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chèrent à une croix, pour effrayer par ce supplice quiconque voudrait s'opposer à leur domination en Espagne. B— p.
INÈS de CASTRO, issue d'une maison illustre de Castille qui était alliée aux rois d'Espagne et de Portugal, unissait à un esprit distingué la beauté et la grâce qui en font le charme le plus puissant. C'est à ces avantages qu'elle dut et sa célébrité et ses malheurs. Son père, Herre-Fernand de Castro, s'était fixé à la cour de Portugal; Inès y fut placée très-jeune, en qualité de darne d'honneur, auprès de la princesse Constance, épouse de l'infant dom Pèdre, (ils d'Alphonse IV. L'amitié la plus tendre l'attachait à Constance : la mort prématurée de cette princesse lui causa la plus vive douleur; l'expression en était si touchante par sa sincérité, que dom Pèdre aimait à pleurer avec elle sa jeune et vertueuse compagne. La sympathie des regrets l'avait rapproché d'Inès : il les oublia auprès d'elle, et la sensible Inès, accoutumée à partager les larmes de l'infant, partagea aussi ses sentiments. Sa naissance, quoique élevée , ne l'appelait point au trône, et si l'amour voulait l'y placer, la politique l'en éloignait. Les courtisans, envieux de tous ceux qui obtiennent la faveur des princes, et redoutant l'influence que l'élévation d'Inès donnerait à ses frères Alvarez et Ferdinand, éveillèrent l'attention d'Alphonse sur les conséquences de la liaison de dom Pèdre et sur la nécessité de la rompre ; mais les amants trompèrent sa vigilance , et un hymen secret, sanctionné par le pape, unit l'infant à la belle Inès, en présence de l'évêque de la Guarda. Les mêmes courtisans peignirent la désobéissance de dom Pèdre des couleurs les plus propres à irriter Alphonse, prince violent et vindicatif, et lui apprirent le mariage de son lils avec toutes les réflexions qui devaient blesser son orgueil et exciter son courroux. Ils fc'y réussirent que trop bien, luès s'était retirée à CoYmbre ; elle y vivait dans une solitude embellie par l'amour, et la naissance de deux enfants ajoutait encore à son bonheur, lorsqu'il fut troublé par les instances du roi, qui pressait dom Pèdre de dissoudre les nœuds qui l'attachaient à elle. Inès, en le rendant père, avait acquis de nouveaux droits* à la tendresse de son époux, dont, chaque jour, la résistance aux désirs d'Alphonse s'exprimait avec plus d'énergie. Indigné de l'inutilité de ses efforts, le roi se rendit à CoYmbre auprès d'Inès, espérant par des menaces arracher à la crainte ce que son lils refusait à ses vœux. Attendri par la beauté d'Inès, ému à l'aspect de ses enfants, le roi sentit fléchir sa colère; son âme flottait irrésolue entre le pardon et la vengeance; mais les discours des courtisans, et particulièrement les conseils d'Alvarez Gonzalez, Pierre Coello et Diego Lopez Pachéco, qui avaient juré la perte d'Inès, détruisirent cette disposition favorable. La dureté naturelle d'Alphonse servit leuj-s coupables projets; il finit par céder à leurs instances insidieuses, et la mort d'Inès fut ré-
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solue!.... L'on n'attendait, pour l'exécution de cet odieux dessein, que l'éloigncment de dom Pèdre. Un jour que ce prince était parti de grand matin pour la chasse, les assassins pénétrèrent dans l'appartement d'Inès, encore endormie. Sa beauté, sa jeunesse, la douceur pleine de charme répandue sur ses traits, n'amollirent point les cœurs de ces barbares : ils se précipitent sur elle; la violence de leur action éveille Inès, et ses beaux yeux, en s'ouvrant, rencontrent les poignards levés sur sa téte. N'ayant d'autres armes que ses pleurs et ses prières, elle les employa vainement. Cette beauté touchante, qui eût attendri des tigres, ne put désarmer ces hommes féroces : elle tomba percée de plusieurs coups; les assassins n'abandonnèrent leur victime qu'après avoir vu s'exhaler son dernier soupir. Kedoutaut alors la vengeance de dom Pèdre, ils se sauvèrent en