses poésies, très-répandu chez ses compatriotes , n 'est pas inconnu parmi nous. Le premier morceau qui en ail paru se trouve dans le Spécimen arabicum publié à fiostock en 1658 par Jean Fabricius, qui le devait à Golius(roy. Fabricius). Vriemoet l'a fait réimprimer en 1758, dans sa grammaire arabe intitulée Arahismut. Ce morceau ne contient que quatorze vers. Les Comment, Pots, a tint, de sir \Y. Jones offrent des extraits du divan de Faredh , et un autre petit poème qui a été redonné par M. Wahl dans sa X'eue arabische Antologie. Enfin Sylvestre de Sacy a inséré dans sa Chrestomathie arabe le texte et la traduction française d'une pièce d'ibn Fareth, qui permet d'apprécier le mérite de ce poè'me. On y trouve beaucoup d'exagération dans les idées; et après l'avoir lu, on restreint volontiers les éloges donnés à ce poè"te par W. Jones. Au surplus Aly, l'un des disciples ou religieux de l'ordre d'ibn Faredh, et à qui on doit le recueil de ses œuvres poétiques, nous apprend qu'il ne composait ses poésies que dans des moments d'extase , et que quelquefois des voix célestes les lui dictaient. La bibliothèque de Paris possède plusieurs manuscrits du divan d'ibn Faredh. J-x.
IBN-HUNIS. l'oyez Ihn-Yoi.nis.
IRN-KATIB. l'oyez Ibx-ai.-Khatib.
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IBN-KIIALDOl'N (Waliy-eddis Abou-Zéid Abb- Alrahman), fils de Mohammed, et surnommé Hadhrami et Atchbili, littérateur et philologue très-célèbre, naquit à Tunis, en l'année 752 de l'hégire (1552 de J.-C.). On ignore pourquoi lui fut donné le surnom Ibn-Khaldoun . sous lequel il est généralement connu. Après avoir éludié, dans sa patrie, auprès de son père et des hommes les plus célèbres de son temps, l'Alcoran, les traditions, la grammaire, la poésie et la jurisprudence, il fut attaché, en l'année 749 (1548), au général Mohammed, fils deTafarkin, qui exerçait une autorité presque indépendante à Tunis. Son emploi consistait à écrire, en gros caractères, sur les actes du gouvernement, la devise du cinquième prince de la dynastie des Abou-Ilafs ou Habites, le sultan Abou-lshak-lbrahim. Au milieu des troubles qui agitaient l'Afrique à cette époque, Ibn- Khahloun passa au service du souverain de Fez, Abou-Olhman (ou, comme le nomme Casiri, A bon- An ai) Farès, fils d'Ali, fils d'Othman , et ce prince le combla de faveurs. Après la mort de Farès, il s'attacha au sultan Abou-Salem, aussi roi de Fez et d'une grande partie de l'Afrique septentrionale, et fut employé par ce prince dans sa chancellerie, à cause de la beauté de son écriture. Il servit encore successivement divers princes d'Afrique, jusqu'à ce qu'en l'année 78* (1582) il quitta tout à fait cette contrée, et se rendit à Alexandrie et de là au Caire, où il fixa sa résidence et enseigna publiquement dans divers collèges. En l'année 780 (1584), le sultan d'Egypte et de Syrie, Barkouk, le nomma chef des cadis de la secte de Malec en Egypte. Son intégrité, qui le portait à n'avoir, dans l'exercice de ses fonctions, aucun égard aux recommandations et sollicitations des hommes puissants, lui fit des ennemis ; et le sultan, cédant à leurs instances, le destitua en l'année 787 (1585). En 801 (1598), il fut de nouveau promu à la même charge ^ et l'occupa jusqu'au commencement de l'année 805 (1400). Il fut alors destitué par le sultan Faradj, successeur de Barkouk, et il suivit ce prince, qui se rendait en Syrie pour s'opposer aux progrès de Tamerlan. Lorsque Tamerlan était campé devant Damas, Ibn-Khaldoun sortit de la ville et se fit présenter au conquérant mogol , auquel il plut extrêmement par l'agrément de sa conversation. Tamerlan ayant quitté la Syrie, Ibn-Khaldoun revint au Caire. Si nous en croyons Ahmed-ben-Arabschah, historien arabe de Tamerlan, Ibn-Khaldoun, qui avait fait assez bassement sa cour au conquérant mogol , et n'avait rien négligé pour le flatter et s'attirer ses bonnes grâces, avait obtenu de lui la permission de se rendre au Caire pour aller chercher sa famille et ses livres et venir le retrouver au plus tôt. Quoi qu'il en soit, Ibn-Khaldoun, de retour au Caire, y fut de nouveau investi des fonctions de grand cadi des Malékites en la même année 805 ; et après avoir encore été plusieurs fois destitué, puis rétabli dans cette charge, il
