‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 53 sur 106 · BK · texte numérisé non relu

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collègues. Parmi ceux qui méprisèrent ses conseils se trouva son fils Marzouk-Beyg, qui fut du nombre des raille matnlouks que Mohammed-Aly fit égorger tant au Caire que dans les provinces, en 181 1 . Ibrahim et les autres beygs qui survécurent à cette catastrophe, ne pouvant se maintenir à Djîzeh, retournèrent dans le Snïd, asile ordinaire des mamlouks; ils y furent attaqués en 1812 par les troupes du pacha; plusieurs d'entre eux furent pris et décapités, et les autres forcés de se retirer en Nubie. Ce fut dans cette contrée, à Dongolah, que le Nestor des mamlouks, Ibrahim, mourut à l'âge de 80 ans, au mois d'août 1816, quatre ans avant l'expédition d'Ismaèl-Pncha, l'un des fils de Mohammed-Aly, lequel acheva de détruire et de disperser cette brave et terrible milice. Ibr.thim. dans sa jeunesse, était brave et excellent écuyer. Religieux, pacifique, juste, sobre et distingué par h droiture de sa conduite, il n'avait point l'orgueil des autres chefs mamlouks. Dans ses longs démêlés avec Mourad, il avait toujours montré beaucoup de modération. Lorsqu'il survenait quelque mésintelligence entre les beygs, qui le regardaient comme leur père, il rétablissait la concorde et sa voix faisait toujours rentrer le sabre dans le fourreau. Devenu vieux, sa sagesse et son expérience furent malheureusement inutiles pour les mamlouks. Sa prudence ne pouvait plus suppléer à l'activité qui lui manquait. Sa timidité empêchait souvent ses conseils de prévaloir dans les cireonstanc s où ils auraient été salutaires. Avec un caractère plus ferme il aurait flichi l'âme altière d'Osman-Bardissy, dirigé l'ambition de Mohammed-Aly, étouffé la jalousie des autres beygs et prévenu leurs funestes divisions et leur ruine en concentrant dans ses mains toute l'autorité (!). A — t.

IBRAHIM-EKFENDI, Turc converti, membre du corps de l'uléma, savant dans les langues persane et arabe, occupa des emplois considérables dans l'empire; il avait autant de capacité que d'instruction ; la lecture de l'Évangile le pénétra des vérités de la. religion chrétienne; il abjura le raahométisme, et fut baptisé à Pera en 1071. Il se retira à Venise, où il reçut la confirmation dans l'église de St-Jean-Baplisle des Catéchumènes. Deux ans après, il prit l'habit de St-Dominique et le nom de Paul-Antoine Effendi. Il laissa à la bibliothèque de St-Jean et de St-Paul beaucoup de manuscrits arabes, persans et turcs, notamment h s quatre Evangiles traduits en arabe; les Psaumes de Da- Tid, le Cantique des cantiques, et beaucoup d'au très livres du Vieux et du Nouveau Testament. Ce néophyte, et l'on n'en trouve guère parmi les Ottomans, mourut en 1697 , âgé de 56 ans. [Oui de la lut. drs Turcs.) S — v.

I BRAH1M-K 11 A N-OG LI fut grand vizir de Maho-

(1) Oo ) 'avait surnommé Al-Ktbir ( 1« grand 1, «oit à cause do son tnrrltc, kiII tHiur le dis nigucr d.s beygs m homonymes, et du (ils aîné de Mohammed-Aly, Ibrahim, nui ne portait |w>

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met 1er. Lorsque ce prince mourut, l'an de l'hégire 821 (1 121 de J.-C), Amurath II, son fils et son successeur, était à Amasie; et la nouvelle de la mort du sultan, divulguée avant l'arrivée de l'héritier présomptif, pouvait causer les plus grands troubles en favorisant la révolte des pachas de province, à peine contenus sous un règne ferme et vigoureux. Ibrahim eut la prudence et l'adresse de tenir la mort de Mahomet I" secrète pendant quarante et un jours. Amurath, pénétrétle reconnaissance, récompensa, dès qu'il fut monté sur le trône, la prévoyance et la fidélité du virir: il l'honora, lui et sa race, du titre de khan, et permit à ses descendants, par une faveur signalée, de n'accepter aucun emploi public, loi à laquelle tous les Ottomans sont sou m s dès qu'ils sont désignés. Les Ibrahim-khan-ogli n'exercent aucune fonction civile ou militaire; ils sont seulement, de père en fils, administrateurs de wakoufs, ou biens attachés aux mosquées: leurs richesses, ainsi à l'abri des grandes charges, et par conséquent des disgrâces et de la confiscation, leur donnent le premier rang dans l'empire; ils s'en sont rendus dignes héréditairement par leur bienfaisance et leur amour pour le bien puWic. Soliman le Grand leur a confirmé leurs privilèges par reconnaissance et par respect pour l'illustre Ibrahim-khan-ogli, que les Ottomans ont immortalisé en l'appelant leur Ulysse. S— t.

IBRAHIM-MOLLAH, capitan-pacha, était simple levanti en 1702, à l'avènement d'Achmet III au trône des sultans. Ce prince se déguisait souvent en iman ou en derviche , et se glissait le soir dan» les cafés et les lieux publics pour eut ndreeeque le petqde pensait de ses ministres et de lui-même. Il entendit un jonr Ibrahim se plaindre de ce que les vaisseaux turcs ne revenaient jamais avec des prises, et jurer qu'il n'en serait pas ainsi s'il commandait seulement une galère. Le sultan , dès k lendemain, lui fil donner un vaisseau à commander, avec injonction d'aller en course. Ibrahim rentra peu de jours après dans le port de Constanlinople, ramenant une barque maltaise et unrgaliolc génoise. Au bout de deux ans, Achnut III le fit capitan pacha; et en 1715 il le nomma grand vizir à la | lace de Soliman, que Charles X!l, réfugié à Démotica, avait eu le crédit de faire disgracier. Ibrahim ne jouit pas longtemps de la faveur de son maître. Pour se rendre nécessaire, politique ordinaire à tous les vizirs , il résolut de continuer la guerre contre les Russes, et parut disposé à favoriser Charles XII. Brave, grossier et fier à l'excès, sa protection était si insultante, que ce matelot , passant près de Démotica , envoya ordonner au roi de Suède de lui venir parler. Ce prince bizarre ne vit d'autre moyen d'accorder son intérêt et sa dignité que de se mettre au lit pour sauver le cérémonial. L'orgueilleux grand vizir fut étranglé cette année-là même 1713, entre les deux portes. S—»

