SM
monarque, Sélym fondit sur ses conquêtes les plus voisines de l'empire ottoman , lui livra une bataille sanglante, et le défit dans la plaine de Tchaldéraun, le 1" redjeb 920(22 août 1314). Le vaincu fuit vers Ispahan, et perd Taurvs et ùne grande partie de ses province* occidentales; cette déroute lit une impression si profonde sur l'âme du malheureux Ismaël , que depuis celte époque on ne le vit jamais sourire. Le manque de vivres le débarrassa de son ennemi, qui dirigea ensuite toute son attention vers l'Égypte. Le monarque persan trouva quelques dédommagements du coté de la mer Caspienne et du Nord. Les gouverneurs du Mazandéran et du Guylan se rangèrent sous son obéissance en 925 (1519). Le Gurdjistan suivit l'exemple du Guylan. Ce prince commençait à jouir de la tranquillité et se livrait même aux plaisirs, lorsqu'une maladie occasionnée par les fatigues de la chasse (et peut-être par sa longue mélancolie) le détermina à choisir pour son séjour éternel le parterre de l'éternelle félicité (c'est-à-dire que Schâh Ismaël mourut), le 3 de redjeb 930 de l'hég. (lundi 9 mai 1524), âgé de 38 années lunaires, après un règne de vingtquatre ans. Son corps fut inhumé à Ardewyl dans le saint et illuminé mausolée des Sofys. Il laissa quatre fils, savoir i Abou Modhafter Schâh Thahmâsp Rehader Schâh , qui lui succéda; Aboul Ghazy el-cas Myrzâ, qui fut gouverneur du Chyrvân; Aboul Nassr Sam Myrzâ; et Aboul-Fathh Bchram. La mémoire de Schâh Ismaël est encore en vénération parmi les Persans, qui le regardent comme fondateur non-seulement d'une brillante dynastie (toy. Auras III), mais encore d'une religion nationale; voilà pourquoi ils le nomment Schdki ckyiaun. roi des Chyites, sectateurs d'Aly : quelques-uns le regardent aussi comme un saint, et vont en pèlerinage à son tombeau. Nous pensons, comme le général Malcolm (History of Pertia. t. i", p. 503), que Schâh Ismaël était un homme de courage et de génie, qui sut profiter avec adresse et activité des circonstances malheureuses où se trouvait alors le royaume de Perse. Plusieurs années avant la publication* de l'estimable et savant ouvrage que nous venons de citer, .l'auteur de cet article avait inséré dans le 10e volume de sa nouvelle édition des Voyages de Chardin, in-8 , une vie de Schâh Ismaël, composée d'après le Tohkfeki Sdmy , et le Loubb etkhlewary rikk. L — s.
1SMAEL 11, roi de Perse, le second des troisfils que Schâh Thahmâsp avait laissés, était en prison à la mort de son père, et en fut tiré pour monter sur le trône, son frère Hhaïder Myrza ayant été massacré en 984 (1576). Son règne, pour être court, n'en coûta pas moins de sang à la Perse. Ce monstre avait débuté par le meurtre de tous les parents et amis de son jeune frère Hhaïdcr, qui lui avait disputé l'empire, et par la mort de tous ceux qui avaient engagé son père à le tenir captif. Après ces exécutions sanglantes, il choisit
des victimes parmi les hommes qui lui donnaient quelque ombrage. 11 allait priver la Perse d'un prince encore enfant , mais qui était destiné à la porter au plus haut degré de splendeur et à figurer lui-même parmi les plus illustres potentats du monde, quand la mort qui le surprit sauva en même temps la vie au jeune Abbâs [voy. Abbas I). Suivant les uns, Ismaël fut empoisonné avec de l'opium ; suivant d'autres , l'excessive quantité qu'il prit de cette drogue et d'une autre préparation encore plus enivrante, nommée fildoun, le fit périr chez un confiseur, dont il avait fait son compagnon de courses nocturnes et de débauches. Au reste, les grands et le peuple furent tellement ravis de se voir délivrés d'un tyran aussi abhorré, qu'ils ne firent aucune enquête sur la véritable cause de cet événement, qui eut lieu le 13 de ramadhan 985 (20 décembre 1577). 11 eut pour successeur Mohammed Myrzâ, fils, comme lui, de Schâh Thahmâsp. L — s.
