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siégea Tripoli. Ibrahim marche en personne pour s'opposer aux Égyptiens, et il les contraint «le lever le siège. Irrité contre la ville de Relzamah, il on attire les principaux habitants à Bakkadah, où ils sont tous massacrés. Cette atrocité fait soulever toute l'Afriipic; Alger , Tunis et plusieurs autres villes lèvent l'étendard de la révolte. Ibrahim se fortifie dans Hakkadah et envoie deux corps d'araiée contre les rebelles. Alger et Tunis sont emportées d'assaut, et le tyran y. exerce de nouvelles cruautés. Il marche contre l'Egypte dont il veut se venger : mais les habitants de Itncousîo se révoltent et lui livrent bataille. Ibrahim vainqueur se fait amener les prisonniers, en perce cinq cents avec sa lance, et ne renonce à ce plaisir barbare que lorsque son bras est fatigué. Il condamne ensuite à mort le gouverneur de Tripoli, dont le seul crime était de s'être fait aimer par sa justice et sa douceur. Indignées de tant d'atrocités, les troupes du tyran désertent, et il est forcé de renoncer à son expédition d'Égypte. Personne n'est désormais à l'abri de ses sombres fureurs. Après avoir immolé ses esclaves, ses courtisans, ses ministres, ses concubines, il égorge de sa propre main ses huit frères, et encore seize jeunes lllles qui lui étaient nées de ses diverses femmes, et dont il envoie les tètes à sa mère ! Knfin Ibrahim ne cessa de répandre le sang que lorsqu'il sn vit presque seul dons son palais. Effrayé de celle solitude, il en Ht bâtir un autre à Tunis, où il ' alla résider en 2si (8M). Ayant fait un voyage en Sicile, il y mourut vers la fin de l'an 281) (octobre 002), et son corps fut transporté en Afrique. On prétend qu'avant d'expirer il éprouva des remords, et que, pour expier ses crimes, il fit un grand nombre de fondations piebses, ce qui n'a pas empêché la plupart des auteurs arabes de vouer la mémoire de ce monstre à l'exécration de la postérité. — Ibrahim eut pour successeur son fils Aboul-Ahhas Abu* allah 11, dont h s vertus lui portaient ombrage, et qu'il s'était pourlant décidé, quatre mois avant sa mort, à associer au trône. Abd'allah répara les maux «le l'empire, rétablit l'ordre et la sûreté publique, fut juste et bienfaisant; mais, après un règne tic neuf mois, il fut assassiné par sou fils [roy. Zi;ïai>lt- AllahHI). A— t.
1B1UIIIM I" ( M tï.i k- ll- M o wa i Et» Zaiiih-ld-Dailau Aboul-Modhaothi), dixième ou onzième sultan de la dynastie des (.haznevides (roi/. Mahnoiu), était fils de Masoud Irr (roy. ce nom), et avait échappé, ainsi que deux «le ses frères, au massacre «les princes de sa famille, ordonné par l'usurpateur ihogrul, en 143 (1033). Ce tyran ayant été assassiné sur .«on trône après quarante jours de règne, Kcrrokhzad, ramené à Chaznah par le gouverneur de Moullau, y recouvra la puissance «le ses ancêtres. Vainqueur dcsScldjuukidcsqui lui disputaient le Khoraçan, il fut vaincu à sou tour par Alp- Arslan, fils de Djagar-baoud-Beyg, un de leurs chefs. Il renvoya sans rançon tous les prisonniers