IBRAHIM-PACHA, fils de Méhémet-Aly , naquit

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en 1789, à Cavala, deux ans après le mariage de son père avec une femme récemment divorcée. Il fut l'un des trois premiers lits du vice-roi, fondateur de sa race , lequel vit naître dans son harem plus de quatre-vingts enfants. Ibrahim a passe' sa vie entière dans les camps. Il a déployé des qualités militaires remarquables : l'audace, la constance et la promptitude de décision. En outre, il a fait preuve, en maintes occasions, de beaucoup «le bravoure personnelle. 11 est regrettable d'avoir peu d'éloges à faire de son caractère privé. Mais il avait ," comme on dit , les qualités de ses défauts. Dur pour les autres, il ne s'épargnait pas lui-même et ne reculait pas devant les privations ou les fatigues. Il ne recherchait pas le Juxe, et ce qu'il extorquait aux paysans sur les terres profitait à l'agriculture , qu'il entendait parfaitement. Il avait l'esprit d'ordre et fit preuve, notamment en Syrie , de facultés administratives et d'un talent d'organisation rares surtout dans les pays orientaux. Enfin le mépris qu'il a toujours affiché pour la vie humaine, et qui lui a fait commettre tant d'actes d'inhumanité, répandit autour de son nom une terreur qui, plus d'une fois , inlimida ses ennemis. Dès l'âge de seize ans, il fut mis à la tète des troupes chargées de maintenir la tranquillité dans la haute Egypte et d'y réprimer les incursions des tribus nomades du désert. Habitué à traiter ces Arabes en bandits qui ne méritaient point de pitié, il contracta ces façons d'agir sommaires , qu'il garda dans ses guerres à l'étranger. On remarquera d'ailleurs que ses deux premières campagnes , l'une en Arabie, contre les YYahabites , l'autre en Grèce, eurent pour objet d'élouffer des insurrections. Tandis "que le jeune Ibrtihim était employé à l'intérieur de l'Egypte par son père, celui-ci avait confié à un mitre fils , Toussoun-Pacha , le commandement d'une armée destinée a agir en Arabie contre les Wahabites. Cette secte, née vers le milieu du 18* siècle, au sein de l'Yémen, d'un cheik nommé Mohammed-ben-Abd-el-Wabab, a la prétention d'épurer le mahométisme. en bornant à Dieu et à son prophète Mahomcr les hommages des fidèles , et en refusant au sultan l'autorité spirituelle que lui reconnaît la masse des croyants. Le réformateur fut secondé dans le principe par l'ambition d'un cheik arabe , qui déploya de grandes qualités militaires. Le siège de son autorité fut établi à Derreyeh, ville protégée par une ceinture de désert. Les Wahabites soumirent une partie de l'Arabie , s'emparèrent de Médine et enfin de la Mecque, où les trésors accumulés par la piété des fidèles furent mis au pillage. Vainement la Porte ottomane avait essayé d'étouffer la révolte. Celle-ci triomphait partout, et par la possession de la Mecque, qui lui donnait un grand prestige , elle ébranlait les bases mêmes du pouvoir que Je sultan exerce sur ses sujets , comme dépositaire du tombeau de

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poir de cause , le gouvernement turc chargea Méhémet-Ali de reconquérir les villes saintes et de punir les rebelles. Ainsi que nous l'avons dit, le pacha confia cette mission à son fi Is Toussoun. C'était un jeune homme doux , loyal et humain, qui ne fil preuve ni d'une grande capacité ni d'une énergie particulière. Sa nature était One et délicate. Il était voluptueux ; il montrait plus de goût pour les amusements du harem que pour les pénibles exercices de la guerre. Il prit Médine et la Mecque; mais il ne put jamais pénétrer bien loin dans l'iirtérieur du pays, et il ne parvint même pas complètement à assurer la sécurité des caravanes entre ces deux villes. Il fit quelques sièges , la plupart infructueux ; il livra des batailles et en perdit plusieurs. Il renouvela plusieurs fois ses troupes et finit par conclure avec le chef des Wahabites une paix avanlageusc qui lui fit honneur, au moment où son adversaire, avec un peu plus de perspicacité et de courage, aurait pu anéantir son armée. A son retour, il périt subitement. On prétendit qu'il avait contracté la maladie d'une esclave grecque , morte dans ses bras de la peîte. On dit encore qu'il avait usé sa vie dans les plaisirs et qu'une nuit d'orgie avait épuisé cette lampe mourante. Enfin le bruit se répandit qu'il avait été victime* de la jalousie qu'il inspirait dans sa famille, et que le poison, habilement administré, avait satisfait une haine fratricide. Mais déjà Méhémet-Ali avait rompu le pacte conclu par Toussoun avec le chef des Wahabites. Il exigeait que ce chef se livrât lui et sa famille. Cette condition ne pouvait être acceptée par un adversaire dont la puissance, à peine entamée par la guerre précédente , était encore considérable. Le premier soiu d'Ibrahim- Pacha , à son arrivée en Arabie, fut de se rendre a la Mecque, où il se livra à toutes les inspirations d'une dévotion superstitieuse. II fit offrande de nombreux bijoux et d'objets précieux, pour obtenir l'appui céleste dans les combats qu'il allait livrer. Il promit d'éclatants sacrifices s'il remportait la victoire, et dans un élan de ferveur, il accorda à tous ses mamelouks des certificats de liberté, ce qui ne l'empêcha pas de les retenir définitivement en esclavage. Des le débuLde la campagne, les Wahabites purent reconnaître en lui un adversaire bien autrement formidable que son prédécesseur. Il essaya ses troupes par un système de razzias, qu'il combinait heureusement avec des tentatives de séduction sur les tribus arabes alliées des Wahabites. La corruption est en Orient l'un des principaux éléments de succès, en guerre comme en paix. Les Arabes, appauvris par les razzias, n'en étaient que plus accessibles aux offres d'argent que le général égyptien savait faire à propos. Plus d'une tribu fut entraînée ainsi dans son parti; il intimida les autres par des exécutions terribles. Des milliers de prisonniers qui tombaient entre ses mains furent impiloya-