is.\ a mi (Maximin), né à Grasse vers 1755, faisait dans cette ville le commerce en gros de la parfumerie (1) lorsque la révolution commença. Il l'avait annoncée, provoquée dès le mois de janvier 1789, et il s'en déclara l'un des partisans les plus enthousiastes, ce qui le fit nommer député du Var à l'assemblée législative en 1791, puis à la convention nationale. Son père, qui était riche, n'avait rien négligé pour son éducation. La révolution n'a pas fait connaître d'homme plus véhémeut que ce député, au moins quant à la manière dont il s'exprimait à la tribune. Dès son arrivée à l'assemblée législative, il se déclara avec violence contre les émigrants et les prêtres : il essaya de soulever la nation tout entière contre ces deux classes de Français. Voici comment il s'exprima dans la séance du 14 novembre 1791, lorsqu'il fut question de prendre des mesures contre les prêtres qui refusaient de se soumettre aux lois de la révolution. On verra par une citation combien ce discours contrastait avec les opinions qu'lsnard professa dans la suite. « La religion, s'écria-t-il , « est un instrument avec lequel on peut faire « beaucoup plus de mal qu'avec les autres : ainsi,
* il faut traiter ceux qui s'en servent beaucoup « plus sévèrement; il faut chasser de France ces « prêtres perturbateurs : ce sont des pestiférés
• qu'il faut renvoyer dans les lazarets de Rome et
« d'Italie Je réponds à ceux qui disent que
« rien n'est plus dangereux que de faire des mar- « tyrs, que ce danger n'existe que lorsqu'on per- ■ sécute des hommes vertueux, fanatiques; et il « n'est question ici ni d'hommes vertueux ni de « fanatiques, mais d'hypocrites et de perturba-
« teurs Ne craignez pas non plus d'augmenter
« la liste des émigrés; le prêtre n'a pas le carac-
(Il Isnard, voyageant en Provence dam m jeunease pour let affaire» de «on commerce, fut arrêté par des brigand*, contre lequel» il ne craignit pu de m défendre; il reçut une balle dans la cuiaae et parfint neanmoini 4 leur échappw par U vîtes* <to •on cheval. A-*.
# 1ère assez résolu pour prendre un parti ouver- « tement hostile : il est , en général , aussi lâche
* que vindicatif ; les foudres de Rome s'éteindront « sous le bouclier de la liberté... » Après cette sortie, qui lui valut les applaudissements des tribunes publiques, l'orateur se laissa emporter jusqu'à cette profession de foi : « La loi, voilà mon « Dieu ; je n'en connais pas d'autre /... » Cette déclaration excita cependant quelques murmures dans l'assemblée, et contre l'usage, l'impression n'en fut pas décrétée. « C'est un code d'athéisme, « s'écria Lecoz, évêque constitutionnel d'Ille-et- « Vilaine, M. Isnard veut oter au peuple ses plus «douces consolations. » Isnard, le lendemain, écrivit à tous les journaux pour repousser l'accusation d'athéisme. Dans son discours, il avait encore parlé sur le même ton des obstacles que devait rencontrer la révolution, et que, selon lui, il fallait surmonter par les moyens les plus violents. « Ne pensez pas, avait-il dit, que les classes favo- « risées par l'ancien régime se rattachent au non- « veau de bonne foi et sans combat. Ne croyez « pas que cette révolution, qui arrache au despo- « tisme son sceptre de fer, à l'aristocratie ses ver- « ges, à la théocratie ses mines d'or, qui déracine « le chêne féodal , foudroie le cyprès parleraen- « taire, déchire le froc, détruit la fiscalité, qui va « peut-être émouvoir tous les peuples, forcer les « rois à fléchir devant eux; ne pensez pas qu'une « telle révolution puisse s'opérer paisiblement. • Il termina en disant qu'il fallait continuer la révolution , tandis que les citoyens étaient encore en haleine; et que, dans l'état où se trouvaient les esprits, toute circonspection serait une faiblesse. Un peu plus tard , il attaqua les ministres du roi avec la même violence, et déclara que pour eux la responsabilité était la mort... A la fin de décembre, il appuya la mise en accusation des princes frères du roi. « Si nous ne punissons pas tous « les chefs des rebelles, dit-il, ce n'est pas que
■ chacun ne reconnaisse qu'ils sont coupables, « mais parce qu'ils sont princes, et que, quoique « nous ayons détruit la noblesse, ces vains fantô- « mes épouvantent encore les âmes pusillanimes... « Il est temps enfin que ce grand niveau de l'éga- « lité qu'on a placé sur la France libre prenne son
■ aplomb... C'est la longue impunité des grands
• criminels qui a rendu le peuple bourreau. Sa
■ colère, comme celle de Dieu, n'est que trop sou-
* vent le terrible supplément du silence des lois... » Le triomphe le plus éclatant de cette éloquence révolutionnaire fut celui qu'obtint Isnard lorsque, sur un rapport diplomatique fait par Kocb, contre les princes allemands qui permettaient aux émigrés armés de se réunir dans leurs États, il se livra i de nouvelles attaques contre l'émigration Sa passion se communiquant aux tribunes et à la plupart des députés, on vint le féliciter de toutes parts, et il fut reconduit à sa place dans une espèce d'ovation devenue ensuite très-commune, mais qui alors était sans exemple. Le 15 mai sui-
rant, Isnard présenta un nouveau rapport sur la
situation politique de la France , accusa la cour d'égarer le roi, et dénonça un plan de contre-révolution organisé par le comité autrichien. Peu après, il s'éleva contre la garde constitutionnelle du monarque, disant ouvertement qu'il fallait détruire cette garde pour détruire ensuite la royauté. Au 20 juin, il fut envoyé pour contenir la multitude qui envahissait le château des Tuileries, et parla avec éloge de la conduite de ces hordes, annonçant avec joie à l'assemblée que le roi avait arboré lui-même et de sa propre volonté le bonnet de la liberté. Faisant ensuite allusion aux menaces que le général Lafayette était venu faire aux députés à la barre même de l'assemblée et aux éloges qu'il avait reçus du côté droit, il ajouta :
