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sa science et sa piété , était évéque de Mérida en Espagne. Il florissait dans le 4* siècle, et, suivant Fabricius, on doit placer sa mort avant Tan 393. U fut l'un des plus ardents adversaires des priscillianistes, et écrivit contre eux un traité qu'il intitula Apologeticus , sans doute parce qu'il y faisait l'apologie de la conduite de l'Église à l'égard de ces hérétiques. Cet ouvrage est perdu. — On ne doit point confondre ldace Clarus avec un autre personnage du même nom , évéque d'Ossobona , et qui partagea ses efforts contre les priscillianistes. Sulpice-Sévère loue le premier sans aucune restriction ; mais il fait du second un portrait peu favorable (lib. 2, cap. 63): il n'avait, dit-il, rien de la gravité que commande son état; c'était un homme plein d'audace, grand parleur, impudent, aimant le luxe et la bonne chère. — Un autre Idace , postérieur d'un siècle à l'évéque de Mérida, avait composé un Traité de la Trinité, que plusieurs savants croient retrouver parmi les ouvrages attribués à St-Athanase. Un autre Traité d'Idace contre Varimade , diacre arien , a été publié par George Cassandcr et le P. François Chifflet, sous le nom de Vigile, évéque de Tapsc ; mais Joseph Anthelmi et le savant P. Montfaucon ont revendiqué cet écrit pour ldace; et les raisons dont ils s'appuient ne permettent guère de douter qu'il n'en soit réellement l'auteur. W — s.
IDACE, évéque espagnol, né à Lamego, dans la province de Galice, vers la fin du 4* siècle, demeura orphelin fort jeune , et son éducation fut négligée. Il conçut cependant le dessein de s'instruire, et visita, dans cette vue, l'Orient, habité alors par une foule de pieux et savants solitaires. U y vit, entre autres illustres personnages, St-Jérôme, Euloge de Césarée, Jean de Jérusalem et Théophile d'Alexandrie, ldace fut élevé à l'épiscopat vers l'an 427 ; mais les historiens ne s'accordent pas sur le siège qu'il a occupé; les uns disent que ce fut celui de Lamego , et d'autres celui de Chiaves (Aquœ Flariœ), petite ville située à l'extrémité du Portugal. Il fut député, en 431 , vers Aétius, commandant pour les Romains dans les Gaules, et il en obtint des secours contre les Suèves. 11 fut chargé par le pape St-Léon • de se concerter avec Torribius, évéque d'Astorga, pour éteindre l'hérésie du priscillianisme , qui continuait d'infecter les Asturies. Enlevé de son siège épiscopal en 401 par les Suèves, qui ravageaient alors la Galice, il souffrit trois mois de captivité, ldace vivait encore en 468, puisqu'il a conduit sa Chronique jusque-là ; mais on ignore la date de sa mort. Celte Chronique commence à l'an 381 , et comprend les règnes de Théodose le Grand et de ses successeurs jusqu'à Anthémius ; elle est écrite d'un style dur et barbare, mais les détails qu'elle contient sur les ravages des Goths et des Suèves en Espagne et dans les Gaules la rendent intéressante. La Chronique d'Llace fait suite à celle de St Jérôme ; et elle a été continuée , par quatre auteurs, jusqu'à l'an 1100. Canisius la
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publia, d'après un manuscrit défectueux, dans ses Variée lectiones, t. 2, et elle fut reproduite, sans correction , parScaliger, Fréd. Lindenbrog, et Prud. de Sandoval : enfin le père Sirmond en donna une édition complète (Paris, 1619, in-8»), qui a servi de base aux nombreuses réimpressions qu'on en a faites dans les Recueils des historiens de France et d'Espagne, dans la Biblioth. des Pères. dans les Conciles d'Aguirra, etc. Le P. Sirmond joignit à son édition des Fastes consulaires, attribués à ldace; mais le manuscrit qu'il avait découvert n'était point complet. Le P. Labbe les a publiés, en entier, dans la Biblioth. nova manuscript., t. 1er; et ils ont été réimprimés depuis par Ducange , dans son édition de Chronicon peschale, et par Aguirra, dans son Recueil des conciles d'Espagne, t. 2. \V — s.
