‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 7 sur 106 · HOC · texte numérisé non relu

HOC

prince de sa famille. Mahmoud , l'un des flis d'Abou-Saïd , s'étant établi dans le petit royaume de Hissar-Schaduman , se crut en état de recouvrer tout l'héritage de son père ; il entra dans le Khoraçan et s'empara de Balkh. Hoùcein, après avoir vainement tenté les voies de la négociation , lui livra bataille près d'Andekhoud en moharem 870 (juin 1471 ) , remporta une victoire complète et reprit Balkh ; mais l'émir qu'il en avait nommé gouverneur s'étant révolté en faveur des enfants d'Abou-Saïd son ancien maître , lloucein assiégea cette place dans les règles, la prit par capitulation en 878 (1 173-1474), et pardonna au rebelle. Abou- Bekr, autre fils du sultan Abou-Saïd, issu par sa mère des rois de Badakhchan, dont son père lui conféra le gouvernement, avait entrepris, depuis la mort de celui-ci , d'étendre sa domination en dépouillant ses propres frères. Chassé du royaume de llissar par Mahmoud, il se retira auprès de lloucein , qui le reçut'avec bonté et lui Ut épouser une de ses filles. Mais l'ingrat et ambitieux Abou- Itekr s'éloigna de la cour, et prit les armes contre son beau-père. Vaincu près de Mérou, il revint dans le Badakhchan, et ne s'y trouvant pas en sûreté, il traversa le Kaboul, le fleuve Indus, et entra par les pays de Kidj et de Mekran ou Belloutchistan dans l'intérieur de la Perse, où une armée de Turcomans se joignit à lui. Vaincu dans le Kbermesin par Yakoub-Beig, fils et successeur d'Ouzounllaçan dans la Perse occidentale, il arriva avec les débris de ses troupes, à travers le désert et une partie du Khoraçan , sur les bords du Djordjan , près d'Esterabad. Enveloppé de toutes parts, et arrêté dans sa fuite , après avoir vu périr dans le fleuve la plupart de ses gens, il fut conduit au sultan , qui lui reprocha durement son ingratitude et son alliance avec les Turcomans. Il s'attendrissait cependant sur son sort et voulait même lui faire grâce; mais ses officiers exigèrent qu'il fût mis à mort, l'an 885 (1480) (1). lloucein ne fut plus inquiété par les ennemis extérieurs; mais en 902 (1490-1497), il éprouva un vif chagrin par la révolte de Badi-Ezzaman, son fils aîné, et de Mohammed Mouraen , fils de ce dernier. Le sultan envoya contre eux son second fils, Modhafiér lloucein, qui les défit près (UEsterabad. Vaincu et fait prisonnier, Moumen fut renfermé dans la forteresse d'Ikhliar-Eddyn à Hérat; mais la mère de Modhafiér, qui était la première cause de cette mésintelligence dans la famille royale, profitant d'un moment d'ivresse , obtint du sultan l'ordre de faire mourir le jeune prince. A peine cet ordre eut-il été exécuté que le vieux monarque en éprouva le plus vif chagrin. Peu de temps après , lloucein devint perclus de ses jambes, et ne put ni marcher ni monter à cheval. Quatre hommes le traînaient dans une chaise roulante. Il tomba en enfance et ne s'amusait qu'à regarder des

(11 Et non pa» en 879 (1474-75) , comme on l'a dit par erreur din* le ton» 4 de* Noticu tt EilraUt dtt mantucritM 4t ta BMiolMqtu 4m Roi.

combats de béliers, de coqs et de pigeons. On voyait toujours à sa suite des cages remplies d'oiseaux ; et il se faisait porter en litière dans tous les lieux où l'on se divertissait. Sur la fin de sa vie, les enfants d'Abou-Saïd ayant été chassés du Mawar-al-Nahr par ScbaYbek (voy. ce nom), khan «les Ouzbeks , qui menaçait le Khoraçan , lloucein partit de Hérat pour le repousser; mais il mourut le 16 dzoulhadjah 911 (ÎOmai 1806), près de Badghiz, à l'âge de 08 ans, après en avoir régné plus de quarante dans le Djordjan et trente-sept dans le Khoraçan. Aucun prince timouride, depuis Tamerlan et Schah-Boukh, n'avait poussé aussi loin sa carrière et occupé le trône aussi longtemps, lloucein fut un prince très-absolu et très-puissant. Il protégea les lettres et combla de faveurs les savants et les hommes de mérite; il fit bâtir à Hérat îles collèges magnifiques où dix mille écoliers étaient entretenus aux frais de l'Etat et des principaux émirs; il embellit aussi sa capitale d'un palais somptueux et d'un vaste et superbe jardin entouré de maisons de plaisance. Comme il aimait à bâtir, ses courtisans imitèrent son exemple et firent élever des édifices consacrés à l'utilité publique. Parmi eux se distinguait son parent Nizam-Eddyn Aly-Chyr, qui fut son vizir pendant plus de trente ans (votj. Alï- Chyh). Le choix de ce digne ministre et la longue durée de son administration honorèrent le nom de lloucein et firent la gloire et la prospérité tic son règne. A — t.