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mourut, en possession de cette magistrature, dans les derniers jours de ramadhan de l'an 808 (1100), âge de soixante-seize ans et vingt-cinq jours. Ibn- Khaldoun est auteur d'un assez grand nombre d'ouvrages de littérature et de jurisprudence, qui ne nous sont pas connus : mais son principal ouvrage est une histoire des Arabes et des Berbers, intitulée A'itab aliùar oudiwan almobtada oualkhabar, etc., c'est-à-dire le livre des exemples instructifs et le recueil des .événements anciens et de ceux dont le souvenir s'est conservé , concernant l'histoire des Arabes , des Persans , des Berbers et des nations contemporaines les plus puissantes ; ce livre est plus connu sous le nom àeTarikhJbn- Khaldoun , ou Annales d'Ibn-Khaldoun. Ces Annales se composent de trois parties : la première, qui est souvent considérée comme un ouvrage à part, indépendamment des deux autres parties, porte communément le titre de Mokaddama/t fil larikh. c'est-à-dire prolégomènes historiques. Elle jouit d'une grande estime dans J'Orient, et il en existe une traduction turque dont nous parlerons plus bas, et qui est considérée par les Turcs comme le livre le plus propre à former des hommes d'État. Ces prolégomènes ne se trouvent que depuis peu d'années parmi les manuscrits arabes de la bibliothèque de Paris, et nous ne craignons point d'affirmer qu'ils ne sont pas audessous de leur réputation. 11 en a été publié quelques fragments dans la Creslomathie arabe (Paris, 1808), ainsi que dans la Relation de ? Egypte, par Abd-Allatif (ibid., 1810) ; et plus récemment M. Eug. Coquebert de Montbret a donné la traduction d'un extrait de ces mêmes prolégomènes, qui traite de l'art de l'architecture (1824); mais ces fragments ne peuvent donner qu'une idée bien imparfaite du mérite de ce livre. Parmi les ouvrages historiques écrits en arabe, il n'en est peut-être aucun qui méritât autant que celui ci les honneurs de l'impression. Nous croyons convenable d'en donner ici une idée. Après un court avertissement, qui indique le sujet du livre et son plan, vient une préface, où l'auteur traite de l'utilité de l'histoire, de la manière de l'écrire, et de la critique historique. Ibn-Kaldoun y indique les diverses sources des erreurs dans lesquelles peuvent tomber ceux qui écrivent l'histoire. A cette occasion , il discute plusieurs faits importants de l'histoire ancienne des Israélites et des Arabes, ainsi que de l'histoire des khalifes; et il fait voir l'invraisemblance de divers récits répétés par la plupart des historiens. Cette préface se termine parquelquesobservations sur l'orthographe qu'lbn- Khaldoun a adoptée pour exprimer diverses articulations étrangères à la langue arabe. Des considérations générales sur l'origine de la société qui est naturelle à l'homme ouvrent la première section. A ces considérations succèdent une description succincte du globe et des réflexions sur l'influence physique et morale que la diversité des climats, de l'air, du sol et de la diète, exerce sur l'homme*
Cette première section se termine par un long chapitre sur toutes les manières naturelles ou artificielles de connaître les choses secrètes ou futures, sur les révélations, les visions, les songes, la divination, les sorts, etc. Dans la deuxième et la troisième section , la société et la civilisation sont considérées dans leur état chez les peuples nomades et les Bédouins, c'est-à-dire les habitants du désert, et particulièrement chez les Arabes : le passage de la société de famille à la formation des tribus et à leur confédération, le genre de gouvernement, de domination, de conquête propre à cette constitution de la société ; l'influence nécessaire de la religion sur la formation de ! grands empires parmi les Bédouins ; la manière dont se forment ces empires, leurs limites naturelles, leur durée, les conditions nécessaires à leur conservation, les causes de leur destruction, la condition des princes, celle des sujets; les diverses natures d'autorité souveraine , la définition du khalifatet de l'imamat, la conversion du pouvoir pontifical des khalifes en une souveraineté monarchique purement temporelle, la distinction entre la royauté et le sultanat, tels sont les principaux objets traités dans ces deux sections. L'auteur parcourt ensuite toutes les parties essentielles de l'administration , le gouvernement général, la cour, la justice, la religion, les finances, les impôts, la guerre, le commerce, etc. ; il fait connaître leur objet, leurs attributions, les formes avec lesquelles on les exerce, et les variations survenues dans