‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 61 sur 106 · IHR · texte numérisé non relu

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messes. Ces mesures étaient bien faibles contre l'ambition de ces princes et le mécontentement des Kiéviens. A peine Igor fut-il sur le trône, devenu vacant par la mort de Vaérolod , que la populace de Kiev alla piller la maison de l'opulent Hatcha, un des principaux agents du règne précédent , et qu'il s'ourdit au dedans de cette ville une conspiration en faveur d'Isiaslav. Ce dernier ne tarda point à s'approcher de Kiev : la bataille s'engagea auprès du tombeau d'Oleg: Igor, trahi par Ouleb et une foule de boïards, fit courageusement téte à l'ennemi, et courut en personne à la téte de sa garde sur isiaslav , que défendait un lac dont il fallait faire le tour. Mais, en «'avançant , sa troupe fut resserrée entre des ravins et le lac : des adhérents d'Isiaslav le poursuivirent par derrière j son cheval l'entraîna dans un marais, où il fut pris (1146). Isiaslav le confina dans le couvent de SUJean , à Perelaslavle, et ne voulut jamais lui rendre la liberté. En vain la grâce d'Igor fut-elle sollicitée les armes à la main par son frère Svialoslav, par lourié Dolgorouki , par les Davidovitch de Tchernigov $ Isiaslav, de plus en plus sévère contre lui , le réduisit à se faire moine à St-Théodore de Kiev , en 1U7, et peu après, au moment où les Davidovitch prenaient les armes pour ce prince malheureux, un rassemblement tumulluaire, excité à Kiev pendant l'absence d'Isiaslav, mais auquel on ne peut croire qu'Isiaslav soit resté étranger, força les portes du monastère, saisit Igor au moment même du service divin , l'égorgea et traîna son cadavre par les rues jusqu'à la place du marché. En vain un frère d'Isiaslav , Vladimir , avait mis tout en œuvre pour le sauver , et un Instant l'avait tiré des mains des furieux et conduit dans la maison de sa mère t les rebelles forcèrent encore cet asile et se saisirent de nouveau de leur victime, isiaslav désapprouva cet attentat , mais ne le punit point. Toutefois le sang d'Igor sembla crier vengeance sur sa tête , et jamais il ne fut paisible possesseur du trône de Kiev. P — ot.

I11UK(Jkan); professeur de politique et de belleslettres à Upsal, né à Lund le 5 mars 1707, mort le 26 novembre 1780, doit être compté parmi les hommes les plus savants et les meilleurs critiques du dernier siècle. Ayant achevé son cours d'études à Upsal, il voyagea en Allemagne, en Angleterre, en France, et, de retour dans sa patrie, il eut une place à la bibliothèque d'Upsal. Il professa ensuite, à l'université de cette ville, la poésie et l'éloquence. En 1738 il obtint la chaire de belleslettres et de poliUque, fondée dans le 17- siècle, par le sénateur Skytte, et qui avait été occupée par Jean Scheffer , Freinshemius , Loceenius , et plusieurs autres savants distingués, lhre en soutint l'éclat , et il fut pour la littérature ce que Wallerius, Linné, Rosenstein, étaient dans le même temps pour les sciences. La réputation de l'université d'Upsal se répandit au loin et attira un grand nombre d'étrangert. Les leçons d'Ihre

répandirent un goût plus épuré , et formèrent la plupart des littérateur* suédois qui se sont distingués dans les temps les plus modernes. Le professeur ne se borna pas à l'enseignement ; il composa un grand nombre d'ouvrages et de dissertations (1), où il joignit à une vaste érudition une critique lumineuse. Il porta surtout le flambeau de cette critique dans ses recherches sur les antiquités du Nord, qu'il jugea le premief sans prévention et sans partialité. L'ouvrage le plus considérable de Jean lhre est le Giostariun sueo'çotkieum, qui parut à Upsal en 1769, 2 vol. in-fol. On y trouve non-seulement l'explication raisonnée des mots de la langue suédoise, mais des observations sur les analogies et les étymologies des langues en général. Les principes qui ont servi de guide à l'auteur sont Indiqués dam une introduction asseï étendue, qui est en même temps un traité philosophique sur la filiation des langues, et sur leur rapport avec le génie, les mœurs et les révolutions des peuples. On retrouve le môme savoir et la même sagacité dans les recherches sur Ulphilas et sur la langue mésogothique, qui ont été recueillies par Bùsching, sous ce litre : Jok. Ikra scriplm varia vertiomem Ulpkilanam et linguam mtttogothieatn tpettantia. Upsal, 1763, Berlin, 1773, 1 vol. in-4» ; dans la lettre sur l'Edda d'Islande, qui parut à Upsal, en 1772, et qui fut traduite en allemand par Schlttaer l'année suivante ; dans les dissertations sur l'origine et l'usage des caractères runiques, sur les voyages des Scandinaves , sur les antiquités d'Upsal", sur les caractères du Codes utphilanut, sur les armes de la maison de Wasa. Quoique la chaire confiée à Jean lhre n'embrassât la politique que sous les grands rapports de l'histoire, ce professeur s'occupa quelquefois d'applications particulières et môme locales, que lui fournissaient les événements publics de son pays : il publia des thèses De lumultu Dalecarlorum , De cictima publiai , De pana innoce*tum, qui parurent dangereuses au parti dominant, et qui donnèrent occasion i une enquête juridique, lhre fut condamné a payer une amende de sept cents francs, au profit de la caisse des écoles de Laponie. Le professeur eut aussi un procès avec les théologiens , à l'occasion d'une thèse , De nexu retigionit naturaiis et reteiata. dans laquelle on prétendit qu'il avait trop accordé à la raison. Ces orages passèrent cependant bientôt, et les grands talents d'Ihre lui gagnèrent la considération générale. En 175*> il fut nommé conseiller de chancellerie : peu après, il obtint des lettres de noblesse , et , en 1759 , il fut décoré de l'ordre de l'Etoile polaire. — Son père, Thomas Ihrr, né le 3 septembre 1659, mort le II mars 1740, à LinkiUping , où il exerçait le saint ministère, avait été proie