HOUCEIN (Badi-Ezzaman et Modhaffer), fils du précédent , occupèrent le trône après leur père ; mais la mésintelligence s'étant mise entre eux, ils furent vaincus par le khan des Ouzbeks, en moharem 913 (mai 1507). Le deuxième s'enfuit dans le Khoraçan, où il mourut la même année. Badi-Ezzaman se relira dans l'Irak auprès du roi de Perse Schah-Ismaél , qui lui assigna la ville de Reïh pour résidence. Mais regrettant bientôt sa grandeur passée , il s'enfuit à Esterabad , qu'il tenta vainement de reprendre sur les Ouzbeks. Après avoir erré un an dans le nord de l'Inde , il revint ensuite auprès de Schah-lsmae'l, qui venait d'enlever le Khoraçan aux Ouzbeks. U suivît ce monarque à Tauris, où il résida jusqu'en 920 (1514), s'attacha alors au sultan ottoman Selim Ier, vainqueur d'lsinaè'1, et fut emmené par lui à Constantinople, où il mourut de la peste au bout de quatre mois. Ainsi finit en Perse la domination des Timourides, qui, peu de temps après, fondèrent l'empire mogol dans l'IIindonstan (coy. Babour). A — T.

HOUCEIN (Scuaii), l'un des derniers rois de Perse, de la dynastie des Sofys(roy. Ismael et Abbas), succéda le 20 juillet 1094 à son père Soleiman (roy. ce nom), qui, en laissant à ses eunuques le choix de l'héritier du trône, les avait déterminés en faveur de lloucein. D'après le caractère doux et timide de ce jeune prince, ils avaient plus de chance de conserver leur crédit sous lui que sous Abbas ,

U IIOU

son frère aîné, qui s'annonçait comme un prince ferme et habile. Abbas fut donc renfermé dans le harem et Houcein couronne*, mais sans aucun signe de réjouissance ; car en Perse, comme dans tous les Etats despotiques, les peuples craignent plus leurs rois qu'ils ne les aiment. Le nouveau monarque fit remise à ses sujets de ce qu'ils devaient sur les impOts; mais dés le lendemain il publia une défense de vendre et «le boire du vin sous peine de mort, et il fit briser les vases souillés par celui qui était réservé pour la table royale. Les eunuques, redoutant la vigilance d'un roi sobre, mirent dans leurs intérêts son aïeule, qui feignit d'être malade , et dit à son petit-fils que le vin seul pouvait la guérir. Houcein oublia ses scrupules par affection pour cette princesse ; mais on ne put trouver de vin que chez l'ambassadeur de Pologne. La malade ayant refusé d'en boire, à moins que le roi ne lui en donnât l'exemple , et Celui-ci alléguant son «Mit et le précepte du Coran , se rassura par cette maxime «pie les rois sont au-dessus des lois. Il but du vin, y prit ' goût et s'y livra bientôt avec tant d'excès qu'il tomba dans l'abrutissement et que , dans un moment d'ivresse , il fit donner des coups de bâton sous la plante «les pieds à des évoques et à des prêtres arméniens, qui en restèrent estropiés. Cet acte de cruauté est le seul que l'histoire ait à reprocher à Houcein, qui par un nouvel édil rtv voqua le premier et permit l'usage du vin. Ce prince doux et humain usa toujours de clémence. Fidèle à la promesse mutin-Ile que son frère «-t lui s'étaient donnée «le respecter les jours l'un de l'autre, il ne consentit jamais à lui faire arracher les yeux, suivant la politique barbare de ses pnM«'cesseurs; et pendant un règne de vingthuit ans, il ne se montra pas une seule fois vêtu de rouge comme eux , pour ordonner une exécution; loin de là, il portait l'horreur du sang jusqu'au ridicule. Ayant un jour blessé involontairement des canards qui nageaient dans une pièce d'eau de ses jardins, il se crut souillé et poussa des cris lamentables. Il était si «lévot qu'on lui donna le sobriquet de mollah (prêtre). I>c telles vertus n'étaient «pie des faiblesses, et elles ne pouvaient qu'être funestes à un peuple amolli par cinquante aos de paix et avili par un siècle «le tyrannie. Le désordre commença à la cour par des querelles entre les eunuques noirs et blancs. Houcein abolit la peine de mort et la remplaça dans plusieurs cas par des confiscations . et des amendes. Cette mesure multiplia les crimes et ne servit qu'à enrichir les eunuques, qui trafiquaient «les emplois, des honneurs, des grâces, et qui pour en tirer plus «le profit changeaient souvent les gouverneurs des villes et des provinces et les autres fonctionnaires publics. Les rixes «levinrent plus fréquentes et plus sanglantes entre les diverses sectes musulmanes, surtout pour la solennité annuelle de la fête funèbre de Hoccin (toy. ce nom). L'année 1701 fut appelée

