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menscs, il se rappela sa pairie, sa famille, et dépêcha" en France un de9 soldats qui l'avaient suivi, nommé Falgairas. Cet émissaire, arrivé à Castres, éprouva beaucoup de difficultés vis-à-vis la famille d'Isarn , et ce ne Tut que par de vives instances qu'il put déterminer un de ses frères à se rendre auprès du vice-rot d'Arménie. Jean lsarn entreprit ce long voyage, fut comblé d'amitiés par son frère, qui le renvoya dans un vaisseau équipé à ses frais et rempli d'immenses richesses ; mais il ne put en profiter, ayant fait naufrage sur les côtes de la Calabre. Abraham lsarn , vice-roi d'Arménie, mourut quelques années après, laissant deux 01s, dont l'un fut pacha d'Alep, et l'autre d'une ville considérable. Z.
ISARN (Samuel), né à Castres en 1637, était fils de Jean lsarn, greffier en chef de la chambre de l'édit. Il se lia d'une étroite amitié avec Pélisson, et se rendit à Paris pour le voir en 1652. Introduit par son ami chez mademoiselle de Scudéri, il en devint éperdument amoureux ; mais Pélisson , malgré sa laideur, qui , suivant madame de Sévigné, dépassait toute permission , lui fut préféré, lsarn publia, en 1660, un opuscule intitulé la Pistole parlante , OU la Métamorphose d'un louis d'or ; réimprimé sous le titre de Lettre galante à mademoiselle de Scudéri, et plus tard encore, sous celui ^Histoire d'un louis d'or. L'édition la plus recherchée des amateurs est intitulé le Louis d'or politique et galant, Cologne, 1695, in-12. La Monnoye l'a inséré dans le Recueil de pièces choisies tant en vers qu'en prose, t. 2, p. 210-272 , sous ce titre : le Louis d'or, à mademoiselle de Scudéri. lsarn, dans sa pièce, avait fait l'éloge de Mazarin en huit vers, bans sa réponse , mademoiselle de Scudéri l'exhorte « à faire quelque ouvrage plus « grand à la louange de ceux qu'il a loués en « huit vers seulement. » Cet opuscule, plein de verve et de grâce, lui mérita l'avantage d'être choisi par Colbert pour accompagner en qualité de gouverneur, dans son voyage auprès des cours étrangères, le marquis de Seignelay, son fils Après avoir rempli cette mission avec autant de talent que de probité, lsarn eut ses entrées à la cour; il en profita, et aurait obtenu de l'avancement , si une mort prématurée n'était venue le frapper. L'n laquais de M. de Seignelay ayant emporté par inadvertance la clef de la chambre d'Isarn, celui-ci, qui y était renfermé, s'y trouva mal , ne put appeler du secours , et mourut ainsi misérablement. — Isarn-Grezks , avocat , de la même famille, était membre de l'Académie de Castres et faisait agréablement des ver». On cite de lui : 1° Elégie' sur la mort de Balxac ; 2" Madrigaux galants ; 5° Sonnet sur U songe d'un amant fatoritèpar sa maîtresse; 4° Madrigalsur un baiser; 5° Vers sur le poème de Sarrazin intitulé La défaite des bouts-rimés ; 6° Vers mis dans un tronc pour tes pauvres, gardé dans une ru* par deux demoiselles. Isarn-Grezcs vivait de 1639 à 1699 environ. Z.
ISAURE. l'oyez Clémesce.
ISBRAND. Voyet Ides.
ISCANUS (Joseph), porte latin du 12e siècle, Mûrissait en Angleterre sous les règnes de Henri U, de Richard 1er et de Jean. Le nom A'Iscanus fut donné à cet auteur parce qu'il avait été élevé à lsca en Cornouailles : il est aussi quelquefois ap- ( pelé Deeonius, à cause qu'il était' né dans le Devonshire ; et Excestrensis, d'Exeler, lieu même de sa naissance. On a dit qu'il fut archevêque de Bordeaux, ce qui est réfuté par les Ste-Marthe dans leur Gallia ehrisliana. Mais il était ecclésiastique et moiqe : il mourut vers 1224. U est auteur d'un poème en six chants, De bello Trojano, dont il prit probablement l'idée dans l'ouvrage attribué à Darès (voy. Darès). Ce poème fut imprimé pour la première fois à Baie, en 1541 , in-8°, à la suit? de la version latine de l'Iliade, par N. Valla et V. Obsopœus. Cette édition est très-fautive. Cm autre parut dans la même ville, 1573, in-8e. On reproduisit cet ouvrage dans les éditions grecques et latines d'Homère, données à Baie, 1583 et 1606, in-fol. Dans toutes ces éditions, le travail d'Iseanos est imprimé sous le nom de Cornélius Xepos. Ce fut Dresemius qui restitua ce poëme à son véritable auteur, dans l'édition qu'il en donna avec de» notes, Francfort, 1623, in-4°. Jean Morus le fit réimprimer à Londres, 1675, in-8°. Il se trouve dans les éditions de Dictys et de Darès d'Amsterdam, 1702. Isqanus, qui dédia son poème à BaMwin, archevêque de Cantorbéry, avait laissé d'autres ouvrages, qui sont encore inédits; c'étaient : 1° Une Antiochéide, ou la guerre d'Antioche et 1» exploits de Richard I«r, roi d'Angleterre; 2° In Panégyrique à Henri 11; 3° De ? éducation de Cyrus; 4° Des Epigrammes et autres poésies ; 5" Des A ujx amatoriœ. A. B — T.
ISDEGERDE. Voyes. Iezdedjf.rd.