II) Biiiehin«éTHo.4PlUïd« de* dtuerutions académique»

NtcKr , 1788, p. 1M M mUt

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de Lund , et m fit connaître par une grammaire latine intitulée Roma m nmc«, Lund , 1706, in-8». C— *u.

1KLN (Cornu»), théologien, né à Brème en 1689, fils d'un conseiller municipal de cette ville, acheva ses études à Utrecht, où il obtint le diplôme de docteur en théologie, et fut, en 1716 , pasteur à Zutphen, puis, trois ans après, retourna dans sa Tille natale pour occuper le poste de deuxième pasteur à l'église de Si Etienne, et professer au gymnase la théologie et les langues orientales. Aussi se fit-il dans le monde savant une réputation à la fois comme théologien et comme orientaliste, par un grand nombre d'ouvrages dont voici les principaux : 1* InA . Hes kebrmka, secundum tripUcem Jud<rvrvm ttatnm , ecclesiastirum, polàïcum etaconomirum. breritcrdetineata, Brème, 1732, in-*»; réimprimé en 1735, en 1741, et avec des additions en 1752; ouvrage bien rédigé et utile pour l'étude de l'archéologie biblique ; 2° Thésaurus novus theologico-philolagiots, seu tyihge ditstrtationum exi-settcarttm ad sélections aique msigniora l'eteris et Xori Testammti loca a theologis jrrastawttbiu relicUrum. exmmseo Th. Notai et Conr. Ikenu, Leyde* 1732, 2 vol. in-fbl.Ge recueil est la suite de celui que lieuthen avait publié en 1701 et 1702, à Amsterdam, également en 2 volumes in-fol., Cous le titre de Thésaurus theologico-philologicus, etc., et qui contient de même des dissertations, soit inédites, soit- publiées antérieurement; mais elles n'ont pas toujours été choisies avec assez de discernement. Ln extrait en allemand du recueil de Hase et Iken a été publié par Mehlhorn, 1738-42, en 6 volumes in-t" , avec des notes de l'éditeur. 3° Trnctntut Talrmudtats de cvltu quottdiatio t empli,

.... ■' , y „ » , „ — A ... a t . //w. /»-*./., r UnAmii

VCTTiOnc ifltlnn nor?«<î/J et nultJ iuttilrmui , DrrlIH ,

1736, in -4"; 4" Symbole? Istteraria ad incretnentum setentiarvm a partis ermrcis eotlata. Brème, 1744, 3 vol. în-8°.Cestun autre recueil de dissertations composées par plusieurs savants, et auxquelles Iken a joint quelques mémoires érudits de sa composition. 5° Dissertatîones philologico-theologtca m diversa sacri codicis utriutqtte Testamenti loca , Leyde, 1749, in-8». Iken mourut le 25 juin 1753. —Un de ses descendants, Conrad (kes, comme lui pasteur à Brème, né en 1769 et mort le 7 mai 1830, a publié avec SchasflTer on Litre de Cantiques pour la communauté* réformée de Hambourg, 1803, et il a traduit plusieurs ouvrages de l'anglais, tels que le Traité de ta navigation à la vapeur, par Robertson Buchanan , et la tragédie de Bertram, par le rév. C. Maturin. H a publié en outre un Tableau des voyageurs qui depuis 1453 ont mité la Grèce, Brémr, 1818» I) — c.

ILDEFONSE (Saint), né à Tolède en 607, de parents distingués, était, par sa mère, neveu d'Eugène 1H, archevêque de Tolède, qui prit soin de sa première éducation , puis l'envoya achever ses études auprès deSt-lsidore de Séville. Revenu dans sa ville natale, ridefonse embrassa la vie monastique et deriut abbé de son couvent. A la mort

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