■ Celte tribune a été souillée par l'éloge d'un cou- « pable, il faut la purifier. Au reste, je pense « qu'on ne doit comparer ce jeune citoyen ni à « César, ni à Cromwell ; ce serait lui faire à la fois
■ trop de tort et trop d'honneur... » Le 13 juillet, il se constitua le défenseur de Pétion et de Manuel , poursuivis pour les événements de la précédente émeute contre Louis XVI. Le 3 août, il accusa ce malheureux prince, si près de sa chute, de n'être fidèle è la constitution que dans ses discours..., et il s'opposa à l'impression de son message relatif au manifeste du duc de Brunswick. Le 9, il préluda, pour ainsi dire, dans une de ses harangues les plus virulentes, à la catastrophe du lendemaiu. Les premiers commissaires envoyés près de l'armée ayant été momentanément arrêtés par ordre de Lafayette, Isnard fut désigné pour les suppléer et faire agréer la nouvelle révolution. Réélu bientôt après membre de la convention nationale par le département du Var, il y débuta avec la même violence. Dans le procès de Louis XVI, il vota pour la mort, en rappelant « qu'à l'assem- « blée législative, il avait dit que si le feu du
■ ciel était entre ses mains, il en frapperait tous « ceux qui attenteraient à la souveraineté do « peuple ; en ajoutant que, fidèle à ses principes, « il demandait que les deux frères émigrés de « Louis fussent jugés par un tribunal criminel. » Le 2.~> février, il dit a ses collègues, d'un ton solennel : « Quelles que soit vos opinions, notre « cause est commune; nous sommes tous passa- « gers sur le vaisseau de la révolution : il est lancé,
• il faut qu'il aborde ou qu'il se brise. Nul ne « trouvera planche dans le naufrage. Je ne vois « qu'un moyen de nous sauver tous : c'est que la
• masse des citoyens forme un colosse puissant, « qui, debout devant les nations, saisisse d'un « bras exterminateur le glaive national, le pro- « mène sur la terre et les mers , renverse les ar»
■ mées et les flottes A la séance orageuse du
5 mars, voyant que la montagne refusait la parole à Barbaroux , député du parti girondin , auqael il appartenait lui-même, Isnard se récria avec beaucoup de force contre le défaut de liberté de la convention, qu'il qualifia de machine à décrets dam
la main d'une faction : puis, apostrophant les tribunes, il déclara au peuple que sa liberté* était placée entre le despotisme et l'anarchie; qu'il avait brisé le premier de ces écueils, mais qu'il était près de se briser contre le second. Le 5 avril, il fit adopter le décret d'après lequel on organisa le comité de salut public, et il fut un des premiers membres de ce terrible pouvoir, qui devint bientôt une cause de mort pour tous ceux qui avaient concouru à sa création. La scission entre la gironde et la montagne était déjà fortement prononcée à celte époque , mais ce fut dans le mois suivant, et sous la présidence même d'isnard, que les deux partis s'attaquèrent avec le plus d'acharnement. Le triomphe inutile qu'obtinrent momentanément les girondins, en faisant arrêter Marat , donna lieu à des séances très-orageuses les 23, 26 et 27 mai. Dans la première, Isnard, répondant comme président à la députation de la commune, qui réclamait d'un ton menaçant la liberté de Marat, déclara que * si Paris attentait « à la convention nationale, on chercherait biensi tôt sur les rives de la Seine la place où cette « ville aurait existé. » Alors un trouble immense éclata. Les partisans de Marat insultèrent le président, le traitèrent de vil tyran : Bourdon de l'Oise menaça même de le tuer, et Isnard fut à la fin obligé d'abandonner le fauteuil. Le 30 du même mois, la commune le dénonça personnellement, et demanda vengeance des propos injurieux qu'elle prétendit qu'il s'était permis contre elle. Le jour même, 31 mai, il déclara qu'il se suspendait de ses fonctions par amour pour la paix; et il évita ainsi d'être compris dans la mise en accusation de ses collègues, décrétée le 2 juin : mais dans le mois d'octobre suivant, il fut mis hors la loi par un décret spécial. Étant venu à bout de se soustraire aux recherches, en se cachant chez un ami, il passa pour mort, et ne reprit séance à la convention qu'après la chute de Robespierre. Envoyé alors dans le département des liouches-du-Khônc, il s'y prononça fortement contre les terroristes qui l'avaient persécuté. Ce fut lui qui, le premier, rendit compte, dans une petite brochure, des excès commis à Toulon lors de la reprise de cette ville (coy. Fréron). Les terroristes l'ont accusé depuis d'avoir encouragé les sanglantes représailles que les habitants du Midi exercèrent contre eux à cette époque, entre autres le massacre des détenus au fort St-Jean à Marseille; et cette phrase qu'il adressa aux réactionnaires eut bientôt un cruel retentissement : « Vous n'avez pas d'armes, ■ dites-vous; eh bien ! fouillez la terre, cherchez-y
• les ossements de vos pères, et courez sur leurs
* assassins. » Dtvenu, en septembre 1795, membre du conseil des cinq-cents, Isnard s'y fit peu remarquer; il en sortit en 1797, et obtint uue place dans les tribunaux du Var. Ce fut alors qu'on le vit rentrer dans le sein de cette religion qu'il avait si violemment outragée ; depuis, sa conduite ne cessa d'être conforme à ses nouveaux senli-
