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de Khotman , forteresse située à l'extrémité du royaume, sur les bords du Cyrus. Fiers de ce succès, ils attaquèrent le gros de l'armée mongole, et éprouvèrent une déroute complète. Vahram seul vainquit le corps ennemi qui lui était opposé : le roi de Géorgie fut obligé de se réfugier dans les montagnes; et Ivané, avec dix hommes seulement, se jeta dans la forteresse de Kbeghi. Les Mongols, qui n'avaient point alors l'intention de s'emparer de la Géorgie, ne songèrent pas à profiter de leurs avantages : ils traversèrent les gorges qui conduisent du pays de Kakhet dans les plaines du Kaptcbak; ils n'osèrent prendre le chemin de Derbend, qui était beaucoup plus court, parce que ce défilé était occupé par les princes musulmans du Srhirwan, et qu'ils étaient pressés d'aller rejoindre la grande armée mongole, campée à l'orient de la mer Caspienne. En traversant le Caucase, les Tartares vainquirent la puissante tribu des Huns de Kountchakh, ravagèrent son territoire, détruisirent ses habitations, et la forcèrent d'émigrer presque tout entière. Ces Huns envoyèrent alors à George et à Ivané des ambassadeurs chargés de leur demander des terres pour s'établir en Géorgie, promettant de les servir fidèlement. Ceux-ci rejetèrent leur prière. Les Huns s'adressèrent ensuite aux musulmans de Gandjah, qui leur en accordèrent sans difficulté. Ivané, irrité de ce qu'ils avaient trouvé si près de la Géorgie un asile, vint les attaquer, en l'an 1223, dans leur nouvelle habitation. Il échoua dans son entreprise, et perdit la plus grande partie de ses soldats; un grand nombre de ses parents restèrent prisonniers des barbares, qui les vendirent comme esrlaves aux musulmans. Cette défaite et les ravages des Tartares affligèrent tellement le roi George, qu'il tomba dangereusement malade, et mourut peu après. Sa sœur Rousoudan monta sur le trône au préjudice d'un jeune enfant qu'il avait eu d'une de ses concubines. En 1224, Ivané voulut 'tirer vengeance de l'affront qu'il avait éprouvé , et il revint attaquer les Huns avec de nouvelles forces : il fut plus heureux cette fois; ces barbares furent vaincus à Vartanakert, sur les bords de l'Araxes. Le général géorgien fit dans cette occasion tant de prisonniers, qu'il put facilement se procurer les moyens de racheter ses parents. La reine Rousoudan eut pour Ivané la même confiance que sa mère et son frère; et il continua de rester à la téte des affaires. En 1225, le sultan Djelaleddin, qui avait recouvré sur les Mongols la plus grande partie de ses Etats, voulut se dédommager du coté de l'Occident de ce qu'il avait perdu dans l'Orient; le premier prince qu'il soumit fut l'atabek Saad , fils de Dakala , prince du Farsistan ; il passa de là dans le Khouzistan , pénétra jusqu'à liagdad , où il porta la terreur : il n'entra cependant pas les armes à la main dans cette ville sacrée ; il se laissa fléchir par les supplications et par les présents du khalife. 11 conduisit son armée