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Sehljoukidcs, et Djagar-Daoud avant aussi rendu la liberté aux prisonniers Chazm vides, cet assaut «le générosité rétablit la paix entre lesdeux princes. Ferokbzad fut enlevé, au bout «le cin«j ans, à ses peuples dont il faisait le bonheur : mais leur perte fut répar«:e par son frère Ibrahim qui lui succéda, en 4o0 (1038). Aucun prince de Ta race de Mahmoud n'occupa plus longtemps ni plus dignement qu'Ibrahim le trône «lé. Chaînait. S'il ne fut pas le plus belliqueux, le plus puissant, il fut au moins le plus sage, le plus juste, le plus bienfaisant, et l'on peut dire que ses vertus pacifiques relevèrent sa dynastie en décadence et eu retardèrent la chute pendant un siècle (votj. Knosrov-Hblik). I.a vaste province «le Khoraçan était un sujet continuel «le querelles et de guerres entre les sultans sehljoukidej «le Perse et les monarques ghaznev'ules. Informé que Melik-sehah (roycenom] se disposait à l'envahir, Ibrahim, après avoir essuyé une défaite, en 400 (1075), mit fin à la guerre cl prévint de nouvelles hostilités par la cession formelle de tout ce qui lui restait dans cette contrée; et, pour gage «l'une paix durable, il fit épouser a son fils Masoud une fille «lu sultan seldjoukiile. Il s'indemnisa amplement de retlc perte de territoire sur ses frontières nord-ouest, en les reculant vers le sud ; et, s'il cessa de figurer parmi les souverains de la Perse, il affermit sa domination «lans l'Inde, où ses armées pénétrèrent plus avant «|ue celles de ses prédécesseurs. Il y fit en personne une expédition en 172 ( 1 0711} cl en revint chargé d'un immense butin. Malgré son zèle pour la propagation de l'islamisme, il élail avare de sang, et se contentait de réduire en captivité une partie «les ennemis vaincus. Ayant vu un de ces malheureux esclaves, «pii, employé à la construction d'un édifice public, était accablé sous le poiils d'une pierre énorme, il lui permit île la laisser tomber, lui rendit la liberté et ordonna «|ue la pierre fût laissée sur la place comme monument des malheurs de la guerre qu'il s'efforçait de réparer. Ibrahim fonda plusieurs villes et en restaura d'autres. Il lit bâtir un grand nombre de mosquées, «le monastères, de collèges et d'hôpitaux. Itans sa capitale, dans ses autres résidences, il faisait «les rondes nocturnes pour s'assurer que la police veillait à la sûreté des habitants. Les cuisines, le lr«'sor et la pharmacie «le son palais fournissaient journellement «les vivres, des secours pécuniaires et des médicaments aux veuves, aux indigents et aux malades. Ibrahim était très-pieux : il pass lit en prières la plus grande partie des nuits, observait rigoureusement le ramadhan, et jeûnait aussi deux autres mois de l'année. Comme il avait une tres-beilc écriture, il copiait tous les ans un exemplaire du Coran qu'il envoyait a la Mecque avec de riches présents. Il eut trente-six fils qui se dislifPguereut tous dans les armes ou dans les sciences, cl quarante filles qu'il aima mieux marier à des gens de bien et à des docteurs de la loi iju'à des rois et à
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des princes. Tel était pourtant le respect qu'il inspirait universellement; <|u'on l'aval) surnommé Stïd-al-Snlalliin (le seigneur des sultans). Cet excellent monarque mourut en Utè (1090] après avoir honoré le trône pendant plus de quarante ans. Il eut pour successeur son fils Masold lil (roy. ce nom}. — Imuiiim 11, empereur de l'Hindoustan et troisième de Ui dynastie afghane de Lody, succéda, l'an 923 de l'hég. (1317 de J.