sut enfin en- 3G

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traîner «tons son parti mi dcs.chefs lis plus puissants«le l'intérieur, en flallani son ambition parla promesse de lui transmettre le pouvoir qu'exerçait héréditairement la famille qui gouvernait lis Wahabites. Il va sans dire que cette promesse fut éludée plus tard, comme en général toutes celles qu'Ibrahim n'avait point intérêt à tenir. « J'ai le « ventre gros , disait-il un jour, et ce n'est pas de « nourriture, mais de ruses et d'adresse. » Après ces préliminaires, il s'agissait de se porter au cœur du pays pour y combattre les Wahabites sur leur propre territoire. C'était une rude tâche que l'inflexibilité et la persistance seules d'un homme du caractère d'Ibrahim pouvaient mener à bien. Dans cette partie de l'Arabie, les centres de population sont isolés et entourés de déserts. Il est impossible d'occuper le pays sans enlever les unes après les autres les villes fortifiées à la manière arabe, qui sont élevées dans chaque oasis. I.a guerre contre les Wahabites ne pouvait donc être qu'une suite de sièges, d'assauts et de marches pénibles dans le désert. Les approvisionnements, les munitions, les vivres ne pouvaient être renouvelés que par caravanes; un échec sérieux qui aurait permis à l'ennemi de battre la campagne et d'enlever les convois eût réduit à toute extrémité l'armée égyptienne. Le chef des Wahabites eut plus d'une occasion d'adopter cette tactique, mais il ne sut pas en profiter. Plus d'une fois Ibrahim-Pacha se vit repoussé par des garnisons assiégées. Il eut à lutter contre le découragement de son armée , contre les maladies qui la décimaient, contre la privation d'aliments résultant du retard des caravanes. Une fois entre autres , comme il poursuivait depuis plusieurs semaines un siège infructueux qui lui avait déjà coulé ses meilleures troupes, un obus parti des rangs ennemis tomba sur le bâtiment où, par une imprévoyance digne dune armée d'Orientaux, la totalité «les munitions.de guerre avait été concentrée. Il s'ensuivit une explosion terrible à la suite de laquelle chaque soldat se trouva réduit à quelques cartouches. La situation d'Ibrahim semblait désespérée, et tout autre eut songé à la retraite. Mais il donna en cette circonstance un bel exemple de c«JUe énergie persévérante qui a caractérisé toute sa carrière militaire. Les chefs de corps lui ayant signalé leur dénùment et ayant demandé des ordres, il répondit : « Si les munitions nian- « quent, on se battra à l'arme blanche. » Puis il envoya des courriers a Médioe et à la Mecque pour presser l'envoi d'approvisionnements. C'eût été l'occasion où jamais de détruire l'armée égyptienne. Le chef des Wahabites en profila , mais mollement. Il sortit de ses retranchements, il assaillit la ligne des assiégeants ; mais • ceux-ci, d'après l'ordre de leur général , ayant eu soin de réserver leur feu, reçurent leurs adversaires avec une grêle de balles qui les déconcerta et les repoussa dans la ville. Lutin Ibrahim, renforcé de troupes fraîches, que son père ne cessait de lui

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envoyer, arriva au terme de sa longue et difficile entreprise. Toutes 1rs places fortes de l'ennemi étaient tombées en son pouvoir, il ne lui restait plus qu'à s'emparer de Derreyeh, le dernier boulevard des Wahabites, le siège de la puissance de leur chef, d'où était partie cette secte qui avait m longtemps dominé en Arabie, au mépris de la souveraineté du sultan. Derreyeh était une agglomération de plusieurs villes toutes également fortifiées et se défendant les unes les autres; 1rs ouvrages extérieurs, construits en vue île résister à un siège, contribuaient à rendre les fortifications de la ville encore plus sûres. Ibrabiin-Paeha ne put l'investir entièrement, et ses premiers efforts contre les ouvrages extérieurs ne furent pas heureux. Un intervalle de temps considérable s'écoula sans qu'il fit aucun progrès. Ses troupes, décimées par des assauts meurtriers, refusèrent l'attaque. Mais rien ne déconcertait l'opiniâtreté du général ; dès qu'il recevait de nouveaux renforts, il se hâtait «le les lancer contre les murailles de l'ennemi. Enfin il réussit à s'emparer non -seulement des redoutes extérieures, mais encore de deux des faubourgs fortifiés. Ce succès* jeta le trouble dans l'âme du chef des Wahabites. Cet héritier dégénéré du cheik qui avait conquis les lieux saints du niabométisme , coupable déjà d'avoir conclu aîec Toussoun-Pacha une paix pusillanime , envova des délégués à Ibrahiui-Paclia pour traiter de la reddilion de la place, et par suite de la soumission des Wahabites. Le général égyptien reçut le> deux émissaires avec beaucoup de hauteur, et posa pour première condition «le la paix que leur chef remettrait non-seulement la ville aux troupes égyptiennes, mais se livrerait lui-même et s'abandonnerait à la clémence du sultan, ta position des assi«:gés n'était pas encore tellement compromise qu'ils pussent admettre des exigences si «hu es. Les deux envoyés eu firent la remarque en «les termes qui blessèrent profondément l'orgueil irritable «l'Ibrahim-Pacha , puis ils se retirèrent. Le siège continua, et de nouveaux succès remportés par les Egyptiens déterminèrent de nouvelles démarcKes, «|ui aboutirent à la conclusion d'un traité de paix. Ibrahim s'engagea à respecter les habitants, a conserver la ville, et le chef des Wahabites , dans l'intérêt de la vie et de la fortune de ses concitoyens, consentit à se mettre à la discrétion du vainqueur. Il aurait pn fuir, car Derreyeh n'était pas bloqué «le tous côtés, mais il se laissa prendre aux manières engageantes d'Ibrahim-Pacha, et il se sacrifia pour sauver ses concitoyens, montrant ainsi à la Un de sa carriè.e une générosité qui ne rachète pas ses faiblesses et ses défaillances pendant la lutte. Sa confiance fut d'ailleurs bien trompée : on l'envoya au Caire, où Méhémet-Ali l'accueillit fort bien. Mais deux jours après sa réception , il fut envoyé à Constantinople, et le sultan, après l'avoir promené dans toutes les rues de la ville, lui fit trancher la tête,

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ainsi qu'aux deux serviteurs qui l'avaient accompagné, lbraliim entra dans la ville et sembla d'abord vouloir respecter le traite' qui la lui avait livrée. Les habitants furent épargnés , il n'y eut point de pillage; seulement, les deux malheureux envoyés qui avaient osé parler avec trop de fermeté au vainqueur, lors des premières conférences pour la reddition de la place, payèrent pour tout le monde. Ibrahim donna une nouvelle preuve de son inhumanité et de son humeur vindicative en livrant au bourreau ces deux malheureux : à l'un on arracha toutes les dents-, l'autre fut massacré par les soldats. Le général victorieux attendit à Derreyeh la ratification du traité qu'il avait soumis à Méhémet-Ali. Celui-ci envoya immédiatement l'ordre de livrer aux flammes la ville qui ne s'était rendue qu'à condition d'être respectée. Ibrahim eut la pudeur de ne pas vouloir assister à l'accomplissement de cette trahison. Il ne laissa rien transpirer des ordres qu'il avait reçus jusqu'à ce qu'il eut fait retirer ses troupes et qu'il eût lui-même quitté la ville. 11 laissa derrière lui des soldats qui brûlèrent les maisons à mesure que les habitants les évacuaient. En quelques heures, la capitale des YVahabites ne fut plus qu'un monceau de cendres. De retour au Caire, Ibrahim y fut reçu avec de grands honneurs. Le sultan s'était associé a cette ovation en adressant à lbraliim une pelisse d'honneur et en lui décernant le titre de pacha de la Mecque. De l'année 1818, date de la prise de Derreyeh, à l'année 1841, Ibrahim n'eut aucune occasion d'exercer les talents militaires qu'il venait de révéler dans la lutte contre les YYahabiles. Durant cet intervalle la transformation des troupes égyptiennes en armée régulière et disciplinée acheva de s'accomplir. Méhémet-Ali fit construire, sous la direction d'officiers et d'ingénieurs européens, une flotte considérable. Quand le sultan réclama ses services pour étouffer l'insurrection des Grecs, le pacha d'Egypte était donc en mesure de soutenir avec succès la cause qu'il était appelé à défendre. M. Juchereau de Saint-Denys, qui fut ministre de France en Grèce, dans l'année 1828, dépeint en ces termes les troupes qui furent amenées d'Egypte en Morée : « Ces Egyptiens , dit-il , étaient en apparence les « plus vilaines troupes du monde; on voyait à <t peine parmi eux un homme de bonne mine ; « la plupart avaient la vue défectueuse par les « funestes effets de l'ophlhalmie. On remarquait « dans cette armée beaucoup d'hommes borgnes, « louches ou à vue courte. Des nègres achetés « dans le Sennaar et le Darfour composaient une « grande partie de l'année. Mais les soldats « d'Ibrahim-Pacba étaient braves et obéissants. « Us ne se plaignaient jamais, et ils apprenaient « facilement les exercices d les évolutions mili- « taires. Avec toutes ces qualités , malgré leur « apparence ebétive, les Egyptiens valaient infi- « niaient mieux pour la guerre que les athléti-

