‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 85 sur 106 · IZZ · texte numérisé non relu

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Grèce eut éclaté, les ministres ottomans voulurent détourner*Mahraoud de déclarer la guerre à la Bussie, et, pour réussir dans leur dessein, ils s'adressèrent au poeie izzet-Mollah, comme le seul qui fût capable de faire entendre la vérité au sultan. Izzet ne se dissimula point le danger, mais il n'en accepta pas moins la mission honorable qu'on lui proposait, et il adressa des supplications poétiques au trône impérial. Pour toute réponse, on lui envoya l'ordre de garder le» arrêts dans sa maison. Lorsque , plus tard , la Porte publia son manifeste contre la Russie, le patriotisme d'Izzet-Mollah lui inspira un nouveau poè*me,le meilleur, dit-on, qu'il ait composé; il fut exilé à Sivas. Izzet, après êlre resté quelque temps dans l'exil , fit parvenir au sultan un poe'me dans lequel il déplorait sa disgrâce et sa misère; dans cette élégie, il se plaint d'avoir perdu la présence du sultan et d'être jeté sur la terre lointaine de Sivas. « Semblable au derviche en voyage, la tasse « des offrandes à la main , il a couru longtemps « les monts et les vallées, depuis qu'il a été arra- « ché aux douceurs (le sucre candi) de la présence « impériale; sa douleur est si grande qu'elle suf- « lirait pour convertir en poison un champ de « cannes à sucre. » Ne pouvant plus me voir, ajoute le poêle, au miroir de cette omhre de Dieu, il me semble que je n'ai plus rien de la noble face de l'homme. « Ce qui est arrivé à Adam , le père « du genre humain, m'arrivede même ; nous avons « quitté tous les deux les délices du paradis pour « une terre inculte et sauvage. » Ces fragments peuvent donner une idée de la poésie et du talent d'Izzet-Mollah ; il finit son épltre en «'adressant au pacha de Sivas, qui s'est montré plein d'humanité. « Illustre vizir, lui dit-il, souviens-toi de ton

• prisonnier; avec le temps tu verras; le puissant « Mahmoud est favorable aux désirs de ses mints- « très... que Dieu te conserve à lui, que Dieu te

• conserve aux musulmans ! « Quel fut l'effet de celte poétique supplication sur l'esprit du sultan? On ne l'a jamais su bien positivement; si l'on en croit les bruits qui ont circulé , ces mots avec le temps tu verras, auraient donné de l'ombrage à Sa Hautesse ; Mahmoud aurait trouvé dans cette phrase et dans celle qui suit un complot de ses ministres en faveur d'Izzet. Ce qu'il y a de certain, c'est que le poète ne fut point rappelé, et que, peu de temps après avoir envoyé son épltre, il mourut à Sivas. Les Turcs, qui ont conservé la plus haute estime pour le caractère et le talent d'Izzet-Mollah, l'ont placé comme homme parmi les martyrs de la vérité, et comme potfte parmi Us rossignols du paradis. On a fait un recueil de ses vers, et ce recueil est entre les mains de tous les amateurs de la littérature turque. M — fi.