ISEE, célèbre orateur grec, florissait environ 400 ans avant J.-C. : mais ni Plularque ni Deim d'Halicarnasse, qui d'ailleurs parlent de lui arec détail, n'indiquent les dates de sa naissance et Je sa mort. On croit qu'il était né à Chalcis, probablement dans l'Ile d'Eubée; mais Pope Bkmnt l'appelle Assyrius, lui donnant pour patrie Chalcide en Syrie. Après avoir mené une jeunesse assez déréglée, Isée devint ensuite d'une frugalité exemplaire. Formé à l'éloquence par Lysia» et lsocrate, il ouvrit lui-même dans Athènes une école qui eut le plus grand succès, et il fut, diton, le premier qui donna des noms aux diflVreules figures de rhétorique. Son style a beaucoup de rapport avec celui de Lysias; il est simple, élégant , mais rempli de force , de manière qu'il a longtemps comme passé en proverbe : Isœo torrentior, dit Juvénal (UI, 74), On croit que c'est à raison de cette véhémence que Démoslhênc le prit pour maître préférablemcnt à lsocrate. Le maître ne tarda pas à s'apercevoir combien un tel disciple pouvait lui faire d'honneur. Il quitta son école pour donner des soins particuliers à bémw
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thène ; et l'on croit même qu'il eut beaucoup de part aux plaidoyers de celui-ci contre ses tuteurs. Le disciple ne fut pas ingrat, et donna deux mille drachmes à son maître. Isée brillait surtout par la justesse de sa dialectique; et quelques-uns le trourent supérieur même à Démosthène pour IVloquence du barreau. Aussi tous ses discours ne sont que des plaidoyers. Denys dllalicarnasse lui reprochait d'être rusé", insidieux, et de chercher à tromper ses auditeurs. De soixante-quatre discours qu'on lui attribuait, dans le nombre desquels quatorze passaient pour apocryphes du temps de Pholius, il ne s'en est retrouvé que dix lors de la renaissance des lettres. Ils n'ont jamais été imprimés séparément. On les trouve dans les diverses éditions des orateurs grecs, Venise, Aide, 1 51 3, in-fol. ; Paris, H. Estienne, 1S7S, in-fol., etc. L'édition la plus estimée est celle de Reiske, Leipsick, 1775, in-8°, t. 7 de ses Oratorum gmcorum monumtnta. On fait peu de cas de la version latine d'Alphonse Miniato, Hanaux1619, in-8°, réunie avec celles d'Antiphon et d'Andocide. L'abbé Auger a donné de cet orateur une traduction française, Paris, 1783, ln-8°; et W. Jones, une version anglaise, enrichie d'un savant commentaire, Londres, 1779, in-4°. On a depuis découvert, dans un manuscrit de la bibliothèque Lorenxiana du grand-duc de Toscane, un onzième discours d'Isée , T7tip toî» Mw)xXfou« xXifçov {De M neclit hcereditate), et M. Tynvith en adonné line belle édition à Londres, 1785, in-8". On trouve dans le quarante-sixième volume des Mémoires de l'Académie des inscriptions une bonne dissertation de l'abbé Auger sur des restitutions faites au texte d'un passage d'Isée. — Un autre Isée, orateur plU9 brillant que solide, s'acquit une grande réputation à Rome, où il vint à l'âge de soixante ans, vers l'an 97 de J.-C. (Voyex Pline le Jeune, Epist. 5, lib. 3). Z.
ISELIN (Jacques-Christophe) , en latin Iselius, théologiên et philologue célèbre, naquit è Baie en 1681, d'une famille ancienne, et qui a produit plusieurs hommes de mérite. Ses premières études furent aussi brillantes que rapides ; et à l'âge de treize ans il commença à fréquenter les cours de l'Académie. Doué d'une ardeur infatigable pour le travail , il prenait sur son sommeil pour lire les anciens auteurs, et souvent même il passait les nuits dans cet exercice. Il parlait le grec avec tant de facilite que dans un concours public il traduisit dans cette langue, et sans hésitation, les arguments que ses adversaires lui adressaient en latin. Il s'était aussi appliqué à l'étude des langues orientales; et a peine avait-il quitté les bancs, qu'on lui offrit la chaire d'hébreu que la mort de Buxtorf laissait vacante : il la refusa par modestie, et pour satisfaire son désir de voir la France. Iselin, quoique âgé seulement de dix-huit ans, y était déjà connu avantageusement par un poème latin sur le passage du Rhin ; et il y reçut l'accueil le plus flatteur de tous les savants. De retour à
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Baie en 1701, il fut promu au saint ministère; et il publia à ce sujet une Dissertation sur la Babylone de l'Apocalypse, dans laquelle il essaya de combattre le sentiment de Bossuet, mais avec les égards dus à un si grand homme. Le landgrave de llcsse-Cassel le nomma, en 1703, professeur d'histoire à l'université de Marbourg. Il ne conserva cette place que deux ans, ayant été rappelé à Bâle pour y exercer les mêmes fonctions. Il passa en 1711 à la chaire de théologie, et quelque temps après il fit un voyage à Paris, où le chancelier d'Aguesseau voulut l'engager à se fixer ; mais il se rendit aux vœux de ses concitoyens, qui le pressaient de revenir parmi eux. Il se borna dès lors à remplir les devoirs de sa place, et mourut au mois d'avril 1737, âgé seulement de 36ans. N'ayant point d'enfants, il laissa une grande partie de sa fortune à divers établissements publics de sa ville natale. Iselin a beaucoup écrit, mais sans laisser aucun ouvrage d'une certaine étendue. Il était affable, obligeant, et s'occupait volontiers des recherches que lui demandaient les savants. C'est ainsi qu'il a fourni à Gottl. Corte de nombreuses variantes pour son édition de Salluste, et à Lenfant des matériaux précieux pour son histoire des conciles de Bâle et de Constance. Il avait succédé à Cuper dans la place d'associé étranger de l'Académie des Inscriptions. On trouvera dans la Bibliothèque germanique, t. -il, et dans le Dictionnaire de Moréri, la liste des ouvrages d 'Iselin, parmi lesquels on se contentera de citer : 1° De Gnllis Rkenum transeuntibus , carmen heroïeum, Bâle, 1696, in-4°. On trouva dans cet essai du feu, du génie, et une latinité assez pure. L'auteur n'avait que quinze ans lorsqu'il publia ce poëme, qui lui a mérité une place dans la Biblioth. eruditorum pra-cocium de Klefeker. 2° De historkis lotinis mêlions arvi Dissertatio, 1697, in-4°. Il avait composé aussi une dissertation sur les poêles de la même époque; mais elle n'a point été imprimée. 3° Lettre sur le projet conçu par Tibère de mettre Jètus-Ckn*st au nombre des dieux de Rome (Ribl. gerimn., t. 34). Il s'attache à y prouver que ce fait n'est point dénué de vraisemblance, et que l'autorité de Tertullien, qui le rapporte, ne doit point être rejetée trop légèrement. 4° Des Harangues, des Dissertations sur différents points de l'histoire ecclésiastique, etc., imprimées séparément ou insérées dans des recueils; 5» Des recherches sur l'origine de l'imprimerie, et sur l'année de l'impression du Décor puellamm et du Be/ormatorittm titœ morumque clericorum. dans le hiercure suisse, mois d'août et de novembre 1734; 6° Un Discours latin sur l'utilité des académies et les avantages qu'en retirent les villes où elles sont établies; dans le tome 1er du Tempe Helcetica. On peut consulter, pour des détails sur ce philologue, son Éloge par de Boze, dans le tome 12 des Mémoires de l'Académie des Inscriptions ; sa vie, en français par Roques dans le Mercure suisse, mai 1737; en latin, par Jacq.-Christ. Beck dans le
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Tempe Helcetica, t. 3, et enfin le Dictionnaire de Chaufepié. W— s.
