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dans Novgorod-Severski et conclut la paix, lourié, après avoir conquis le pays des Viatitches, tenta sans fruit le siège de Tchernigov, tandis que ses alliés les Polovtses se faisaient battre par Mstislav sur l'Orel et laSamara (1153). Bientôt mourut suintement Vladimirko au moment où il se moquait du serment qu'il avait prêté eh baisant la croix ( « Elle était si petite, disait-il, si petite ! » ). On put se livrer à l'espoir d'une paix générale ; mais laroslav, son fils, suivit ses plans, et il ne reprit le chemin de Galitch qu'après la sanglante et douteuse journée deTrebovl sur le Sereth (1151). Isiaslav allait avoir de nouveau la guerre avec lourié, lorsqu'il expira le 15 novembre de la même année; il venait d'épouser en secondes noces une princesse abasge. Son successeur immédiat fut ilostislav de Smolensk,son frère fidèle. Les guerres civiles qui ensanglantèrent son règne et que causèrent en partie l'absurde loi du séniorat.en partie le démembrement de l'État en apanages, ne laissèrent jamais à Isiaslav le temps de songer à l'administration et aux affaires intérieures de la Russie, dont la décadence part de cette époque et qui, trois quarts de siècle plus tard, devait subir les fers des Mongols. Cependant, on a remarqué deux faits graves et piquants sous Isiaslav : l'un, c'est que ce prince fit élire, sans aucune participation avec Constanlinople, un métropolitain de Kiev; le choix, fait par six évéques sur sept, tomba sur un moine savant et vertueux nommé Clément. On devine qu'lourié blâma la mesure d'indépendance adoptée par son neveu, et qu'à la lutte si compliquée des Sviatoslavitcb et des fils de Monomaque, des Olgovilch et de tant d'autres, s'ajouta un différend religieux. Le second fait, c'est l'essai en Russie de barques à deux gouvernails, pour descendre ou remonter le courant des rivièn s* sans virer de bord. Celte invention, antérieure au 12" siècle, est attribuée à Isiaslav. P — ot.
ISIASLAV III ou ISIASLAV Daoidocilch, 22e grandprince de Kiev, avait pour bisaïeul Vladimir lrr, pour aïeul Sviatoslav 11 , pour père David, prince de Tchernigov. David avait cinq frères, dont Oleg, d'abord prince de Tmoutarakan , lequel ne régna point, légua en mourant ses prétentions à srs quatre fils, Vsévolod, Igor, Gleb, Sviatoslav. David laissa de même quatre fils, Isiaslav, Sviatocha, Vladimir etltostislav; on les nommait Davidovitch et leurs cousins Olgovitch ; ils formaient ensemble une ligue opposée à celle des fils de Monomaque ou petit-fils de Vsévolod Pr, et qui avait sur elle l'avantage de l'âge, ou, comme on dit, du séniorat. C'est donc aux deux branches de la ligue sviatoslavienne que devait appartenir le grandprincipat de Kiev, et l'avènement de Mstislav l,r avait été une usurpation sur ces deux branches, comme l'avènement de Vladimir Monomaque une usurpation sur Oleg et David. 11 faut en dire autant du court règne d'Iaropolk H (voy. J&ropolk). Dans les guerres civiles que commencèrent alors les Olgovitch et les Mstislavitch, guerres qu'enve-
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nimait la politique perfide d'Iourié de Souzdal, toujours allié des fils d'Oleg, les Davidovitch flottèrent souvent d'un parti à l'autre , comme on peut le voir dans l'article qui précède, lsiaslav Davidovitch, devenu prince de Tchernigov par la mort de son oncle laroslav, après avoir livré témérairement la bataille de Karatchev à Sviatoslav et l'avoir perdue, ne suivit point l'exemple perfide de ses frères et de ses neveux, qui, peu de temps après la paix de Tchernigov, se déclarèrent contre lsiaslav Mstislavitch (11 50). La même année, il combattit sous ses drapeaux à la funeste bataille de Pcreiaslavl; il s'y trouvait aussi à l'affaire du Bout, et, comme son frère Vladimir y resta parmi les morte, le grand-prince et lsiaslav Mstislavitch se partagèrent l'héritage, et le second acquit encore un surcroît de territoire (1154). Bientôt après mourut le grand-prince, lsiaslav se rendit aux portes de Kiev afin de répandre des larmes sur la cendre du défunt; m3is Viatcheslav et ses boyards ne les lui ouvrirent qu'après l'entrée de Rostislav, qu'ils proclamèrent successeur de son frère. lsiaslav, dans sa mauvaise humeur, renoua ses liaisons avec lourié et Sviatoslav. Les chances lui furent d'abord peu favorables : Mstislav battit Glcb et les Polovtses à Pcreiaslavl , et Rostislav en personne vint mettre le siège devant Tchernigov. lsiaslav alors court se joindre à Gleb au bord du Beloouss, dont bientôt les eaux sont rouges du sang des Kiéviens. Ce combat décisif disperse tous les adhérents de Rostislav, qui va cacher sa honte à Smolensk, tandis que Mstislav se sauve à Loutsk et que les Novgorodiens envoient cherchera Souzdal, pour les régir, un autre Mstislav, fils d'Iourié. Enfin Damien, évoque de Kanev, vient, au nom de la ville de Kiev, offrir le diadème à lsiaslav; ce prince l'accepte, quand tout à coup lourié arrive en personne, déclare qu'à lui seul revient le tilre de grand-prince, et renvoie lsiaslav à Tchernigov, en adoucissant toutefois son mécontentement par des paroles flatteuses. En effet, bientôt après il lui céda Kotchesk et donna pour époux à sa fille son fils Gleb. Insensiblement le calme et l'ordre renaquirent en Russie .UNS). Mais, deux ans après, les troubles recommencèrent : lsiaslav y fut pour beaucoup. Convoitant toujours la couronne de Kiev, il fit alliance avec Mstislav et Rostislav, et il allait déployer l'étendard de la guerre civile, quand lourié mourut (1157). Les Kiéviens le reconnurent aussitôt pour maître avec de grands transports de joie. Son premier acte fut d'abandonner sept villes de la principauté de Tchernigov à son oncle Sviatoslav Olgovilch, qui lui-même céda la Sévéric à son neveu Sviatoslav Vsévolodovitch, et de ne garder pour lui que quelques villes, comme Pereiaslavl,SraoIcnsk,Tourov,Gorina,etc; faute grave à laquelle on attribue souvent la chute de la grande-principauté de Kiev, mais dont on a certes tort de faire exclusivement un reproche à lsiaslav III, qui, au contraire, garda la meilleure partie de la province de Tchernigov. Les vraies