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« ques montagnards de l'Albanie. » En effet , sans l'intervention de l'Europe, ces chétifs soldats eussent infailliblement soumis la Grèce. C'est au commencement de l'année 1821 que Méhémet- Ali reçut de la Porte ottomane l'invitation d'intervenir en Grèce, où les seraskiers turcs étaient partout battus. Le sultan envoya au pacha d'Egypte un lirman qui lui concédait le gouvernement de la Morée et de Candie, à condition qu'il irait les prendre. Méhémet-Ali fit ses préparatifs en annonçant hautement l'intention de diriger l'expédition en personne à la tète de vingt mille hommes d'infanterie et deux mille de cavalerie. Mais ce feu ne tarda pasà s'éteindre, et il fut décidé que l'année égyptienne serait conduite en Grèce par Ibrahim- Pacha, qui reçut le titre de généralissime. Au mois le juillet de la même année, la flotte, partie d'Egypte, vint faire sa jonction avec celle desTurcsquc commandait Topal-Pacha. Cet amiral venait de se faire battre par Miaulis, et sa flotte dispersée s'était ralliée avec peineet réfugiée dans la rade d'Halicarnasse. Les deux flottes réunies présentaient un effectifde trois cents voiles. Miaulis alla les attaquer et les força à se retirer ; il les suivit sans cesser de combattre pendant trois jours. A l'Ile de Chio, la flotte égyptienne se sépara tic la flotte turque. Ibrahim ne se souciait pas de combattre plus longtemps, sur un élément qui ne lui était pas familier, de concert avec un homme dont la capacité lui paraissait très-douteuse. Il essaya de tenir seul la mer. Mais sa flotte n'était pas en état de vaincre les intrépides marins de la Grèce. Miaulis s'attacha aux bâtiments égyptiens. Il ne leur laissa ni trêve, ni repos. Il détruisit une des frégates de la* flotte ; il enleva cinq transports chargés de deux mille hommes de troupes de débarquement, et enfin il força Ibrahim à regagner péniblement, vers le mois de novembre , le port d'Alexandrie, jusqu'à l'entrée duquel II lui donna la chasse. Quant à la flotte turque, il y avait déjà longtemps qu'elle avait cherché un abri dans les Dardanelles. Ce début malheureux n'était certes pas de nature à faire présager les succès futurs du généralissime des troupes égyptiennes. Les dissensions des Grecs préparaient d'ailleurs le triomphe du plus redoutable de leurs ennemis. Colocotroni avait soulevé une partie de la Morée contre le président de la Grèce Condouriotis. Une bataille s'en était suivie et les révoltés avaient été défaits. Mais cette lutte avait laissé subsister des ferments de troubles et de haines intestines. Ce n'était pas tout encore; tandis que des cbefs de partis se disputaient le pouvoir les armes à la main, d'autres avaient formé le projet de livrer le pays à l'Angleterre. Mavrocordato était à la tète de ceux qui ne voyaient de salut pour la Grèce que dans l'établissement d'un protectorat de la Grande-Bretagne dans ce pays. Cette politique soulevait bien des répugnances , décourageait bien di s dévouements. Elle était combattue non-seulement par les patriotes, mais par des hommes qui, tels que Coletti ,

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passaient pour représenter, celui-ci l'influence française, celui-là l'influence russe. Au milieu de ces démêlés qui paralysaient l'élan du patriotisme et tarissaient les sources de la défense nationale , qui réduisaient le gouvernement presque à l'impuissance et livraient le sort de la Grèce au hasard de résistances isolées, Ibrahim-Pacha reparut sur les cotes de la Grèce et réussit à débarquer dix mille hommes«dans la partie méridionale de la Morée , à Modon, place forte qui était restée entre les mains des Turcs. Ce débarquement se fit au mois de février de l'année 1825. La flotte qui avait apporté ces troupes n'avait rencontré aucun obstacle dans la traversée. Le président de la Grèce espéra du moins empêcher leurs progrès à terre. Il alla ramper devant Motion avec une armée de huit mille hommes. Mais la jalousie des chefs et la division desesprilsdans l'armée lui firent perdre une bataille décisive, qui livra la Morée à son adversaire. La ville de .Navarin fut la première qui se trouva découverte par suite de celte défaite. Ibrahim Pacha l'assiégea aussitôt. Il l'investit du crtlé de terre, mais, comme la garnison se défendait vaillamment , le général égyptien chercha à la réduire par la famine et, dans ce but il résolut d'enlever l'Ile Sphaclerie, qui commande l'entrée du port par où les assiégés pouvaient recevoir des approvisionnements et des renforts. H chargea du soin de s'en emparer un officier français, M. Selve , qui , devenu musulman et ayant pris le nom de Soliman, avait été le premier instructeur des troupes régulières formées par Méhémel-Ali. Soliman-Bey conduisit deux régiments à l'attaque de l'Ile; il y débarqua malgré le feu meurtrier des Grecs, qui furent chassés de leur poste avec des perles sensibles. Le succès de cette attaque détermina la chute île Navarin. Le 18 mai 1823, les assiégés, n'ayant plus de vivres, furent réduits à capituler. Il avait été convenu que toute la garnison sortirait avec ses bagages, sans qu'aucune atteinte fût portée à la liberté d'aucun de ceux qui la composaient. Mais Ibrahim, fidèle à la règle de n'exécuter des conventions que ce qui lui paraissait devoir servir sa politique, retint prisonniers de guerre quatre des principaux chefs. La chute de la ville de Navarin fut suivie de la reddition de plusieurs autres places importantes, devant lesquelles Ibrahim Pacha ne rencontra que des résistances insignifiantes. Ce qui frappe le plus dans la guerre «le l'indépendance en Grèce, c'est le défaut d'unité dans l'attaque ou la défense. La plupart du temps les positions les plus importantes sont abandonnées à elles-mêmes où sont défendues par quelque partisan qui, sans ordres du gouvernement, oppose de son chef quelque centaines d'hommes à la marche des armées ennemies. Nul plan de campagne ne parait avoir été adopté par le gouvernement grec pour arrêter les progrès de l'armée égyptienne. A l'exeeplion «le la bataille livrée et perdue sous Modon par Condouriotis, on ne voit pas qu'une seule teutative sérieuse, qu'un