chacune d'elles ; puis il traite des vices qui s'introduisent dans le gouvernement , de leurs effets, des remèdes qu'on peut y apporter, et de la ruine inévitable qu'ils entraînent à la longue. La quatrième section considère l'état de la société et de la civilisation chez les hommes réunis en grandes masses dans les villes, réunion qui prend sa source dans la tendance vers la monarchie temporelle : cet état de la société est le plus favorable à la construction des grands édifices et des monuments durables qui exigent le travail constant de plusieurs générations ; il favorise les arts, le luxe et l'accumulation des richesses : il est , dans l'ordre de la civilisation , le dernier degré, et touche de près à la décadence et à la destruction des sociétés et des États. Dans la cinquième section , l'auteur traite du travail en général, considéré comme moyen de production et d'acquisition des choses nécessaires à la subsistance de l'homme; des diverses professions libérales ou mécaniques, telles que les sciences, les fonctions de la religion, de la magistrature , de l'administration, le commerce, l'.igriculture, la médecine, l'architecture, l'écriture, l'art du tisserand, celui du tailleur, l'art des accouchements, la musique, etc. Enfin, dans la sixième section , qui forme plus du tiers de l'ouvrage , Ibn-Khaldoun parcourt tout le domaine de la science et ses diverses branches : il en présente le système encyclopédique, la classification et les divisions. C'est dans cette sixième
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section, qui manque dans beaucoup de manuscrits, que Hadji-Khalfa a puisé les articles concernant les diverses sciences dont il a enrichi son grand dictionnaire bibliographique. Toutes les parties de l'ouvrage dont on vient de lire une analyse bien imparfaite sont entremêlées d'une multitude de faits curieux et d'exemples instructifs, pris chez les Arabes, les Persans, les Derbers et chez d'autres nations anciennes et modernes. On ne peut , en le lisant , que concevoir une très-haute idée de la justesse d'esprit d'Ibn-Khaldoun, de sa sagacité, de son érudition, de la variété et de l'étendue de ses connaissances. Son style est serré, et quelquefois un peu obscur. Les idées manquent assez souvent des liaisons nécessaires, ou des développements que le lecteur pourrait désirer; les chapitres aussi ne sont pas toujours liés par des transitions bien sensibles. Nous avons déjà dit que ces prolégomènes historiques ont été traduits en turc : l'auteur de cette traduction est Mohammed Pirizadeh, qui vivait sous le règne du sultan ottoman Achmct (Ahmed) III. On assure que ce traducteur a remédié aux défauts de l'original , et que, par des additions et des suppléments placés à propos, et qu'il a eu soin de distinguer de ce qui appartient à l'auteur, il a encore ajouté, sinon au mérite essentiel , du moins à l'utilité de l'ouvrage , et en a rendu la lecture plus agréable et l'étude plus facile. La traduction turque est, diton, d'un tiers au moins plus longue que le texte original. Pour achever de faire connaître les annales d'Ibn-Khaldoun, nous devons dire encore que le deuxième livre traite de l'histoire des Arabes avant et après l'islamisme , jusqu'à la (In du 8e siècle de l'hégire, et que cette histoire est mêlée de notions plus ou moins étendues sur les Nabatéens, les Syriens, les Perses, les Juifs, les Égyptiens, les Grecs, les Romains et les Turcs. Le troisième livre est consacré à l'histoire des Berbers.ou peuples indigènes de l'Afrique septentrionale, de leurs diverses tribus, et des dynasties qui se sont succédé dans ce pays. Ces deux derniers livres sont bien moins répandus que le premier, et ne jouissent pas de la même estime dans l'Orient. Nous ne savons s'il en existe quelques manuscrits dans les bibliothèques de l'Europe chrétienne. D'après le talent , l'érudition et la critique de l'auteur, on ne saurait douter qu'ils ne méritassent l'attention des orientalistes, beaucoup plus que cette multitude de chroniques sèches et décharnées, de compilations informes, et d'abrégés faits sans goût et sans discernement, dont on a surchargé nos grandes bibliothèques. lbn-Khaldoun nous apprend lui-même qu'il composa ses prolégomènes historiques en l'année 779 (1377), et n'y employa que cinq mois, qu'ensuite il les revit, y mit la dernière main et y ajouta les deux derniers livres, qui forment, à proprement parler, ses annales. S. d. S — t.