dans le Kourdistan , s'empara d'irbil , et en força le souverain , ModhafFer-eddin-Koukbery, de se reconnaître son vassal. Il poursuivit sa marche vers PAderbaïdjan , où il prit Tauriz, et traita de même le sultan Modhaffer-eddin-Oushek, 111s de Pahlawan. Enhardi par tous ces succès, il passa l'Araxes, soumit les musulmans de Gandjah et de Rardaah, et entra dans le Schirwan, où il exigea un tribut considérable de Feridoun , fils de Feribourz, descendant des anciens princes persans du pays. L'armée kharizmienne s'avança jusqu'au défilé de Derbend, où elle battit les I.csghis. Djelal-eddin, ayant repassé le Cyrus, vers son confluent avec l'Araxes, attaqua les princes géorgiens de l'Arménie, défit Vahram à Schamk'hor, et Avak, fils d'ivané, sous les murs de Pedchny Le vieux généralissime Ivané se mit alors à la tête de toutes les forces de la Géorgie pour repousser ce conquérant ; il s'avança à sa rencontre jusque dans les environs de Garhni, auprès d'Erivan : il y fut mis dans une déroute complète , malgré la valeur de ses troupes. Djelal-eddin, vainqueur, pénétra sans obstacle dans l'intérieur du royaume, conquit toute l'Arménie septentrionale, s'empara de Lorhi, résidence d'ivané, et poussa ses exploits jusqu'à Teflis, qu'il prit en 1226. Plusieurs des détachements même de son armée pénétrèrent jusque chez les Alains. Dans tout le cours de son expédition , Djelal-eddin se montra cruel persécuteur des chrétiens , en fit massacrer un grand nombre, en fit circoncire de force beaucoup d'autres, et brûla toutes les églises et tous les monastères qui se trouvèrent sur sa route. Ivané et la reine Rousoudan furent forcés de se réfugier dans les montagnes : ils ne purent rentrer dans leurs possessions qu'après la retraite du sultan du Kharizm, qui, chargé de bufin, porta ses armes vers l'Arménie méridionale et la Mésopotamie, où il exerça les mêmes ravages. Il tenta plusieurs fois de prendre la forte ville de Rhelath, possédée par Malek-Alaschraf, prince des Ayoubites; mais il fut repoussé par le gouverneur Housam-cddin, en l'an 1226 et 1227. Il s'en rendit enfin le maître en l'an 1230, après un très-long siège ; il y prit Thamtha, fille d'ivané et femme de Malek-Alaschraf, qu'il épousa malgré elle. Malek-Alaschraf revint bientôt avec des troupes qu'il amenait de Syrie, et qu'il joignit à celles de KaYkobad, sultan de l'Asie Mineure , et à celles de tous les petits princes de l'Arménie et de la Mésopotamie : ils vinrent tous ensemble attaquer Djelal-eddin , qui fut défait, obligé d'évacuer Rhelath, et de se retirer dans PAderbaïdjan : ayant ensuite voulu entreprendre une nouvelle expédition dans les montagnes des Kourdes, il y fut vaincu et tué en Pan 1231. Après la défaite du sultan de Rharizra, la princesse Thamtha se réfugia dans la Géorgie, auprès de son frère Ivané et de la reine Rousoudan. L'année suivante, en Pan 1231, le vieux * prince Ivané, qui s'était remis en possession de ses États, mourut à Lorhi : il fut enterré à Beg-

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hendsahan , monastère qu'il avait fait bâtir. Son flis Arak lui succéda. S. M — n.

1VERNOIS (François d') naquit en 1737 à Genève, d'une famille noble d'origine française, qui, avant l'édit de Nantes, s'étaitélablie d'abord à Neufcbâtel. Il reçut une bonne éducation, et, doué d'un esprit ardent et de talents naturels, il se trouva tout jeune encore mêlé aux luttes politiques. Ayant défendu les idées libérales dans les querelles entre les bourgeois et les natifs de la petite république, il acquit de l'influence dans le parti libéral, dont il devint l'un des chefs. Cependant, lorsque éclata la révolution française, il se rangea parmi ses adversaires les plus énergiques, soit qu'il en prévit les excès, soit qu'il comprit dès ce moment que le contre-coup devait s'en faire sentir à Genève, dont l'indépendance pouvait se trouver menacée dans un avenir prochain. Lorsqu'en 1792 le général Montesquiou envahit la Savoie et le pays environnant, d'Ivcrnois prit part aux négociations entamées pour empêcher l'occupation de Genève par l'armée française , et il parait que son influence personnelle sur le général Montesquiou, bien plus que les pouvoirs dont il était investi , lui firent obtenir que Genève fût épargnée. Peu de temps après, d'Ivernois fut assez heureux pour prévenir Montesquiou, décrété d'accusation par la convention (roy. Montesquiou), des dangers qui le menaçaient, et le faire évader de Genève. Voici comment un historien raconte ce fait : « Informé, par « un singulier hasard, de l'arrivée du courrier qui « apportait de Paris un de ces ordres d'arrestation « alors invariablement suivis de mort, il courut « avertir et faire évader le général, campé sur la « rive gauche du Rhône, tandis que l'estafette, « retenue par ses soins sur la rive droite , parle- « mentait longuement pour se faire ouvrir les « portes de la ville, qui donnaient accès au seul « pont construit sur le fleuve. » (Mémoires et correspondance de Mailel du Pan, recueillis et mis en ordre par A. Sayous, Paris, 1851 , in-8°, t. Ier, p. 453, pièces justificatives.) Un tribunal révolutionnaire, imité de ceux de Paris, ayant été installé à Genève, d'Ivernois fut l'un des premiers cité à comparattre. Il fut condamné à mort par contumace et exécuté en effigie. Il s'était réfugié en Angleterre, et dans ce pays il se signala par ses attaques contre le gouvernement français d'alors. Lorsqu'en 1798 Genève fut annexée à la république française, l'article 1er du traité fit mention de d'Ivernois; il portait : « Les citoyens «"Ma 11 et du Pan, d'Ivernois et du Roveray ne « seront jamais admis à l'honneur d'être citoyens « français. » Cette exclusion, peut-être unique dans l'histoire des traités, n'était pas faite pour modifier la conduite de d'Ivernois. Elle contribua même vraisemblablement à la vogue qu'obtinrent ses écrits, notamment en Angleterre, où tous les adversaires de la France étaient sûrs de trouver à cette époque aide et protection. Ses pamphlets furent dirigés principalement contre le système