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causes de la décadence de Kiev furent la multiplicité des guerres civiles, trop infailliblement amenées par la loi du séniorat et la position centrale d'une ville ouverte à toutes les incorsions des Polotchans , des Polovtses , des Souzdaliens, des Galiciens, des Madjiares, des Polonais et des Bohèmes. lsiaslav ne fut que deux ans sur le trône. Ayant voulu Tavir Tourov à lourié laroslavitch , petit-fils de Sviatopol Ier, pour la donner à Vladimir Mstislavitch, il fut forcé, lui et ses nombreux alliés, de lever le siège après deux mois et demi de travaux. 11 se brouilla ensuite avec le prince de Galitch, laroslav, fils de Vladimirko, lequel réclamait un sien cousin fugitif, nommé Ivan Berladnik. lsiaslav, avec autant de noblesse que de politique, refusa de le livrer; mais, peu de temps après, Berladnik se rendit en Gallicie pour s'y former un parti; lsiaslav, qui eut voulu l'avoir sous sa main, se mit à vouloir à son tour qu'laroslav le lui remit. Les deux princes en vinrent aux prises dans les environs de Bielgorod. lsiaslav avait pour lui le nombre; mais ses Béreodéens et ses Torques, qui formaient plus de vingt mille hommes, le trahirent; il s'enfuit au delà du Dniepr, dans la principauté de Soja, et, pour se venger de Sviatoslav, dont la neutralité avait causé son désastre , il conquit le pays des Viatitches, infesta les environs de Koursk, et, aidé des Polovtses, il fit le siège de Tchernigov. Repoussé par les troupes de Rostislav, redevenu grandprince, il chercha un refuge dans les déserts des Polovtses, reparut bientôt avec ces bandes de barbares au delà de la Desna, dès que les auxiliaires servions se furent éloignés, et fut encore chassé par ces fidèles amis de Sviatoslav et poursuivi jusqu'à sa frontière. On assiégea même Vir, sa place principale; mais Ivan Berladnik en fit lever le siège (1139). Tentant alors la fortune par d'autres voies, il tâcha de se faire un ami du puissant André Iouriévitch de Vladimir de Souzdal, et de le déterminer à marcher contre la Russie occidentale. La complaisance d'André n'alla que jusqu'à donner sa fille au neveu d'isiaslav et à se servir de sa coopération pour assujettir Novgorodla-Grande (1160). lsiaslav alors s'unit de nouveau avec les khans des Polovtses , entraîna le prince Oleg Sviatoslavitch , puis Sviatoslav lui-même dans ses projets, et envahit deux fois l'Etat de Kiev (1160-1161). Sa seconde invasion fut d'abord heureuse : vainqueur à Podol, il entra dans Kiev; mais il fit ensuite un mois durant et sans aucun progrès le siège de Bielgorod, le leva précipitamment à la nouvelle de l'arrivée des ennemis, et périt d'un coup de sabre sur la téte dans la retraite, qui ne fut plus qu'une déroute. P— ot.
ISIDORE , né à Charax , près de l'embouchure du Tigre, nous a laissé, sous le titre de SUdkmet Parthiquet, un court itinéraire du pays des Parthes. Ce mot Stathnu, que les géographes latins traduisent par Mantio. désigne les gîtes, les caravansérails qui se trouvaient sur les routes de dis-
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tance en distance. L'ouvrage est presque borné à l'indication de ces lieux de repos. Mais ce qui nous reste aujourd'hui n'est certainement que l'abrège1 d'un livre plus étendu, plus détaillé, plus historique, en un mot d'une véritable périégèse de la Parthie. Ce qui le prou»e, c'est que quelques auteurs anciens ont emprunté à l'Itinéraire d'Isidore des faits que nous n'y retrouvons pas. Quoique sec et décharné, cet extrait a une grande importance. On chercherait vainement ailleurs une nomenclature exacte des dix-huit provinces dont la Parthie était composée au premier siècle de notre ère; cor c'est à cette époque que les calculs les plus exacts pincent Isidore. La première édition des Stnthmet Parthiques est due à Hccschelius, qui les a insérés dans son recueil de Géographes grecs; ils ont reparu dans le second volume des Petits Géographes grecs de Hudson. Le texte est assez altéré et les manuscrits sont fort rares. Les variantes qu'a publiées l'éditeur des Lettres de Hoistenius (p. 67) ne seront pas d'un grand secours, mais il n'a pourtant pas eu tort de les donner : en ce genre de critique, rien n'est à négliger. Il faut lire sur Isidore de Charax une Dissertation de Dodwell, jointe à l'édition de Hudson, et un excellent mémoire de M. de Sainte-Croix dans le cinquantième volume de l'Académie des belleslettres. B — 88.
ISIDORE (Saiht) de Péluse était originaire d'Alexandrie, et, suivant toutes les apparences, il y naquit au milieu du 4« siècle. Son surnom lui vient du long séjour qu'il fit près de Péluse. Le Ménologe des Grecs le fait descendre d'une famille considérable par ses richesses, par les distinctions dont elle jouissait dans le monde et dans l'Eglise, mais plus remarquable encore par sa piété. Quelque grands que fussent les avantages qu'il pouvait se promettre par son rare savoir et par la noblesse de son extraction, il quitta tout pour se retirer sur une montagne voisine de la ville de Péluse ; il embrassa la vie monastique et se rendit illustre parmi les plus saints solitaires. Il se bornait au strict nécessaire , et encore le recevait-il de la charité d'autrui. On sait qu'il fut élevé' à la prêtrise, et quelques écrivains lui donnent le titre d'abbé du monastère de Péluse. Il protégea l'innocence dans le malheur; il s'opposa au vice puissant avec un zèle qu'il est plus facile de louer que d'imiter. Sa générosité lui suscita des ennemis qui le persécutèrent, mais ne le firent point changer de conduite. Les principes qu'il professe a cet égard dans ses Lettres sont admirables. Il ne brave pas ses oppresseurs, il ne les flatte pas non plus; c'est le vrai disciple de l'Évangile, qui ne fait acception de personne quand il s'agit de la vérité, et qui ne s'écarte jamais de la sagesse et de la modération. Il fut lié avec les principaux person- $ de son temps, avec St-Cyrille d'Alexandrie, reprit cependant en quelques occasions, avec St-Jean Chrysostome, dont il élève l'éloquence au-dessus de ce que le paganisme avait de plus
illustre, et dont il se porte le défenseur auprès de ses plus ardents adversaires. Il contribua puissamment à réconcilier avec le saint-siége et les patriarches de Constantinoplc et d'Alexandrie Jean d'Aniiorhe et ses sufTragants, qui n'avaient point reçu le concile d'Êphèse. L'eutychianismc trouva dans St-Isidore un vigoureux athlète qui ne cessa de le combattre jusqu'à sa mort, arrivée vers l'an 4f40. Ses Lettres, au nombre de deux mille cent soixante-douze, ont été recueillies par André Schott en un volume in-folio, grec et latin, Paris, 1638. Elles sont divisées en cinq livres, dont les trois premiers ont été traduits en latin par Jacq. de Rilly, le quatrième par Rittershusius et le cinquième par A. Schott. Quoique très-courtes, elles sont remplies d'excellentes instructions. Le style en est si pur et si élégant que Possevin voulait qu'on s'en servit dans les classes pour apprendre la langue grecque aux jeunes gens. L'Ecriture sainte y est parfaitement expliquée, au jugement de Richard Simon. Les anciens et les modernes, les catholiques et les protestants, s'accordent à louer la piété qui y régne et la variété des connaissances qu'elles renferment. Chr.-Aug. Heumann a publié en 1737, à Gocttingue, une Dissertation dans laquelle il s'efforce de prouver que la plupart des lettres attribuées à St-Isldore sont supposées. I/—d— e et W— s.