ments (1). Il a publié en 1801 , sur l'immortalité de l'âme, un écrit où l'on trouve le passage suivant : « Le décret qui me mit hors de la loi sem- « bla me mettre également hors des peines de la « vie et m'introduire dans une existence nouvelle " et plus réelle. Si je n'eusse été proscrit, emporté « comme tant d'autres dans une sorte de tourbil- « Ion, j'aurais continué d'exister sans me con- « naître, je serais mort sans savoir que j'avais vécu. « Mon malheur m'a fait faire une pause dans le « voyage de la vie, durant laquelle je me suis « regardé, reconnu; j'ai vu d'où je venais, où «►j'allais, le chemin que j'avais fait, celui qui me « restait à parcourir, et celui qu'il me convenait « de prendre pour arriver au vrai but. » N'ayant pas rempli de fonctions publiques en 1815, Isnard ne fut pas obligé de quitter la France comme régicide en 1810, et il continua d'habiter paisiblement sa ville natale, où il est mort vers 1830, dans de vifs sentiments de piété et de repentir (2). On a de lui : 1° Discours sur la chose publique, ci Projet d'interpellation nationale à adresser au roi par te corps législatif au nom du peuple français 1792, in-8°; 2° Proscription d'isnard, 1795, in-8°, écrit de 98 pages, où il se plaint amèrement des persécutions de Robespierre et de la commune de Paris : il y raconte sa vie politique ; 3° Isnard A Fréron. 1790, in-8» (toy. Fhérom) ;4?> De l'immortalité del'dme, 1802, in 8°; 5" Réflexions relatives au sénatus-consulte du 28 floréal an 12 (portant élévation de Bonaparte à l'empire), 1804, in-8°; 0° Dithyrambe sur l'immortalité de l'dme, 1805, in-8". L'auteur en fit hommage à Pic VII lorsque le pontife vint en France pour sacrer Napoléon. Cet opuscule est suivi d'une nouvelle édition d'un discours sur le même sujet, indiqué ci-dessus n° 1. — -Ismard (Achille-Nicolas), né à Paris, fut ingénieur des ponts et chaussées et membre du tribu nat; il mourut vers 1803. On a de lui : 1° Traité des richesses. Lausanne, 1781 , in-8°; cet ouvrage parut anonyme sous la rubrique de Londres; 2° Catéchisme social, ou Instructions élémentaires sur la morale sociale à l'usage de la jeunesse, Paris, 1784, in-8° (anonyme); 3° Observations sur le principe gui a produit Us révolutions de France, de Genève et d'Amérique dans le 18' siècle, Paris, 1789, iu-8"; 4° Les devoirs de la seconde législature, ou Des législateurs de France, Paris, 1790-91, 4 vol.
(I) Vigoureusement constitué et d'un tempérament sanguin, Isnard était fougueux, violent, mais en paroles plutôt qu'en action*. Entraîné par une imagination exaltée, il n'avait pas de ténacité et revenait facilement de ses opinions comme de ses emportements. Il avait d'ailleurs de l'honneur et de la probité. A T.
(3) Isnard était connu pour ton extrême voracité. Lorsqu'il arrivait à une table d'bùte avant les autres convives, il mangeait . en attendant le dincr, plusieurs des petits pains qu'on avait mis sous les serviettes. Nous l'avons vu, dans un repas particulier où nous éUons invité comme lui, accepter un défi au second service , et dévorer i lui seul une fort belle dinde dont il ne laissa que le bec et les pattes, car il en avait broyé les os dans ses dents aussi fortes que son estomac. — Il allait sauvent i Krascati pour y prendre des glace* ; il en demandait d'abord une de chaque espèce comme échantillon , puis sa faisait apporter la sorbetière nù était contenue l'espèce qui lui avait paru la plus agréable , et il la vidait entièrement. A -T.
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in-8° qui furent publiés par cahiers; 5° Considérations théoriques sur les caisses d'amortissement de la dette publique, Paris, 1804, in-8». B — c et M — D j.
ISOARD (Joachim»Jea!<-Xav!er d'), cardinal, archevêque d'Auch et archevêque nommé de Lyon , naquit à Aix en Provence, le 23 octobre 1766, d'une famille très-ancienne (1). Quoique l'atné, le jeune d'Isoard, ayant perdu son père de bonne heure, fut envoyé par sa mère, femme très-pieuse, au séminaire d'Aix, pour s'y préparer à la première communion. C'est là qu'il forma avec l'abbé Fesch une liaison qui devait avoir sur toute sa vie une grande influence. 11 l'emmena passer les va* cances dans sa famille, qui accueillit le jeune Corse avec une extrême bonté. Lorsque, quelques années plus tard, au milieu de la tourmente révolutionnaire, la famille Bonaparte se réfugia sur le continent, elle s'empressa d'aller témoigner sa reconnaissance à madame d'Isoard, et elle reçut encore de cette pieuse dame des bienfaits dont elle avait grand besoin. C'est vers cette époque que le jeune Xavier se vit contraint d'aller chercher un asile en Italie. En 1794, il était à Vérone, auprès de Honneur, frère de Louis XVI. Cette même année, il revint a Alx et il ût partie» d'une de ces réunions que formaient à cette époque les royalistes dans le midi de la France, pour y résister aux révolutionnaires. Ce fut à la faveur de ces relations qu'il se trouva en position de sauver la vie à Lucien Bonaparte, poursuivi comme ayant été dans ce pays l'un des plus ardents révolutionnaires. Après la journée du 18 fructidor, les royalistes se voyant de nouveau contraints de fuir, Xavier d'Isoard retourna en Italie, et ne rentra en France que sous le consulat. A son arrivée à Paris, il fut accueilli par son ami Fesch, dont la position était alors très-brillante, et qui devint bientôt, par la faveur de son neveu Napoléon, archevêque de Lyon, puis cardinal et ambassadeur de France à Rome (1803). Le cardinal Fesch emmena son ami avec lui et le fit nommer cette même année auditeur de rote. D'Isoard entra en charge au mois de juin 180», et il acquit bientôt la réputation d'un juge intègre cl éclairé. Lorsque Pie VU fut éloigné de se» Etats, en 1809, et emmené captif, Isoard s'associa aux infortunes du saint-père, et il suivit en France les cardinaux et les prélats romains. L'empereur lui offrit à diverses reprises des emplois considérables dans l'ordre civil, et lui proposa même d'entrer au sénat ; mais il refusa tout avec un rare désintéressement. Ce fut à cette époque qu'il composa dans le genre épique un petit poème intitulé U Premier jour du monde, dont le manuscrit est resté
(1) Le nom dltoard rtt un des plat ancien* du Dauphin*. Il occupe une place considérable dana l'histoire de cette province au moyen âge. Un des ancêtres du cardinal avait (undé un couvent de dominicain*, où , en reconnaissance de ce bienfait, un service solennel était célébré chaque année pour sa (amilla. Il le (ut Jusqu'à la deeirucUon des couvents, lors de la première révoluUon. Le cardinal était l'aine de deux Irèrea, dont un seul iut marie et a laissé des enfanta.