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financier de l'empereur Napoléon , et contre le blocus continental. Ils ont été pour la plupart traduits en anglais. D'Ivernois fut créé chevalier par le roi George III ; il était devenu citoyen anglais par la réunion de l'Irlande à l'Angleterre, en 1800, une petite Tille d'Irlande qu'il habitait lui ayant offert précédemment une bourgeoisie d'honneur. Il fut chargé de diverses négociations diplomatiques, entre autres auprès de la cour de St-Pétersbonrg. De retour dans sa patrie! en 1814, il fut nommé la même année conseiller d'Etat, et chargé, avec M. Pictet de Rochemont, de représenter Genève au congrès de Vienne, où fut prononcée l'annexion de cette république à la confédération suisse. A partir de cette époque , la vie de d'Ivernois n'offre plus de faits que le biographe doive recueillir ; nous dirons seulement qu'il s'occupa jusqu'à sa mort, survenue à Genève le 16 mars 1842, de recherches sur l'économie politique, et qu'il a fait imprimer d'intéressants résultats de ses études. Voici la liste de ses principales publications : 1° Tableau historique et politique des deux dernières révolutions de Genève. Londres, 1789 , 2 vol. in-8°; 2° Histoire impartiale des révolutions de Genève dans le 18e siècle , jusqu'à celle de 1789 inclusivement, Genève, 1791, 3 vol. in-88; 3° Les révolutions de France et de Genève, Londres, 1793, in-8°; réimprimée sous le titre : La révolution française à Genève, continuée jusqu'en juillet 1795, Londres, 1795, in-8°; 4° Réflexions sur la guerre, en réponse aux Réflexions sur la paix (de madame de Staël), adressées à M. Pitt et aux Français, Londres, 1795, in-8°; 5° Coup d'œil sur les assignats. Londres, 6 septembre 1793, in-8°; 6° Etat des finances et des ressources de la république française au 1er janvier 1796, Londres, 1796, in-8° ; 7° Histoire de France pendant f année 17%, Londres, 1796, in-8»; 8" Tableau historique et politique de t 'administration de la république française, pendant l'année 1/97 , des causes qui ont amené la révolution du 4 septembre, et de ses résultats. Londres, 1798, 2 vol. in-8°; 9" Tableau historique et politique des perles que la révolution et la guerre ont causées au peuple français, dans sa population . son agriculture, ses colonies, ses manufactures et son commerce, Londres, 1799, in-8°; 10° Des causes qui ont amené Fusurpation de Bonaparte, et qui préparent sa chute, Londres, 1800, in-8°; 11° Les cinq promesses , tableau de la conduite du gouvernement consulaire envers la France, l'Angleterre, t Italie. l'Allemagne et surtout la Suisse, Londres, 1802, in-8°; seconde édition, augmentée d'un supplément à l'introduction et d'un appendice sur la Suisse, Londres, 1803, in-8°; 12° Les recettes extérieures, Londres, 1805, in-8°; 13° Offrandes à Bonaparte, Londres, 1810, in-8»; 14° Des effets du blocus continental sur la richesse, les finances .etc., de l'Angleterre. Londres, 1811 , in-8°; 15° Napoléon administrateur et financier, pour faire suite au tableau historique et politique des pertes que la révolution et la guerre, ont causées au peuple