ISELIN (Jf.ak-Roi>olpiie ) naquit à Bâlc en 1 70*i , et y mourut en 1779. Il se voua à la jurisprudence, et après avoir fait ses éludes à l'université' de sa patrie, il voyagea en France, en Allemagne et en îlollande. L'Acade'mic de Leyde et celle de Gœttingue lui offrirent des chaires qu'il refusa , préférant attendre la faveur du sort, qui distribue les chaires à Bàle , et qui fut longtemps injuste envers lui. Le margrave de Bade le nomma son conseiller aulique en 1736 : plusieurs sociétés de sciences se l'associèrent; enfin, en 1757, il fut désigne professeur en droit à Bàle. Les écrits qu'il a publiés sont la plupart relatifs à l'histoire et à la jurisprudence helvétiques. 11 a donné l'édition de la Chronique suisse de Tschudi , et en 1738 il a publié la vie de Jacq. -Christ. Iselin. U — i.
ISELIN (Isaac), né à Baie en 1728, y mourut en 1782. Ce fut à sa mère, de la famille des Burkhard, femme aussi vertueuse que spirituelle et sensible, que le jeune Iselin dut son éducation et sa première instruction : ce fut-elle qui développa dans le cœur de son enfant cet amour du bien» ce désir d'être utile, ce patriotisme zélé, celte probité à toute épreuve, toutes ces bonnes qualités morales enfin qui ne le quittèrent jamais, et qui ne firent que se fortifier dans l'Age mùr. Les écrivains classiques de l'antiquité, la philosophie de Wolf et la littérature française occupèrent sa jeunesse : il continua ses études à l'université de Gœltingue , et ce furent dès lors les sciences historiques et philosophiques qu'il cultiva de préférence. En 1754, il fil un séjour à Paris; il fréquenta les savants distingués de la capitale, et devint l'ami de madame de Grafligny, avec laquelle il entretint un commerce épistolaire, roulant principalement sur la littérature germanique, alors dans une crise salutaire, à l'époque où commençaient à paraître les meilleurs écrivains qui l'ont illustrée. Deux idées, productrices de systèmes devenus très-célèbres, se répandirent dans ce même temps : l'une fut celle d'une réforme totale de l'éducation , proposée par Basedow ; et l'autre, sur laquelle se fondait la théorie des économistes, fut développée par Qucsnay. Il y avait trop d'analogie entre ces idées et les principes d'Isclin, pour que son génie ne les embrassât pas avec enthousiasme. Il en devint le défenseur zélé, et c'est à lui qu'elles durent en grande partie le succès qu'elles ont obtenu en Allemagne et en Suisse. Iselin avait désiré la chaire d'histoire à l'université de sa patrie , et .il s'était formé des plans pour des travaux étendus dans cette partie : une dissertation qu'il a publiée offre le premier chapitre du Système de droit public de ta confédération suisse, qu'il se proposait d'écrire. Le sort, qui décide des chaires à Bàle, l'exclut de la place académique, et eu fit un grenier. Depuis 1735 il mit au jour un grand nombre d'écrits patriotiques, tendant à des réformes dans les mœurs, dans
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l'éducation, dans les institutions politiques, dans la législation , etc. Un journal , dont il publia un numéro par mois depuis 1770 (et qui fut depuis sa mort continué par le professeur Beeker, à Dresde) , SOUS le litre d' Ephémérides de C humanité (en allemand); et Y Histoire du genre humain, qu'il fit paraître en deux volumes, d'abord en 1701, cl ensuite dans différentes éditions, doivent être regardés comme les dépôts de ses idées libérales et bienfaisantes. Lié d'amitié avec tout ce qu'il y avait d'hommes distingués en Suisse, il fonda, en 1763, avec trois de ses amis de Zurich, la Société helvétique, qui s'assemblait à Schintznach et a Olten, et qui, destinée à resserrer les liens de la fraternité entre les Suisses, à faire renaître et à propager les vertus de leurs ancêtres, éclairées des lumières du siècle, a fleuri pendant une trentaine d'années. (Voyez Y Eloge de il. Isaac Istlt» par Salomon Hirzel, Bàle, 1782, en allemand ; et Y Eloge du même par Schlosser, dans les Actes de la Société helvétique, année 1783, aussi en allemand.) U— i.