dans sa famille. Après le désastre de Moscou, au retour de l'empereur à Paris, on eut à redouter qu'il voulût arracher au pape quelque concession funeste à l'Église. Tous les prélats présents dans la capitale se réunirent et résolurent de faire connaître leurs intentions et leurs voeux à Sa Sainteté. Un mémoire fut préparé dans ce but, et d'Isoard, qui l'avait rédigé, se chargea de le porter luimême au pontife, malgré les plus grands périls : c'était dans les derniers jours de 1813, et avant le fameux concordat de Fontainebleau. La mission était périlleuse, on en pourra juger par les avis contenus dans cette communication : « L'état « actuel des choses, disait l'interprète des prélats, « rend la situation de Sa Sainteté bien différente « de ce qu'elle était, et les espérances qui naissent « avec les nouvelles circonstances lui tracent un « ordre de conduite positif dont le chapitre des « dernières considérations ne peut plus faire « partie. Ce n'est plus une puissance à l'ascen- > dant de laquelle toute l'Europe était soumise, « devant qui toutes les opinions se taisaient, et « qu'il fallait ménager pour empêcher que tout ne « fût perdu, une puissance également absolue, « inexorable et impétueuse, en présence de qui « le pape se trouve. Cette puissance est abattue ou « son prestige dissipé. L'Europe «t les opinions « ont repris leur voix, et le pape est enfin de- « venu indépendant des ménagements extraordi- « naires. Le pape est même, si j'ose le dire (ao- « jourd'hui que tant de sociétés n'existent plus, « que le monde catholique a droit à son tour « d'être écouté et d'être compté pour quelque a chose , que le bien de l'Eglise ne dépend plus « d'un seul vouloir et d'un seul caprice), le pape, « dis-je, est responsable à l'Eglise et au monde, « et d'une conduite à laquelle s'attache la plus « grande importance, et de ce que ferait perdre « une condescendance pour certaines craintes que * l'Europe ne peut plus estimer. Dans la ligne de - justice où Sa Sainteté s'est placée, elle est mal» « tresse ou de réclamer hautement, on de s'en « tenir à une inflexible passivité à l'égard de toute « provocation nouvelle. En un mot, elle se doit, « elle doit au saint-siége, à ses Etats, siège et « garant de son indépendance, au peuple chrétien ■ et aux circonstances qui se déclarent, une con- « duite qui ne porte aucun préjudice aux intérêts « les plus chers, les plus sacrés et les plus impor- « tants. n Pie VU se montra fort sensible i cette nouvelle marque de dévouement, et il en remercia d'Isoard en termes pleins de bienveillance dans une lettre en date du 18 janvier 1814, écrite au prélat français par le cardinal Consalvi. Pendant les cent jours de 1815, d'Isoard devait être nommé chargé d'affaires à Home pour Napoléon. Mais des difficultés s'élevèrent au sujet du traitement, et l'on entama des négociations qui furent brusquement interrompues par la défaite de Waterloo. Rendu au trône de ses pères, Louis XVU1 voulut envoyer à la cour de Rome un
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auditeur de rote de son choix, et nomma M. de Salamun, ancien conseiller clerc au parlement de Paris, sacré évêque d'Orthosie en 4806. Mais le saint-siége refusa de le reconnaître, regardant comme inamovible la charge d'auditeur de rote. On ne trouva moyen de finir cette discussion qu'en nommant M. de Salamon à l'e'réche' de St-Flour. D'isoard continua d'occuper sa place à la rote. Il eut beaucoup de part à la conclusion du concordat de 1817, et le rapport, écrit en entier de sa main, le témoigne suffisamment. En 1823, il fut un des exécuteurs testamentaires de Pie VII, qui eut toujours pour lui une tendre affection. Ce pontife?, par son testament, avait nommé pour exécuteurs trois cardinaux et le doyen de la rote pro tempore, c'est-à-dire celui qui serait en place au moment de sa mort. Or, à cette époque, monseigneur d'isoard était devenu doyen. Jusque-là il était resté simple tonsuré. Son entrée dans les ordres avait toujours été différée par son excessive délicatesse de conscience. Ce ne fut qu'en 1825 qu'il se détermina à recevoir les ordres sacrés, et qu'il fut ordonné prêtre à Rome. Après sa première messe, on rapporte qu'il fut tellement frappé de la grandeur des saints mystères qu'il venait de célébrer qu'il passa plusieurs jours sans oser remonter à l'autel. Le 25 juin 1827, en sa qualité de doyen dç la rote, il fut fait cardinal par le pape Léon XII, qui le désigna souvent comme arbitre dans les affaires difficiles et importantes. De retour en France, monseigneur d'isoard fut nommé à l'archevêché d'Aucb , et sacré à Paris par le cardinal de Latil, le 11 janvier 1829. Le 24 du même mois, Charles X le nomma pair de France, avec le titre de duc. Le cardinal alla prendre possession de son diocèse, où il montra