en Perse l'année de» belles filles, parce qu'on en envoya de toutes les provinces pour peupler le sérail d'un monarque qui alliait la volupté à la bigoterie, et qui, désormais étranger à toutes les afiaires «lu gouvernement , demeura plongé dans les délices du harem. Les sommes qu'il prodiguait pour satisfaire ses goûts honteux, et sa manie de bfltir des palais et des édifices inutiles absorbaient presque tous les revenus publics et laissaient à l'arriéré la solde de l'année. Un tel état de choses devait détendre tous les ressorts de la monarchie et provo«|uer partout des soulèvements. Georges X, roi de Géorgie {toy. ce nom), entreprit de s'affranchir «le la suzeraineté de la Perse. H échoua, fut amené prisonnier à Ispahan, obtint son panlon en se faisant musulman, et alla gouverner la province de Candahar, où sa tyrannie servit «le pr«:texteà la révolte des Afghans-Khi Idjis. Mir-Weis, leur chef, vaincu d'abord et envoy<? à la cour où ses intrigues et ses largesses lui acquirent «les amis et des protecteurs, fut renvoyé en 1707 à Candahar, et parvint à regagner les bonnes grâces du gouverneur «|u*il fil assassiner en 1700. Kaï- Khosron, neveu et successeur de Georges, périt dans un combat contre les rebelles en 1 71 1 . La défaite d'un autre prince géorgien, Houstm-Khan, consolida deux ans après l'indépendance de Mir- Weis, qui mourut en 171 f». La même année, les Afghans-Abdallis s'emparèrent de la province de llérat, qu'ils conservèrent une douzaine d'années. Le gouverneur du Seïstan, au lieu de s'opposer aux rebelles, imita leur exemple et se rendit in- «lépendant. Sur divers autres points les Ouzbeks envahissaient le khoraçan ; les Lesghis et les peuples du Daghestan ravageaient le Chirwan et la Géorgie; les Arabes de Maskat subjuguaient les lies du golfe Persique , d'où ils vinrent plus tard s'établir sur plusieurs territoires des côtes maritimes de la Perse. Tout devait porter l'empreinte de la «li'gradation sous le règne honteux de Chah-Houceiu. Un aventurier arménien était reçu à la cour comme ambassadeur du pape et des empereurs d'Allemagne et de Russie. La France, qui n'a jamais su profiter des cireonslanccs favorables, qui n'avait point entamé de n«:gocialions commerciales avec la Perse pendant les époques florissanti-s des «leux monarchies, s'en avisa lorsque l'une était épuisée par de longues guerres, et l'autre «léchiréc par l'anarchie. L'envoyé français, Fabre, contrarié, persécuté dans sa mission, n'arriva en 1700 sur les frontières de Perse que pour y mourir «le chagrin ou de poison, et une courtisane, sa maîtresse, fut admise à la cour, où elle offrit le bizarre spectacle d'une femme jouant le rôle «l'ambassadeur (voy. Marie Pf.tit). Michel, successeur de Fabre , négocia en 1708 , avec les ministres persans , un traité assez avantageux qui n'a jamais eu d'exécution, bien qu'un ridicule ambassadeur «le l'erse (roy. Méhémet-Riza-Beyc), venu en France pour en demander la ratification en 1715, en eut signé un