ISEUT (Paul-Erdma*), chirurgien allemand, exerçait sa profession à Copenhague, lorsqu'en 1783 il s'embarqua sur un navire destiné pour U côte de Guinée. Le 16 octobre il était sur la rade du fort de Cbrisliansbourg, où il devait donner ses soins à la garnison et aux habitants. Il séjourna près de trois ans dans ce canton, fit quelque» excursions dans l'intérieur et le long de la cote jusqu'à Juidab. En 1786 une sœur du roi des Achantins étant vcuuc le consulter sur un mal que ses fétiches n'avaient pu guérir, il l'en délivra, gagna ainsi sa confiance, et lui témoigna le désir de visiter le royaume où elle était née. Lorsqu'elle y fut de retour, elle invita Isert a effectuer son projet. S'étant mis aussitôt en route, il était parvenu au pays d'Aquapiin et se préparait à visiter un peu plus loin de riches mines d'or, quand un ordre du gouverneur de Christiansbourg le força de revenir à la côte, où sa présence était nécessaire. U fut à peine de retour qu'une fièvre bilieuse le réduisit à l'extrémité. Ayant eu le bonheur d'échapper à la mort, il prit en aversion le séjour de l'Afrique, et monta le 7 octobre sur un navire négrier parlant pour les Antilles. Pendant la traversée une partie des nègres se révolta, et Isert fut dangereusement blessé. On atterrit à l'Ile Ste-Croix; le 5 avril 1787 il fit voile, toucha successivement aux Iles de St-Eustache, la Guadeloupe, la Martinique, puis revint à Ste-Croix et regagna l'Europe. Il publia la relation de son voyage en 1788, et peu de temps après fut renvoyé en Afrique par le gouvernement danois pour fonder une colonie. 11 fixa d'abord son choix sur une grande et belle lie, del Bio-Volta, près de Malfy; mais, contrarie par l'opposition des naturels et par les menées sourdes des marchands d'esclaves, il transporta son établissement dans les montagnes d'Aquapim, où les fièvres interrompirent les travaux et
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moissonnerai beaucoup d'ouvriers. Atteint luimême de la maladie, il mourut en 1789; mais son entreprise fut continuée. On a de lui en allemand : Voyage en Guinée et aux iles Caraïbes de la Colombie, Copenhague, 1788, in-8°; réimprimé à Berlin et à Leipsick en 1790. Cette relation a été traduite en danois, en suédois, en hollandais, en français, Paris, 1793, in-8°, fig. Elle se compose d'une suite de lettres adressées par l'auteur à son père et à ses amis. C'est une des meilleures qui aient été publiées dans ces derniers temps sur la côte de Guinée; il y règne peu d'ordre, mais on la lit arec plaisir, car elle est écrite avec un ton de simplicité qui intéresse ; elle contient des renseignements importants relatifs à l'histoire naturelle, et des tables météorologiques tenues avec soin de juillet 1785 à juin 1785, ainsi qu'un petit vocabulaire de trois idiomes nègres. Le traducteur français a employé le mot de Colombine nu lieu de Colombie. Ce qui concerne le second voyage d'Isert est tiré du livre de Monrad, voyageur danois en 1809, et de la Statistique du Uanemarck, par Thaarup. On est donc surpris de lire dans la relation de Bowdick (roy. ce nom) qu'en 1817 on lui dit à la Côtc-d'Or que tout ce qui avait été avancé sur ce fait et sur la colonie d'Aquapiin n'avait aucune réalité. E — s.
1SHAC (Abou-Yacoib), fils de llonaïn, fut, comme son père, l'un des plus laborieux traducteurs du siècle de Mamoun. llonaïn avait particulièrement traduit des Traités de médecine. Ishac s'attacha à la philosophie, et fit passer dans la langue arabe la plupart des ouvrages d'Aristotc. Il avait aussi une grande habileté dans la médecine, science sur laquelle il a beaucoup écrit, et il jouit de la faveur des khalifes, auxquels son père fut altiiché. Alcasiiu, vizir de Motedhad-Billah, l'honora d'une telle faveur, qu'il lui confiait ses secrets les plus intimes , et ne se décidait jamais sans avoir pris ses avis. Vers la fin de sa vie il fut attaqué de paralysie, et mourut en 298 ou 209. J — ».
ISIASLAV I", ou ISIASLAV Jaroslacitch (Démétrius) , dixième grand-duc de Russie , avait pour père cet illustre laroslav l" (roy. Jarosi.af), auteur du plus ancien code que possèdent les Russes, et beau-père de notre roi de France Henri I". Isiaslav était le second de six frères, dont trois devaient successivement occuper le trône : mais, en 1052, la mort de son atné, Vladimir, lui transféra leséoiorat, et en 1051 laroslav, un pied dans la tombe , le désigna pour son successeur en présence de ses enfants réunis. Isiaslav à celle époque devait avoir au moins quarante ans. il avait épousé la sœur de Casimir I", roi de Pologne, qui lui même avait pour femme une sœur d'isiaslav. Son règne, qui embrasse vingt-trois ans, de 1054 à 1077, fut pour la Russie une ère fatale. C'est alors que commencèrent , pour durer sans interruption pendant des siècles, les morcellements de la monarchie en principautés et en apanages qui , combinés avec la loi du séniorat,