ISIDORE (Sai*t) , d'Alexandrie , né en Égypte vers l'an 318, passa les premières années de sa jeunesse parmi les solitaires de la Thébalde, vivant comme eux du travail de ses mains, et partageant le reste de son temps entre la prière et l'étude des lettres sacrées. St-Athanase, patriarche d'Alexandrie, l'ayant ordonné prêtre, lui conûa la direction d'un hospice établi pour les pauvres étrangers; et c'est de là que lui vient le surnom d" Hospitalier . Il accompagna le saint prélat dans son voyage à Rome, et défendit sa mémoire, outragée par les ariens, avec un zèle qui excita la colère de Lucius, son indigne successeur. Il se déroba aux eflets du ressentiment de ce dernier en se retirant dans le désert de Nitrie; mais il en fut rappelée par Théophile, successeur de Lucius, qui lui témoigna d'abord beaucoup de bienveillance, et voulut même l'élever sur le siège de Conslantinople. Mais Isidore, ayant rrçu d'une veuve mille pièces d'or, sous la condition d'en acheter secrètement des habits à de pauvres femmes, Théophile, irrité qu'il eût employé cette somme sans son consentement, changea l'affection qu'il lui portait en haine, et voulut lui faire perdre l'estime publique : il crut en avoir trouvé le moyen en produisant contre lui un mémoire dans lequel il l'accusait d'un crime horrible. Isidore se justifia facilement; mais, obligé de sortir d'Alexandrie, il se retira encore une fois dans le désert de Nitrie. L'implacable Théophile obtint un ordre qui le contraignit de quitter l'Egypte avec les solitaires qui l'avaient reçu x | Isidore chercha un asile dans la Palestine, où
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Théophile le poursuivit encore; et enfin il se réfugia à Constantinople. St-Chrysostome, en s'efforçant Je le réconcilier avec Théophile, s'attira la haine du patriarche. Isidore, consumé de chagrin, mourut à Constantinople, à l'âge de 85 ans, en 404, le 15 janvier, jour où l'Église d'Orient célèbre sa fête. Palladc a commencé son Histoire Lausiaque par la Vie de St-lsidore. W— s.
ISIDORE (Saist-) de Séville, l'une des principales lumières de l'Eglise d'Espagne, naquit vers l'an 570 à Carthagène, dont Sévérien, son père, était gouverneur. Il était frère de St-Léandre, archevêque de Séville; de St-Fulgence, évêque d'Ecija , et de Ste-Florentine. Il se consacra dès sa jeunesse au service des autels, et se prépara aux fonctions du saint ministère par une grande application à l'étude et aux exercices de piété. Il travailla de concert avec St-Léandre à la conversion desVisigotbs, infectés de l'hérésie arienne, et obtint beaucoup de succès. Son zèle ne se refroidit point après la mort de son frère; et il continua de remporter des victoires sur l'erreur sous plusieurs rois consécutifs, qui le protégeaient. En 600 ou 601 , il monta sur le siège de Séville, que St-Léandre avait laissé vacant. Il fut, dans l'Eglise d'Espagne, le restaurateur de la discipline et le modèle du clergé. Il ne s'y tint aucun concile dont il ne fût l'aine et le président. Ses collègues lui déférèrent cet honneur par la haute estime qu'ils avaient pour ses éminentes qualités, quoiqu'il ne fût pas décoré de la dignité de primat, et que ce titre appartint à l'archevêque de Tolède. Le cardinal d'Aguirre observe qu'on peut regarder les décisions qui furent portées à cette époque dans l'Église d'Espagne comme l'ouvrage de St-lsidore, et comme des monuments incontestables de son savoir et de son zèle. Au concile de Séville, en 619, il eut la gloire de ramener à l'unité un évoque de la secte des Acéphales, autant par sa douceur que par son éloquence. 11 fut lié avec St-Grégoire le Grand, qu'il consultait souvent, et par lequel il était lui-même consulté. Lorsqu'il se sentit près de sa fin , après environ trente-six ans d'épiscopat, il se fit conduire à l'église, où, après avoir satisfait aux devoirs de la religion, en présence de deux évéques, il remit à ses débiteurs ce qui lui était dù , exhorta son peuple à la charité, fit distribuer aux pauvres tout ce qui lui restait d'argent, et retourna dans sa maison, où il mourut, l'an 030 de J.-G., le 4 d'avril, jour où l'Église célèbre sa fête. Il savait le grec, le latin et l'hébreu : son érudition était immense; mais il n'avait pas autant de goût et de jugement. Le huitième concile de Tolède, tequ en 050, l'appelle U docUur excellent, la gloire de l'Eglise catholique, le plus savant homme qui eût paru pour éclairer les derniers siècles, et dont on ne doit prononcer le nom qu'avec respect. Nous avons de St-lsidore : 1° Une Chronique, qui commence à la création du monde et finit l'an de J.-G. 626; 2« VHistoirt des rois Goths, Vandales et Suites,