pays étranger. A la nouvelle de cet horrible attentat, qu'Alphonse, diton, ne désavoua pas, dom Pèdre, désespéré, courut aux armes contre son père. Aidé par les frères d'Inès, il ravagea les provinces où les biens des meurtriers étaient situés, et jura de ne se soumettre qu'alors que les assassins d'Inès lui auraient été livrés. Cependant les larmes et les instances de sa mère obtinrent le sacrifice de sa rébellion ; mais, malgré sa soumission, le prince conserva au fond du cœur la plus ardente soif de vengeance. Alphonse mourut en 1357; dom Pèdre monta sur le trône de Portugal. Son premier soin fut d'atteindre les bourreaux d'Inès. Pachéco était mort en France ; Alvarez et Coello, réfugiés en Castille, lui furent livrés par le souverain de ce royaume (Pierre le Cruel). Emmenés en Portugal, ces misérables furent appliqués à la question, jugés et condamnés à mort. Hais leur supplice ne suffisait pas à la haine de dom Pèdre : il le fit précéder par les plus cruelles souffrances. Quelques historiens vont même jusqu'à dire qu'il aida (le ses propres mains à les torturer. Haletants et mutilés , ils furent exposés sur un échafaud. Us respiraient encore ; on leur arracha le cœur, qu'on offrit tout palpitant il dom Pedre. Sa vengeance fut à peine assouvie par le sanglant spectacle dont il venait de repaître ses yeux. Les corps d'Alvarez et de Coello furent brûlés et leurs cendres jetées au vent. Après avoir immolé ces criminels, dom Pèdre rendit aux mânes d'Inès des hommages plus dignes d'elle : il fit assembler les états du royaume à Castanado, y déclara son mariage en présence du nonce, en fit dresser un acte qui fut publié en Portugal avec la plus grande pompe, lit reconnaître les enfants nés de son mariage avec Inès habiles à succéder à la couronne, et, après avoir fait exhumer le corps de cette princesse infortunée, il ceignit son front du diadème et voulut qu'on rendit les honneurs souverains à ses restes insensibles. Tous les corps et les grands de l'État la saluèrent reine, et les bienfaits de son époux se répandirent sur tous ceux qui Pavaient servie. Deux superbes mausolées en marbre blanc
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s'élevèrent, par les ordres de dom Pèdre, dans le monastère royal d'Alcohaça , l'un destiné à Inès, l'autre réservé pour lui-même. I. 'inconsolable don» Pèdre ne cessa d'arroser les cendres d'Inès de ses larmes, jusqu'au jour où la mort, en le réunissant à son épouse, ensevelit sous la tombe son amour, sa douleur et sa haine contre la mémoire de ses assassins. La fin tragique d'Inès, arrivée , selon Puffendorff, en 1533, a fourni un épisode à l'auteur de la Lutiade, une tragédie à Lamotjle, et la peinture, rivale de la poésie, a encore fait revivre, sous le pinceau d'un de nos artistes (M. de Forbin), à l'exposition de 1817, le souvenir de cette illustre victime. Comblée de tous les dons de la nature, de la fortune et de l'amour, Inès de Castro semble ne les avoir réunis que pour offrir une preuve nouvelle et frappante que la célébrité, chez les femmes surtout, est presque toujours ennemie du bonheur. D— l — d.
INGEBURGE, ou INGELBLRGrî (1), princesse danoise , remarquable par la destinée singulière qu'elle eut en France, était fdle de Valdemar l«r et soeur de Canut VI, qui régnèrent en Danemarck pendant le 12e siècle. Philippe-Auguste, roi de France, fit demander cette princesse en mariage à Canut, déclarant qu'il ne vtfulait d'autre dot que la cession qui lui serait faite, par le contrat, de l'ancien droit que les rois de Danemarck avaient sur le royaume d'Angleterre, et un secours en vaisseaux. Richard Cœur de lion était alors détenu captif en Allemagne, et Philippe voulait profiter de son absence. Mais Canut et les états de Danemarck préférèrent offrir une somme de 4,000 marcs d'argent pour dot, et le roi de France souscrivit à cette condition. Ingeburge étant arrivée à Amiens, l'année 1102 ou 93, Philippe l'épousa immédiatement après. Tous les historiens du