seul effort de tout le peuple, dirigé par son gouvernement, ait été fait pour combattre l'invasion. Quand Ibrahim Pacha , quittant Navarin , s'avança pour franchir le plateau supérieur de l'Arcadie qui Ini ouvrait la route de l'intérieur de la Morée, il ne trouva sur son chemin que quinze cents hommes conduits par un prêtre. La lutte dura six heures, et il ne fallut rien moins que le nombre et la discipline des troupes égyptiennes pour vaincre cette résistance héroïque. Les Grecs accablés se dispersèrent, à l'exception de trois cents Arcadiens, qui périrent avec leur chef dans ces nouvelles Thermopyles. Que n'aurait pas fait arec «le pareils courages un gouvernement uni, prévoyant, et qui eût disposé de toutes les forces «te la Grèce ! Ainsi périssent souvent, dans de misérables querelles, les causes les plus justes et les plus belles. A partir d'Arcadia, la marche d'Ibrahim Pacha ne rencontra plus aucun obstacle. Il avait mis le feu à celte ville ; il incendia également Nisi, sur les bonis du Pamisus; puis Calamata, où périrent inutilement quelques Spartiates et quelques Matnolles. Toute celle partie de la Morée fut cruellement ravagée par Ibrahim, qui fit détruire les mûriers, les vignes et les arbres fruitiers. Cet acte de vandalisme n'est pas pardonnable. Il s'explique pourtant : cette manière barbare de faire la guerre était alors commune à toutes les armées orientales; Ibrahim, d'ailleurs, agissait dans la pensée qu'il devait frapper et punir une popo- • lation rebelle, qui avait osé secouer un joug sous lequel elle semblait devoir rester courl>ée à jamais, et qui, de plus, avait cruellement humilié ses anciens maîtres en leur infligeant plus d'un échec. Knfin, le général égyptien avait à exercer des représailles malheureusement prétextées par des cruautés qu'avaient commises les Grecs, dans l'effervescence d'un soulèvement qui avait, il est vrai, de longues souffrances à venger. En plus d'une occasion, les Gmcs insurgés montrèrent à l'égard des Ottomans une inhumanité qui n'épargna ni l'âge ni le sexe. Partout dans les campagnes Ibrahim-Pacha portait la dévastation; sur son passage, il ne laissait que des ruines fumantes et le désert. Après avoir brûlé Calamata, Ibrahim se dirigea le 18 juin 1825 sur Tri poli lia , capitale de toute la péninsule; Colocotroni couvrait cette ville, il essaya de la défendre; mais Ibrahim tourna sa position , battit son armée et la dispersa. Deux mille Grecs restèrent sur le champ de bataille : c'en était fait du Péloponèse, et il semblait «pie le général égyptien ne dût plus rencontrer sur sa route aucun obstacle. 11 ne (il que passer à Tripolitza, qui avait été livrée aux flammes par ses propres habitants, et il continua sa inarche dans la direction de Nauplie; mais en avant «le celle ville, le brave Ilypsilanti l'attendait avec trois cenls hommes. Ces derniers des Grecs suffirent pour changer la fortune , et forcer l'agresseur à rebrousser chemin. Retranchés derrière le célèbre étang de Lernc, les soldais

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d'IIypsilanti repoussèrent toutes les attaques îles Égyptiens, qui s'étaient présentes au nombre de plus de six raille hommes. Ibrahim fut obligé de reculer. Vainement chcrcba-t-il à prendre position sur le mont Trochus; liypsilanti, vainqueur, reçut des renforts qui décuplèrent le nombre de ses soldats, et lui permirent de se porter en avant. Les Égyptiens n'étaient pas en état de soutenir cette attaque, et ils durent rétrograder jusqu'à Tripolitia. Les Grecs occupèrent toutes les hauteurs environnantes, et leurs ennemis furent obligés de se renfermer dans la place. Ces événements se passaient au commencement de juillet 1825. Fendant ce temps , les troupes turques, sous le commandement «le Reschid-Pacha, avaient mis le siège devant Missolonghi. Sommés de se rendre, Us défenseurs avaient répondu que les clefs de la ville étaient suspendues à leurs canons. Arissitôt dix mille Albanais avaient été lancés à l'assaut, mais ils avaient été repoussés avec d'énormes pertes. Une nouvelle attaque, ordonnée quelques jours après, n'avait pas mieux réussi. Missolonghi commençait déjà cependant à souffrir de la disette; du côté de terre, l'armée turque qui la bloquait empêchait qu'elle ne reçût le moindre approvisionnement. La flotte ottomane en défendait les approches par mer, mais elle avait perdu un tiers de ses équipages dans les précédents assauts, et quand l'amiral Miaulis parut avec ses bricks et se» brûlots devant la place , la flotte ottomane refusa le combat, et se bâta d'appareiller pour fuir. L'amiral grec put ainsi ravitailler la ville. Les combats se succédèrent sous les remparts : une dépêche terrible que Reschid-Pacha avait reçue du sultan Mahmoud contenait ces mots : Missolonghi ou ta téte. A bout de ressources, le généralissime turc imagina de réunir tous les malheureux prisonniers grecs qu'il put faire dans la campagne, puis il poussa cette foule à coups de lance sous les remparts de la ville assiégée, suivant lui-même, avec une colonne qu'il avait composée de ses meilleures troupes ; cette ruse barbare n'eut pas le succès que les Ottomans en attendaient. Au moment où cette foule sacrifiée avait touché le fossé, des mines préparées par les Grecs firent explosion , la terre s'entr'ouvrit , et au milieu des flammes , des pierres et de la fumée, elle lança sur la colonne que dirigeait Reschid les membres mutilés de plusieurscentaines d'hommes. Horrible spectacle, qui impressionna même les Albanais impitoyables, et qui leur fit faire avec leur chef une retraite précipitée. Il n'y avait plus à hésiter. Le général turc, hors d'état de prendre la ville avec ses propres moyens , se voyait réduit à solliciter l'appui d'Ibrahim-Parha. Le cas avait été pri'vu, et le sultan avait fait intimer au chef de l'armée égyptienne l'ordre de se rendre à cette réquisition. Ibrahim s'embarqua avec neuf mille Egyptiens et vint se joindre à l'armée de Reschid. A peine arrivé, il voulut tater la place, et il y fit