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français, dans sa population , son agriculture, ses colonies, ses manufactures et son commerce, Reichembach, 1812, in-8°; seconde édition, revue et corrigée, Genève , in-8°; 16° Exposé de C exposé de la situation de l'empire français et des comptes des finances de France, Genève, 1813, in-8°; réimprimé la même année à Berlin, in-4°; 17° Tableau politique de l'Europe depuis la bataille de IMpsick, gagnée le 18 octobre 1813 , Londres, 1814, in-8°; 18° Matériaux pour aider à la recherche des effets passés, présents et futurs du morcellement de la propriété foncière en France, Genève et Paris, 1826, ill-8°; 19° Lettre (à H. W. Norton) sur l'accroissement de la population dans les îles britanniques, Genève, 1830, in-8°. C'est un extrait de la Bibliothèque universelle de Genève. 20° Sur la mortalité proportionnelle des peuples , considérée comme mesure de leur aisance 'et de leur civilisation, Genève et Paris , 1832 , in-8°; 21° Sur la mortalité proportionnelle des populations normandes , considérée comme mesure de leur aisance et de leur civilisation ; trois lettres à M. le docteur Villermé, Genève, 1833 et 1834, ayant paru dans la bibliothèque universelle de Genève; 22° De la fécondité et de la mortalité proportionnelles des peuples, considérées, id., Genève, 1836 ; 23° Histoire du blocus hermétique de la Suisse. Genève et Paris, 1836, in-8°. On lui attribue Tableau historique et politique des révolutions de Genève dans le 18* siècle, Genève, 1782, in-8°. — Iyebsois (Philippe d'), son frère, né à Genève en 1753, entra au service de la Prusse. Frédéric le Grand lui accorda d'emblée le grade de capitaine. Il est mort lieutenant général en 1813. E. I>-s.

IVERSEN (Christian), né à Copenhague le 6 août 1718, était fils d'un chantre de l'église de Notre- Dame de cette ville. Après avoir séjourné plusieurs années dans les pays étrangers, il obtint en 1779 le privilège d'établir une imprimerie à Odense, en Fionie , où il s'établit en même temps comme libraire. Il y fonda en 1782 la société typographique de Fionie, à laquelle le roi permit, par ordonnance du 26 février 1783, de prendre le litre de société royale et savante de typographie. Nous ignorons l'époque de sa mort. Il a publié : lu La jeune Indienne, comédie traduite du français, Odense, 1776, in -8°; 2° Discours prononcé à la première réunion de la société typographique de Fionie, Odense, 17 juin 1782; 3« Recueil de bons mots, 2 parties; 4° Observations sur l'ouvrage du professeur Tode intitulé Pensées impartiales sur la typographie en Danemarck. Odense, 1782, in -8°; 3° Èpitre à un savant; 6° Journal de la province de Fionie, 1780-1783, 4 vol. in-4°; 7° Collection d'une utilité générale pour l'amélioration du cœur et l'extension des connaissances » 1780-1783, 8 vol. in-8°, avec les portraits dans chaque volume des savants danois en ce moment vivants; 8° Progrés littéraires du Danemarck, 1781-1783, 3 vol. gr. in-8» ; 9" Recueil de poésies pour les années 1782, 1783 et 1784,in-8°etin-12; iO- Épilogue auJoumal de santé

du mais d'août pour son compte rendu dans, les journaux de Fionie. 1783, in-8°; 11° Portefeuille de la cour du royaume de Danemarck pour l'année 1784, Odense, in-16. D — z — s.

IVES. Voyet Yves.