temps conviennent que la princesse était aussi belle que vertueuse; cependant Philippe, le lendemain des noces, lorsque le couronnement de son épouse eut lieu, manifesta pour elle un éloigneraent qui devint bientôt une aversion décidée. On ne put comprendre cette «onduite du roi, dont on ignorait les motifs, et le peuple l'attribua a un sortilège. Ingeburge fut renvoyée de la cour, et Philippe prit la résolution de se séparer d'elle. Il allégua la parenté qu'il prétendait exister entre sa première femme Isabelle de Hainaut cl la reine Ingeburge, du chef de Charles le Bon, comte de Flandre, (Ils de Canut IV, roi de Danemarck. Plusieurs évéques jugèrent cet obstacle suftlsanl, et le mariage fut déclaré nul. Le roi voulut renvoyer Ingeburge en Danemarck ; mais elle refusa de partir et demanda à se retirer dans un couvent à Soissons. Elle y fut tellement abandonnée que, pour trouver le moyen de subsister, elle se vit réduite à vendre ses habits et sa vaisselle. Le roi de Danemarck fut Indigné quand il apprit le traitement qu'avait éprouvé sa sœur. Il lit partir pour
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Rome son chancelier André, fils de Sunon, et l'abbé Guillaume, génovéfain français (voy. Gcillahie d'Kskil), qui avaient conseillé le mariage; il les chargea de demander justice au pape. Célestin après quelques délais, envoya deux légats en France pour assembler un concile où serait examinée la validité de l'union ; mais ce concile fut intimidé par l'influence de la cour, et se sépara sans avoir rien décidé. Philippe, regardant celte issue comme une preuve en sa faveur, contraria un nouveau mariage avec Marie-Agnès, fille du duc de Méranie. Ingeburge renouvela ses plaintes, et le roi de Danemarck les appuya. Innocent III, successeur de Célestin, donna ordre à son légal de déclarer nul le mariage de Philippe avec Marie- Agnès, et engagea le roi à reprendre Ingeburge, sous peine d'cxcommunioalion. Cette menace n'ayant point produit d'effet, un interdit fut jeté par le légat sur le royaume de France. Pendant huit mois les églises furent fermées, et l'on ne put enterrer que les corps de ceux qui avaient pris la croix. Philippe sévit d'abord contre les prêtres qui exécutaient l'interdit ; mais, las enfin d'une résistance inutile, il demanda au pape que le procès fût revu. On tint à Soissons, en l'année 1201, un concile où le roi et la reine parurent en personne. La reine était accompagnée des évéques et des docteurs que Canut lui avait envoyés de Danemarck. Après une séparation d'environ «il ans , le roi de France rappela Ingeburge et renvoya Agnès, qui, à ce qu'on rapporte, en mourut de chagrin. Canut VI mourut l'année qui suivit cet événement; Philippe-Auguste termina sa carrière en 1223, et Ingeburge vécut jusqu'en 1230. M. Laporte Dulheil se proposait d'éclaircir, par des recherches approfondies , un point d'histoire sur lequel les auteurs français ont donné peu de détails et qui présente des obscurités ; mais il n'a paru de ce travail que l'introduction, imprimée l'an 11 dans les Mémoires de l'Institut, littérature et beaux-art* . t. 4. Cette introduction contient . !• L'exposé «les relations de In France avec le L>»nemarck jusqu'à l'époque où l'Iiilippe-Augustc demanda en mariage In princesse Ingelburgc; 2° If tableau de l'étal politique de l'Europe, ainsi que ies alliances de la maison royale de Danemarck avec la plupart des princes qui régnaient alors. C-~au.
LNGEGNERI (Angiolo), littérateur moins connu qu'il ne mérite de l'être (1), naquit vers 1550 à Venise, d'une famille honorable de la bourgeoisie (t). On n'a pu trouver aucun détail sur les premières années de sa vie. A la lin de 1572, il avait achevé sa traduction in ottaoa rima du Remède d'amour d'Ovide ; il la lit imprimer en 1570 à Avili) Tiraboachl »c félicite do pouvoir donner le premier quelque» détail» iur la vie de cet écrivain , au moyen dn letlra Urée* de» archive» ««crête» lia Quaatalla, qui lui i communiquée* par le 1*. Affo.