JABALOT (le père Frakçois-Kerdihami) , célèbre prédicateur, nai|iiità Parme, en 1780, de parents français qui s'y étaient établis pour exercer le commerce. Jeune encore , il fut envoyé à l'université de cette ville, où il ne se fit d'abord remarquer que par son extrême vivacité et l'aigreur de son caractère. Mais les soins d'un sévère enseignement et surtout les pratiques de la religion maîtrisèrent enfin cette fougue , et à l'âge de dixhuit ans Jabalot fut admis comme novice dans l'ordre de St-Dominique. Lorsqu'il eut terminé ses études de philosophie on l'envoya à Rome , au couvent de la Minerve , pour y faire son cours de théologie. C'est là que, doué d'une intelligence rare et d'une excellente mémoire , il s'appliqua à l'e'tude des langues orientales et surtout de l'hébreu, afin de se bien pénétrer de l'esprit de l'Écriture et de la philosophie biblique appuyée sur les textes originaux. Voulant dès lors se consacrer a la prédication, objet spécial de la règle du saint fondateur de son ordre , il fit une étude particulière de la belle et harmonieuse langue italienne. Devenu bientôt l'un des plus célèbres orateurs, il fut recherché par beaucoup d'illustres prélats et par de grands souverains pour prononcer des oraisons funèbres et faire des stations du carême dans leurs cathédrales. Ses talents lui ouvrirent les portes de plusieurs académies, notamment de celle d'archéologie à Rome, de la Tibcrtine et de l'Arcadie. Dans les chapitres de son ordre il obtint les premières dignités et fut nommé maître général et consulteur de la cougrégation de l'index et des indulgences, enfin examinateur des évêques. Ce fut lui qui perfectionna la discipllue dans les couvents, et qui y établit des chaires de philosophie et de théologie. Toutes ces occupations ne lui firent pas négliger la prédication, et il continua de s'y distinguer jusqu'à la fin de sa vie. Jabalot mourut subitement à Home le 9 mars 4834, frappé d'apoplexie. On a de lui : 1° Dtgli Ebrei net loro rapporto colle tutuoni cristiane, Rome, 1825, in-12, ouvrage intéressant où l'auteur démontre que le Talmud, qui contient la loi orale, la doctrine, la morale et les traditions des Juifs, est en opposition avec les lois sociales de notre civilisation ; 2° Orasione funèbre in morte del conte Antonio Cerati (1), delta in l'arma nel 1816, in-i».

(I) Le comte CeraU est auteur de vlnsicur» outrage» impriméa dai>* ta ville natale par liodoni, notamment : I* Le vittt Lueheti , cen nputeott in vtrtt td ut prota , Parme, 1786, in-4«; 3* Btoçio del Manara Protpero , ton avtrltntt fuite tut pottit, Parme, 1801; 3° Vila di Crtgvno Cerati, tttcovo di Placenta, ton annotât toni t eorretioni allm Gtntti, etc., ibid., 1807, ln »« ; 4» Ojmtçcli, ibid., 180», 4 roi. U-4-.

La mort du père Jabalot fut déplorée par la plupart des savants italiens , notamment par le comte Antoine-Louis Cagnoli dans une pièce de vers imprimée à Reggio en 1835, et par le père Maurice Oliveri dans un éloge funèbre lu le 4 juin 1835, à une des séances de l'Académie d'archéologie, et imprimé dans le journal arcadique de Rome. G — G — v.

JABLLY (Barthélémy), que Ladvocat nomme Jabelly, était originaire de la Marche. Il vint s'établir à Paris au 17* siècle, fut avocat au parlement de cette ville et suivit le barreau avec succès. Nous ignorons l'époque de sa naissance et celle de sa mort, mais nous sa r oh s qu'il vivait encore en 1699. Il a laissé : l°L"n factum imprimé en 1681, des plaidoyers qui se trouvent dans le journal des audiences et ailleurs; 2° Coutumes de la Marche, expliquées et iiiterj/rétées suivant les lois , le* meilleurs auteurs et tes arrêts intervenus, par M* Barthélémy Jabely, ancien avocat au parlement; nouvelle édition revue, corrigée, et conférée avec la coutume de Paris , avec de nouvelles annotations, Paris, 17W, 1 vol. in-12. La même année M. Couturier de Fournoue publia à Clermont-Ferrand les Coutumes de la province et comté-pairie de la Marche, etc., in-8°. Il y joignit des observations dans lesquelles il contredit souvent le commentaire de Jabely (voir le journal de Trévoux , avril 1715). B— d— e.