comme à Rome celte douceur et cette affabilité qui lui avaient gagné tous les cœurs. Il fit encore deux fois le voyage d'Italie pour assister aux conclaves qui suivirent la mort de Léon XII et celle de Pie VIIL Dans le dernier, il fut chargé de l'exclusion pour la France. En 1831 , il retourna dans son archevêché, où il parut comme un ange de paix retraçant aux yeux de son peuple l'image du bon pasteur. Les ravages du choléra en 1835 lui fournirent une occasion de faire éclater sa charité. Il donna en même temps à son église des preuves de son affection en refusant deux fois l'archevêché d'Aix, sa patrie, qui lui fut offert. Après la mort du cardinal de Cheverus, en 1836, il refusa également l'archevêché de Bordeaux. L'archevêché de Lyon devint vacant par la mort du cardinal Fesch au mois de mai 1839, et le cardinal d'isoard fut nommé à ce siège par ordonnance du 14 juin suivant. Ce fut surtout pour se rapprocher de sa famille et pour retrouver un climat plus favorable à sa santé, qui s'affaiblissait de jour en jour, que le cardinal d'isoard accepta ces laborieuses fonctions. S'étant rendu à Paris pour de là aller prendre possession de son nouveau siège, il y tomba malade et y mourut d'une
inflammation de poitrine le 7 octobre 1839. Les funérailles du cardinal d'isoard furent célébrées à Auch avec toute la pompe due à un prince de l'Eglise, le 23 octobre, jour anniversaire de sa naissance , et son corps fut déposé dans un des caveaux préparés dans l'église métropolitaine, au pied de l'autel du chœur. Le 23 octobre se trouvait aussi le jour de la fête de St-Léothade, archevêque d'Auch, qui mourut en Bourgogne au 8« siècle, et dont les restes mortels furent également transportés à Auch, et déposés dans l'église métropolitaine. M— oj.
ISOCRATE, l'un des dix grands orateurs attiques, naquit quatre cent trente-six ans avant J.-C. Théodore, son père, qui faisait un commerce lucratif d'instruments de musique, n'épargna rien pour son éducation. A celte époque , l'art de la rhétorique , né en Sicile , venait d'être apporté dans Athènes et dans le reste de la Grèce par quelques sophistes célèbres. Isocrate eut pour maîtres Gorgias, qui était alors au premier rang des rhéteurs ; Prodicus , dont le bel apologue d'Hercule entre le vice et la vertu a immortalisé la mémoire ; Théramène, que sa versatilité fit surnommer Cothurne, et qui, plus tard, condamné à mort par les trente tyrans, dont il était le collègue sans vouloir être leur complice, ne trouva de défense que dans le zèle et la reconnaissance courageuse de son jeune disciple. Isocrate eut bientôt surpassé ses maîtres ; mais quand il voulut appliquer ses talents à l'administration et entrer dans la carrière politique, vers laquelle les études de sa jeunesse avaient été dirigées, il se vit forcé d'abandonner ce projet et de renoncer à la gloire qu'il ambitionnait, celle d'être un jour compté parmi les grands hommes d'Etat de son pays. Une timidité naturelle, dont malgré tous ses efforts il ne put triompher, et la faiblesse de sa voix ne lui permirent point de monter à la tribune et de parler dans les assemblées du peuple. Il ne se consola jamais de ce malheur. Dans le temps de sa plus grande gloire il disait : « J'en- « seigne la rhétorique pour dix mines ; mais à « qui m'enseignerait le moyen d'être hardi et « d'avoir une belle voix, je donnerais dix mille « drachmes. » Et composant, à quatre-vingt-quatorze ans , le bel exorde de son Panathénatque, il écrivait cette phrase chagrine : « Je suis telle- « ment dépourvu des deux qualités qui , parmi ■ nous, ont le plus d'influence, l'organe et la « hardiesse, que je ne sache pas qu'elles manquent « à personne autant qu'à moi. Ma condition est « encore plus humiliante que celle des débiteurs « de l'Etat ; car ils ont l'eapoir de s'acquitter , « mais moi , jamais je ne changerai la nature. » Au reste il n'était pas toujours timide. Nous avons déjà remarqué qu'il eut le courage de vouloir défendre Théramène , et quelques années après il osa, le lendemain de la mort de Socrate , se montrer seul en habits de deuil quand les disciples mêmes du philosophe se cachaient ou pre-
