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de Mcrwan. Quelques-uns prétendent qu'il I fut tué trois mois après son abdication ; d'autres le font vivre jusqu'à l'an 132 (750) : mais ils varient tous sur le genre de sa mort, et on ignore s'il se noya par accident ou volontairement; s'il périt sous les coups d'un assassin vulgaire, ou s'il fut mi» en croix par ordre d'un fds de Merwan. La discordance des auteurs musulmans n'est pas moins étonnante sur le jugement qu'ils ont porte d'Ibrahim. Ils le représentent tantôt comme un boiume sans esprit et sans jugement, tantôt comme un prince prudent, libérjl, religieux, ami des arts et digne d'être citi honorablement dans l'histoire (roy. Merwam II). A — t.
IBRAHIM lrr (Abou-Abd'allau) , fondateur de la dynastie des Aglabides en Afrique et en Sicile, était Arabe d'origine et fils d'Aglab, dont le nom se transmit à ses descendants. Les historiens musulmans ne disent rien de la vie d'Ibrahim avant son arrivée en Afrique ; mais on ne peut douter qu'il ne se fut déjà distingue' par ses services, puisqu'il mérita d'être investi par le khalife llaroun-al-Kechyd (Jroy. Aaro.n ) de l'un des principaux gouvernements de l'empire musulman, en l'an I8i de l'hégire (800 de J.-C). Ce gouvernement n'était cependant plus alors ce qu'il avait été du temps d'Okbah et de Mousa (roy. Akbeh et Moi sa Ben-Xater), .où, s'étendanl jusqu'aux colonnes d'Hercule et à l'Océan, il comptait l'Espagne parmi ses dépendances. Depuis la chute des khalifes ommeyades (roy. Merwan II), l'autorité des Abbassides avait considérablement déchu en Afrique. Des gouverneurs rebelles et d'autres ambitieux s'étaient successivement emparés de diverses provinces du Magreb, qui forme la partie occidentale, et y avaient fondé trois dynasties : 1° celle des Rostamides régnait depuis quarantecinq ans à Thaorl ; 2° celle des Medrarides, depuis seize ans à Sedjelmesse ; 2° enfin, depuis douze ans, les Edrisides, descendants d'Ali, gendre de Mahomet, s'étaient établis dans la Mauritanie Tingitane , où ils fondèrent la ville et le royaume de Fei (roy. Edris I'rit II). Ibrahim, fier de sa naissance et dévoré d'ambition, travailla bientôt à se rendre indépendant. Affable, populaire et libéral, il se Tit des partisans en diminuant les impôts, et se défit secrètement des hommes dont il pouvait craindre l'opposition ou la rivalité. H forma une garde nombreuse d'esclaves qui lui étaient entièrement dévoués, et se prépara une retraite assurée dans une forteresse qu'il remplit de munitions. Il affermit encore son pouvoir par des alliances, et il rechercha celle de Charlemagne, par une ambassade que ce monarque reçut en Italie, où il venait d'être couronné empereur. Hallre absolu de tous les pays qui, depuis les frontières de l'Egypte, ont formé plus tard les États de Tripoli, de Tunis et d'Alger, Ibrahim n'usurjfa probablement les droits de la souveraineté, en faisant graver son nom sur les monnaies et en le faisant prononcer dans la khothbah
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ou prière publique, qu'après la mort du khalife, l'an 193 (800 de J.-C), et à la faveur des guerres civiles qui érlatèrent entre se» successeurs (eoy. Amvx [Unhammed] et M*mocx). Il triompha successivement de deux compétiteurs qui, avec le secours des Berbères, toujours prêts à la révolte, lui avaient enlevé l'un Tunis et l'autre Kaïrowan, sa capitale, et mourut paisible possesseur du trône de l'Afrique, au mois de chawal 196 ou 197 (.juillet 812 ou 813). Aux talenls et aux qualités indispensables à un ambitieux, à un usurpateur, Ibrahim joignait la régularité des mœurs, le don de l'éloquence, de la poésie et le goût des arts et des sciences, dont il fut le protecteur. Il eut pour successeur son fds aîné, Abnul Abbas Ahd'allah l'r, prince esclave de ses plaisirs et de s^s passions, injuste et cruel, <fui accabla ses peuples d'impôts, et dont la fin prématurée, résultat d'une maladie pestilentielle ou peut-être du poison , laissa le trône de l'Afrique, en 201 (817), à son frère Zrïadrt- Allah ltX (roy. ce nom). A — T.
IBRAHIM II (AbooIshak), neuvième prince de la même dynastie (et non pas-le sixième, comme l'a dit Cardonne, dans sa superficielle et inexacte Hhtuire de t' Afrique et de V Espagne , (1), avait manifesté son ambition sous le règne de son frère Mohammed II, prince libéral et chasseur, à qui le pays de Barkah ava.t été enlevé par le souverain de l'Egypte (roy. Ahmed Ben-Thoufat), Mohammed, ne laissant qu'un fils en bas âge, avait forcé sou frère Ibrahim de renoncer au trône par un serment solennel; mais à peine eut-il expiré, l'an 2G1 (873), qu'Ibrahim, feignant de céder aux vœux de la nation, usurpa la couronne sur son neveu. Il débuta par des actes de clémence et de justice, mais il démentit bientôt les espérances que ces heureux commencements avaient fait concevoir Quelques événements importants signalèrent h s premières années de son règne. Kaïrowan, sa capitale, étant devenue trop considérable et trop populeuse, il fonda tout auprès la ville de Rakkadah ou Béfadah , dans une position agréable et salubre, l'an 202 (870), et y fixa sa résidence deux ans après. Un prince de sa famille acheva la conquête de la Sicile, au mois de juin 878, par la prise de Syracuse, qu'il pilla et détruisit après en avoir ivduit tous les habitants en esclavage. La révolte de la tribu de Mcwali, dont Ibrahim avait fait périr un des chefs, alluma la fureur de ce prince, et développa son caractère perfide et féroce. 11 feignit de pardonn?r aux rebelles; mais en ayant attiré mille à Kaïrowan, il les fit tous périr dans les supplices ou déporter en Sicile. Ibrahim se forma une garde d'esclaves noirs, et il en porta le nombre jusqu'à cent mille. Ahmed, émir d'Egypte, ayant soumis le pays de Barkah qui s'était révolté, envahit les Etats des Aglabides qui avaient favorisé celte insurrection, battit leurs troupes et as-
{11 Cet bUtorien sest également trompé en donnant à tr prince le nom Ahhok, au lieu .le celui à' Ibrahim, pire A hka .