-C.) à son père Iskander. Loin de marcher sur les traces de ses deux prédécesseurs , il se rendit odieux par son orgueil insupportable. Il disait qu'un roi ne doit avoir ni parents ni amis, et n'a besoin que d'esclave». Agissant d'après ce principe, il perdit l'affection «le sa propre tribu, qu'il dépouilla des grands privilèges dont elle avait joui pendant deux règnes. Les mécontents résolurent de diviser l'empire en deux parts et reeonnurent son frère Djrlal-Kddyn pour roi de Djihanpour. Déclare' traître à l'Étal , ce prince, voyant diminuer chaque jour le nombre de ses partisans, prit les armes et assiégea vainement Agra. Chassé de pince en place, trahi par ses généraux, abandonne par srs troupes, il tomba entre les mains de son rival, qui, après l'avoir fait périr secrètement, condamna à mort les principaux complices de sa rébellion, en 921 (1318). Ces mesures de rigueur, loin de calmer les esprits, les exaspérèrent de plus en plus. De nouvelles révoltes éclatèrent sur divers points : les armes d'Ibrabim ne réussirent pas toujours à les apaiser. Irrite' de cette résistance, il faisait tomber sous la main du bourreau les généraux malheureux comme les omrahs rebelles. Lc£ circonstances étaient favorables à l'ambition de Babour (roy. ce nom), qui, chassé de ses État* héréditaires par les Ouzbeks (r'jy. Scimibek), cherchait à se former un nouvel empire. Maître de Kaboul, il avait en vain réclamé auprès d'Ibrahim la cession de l'Ilindoustan, comme conquête de son aïeul Tamerlan, et fait deux invasions dans les provinces au nord de l'Indus : mais il était toujours rappelé dans son petit royaume pnr des troubles internes ou étrangers. Enfin la révolte de Chazi-Loily, qui, pour échapper à la vengeance du roi son parent, s'était retiré auprès de son père Daulah-Lody, soubah-dar de Cubons, détermina ce dernier à se jeter dans les bras de Babour. Ces deux rebelles, alarmés des progrès du prince mogol, devenu maître de Cahore, tent rent Tainement de rentrer en grâce auprès de leur souverain; mais Ibrahim fut tué à la bataille de Pannipoul, qui, en 932 (1320), mit fin à la domination des Afghans dans l'Ilindoustan. A-t.
IBRAHIM, sultan ou empereur des Turcs, frère d'Amurath IV, reste seul rejeton de la tige impériale, fut proclamé empereur l'an de l'hégire 104*.) (ou lo iOJ. Ce jeune prince avait vingt-trois ans; niais pour le dérober aux soupçons et à la fureur de son frère, sa mère, la sultane kiosun, lui avait conseillé de contrefaire l'imbécile. Ibrahim, sur le trône, prouva bientôt qu'il était plus cruel,
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plus injuste et plus tyrannique qu'insensé. Sous un aussi indigne maître, la nation ottomane brilla cependant de quelque éclat guerrier. I,e siège d'Azof fut entrepris en 1 G i 1 ; et sur une insulte faite au pavillon musulman, les armes d'Ibrahim se tournèrent contre les Vénitiens, et la guerre de Candie commença. Cependant l'odieux sultan se livrait, au fond de son sérail, à tous les excès de la débauche et de la brutalité. 11 n'épargna pas même la fille du muphti, qu'il fit enlever ..et qu'il renvoya ensuite à son père avec mépris. Cet attentat fut le dernier qu'il commit avec impunité. Le chef de la loi unit son injure particulière à la vengeance publique. Tous les ordres de l'empire se soulevèrent contre Ibrahim ; sa mère eHe-mémc entra dans la conspiration : on le força de descendre du trône ottoman, qu'il souillait par d'indignes excès. Il retourna dans l'appartement qu'il occupait avant de régner : mais sa vie ne fut pas ^longtemps respectée ; et au bout de quelques jours qu'il passa dans la fureur et le désespoir, il fut étranglé secrètement. Son règne, ou plutôt le cours de ses cruautés et de ses vices avait été de neuf années, et se termina par une mort digne récompense de sa vie, l'an de l'hégire 1030 :i8 août 1049). S— v.