IVES (Edouard), voyageur anglais du 18e siècle, était chirurgien de profession; il s'embarqua le 22 aOAt 1734 à Spithead, sur la flotte de l'amiral Watson, destinée pour les Indes orientales. Après avoir relâché à Madagascar , elle arriva le 10 octobre au fort St-David, près de Goudclour. Ives fut témoin de tout ce qui se passa dans les Indes jusqu'à la mort de Watson, en 1737. Cet événement et le dépérissement de sa santé l'obligèrent à quitter le service. Deux de ses compatriotes, qui avaient pris la même résolution , partirent avec ' lui de Calcutta, le 19 novembre 1757, abordèrent à Ceylan, à Gomron , à Karek, petite lie du golfe Persique , et entrèrent le 22 avril à Rasra; ils en sortirent le 29 mai, remontèrent le Tigre jusqu'à llillah , et continuèrent par terre leur route vers Raghdad. Ives profila de son séjour dans cette ville pour visiter plusieurs antiquités des environs; il passa ensuite par Mossoul, Diarbekr, Rir et Alep, où il fut accueilli par son compatriote Drummond, de qui l'on a une relation de voyages dans l'Orient. Il prit la mer à Latakieh le 5 août, vit l'Ile de Cypre, débarqua le 4 décembre à Livourne, parcounit une partie du nord de l'Italie, prit sa route par Augsbourg, l'Allemagne et la Hollande, et, le 5 mars 1759, atterrit à Harwich. Il a publié l'ouvrage suivant en anglais : Voyage d'Angleterre aux Indes en 1754, avec une relation historique des opérations de l 'escadre et de Formée dans l'Inde sous tes ordres du vice-amiral Watson et du colonel Clive, dans Us années 1755, 1756, 1757, etc., et Voyage de Perse en Angleterre par une route peu fréquentée, Londres, 1773, in- 1°, cartes et flg., traduit en allemand, avec des notes, par Chr.-Guill. Dohm, Leipsick, 1774-1775, 2 vol. in-8°, cartes^e livre est important pour l'histoire et la géographie : il donne des notions exactes sur les événements qui précédèrent la guerre de 1756, et sur les premières hostilités. Le récit historique est entremêlé de bonnes observations sur les mœurs et les usages des Hindous. Le voyage contient des choses intéressantes et d'autres entièrement nouvelles sur l'Ile de Karek, où se trouvait le baron de Kniphausen, qui voulait y former un établissement; sur les antiquités de Tàk-Kesserah, l'ancien Clésiphon, la tour de Nembrod, etc. L'ouvrage est terminé par un mémoire sur les maladies qui affligèrent l'escadre anglaise, avec une description des végétaux de l'Inde, l'indication de leurs vertus réelles ou supposées , et la lettre d'un médecin sur les maladies qui attaquent ordinairement les Européens à Gomron. E — s.

IVETEAUX. Voyet Destvetacx.

IVORY (James), un des plus habiles mathématiciens de l'époque contemporaine, et un de ceux que la Grandc-Rretagnc aime quelquefois à mettre

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en fiée des sommités continentales , bien que ce ne soit ni tout à fait un Gauss, ni même un Abel ou bien un Poisson, naquit eu 17G5 (et non, comme on l'a répété sur le dire d'une biographie française, en 1785) à Dundee, en Ecosse, où son père était un assez mince horloger. L'Ecosse alors était, on peut le dire, en épanouissement intellectuel , et fournissait à sa hautaine et oraniconfiscante sœur plus que son contingent d'illustrations : c'était l'époque des Hume, des Dugald Stewart, des Smith , des lord Karaes, des Burns, des Bcattie; et sous peu ce derait être celle de la Revue d'Êdinburgh et de Scott : aux historiens, aux romanciers, aux grands poèHes, aux critiques profonds, aux métaphysiciens rénovateurs, devait aussi s'ajouter un mathématicien de premier ordre ou peu s'en faut. Cambridge seule croyait en avoir le monopole : aussi ses princes du logarithme et de la normale ne furent-ils pas médiocrement étonnés quand plus tard ils s'aperçurent que, du milieu des brouillards de la Calédonie, allait émerger un astre qui ne serait pas rangé parmi les nébuleuses et qui peut être serait coté de «+1"» grandeur, tandis que le leur continuerait à n'être que de nm". Mais n'anticipons pas. D'ailleurs la vocation d'Ivory n'éclata pas immédiatement et d'emblée. Longtemps il sembla de ceux qui n'ont de vocation que par ans de parents. Son éducation élémentaire, qu'il reçut au collège de sa ville natale, ne fil surgir en lui nulle préférence décidée ; il mordait à tout, aux mathématiques comme au reste , mais son application n'était pas une passion, pas un culte, et il passait volontiers d'Euclide aux Calilinaires. Ces premières études terminées, et quand son père l'eut envoyé à l'université de St-André , les choses commencèrent à changer : la trigonométrie sphérique, les courbes du deuxième degré, les séries trouvèrent leur place à côté de la philosophie, de l'histoire et des langue^; aux x vinrent s'associer les /. West, alors titulaire de la chaire de hautes matbématiques à St-André, s'applaudissait d'un tel disciple. Ses éloges cependant ne firent pas d'Ivory un néophyte; le jeune homme, conformément au vœu de son père l'horloger, avait en vue la carrière ecclésiastique , à laquelle, sans doute , peut à toute force s'allier l'étude des mathématiques, mais qui n'en est pas l'alliée naturelle, élaslique et commode/surtout aux lieux où fleurit le puritanisme presbytérien; et, dès qu'il eut conquis son degré de maître ès arts (à peu près ce que nous appellerions la licence ès lettres), ce qui ne lui coûta pas moins de quatre ans d'études, il se mit presque exclusivement à la théologie, toujours sur les bancs de St-André. Deux ans de dogme, d'hébreu et d'exégèse l'avaient à peu près suffisamment initié , quand , pour satisfaire à la lettre des règlements, qui stipulent trois ans d'études théologiques, il alla chercher, sinon nouvelle instruction, du moins nouveaux procédés et nouvelle atmosphère à l'université d'Êdinburgh. L'atmo-