IDELER (Chrétien-Louis), astronome et chronologislc distingué, né le 21 septembre 1766, fils d'un pasteur à Gross-Brese, près Perleberg, fut employé, en 1794, comme astronome, aux calculs pour la rédaction du calendrier des États prussiens. De 1816 à 1822, il donna des leçons aux princes Guillaume-Frédéric et Charles , et devint ensuite directeur des études du corps des cadets. Il exerça aussi très-longtemps l'enseignement à l'académie forestière et à l'école théorique militaire. 11 fut nommé, en 1821 , professeur à l'université de Berlin ; déjà antérieurement il était l'un des membres de l'Académie des sciences de cette ville, et, en 1839, il reçut le titre d'associé étranger de l'Irtstitut de France. Il 6e fit remarquer par la profondeur de ses études dans les ouvrages suivants (en allem.): Recherches historiques sur les observations astronomiques des anciens, Leipsick, 1806; Recherches sur l'origine et la signification des noms des étoiles, Berlin, 1809, et un grand nombre de ses leçons publiques, notamment sur le calendrier de Plolémaïs; sur les mesures itinéraires des anciens; sur fdge du calendrier runigue. Dans un ordre d'études tout différent, il donne avec Nolte un Manuel de la langue et de la littérature française (en allemand ainsi que tous les ouvrages suivants), en 3 volumes et plusieurs éditions jusqu'à 1852, partiellement revu par son fils et par Heydemann. Son fils ajouta à l'ouvrage un 4e volume, plus un volume d'introduction sur l'histoire littéraire de la France jusqu'à François I". U publia également avec Nolte et ultérieurement avec supplément d'uu volume par son fils, un Manuel de la langue et de la littérature anglaise. Berlin, 2 vol., plusieurs éditions; plus le 3« volume de supplément, Berlin, 1838. Heydemann avait donné un Manuel de la chronologie mathématique et technique, Berlin, 1825-46, 2 vol.; Ideler remania cet ouvrage sous le titre de Manuel de chronologie, Berlin, 4831. C'est le premier ouvrage étendu qui ait offert à l'histoire ainsi qu'à l'astronomie une vue claire de l'ensemble du calcul des temps chez les peuples anciens et modernes. Son livre sur U calcul des temps
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chez les Chinois, Berlin , 1839, est un ouvrage important, qui fut le dernier de ses travaux : Ideler est mort le 10 août 1840. — Ideler (Jules-Louis), son fils aine', naquit le 5 septembre 1809, à Berlin , y fréquenta le gymnase français, d'où il passa au collège de Pforta. D'abord étudiant en médecine, il s'appliqua ensuite à l'histoire naturelle à Berlin , et aux mathématiques à Kœnigsberg. 11 fut admis à l'enseignement dans l'université de Berlin , et publia une Meteorologia veterum Gracorum et Roman orum , Berlin, 1832, suivie de plusieurs ouvrages, entre autres une édition de la Meteorologia d'Aristote, Leipsick, 1834-36, 2 vol. Depuis 1833, il s'attacha avec ardeur à suivre les découvertes de Champollion dans le champ de l'archéologie et de la langue de l'ancienne Egypte. Un fruit de ces études fut son édition du Psautier copte, Berlin, 1837, et un ouvrage plus important : Hermapion site rudimenta hieroglyfica veterum sEgyptiorum literatura , Leipsick, 1841 , 2 vol. Il éclaircit , dans une dissertation historique, la Légende de farc de Guillaume Tell, Berlin, 1836. 11 donna aussi une édition de la Vie et actions de Charlt magne, par EginharJ , Hambourg, 1839, 2 vol., et des Physici et medici graci minores; une traduction en allemand des Recherches publiées en français par Al. de Humboldt, sur l'histoire de la découverte de ï Amérique, 1838-39, 3 vol., et un Index des noms et des matières pour la géographie de l'Asie de Ritter, 1. 1", Berlin, 4841. Un régime de vie peu régulier hâta sa mort, qui eut lieu à Berlin, le 17 juillet 1842. Z.