12 1 l'n de »e* oncle» ( cuN a Veniat,
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gnon, et, dan» la dédicace au comte tleVillachiara, il déclare que c'est le premier ouvrage sorti de sa plume. Il se trouvait en 1578 à Turin, lorsque le Tasse, malheureux et fugitif, vint y chercher un asile; le hasard voulut qu'il passât au moment où les gardes refusaient feutrée de la ville à l'auteur de la Jérusalem délivrée , le prenant pour un vagabond Ingegneri, qui l'avait vu à Venise, s'empressa de le cautionner, le conduisit au palais de Philippe d'Esté, et lui rendit pendant son séjour à Turin tous les services qui étaient en son pouvoir. Le Tasse, reconnaissant, lui permit de prendre une copie de son immortel poe*me, dont il n'avait encore paru que deux chants, et Ingegneri s'empressa d'en préparer une édition qui fut imprimée à Casalmaggiore en 1581, in-4°, et qui fut reproduite la même année à Parme, in-4° et in-* 2 (1). Membre de l'Académie des Olimpici de Vicence, il avait, à la demande de ses confrères, entrepris une pastorale : la Dama di Venere; il termina cette pièce sur les instances <le la marquise de Soragna , qui la (lt représenter sur le théâtre de la cour à Parme (1584) et voulut que sa fille y remplit le rôle A'AmariUU. Ce fut probablement le succès de cette pastorale qui lui valut son agrégation à l'Académie des Innominati. Ile Parme , où il n'était demeuré que peu de temps, Ingegneri revint à Vicence, où il donna en 1585 une édition des Mme de Curzio de Gonzague (ray. ce nonO. Pauvre, marié et chargé d'enfants, ses travaux ne lui fournissaient pas les moyens de subvenir aux besoins de sa famille. Ferdinand 11 de Gonzague , touché de sa situation , lui offrit (décembre 1585) la place de directeur d'une fabrique de savon qu'il venait d'établir à Guastalla. Ingegneri ne crut pas pouvoir refuser un emploi qui devait le tirer d'embarras; mais, soit que son traitement ne fût pas en proportion avec ses besoins, soit qu'il manquât d'ordre et d'économie, il se vit forcé de contracter des dettes et fut rois en prison pour un billet de deux cents ducats fait à un marchand de Venise. Ferdinand, qui l'aimait véritablement, paya cette somme, et ce ne fut sans doute pas la seule fois qu'il vint à son secours. Cependant le Tasse gémissait de voir Ingegneri dans une position si peu en rapport avec ses talents i il lui ménagea la protection du cardinal Cintio Aldobrandini, et, du consentement de Ferdinand, Ingegneri quitta la fabrique de Guastalla pour aller à Kome remplir les fonctions de secrétaire du cardinal.. En 1593, il donna des soins à la première édition de la Geruxalemnu conqutttata de son illustre ami, et l'année suivante il mit au jour son excellent traité Del buon segretario. dont il oITril la dédicace au cardinal Cintio, son Mécène. Dans un voyage qu'il lit à Venise en 1596, par ordre de son maître, il passa par Guastalla pour revoir Ferdinand de Gonzague, qui l'accueillit avec
ttaUe0** <dltU,n* •onl Wrdto comme tttt.prieUmtu en
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bonté et l'encouragea à terminer son OEnone (1). Il avait, en 1598, quitté le service du cardinal pour passer à celui du duc d'Urbin,qui lui témoignait beaucoup d'estime. Ce fut avec l'agrément de ce prince qu'en 1603 il accepta les offres que lui fit le duc de Savoie pour l'attacher à son service; mais les bontés de son nouveau maître ne purent le fixer longtemps à la cour de Turin. Il était de retour à Home en 1607, et c'est de cette ville qu'est datée la dédicace de l'édition qu'il donna la même année, à Viterbe, du dernier poè*me du Tasse, les Sette giornate del mon do crealo. En 1609, il se trouvait une seconde fois en prison pour dettes, et sa vieillesse ne fut pas heureuse. Il mourut vers 1613, dans un âge avancé. Indépendamment des éditions citées dans cet article, on a de lui t 1° De' rimedj contra l'amore, Avignon, 1 576, io-4»; Gènes, 1 583, in- 1 6; Bergarae, 1 604, in-8-. 2° Dan*a di Venere, pastorale (S), Vicence, 1584, in-8»; 3° Del buon eegretario libri tre, Home, 1594, in-4»; Venise, 1395, ln-8°. Cet ouvrage, dit Apostol. Zeno (notes sur la Bibliolh. de Fontanlni t. 1, p. 157), très-bien écrit, est rempli de judicieux renseignements. L'édition de Venise est moins belle et moins correcte que la première. 4° Delta facoln rappretentativae delmodo di rappretentare le favole tenieke. diteorso, Ferrare.l 398, petit in-4°. Ce traité de la pratique du théâtre est fort estimé des Italiens ; il a été réimprimé dans le tome 3 des œuvres de Guarini (1738, in-4»), dont Inghlerl avait critiqué le Pailor fido. 5° Tomiri, tragedia, Naples, 1607, in-4°. 6" Poetie sent te in dialello venetiano, Venise, 1613. Le Quadrlo (t. 6, p. 73) lui attribue un poè*mc contre les alchimistes, intitulé Palinodia detl' Argonautica. Voy. la notice de Tiraboschi dans la Storia délia letterat. «ai. a. 7, p. 1 479. W-s.