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que le P. Florès a publiée en entier dans sa Spaàa sagrada; 3° vingt livres d' Etymologies , retouchés et mis en ordre par son disciple Braulion, évêque de Saragosse. C'est une espèce d'encyclopédie, qui renferme en substance tout ce qui composait l'érudition dans le 7* siècle. Ce curieux recueil a été souvent imprimé dans le 15e siècle : la première édition avec date est celle d'Augsbourg. 1472, in-fol. Denis Godefroy l'a inséré dam ses Auctores latina lingua. 4° Un Catalogue des écrivains ecclésiastiques, dont le P. Flores a donne une bonne édition {voy. Ildeforse); 5* un Lien de la vie et de la mort des saints de l'un et de F autre Testament; 6° deux livres des Offices divins « ecclésiastiques ; ouvrage très-utile pour connaître les rites de ce temps-là : il se trouve dans la collection intitulée De divinis catholieœ Ecclesia officiis ac ministeriis, etc., Cologne, 1568, in-fol.; 7° une Règle pour les moines de la prorince Bétiqut, en vingt-quatre chapitres, imprimée dans le Codtx regularum, Paris, 1063, in-4°, et plusieurs lettres; 8° divers traités de morale, où régnent beaucoup d'onction et une piété qui touche et qui attendrit; 9° des Commentaires sur l'Ecriture sainte, dont quelques-uns seulement ont été imprimés. D>$ critiques lui reprochent de s'être perdu fréquemment dans des raffinements spirituels et des digressions allégoriques. 10° Trois livres de Sentences ou d'opinions, qui ne sont qu'un recueil de sentiments théologiques, puisés dans les écrits des anciens docteurs , et surtout de Si-Grégoire le Grand; 11° des ouvrages de grammaire et de controverse, remplis d'érudition; 12° un livre De la nature des choses, adressé à Sisebut, roi des Goths. Quelques-uns de ces ouvrages, mais incorrects et mutilés, ont été recueillis par dom Jacques Dubreul, bénédictin, 1601, in-fol., à Paris; eti Cologne, 1617. On en a donné une excellente édition, en 2 volumes in-fol., à Madrid, 1778; et l'on estime aussi celle que Fauste Arevali a donnée à Rome, 1707-1803, en 7 volumes in-4°. La liturgie mozarabe ou mixtarabe doit son origine principalement à St-lsidore, qui y mit la dernière main après la mort de St-Léandre. Le missel a été imprimé à Tolède, par les soins d'Alphonse Ortiz, en 1500, in-fol.; et le bréviaire en 1502, dans la même ville, aussi in-fol. (Debure, Bibliographie instructive). Le savant M. de la Serna- Santander, dans le catalogue des livres de u bibliothèque, publié en 1790, t. 1", p. 72, fait mention d'une collection des canons par St-lsidore, dont voici le titre : Vera et genuina collectio vtterum canonum EccUsiœ llitpanica, a divo Isidoro hispalensi metropolUano, adomata, et ad Mis. Codé, venerandœ antiquitatis fidem exacta et castigata, studio et opéra Andréa; Burriel. societatis Jesu theologi, 4 vol. in-fol. Et il ajoute : « Ms. infiniment « précieux, copié etcollationné, avec les variantes « en marge, sur plusieurs vieux Mss. sur vélio, « des 9e, 10* et 11* siècles, conservés dans les • archives des églises de Tolède, de Girone et
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« d'Urgel, ainsi que dans les bibliothèques royales « de Madrid et de l'Escurial. 11 renferme le corps • canonique ou la vraie collection de canons ré- « digée par St-lsidore, archevêque de Séville, par « laquelle s'est gouvernée invariablement l'Église « d'Kspagne jusque vers la fin du 12* siècle. Cette « collection est la plus pure, la plus ample et la
■ mieux ordonnée qui ait jamais existé dans au- « cune des églises d'Orient et d'Occident. Il ne « faut pas confondre cet ouvrage avec la trop « fameuse collection de canons forgée vers la (in
■ du 8* siècle , dans l'empire franco-gallican , - connue sous le nom de Collection delsidorus « Mercator. » Les circonstances ne permireut pas à M. de la Sema-Santander de réaliser le projet qu'il avait formé de publier cette collection. Il avait déjà préparé la préface, qu'il fit imprimer, en 1803, dans un Supplément au Catalogue de ses livres : elle contient cent quatorze pages in-8° et peut servir à donner une juste idée de l'excellence de la collection de St-Isidore. 11 serait à désirer qu'on la donnât au public. L — b — e.
ISIDORE (Saint) j évéque de Cordoue, Mûrissait, i ce qu'on croit, vers la fin du 4* siècle. L'auteur de la chronique de Flav. Dexler prétend que deux évéques de ce même nom ont occupé le siège de Cordoue dans un assez court espace de temps; mais Sigebert de Gemblours etTrithème n'en font qu'un seul personnage , auquel ils attribuT-nt : Commentaria in iv libros Regum; et Allegoria in Liras utriusque Testament*. De savants critiques espagnols penchent à croire que ces deux ouvrages sont d'Isidore de Séville. Le faux Dexter attribue encore à Isidore l'ancien une Continuation de la Chronique de St-Jérôme, depuis le premier consulat de Théodose; et à Isidore le jeune un Commentaire sur l'Evangile de St-Luc; mais Nicolas Antonio ayant démontré, dans sa Bibliothèque espagnole, qu'il n'y a jamais eu d'évêque de Cordoue nommé Isidore, toutes les allégations du faux Dexter tombent d'elles-mêmes; et l'existence de l'écrivain qui fait le sujet de cet article devient un problème dont, heureusement, la solution est trop peu importante pour qu'il soit nécessaire de la chercher. W — s.