ne pouvaient qu'engendrer les guerres civiles et l'anarchie. Les dix premières années d'isiaslav furent assez tranquilles: le partage des États d'iaroslav s'était opéré paisiblement, et avait assigné à Sviatoslav ou Swientoslav Tcbernigov, Mourom, Riaisan, le pays des Viatitches et Tmoutarakan ; à Vsévolod Péreiaslav, Rostov, Souzdal, Biélo-Ozero et les côtes du Volga ; à Viatcheslav, Smolensk, Vilebsk, Pskov, Kalouga ; à Igor.Volodimir, tandis qu'lsiaslav avait pour lot, outre la capitale Kiev, tout le pays entre les Krapaks au sud , la Pologne à l'ouest et la Luthuanie au nord, plus la province de Novgorod. Un sixième prince, Vseslav, fils et successeur de Briaitchislav et représentant d'une ligne aînée de la maison de Rourik, régnait à Polotsk depuis 1041. isiaslav ne tarda point à subjuguer les Golades, nation Latiche, qui avait ses demeures dans la Galindie, en Prusse. Il réunit ensuite ses forces à celles de Vseslav et de Sviatoslav pour secourir Vsévolod en guerre contre les Torques. La seule nouvelle de leur approche détermina ces barbares à la retraite. En 1057 Viatcheslav mourut: Isiaslav donna Smolensk à Igor. Ce désintéressement, cette application perpétuelle à n'agir que de concert avec ses frères, ne purent empêcher la discorde d'éclater. Isiaslav avait refusé un apanage à Rostislav son neveu, fils de Vladimir, et il le forçait à vivre en simple particulier à Novgorod. Rostislav imagine un jour d'aller surprendre Tmoularakan et d'en chasser son cousin Gleh, un des fils de Sviatoslav, pour s'en former une principauté; effectivement il s'en empare, et, quoique forcé lui-même un instant à lâcher prise, il revient à la charge et finit par rester maître de la ville et du pays, grâce à la diversion que, peutêtre de concert avec lui, l'inquiet et ambitieux Vseslav a faite sur Novgorod. Cette capitale de la Russie du Nord avait été prise et saccagée, ses églises profanées par le pillage , ses habitants livrés aux fers. Isiaslav avec ses frères fond pour se venger sur la principauté de Polotsk : il abandonne Minsk aux flammes, au fer et à la brutalité du soldat ; il livre à Vseslav (roy. Vzcslas), au milieu de campagnes couvertes de neige, la sanglante bataille du Niémen (5 mars 1007). Chaque armée s'y vante de la victoire, et chaque armée, après les pertes énormes qu'elle a subies, désire la paix: des négociations s'ouvrent; Vseslav, peu défiant, se rend à Smolensk sous la tente d'isiaslav avec ses deux fils ; Isiaslav les déclare tous trois ses prisonniers , les fait conduire à Kiev , et les jette dans une prison. Cette perfidie lui profita peu : assailli l'année suivante par les Polovlses, il fut battu malgré le secours de ses deux frères, Vsévolod et Sviatoslav, à Troubejc, et, de retour à Kiev, il vit les soldats révoltés se réunir sur la place du marché et demander impérieusement des armes pour retourner au combat contre les Polovlses. Isiaslav ne répond que par un refus à ces bandes indisciplinées. Alors éclate un affreux
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tumulte : les uns courent à la prison où languit Vseslav pour l'en tirer et le proclamer grand prince ; les autres marchent sur le palais. Isiaslav éperdu ne sait que résoudre ; on lui conseille de mettre à mort le prince de Polotsk; il n'ose. Pendant ce temps le captif reçoit des rebelles le titre de grand prince de Kiev: Isiaslav, abandonné, s'enfuit avec ce qu'il peut emporter de ses richesses, et il court chercher un refuge en Pologne, auprès du roi Roleslas II, son beau-frère. Son palais est mis au pillage, et l'usurpateur vient en habiter les murailles appauvries. Un an se passe ainsi, pendant lequel les Polovtses, aux bords de la Snove, essuient un grave échec de la part de Sviatoslav. Au bout de ce temps Isiaslav revient suivi du brave Boleslas et d'une armée polonaise. Vseslav laisse ces troupes venir jusqu'à Bielgorod avant de sortir de Kiev pour marcher à leur rencontre. Mais quand il est à même de les voir, soit sentiment de son Infériorité numérique , soit défiance de la fidélité des Kiéviens , il quitte son camp la nuit et prend furtivement le chemin de sa principauté de Polotsk. A cette nouvelle, Kiev, ne songeant plus qu'à rentrer sous l'obéissance d'Isiaslav, sollicite par des députés la médiation de Sviatoslav et de Vsévolod. Ceux-ci promettent une amnistie au nom de leur frère, qui s'empresse de ratifier leur promesse, mais qui la viole impudemment par le ministère de son fils Mstislav, qu'il envoie provisoirement régler le sort de la capitale reconquise. Mstislav confisque, enferme, aveugle, décapite suivant son plaisir, et fait trembler la ville. Isiaslav et Boleslas y entrent ensuite. Le premier n'avait que le titre de maître ; le maître unique c'était l'avide et lascif Polonais : il fallait entretenir son armée, rhabiller, la solder, la nourrir. Charmé de Kiev, Boleslas songeait, dit-on, à garder cette ville pour lui, et ses soldats la traitaient en pays conquis. En revanche les Kiéviens irrités tuaient secrètement ces insatiables ennemis , et Isiaslav cherchait les moyens de se débarrasser de ses onéreux protecteurs. Bientôt les deux princes se brouillèrent; Boleslas, en péril dans une ville populeuse qui le haïssait, reprit la route de son pays, et, chemin faisant, assiégea Peremisl, qui lui résista longtemps. Bedevenu le maître à Kiev, Isiaslav, probablement à l'instigation de ses frères, voulut tirer vengeance de Vseslav, et, envahissant les Etats de ce prince, entra en triomphe dans Polotsk, sa capitale, qu'il donna successivement à ses fils, Mstislav et Sviatopolk. Pendant ce temps, Vseslav, dépouillé mais non abattu, faisait comme par le passé une diversion sur Novgorod, que défendait le jeune Glcb de Tmoutarakan. Secondé par les Novgorodiens, qu'épouvantait le souvenir de la tyrannie de Vseslav, Cleb remporta sur le fugitif de Polotsk un avantage qui mit celui-ci dans l'impossibilité de faire le siège de la ville (1071), mais il ne le poursuivit pas, et les hostilités continuèrent, avec des succès variés, sur les