IDES ( Evébard-Ysbrapctz ) , voyageur allemand du 17e siècle, était né à Glukstadt, dans le Holstein. Son goût pour les courses lointaines le conduisit en Bussie , où il établit une maison de commerce : Pierre I" se l'attacha , et eut recours à ses conseils pour faire fleurir le commerce dans son vaste empire. Ce prince avait conclu , en 1689, avec la Chine, un traité qui fixait les limites des deux Etats. Trois ans après , il jeta les yeux sur Ides pour aller à Pékin confirmer le traité , et prendre des arrangements plus positifs pour les relations commerciales. Ysbrantz partit de Moscou le 14 mars 1092, traversa la Tarlarie, la Sibérie; le 27 octobre , il vit la grande muraille , et le 3 novembre , il entra dans Pékin. Le voyage avait été bien pénible au milieu des hordes sauvages de l'Asie; mais une fois arrivé en Chine, Ides fut accueilli partout avec distinction, et, on peut ajouter, avec des marques d'une amitié et d'une conûance que n'ont pas obtenues des ambassadeurs envoyés plus récemment dans cet empire. Par ordre de l'empereur , on le conduisit dans le couvent des jésuites, où il séjourna. 11 éprouva ensuite quelques désagréments , auxquels il était loin de s'attendre. Les présents qu'il avait apportés furent refusés; mais il fut personnellement très-bien traité de l'empereur, et il remplit parfaitement l'objet de sa mission. A sa première audience, le P. Gerbillon lui servit d'interprète, et lui parla
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italien, parce qu'Ides avait déclaré ne savoir pas le latin. 11 quitta Pékin le 19 février 1693, et courut de grands dangers daas les déserts de la Sibérie, où son camp faillit être consumé par le feu que les Tartares avaient mis aux plantes sèches; il souffrit aussi beaucoup de la faim, et entra dans Moscou le 19 janvier 1094. Ides visita aussi Archangel et y séjourna quelque temps ; il portait le titre de conseiller impérial de commerce, et mourut vers 1700. On ne sait pas précisément en quelle année parut, pour la première fois, la relation de son voyage, écrite par luimême. Des auteurs ont avancé qu'elle fut publiée en 1096, et en hollandais : mais ils ne citent que des catalogues à l'appui de cette assertion ; et il n'en est nullement question dans la préface de l'édition suivante, que l'on peut regarder comme la première: elle est en hollandais; en voici le titre: Voyage de l'ambassadeur moscovite, E. Y. Ides, de Moscou à la Chine , fait par terre par la grande Oustiga , la Sirianie, la Permie, la Sibérie, la Daourie et la grande Tartarie, et qui a duré trois ans; contenant la .description des mœurs des peuples, etc., et enrichi d'une carte et de beaucoup de figures dessinées par l'ambassadeur; en outre , d'une description de la Chine, écrite par un Chinois dans sa langue, et traduite pour la première fois en hollandais arec des remarques, Amsterdam , 1704, in-t°. L'éditeur, Frauçois Halina, dans sa préface, annonce que Nicolas Witsen , .bourgmestre d'Amsterdam et géographe habile, lui a remis cet ouvrage. Ides avait, le 24 mai 1695, envoyé tousses papiers à Witsen, en le priant de se charger de leur publication : l'on est donc fondé à considérer cette édition comme originale. 11 y en a une traduction allemande, Francfort, 1707, in-4°; une française , insérée dans le tome 8 du Recueil des voyages au Nord, et une anglaise , Londres, 1706, in-4°. Ides n'est pas un voyageur instruit, mais il est sensé, bon observateur et véridique. Il est le premier qui ait décrit, en détail, la route par terre de Moscou à la Chine, et donné des notions précises sur plusieurs nations qui habitent entre l'Oural et la grande muraille. Les figures qu'il a jointes à sa relation sont bien faites; elles manquent dans la version française. Il s'était servi, pour son voyage , d'une carte de Witsen , gravée en 1687. 11 la corrigea d'après ses observations, et la transmit à son ami. Celle que ce dernier dressa, en conséquence, est encore bien fautive, et prouve quelle lenteur les connaissances éprouvent dans leur marche. Le Mémoire sur la Chine contient beaucoup d'observations qui rectifient les récits des voyageurs européens : il ne se trouve pas dans la version française. Un Allemand, Adam Brand , natif de Lubeck , et marchand à Moscou , avait suivi l'ambassade russe en Chine; à son retour, il revint dans sa patrie, où il fit des affaires considérables , reçut chez lui, en 1697, plusieurs personnes de distinction de la suite du czar, voyagea ensuite en Dancmarck et en Alle-