sphère se trouva bientôt changée en effet : nom ignorons quelles brises plus douces soufflèrent au lieu de la bise ecclésiastique; mais le jeune lévite ne montra pas grande impatience de monter au rang de ministre, quand l'expiration de l'année scolaire 1784-1785 amena l'instant de prendre les ordres; et Dundee, sa ville natale, s'étant, sur l'cntrefaite, enrichie d'une haute école sous le titre d'académie, il s'y laissa, sans très-forte résistance, installer en qualité de professeur de mathématiques et de philosophie naturelle (c'est-à-dire de physique, ou, si l'on veut, de physique et chimie). « Enfin donc, » va-t-on dire, • nous y voici ! voilà la vocation déterminée! voilà le West de l'avenir, comme l'eût dit Dante, sacré et mitré ! » Pas encore ! D'abord la physique et la chimie empêtraient sa spécialité. Mais, incident plus grave, trois ans après avoir pris possession de sa chaire, le jeune professeur l'abandonnait pour devenir industriel. Son père venait de mourir. A la téte de quelques capitaux par suite de cette perte, il entra comme sociétaire et comme gérant dans un établissement pour la filature du lin à Douglaston, et la raison sociale fut James Ivory et C*. Les soins que pendant quinze ans de suite (1789-1804) il ne cessa de donner à ces mille détails matériels qu'implique la moindre industrie ne l'empêchèrent pas de trouver des heures de reste pour s'adonner aux études qu'il avait, un peu par hasard d'abord, dégustées, et qui, à mesure qu'il s'avançait dans la vie, lui devenaient plus chères en même temps que plus familières. Esprit actif, il eût péri d'ennui sous la monotonie de sa manufacture. Sagace et tenace, il lui fallait un travail qui, du même coup, mit toutes ses forces intellectuelles en jeu et rassasiât sa soif de savoir : les mathématiques sont dans ce cas. De plus, ce sont les études qu'il est le plus aisé au penseur de poursuivre économiquement et sans maître : peu de livres et quelques instruments, c'est tout ce qu'il faut pour parcourir le champ entier des éléments de la science. Veut-on ensuite approfondir? bien que tout devienne plus complexe et plus ardu, les difficultés n'augmentent pas; les habitudes de concentration d'esprit sont prises , et si les ouvrages à lire sont plus nombreux, leur prix, du moins, ne les rend pas inaccessibles à qui ne veut pas se ruiner. Ainsi pensaitlvory, et infatigable dans ses veilles, après avoir épuisé tous les exposés synthétiques de l'analyse infinitésimale, il se mit à rechercher toutes les archives où s'enregistrent les découvertes, bulletinsdes sociétés savantes, magasins, revues, mémoires, pour se tenir constamment à la hauteur de la science j il entra en correspondance suivie avec les premières sommités scientifiques de l'époque, les Playfair, les sir John Leslie, les Wallace, les Brougham, correspondance qui n'eut de terme que la mort de l'un ou l'autre des correspondants ou leur réunion au même lieu. Aussi n'eut-il aucune peine, quand eu 1804, las de l'industrie et des fatigues de la gérance, il résolut de