nou

autre qui ne devait pas avoir un meilleur sort. Deux agents français se rendirent alors en Perse : l'un, Cardanne, en 1717, à Ispahan, comme consul général; l'autre, Padery, comme consul à Chiraz , en 1720. Tous deux y végétèrent et y coururent de grands dangers, sans gloire et sans profit pour la France , quoique le second eut obtenu la ratification du traité que Schah Houcein aurait rejeté comme onéreux et humiliant pour ses sujets, s'il ne se fût pas trouvé lui-même sur le Lord de l'abîme. En effet, Mir- Mahmoud , maître du Candahar par l'assassinat de son oncle Mir-Abd-Allah , frère et successeur de Mir-Weis , lequel avait négocié la soumission de cette province à la couronne de Perse, 6e préparait à pousser plus loin son usurpation et sesconquêtes. Mais soit que la cour s'aveuglât sur ses projets , soit que la distance qui le séparait de la capitale parut difficile ou même impossible à franchir, Schah Houcein ou plutôt ses alentours crurent devoir porter remède à dis dangers plus imminents. Sefi-Kouli-Khan, envoyé avec une armée en 1719 dans le Khoraçan, remporte un avantage sur los Ouzbeks, mais il est ensuite vaincu et tué avec son fils, dans une bataille contre Acad-Allah, chef des Afghans- Abdallis. Une autre armée, sous les ordres de Loulhf-Aly-Khan , est destinée à reprendre les Iles de Bahr-Aïn sur les Arabes de Maskat. Mais !.i flotte portugaise sur laquelle elle doit Rembarquer n'ayant pas reçu la somme qui devait lui être payée, remet à la voile pourGoacnl720, après avoir soutenu un combat désavantageux contre les Arabes. Loulhf-Aly-Khan, pour utiliser ses forces disponibles, marche vers le Kcrman, dont Mir-Mahmoud venait de s'emparer, triomphe des Afghans, et les repousse dans le Candahar. Cette victoire aurait relevé le courage des Persans et leur monarchie sur son déclin , si des intrigues de cour n'eussent achevé de dégoûter les hommes capables de la défendre et de prévenir sa ruine. L'Itmad-ed-Daulah, Fcth-Aly-Khan, est abandonné et sacrifié par le crédule Schah Houcein à ses envieux, à ses ennemis, qui lui arrachent les yeux et les envoient dans un bassin d'or au faible monarque. Loulhf-Aly-Khan , proche parent du malheureux premier ministre , est arrêté au milieu de son armée et amené à Ispahan. Schah Houcein eut au moins le courage de reconnaître son erreur et de l'expier par des regrets, des consolations et des dédommagements envers ces deux victimes. Les Lesghis envahissent pour la seconde fois le Chirwan et l'Arménie et saccagent Chamakhi. Vakhtang ( voy. ce nom ) , wali de Géorgie et dont le frère était gendre de l'infortune' Feth-Aly-Khan, arme pour arrêter leurs ravages; mais il reçoit l'ordre de ne pas combattre ces brigands avec lesquels le roi venait d'acheter la paix qu'ils violèrent aussitôt. I*e désastre de Tauris ou Tebriz , la seconde ville du royaume, renversée par un tremblement de terre, achève d'épouvanter Schah Houcein, qui,

pour apaiser la colère céleste, prohibe les festins et les jeux, bannit les prostituées, ordonne des jeûnes et des prières publiques, et répand ainsi la consternation, lorsqu'il s'agissait de relever l'esprit public. Tant d'indulgence, tant de fautes, devaient porter leur fruit. Après une résidence de quelques mois à Téhéran , où il avait reçu une ambassade ottomane et congédié des ambassadeurs de Pierre le Grand , Houcein était depuis peu rentré dans Ispahan, lorsque Mir-Mahmoud , ayant traversé la Perse sans autre résistance que celle qu'il avait éprouvée devant Kcrman et Yezd, arrive près de la capitale avec des forces plus de moitié moins considérables que celles qui devaient la défendre. Au lieu de prendre les mesures qu'exigent de telles circonstances, le monarque songe d'abord à s'éloigner, et il se résigne enfin à subir les chances de la guerre. La bataille de Ghulnabad ou Kalounabad, perdue le 7 mars 1722, à quelques lieues d'Ispahnn, par la mésintelligence des différents chefs persans, arabes, louris et bakhliaris qui commandaient son armée , amène les Afghans vainqueurs devant cette capitale, qu'ils bloquent étroitement et qui bientôt est ravagée par la plus horrible famine. Chameaux, chevaux, mulets, ânes, chiens, chats, écorces d'arbres, cuir bouilli , chair humaine , tout fut dévoré par les malheureux habitants : ceux qui tentaient de sortir étaient impitoyablement massacrés par les Afghans. Le roi parvint néanmoins à faire évader un de ses fils, Thahmasp, dans l'espoir de se procurer des secours extérieurs, ou du moins île sauverun rejeton de sa race, un héritier de son trône. Enfin le 21 octobre 1722 fet non pas 1721, comme l'ont dit les auteurs de lMrl de vérifier les dates), attiré par les cris de son peuple, l'infortuné monarque parcourt les rues en habit de deuil , en déplorant les malheurs de son règne qu'il attribue à ses propres fautes ; et les larmes que ce spectacle arrache à tous ceux qui en sont témoins sont sa dernière consolation. Le lendemain il signe son abdication, la reddition de sa capitale, le mariage d'une de ses filles avec le barbare vainqueur, et se rend au camp de Mir-Mahmoud, sur le turban duquel il attache l'aigrette royale en lui disant : Régnez en paix. Le 23, confondu dans la foule des anciens et des nouveaux courtisans de l'usurpateur, il a l'humiliation de lui prêter serment de fidélité ; puis il est relégué dans un petit palais , où il jouit pendant sept ans d'une apparente liberté, avec un petit nombre de ses femmes et de ses domestiques. Mais Houcein n'était pas encore au terme de ses malheurs. Dans un délire frénétique, Mahmoud ayant égorgé de sa propre main plusieurs princes du sang des Sofys, le monarque détrôné accourut à leurs cris et fut blessé au bras en voulant sauver deux de ses fils en bas âge. La vue de son sang arrêta la fureur de Mahmoud. Enfin Aschraf ( voy. ce nom ) , successeur de ce dernier, fit périr Houcein et le reste de sa famille en 172'J, avant d'à

à son vainqueur, le fameux Thabmasp Kouli- Klian, qui rétablit pour peu de temps la dynastie des Sofya (cotf. Nadir-Chah, Tiiahmasp II et Anbas 411 ). A — T.