IBRAHIM, le plus célèbre des juristes ottomans, naquit à Alep, ainsi que l'indique le surnom d'Halepy sous lequel il est connu, vers la fin du 01' siècle de l'hégire, ou du 13e de l'ère chrétienne. Il fut élevé en Egypte, et vint ensuite à Constantinople, où il remplit les fonctions d'iman, de prédicateur et de professeur dans la mosquée du sultan Mohammed. Ibrahim mourut revêtu de ces emplois en 030 (1340), âgé de plus de 90 ans. Sa renommée ne parait pas avoir rien à redouter du temps; car elle est fondée sur un de ces titres qui attirent et perpétuent la reconnaissance des peuples. Depuis les premiers temps de l'hégire, où l'on commença à recueillir les traditions prophétiques, et les décisions des docteurs de la religion qui les éclaircissaient, aucun jurisconsulte ne s'était occupé de classer, de réunir en corps d'ouvrages, de concilier celte foule de livres canoniques dus à la piété des docteurs. II en était résulté un très-grand arbitraire dans l'allégation des témoignages, chacun appuyant ses opinions de décisions canoniques souvent opposées. En 1 170, parut, sous le titre de Durer (pi erres précieuses), le premier corps de droit, rédigé par le mollah Khosrou. Ibrahim, éclairé par les travaux de ce juriste, et non moins éruditque lui, publia, sous le titre de Multeka al-abhar (confluent des mers], un autre code, qui comprend, outre les textes de la loi, les décisions, commentaires, opinions des six classes d'imans ou docteurs reconnus orthodoxes. « Ce code, dit M. Mouradgea « d'Ohsson, qui tient en même temps lieu de clroit- « canon, est presque le seul livre de jurispru- « deoce observé dans l'empire. Il embrasse, avec « toutes les pratiques du culte extérieur, les lois
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<> civiles, criminelles, morales, politiques, tuili- 'i laires , judieiairrs , fiscales , sompluaires et « agraires. » C'est ce célèbre recueil ipil .1 servi île base aux deux premiers volumes du tableau gênerai de l'empire ottoman de M. d'Ohsson , lesquels offrent seulement le code religieux. J — 5.
IBRAHIM , grand vizir et favori de l'empereur Soliman II, était Génois, et descendait, dit-on, de l'illustre famille Ciustioiani. Enlevé dans son enfonce par des corsaires, il fut Conduit à Const.mtinople, et instruit dans l'islamisme; il fut ensuite admis dans le corps des janissaires, et y parvint nu grade d'oda-paschi. Soliman ayant ôté à cette milice, en 1525, la garde du sérail pour la donner ;iux bostangis, Jes janissaires se révoltèrent, et, après avoir massacré leur grand trésorier, se di- »-igvrcnt vers la principale mosquée pour en piller les trésors. Ibrahim se mit seul à la poursuite des séditieux, tua de sa main deux officiers qui les animaient par leurs discours, et, placé à la porte de la mosquée, les empêcha d'y pénétrer. Cet acte de courage ayant été rapporté à Soliman, il récompensa l'intrépide Ibrahim, en l'élevant à la dignité de grand vizir. Ibrahim accompagna le sultan dans son expédition de Hongrie, y fit des prodiges de valeur, et reçut, en 1527, la main d'une des soeurs du sultan. Son mariage fut célébré avec une pompe inconnue jusqu'alors aux Turcs. Soliman l'admit à sa table, et le combla publiquement des témoignages de son affection. I.e vizir reconnaissant s'appliqua «le plus en plus à mériter les bontés de son maître. Il apaisa une sédition excitée par un kalender fanatique, dans h Natolie, et qui menaçait déjà les provinces voisines. 11 défit cet imposteur dans un combat p/es de César e, le livra au supplice, et pardonna en même temps à tous ceux qui, 'trompés par ses promesses, avaient participé à la rébellion. L'année suivante, les habitants d'Alep, s'étant réroliés, égorgèrent leur mollah; à celle nouvelle, Soliman ordonna le sac de la ville : Ibrahim osa retarder l'exécution d'un ordre qui frappait également les innocents et les coupables; et Soliman, revenu d'un premier mouvement de colère, fut si satisfait de la conduite de son ministre qu'il lui fit donner un appartement dans l'intérieur du sérail, afin de pouvoir le consulter à tous les instants. Cependant Ibrahim, séduit, dit-on, par l'ambassadeur de Venise, engagea Soliman à porter une seconde fois la guerre en Hongrie, pour replacer sur le trOne Jean Zapoli, que Ferdinand d'Autriche en avait chassé : mais, gagné ensuite par l'Autriche, il abandonna Zapoli, encore chancelant sur le Irône qu'on lui avait rendu, et conseilla une invasion en Perse, sous le prétexte de punir les insultes de quelques gouverneurs des provinces frontières. Celte guerre, entreprise contre l'avis de Hoxelane, n'eut pas les résultats qu'lhrahim avait annoncés. La nouvelle sultane profita de celle circonstance pour perdre un homme qui partageait avec elle le cœur de Soli-
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man. Elle produisit des pièces qui prouvaient qu'Ibrahim entretenait des intelligences avec l'Autriche : sa mort fut résolue; et Soliman, redoutant la vue d'un homW qu'il avait aimé si tendrement, le fit étrangler pendant son sommeil, en 1555. \V— s.