donner l'assaut; mais cette épreuve suffit pour le convaincre qu'il fallait s'y prendre autrement pour réduire une garnison aussi intrépide. Il était évident qu'on ne viendrait pas à bout de Missolonghi par la force; la famine seule pouvait la réduire. Mais comment parvenir à l'affamer, lorsqu'elle était régulièrement secourue par l'escadre grecque? Trois postes fortifiés, qui se trouvaient entre les mains des défenseurs de la ville, couvraient l'entrée de la rade et en assuraient le libre accès aux bâtiments grecs. Ibrahim, conseillé par les ingénieurs européens qu'il avait à son service, comprit que ces positions fortifiée» étaient les clefs de la ville. U les fit attaquer au mois de mars 1836, et elles tombèrent en son pouvoir plus aisément qu'il ne l'avait espéré luimême. Cette opération fut décisive. Miaulis, après avoir battu la (lotie turco-égyptienne qui croisait aux environs, se présenta comme il l'avait déjà fait plusieurs fois à l'entrée du golfe dans le dessein de jeter des approvisionnements et des vivres dans la ville; mais il en trouva la passe commandée par 1rs canons égyptiens qui avaient été braqués sur les forts précédemment occupés par les Grecs, et il dut se retirer sans ravitailler la garnison. La faim allait donc réduire ces braves gens qui avaient résisté si longtemps avec une valeur inébranlable à des assauts multipliés. Ils en furent bientôt réduits à une telle extrémité qu'on vit les habitants périr d'inanition dans les rues, et des soldats tomber évanouis à leur poste. Leur héroïque résignation excita la sensibilité d'Ibrah ira- Pacha lui-même. Il fit offrir la vie sauve aux combattants, mais sa proposition fut rejelée. Que faisait en ce moment le gouvernement grec? 11 était livré aux discussions et aux rivalités, tandis que toutes ses forces auraient dù être concentrées dans les secours dont avait si grand besoin la garnison, qui jetait sur les armes grecques un éclatant et dernier reflet. Cependant un faible eflorl avait été tenté pour les secourir. Karaïskakis, à la téte d'une armée de secours, s'était porté aux environs du camp dès Turcs ; mais il était trop faible pour attaquer dans ses lignes l'armée assiégeante. Malade d'ailleurs, ses facultés n'étaient pas à la hauteur de la mission qu'on lui avait confiée. A la fin d'avril, les défenseurs de Missolonghi , réduits au dernier dénùment , prirent la résolution de s'ouvrir un passage à travers l'armée turque. Les combattants, au nombre de trois mille, devaient former l'avantgarde; les vieillards, les femmes, les enfants, au nombre de six mille âmes, devaient suivre et profiter, pour fuir, de la trouée que la garnison espérait faire à travers les rangs ennemis. Avis de cette détermination fut envoyée à Karalskakis, et on le pria de faire, au jour fixé, à huit heures du soir, une démonstration sur la roule que les assiégés se proposaient de suivre, afin de les aider et de leur donner la main. La lettre parvint à wn adresse; mais le chef de l'armée grecque

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n'en tint aucun compte , et l'histoire lui reprochera son immobilité en présence d'un pareil malheur et d'un pareil héroïsme. En mime temps, un déserteur faisait connaître à Ibrahim- Pacha les projets de la garnison. Le 22 avril 1826, à l'heure dite, les combattants, suiris de la population, sortirent de la place; ils se couchèrent à terre en silence , attendant le signal de l'attaque que l'armée de secours devait simuler pour favoriser leur retraite. Une heure s'écoula dans une vaine attente. Les combattants se levèrent alors et s'élancèrent en criant : Frètt» en aeant! Mort aux berb-ret ! Au même instant, un cri, le cri d'un traître sans doute, s'éleva du sein de la foule des non-combattants, qui commençaient à sortir de la place : En arrière, dans les batteries t Aussitôt les malheureux habitants reculèrent pour rentrer dans la ville. Les Égyptiens, apostés près de là, s'élancèrent au milieu de celte masse inoffensive. Avec elle ils pénétrèrent pêle-mêle dans la place et commencèrent un massacre effroyable. Des six mille habitants, il ne resta debout que douze cents femmes et enfants, qui fureut réduits à l'esclavage. De leur côté , les soldats grecs, qui avaient continué leur mouvement, tombèrent dans une embuscade qu'avait dressée le fils de Méhémet- Ali. Mais, quoique surpris, ils se défendirent avec une telle résolution qu'ils parvinrent à se faire jour au milieu des Turcs vaincus. Après une retraite des plus pénibles, ils arrivèrent à Salone au nombre de dix huit cents hommes, seuls survivants d*un des sièges les plus mémorables de l'histoire contemporaine. Les Égyptiens perdirent six mille hommes sur neuf mille, et Ibrahim-Pacha se hâta de rentrer en Murée. Il voulut profiter du prestige qu'avait donné à ses armes la chute de Hissolonghi pour soumettre le Péloponèse tout entier, mais partout il rencontra une résistance désespérée, et il fut forcé de rentrer dans Tripoliiza, qu'il quitta même pour aller s'enfermer dans la fort eresse de Modon , dans l'attente de renforts que Méhémet-Ali devait lui expédier. Pendant ce temps, les Grec*, sous la conduiled'un officier anglais, le général Church, et de l'amiral lord Cochrane, se faisaient battre par les Turcs devant Athènes. La prise de cette ville, qui suivit de près celle de Missolonghi, acheva de démoraliser les Crées et de paralyser tous les efforts qui auraient pu être 'tentés pour la défense nationale. Turcs, Égyptiens et Grecs restèrent en observation, renfermés dans les villes fortes. Il y avait épuisement des deux parts, et démoralisation complète dans le camp des Hellènes. Ceux-ci avaient cessé de tenir la campagne. Leur flotte aussi, dont lord Cochrane n'avait su rien faire, était dispersée, détruite. Les marins grecs, sans emploi, s'engageaient à bord de pirates qui infestaient l'archipel, et qui firent subir de granités pertes au comme rce européen. Dans un tel état de désorganisation, il était bien évident qu'avec les renforts attendu» d'Égypte,