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bords de la Dvina. Finalement Vseslav reprit ses villes héréditaires, et, quoique battu encore une fois par Isiaslav, obtint de lui un traité qui le reconnaissait prince de Polotsk et de tout le pays qu'il possédait avant la guerre. Ce qui décida Isiaslav à souscrire cette transaction, ce fut sans doute l'absence de Sviatoslav, qui, rappelé par les incursions des Polovtses, alors en train de dévaster les deux rives de la Desna, le laissait isolé en présence de l'ennemi. Cette transaction pourtant déplut au prince de Tchernigov : soit qu'il eût compté que la guerre de Polotsk retiendrait longtemps le grand prince loin de Kiev, et qu'il eût dès lors formé des projets d'usurpation , que l'attaque des Polovtses, en l'appelant au sud , devait lui fournir les moyens d'exécuter, soit qu'il redoutât la vengeance ou l'ambition d'Isiaslav, il prit les armes contre lui, entraîna Vsévolod dans sa rébellion, et bientôt vainqueur, força son frère détrôné pour la seconde fois a fuir de»Kiev, de toute la Bussie , et à mendier de cour en cour un asile et un appui (1073). Boleslas, dont il vint d'abord solliciter des secours , ne se souvint que de son ingratitude ; il prit la plus grande partie de ses trésors, puis lui défendit de rester en Pologne. L'empereur d'Allemagne Henri IV, auquel il fut ensuite présenté par Dedi, margrave de Saxe, lui témoigna de bienveillantes intentions, sous la condition, disent les historiens allemands , qu'il se reconnaîtrait vissai de l'empire. Mais la protection de Henri se réduisit à une stérile ambassade, que Sviatoslav renvoya comblée de présents, et qui peignit la Bussie comme inattaquable. Elle l'eût été en effet, même pour un prince plus habile et plus libre de ses mouvements que Henri ; mais à cette époque, et au moment où commençait la grande querelle des investitures, l'impuissance impériale était encore bien plus frappante. Dans cet abandon, Isiaslav imagina de s'adresser à celui qui semblait le supérieur de Henri lui-même, au pape Grégoire VII , dont les prétentions n'allaient à rien moins qu'à faire du saint-siége la monarchie universelle : il lui députa Sviatopolk son fils. L'illustre pontife saisit avec empressement l'occasion de redresser une injustice et d'étendre le pouvoir de l'Église romaine. 11 fit promettre au fils du grand-prince déchu de reconnaître non-seulement l'autorité spirituelle , mais encore la puissance temporelle des papes sur la Bussie. La fin de Sviatoslav, qui, dès 1076, mourut à la suite d'une opération chirurgicale, rendit bientôt inutile l'intervention de Grégoire. Isiaslav, qui n'avait pas quitté l'Allemagne, et qui avait pris part a la guerre du duc ou roi de Bohème Vratislas II contre le roi de Pologne Boleslas et le grand prince Sviatoslav de Kiev, guerre entreprise peut-être à sa sollicitation, leva en hâte quelques troupes à son compte et pénétra en Volhynie. TtéfOM vint à sa rencontre , et , au lieu de tenter le sort des combats , déclara lui abandonner sans peio<
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la grande principauté , pourvu qu'il eût la principauté de Tchernigov, racante depuis la mort de Sviatoslav, et que Vladimir son (ils obtint celle «le Smolensk. Unis dès lors par les liens d'un intérêt commun, Isiaslav et Vsévolod, après avoir juré leur traité, ne s'occupèrent plus que de soumettre toutes les principautés russes à leur domination. Boris, leur neveu (fils de Viatcheslav), s'était mis en possession de la province de Tchernigov : quelques démonstrations de ses deux oncles le déterminèrent à fuir. Gieb étant mort dans les froides contrées de Zavolotchié, Novgorod sa principauté fut donnée a Sviatopolk. Un autre lils d'isiaslav, laropolk, reçut en don celle de Vouichegorod. Celle de Vladimir était aux mains d'un fils de Sviatoslav,. Oleg : Isiaslav et Vsévolod l'en dépouillèrent et voulurent qu'il vint vivre au palais de Tchernigov, où on le combla de caresses, mais où pourtant son sort était celui d'un - captif. Enfin, en 1077, le prince de Polot&k vit incendier les faubourgs de sa capitale par Sviatopolk et Vladimir Monomaque (les fils des deux princes dominateurs). Restait la lointaine Tmoutarakan, résidence de Koman, fils de Sviatoslav. Ce prince, qui , à juste titre, s'effrayait de l'accroissement de puissance de ses oncles, allait partout leur cherchant des ennemis. Sa cour fut un champ d'asile pour quiconque les offensait ou les redoutait. Boris son cousin y était déjà; Oleg, son frère* s'étant évadé de Tchernigov, s'y rendit aussi. Tous trois ensemble unissent leurs craintes ou leurs ressentiments, prennent à leur solde les indomptables Polovtses et envahissent la principauté de Tchernigov. Vsévolod , vaincu, se replie auprès d'isiaslav, et Oleg s'élance en maître dans cette Tille qui l'a vu esclave. Mais bientôt à la triple alliance de Tmoutarakan vient s'opposer la quadruple armée de Kiev , Smolensk , Pereiaslavl et Novgorod, que commandent Isiaslav, Vsévolod, Vladimir et Sviatopolk; elle cerne Tchernigov, elle est déjà maltresse des fortifications extérieures. Alors Oleg et Boris accourent afin de la dégager , la bataille se livre sous les murs de la ville assiégée, les confédérés de Kiev triomphent, mais Isiaslav est mort percé d'un coup de lance (1078). Boris aussi avait payé de sa vie la témérité de son attaque. Le corps d'isiaslav fut enterré à Kiev, dans l'église Notre-Dame , à côté du monument de St-Vladimir. Il laissait deux fils, Sviatopolk II et laropolk : le premier régna vingt ans, de 1093 à 1113 ; un lils aîné, Mstislav, était mort en 1069 ou 1070. Vsévolod, son frère, lui succéda (1078-1093). C'est sous Isiaslav que fut fondé le célèbre monastère de Petcherski à Kiev. On remarque aussi qu'il rendit le droit de créer le métropolitain de cette ville au patriarche de Constantinople. finfln il figure comme législateur dans les annales russes. De concert avec ses deux frèrea, Sviatoslav et Vsévolod, il fit au code d'Iaroslav quelques modifications, et remplaça la peine de mort par des peines pécuniaires. Fut-ce
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humanité, désir de voir accroître la population ou tendance à enrichir le fisc? C'est ce qu'on ne saurait décider aujourd'hui. P— or.