IBN-KHILCAN (Sr.iiF.Ms-F.mux Aboi'l Abdas Ahmed) , célèbre historien arabe, descendait de la
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famille des Barmécides, par Malee, fils de Djafar, l'illustre et malheureux vizir du khalife Haroun-alraschid. Le surnom d' Ibn-Khitean lui fut donné à cause de son bisaïeul Khilcan ; mais il convient d'observer que la manière de prononcer ce nom est peu certaine : quelques orientalistes le prononcent Khallican, d'autre6 Khalican. Ce nom, au surplus, parait être tout à fait étranger à la langue arabe. Ibn-Kbllcan nous apprend lui-même qu'il était né à Arbel en l'année 008 de l'hégire (1211 de J.-C). L'étude de la langue arabe, celle de la littérature, de l'histoire et de la jurisprudence, partagèrent tout son temps, et il se distingua dans ces différents genres de connaissances : il possédait surtout parfaitement l'histoire, il réussissait très-bien à faire des vers, et avait une critique sûre en matière de poésie. Personne, dit-on, ne connaissait aussi bien que lui les poésies de Motenabbi. Bohâ-eddin, l'historien de Saladin, fut un des hommes célèbres dont il prit les leçons (voy. BoiiAwr . Ibn-Khilcan vint fort jeune en Syrie, et passa de là en Egypte. En l'année 650 (iSfll ) après avoir déjà rempli les fonctions de cadi au Caire, où il avait fixé son séjour, il fut promu à la dignité de grand cadi de Damas, et il exerça cette charge, dans cette capitale de la Syrie, avec autant d'intégrité que de talents, jusqu'à l'année 669 (1270). Destitué à cette époque, il retourna en Egypte , et y remplit la place de professeur dans un des collèges du Caire, jusqu'à ce que le sultan lui conila de nouveau la charge de cadi de Damas en 676 (1277). Le jour de son entrée à Damas fut une fête pour toute la ville, et il reçut les félicitations de tous les habitants. Schems-eddin Sankar, gouverneur de Damas, ayant secoué le joug de l'obéissance et s'étant révolté dans cette ville contre le sultan kélaoun, Ibn-Khilcan autorisa sa révolte par un fet»*, c'est-à-dire par une consultation juridique qui déclarait légitime la guerre (pie Sankar faisait au sultan. Kélaoun, étant rentré dans la possession de Damas, prononça en l'année 679 (1280) contre Ibn-Khilcan un arrêt 'de mort ; mais bientôt après il donna une amnistie, dont notre savant profita. Toutefois, il fut destitué par le gouverneur de la ville, qui lui nomma un successeur. Ibn-Khilcan était occupé à faire transporter ses meubles hors du palais qu'il habitait comme cadi, et qu'il devait céder à celui qui le remplaçait, lorsqu'il arriva un ordre du sultan Kélaoun qui, en désapprouvant sa destitution , le rétablissait dans l'exercice de ses fonctions. Cependant il perdit de nouveau cette dharge au commencement de l'année 680(1281), et mourut comme simple particulier à Damas, au commencement de l'année suivante 681 (1282). Le principal ouvrage d'Ibn-Khilcan est un recueil alphabétique des vies des hommes illustres, intitulé Wafayat alayan we anba abnn aUèmnn, c'està-dire les décès des personnages éminenU, cl les histoires des hommes de ce siècle. Ce titre fait connaître assez exactement le plan de ce diction-
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nairc biographique, dans lequel l'auteur a cru devoir joindre les vies d'un grand nombre des hommes distingués par quelque genre de mérite, avec lesquels il avait vécu, à celles des musulmans illustres des siècles précédents. tbn-Khilcan a exclu de son ouvrage les compagnons de Mahomet , les Uibi$, c'est-à-dire les disciples de ces premiers musulmans, et les khalifes, parce que l'histoire de ces derniers se trouvait dans un grand nombre d'écrits, et était généralement connue, et que celle des premiers n'intéressait qu'une certaine classe de lecteurs. Il ne s'est pas cependant rigoureusement astreint à cette règle. Ce fut au Caire, et en l'année 654, qu'lbn-khilcan commença à mettre en ordre et à recueillir en un corps d'ouvrage tous les matériaux qu'il avait précédemment amassés, et que leur grand nombre lui rendait à lui-même d'un usage peu commode. Il y a lieu de