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Ibrahim-Pacha achèverait la soumission de la Morée. A Constantinople , on préparait aussi l'expédition de nouvelles troupes. Le sort de la Grèce semblait définitivement fixé. Mais l'opinion publique en Europe avait pris un très- vif intérêt à la lutte que soutenait; pour conquérir l'indépendance, un peuple chrétien dont le nom évoquait tant de souvenirs; elle pesait sur les gouvernements d'Angleterre et tic France de manière qu'ils ne pussent laisser se consommer l'asservissement de la Grèce insurgée. La Russie, de son côté, avait un intérêt évident à prendre fait et cause pour ses coreligionnaires. Le G juillet 1827, un traité fut conclu entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie, dans le but de mettre fin à la guerre. Les trois puissances prenaient le caractère de médiatrices; elles exigeaient la conclusion d'un armistice et posaient les bases d'un arrangement, d'après lequel la Grèce devai; se gouverner elle-même, sous la suzeraineté du sultan, et à condition de payer un tribut à la Porte. Des articles additionnels et secrets étaient annexés au traité et portaient que l'on aurait recours au besoin à la force pour imposer l'armistice à celle des deux parties belligérantes qui n'y voudrait pas consentir. Tandis que les ambassadeurs des trois puissances recevaient mission de signifier cet arrangement à la Porte ottomane, trois escadres étaient envoyées pour l'appuyer, dans leseaux de la Grèce : une anglaise, sons les ordres de l'amiral Codrington; une française, commandée par le contreamiral de Rigny; une russe, dirigée par le contreamiral Heyden-. La Porte ottomane, furieuse de se voir enlever sa proie au moment où il semblait que rien ne put la lui soustraire, ne voulait acquiescer à aucune proposition. Pourtant elle chercha d'abord à gagner du temps pour laisser aux renforts que Méhémet-Ali préparait le temps d'arriver en Grèce. Ils consistaient en cinq mille hommes d'infanterie, et la flotte qui les transportait se composait de quatre-vingt-douze voiles. Llle comprenait : deux vaisseaux de quatre-vingt-quatre canons ; douze frégates.dont plusieurs portaient soixante-cinq bouches a feu ; un grand nombre de goélettes, corvettes, brûlots, et quarante et un navires de transport. Cette flotte rejoignit, dans la rade de Navarin, la flotte turque, qui s'y trouvait déjà mouillée. L'amiral Codrington, qui commandait l'escadre anglaise , laissa les Égyptiens entrer à Navarin, mais il leur fit savoir qu'il ne leur permettrait pas de sortir pour continuer la guerre. L'amiral égyptien déclara qu'il allait eu référer au commandant en chef, et Ibrahim-Pacha donna sa parole de suspendre tous les mouvements de la flotte combinée jusqu'au moment où il recevrait des ordres de son pere et du sultan. Mais il avait reçu des renforts; il était impatient d'agir; car la Porte sentait qu'elle-serait bien plus forte pour repousser la médiation toute favorable aux Grecs que les puissances voulaient lui imposer, si elle pouvait dire que la révolte était en-

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tièrement étouffée et que la Grèce était pacifiée. Ibrahim , voulant porter ses armes dans le nord de la Morée, n'attendit donc pas l'expiration du délai qu'il avait lui-même indiqué. Les amiraux anglais et français, comptant sur sa parole, s'étaient retirés dans l'archipel. Il profita de leur éloignemenl pour faire sortir deux convois, avec ordre de porter des hommes et des munitions à Fatras. A cette nouvelle, Codrington accourut, fit rétrograder les deux convois, qui rentrèrent dans la rade de Navarin. C'est alors que Ibrahim-Pacha commit en Morée de tels ravages qu'il changea le pays en désert. Il extermina la population, il brûla les habitations, fit couper les moissons et arracher les arbres. Vainement les amiraux lui firent des représentations, ses dévastations continuèrent. Elles amenèrent la bataille de Natarin, qui fut livrée le 20 octobre 1827. La flotte combiné* des Turcs et des Égyptiens y fut détruite et la moitié des équipages périt. On a beaucoup blâmé cette bataille , au point de vue de la politique. Les chambres anglaises ont retenti des critiques d'orateurs qui vo.vaient dans la destruction de la flotte turco-égyptienne un avantage exclusif pour la Kussie. Mais le sentiment public était tellement exalté en Europe, que ce fut là une de ces occ. «ions où l'on peut dire que : « les canons « parlent tout seuls. » Les barbaries qu'Ibrahim Pacha ordonna ou laissa commettre mirent le comble à l'irritation de l'opinion publique. Elles furent donc très- regrettables à tous égards. Pourtant la défaite de Navarin ne fit qu'augmenter le désir de vengeance qui dominait le généralissime égyptien, car loin de mettre un terme à ses ravages systématiques, il les étendit au contraire à de nouveaux territoires, et fit si bien qu'il affama non-seulement les habitants, mais ses propres troupes, privées, depuis la bataille navale, des approvisionnements qu'elles recevaient auparavant du dehors. Nous n'avons pas à raconter 1rs événements qui suivirent. On sait que la Porte continua à ne point accueillir les propositions des puissances. Celles-ci, d'un autre côté, reconnurent le gouvernement grec à la tête duquel était placé Capo-d'lstria, en accréditant des envoyés en Grèce. Cependant l'amiral Codrington s'était rendu auprès de Méhémet-Ali et avait réussi à conclure avec lui un arrangement, d'après lequel le pacha s'engageait à rappeler son armée, à l'exceplion de douze cents hommes qui devaient composer, avec les troupes albanaises au service de la Porte, la garnison des places fortes de Modon, Navarin, Coron, l'atras et autres qui étaient entre les mains d'Ibrahim. C'était une garantie que ces places, conquises par les armes égyptiennes, resteraient en la possession de Méhémet-Âli, tant qu'elles n'auraient pas été évacuées par les troupes que la Porte ottomane avait seule le droit de rappeler. Cette convention, arrêtée le 6 août 1828. n'avait pu encore être exécutée lorsque l'expédition française, conduite par le général Maison , débarqua I

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dans le golfe de Messénie. L'effectif en était de vingt mille hommes. Ibrahim Pacha, dont les communications étaient interceptées par mer, se voyant en outre menacé parles troupes françaises, ne pouvait pas hésiter à accepter la convention conclue par son père. Il le fit de bonne grâce et montra pour les officiers français une politesse rl une bienveillance qui contrastaient avec la conduite barbare qu'il avait tenue dans les derniers temps. Les Égyptiens s'embarquèrent au mois d'octobre 1828. Les places où ils avaient dû laisser garnison furent successivement rendues au tommandant des troupes françaises. Quatre années s'écoulèrent avant qu'Ibrahim fût de nouveau appelé à figurer sur la scène politique à la tête d'une armée. Méhémet-Ali, maître de l'Êgyplc, conquérant de l'Arabie , possesseur des lieux saints du mahométisme, pacha de Candie, était devenu trop puissant pour ne pas chercher à transmettre son pouvoir à ses descendants. Il sentait bien d'ailleurs que jamais la Porte ne lut accorderait de plein gré le gouvernement héréditaire des pays qu'il gouvernait, et il est permis de supposer qu'il fil naître l'occasion de se mesurer avec le sultan pour lui imposer l'obligation de lui concéder cette hérédité, qui devait faire désormais l'objet de sa constante et légitime ambition. Une querelle avec le pacha de St-Jean d'Acre, son voisin, lui fournit l'occasion qu'il désirait voir naître. Méhémet-Ali réclamait à ce gouverneur, qu'on nommait Abdalta Pacha, l'extradition d'un certain nombre de sujets égyptiens qui avaient > émigré en Syrie. Abdalla nfusant d'accueillir cette requête, Méhémet-Ali lui fit dire qu'il irait prendre ces hommes et un de plus. Aussitôt Ibrahim Pacha , à la tête de troupes nombreuses , envahit la Syrie. Vainement le sultan inlerviul entre les deux rivaux, les sommant de mettre bas les armes et de soumettre leur différend au divan de Constanlinople; Le pacha d'Égypte fit la sourde oreille et, tout en 'protestant de son respect et de son obéissance, il laissa son fils agir. Ces événements se passaient en 1832. Ibrahim, en peu de temps, soumit Gaza, Jaffa et Caïfla. Puis il vint mettre le siège devant St-Jean d'Acre. Abdalla- Pacha, qui comptait sur les secours que devait lui envoyer le sultan , résista énergiquement aux attaques des Égyptiens. Ceux-ci bombardèrent inutilement pendant trois mois la place par terre et par mer. Une armée de secours, sous lesordresd'Osman-Pacha, débarqua enllnà Tripoli. Ibrahim marcha résolùment a sa rencontre et n'eut même pas à la combattre. Les Turcs prirent la fuite sans attendre le choc des troupes égyptiennes. Us abandonnèrent leur camp , leurs munitions, leur artillerie, leurs vivres et aussi la ville, qui, perdant l'espoir d'être secourue et réduite à la famine, se rendit à Ibrahim au mois de mai 1852. Non content d'avoir ainsi frappé le malheureux pacha qui avait osé lui résister, Méhémet- Ali ordonna à son fils de poursuivre sa marche, en