BOUGON. Voyez Hocein, Hussein et Ala-Eddin.

HOUCHARD (le géne'ral Jean-Nicolas), né à Forbach en 1740, quitta la maison paternelle à l'âge de quinze ans pour s'engager dans le régiment de Royal-Allemand cavalerie et parvint successivement par son seul mérite au grade de capitaine dans le régiment de Bourbon dragons. H avait déjà fait alors la plus grande partie de la guerre de sept ans en Allemagne , et dès que la paix fut signée , il suivit son régiment en Corse, où il reçut à la joue un coup de feu dont il conserva la cicatrice toute sa vie. Mouchard était lieutenant-colonel et chevalier de St-Louis au moment où la révolution éclata. 11 en embrassa la cause avec enthousiasme, ainsi que la plus grande partie de ceux qu'on appelait alors ofliciers de fortune, et il obtint bientôt le grade de colonel. Employé en 1792 sous les ordres de Custine, il se distingua dans plusieurs occasions à la tète d'un régiment de chasseurs à cheval , devint dans la même année maréchal de camp, lieutenant général, et remplaça Custine dans le commandement des armées de la Moselle, du Nord et des Ardennes. H y obtint quelques succès, et rendit surtout de grands services à la nouvelle république par la victoire qu'il remporta à Hondschoote les 8 et 9 septembre 1793. Cette victoire obligea les Anglais à lever le siège de Dunkerque et flt échouer les projets des alliés pour l'envahissement de la France; mais les soupçonneux démagogues qui gouvernaient alors ne furent pas satisfaits d'aussi grands avantages ; ils prétendirent que l'armée anglaise tout entière devait tomber dans les mains des Français , et ils accusèrent Houchard de n'avoir pas suivi les instructions qui lui avaient été envoyées par le comité de salut public. Arrêté et conduit à Paris, il fut traduit devant le redoutable tribunal révolutionnaire, qui le condamna à mort le 17 novembre 1793. Quelques historiens ont dit qu'après avoir dénoncé Custine, sou bienfaiteur, afin de le remplacer dans le commandement de l'armée, Houchard avait lui-même été victime d'une délation aussi méprisable; mais cette assertion n'a pas été prouvée. Il a paru à Strasbourg en 1809 une Notice historique et justificative sur la vie militaire du général Houchard, par son fils, in-8°. M— d j.

HOUDAN-DESLANDES (François-Silyain-Denis), littérateur, ué le 6 janvier 1754 à Vernou, près de Tours, fut admis à l'école militaire, puis entra sous-lieutenant dans le régiment de Bretagne, où il fut le compagnon d'armes et l'ami du célèbre Desaix. Ce régiment fut employé en 1782 au siège de Gibraltar, dont Houdan-Deslandes écrivit l'Histoire, comme témoin oculaire de toutes les opérations. Cet ouvrage, imprimé sous la rubrique de Cadix, Hernill, 1783, in-8% eut deux éditions

dans la même année (1). Capitaine à l'époque de la révolution, quoiqu'il n'en eût point adopté les principes , il continua de servir jusqu'au moment où la convention, par un décret, éloigna les nobles de l'armée. Ayant alors obtenu sa retraite avec le grade de chef de brigade , il vint habiter avec sa famille près de Chinon, et consacra ses loisirs forcés à la culture des lettres. Quelques pièces de vers publiées dans les journaux lui valurent le titre de correspondant du musée et de la société philotechnique. Il mourut presque subitement, le 28 juin 1807, à 53 ans, laissant inédit un poC'me intitulé La nature sauvage et pittoresque, qui parut en 1808, Paris, Giguet et Michaud, in-18. Ce poème, dans le genre descriptif, annonce un talent de versification qui se serait encore perfectionné par la fréquentation des littérateurs et des hommes de goût ; mais à côté de pensées fortes et de beautés poétiques du premier ordre on y remarque des incorrections et des fautes de goût trop évidentes. Chalmel en a cité plusieurs passages dans la Biographie de la Touraine, p. 243-48. W— S.