ISIASLAV II ou ISIASLAV MttitlavUch, dix-neuvième grand-prince de Kiev, était le deuxième fils de Mstislav Vladimirovitch , fils de Monomaque. Son règne fut un des plus agités qu'offrent les annales russes : trois fois chasse , trois fois il fut rétabli , et mourut sur le trône. Les tristes événements de ce règne furent d'ailleurs comme le type de tous ceux qui se succédèrent pendant trois siècles. 11 s'était signalé du vivant de son père, en 1127, par sa participation décisive à la guerre contre la principauté de Polotsk : c'est lui qui prit le prince régnant Briatchislav II, petit-fils de ce Vseslav qu'on avait vu en 1077 préteudre au trône de Kiev. Aussi Mstislav lui accorda-t-il pour apanage les principautés de Polotsk et de Minsk (1129). De ce poste avancé, Isiaslav marcha, de concert avec Vsévolod, son frère, contre les Esthoniens et les Tchoudcs, pilla beaucoup et tua encore davantage, mais ne fit aucune conquête. En 1132, laropolk, son oncle, frère et successeur de Mstislav, lui donna la principauté de Pereiaslavl, arrachée à l'avide Iourié de Souzdal, dit Dolgorouki, fils aussi de Monomaque. Mais les habitants de Polotsk se révoltèrent contre Isiaslav pendant son absence et ouvrirent leurs portes à Vassilko , fils de Rogvolod et cousin de Briatchislav, leurs anciens princes. Isiaslav ne put même pas garder sa nouvelle principauté : il fallut en céder moitié à son oncle André ; la bataille du Sipot et le traité de la Libed la rétrécirent encore, et finalement il se vit réduit au district de Minsk. Ce fut bien pis quand l'OIgovitch Vsévolod II devint grand prince de Kiev. Il envoya d'abord ses voiévodes, puis le prince de Galitch, Vladimirko, contre Isiaslav. Heureusement ce dernier eut l'art de s'en faire un ami, et Vsévolod alors conclut la paix avec le prince de Minsk. Secondant sincèrement la politique de Vsévolod , Isiaslav eut part à l'expédition de Pologne qu'occasionnèrent les différends entre Vladislas II et ses frères; il tenta en vain, on doit en convenir, de réconcilier Iourié, son oncle, avec le grand-prince, et à l'instar de Vsévôlod, qui faisait épouser à son fils Sviatoslav (ou Swlentoslav) la fille de Vassilko de Polotsk , donna la main de sa fille à Rogvolod Borissovitch, de la même maison. Mais son amitié pour Vsévolod n'allait pas jusqu'à sacrifier son expectative du titre de grand prince. C'était pourtant ce que Vsévolod voulait qu'on fit en faveur d'Igor, son frère, et il tint pour cela un congrès à Kiev. Isiaslav feignit alors, et, comme tous les autres princes, déclara qu'il renonçait à ses prétentions; mais quand, à la mort de Vsévolod, Igor eut pris la couronne (1146), il revint sur sa parole donnée, jeta en prison l'ambassadeur qui lui notifia l'avènement d'Igor, noua des intelligences avec les Kiéviens, mécontents de l'indolence d'Igor et de la rapacité de ses agents, s'attacha par ses dons ou ses promesses plusieurs
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boyards des plus marquants, et, profitant habilement de l'amour des populations pour le nom de Monomaque, rassembla des bandes nombreuses sur le Dniepr et s'avança rapidement vers Kiev. La bataille eut lieu près du tombeau d'OIeg: trahi par Ouleb et d'autres boyards, Igor essaye en vain de se jeter sur Isiaslav; il n'y gagne que la triste gloire d'être pris les armes à la main. Isiaslav l'enferme au couvent de St-Jean, à Pereiaslavl, et entre triomphant à Kiev, où il prend le titre de grand-prince. Mais Igor vivant était un prétexte, un drapeau pour une guerre nouvelle; puis, en droit, d'après la loi du séniorat, le grand-principat appartenait à Viatcheslav, l'aîné des oncles du roi, prince de Tourov, et, à son défaut, à l'ambitieux lourié. Viatcheslav se révolta le premier; mais battu presque aussitôt par Rostislavdc Smolensk, frère d'isiaslav, il perdit Tourov et n'eut que Peressopnitsa comme dédommagement. Isiaslav parvint ensuite à détacher du parti d'Igor les Davidovitch, princes de Tchernigov; puis il demanda au dernier des (Ils d'OIeg, Svialoslav, sa capitale Novgorod-Severski , lui garantissant à ce prix le reste de la Sévérie, pourvu qu'il jurât de ne point tirer l'épée pour Igor. Svialoslav s'y refusa, et c'était déclarer la guerre au grand-prince. Abandonné des Davidovitch , ses voisins et ses cousins, il invoqua le secours d'Iourié et fit alliance avec les féroces Polovtses , établis au sud entre le Dniepr et le Don; mais ni la horde ni le prince ne parurent assez vite : uni aux Davidovitch et aux Bérendéens, secondé par une diversion de Kostislav de Hiaisan surSouzdal, le fils du grand-prince réduisit Svialoslav à chercher un asile dans les forêts de Karatchev, d'où bientôt il le poussa sur les coufins du pays des Vialitcbcs et de la principauté de Tchernigov, tandis que son père forçait Igor à prendre l'habit monastique tlans le couvent de St-Théodore de Kiev. Cependant Svialoslav reçoit d'Iourié quelques troupes commandées par Gleb Iouriévitch, et, y joignant sur les bords de l'Oka ses oncles les khans des Polovtses avec leurs hordes et des bandes de Brodnikis (Russes fugitifs habitants des déserts du Don), il désole la portion de la principauté de Smolensk qu'arrose l'Ougra, se venge des Vialitches en soumettant leur pays de Mtsensk à Novgorod-Severski , et fait entrer secrètement dans son alliance les Davidovitch , dont l'inconstance perfide flottait sans cesse d'un parti à l'autre. Ceux-ci tentèrent d'assassiner Isiaslav ou de le livrer à Svialoslav; mais Ouleb évente leur trahison, et alors ils lèvent le masque et réclament la délivrance d'Igor. Stimulée sous main par quelques agents d'isiaslav, la populace de Kiev répond a celte demande par le meurtre d'Igor, qu'elle avait égorgé au pied des autels. Isiaslav, toujours absent de sa capitale, feint de déplorer cet attentat; mais, de retour à Kiev, il ne dirige aucune recherche contre les coupables. Cependant cet assassinat ne simplifiait pas les événements, comme |