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n. lient la fuite. Ne pouvant faire de ses talents oratoires l'usage pour lequel il avait voulu les acquérir, Isocrate songea tlu moins à en tirer parti pour sa fortune. Il composa des plaidoyers pour ceux qui n'étaient pas en état d'en composer eux-mêmes ; il ouvrit ensuite une école d'éloquence, qui ne tarda pas à être fréquentée par l'élite des jeunes Grecs qui se destinaient aux lettres ou à la politique. Épliore, Tbéopompe, Isée, Timothée, Philiscus, Xénophon, furent ses disciples. On en connaît bien d'autres; mais leurs noms sont devenus presque tous plus ou moins obscurs: d'autres sont incertains, et il serait peu utile de les rappeler ici. Nous observerons seulement , pour donner quelque idée du grand nombre d'auditeurs qui accouraient à ses leçons, qu'llerraippus avait composé sur les disciples d'Isocrate un ouvrage en plusieurs livres , et Cicéron a dit quelque part que la maison d'Isocrate était un gymnase, un atelier de paroles ouvert à toute la Grèce, et que de son école, comme du cheval de Troie, était sortie une foule de héros. Isocrate ajoutait à ses leçons l'exemple de ses écrils, exemple toutefois qu'il eût été dangereux de suivre de trop près. Il composa des discours sur de grands objets politiques, sur les intérêts les plus pressants de la Grèce, sur des questions de morale ; quelquefois , à l'imitation des sophistes ses contemporains, sur des sujets frivoles et déclamatoires. N'ayant point en vue les succès de la tribune publique , et ne travaillant que pour la lecture attentive du cabinet, il s'attacha surtout à donner à son style une exactitude rigoureuse, et à chaque mot la plus scrupuleuse propriété ; à disposer symétriquement ses périodes; à éviter le concours des voyelles et tout ce qui peut offenser l'oreille. Pour polir à ce point ses ouvrages il lui fallait un temps considérable. Son Panégyrique, par exemple, lui coûta, dit-on, dix annéees entières de travail. Cette perfection, si laborieusement acquise, est balancée par des défauts très-grands et qu'elle-même a produits : le manque général de chaleur et d'entraînement ; une monotonie constante , et trop souvent l'affaiblissement des idées qu'enveloppe une surabondance de mots, utiles seulement pour remplir les vides des périodes et en égaliser le rhythme et la cadence. Chez un peuple aussi sensible que les Grecs à l'harmonie du langage, les productions d'Isocrate durent avoir un succès prodigieux. Nous avons dans les ouvrages de plusieurs sophistes, que le temps bous a conservés, la preuve qu'ils ont admiré souvent des compositions dont un arrangement nombreux de paroles sonores faisait tout le mérite. Qu'on juge de l'enthousiasme avec lequel ils accueillirent les œuvres d'un écrivain qui joignait à cette harmonie merveilleuse et enchanteresse les principes les plus sages, les vues les plus saines et les plus morales , auquel , en un mot , ce serait faire une grande injustice que de ne pas reconnaître qu'il
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vaut encore mieux par le fond que par la forme.
Ge succès lui fit beaucoup d'ennemis , et ses richesses qui croissaient chaque jour n'en diminuèrent pas le nombre. Les Athéniens , qui tous étaient admis gratuitement à ses leçons, auraient dû lui pardonner une fortune qui leur coûtait si peu ; mais ce peuple était jaloux par caractère, et ne voyait jamais sans chagrin et sans une secrète inquiétude un citoyen se distinguer par des talents supérieurs ou par l'éclat de l'opulence. On reprochait à Isocrate de faire payer ses leçons un prix excessif : ce prix était pour les étrangers de mille drachmes ou neuf cents francs, plus ou moins ; ce qui assurément n'est pas excessif. On l'accusait d'avoir avec les souverains des relations intéressées, comme avec Nicoclès, roi de Cypre, qui lui donna vingt talents (plus de cent nulle francs) pour un discours ; ou des relations suspectes, comme avec Philippe de Macédoine, auquel il écrivait fréquemment , qu'il préconisait sans cesse, et dont il servait manifestement la politique. Isocrate a, dans plusieurs de ses ouvrages, répondu à ces reproches. Toutefois on nr peut s'empêcher de croire que sa conduite avec Philippe fut au moins imprudente et légère. Mats il prouva d'une mauière héroïque que ses intentions avaient toujours été pures et qu'il avait sincèrement aimé son pays. Après cette funeste bataille de Chéronée , qui assura la domination de Philippe, il eut le courage de ne pas vouloir survivre a la liberté publique , et il aima mieux se laisser mourir de faim que de voir Atbèues asservie aux Macédoniens : il avait alors 99 ans. Il nous reste de ce grand écrivain dix lettres et vingt et un discours. Le premier est adresse à Démonique : c'est un recueil de maximes détachées que les meilleurs critiques attribuent à un Isocrate d'ApolIonie, dont Suidas et Harpocration nous ont conservé la mémoire, et qui fut disciple et successeur de l'orateur. On a élevé des doutes encore plus fondés sur l'authenticité de la dixième lettre, qui n'est visiblement qu'une composition scolastique, mise par quelque sophiste sous l'abri d'un grand nom. Il est peu d'auteurs anciens qui aient eu aussi souvent que celui-ci l'honneur d'être réimprimés , parce qu'il en est peu qui soient aussi véritablement classiques, aussi propres à être mis dans les main* des élèves. Ce serait allonger cet article de détails fort inutiles que de vouloir donner une noraençlature un peu exacte de cette foule d'éditions. Il nous suffira d'indiquer la première, donnée à Milan en 1493 par Démétrius Chalcondyle ; celle de Jér. Wolf (1590); celle de H. Estienne (13SS), à laquelle sept savantes dissertations ajoutent de l'intérêt ; celle de Battie (1749), qui est utile et le serait davantage s'il s'était servi avec plus de critique des manuscrits d'Angleterre, dont il rapporte les variantes ; celle de l'abbé Auger, Pans, 17H3, 3 vol. in-8°, qui a collationné un grand nombre de manuscrits, et a corrigé le texte en