II'RAHIM, vizir et favori d'Amurath III, était originaire de la Dalmalie. Il fut admis jeune dans le corps des janissaires, où il se lit remarquer par sa bonne mine. Nommé en 1535 pacha d'Egypte, il se rendit agréable à l'avare Amurath en augmentant les contributions de cette province; il s'empara, par une perfidie, du pays des Druses, et y fit un immense butin, qu'il envoya à Conslanlinople. Amurath, en témoignage de satisfaction de la conduite d'Ibrahim, le créa vizir, et lui donna une de ses filles en mariage. Ibrahim remplaça, en 1587, Ferhad-Siaus dans le commandement de l'armée, et fut chargé de continuer la guerre contre les Persans 11 se tint cantonné dans le Schirvan , # assiégea quelques places peu importantes, mais' n'osa jamais risquer une bataille qui aurait pu décider de la guerre. L'n caprice d'Amurath lui ôta un emploi dont il était peu digne ; et il fut nommé pacha de la Homélie. Son adn sse à flatter les goûts de son maître soutenait son crédit • Ibrahim connaissait l'avarice d'Amurath; il lui conseilla d'altérer le titre de la monnaie, moyen par lequel il pourrait se procurer «le grandes sommes. Les janissiires s'en plaignirent, et le sultan les apaisa d'abord en leur faisant distribuer de l'argent; mais enfin le soulèvement devint général. Les mutins investirent le sérail , demandant à grands cris la téle du pacha. Amurath chercha vainement à sauver son favori : les portes du palais allaient être enfoncées, lorsqu'il consenlil à leur livrer le coupable Ibrahim, qui eut la téle tranchée, sous les yeux du sultan, en 1590. W— s.
IBKAHIM-L'IMAN. L'histoire de ce personnage n'est poinl inutile à connaître, parce qu'elle se lie à celle de la dynastie abbasside, dont on pourrait le regarder comme le premier prince. Voici comment il acquit ses droits au khalifat. On a vu à l'article Aly que l'opinion des musulmans s'était partagée touchant le successeur à donner à Mahomet. Un parti se forma en faveur d'Aly, et bientôt se divisa lui-même en plusieurs partis dont chacun portait à l'imanal un descendant de ce personnage. L'une de ces sectes reconnaissait pour prince légitime Mohammed surmmmé lbn-«tfannyéh; il se choisit pour successeur Abou Hachent Abd-allah, son frère. Ce dernier étant sur le point de périr , empoisonné par les khalifes ommia les, transmit ses droits à Mohammed, arrière-petil-fib d'Abbas, et priva ainsi sa famille de. l'imanat en faveur de celle des Abbassides. Mohammed reçut le serment de fidélité des partisans «l'Abdallah, et augmenta leur nombre; des hommes dévoués à sa personne , connus sous le nom de dm ou missionnaires, se répandaient dans les pro-
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vinces lointaines de l'empire de Perse et en Khoraçan surtout, appelaient secrètement les peuples à la révolte contre les Ommiades , dont ils démontraient la puissance illégitime, et ils les enrôlaient sous les bannières des Abbassides. Mohammed laissa trois fils en mourant , Ibrahim l'iman , AlsafTah et le célèbre Almansor. Ibrahim lui succéda; et, plus heureux que lui, il vit s'augmenter considérablement le nombre "de ses partisans. A la vérité, la fortune mit dans son parti deux des hommes les plus habiles à la guerre et en politique que cette époque ait vus naître, Ahou-moslem et Ahou-salamah. Tandis qu'ils affermissaient sa puissance et en préparaient la manifestation , l'un en Khoraçan, l'autre à Koufah, Ibrahim vivait dans la retraite sur les confins de l'Arabie et de la Syrie, se consacrant aux exercices les plus rigoureux de la religion , sans négliger toutefois ses intérêts temporels, et par ses vertus morales et religieuses se montrant digne de la dignité d'iman. Telles étaient l'influence et la constitution unique dans l'histoire de cette monarchie naissante, à laquelle la religion srrvait de base, que les peuples de la Perse et du Khoraçan , ne connaissant d'Ibrahim que le nom, de ses droits que ce qu'en affirmaient les daïs, payaient régulièrement à ses agents un tribut annuel, levaient, salariaient des troupes de leurs propres deniers pour la défense de ses droits. Ibrahim put prJvoir la grandeur future de sa maison , mais ne régna point, ou du moins ne jouit du pouvoir qu'à l'ombre du mystère. Les Ommiades s'emparèrent de sa personne vers l'an 131 ("51 de J.-C), et le firent périr avant les événements qui les précipitèrent du trône. J — h.