HOUDAR. l'oyez Lamotue.

m M l'Ait DE LA MOTTE (Charles-Antoine), l'un de ces brillants oHiciers distingués de bonne heure par Napoléon, et que la mort seule put empêcher d'atteindre aux plus hautes destinées, était arrièreneveu de l'académicien du même nom, célèbre par l'universalité de ses talents et par son aversion contre la rime, si bien défendue par Voltaire. Né à VersaiUes en 1773, il aUait entrer dans les bureaux de la surintendance de la couronne , où son père s'était fait une réputation d'honneur et d'habileté, lorsque l'orage révolutionnaire dispersa tous ceux qui , de près ou de loin , tenaient à la cour. Doué de l'extérieur le plus avantageux et de toutes les qualités qui font l'homme de guerre, il fut remarqué aux premiers rangs de ces grenadiers parisiens qui, après avoir scellé de leur sang leur dévouement à l'ordre, s'élancèrent à la défense de la frontière. Il fit les premières campagnes qui sauvèrent l'indépendance nationale: Sur le champ de bataille de Fleurus, il mérita les éloges de ses chefs. Nommé officier d'élat-major, il passa plus tard à l'armée d'Italie , et fut choisi pour aide de camp par le général Baraguej-d'Hillicrs , qui se promettait de resserrer par les liens les plus étroits l'attachement dont il avait reçu tant de preuves (2). Pendant toute la suite des campagnes d'Italie, Houdar fut remarqué par les Joubert , les Masséna , etc., comme il l'avait été par les Kléber et les Jourdan sur la frontière du Nord. Il fit la campagne d'Egypte sous Bonaparte et s'y distingua. Revenu sur le Rhin , il passa à l'armée des Grisons commandée par Macdouald. Le

(1) A la suite de VUiitmrt du tiigt de Gibraltar eut une Odê sur la pria du fort -Philippe , dans laquelle l'auteur fait lVlogc de sun régiment, qui t'était distingué 4 l'attaque de ce fort.

(2| Le cumte Houdar de la Motte était sur le point de t'unir i mademoiselle Baraguey-d'HilUeri, depuit comtes** Foy, lors-

grade de chef d'escadron cLait resté la trop modeste récompense d'une si actire et si périlleuse carrière, lorsque, se trouvant au camp de Boulogne, il reçut de Napoléon lui-même le commandement du 3(j% l'un des régiments les plus renommés de l'armée. Il était à la tête de ce corps aux combats d'Ulm , de Memmingen , puis à la bataille d'Austerlitz, où il fut blessé et eut son cheval tué sous lui. 11 reçut la croix de commandeur de la Légion d'honneur, et son régiment fut cité dans le bulletin de cette mémorable journée. A peine s'était-il refait que le 36e passa de la haute Bavière aux frontières de la Saxe, et arriva plein d'élan sur le champ de bataille d'Iéna. Comme à Austerlitz, Houdar se trouvait sous le commandement du maréchal Soult. Ayant reçu l'ordre d'enlever un bois défendu par un corps de Prussiens fortement retranché, il dirigea cette attaque et volait au secours d'un autre régiment en danger, lorsqu'il fut emporté par un honlet de canon. En apprenant cette perte , Napoléon s'écria : J'en suis fâché , il avait toutes le* qualités pour devenir un grand homme de guerre. Il voulut que les traits de Houdar fussent reproduits sur le monument élevé à la grande armée et que son nom fût donné à l'une des rues qui aboutissent au pont d'Iéna. M. Sauvo, compagnon d'armes de Houdar dans sa première campagne à la frontière du Nord et devenu son beau-frère, lui a consacré, dans le tome 2 des Campagnes des Français en Prusse, en Saxe, etc., publié en 1807, une notice pleine de sentiment et d'intérêt. C« — u.

HOUDETOT ;( Ét.isABETH-FiuNçoiSE-SopniE de la Live de Bellegarde, comtesse d'J, née vers 1730, était frlle d'un fermier général et belle-sœur de madame de la Live d'Épinay (voy. ce nom). Elle épousa en 1748 un gentilhomme d'une des plus anciennes maisons de Normandie , qui est mort lieutenant général dans un âge fort avancé. Madame d'Houdetot, rccommandablc par son caractère, distinguée par son esprit ; aimant et cultivant les lettres sans avoir la prétention de femme-auteur ; douée même d'un talent naturel pour la poésie qu'elle cachait autant qu'elle le pouvait avec cette modestie qui sied si bien à son sexe ; enfin ayant mérité d'avoir et ayant eu beaucoup d'amis, aurait échappé à la célébrité qu'elle redoutait , sans l'indiscrétion de Bousseau et l'espèce de publicité de sa liaison avec St- Lambert. Elle inspira au plus fameux de tous les écrivains genevois une passion dont il a (dans la deuxième partie de ses Confessions) peint les transports en traits de feu, tels qu'il les avait sentis. L'histoire de cet amour si ardent , et qualifié par lui-même si malheureux, qui fut, dit-il, le premier et l'unicnie en toute sa vie, est écrite avec un charme particulier. C'est là qu'on retrouve Bousseau tout entier. Il venait de créer sa Julie avec une ivresse, un délire qui donnaient l'essor eu quelque sorte à ce besoin d'aimer qu'il n'avait pu satisfaire encore ( ce sont ses expressions ) et dont il se