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quelques endroit* arec assez de bonheur ; celle de M. Lange, professeur de philosophie à Halle (1803), qui s'est aidé de deux manuscrits, et a sur tous ses devanciers l'avantage de la correction ; celle du docteur Coray (1807), l'un des meilleurs éditeurs et des plus excellents interprètes qu'lsocrate ait eus jusqu'ici, et celle donnée à Berlin en 1853. Le Panégyrique a été donné séparément par Morus (1803), et ses notes sont très-bonnes pour l'interprétation: ce même discours a été publié à l'usage de nos écoles par M. Longueville, 2e édition, Paris, 1820, in-12, et un excellent juge, M. Lelronne, a, dans le Journal des savants, annoncé ce travail avec éloge. Enfin nous signalerons les éditions de Pinzger, Leipsick, 4825, et de Dindorf, Leipsick, 1826; de Lefranc, Paris, 1826, in-12. H. Mustoxydi, savant Corflote, a eu un bonheur assez rare : il a trouvé dans deux manuscrits d'Italie le discours sur l'Échange, plus étendu que dans les éditions, et l'a fait imprimer en 1812 avec cette addition, qui remplit plus de quatre vingts pages. Les manuscrits Mirent bien rarement aujourd'hui de si belles découvertes. Le travail de H. Mustoxydi" a reparu en 1811, par les soins de M. Orelli de Zurich. L'abbé Auger, que nous avons nommé parmi les éditeurs d'Isocrate, ne s'est pas contenté de nous donner son texte ; il en a publié une traduction française complète, Paris, 1781, 3 vol. in-8°: elle n'est pas bonne assurément, mais c'est la seule traduction complète que nous ayons. Le Discours à Démonique avait déjà été traduit par Régnier Desmarais, et l'Éloge d'Hélène par Giry. Cet éloge est une espèce de déclamation , dont un de nos plus habiles helléniste», H. Courier, a fait, par amusement et badinage, une agréable imitation, Paris, 4803, in-8». L'Eloge de Busiris est une autre composition du même genre que Duryer a mise en français, Paris, 1610. L'Éloge d'Évagoras, roi de Cypre, se trouve en français dans le Parallèle des anciens et des modernes, par Perrault, Amsterdam, 1693. Le premier volume des Vies des antiens orateurs grecs, par M. de Burigny, est tout entier consacré à Isocrate : on y trouve une introduction très-développée sur la vie, les ouvrages et l'éloquence d'Isocrate, avec la traduction du Nicoclès. du Panégyrique d'Athènes, et du Plaidoyer contre Euthynoùs : on ne sait pourquoi Bréquigny l'appelle Euthyn ; disait-il donc aussi les jardins d'Alcin, pour les jardins d'Alcinous ? Cette façon de défigurer un nom pour le franciser est ridicule. B— ss.
ISOLANIS (Isidore de), savant théologien, était né dans le 15* siècle, à Milan. Ayant embrassé la règle de St-Dominique , il enseigna d'abord la philosophie et la théologie dans les principaux couvents de son ordre en Lombardie. li fut ensuite nommé lecteur à Bologne, où il expliqua le Livre des sentences de P. Lombard. Le P. Isidore était de retour à Milan lorsque François I" s'empara de cette ville en 1515. Ce prince lui fit compter
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une somme pour l'aider à remplir la mission dont il venait d'être chargé par ses supérieurs. Isidore en témoigna sa reconnaissance au roi dans la dédicace d'un de ses ouvrages (1). L'un des premiers il se déclara contre la doctrine de Luther touchant lés indulgences, et il écrivit plusieurs traités pour la réfuter. Il mourut vers le milieu du 16* siècle. Dans les Scriptor. ord. pradicator., t. 2, p. 50, on loue l'élégance et la pureté de son style. Il a composé cependant un si grand nombre d'ouvrages qu'il lui était impossible de mettre beaucoup de temps à les polir ; l'Argelati , dans les Scriptor. nudiolan., en a donné la liste la plus étendue. Nous nous bornerons à rappeler ceux qui sont les plus recherchés : 1° De regum prhtripumque institutis. Milan, sans date, in-fol. ; 2» Explicntio imtnortalitalis hutnani animi. secundutn philosophas, ibid., 1509, in-4°, édition rare, inconnue à tous les anciens bibliographes (voy. le Calai. de Maccarthy, n° 1636). Dans les Scriptor. ord. preed., on en cite une édition de 1320, même format. 3° Dtsputationes catholicœ : 1 . De igne inferni; 2. De purgatorio; 3. De merito animarum purgatorii et eognitione ftropria beatitudinis futur a ;