ISIDORE Mertator, ou Peeeator, surnom adopté par plusieurs cénobites, florissait, dit-on, vers la An du 8< siècle. On lui a longtemps attribué un recueil de décrétales, dans lequel on a inséré des lettres supposées de presque tous les papes qui se sont succédé depuis St-Clement jusqu'à St-Grégoire le Grand. On croyait que ce recueil avait été apporté d'Espagne en France en 811 par Riculpbe, archevêque de Mayence, et que de là il s'en était répandu des copies dans le reste de l'Europe : mais la Serna-Santandcr a démontré que Riculpbe n'avait pu apporter d'Espagne que le livre des canons authentiques recueillis par Sl-lsidore de Séville, le seul dont les bibliothèques possèdent des manuscrits; et que ce prélat, par un zèle mal entendu, y ajouta les nouvelles
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pièces. Quoique la fausseté de plusieurs de ces lettres fût évidente, la science de la critique était alors si peu avancée que les plus savants hommes y Turent trompés : quelques papes en profitèrent pour étendre leur pouvoir temporel; et leurs successeurs, ajoute Fleury, trouvant l'autorité des fausses décrétales tellement établie que personne ne songeait plus à la contester, se crurent obligés en conscience de soutenir les maximes qu'ils y lisaient, persuadés que c'était la plus pure discipline des temps apostoliques et de l'âge d'or du christianisme. Les principaux points établis par les fausses décrétales sont : « Que le pape doit « autoriser la tenue des conciles; qu'il est en dé- • finit if le seul juge des évéques; qu'il a seul le « droit de les transférer d'un siège à un autre, et « d'ériger de nouveaux évêchés, et enfin qu'il peut « réformer les décisions rendues par un tribunal, « soit ecclésiastique , soit civil , dans quelque ■ cause que ce soit. » Un grand nombre d'écrivains de toutes les communions chrétiennes se sont attachés à réfuter ces pernicieuses maximes; on se contentera de citer les cardinaux de Cusa, Baronius, Rellarmin, Bona, Ant. Augustin, David Blondel dans son livre intitulé Pseudo'Isidorus et Turrianus vapulantes Genève, 1048, in-4°, et enfin le pieux et savant Fleury dans son quatrième Ducaurs sur l'histoire ecclésiastique. Les fausses Décrétales ont été imprimées pour la première fois par Jacques Merlin, Paris, 1521, in-fol.; mais elles se trouvaient pour la plupart dans le Décret de Gratien, qui forme la première partie du corps de droit canonique (voy. Gbatien). Dom Ce il lier en a donné une analyse très-étendue dans le tome 8 de YHutoire générale des auteurs eeclésias~ tiques. YV — s.
ISIDORE, archevêque de Thessalonique , était un théologien très-versé dans les lettres grecques et latines. Vers l'an 1435, il vint à Rome, où il
fagna les bonnes grâces du pape Eugène IV. tant recommandé à Jean Paléologue et à Joseph, patriarche de Constantinople , il fut nommé et consacré patriarche de Kiev et métropolitain de l'Eglise russe. Jean Paléologue se disposait alors à aller avec les évéques grecs au concile indiqué par le pape. Isidore se rendit à Moscou, afin de porter le grand-iluc de Russie et l'Eglise russe à favoriser le projet d'union entre l'Église latine et l'Église grecque. Il fut reçu par YYassili II , dit l'Aveugle, avec les démonstrations les plus flatteuses d'estime et de considération. Le 8 septembre 1437, il prit congé du grand-duc pour aller en Italie avec quelques évéques et une suite de deux cents chevaux. Il passa par Novgorod, Dorpat, Riga, Lubeck, Lunebourg, Brunswick, Leipsick, Erfurt, Bamberg, Nuremberg, Augsbourg, le Tyrol et Venise. Les Russes qui l'accompagnaient, abrutis sous le joug de l'ignorance, ne pouvaient, en traversant l'Allemagne et l'Italie, assez admirer les villes florissantes, les édifices somptueux, les jardins et le» aqueducs, qu'ils re-
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gardèrent comme des rivières lantèet par la main de l'homme. En Allemagne, Erfurt leur parut la Tille la plus riche, la plus commerçante. Le 18 août 1438, Isidore arriva à Ferrare, où cet illustre chef de l'Église russe était impatiemment attendu par le pape Eugène IV et par l'empereur Jean Paléologue. Dans le lieu des séances, on lui avait laissé un siège vide jusqu'au moment de son arrivée. Uni de sentiment et d'opinion avec le célèbre Bessarion, il concourut comme lui, loyalement et efficacement, à l'union des deux Églises. Dans les conférences qui se tenaient parmi les évèques grecs, il cherchait à dissiper les préventions et à éclaircir les difficultés; d'un autre coté il se plaçait entre les siens et le* Latins, quand il voyait que ceux-ci poussaient trop loin leur prétention. Le décret d'union ayant été signé, Bessarion et Isidore, qui tous les deux avaient le plus puissamment concouru à la grande œuvre, reçurent le chapeau de cardinal le 6 septembre 1439. Isidore partit de Florence, avec le titre de légat apostolique pour les pays septentrionaux. Ayant traversé la Dalmatie et la Croatie, il écrivit de Bude, capitale de la basse Hongrie, aux fidèles soumis à sa juridiction, en Lithuanie, en Russie et en Livonie , une lettre pastorale dans laquelle il leur annonça ce qui avait été décidé à Florence. Il se hâta de se rendre à Kiev, et en 1 440 il arriva à Moscou, où il remit au grand-duc les lettres dont le pape l'avait chargé. Ayant fait son entrée dans l'église de Notre-Dame du Kremlin, précédé de la croix latine comme légat apostolique, après l'office divin il fit lire l'acte d'union conclu au concile de Florence, signé par l'empereur et les évèques d'Orient. Mais l'heure d'un aussi grand événement n'était pas encore venue. Le grand-duc Wassili , poussé par son clergé , fit condamner le décret d'union ; Isidore fut enfermé dans un monastère où il dut être retenu prisonnier jusqu'à ce qu'il eût formellement renoncé à toute communion avec l'Église romaine. Ce prélat, s'étant échappé de prison, s'enfuit à Rnme. Wassili, de concert avec les évèques russes, nomma Jonas, évèque de Rezan, métropolitain de l'Église russe, et en 1443 il envoya à Constantinople un ambassadeur pour se plaindre près de l'empereur Jean Paléologue de ce qu'il avait nommé Isidore. Les circonstances n'ayant point permis à ce député de remplir sa mission, Jonas prit le titre de métropolitain de l'Église russe, sans attendre, ainsi que cela s'était fait jusqu'alors, qu'il eût été confirmé et consacré par le patriarche de Constantinople. Quant aux églises de la Bussie méridionale, elles reçurent pour métropolitain un disci- . pie d'Isiiiore, qui était sorti de Moscou avec lui , et, depuis cette époque , elles sont restées unies au rite latin. Ces églises sont celles de Briansk, de Smolcnsk, de Premysl , de Tourow, de Luck, de Vladimir, de Polotsk, de Kuhlm et de llalitz. Le cardinal Isidore, étant arrivé à Borne, fut envoyé par le pape Nicolas à Constantinople (1431), pour
ramener les évèques et tous les ecclésiastiques grecs qui étaient contraires à l'union. Le légat fut bien accueilli par l'empereur Constantin Paléologue, près duquel il resta jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet IL Voyant les malheurs qui allaient fondre sur cette ville, et voulant s'y soustraire, il prit de mauvais habits et se rendit à Péra. Chalcondyle assure qu'il y fut vendu, mais qu'il réussit encore à s'enfuir dans le Péloponèsc. In cas Sylvius dit qu'ayant trouvé parmi les morts un homme de sa taille, il le revêtit de ses habits de cardinal , qu'il laissa près de lui son chapeau rouge , et que les Turo ayant coupé la tète à cet homme la portèrent m triomphe, couverte du chapeau de cardinal. Il parait qu'Isidore, s'étant racheté à Péra pour cinquante ducats, alla en Asie sur une galère turque, feignant d'être un prisonnier qui cherchait ses enfants faits captifs dans le siège de Constantinople, afin «le les racheter, et que, de Lhio passant par Candie, il arriva heureusement a Rome. G — t.