croire que l'ouvrage n'était pas achevé lorsque noire auteur se rendit en Syrie à la suite du sultan Bibars, en l'année «59; car, en terminant la vie de Yahya ben Khaled, il dit positivement qu'il est obligé de clore ici son recueil , quoique son intention fût d'enrichir encore de plusieurs articles la dernière lettre de l'alphabet, à laquelle appartient le nom de Yahya. Il ajoute qu'il se propose de reprendre plus tard la continuation de son travail , d'employer beaucoup de matériaux informes qu'il possède encore, île se livrer à de nouvelles recherches, et de donner à son ouvrage une telle étendue qu'il puisse former dix volumes. Quoiqu'il n'ait point rempli ce vaste plan , il est certain qu'il a fait des additions en divers endroits de son recueil , et qu'il a ajouté près de cinquante articles à la dernière lettre de l'alphabet. Hadji-Khalfa atteste, et à ce qu'il parait d'après l'auteur lui-même, que revenu au Caire en l'année 669, Ibn-Khilcan se procura des livres qu'il n'avait point eus précédemment, et s'en servit pour compléter son travail; qu'il le mit dans l'état où il est aujourd'hui, et le termina «u Caire le lundi 2 de djoumadi second de l'année 67Î. Ce bibliographe observe que ce recueil contient en tout huit cent quarante-six articles. Les manuscrits du dictionnaire biographique d'Ibn- Khilcan que possèdent les grandes bibliothèques de l'Europe, diffèrent beaucoup quant au nombre des articles qu'ils contiennent : les uns en ont moins, les autres plus de quatre cent quarantesix. M. B. Fred. Tydeman a publié à Leyde en 1809, 6ous la forme de programme, une table de l'ouvrage d'Ibn-Khilcan , avec la préface de l'auteur et sa vie, le tout en arabe et en latin, précédé de prolégomènes dans lesquels il fait connaître les divers manuscrits dont il a fait usage. Cet ouvrage est intitulé Spécimen philologicum . exhibent conspectum operis Ibn Chalicani de mis illustrium tirorum . etc., in-4°. Ibn-Khilcan a joint aux détails historiques qui concernent les personnages célèbres dont il écrivait la vie, beaucoup d'anecdotes littéraires et un grand nombre
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de fragments du poésie ou de prose riméc, qui jettent dans son travail une agréable variété, mais présentent souvent aux lecteurs de grandes difficultés, surtout à cause des fautes nombreuses que commettent les copistes dans ces fragments, que le plus souvent ils ne comprennent point. Cela rendrait très-difficile de donner une édition complète du teite de cet ouvrage, et un pareil travail ne pourrait être entrepris que par un homme profondément exercé dans la connaissance de la langue arabe, et à l'aide de plusieurs manuscrits. Divers écrivains ont composé des suppléments au dictionnaire d'Ibn-Khilcan, qui ne passe guère l'an 650 (1253). Il en a aussi été fait des abrégés, et nous apprenons de Hadji-Khalfa qu'un écrivain, nommé Adhhar-eddin-Àrdebili, mort en l'année 950 (1523) au Caire, l'a traduit en persan. II. de Rossi a dit, par inadvertance, que cette traduction se trouvait parmi les manuscrits arabes de la bibliothèque de Paris , sous le n° 861 i ce manuscrit est une première partie du texte arabe de l'ouvrage. Ibn- ■ Khilcan est auteur de divers autres écrits, suivant Âboulféda ; mais ces écrits ne nous sont pas connus. On attribue à Ibn-Khilcan une Histoire d'Egypte fort abrégée; cette histoire se trouve dans la bibliothèque de Paris sous le n° 795 des manum'Hên srdhcSa S il* S ' * y
IBN-SCIIOIINAII ou SC1I0UNAII (le fils du prévôt ou lieutenant de police) est le surnom sous lequel sont connus plusieurs auteurs arabes; le plus célèbre est l'historien qui mourut vers 807 (1404) (voy. Schona), peu après l'époque où finit son histoire intitulée Jardin des choses mémorables. Ibn, en arabe, s'écrit également et se prononce ebn ou ben, et son pluriel beuo ou beni, qui signifie enfants, descendants, rais en téte d'un nom propre, «ert à désigner les races souveraines, les tribus et les familles, comme Beno-Abbas (les Abbassides), Beno-Seldjouk (les Sedjoukides) , Beuo-Ayoub (h% Ayou-biiles), etc. A — T.