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rue de soumettre la Syrie tout entière. Ibrahim arriva Je 1 4 juin devant Damas. I n corps considérable de troupes turques attendait les Égyptiens sous cette ville, mais elles se débandèrent presque sans résistance.et le général égyptien prit sans autre difficulté possession de cette place. Le pachalick de Damas étant soumis , Ibrahim se dirigea sur Alep. Chemin faisant, à Homs, où il se trouvait le 18 juillet 1832, il vint se heurter contre vingt mille hommes de troupes turques qui l'attendaient pour lui livrer bataille. Elles s'éliranlèrenl en effet à la vue des Égyptiens et commencèrent le combat; mais Ibrahim n'eut pas beaucoup de peine à les vaincre. Ses adversaires s'enfuirent , laissant deux mille hommes sur le champ de bataille et trois mille prisonniers entre les mains de l'ennemi. Cette victoire compléta la soumission de la Syrie , et Méhémet-Ali se vit maître des quatre pachalicks que comprend ce territoire. Son but devait être alleint , mais comme tous les conquérants, il ne sut pas s'arrêter et se laissa enivrer par la victoire. Ibrahim- Pacha reçut l'ordre de franchir le mont Taurus et d'entrer en Asie Mineure. A cette époque, l'invasion dans les provinces ottomanes était d'autant plus .facile que la population accueillait sans aucune répugnance les Égyptiens, ses coreligionnaires. Mais le sultan Mahmoud avait fait un dernier effort pour sauver son empire par ses propres forces. IV avait réuni, à Konieh, une armée d'environ soixante mille hommes, sous les ordres de Rcschid-Pacha , le même qui avait fait le siège de Missolonghi en commun avec Ibrahim. Ce général eut le tort d'aller attaquer les Égyptiens dans une forte position qu'ils avaient prise en arrière de défilés où l'armée turque s'engagea imprudemment. Ibrahim-Pacha, qui n'avait laissé dans ce passage dangereux que ce qu'il fallait d'hommes pour le défendre , s'était porté avec le gros de ses forces à la rencontre d'une aile de l'année ennemie , qui manœuvrait pour l'envelopper. Après l'avoir enfoncée, il se rabattit su/ le flanc de l'armée turque, qui attaquait le défilé. Prise ainsi en tête et de côté , elle plia et fut vaincue. La bataille avait duré six heures; elle avait eu pour résultat de détruire les dernières ressources que le sultan pouvait opposer au pacha. Ibraliim s'arrêta cependant à Konieh pour attendre des renforts, et il perdit la seule occasion que Méhémet-Ali ait jamais eue de voir entrer ses troupes à Constantinople, car, dans la guerre suivante, l'Europe était avertie et se tenait sur ses gardes. On sait ce qui suivit : Mahmoud appela les Russes à son aide, et, le20 février 1833, une flotte de cette nation jeta l'ancre dans le Bosphore. Mais cette protection était presque aussi dangereuse que l'attaque des Égyptiens. Puis les représentants des autres puissances européennes se donnaient beaucoup de mouvement pour éloigner les Russes et arrêter la marche d'Ibrahim. Deux mois après l'arrivée des

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Russes, le sultan conclut avec Méhémel-Ali un arrangement par lequel il lui cédait le gouvernement de la Syrie tout entière, plus le pachalick d'Adana , pour en jouir comme les autres pachas des provinces ottomanes. Mais cette concession n'était que provisoire dans la pensée de Mahmoud, et il était bien résolu à ne la maintenir que »ant qu'il ne serait pas en état de l'annuler par la force. Aussi , dès ce moment, s'oecupa-t-il sans relâche d'organiser de nouvelles troupes pour recommencer la lutte. De son côté, le pacha d'Ëgypte se prépara au renouvellement d'hostilités qu'il était facile de prévoir. Il définit alors nettement son but, qui était d'obtenir le droit héréditaire de gouverner toutes les provinces conquises, dont l'ensemble lui constituait un pouvoir supérieur à celui du sultan. Mahmoud ne voulut jamais consentir à livrer la Syrie. Pendant le cours des négociations, qui durèrein plusieurs années, la France chercha inutilement à assurer à Méhémet-Ali la possession de ce territoire. L'Angleterre voulut borner les frontières de l'Égypte à St-Jean d'Acre. Ces dissentiments aboutirent au traité du 15 juillet 1840, qui fut signé par les puissances sans le concours de la France, et qui stipulait qu'on aurait recours à la force pour réduire Méhémet-Ali à la partie de la Syrie qui comprend l'ancienne Palestine. Ce traité avait été précédé d'un nouveau conflit entre les troupes du sultan et celles d'Ibrahim- Pacha et par la bataille de Nrzib , gagnée par les Égy ptiens le 21 juin 1839. Peu de tempe après, le sultan Mahmoud était mort. C'était donc une sorte de tutelle de son successeur que les quatre puissances allaient assumer. On se rappelle de quelle manière on l'exerça. Beyrouth fut attaquée, en septembre 1810, par les Anglais, et bien défendue par Soliman-Pacha. Mais le pays tout entier était soulevé. Beyrouth tomba; St Jean «l'Acre se rendit après un bombardement de quelques heures. La flotte anglaise parut ensuite devant Alexandrie. Le 27 novembre 1840, Méhemet-Ali conclut avec le commodore Napter, représentant les puissances , un arrangement d'après lequel l'armée égyptienne quitta la Syrie avec son artillerie, ses armes, ses chevaux, munitions, etc. Ainsi, pour la seconde fois, Ibrahim- Pacha, victorieux , dut céder devant l'intervention européenne. Défaites glorieuses, à ne les envisager qu'au seul point de vue militaire, non qu'Ibrahim ait résisté, car la Syrie, comme la Grèce , fut rendue presque sans combat, mais parce qu'il ne fallut rien moins que les canons des premières années de l'Europe pour lui arracher ses conquêtes. La carrière historique d'Jbrahim-Pacha finit là. Nous l'avons vu en France dans les derniers jours du gouvernement de juillet. H était venu en Europe pour faire appel à h srienec des médecins, mais elle fut vaine, et il est mort sans avoir revu l'Égypte, le 10 novembre 1818. P. M— r.

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