ISLA (Jeah) , jésuite espagnol, naquit àSégovie en avril 1714 1 . Il occupa plusieurs chaires dans les couvents de son ordre , et se distingua surtout par la prédication. Le père Isla , avec une profonde érudition dans les lettres divines et humaines, avait beaucoup d'esprit et de goût, un tact fin, et un caractère très-enjoué, qui pouvait lui mériter le surnom de Babelais espagnol, aux expressions licencieuses près , dont ses ouvrages sont exempts. Le premier qu'il publia dans ce genre fut à l'occasion des fêtes par lesquelles 1rs Navarrais venaient de célébrer l'avènement «le Ferdinand VI au trône, en 1746. Ils étaient si contenu de ce qu'ils avaient fait dans cette circonstance , qu'ils appelaient ce jour el dia grandt. le jour mémorable. Le père Isla voulut mortifier leur vanité, et à cet effet publia un récit de ces mêmes fêtes, sous ce titre : 1° El Ui« fronde de Natarra. Madrid, 1746, in-8°. Cette satire est si fine, si gaie et si délicate, que les Navarrais en furent d'abord complètement les dupes; et les principaux de la province envoyèrent à l'auteur des présents et des remerclmenta pour lui témoigner leur reconnaissance de ce qu'il avait fait connaître à toute l'Espagne ce grand jour qui les rendait si fiers. Quand ils s'aperçurent qu'ils avaient été joués, ils cherchèrent, mais en vain, à faire supprimer l'ouvrage. Sans s'écarter de son sujet, le père Isla y donne des notices»aussi rurieuses qu'exactes de l'origine et du perfectionnement de tous les instruments des anciens, comme la lyre, le sistre, les crotales, etc., ainsi que de leur musique et de leurs différentes fêtes. Pendant ce temps , il voyait avec douleur que la chaire sacrée avait perdu en Espagne toute sa première splendeur. En effet, le go-gorume,
(11 Ou, telon Fdkt, «1T03 , 4 VlltavidaM, dut 1* revu»
asile parmi le* prédicateurs et dans les courent*, où était en rogne le style précieui et enflé (tsulo emlio^. Ils s'étudiaient a faire des périodes retentissantes, qui ressemblaient assez à de* rers lyriques, et à rassembler des mots pompeux , construits, la plupart, sur le modèle de la langue latine. Us se plaisaient à détourner le sens de •"tenture pour l'accommoder a leur sujet, ne dédaignant pas d'y mêler les pointes, les jeux de inots, et tout ce qu'ils connaissaient de l'ancienne mythologie. Indigné de cette dégradation scandaleuse, le père Isla essaya de la combattre en la rendant ridicule; et il y réussit complètement dans son fameux roman intitulé £• l'idm de /r*y Gcrwnulio d* Cmmpasms. Madrid, 1758, 3 vol. io-8*, plusieurs fois réimprimé. Le frère Gerundio , héros du roman, est fils d'un riche laboureur de Cam paras, grand ami des moines et surtout de leurs prédications. Le laloureur, voulant consacrer son ûls au cloître, lui fait donner une éducation conforme aux idées qu'il a reçues de ces hommes qu'il admirait. Cette éducation absurde et la fausse méthode d'enseignement que Gerundio adopte dans la suite d'après les mauvais exemples et les mauvais conseils le placent enfin au rang des prédicateurs à la mode. C'est alors que l'auteur fait sentir, de la manière la plus et en même temps la plus instructive, le ridicule qu'il s'est proposé de combattre. Ce livre, amusant d'un bout à l'autre, où les caractères sont traces de main de maître, et qui est toujours pétillant d'esprit, ne brille pas moins par l'érudition que l'auteur sait placer très à propos dans la bouche d'un des supérieurs de frère Gerundio, qui cherche en vain à le retirer du chemin où l'égaré son ignorance. Dans le de l'ouvrage, le père Isla n'oublie pas de traits contre la philosophie qui comiçait à être de mode en France et en Angleterre. Il est cependant assez juste pour ne pas confondre la véritable philosophie avec celle qui n'est souvent que le voile de l'impiété ou de la prévention. Ce livre ne pouvait manquer de susbeau s'y cacher sous le nom supposé de François 4e Lohon y Salagar : il fut reconnu, et les moines de tous les ordres et de toutes les couleurs se déchaînèrent contre son ouvrage, qu'ils parvinrent à faire mettre à X Index; mais, malgré tous leurs efforts, ils ne purent le faire disparaître des bibliothèques des gens de goût, et il fut enfin réimprime a Madrid, en 1804. Baretti en avait déjà publié, à Londres, une traduction anglaise (2 vol. in-8*; : on en a donné une autre en alle- (roy. Beaux h . augmentée de prétendus mots contre les catholiques, et M. Cardini une autre en français, Paris, 1822, 2 vol. in-8*. Le père Isla, se livrant toujours à ses travaux littéraires, publia ensuite : 5* Compendto de / : Hu-
roy. Dccksw). Le texte espagnol, ainsi que l'original, est en vers ; le père Isla a enrichi sa traduction de
que* erreurs où le jésuite Duchés ne est tombé, et notamment lorsqu'il parle des souverains de la Kavarre et du règne de Ferdinand et 4 l n autre ouvrage qui lit beaucoup d'honr au père Isla, c'est son Cil BUu de Sautilla** f a tm patna (Gilblas rendu à sa patrie par un Espagnol ami de sa nation . Si l'on en croit le père Isla. Cil Bios aurait été réellement composé en espagnol, par un anonyme, en 1635, et sous le ministère du duc d'Oiivarez. L'ouvrage fut dénoncé au gouvernement d'alors , qui en défendit l'impression et en saisit le manuscrit. L'auteur, ayant eu le temps d'en tirer une copie, se saura en France pour éviter les poursuites du ministre, et y mourut fers IG40 (1). 5- CmrUu fmmtUarts.