IBN-KINA. Voyez Avice.nne.
JBN-THOPilAlL. Voyez Thofaïl.
IBN-WAHCIIYLII. Le nom propre de cet écrivain arabe ne nous est pas bien connu. Sylvestre de Sacy pense qu'il se nommait Abou Bekr Ahmed ben Aiy. Le peu de renseignements que l'on possède sur son compte se borne à nous apprendre qu'il écrivait vers la fin du 5* siècle de l'hégire. Il jouit d'une certaine célébrité comme traducteur de l'Agriculture Nabathéenne , qu'U mit du chaldéen en arabe. lbn-al-Awam en fait souvent mention. M. de llammcr a publié, sous le nom d'Ibn-Wahchyeh, un traité des anciens alphabets ; Aucient alphabets and hieroglyphic characters expiained, etc., Londres, 1806, in-4°. Mais il est reconnu que cette attribution est dénuée de tout fondement. J — s.
1BN-WASIL (Mohamed ben Salem), surnommé le cadi Djémal-eddyn . naquit à llamah, patrie d* Aboulféda et ville de Syrie, en chaoual 604 de
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l'hégire. Ce savant embrassa lotîtes les branches des connaissances humaines, sciences traditionnelles et intellectuelles , sciences naturelles , belles-lettres, histoire, philosophie, et s'acquit une grande renommée. Il composa plusieurs ouvrages , se livra à l'enseignement et suivit la carrière du droit. Ibn-Wâsil fut longtemps cadi de Hamah. 11 parait aussi qu'il Tut employé dans la carrière diplomatique ; car il nous apprend qu'en 648 de l'hégire (1450 de J.-C.) il se rendit en Italie auprès du roi Mainfroi ou Manfred, fils de Frédéric II. Ce renseignement cité par Aboulféda se retrouve en mêmes termes dans l'ouvrage connu sous le titre de Chronique du faux Tabary ; et ici Ibn-YVasil s'exprime à la première personne. Il résulte donc de la comparaison des deux passages que cet écrivain est auteur d'une partie de cette chronique. Nous n'avons pas encore pu déterminer-à quelle année commence et finit ce qui lui est propre. lbn-Wasil est en outre auteur : 1° d'un Tarykh Salehy . qui est une histoire du sultan El-Mclik-Assalih ; 2» d'une histoire des Ayyoubiles, intitulée Moferredj el koroub; 3° d'un abrégé de VAghani. recueil d'anciennes poésies arabes, et du Traité des drogues d'ibn albéitbar; 1° de divers commentaires ou traités relatifs à la grammaire, la logique ou la jurisprudence. Il mourut à Hamah, en 607 de l'hégire (1268 de J.-C.) J— x.