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reprendre l'enseignement, à trouver un poste selon son coeur. Ce fut la chaire de mathématiques au collège militaire royal de Harlow : là, ni physique ni chimie ne venaient attenter à la spécialité qu'il cultivait. Quelque chose de mieux eût pu lui être confié, si l'on n'eût examiné que le mérite. Mais Ivory n'avait que peu d'ambition; et. d'autre part, la renommée vint promptemcnt le trouver dans son humble résidence : et le géomètre de Harlow (disons plutôt de Sandhurst , car l'école militaire fut transportée dans cette nouvelle localité avant qu'il eût pris sa retraite en 1816) marcha bientôt ce que l'on appelle de pair avec les premiers analystes de l'Europe. Dès 1809, il s'annonça au monde savant par l'élégant et fécond théorème qui porte son nom et qui roule sur l'attraction des ellipsoïdes sur des points extérieurs quelconques. Newton et Maclaurin ne l'avaient déterminée que pour les points intérieurs, le premier même s'en tenant aux points intérieurs situés sur l'axe. Legendre, mais à l'aide des séries, avait posé en fait que des ellipsoïdes de même foyer doivent exercer sur un point extérieur quelconque une action proportionnelle à leur niasse. Laplace, enfin, avait démontré ce résultat pour l'ellipsoïde à trois axes. Mais, somme toute, ces diverses (lémonstrationsétaient très-laborieuses et ne se récapitulaient pas par un principe, par une formule unique. Ivory coula d'un coup à fond la question en ramenant le calcul de l'attraction des ellipsoïdes sur des points extérieurs à celui de l'attraction d'un pareil point pris dans leur intérieur. Tel est , en effet, son théorème, merveilleux de simplicité : <■ Etant donnés deux « ellipsoïdes de même excentricité, dont lcsprin- « cipales sections coïncident entre elles , les at- « tractions qu'exerce l'un d'eux perpendiculairc- « ment auxdites sections, sur un point à la sur- « face de l'autre, sont aux attractions semblable- « ment perpendiculaires du second sur un point « correspondant de la surface du premier, dans « le rapport direct des aires des sections aux- « quelles ces forces sont perpendiculaires. » L'énoncé du mathématicien écossais fit d'autant plus sensation en France qu'il fut reçu d'abord avec quelque incrédulité; à la fin, cependant, et quand on eut regardé d'un peu plus près, non-seulement on fut obligé d'en avouer la parfaite exactitude, mais Legendre, sous prétexte d'en modifier, ou pour prendre son mot, d'en « illustrer » l'exposition, prétendit, ce nous semble, en illustrer sa propre couronne en le faisant passer pour sien; mais ses prétentions furent reconnues illusoires. Ivory, au contraire, fit preuve en cette circonstance d'une modestie ainsi que d'un tact remarquables : il proclama que la première idée du nouveau théorème avait surgi chez lui à la lecture des recherches analogues de Laplace. Plût au ciel qu'il eût toujours agi sous les mêmes inspirations! Mais en 1812, toujours étudiant et repassant au creuset les théories de l'auteur français auquel il

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devait au moins un peudesagloire.il s'avisa de relever quel que* inexactiludesou plutôt quelques insuffisances d'approximation dans l'équation des sphéroïdes peu aplatis, que Laplace avait donnée pour celle de toutes les lois d'attraction, et il emboucha si bruyamment la trompette pour annoncer sa découverte à l'univers, que l'on eût cru tout faux, tout à reconstruire de fond en comble dans la «Mécanique céleste. » Si l'enfant d'Albion est farouche patriote, le Français, même quand il est passé à l'état de savant, est chatouilleux et moqueur. La querelle s'envenima rapidement. Les réponses, les répliques, les ripostes se croisèrent d'une rive à l'autre de la Manche, les x coulèrent à flots , les du sur dx et les / s'échelonnèrent sur toute la ligne : le débat dura vingt ans. Ne pouvant en suivre ici les phases, disons que toute la question était desavoir jusqu'où pouvait s'étendre l'équation fondamentale laplacienne de la figure des sphéroïdes. Or, on peut regarder comme démontré (roy. le Bulletin des sciences mathématiques de mars 1828, p. 130) qu'elle est vraie dans sa plus grande généralité, vu que, si le terme négligé peut devenir infini, néanmoins il reste toujours, par rapport aux termes conservés, infiniment petit. Quelques passeS d'armes se suivirent encore de loin en loin, relatives au même épisode; mais, soit parce qu'il n'était plus possible d'en appeler sérieusement après l'arrêt du Bulletin, soit parce qu'on se lasse de revenir toujours sur les mêmes pistes, soit surtout parce qu'Ivory venait à cette époque de lancer un autre lièvre , tout naturellement la vue des juges compétents se détourna du premier. Cette fois la discussion portait sur des points bien autrement importants : il ne s'agissait de rien moins que de remanier à fond les principes d'hydrostatique de Clairault. Au lieu de dire avec Clairault et avec tous ses successeurs qu'une masse liquide homogène est en équilibre chaque fois que la résultante des forces qui agissent sur un point quelconque de sa surface est perpendiculaire à celle-ci, l' ex-professeur de Sandhurst imagina que, dans le cas ordinaire, c'est-à-dire quand les attractions sont réciproques, il faut à cette première condition en ajouter une autre, laquelle exprime que l'attraction d'une couche de niveau est nulle sur tous les points situés dans l'intérieur de celte couche. Grand scandale à l'Institut à la réception du mémoire. L'Institut n'avait pas tort, et Poisson avait pour lui la bonne cause lorsqu'il se hâta de prendre la plume pour réfuter, le censeur. Malheureusement sa réponse, qu'il publia dans les Annales de physique et chimie. portait à faux. Soit qu'il eût oublié son anglais, ou , comme nous osons le soupçonner, oublié d'apprendre l'anglais, soit qu'il ne se fût pat donné la peine de bien saisir la pensée de son antagoniste dans tous ses détails, ses objections t'adressaient à des assertions qu'on n'avait pat faites; il se battait contre des moulins. Cette fausse stratégie donnait beau jeu à l'enfant de