INUENHOUSZ (Jeam), savant naturaliste et chimiste hollandais, naquit à Breda en 1730. Après avoir exercé pendant quelque temps la médecine pratique dans sa ville natale , il partit pour Londres, où ses grands talents ne tardèrent pas à être dignement appréciés. Le célèbre Pringle, alors président de la société royale , ne se contenta pas d'applaudir aux travaux assidus du docteur hollandais : Il l'honora jusqu'à sa mort de la bienveillance la plus délicate, de la plus tendre amitié. Par l'aménité de son caractère autant que par l'exsetitude et le choix qu'il mit dans ses expérieuces et dans ses recherches , Ingenhousz s'acquit l'estime et la considération des premiers savants de l'Angleterre. Il fut élu membre de la société royale de Londres, et le succès de ses nombreux travaux prouva combien il était digne d'obtenir ce titre glorieux. L'impératrice Marie-Thérèse ayant eu la douleur de voir périr, victimes de la petite vérole , deux de ses enfants , elle chargea son ambassadeur à Londres de consulter le doc-
(1) C'owt saru (toute te titre d'un* pièce qu'il avait alors I
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métier.
■2| Ginguené en donne l'analyse dan* ion | dVUM4,X.Ctp. 176.
Hùtoirt UlUtair .
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leur Pringle sur le choix d'un médecin pour venir inoculer 1] famille impériale. Le président nomma le docteur Ingenhousz, qui se rendit de suite à Vienne; il inocula les princes et princesses de la maison d'Aulriche avec le plus grand succès. Les premières familles de la capitale s'empressèrent de profiter du séjour du docteur Ingenbousz, auquel l'impératrice conféra le titre de conseiller aulique et médecin de la famille impériale , accompagnant cet honneur d'une pension considérable dont Ingenhousz a joui jusqu'à la fin de ses jours. L'empereur Joseph H témoigna toujours la plus grande estime pour son premier médecin ; il l'admit très-souvent dans sa société particulière ; il le visitait dans son cabinet et prenait plaisir à répéter avec lui des expériences physiques. Quelques années plus tard, Ingenhousz revint en Hollande; il voyagea successivement en France et en Allemagne, et finit par s'établir dans une maison de campagne à deux lieues de Londres, où il mourut le 7 septembre 1799. Les ouvrages qu'il a publiés se rapportent tous aux points les plus importants de la physique et de l'histoire naturelle. Ce sont : 1° Un Mémoire sur l'èlectrophore . lu à la société royale de Londres; 2° Expériences sur Us végétaux, traduit en français par l'auteur lui-même, Paris, 1780; 2e édition, 1787 et 1789, 2 vol. in-8°; 3° Nouvelles expériences et observations sur divers objets de physique, traduiten français, Paris, 1 783, 2 vol. in-8°. Ces trois ouvrages, écrits originairement en anglais, ont été traduits en hollandais par le docteur van Breda de Delft, ainsi que le suivant, écrit en français. 4° Essai sur la nourriture des plantes, traduit en anglais SOUS le titre d'an Essay on the food of plants, Londres, 1798. Le Journal de physique, publié par l'abbé Rozier, ainsi que les recueils périodiques anglais, contiennent un certain nombre de mémoires, fruits de recherches du docteur Ingenhousz. On lui doit le premier emploi des plateaux de verre dans les expériences électriques, et l'importante découverte que les végétaux vivants exposés à la lumière émettent et répandent dans l'atmosphère le gaz oxygène. Ingenhousz employa le premier l'air fixe (g m carbonique), comme médicament, sans parler des nombreuses corrections qu'il a faites à différents instruments de physique. L'ouvrage in. titulé Nouvelles expériences a été traduit en allemand, sous les yeux de l'auteur, et augmenté de quelques nouveaux mémoires par le P. Molitor, sous le titre de Ingenhousz vermischen Schriflen, Vienne, 1784. Le docteur Schérer a traduit en allemand les Expériences sur Us végétaux. Vienne, 1780, et les Recherches physiques en latin, sous le titre de JngenÂousxii nùscellanea physico-medica, edidit J.-A. Scherer, etc. K — T.