IBN- YOUNIS (Alï ben Abdel-raiima-s) , l'un îles plus célèbres astronomes arabes, né en 300 de l'hégire (070 de J.-C.), était d'une famille distinguée par sa noblesse, et dont l'origine se perdait
l'antiquité des temps. Ce fut le khalife A'zvz, père de Hakem bi-Amrillah (voy. Azyz-hii.laii et il vi,i m . qui dirigea les études d'Ibn-Yoùnis vers l'astronomie, en lui facilitant les moyens d'acquérir et de cultiver cette science. Les intentions de ce prince furent parfaitement remplies ; car la justesse de ses observations et le temps qu'il y employa l'ont rendu le plus célèbre el le meilleur des astronomes arabes. Il observa dans un lieu situé près du Caire, nommé l'Observatoire, et il consigna le résultat de ses longs travaux dans la table dite Zydj Ibn Yoùnis (table d'ibn Yoùnis), ou Zydj Hdkémy (table hakémile). C'est le plus complet de tous les ouvrages que les Arabes possèdent sous le titre de Zydj. Elle se compose : 1° d'uu avant-propos où lbn-Yoùnis relève plusieurs erreurs commises par les astronomes ses prédécesseurs, et combat quelques fausses idées reçues de son temps; 2° d'une préface; 3° de quatre-vingts chapitres. La bibliothèque de Paris possède une copie d'à peu près la moitié de cet important ouvrage. Cette copie a été faite sur le manuscrit de Leydc. C'est d'après ce manuscrit que M. Caussin, aidé d'un astronome habile, Bouvart (roy. ce nom), et de la traduction d'une partie de ces tables, faite pour l'usage du célèbre géographe Dclislc, a donné l'extrait de la table d'Ibn-Yoùnis, inséré dans le tome 7 des Xotices et
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Extraits des manuscrits de la bibliothèque du roi. Quoique passionné pour l'astronomie, lbn-Yoùnis dérobait cependant quelques moments à cette science pour les consacrer aux talents agréables. La poésie et la musique partageaient ses loisirs. Ainsi-, après avoir rempli son âme des idées sublimes que lui inspiraient les phénomènes célestes, il chantait en vers mélodieux, et accompagné de sa guitare, les regrets que lui faisait éprouver l'absence de sa inattresse ou de quelques astres qui se dérobaient à ses regards, lbn-Yoùnis était très-distrait et d'une simplicité remarquable ; en sorte que, lorsqu'il sortait, on était étonné de voir un si grand homme aussi négligemment vêtu. Il mourut le 4 de chewâl 390 de l'hégire {31 mai 1008 de J.-C.) J — Pi
IBN-ZARCAL. Voyex Zarcalli.
IBRAHIM , treizième khalife de la dynastie de» Ommeyades, était fils de Walid 1" et frère d'Yezid III (roy.ee nom), qui, l'ayant eu pour complice de l'assassinat de Walid 11 (voy. ce nom), le déclara son successeur au préjudice des fils de ce dernier, détenus à Damas. Le règne d'Ibrahim commença vers la fin de l'an de l'hégire 126 (714 de J.-C.), mais sa durée, suivant les auteurs arabes, varie depuis quarante jours jusqu'à quatre mois. L'apparition de ce khalife sur le trône fut si courte que quelques historiens ne lui donnent point le le titre &'Emir-el-\1oumenin (prince des fidèles), mais simplement celui dVmuV. Merwan, fils de Mohammed, son parent, gouverneur de l'Arménie et de la Mésopotamie, révolté dès le règne d'Yczid III , sous prétexte de venger la mort de YYalid II et de soutenir les droits de ses fils, refusa de reconnaître Ibrahim et traversa l'Euphrate. Deux généraux du khalife ayant été abandonnes par leurs troupes au moment de livrer bataille à Merwan , près de kinnisrin en Syrie , Ibrahim opposa au prince rebelle son cousin Soléiman, lils d'Ilescham, lequel, malgré ses talents et sa valeur, vit son armée de cent vingt mille hommes taillée en pièces, et n'en ramena que les débris à Damas. Merwan relâcha les prisonniers après leur avoir fait prêter serment de fidélité à Hakem el à Othman, fils de Walid H; mais Ibrahim et Soléiman firent périr ces deux jeunes princes, qui, avant d'expirer, transmirent, dit-on, à Merwan leurs droits au khalifat. Les habitants de Damas ayant ouvert leurs portes à Merwan, qu'ils reconnurent pour souverain, Soléiman s'enfuit après avoir pillé le trésor public, qu'il distribua à ses troupes. Ibrahim prit aussi la fuite et se cacha ; mais bientôt ils envoyèrent tous les deux offrir leur soumission à Merwan. Ici les historiens arabes se contredisent étrangement sur la destinée et la fin de ce khalife, qu'lbn-Schounah surnomme Al-Makhlou (le déposé), et qui, rentre dans la vie privée, tomba dans une obscurité' complète. Aboulféda n'en parle plus. Ibn -kotaïbah le fait mourir naturellement, et dit que son cadavre exhumé fut attaché à un gibet par