l'Ecosse; il en profila : le Philotophical Magazine de Londres s'émailla de nombre d'articles où il se défendait des inanités ou absurdités dont on l'affublait , et il fallut un peu de temps pour déblayer le terrain de ces épines surérogatoires et pour remettre la question en son vrai jour; mais quand on en fut là, les esprits étaient aigris de part et d'autre. Nous avons le regret d'avouer qu'ils l'étaient surtout du côté d'Ivory. Poli d'abord et modeste, ou tentant de l'être, il n'avait apporté dans le débat que ces formes calmes et correctes qui doivent devenir de plus en plus moelleuses à mesure que la discussion est plus serrée; insensiblement, et à mesure que le nuage jeté sur la question par l'inadvertance de Poisson s'éclaircissait, il arrivait à l'aigreur, et, finalement, le dépit de ne pas triompher dégénéra en a ni inusité mal dissimulée, nous ne dirons pas contre Laplace et son école, mais contre tous les géomètres du continent qui ne reconnaissaient pas la supériorité de son principe. En franc paladin des anciens jours, il leur jeta le gant à tous ; il exhuma de leurs catacombes toutes les anciennes critiques sur la mécanique céleste; il essaya de stimuler pour lui la Gbre nationale et de changer un débat scientifique en querelle de nations, en ranimant l'attention des savants anglais sur ces hautes questions qu'ils négligent trop depuis que la pratique industrielle les absorbe.... Vain effort dont il ne résulta pour lui qu'un mécompte nouveau (le seul zélé qui prit part à la lutte sur son appel , le professeur Airy, de Cambridge, s'étant déclaré pour le système français)! Enfin il déclara qu'il allait consigner dans un ouvrage spécial sa nouvelle théorie de l'hydraulique, suivie de toutes les conséquences qui en découlaient pour la déteriniuation de la figure des planètes.... Ces derniers mots, en quelque sorte le post-scriptum de sa réclame, indiquent assez quelles préoccupations le travaillaient par-dessus tout : les lauriers de Laplace l'empêchaient de dormir; s'il attaquait Clairault, ce n'était que pour aller à Laplace. Il n'en vint pas à son honneur, et la théorie de Clairault reste inébranlable aux yeux de tous les géomètres de l'Europe, bien qu'il ait fini par paraître, ce grand ouvrage tant annoncé qui devait réduire en poudre toute la théorie française. En Angleterre même il n'eut qu'un faible retentissement : la voix d'Ivory n'était plus que comme un écho mourant, et ses malencontreux efforts étaient jugés. On voyait trop qu'il reprenait en sousordre des sujets traités déjà, soit pour en donner de nouvelles démonstrations évidemment superflues, soit pour les purger d'erreurs le plus souvent imaginaires. On voyait aussi qu'au milieu de toutes ses hautes prétentions, il n'aboutissait, le plus souvent, qu'à des formules empiriques. En réalité, l'on est affligé qu'avec de si rares aptitudes et après un début aussi brillant, lvory, en définitive, ait dilapidé ses facultés et son temps en disputes qui laisseront des souvenirs stériles,

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