INGKNUUS (Decimcs-L^lius), l'un des généraux qui tentèrent de se soustraire au joug de l'odieux Gallien , et que l'histoire désigne par le nom des trente tyrans, était d'une famille illustre; mais son mérite avait plus contribué que sa naissance à
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l'élever au poste important de gouverneur de la Pannonie. Sa douceur et sa prudence lui concilièrent 1'aflVction des soldats et des habitants de la Mésie, qui se réunirent pour le proclamer empereur en 200. Ingenuus n'avait peut-être point ambitionné ce titre; mais, en le refusant, il n'en restait pas moins suspect à Gallien, dont il connaissait la cruauté, et il résolut d'opposer la force aux troupes qu'on enverrait contre lui. Vaincu au bout de quelques mois, on ne sait s'il périt dans celle dernière bataille, ou s'il termina lui-même ses jours pour ne pas tomber vivant au pouvoir de son ennemi. Sa mort fut le signal d'un horrible carnage. Toutes les légions qui avaient participé à sa révolte furent exterminées , et les habitants de la Mésie, à l'exception des femmes et des enfants, périrent dans les supplices. Trebellius Pollio nous a conservé une lettre que Gallien écrivit dans cette circonstance à Céler Varianus, digne exécuteur des ordres d'un tel maître; elle se termine par ces mots : « Déchirez, tuez, mas- « sacrez ; partagez la colère de celui qui vous « écrit. » (l'oy. Gallien). W — s.
INGIIIKAMI (Thohas-Fedra), poète et orateur latin, naquit en 1470 à Vollerra,en Toscane, d'une famille ancienne. A l'âge de deux ans, il fut conduit à Florence par ses parents , qui cherchaient un asile contre les troubles auxquels l'Italie était en proie. Il vint à Kome en 1483 et s'y appliqua tout entier à l'étude. Doué d'une vivacité d'esprit extraordinaire et de toutes les qualités naturelles qui distinguent les grands acteurs, il parut dans les représentations théâtrales, que le cardinal Riario venait de remettre en honneur, et joua, en particulier, le rôle de Phèdre de YHippolyte de Sénèque, avec un tel succès que le surnom lui en resta. Les jeux scéniques uerle détournèrent cependant pas de l'étude des orateurs de l'antiquité qu'il avait choisis pour modèles, et bientôt il fut compté parmi les hommes les plus éloquents de Rome moderne. Ses talents lui méritèrent l'amitié des personnages les plus illustres; les pontifes qui se succédèrent sur la chaire de St-Pierre, depuis Alexandre VI jusqu'à Léon X , l'honorèrent de leur protection et le comblèrent à l'envi de bienfaits. Il fut désigné en 1493 pour accompagner le cardinal Bernardino Carvajal dans sa nonciature en Allemagne; il prononça devant l'empereur Maximilien une harangue qui fut si agréable à ce prince qu'il lui décerna la couronne poétique et lui accorda le titre de comte palatin, avec la permission de joindre à ses armes l'aigle de l'empire. Le pape Jules II nomma Inghiramt conservateur de la bibliothèque du Vatican et garde des archives secrètes du château Saint-Ange. II serait, sans doute, parvenu aux plus grands honneurs, si une mort prématurée, suite d'une chute, ne l'eût enlevé, le 6 septembre 1310, à l'âge de 4C ans. Les hommes les plus célèbres de son temps se sont accordés à lui donner des éloges. Le Bembo et Parrhasius le regardaient comme le plus grand
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orateur qu'il y eût alors à Rome, et Érasme nous apprend dans une de ses lettres (la 671« du 1" volume) qu'il e'tait surnommé le Cicéron de son âge. Sadolet l'a choisi pour l'un des interlocuteurs de son Dialogue sur les études philosophiques. On cite d'Inghirami , outre ses discours, une Apologie de Cicéron contre ses détracteurs; un Abrégé de l'histoire romaine; un Commentaire sur l'art poétique d'Horace, et des Notes, sur les comédies de Plante ; mais tous ces ouvrages sont perdus, ou du moins n'ont jamais été publiés. Audifredi annonce (Catal. Roman, edit., p. 432) qu'un Panégyrique de St-Thomas, par Inghirami, a été imprimé à Rome vers la fin du 13* siècle. Le savant P. L. Galletti a inse'ré dans les Anecdota romani d'Amaduzzi (volumes 1 à 3) cinq discours d'Inghirami tirés de la bibliothèque de M. Guarnacci, où sont conservés beaucoup d'autres harangues, des vers et des lettres du même auteur (roy. Galletti), et il a publié séparément: Orationes dua in funereGaL leolH Franciotti eardinalis vice-cancellarii , altéra item funebris pro Julio II, ex cod. ms. sec. 16 nunc primum édita à D. Petro Aloysio Galeltio, Rome, 1777, in-86. Ces discours, quoique écrits avec élégance, seront trouvés, dit Tiraboschi , « fort au- « dessous de la réputation d'Inghirami, si l'on ne « daigne se rappeler qu'il vivait à une époque « très-rapprochéc de l'enfance de l'art. » On peut consulter, pour plus de détails, son Éloge par Galletti, dans le tome 3 des Anecdota rom. ; c'est un morceau de biographie très-intéressant. W — s.