IBHAIHM-BEYG, fameux chef de mamlouks , était né en Circassie, vers 1735. Amené des sa jeunesse en Egypte, et vendu comme esclave, il entra dans le corps des mamlouks de Mohammed Abou-Dahab, qui , pour récompenser ses services, l'affranchit, et le fit admettre au nombre des vingt-quatre beygs. En partant pour sa dernière expédition de Syrie, en 177ti, il lui confia le gouvernement du Caire. A la mort de ce chef [ooy. Mouammed-Bkv< ;), Ibrahim, se flattant de lui succéder dans l'administration supérieure de l'Egypte, prenait déjà ses mesures pour s'emparer du pouvoir; mais il fut prévenu par l'ambition active de Mourad-Beyg, également affranchi tt favori de Mohammed. La gmr.e allait éclater entre les deux rivaux; l'égalité des forces hur fit craindre l'issue d'une lutte qui pouvait entraîner leur ruine mutuelle et ne profiter qu'à leurs ennemis. Ils transigèrent donc et se partagèrent l'autorité : Ibrahim, comme le plus âgé, obtint le titre de Chrikh-cl-Betad (commandant du pays), et en cette qualité il résida le plus souvent au Caire. Nous raconterons avec assez de détails, à l'article Alourad-B yg (eoy. ce nom), l'histoire de ces deux mamlouks, unis par leurs intérêts communs plutôt que par la sympathie, leurs fréquentes que-
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relies, leurs guerres contre les beygs Ismaël et Flaçan, leurs exactions en Egypte, leurs actes de rébeltion contre la Porte Ottomane, l'inutile expédition que fit contre eux en 178C et 1787 le capitan-pacha Gazi-llaçan, enfin leurs avanies, leurs vexations envers les négociants français établis en Egypte, et même envers leur consul. Il serait donc inutile de répéter le récit de ces faits. Lorsqu'en 1798, sous le prétexte spécieux de punir les outrages des mamlouks, l'armée française, sous les ordres de Bonaparte, eut débarqué en Egypte , Ibrahim reprocha durement à Mourad d'avoir, par son indigne conduite, provoqué la vengeance qui n'aurait dû retomber que sur lui, et il le laissa s'occuper seul des moyens de défense. La femme d'Ibrahim, respectée au Caire pour ses vertus et parce qu'elle était issue du prophète des musulmans, prévoyant le succès ♦les Français, voulut du moins acquérir des droits à leur clémence, en sauvant de la fureur populaire les négociants de leur nation, qu'elle fit renfermer dans un palais dont elle s'établit gardienne et où elle admit leurs épouses. Ibrahim seconda sa femme et se concerta avec SeTd-Al>oubekr, pacha titulaire d'Egypte, sur les mesures à prendre. Ils se disposaient à envoyer secrètement un des négociants français en parlementaire près de Bonaparte; mais ils le retinrent au premier bruit de la bataille des Pyramides, où Mourad-Beyg fut vaincu. Ibrahim n'y combattit point: campé près de Boulak, sur la rive gauche du Nil, et, témoin de la mêlée, il se replia sur Belbels avec ses troupes et ses effets les plus précieux, après avoir fait incendier la flottille des mamlouks sur le Nil. Lorsque les Français lurent entrés au Caire, il se retira vers la Syrie et s'arrêta à Salehieh pour y attendre et proléger la caravane de la Mecque, qui cependant fut pillée par les Arabes et ensuite par les Français. Attaqué par la cavalerie de Bonaparte, qu'il repoussa avec avantage, il ne jugea point à propos de la poursuivre, s'enfonça, avec le pacha du Caire, dans le désert qui conduit en Syrie, en côtoyant la mer, et ne daigna pas répondre à une lettre qu'il y reçut du général français. Ibrahim, par ses émissaires, soufflait sans cesse le feu de la révolte en Egypte. 