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il se l'était imaginé. Cleb venait de prendre sans coup férir Koursk et toutes les villes de la Sem. Isiaslav en personne ne parvint qu'à sauver les villes de la Soula et à balancer les efforts des ennemis. Ne pouvant donc vaincre, il fit alliance avec le roi de Hongrie, Ceïsa, son beau-frère, tandis'que Sviatoslav renouait son union avec le prince de Kiaisan et sollicitait d'Iourié un concours plus actif; mais ce prince était alors tout occupe de ses entreprises contre Novgorod. Après beaucoup de dévastations réciproques, Sviatoslav et les Davidovitch, épuisés, conclurent la paix à Tchernigov, et bientôt formèrent avec Isiaslav et Rostislav, à Gorodets, une ligue contre lourié. Le listislavitch se trouvèrent d'abord très-bien de celle guerre. Novgorod se mit sous la protection du grand-prince. Kiéviens, Smolentchans, habitants de Novgorod, ravagèrent les États d'Iourié, de l'embouchure de la Medvedilsa aux environs d'Iaroslav (1149). Attaqué chez lui, lourié, pour prendre sa revanche, sut faire rompre à Svialoslav le traité de Tchernigov, et, à la tête de ses troupes et des Polovtses , menaça Pereiaslavl. Isiaslav eut l'imprudence de se laisser amener à une bataille qu'il pouvait éviter et dont lourié avait besoin, et l'imprudence plus grande encore de prendre la fuite simulée de ce prince pour une déroute réelle et de lancer ses troupes pêle-mêle à sa poursuite. 11 fut vaincu ; trois jours après l'action, lourié entrait dans Kiev et partageait entre ses alliés et ses fils les villes dont il était devenu maître. Viatcheslav, son frère, quoique plus âgé, et Vladimirko, prince de Galitcb, favorisaient ce nouveau grand-prince. Isiaslav s 'était retiré daus sa principauté, à Vladimir de Volhynie. Il appela derechef les Hongrois, et de plus les Bohèmes et les Polonais; soudain les Hongrois parurent au nombre de dix mille. A leur approche, lourié voulut ruser et obtenir leur renvoi ; Vladimirko interposa sa médiation pour faire jurer la paix de Peressopnitsa, qui garantissait à Isiaslav toute la Volhynie moins Loutsk, et donnait le grand-principat à Viatcheslav; mais lourié, oubliant ce traité, interdit l'entrée de Kiev à Viatcheslav, qu'il envoya dans Vouicbégorod. Isiaslav saisit ce prétexte pour reprendre Loutsk, entra dans Peressopnitsa, se réunit aux Bérendéens, et, tandis qu'lourié fuyait à Gorodets, entra dans Kiev, où Viatcheslav, à la nouvelle de la retraite de son frère, s'était rendu de son côté, mais sans trouver de sympathies. Isiaslav eût pu le priver de la liberté ou de la vie; on le lui conseillait, il s'y refusa; mais il rejeta non inoins vigoureusement les prétentions de Viatcheslav à la corégence. Pcut-êlrc cùt-il mieux fait d'y souscrire, ainsi qu'il le fit un peu plus tard : moins de hauteur eût pu consolider sa restauration. Ses ennemis n'avaient été que surpris, et il y avail encore beaucoup à reconquérir sur eux. Deux fils d'Iourié, Hoslislav et Audré, restaient encore maîtres de Pereiaslavl; Vladimirko de Gaiilch armail derc-
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chef pour lourié. Les Davidovitch , pour la troisième fois auxiliaires de Sviatoslav et des Souzdaliens, se liguaient avec ces trois princes. Incapable de faire face à la coalition, Isiaslav ne fit plus difficulté d'associer au tronc son oncle Viatcheslav, qui vint aussitôt à Kiev^ suivi de quelques troupes ; mais la réconciliation e'tait tardive et le secours insuffisant. Vladimirko, le plus brave guerrier de l'époque, l'emporta, et la défaite de la Stougna fut une seconde bataille de Pereiaslavl : elle décida sa deuxième expulsion. Poursuivi, mais mollement, par l'ennemi, qui craignait une embuscade, il trouva un refuge à Vladimir, en Volhynie, bien que Vladimirko, en retournant à Galitch, lui prit encore plusieurs villes de celte principauté. Ayant alors en vain demandé la paix à lourié , il alla lui-même à la cour de Hongrie solliciter de nouveau la puissante protection de Geïsa. Bientôt, en effet, dix mille Madjiarcs répandus dans l'État de Galitch emportent Sanok, assiègent Peremisl, vendent très-cher la paix à Vladimirko, recouvrent Dorogobougc, enlevé à Isiaslav; puis, donnant le change au prince de Galitch qui les poursuivait, arrivent à marches forcées sur les confins de la principauté de Kiev et s'emparent de Bielgorod. lourié, qui n'avait rien su des mouvements de son neveu, passe sur une barque à l'autre bord du Dniepr et se retire à Gorodets : Isiaslav prend pour la troisième fois le titre de grand-prince, mais en reconnaissant pour collègue Viatchcslav. Cependant lourié, à l'aide d'une fausse attaque au gué de Vïlitchef, repasse le Dniepr près de l'embouchure du Zaroub, puis marche sur Kiev; mais cette fois il est défait totalement près de la Libed et à la porte de Pologne. Dans sa retraite, il manœuvre de manière à se joindre à Vladimirko et tente de prendre Biclgordd. Isiaslav et ses -fils le harcèlent avec prudence, le rejettent au delà de la Stougna, le battent encore sur les bords du Bout et rendent impossible la jonction des deux princes. Vladimirko s'était avancé jusqu'à Boujsk; il rétrograda. Assiégé par les Mstislavitch dans Perciaslavl, lourié, après avoir recouru à ses ruses habituelles pour obtenir l'interruption des opérations, finit par céder lorsqu'il vit le siège porté devant Gorodets, et que Vladimirko fut rappelé dans ses États par la diversion qu'allait y faire Geïsa, d'accord avec Isiaslav (1152). Celui-ci joignit ensuite ses troupes à celles de Geïsa, et il eut part à la bataille du San, où fut défait Vladimirko. Il crut alors pouvoir revenir à Kiev et y goûter le calme; mais Manuel Comnène, Vladimirko, Sviatoslav et lourié se liguèrent encore. Vladimirko avait promis par la paix du San ou de Peremisl de rendre au grand-prince de Kiev les villes prises : il n'en tint compte et marcha contre la Volhynie, mais une défaite punit sa perfidie. Sviatoslav vit sa principauté ravagée tant par les Polovtses, ses farouches auxiliaires , que par les Bérendéens et les Torques , soldats des Mstislavitch, fut assiégé