1 L* véntaVe Utre du OU BU», pmh'.te en «nç*f»a? par !•
P. I.la. e»î celui ci : Lu Avmturtt dt GU BJU dt &»l^w.
fittt à .'EtpnjMi tt nJ:çir*i tm Framet par M. U S*ft. i tuttm c ttmr pair* tt d Itmr Un fut mmtmrtïlt pmr Bip,
t'.t J+l mt K\frt pmt »»'<>• tt Wt^mt dt M maUieM. Cette IrS-
doru ■-; da tr.re a t*.é dôanée )ittéra.em<rt , air, ti que celle de ta priihcm, par te comte Fraaçait <1« Neutcnàtcsn , dan* ua BOcrD :rr c M ; «.1 rrr. îu c. mptr re)r. La S»G£. . Ce Gil Blas 1 P»--ut pour la fretn-rt M» à Maini ta 1737. 4 tel. peut m-4-, •»» se nom 4e on Jon^ius-Fredéric lataJp* U P. Ia:a, était n.^rt ara ; cette *r -,-«, o a pu en aanci.^r l'imprestios, et r. ;t pcts.r.» qae W utre «t la préface »c ton! i il 4c loi. N'usa i'»«m jat eu tes» le* yev ertte prwnl. re ëlâtivB , suait t ,.ieo it m u Uvii autre* ce. * -a Vateacr, I7il, 6 toI. ia-4*. te , relit dt Madrid. 1797, v-i n\»t qur la rentprssssoa de la préordeata, esfis celle de Valence, 1S13, 6 toi. petit m- 12. N -a» y ic»m r-troovt le même UUe et la même
■arme tests» i «eu fat
Gi) Bla
i ,-v tt iti\emimrt tm
h" L'astesr, fvar prooTtr qot Gil Kai t»t sa f+oi , cite l'article U Smft daaa la Dietxtmmmirt iiaVirw àt
Chaula, e-.it^a de 1771, eu il est du s<*e • le Safe » pj.nl la • langue e»pa«T!-.le. qu'il tradaUit oo iauta pla'leur» <u<rar>t « e*paf»<-î» . qui. avait peo d inractwa. naja 4e l'esprit, da »g>it, et : art dembe^u le» liée* de» antre» et de aa le» récure
. i r. ; r» • Le tradarte-jr o^TeJiteur
le Safe s°a fo apprendre l'ea;af^oi qu'es Evpagac, où il réaida ç !a»ievn aa^te» cvmme xcrt-iire, aou au i (Ta* ■aèawaad-ur de f rase* . qn'il t'y lia Utiinrmcat int as asda- !*<• MalBe jttxfdo C uleaiiu , qai îmi cos&a as* taure
centre 1« r£!»i«tere rtpafsot aeec k r.-tria de Gi! Bla». poor qb il !r» trsdaistt es frasçait et le» fit lœ frimer i Pari», M t«ovaut . être es E>f>ag*e tajtt dasfer pour 1 adtntr et l'impruDeur P teraune i±r ua r^ mpeu» é ce de Gil B'a». U>at es i«rai«ant
17y6, 2 vol. fa>*>. C'est ce,
P terauRe par ua f^ mpeua é «e de GU B u. 4 dire qoe le Safc ra eetea i'Btjarae. te P. l»:a ^ doa 1-Alp» aurai: d- pal nrr .'uiurtfi ordinal d"Abc«ajo CXutaauai f uU qu'use tr» n du G.l Ku fraivçai» c réait '.t plat tùr rn ^ra 4e coaeatBCTe je» iserrauîe» . bju* il t'es «tt bits garde, et, lois de dire que le Baaautcnt au'.<:^i t pbe e»*î* daa» 1a UbUjta»qtaa de l'Eac'jnal , il aT^oe même qu il st p»-at oCrir <viw prtmr* rt^'dtli t esevs t^v^tysa^e tttptt fn . de ce qu il avarjee. Fra-ç i» de N>u«cha:caa a deir.vr.trt la (autant de cette acratanos. Il a réfuté aeer le asèaSC tacre» raweruo» de Voltaire, qui preteadait que Gil H,as ett use traj^cu s de Vtsctat Eapire rcy. ce r-orr. . Os peut égaîeniett preurar par la date de l'arriTte de le Sage i Paru , par ct-iSe dé toe mariage, de la caiatwce de te» quatre e&fanti. de la ; -b.K-atiôa dt tocs ses ouvrage», qoV se quitta pci-t Parit dep.ii ;c*qa'e« I7i3, qu'il y apprit ï>spagnù! p^atmaartmes: a :'a«t>et 1*3», tt qae SÇsanmUen estai* de UadocUoa 4» cette langue paru rte: es ITCO. Si « Sage babru TEtf agse , ce st p«t être qu'avant l i?e de vingt -quatre on vingt-ctrq aat , ce qui s'est goère vraitcmt>lar>>. Mais t~il avait retUtsieat vitite ce royaume, s'il y ai ait (ait art trouvai;*- o.mms ce'le de Gi! Blas, m se «erait-i! rai m: reste dt !a traduire dét tos retour en France, avant le» Lettres d* Vnttratte . avant le» comédie» de Fr. de Roi a» , an lies de la garder rour n'en publier la moitié qu'an tout d* virgtet le reste dans l'uterralle de rtsgt autre» année»!
»uUy ipia»:
406 ISM
Madrid, 1790, 6 vol. in-12. C'est une correspondance de l'auteur avec sa sœur et son beau-frère, Ben. F. de Ayala. On en a choisi plusieurs, dont on a fait un recueil avec la traduction française à côté , et avec le titre de Correspondance espagnole, Paris, Itarrois, 1804, 1 vol. in-8°. Lors de l'expulsion des jésuites, le père Isla fixa sa demeure à Bologne en Italie, où il mourut en décembre 1783 (1), regretté autant pour ses talents que pour sa piété et sa bienfaisance. B — s.
ISLE (DE !>'), Voyez. DeMSLE.