11 avait trouvé asile et protection auprès du fameux Djezzar, pacha de Saint-Jean d'Acre. A la tête de ses mamlouks et d'un corps de cavalerie syrienne, il voulut contraindre les Français a lever le siège d'El-Arich; mais vaincu par Kléber et Reynier, le 7 février 17M, il Tut forcé de leur abandonner son camp. On ne «oit pas sou nom figurer parmi ceux des chefs musulmans qui contribuèrent a défendre la Syrie contre l'invasion des Français (voy. Djezzar), soit qu'il n'y ait pris aucune part, soit qu'il n'ait pas eu occasion de s'y distinguer. Après la désastreuse retraite de Bonaparte, Ibrahim se joignit à l'armée du grand vizir Yousouf, fit partie de son avant-garde et fut renforcé dans son camp à Gazah par plusieurs mara-
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lotiks remis de la haute Egypte. La eonvention d'EI-Arieh, signée le 2t janvier 1800, parles plénipotentiaires «les armé.s française et ottomane, pour l'évacuation de l'Egypte, ayant été violée par 1rs Anglais, les hostilités furent reprises. A la hataiile d'il 'liopolis, Ibrahim, se voyant coupé du gros de l'armée' turque, partit avec un corps de mamlouks, osmanlis et ce qu'il put rallier d'infanterie; puis, par des chemins détournés, alla surprendre le Caire , avee le secours de Nassoufpacha, l'un des généraux ottomans qui, prévoyant l'issue de la bataille, était venu avec sa division se réunir à Ibrahim. Kléber. après sa victoire, les avait fait poursuivre inutilement; mais il s'empara de leurs bagages, et assiégea le Caire, dont les habitants s'étaient insurgés et avaient exercé d'horribles cruautés sur les Français et sur leurs partisans. Ibrahim ne doit point être accusé de ces massacres dont le féroce Nassouf-paeha fut le principal provocateur. Cependant leurs efforts réunis n'avaient pu réduire le château défendu par une faible garnison française. Pressés par ces braves et par l'armée de Kléber, ils furent forcés de proposer une capitulation dont Mourad-Beyg fut le négoriateur. Ils évacuèrent le Caire, le 25 avril 1800, et furent conduits sous bonne escorte jusqu'à l'entrée du désert, prés de Salehieh. L'Egypte étant retombée alors au pouvoir des . Français, Ibrahim n'y revint qu'en 1801, lorsque, après la mort de Kléber (roy. ce nom), et le débarquement des escadres anglaise et ottomane, il eut inutilement écrit à Mourad de la part du grand vizir, pour l'engager à être le médiateur de la paix entre la France et la Turquie. Mourad entama réellementdesnégociationsqui échouèrent par l'entêtement et l'incapacité du successeur de Kléber (roy. Mtxoi). Ibrahim, en secondant par ses hostilités les opérations du grand vizir, du capitan-pacha et «les Anglais, contribua aux succès qui amenèrent les capitulations des divers corps de l'armée française et lYvacuation complète de l'Egypte, en octobre 1801; mais son nom n'est point cité «lans les relations de ces événements. On voit seulement que plusieurs de ses mamlouks étaient allés, dans le Saïd , rejoindre Mourad-Reyg, qui, malgré son dévouement aux Français et son refus de se rallier sous les drapeaux de l'armée anglo-turque, aurait encore joué le premier rôle après leur départ, si la mort ne l'eût frappé six mois auparavant. La Porte, peu reconnaissante des services des mamlouks, était déterminée à ne pas y rétablir leur gouvernement, tout en les berçant de cette espérance, mais plutôt à donner à leurs chefs des établissements en Europe. Ibrahim avait suivi au Caire le grand vizir; il n'eut aucune part à l'arrestation îles femmes musulmanes qui avaient eu commerce avec les Français et «pie ce ministre lit noyer dans le Nil. Yousouf, ayant convoqué les beygs, leur lut un lirmau du Cran.l-Seigneur «gui accordait aux mamlouks une entière amnistie, et