sentait dévoré. Ce fut alors, dans la vallée de Montmorency, embellie elle-même par le printemps , qu'il connut la jeune belle-sœur de madame d'Epinay, et qu'il éprouva pour elle une exaltation de sentiment qu'on doit renoncer à peindre après lui. Dès lors, voulant penser à sa Julie fantastique , il ne pouvait plus penser qu'à madame d'Houdetot. Elle n'avait aucun des caractères de la beauté physique ; mais l'imagination de Rousseau prêtait à tout des formes et des couleurs enchanteresses, quand la passion s'en mêlait. Sa composition finie, il lui adressa le manuscrit original de son ouvrage. Madame d'Houdetot avait à Sanois une maison de campagne ornée sans luxe et uniquement pour satisfaire ses goûts. Son jardin offrait à chaque pas les bustes des grands hommes qu'elle affectionnait davantage , avec des inscriptions en vers qu'elle avait composées. Marmontel parlant à la fois dans ses Mémoires de l'amie de Saint-Lambert et de Saint-Lambert lui-même , qui avait à Eaux- Bonnes une maison peu éloignée de celle de madame d'Houdetot , appuie de son témoignage l'éloge qu'ont fait tant de contemporains d'une société où l'esprit , le bon goût , l'amour des lettres , toutes les qualités du cœur attiraient et attachaient ceux qui avaient le bonheur d'y être admis, c'est-à-dire l'élite des différentes classes parmi les Français et les étrangers. « Jamais, ■ dit-il , deux esprits et deux âmes n'ont formé « un plus parfait accord de sentiment} et de « pensées...; aimable empressement à bien rece- -< voir leurs amis...; politesse libre, aisée, atten- « tive, d'un goût exquis, venant du cœur, allant « au cœur, et qui n'est bien connue que des âmes « sensibles (t. 3). » La douceur de l'existence de madame d'Houdetot ne fut troublée , s'il faut en croire un autre de ses panégyristes, Suard, que dans les dix dernières années de sa vie , et par des contrariétés, des peines passagères : ceux qui l'ont aimée, qui ont été aimés d'elle, doivent jouir de cette pensée. Payant la dette des souvenirs , dans l'âge où il ne reste plus guère autre chose , elle prodigua les soins les plus assidus et les plus généreux au chantre des Saisons , qui , tombé dans une sorte d'enfance , ne cessait de se plaindre de celte amie si dévouée et mourut dix ans avant elle. Le temps , qui légitime ou sanctionne tant de choses, fit jusqu'à la fin regarder comme respectable , dans l'opinion du monde, leur attachement mutuel, dont, suivant les mœurs du siècle, on vantait déjà la constance a l'époque où Rousseau écrivait ses Confessions. 11 fallait un effort pour se persuader que Saint- Lambert n'était pas de la famille de madame d'Houdetot , et qu'il n'avait dans sa maison que les droits de l'amitié. Elle conserva jusqu'au term? de sa longue carrière sa bonté, son activité de sentiment» et d'imagination, son goût pour les plaisirs de l'esprit , et jusqu'à son talent aimable pour la poésie. On connaît d'elle un assez grand

nombre de petites pièces fugitives inspirées par les circonstances , et dont plusieurs ont mérite' de leur survivre. Dans louteson trouve de la grâce, du trait, de la facilité. A ses derniers moments, elle fut entourée de ses nombreux enfants, en reçut les soins avec sensibilité et s'éteignit sans agonie le 28 janvier 4813, à l'âge d'environ 83 ans. — Madame la vicomtesse d'Houdetot (née Pcrrinct de FaugnesJ, bclle-lllle de la précédente , mourut très-jeune d'une affection de poitrine. C'est elle qui, peu de jours avant sa mort, fit cette jolie réponse à quelqu'un qui lui demandait : « A quoi rèvez- « vous donc? « Je me regrette. On a d'elle un volume de Poésies imprimées à très-petit nombre d'exemplaires, chez Didot l'atné, 1782, in-18 de bô pages. On trouve en tête une notice sur la personne de l'auteur par M. deUrienne, archevêque de Sens. L — r— e.