INGHIRAMI (Curzio), antiquaire, né à Volterra le 29 décembre 1614, était de la même famille que le précédent. Il n'est connu que par sa prétendue découverte de monuments historiques qui devaient renverser toutes les idées reçues sur les premiers siècles de l'histoire romaine. Il les publia sous ce titre : Ethruscarum antiquitatum fragmenta, quibus urbis Romœ aliarumque gentium primordia, mores et res gestœ indicantur , a Curtio Inghiramio reperla Scornelti prope Volterram, Francofurti, anno salutis mdcxxxvii , ethruteo tero cb cb cb cb ccccxcv, in-fol., (1g. Quelques bibliographes croient ce livre imprimé à Florence ; d'autres supposent qu'une édition antérieure avait paru à Florence en 1636. Quoi qu'il en soit, Inghirami prétendit avoir découvert lui-même ces fragments dans un terrain voisin de sa maison de campagne , et en creusant dans l'endroit qu'il avait indiqué, on en trouva effectivement d'autres à une assez grande profondeur , avec des fragments d'une espèce de chronique écrite, disait-on, par un certain Prosper Fesulanus, commandant du château de Scornelli , un peu avant l'an 700 de Rome, ou soixante ans avant l'ère vulgaire. La fausseté de ces monuments n'en fut pas moins reconnue, et Inghirami regardé comme un imposteur. Cependant Reinesius, Tiraboschi (Ittor. délia letter. Ual, t. 8, p. 373), et d'autres critiques italiens, ont cherché à le disculper de ce reproche en montrant qu'il avait été lui-même la dupe de
quelques personnes qui avaient voulu se divertir de sa crédulité. Henri Ernst fut un des premiers qui écrivit (en 1636) sur cette prétendue découverte (roy. Ernst), et Léo Allatius en démontra mieux encore la supposition dans ses Animadoersiones in antiquitatum ethruscarum fragmenta ab Inghiramio édita. Paris, 1648, in-4°. On peut voir là-dessus le Theatrum anonymorum de Placcius, Pseudonym. n° 2228, et le Classical journal, septembre 1817, 1. 16, p. 139. Curzio Inghirami mourut le 23 décembre 1655, à l'âge de 41 ans. W — s.
INGHIRAMI (François), né à Volterra en 1772, mort le 17 mai 1846, a publié divers ouvrages recoiumandablcs sur les antiquités de l'Italie et sur la peinture, en même temps que ses recherches dans les bibliothèques lui permettaient de découvrir d'intéressants manuscrits enfouis depuis le moyen âge. On lui doit : 1» Monumenti etruseki, o di etrusco nome, Florence, 1820-1827, 10 vol. ; 2° Galleria Omerica o raccolta di monumenti antichi per servire allo studio dell' Illiade e deW Odissea, Florence, 1831-38 , 3 vol.; 3° Pitture dei vasi fittili per servire di studio alla mitologia td alla storia degli anlichi popoli, Florence, 1831-37, 4 vol. ; 4° Museo etrusco ckiusino, con breci esposizioni. Florence, 1833 , 4 vol.; 5° Lettere di etrusca erudixione, Florence, 1838, 1839 ; 6° Storia délia Toscana compilata ed in sette epoche distribua, Florence, 1841-1843. Cet ouvrage, qui devait se composer de sept volumes, est resté incomplet par suite de la mort de l'auteur. Le premier volume seul a paru. — Inghirami (Jean), son frère, né à Volterra en 1779, mort au mois d'août 1851, était supérieur général de l'ordre des Scolopj. il s'est distingué dans la science de l'astronomie. Sa réputation s'étendit au delà de son pays , et on le pria même de Berlin de diriger la publication d'un Atlas géométrique, astronomique et trigonométrique , qui est justement estimé du monde savant. On lui doit en outre : 1° Effemeridi delT occultation* délie piccole stelle sotto la luna, Florence, 1809-1830 ; 2» Tavote astronomiche universali portatili, ibid., 1811 ; 3° Effemeridi di Ventre e Giove ad uso de' naeiganti, pel meridiano di Parigi, ibid., 1821-24; 4° une trèsbonne carte géométrique de la Toscane, qui a été tirée à deux cent mille exemplaires. Z.