ISMAEL, (Us d'Abraham et d'Agar, naquit l'an 1906 avant J.-C. Sara, femme d'Abraham, se voyant hors d'état d'avoir des enfants, engagea son mari à prendre pour femme du second rang Agar, esclave égyptienne, afin d'obtenir par ce moyen cette nombreuse postérité que le Seigneur lui avait promise. Agar, devenue enceinte, mérita par sa hauteur d'être châtiée. Ne pouvant supporter la peine que Sara lui infligea, elle s'enfuit dans le désert. L'ange du Seigneur lui apparut, et lui ordonna de s'en retourner vers sa maîtresse, et il ajouta : « Vous enfanterez un fils que vous « appellerez Ismaèl, parce que le Seigneur a en- « tendu vos cris et a été touché de votre afllic- « tion. Ce sera un homme lier et sauvage. Il lèvera ■ la main contre tous, et tous la lèveront contre « lui ; il dressera ses pavillons à la vue de tous .« ses frères, sans qu'ils osent l'en empêcher. » Agar retourna dans la vallée de Mambré, où demeurait Abraham, et y mit au inonde Ismaèl. Abraham avait alors quatre-vingt-six ans. Ismaè) fut circoncis treize ans après. La naissance d'Isaac changea sa situation : Ismaè*! fut chasse avec sa mère de la maison paternelle, parce qu'il persécutait son frère, dit l'apôtre St-Paul, et parce qu'il ne pouvait être héritier avec le fils de l'épouse légitime. Abraham leur donna un pain et un vase plein d'eau (expressions usitées dans l'Ëcriture pour marquer ce qui est nécessaire à la vie). Cette petite provision épuisée, ils seraient morts l'un et l'autre dans le désert , si l'ange du Sergneur ne leur eût indiqué un puits où ils se désaltérèrent. Ismaè*! fixa son séjour dans les environs de Béersabée. Il devint fort habile à tirer de l'arc; et sa mère lui fit épouser une femme de son pays, il vécut cent trente-sept ans, et mourut l'an 1768 avant J.-C. La promesse que le Seigneur avait si souvent faite de le rendre chef d'un
nom nous wmmM convaincu que le OH nia» espagnol n** point été traduit d'après le roman de le Sage , mai» bien d'après la traduction llbr* que le chanoine Muntl en a donné* en italien. Les cinquième et sixième volumes du Gil Bla» espagnol, qui cum< piétinent le» livre» treize 4 te lie, »oal aussi , de l'aveu même da l'auteur, la traduction de la nuit* de Gil Ulaa, composée et publiée par le chanoine Montt. Cela noua confirme dan» notre opinion que le P. ]»la, pendant ion long séjour en Italie, et particulièrement à Bologne, patrie du chanoine Mnnti, y travailla fort innocemment i sa version espagnole de Gil Ml a» d'aprè* l'ouvrage italien , et qu'après sa mort un éditeur de mauvais* loi la publia en y ajoutant un litre insolent et une préface pleine de i rétention» ridicule*, »olt pour encenser l'orgueil naUonal, •oit pour donner plua de vogue à l'ouvrage - A— T.
Il) Et «en, comow I* dit Nia, U 3 novembre mi.
ISM
grand peuple s'accomplit en lui. Il laissa un grand nombre de fils et de petits-fils, dont la Genèse a conservé le dénombrement. Le savant Bochart les regarde comme la tige de plusieurs nations orientales. Ismaèl est considéré par les Arabes comme leur père et l'auteur de leur langue, quoique leur première origine (suivant la plupart des interprètes) vienne de Jeclan, fils de Héber. La conformité de nom entre islamisme et ismaélisme a fait que plusieurs docteurs mahométans ont confondu ces deux choses, et ont soutenu que la religion enseignée par Mahomet à ses sectateurs n'est autre que celle qu'Ismaèl avait autrefois prêchée aux Arabes. L — a—*.
ISMAEL (Schah), fondateur de la célèbre dynastie des sofys de Perse , était fils de Flhalder, fils de Djouneid , et descendait de Mouça, le septième des douze imam des chyites; c'est à tort que l'on attribue communément la fondation de la dynastie des sofys au cheykh Séfy-Eddyn , un de ses ancêtres (roy. Séfv) ; il faut avouer, au reste, que la réputation de sainteté dont jouissait celui-ci influa puissamment sur l'élévation de ses descendants, qu'ils durent surtout aux avantages que St;fy remporta sur les princes de la dynastie du Mouton-Blanc, ennemis déclarés de sa famille. Schàh Ismaèl naquit le 25 du mois de redjeb de l'an 892 de l'hégire (mardi 17 juilletl487). L'année suivante, il penlil son père Hhatder, d'où la dynastie des Sofys a tiré le surnom de Hhaïdery. c'est-àdire Léonine (hhaîder signifie lion en arabe). Schàh Ismaèl passa ses premières années dans le Chyrvân , et parut sur la scène du monde avant l'Age de quinze ans, en l'an 907 (1501-2). Il avait déjà rassemblé deux mille hommes, la plupart Courtchy, avec lesquels il défit Elvand Beyg, prince de la dynastie du Mouton-Blanc. Dès ce moment, il fit battre monnaie, et réciter le khouthbah (on prône) en son nom dans le nord de la Perse. Ea 908, il dirigea son étendard victorieux contre Ala-ed-Daulah , et chassa de Taurys Elvand , qui s'était réfugié dans cette ville. Il déclara aussitôt la guerre à sullhan Mouràd-beyg, gouverneur de l'irac et du Farsistan, qui fut mis en fuite et périt en 909 (1303-4). L'année suivante, il envoya une armée à Kecht dans le Guylan, où il leva des contributions considérables. En 912 (1306-7) lek r distan se rangea sous son obéissance. Ala-ed- Daulah fut déposé, et le Dyarbekir conquis en 913. L'année suivante , Baghdad lui ouvrit ses portes, et il se vit maître de l'irac Arabique, et ensuite du Rhoraçan, par la mort du chef des l'zbeks, tué dans un combat. Le vainqueur satisfait retourna à Connu, alors capitale de ses Etats, où il revêtit une robe de soie brochée en or. I ne seconde invasion dans le Chyrvân lui procura en 915 (1509-10) la conquête de cette province, l es tentatives de Schàh Ismaèl sur la Maouara al-Nahr (la Transoxane), gouvernée souverainement alors par Myr-Nedjem, ne réussirent qu'en 918. Jalou\, et surtout inquiet des progrès de ce nouveau