IIOUDON (Jean-Antoine), statuaire, né à Versailles le 20 mars 1741 , annonça de bonne heure ses dispositions pour les arts du dessin. On dit qu'à l'âge de douze ans il suivait déjà à Paris les leçons publiques de l'Académie de peinture et de sculpture. Privé de protection, il ne put d'abord s'attacher particulièrement à aucun maître ; mais bientôt, surpris et charmés de ses rapides progrès, plusieurs professeurs de l'école se firent un plaisir de lui donner des conseils , et il mit principalement à profit l'intérêt que J.-B. Pigale voulut bien prendre à son avancement. Il entrait à peine dans sa dix-huitième année lorsqu'il remporta le grand prix de sculpture, et il partit aussitôt après pour Home , en qualité de pensionnaire du roi. Non content de s'y livrer , avec une assiduité exemplaire , aux études prescrites par les règlements de l'Académie, il trouva moyen d'y travailler pour son propre compte et d'exécuter eu marbre une statue de St-Bruno , fondateur de l'ordre des chartreux. Ce fut de cette belle figure, placée dans l'église Stc-Marie des Anges , que le pape Clément XIV dit un jour : Si la règle de son ordre ne lui prescrivait pas le silence , je suis sûr qu'elle parlerait. M. Quatrcmère de 0 uincy a confirmé de nos jours cet éloge dans une notice lue à l'Académie des beaux-arts le 3 octobre 1820 : « C'est, dit ce savant connaisseur, l'idéal de l'hu- « milité sous la forme et le costume au naturel « du pieux cénobite, et, toutefois, ce marbre « vous arrête, et il ne vous sort plus de la mé- « moire; on dirait qu'un rayon du génie de « Lesucur serait descendu sur cette figure pour « l'animer. » Après un séjour de dix ans dans la capitale du monde chrétien, le jcuue lloudon revint à Paris et s'y fit honorablement remarquer au salon de 1771 par un plâtre de petite dimension , représentant le dieu Morphée. Cet ouvrage dont tous les journaux du temps parlèrent avantageusement, et qui, suivant l'expression du continuateur des Mémoires secrets (Pidanzat de Mairobert) , avait quelque chose de céleste , fit admettre l'artiste parmi les agréés de l'Académie.

Quatre ans après , Houdon l'exécuta en marbre dans une plus grande dimension , et c'est alors qu'il fut reçu académicien en titre. 11 livra ensuite au jugement du public son modèle de YÈcortki, (lui fut aussitôt considéré par les plus habiles maîtres comme un des objets d'études anatomiques les plus propres à former des dessinateurs. On s'empressa de multiplier les copies de ce bel ouvrage ; elles furent placées dans tous les ateliers tic peinture et de sculpture, et encore aujourd'hui un grand nombre d'artistes en font le sujet de leurs savantes méditations. Plusieurs même préfèrent celte manière d'étudier la myologic à la pratique du moulage sur l'état de mort, pratique qui, pur l'effet inévitable de l'affaissement des chairs ou de la contraction des muscles, peut entraîner les élèves dans de graves erreurs. Sur sa grande réputation, qui avait depuis longtemps franchi les frontières de la France, lloudon fut invité par Franklin , de la part des États-Unis d'Amérique, à faire le buste de Washington. 11 partit pour Philadelphie, où , logé dans la maison même du président - libérateur , il put à loisir observer et saisir la physionomie de ce grand citoyen. lloudon ne rapporta à Paris que le buste en plâtre de son hôte ; mais ce modèle, frappant de ressemblance , servit ensuite à l'exécution de la belle statue en marbre qu'on voit maintenant dans la salle d'assemblée de l'État de Virginie, et d'après laquelle ont été peints, gravés ou modelés presque tous les portraits de Washington. Le 4 juillet 1778 , lorsqu'on apprit à Paris la mort de Jean-Jacques Housseau , lloudon se rendit en toute hâte à Ermenonville pour y mouler sur nature le masque du célèbre Ccncvois, et le résultat de cette opération, faite avec soin, devint en peu de temps l'objet d'une foule de contrefaçons qui se répandirent dans toute l'Europe. En 1781, Houdon exposa au Louvre deux statues de grande dimension, celles de Tourvillc et «le Voltaire. Le premier de ces ouvrages fut le sujet d'une assez longue polémique : quelques critiques le trouvèrent maniéré et blâmèrent l'artiste d'avoir donné à la Ulc du célèbre marin un caractère de jeunesse que Tourvillc ne devait plus avoir à l'époque du combat de la Hogue. D'autres admirèrent le mouvement de la figure et en louèrent surtout les draperies agitées par le vent ; mais le pour et le contre pouvaient être soutenus avec une égale justice. Quant à la statue assise de Voltaire (celle que nous voyons aujourd'hui dans le vestibule du Théâtre-Français), on ne la critiqua guère que sous le rapport du costume. Les uns l'auraient voulue habillée à la française ; d'autres préféraient la draperie romaine dont le sculpteur l'avait enveloppée, et l'on agita longtemps, sans la résoudre, la question de savoir si les grands hommes de nos jours devaient être représentés en costumes antiques ou modernes. Ce débat, au surplus, ne nuisit en rien au succès de cette statue, dont la tête, pleine de vie, rend

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