LNGIALD , roi de Suède , surnommé Illroda (le méchant) , régna au 7e siècle , et amena par son ambition perfide et cruelle une révolution remarquable dans les pays Scandinaves. Quoique Ingiald, qui résidait à Upsal, fût regardé comme le roi principal de Suède, il y avait encore dans ce pays plusieurs chefs ou petits rois, qui aspiraient à l'indépendance. Le chef suprême résolut de les anéantir d'un seul coup et de s'emparer de leurs possessions. Les ayant invités à un festin , il fit mettre ensuite le feu à la maison où il les avait réunis. Les uns furent consumés par les flammes; les autres tombèrent sous le fer en voulant se sauver. Cependant tous les petits princes ne
s'étaient pas rendus au festin, et deux surtout, qui avaient le plus de ressources, ayant été instruit* de la perfldie d'Ingiald, prirent les armes contre lui. Il fut obligé de les combattre, et il essuya une défaite. Un autre antagoniste s'élevait en même temps contre Ingiald i Asa, fille de de ce prince, avait épousé Gudriod, roi de Seanie, allié aux maisons régnantes de Danemarck, et qui avait un frère nommé Haldan. Aussi ambl» tieusc, aussi méchante que son père, Asa sema la discorde entre les deux frères, et Haldan fut mis à mort par Gudriod , qui périt lui-même par les ordres d'Asa. Haldan laissait un fils nommé Iwar; ce fils, respirant la vengeance, leva une armée et marcha contre Ingiald , qu'il savait avoir été d'intelligence avec sa fille. Ingiald et Asa, se voyant sur le point de tomber entre ses mains, ordonnèrent de mettre le feu au palais, et périrent l'un et l'autre dans les flammes. Iwar, poursuivant ses succèa, devint maître du pays et fonda une nouvelle dynastie. Ingiald fut le dernier roi de Suède de celte famille des Ynglingiens, dont on faisait remonter l'origine à i Min. Son fils Olaus, après avoir trouvé quelque temps une retraite auprès d'un de ses parents, se rendit dans la contrée de Wermeland sur la frontière de Norvège, y fonda un petit État, et s'allia aux princes norvégiens. Un de ses (ils, Haldan, parvint à régner dans la Norvège méridionale, et fut un des ancêtres de Haraltl aux beaux cheveux, qui créa, au 9" siècle, la monarchie norvégienne (voy. Harald). C— -ad.
INGI.IS (IlEKBY-DAVib), né à Edimbourg en 1795, mort à Londres le 20 mars 1 835 , était fils d'un avocat. Il étudia d'abord le droit et les lettres, mais emporté par le goût des voyages, il entreprit de faire le tour du monde, et il publia le résultat de ses observations. On lui doit entre autres : 1° Tramelt in Noneay, Sweden an Iktmmarck. 1829 ; 2° Switnerland , tke soulk vf frauce, and the Purcnèet in 1830 and 1831 ; 3- Spaim in 1830, l.dii lires, 1832, 2 vol. ; 4* Tyrol witk a
Î lance al Batavia, Londres, 1833, 2 vol. ; traduit Leipeick en 1833 ; 8" tke Ckannel islmndt, •Londres, 183*, 2 vol. ; G» irtlandin 1834, Londres, 1833. Z.
1NGLIS (Estbru). Voyet Enclish.
1NGON Ier, roi de Suéde, surnommé U Bon, fils et successeur de Stcnkil, monta sur le trône vers l'année 1080, et associa au gouvernement son frère Halstan ; mais il fut attaque par son beaufrère Blotswen, qui s'empara du pouvoir et le conserva pendant plusieurs années. Délivré de eet antagoniste , qui était partisan de l'ancien culte d'Udin, Ingon, attaché au christianisme, propagea de plus en plus cette religion. Dès le commencement de son règne il s'était mis en relation avec le pape Grégoire VII, qui lui adressa une bulle pour l'organisation du clergé et l'introduction de la dliue. Lorsque les croisades furent prèchées, Ingon détermina plusieurs Suédois à y