rendait à Ibrahim le titre et la charge de Chetkhel-Belad; puis aussitôt après il lenr en lut un secon»! <|ui ordonnait de les arrêter et de les embarquer pour Constanlinople. Leurs représentations, leur résistance furent inutiles s on les désarma, on les mit en prison, après qu'Ibrahim rut fait promettre au grand vizir qu'ils auraient la vie sauve. Le major général Baird, instruit de cette perfidie, exigea et obtint bientôt leur élargissement. Les beygs et les mamlouks, qui avaient formé la maison de Mourad-Beyg, étaient venus à Alexandrie, dans l'espoir d'enlever à Ibrahim le gouvernement du Caire, par l'influence des Anglais. Le capitan-pacha, employant les mêmes moyens que le grand vizir, attira sept de leurs beygs sur sa flotte, et comme ils r«:s;stèrent 1rs armes à la main , quatre d'entre eux furent tués, notamment Osman-Beyg-Tanbourdjy. Le général Rutchinson obtint, par ses menaces, la liberté des autres, qui allèrent rejoindre Ibrahim à Djizoh. Le capitan-pacha et le grand vizir, peu «l'accord entre eux, quittèrent successivement l'Egypte. Mohammed-Khosrow-Paeha , lieutenant et favori du premier, y fut laissé pour gouverneur, le ?i février 1802; mais Yousouf, afin de balancr son autorité, avait nommé pour commandant militaire le chef des Albanais ou Amantes, Thalnr- Pacha. Les mamlouks, réunis au nombre de quatre à cinq mille homme», y compris trois ou quatre cents déserteurs français, s'étaient retirés dan* le Saïd, où leur bravoure lutta avec avantage contre les attaques du nouveau pacha. Ce fut alors qu'Ibrahim et Osman-Beyg-Bardissy , successeur de Mourad, n'ayant rien à espérer des Anglais, tournèrent leurs regards vers la France et envoyèrent à Livournc un agent porteur d'une lettre adressée à Bonaparte, premier consul, pour lui demander des secours en échange de leur reconnaissance et de leur soumission. L'arrivée à Paris d'un ambassadeur ottoman rendit celle démarche stérile. On craignit «le porter ombrage à la Porte et de mettre obstacle à la paix qui allait se conclure avec elle; et pourtant la mission «le M. Sébasliani , peu de temps après, ne fut point étrangère à celte ouverture d'Ibrahim. L'arrivée de Kourchid, nommé pacha d'Alexandrie, l'évacuation «le cette place, le 14 mars 1803, par kl Anglais, «jui, selon leur usage, avaient fomenté des troubles en Egypte dans l'espoir de s'en emparer, et qui, sans soutenir ouvertement les beygs, leur avaient fourni et leur laissèrent encore des armes, des canonniers et des munitions «le guerre, emmenant un d'entre eux , Mohammed -Elîy- Beyg, comme leur ambassadeur, la continuation des hostilités «les mamlouks «lans le Said et le rappel imprutlenl des Albanais au Caire, aggravèrent l'état d'anarchie. Tiiaher, ayaut chassé du Caire le ticc-nû pour s'emparer de toute l'autorité, jugea qu'il ne pourrait la conserver «pi'en se rapprochant des mamlouks. Par suite d'un traité conclu avec eux, les beygs revinrent au