JABINEAU (Henri), doctrinaire, puis avocat, était né à Étampes et fit ses études à Paris : il entra chez les doctrinaires à l'Âge de seize ans , et passa le temps de son noviciat dans leur maison de St-Charles. Envoyé comme professeur au collège que les doctrinaires avaient à Vitry-le- Français , il y resta plusieurs années sans prendre les ordres, pour ne pas souscrire le- formulaire : une circonstance particulière lui fournit enfin le moyen de se soustraire à cette formalité. La petite ville de la Fèrc-Cbampenoise venait d'essuyer un incendie, et M. de Cboiseul-Beaupré , évéque de Châlons-sur-Marne, faisait à Paris une quête pour les pauvres habitants de cette ville, qui était de son diocèse. Poncet Desessarts, le même qui avait dépensé Uni d'argent pour soutenir l'église dM t réélit, promit à l'évéque dix-huit mille livres s'il consentait à conférer les ordres de l'Église à Jabineau, sans exiger la signature du formulaire. Une offre si généreuse fit passer le prélat pardessus la singularité de la condition , et Jabineau reçut les ordres : il devint peu après recteur du collège de Vitry, se livra à la prédication et se fit une réputation par des sommaires, ou instruc-

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lions abrégées, dont ou vantail la clarté et la solidité'. Interdit en 1763 par M. Juigné, successeur de M. de Choiseul, il vint à Paris, où ses sommaires ne furent pas moins goûtés dans un certain parti. Interdit de nouveau par M. de Bcaumont, il quitta les doctrinaires, et obtint le prieuré d'Andelot et une place de chapelain du chapitre de St-Bcnolt à Paris. Malgré son interdiction , il prêchait dans les maisons particulières, et voyageait dans les provinces pour y remplir le même ministère. Ces occupations ne suffisant pas à son activité, il se fit avocat en 1708 : quoique prêtre, il suivait le palais , plaidait et donnait des consultations. Il est auteur de beaucoup de mémoires sur toutes les contestations du temps, sur lesquelles il était fort vif. Il se mêla des querelles du parlement, et fut mis à la Bastille sous le chancelier Maupeou : ses amis mêmes jugèrent qu'avec un peu plus de réserve et de modération il aurait évité ce traitement; mais il était par caractère ami de l'opposition , porté à blâmer l'autorité et hardi dans ses démarche!. Outre les mémoires qu'il fit sur les matières de droit, il publia : 1° Lettre d'un magistrat de province à M..., ausujrt des protestants, 1787, in-8n; 2° Uttre à un ami de province sur la destruction des ordres religieux, 1789, in-8" ; 5° Lettre à M. Agier sur la consultation pour l'abbé Saurine. 1790, in-8<>; 4» Mémoire sur la compétence de la puissance temporelle pour l'érection et la suppression des sièges épiscopaux, 1790, in-tt0; 3° Réplique au développement de Camus sur la constitution civile du clergé, 1790, in-8°; 0° La légitimité du serment civique, par M . Bai il < t, convaincue d'erreur, Paris, 1791, in-8°. On voit par la que Jabineau n'était pont partisan des innovations religieuses de l'assemblée constituante : il les combattit même avec ardeur. Le 15 septembre 1791, il commença un journal intitulé Nouvelles ecclésiastiques, ou Mémoires pour servir à l" histoire de la constitution prétendue civile du clergé. Il Voulait les opposer aux anciennes Nouvelles ecclésiastiques rédigées par l'abbé de Saint-M rc (roy. Gcenin), et qui étaient favorables au schisme constitutionnel. Dans ce journal, Jabineau, sans renoncer à ses sentiments sur l'appel , combat les principes de la nouvelle Eglise et traite assez mal les évèques de ce parti. I.es jansénistes se trouvèrent alors divisés; d'un coté étaient jabineau, Mey, Maultrot, Yauvilliers, Blonde, le père Lambert, Pialcs; de l'autre, Saint-Marc, barrière, Minard, Camus, Brugières. Jabineau tomba malade au commencement de 1794, et mourut dans les premiers jours de juillet de la même année. On publia vers le même temps une Exposition des principes de la foi catholique sur l'Eglise, recueillie des instructions familières de M. Jabineau, Paris, in-8°. Cet écrivain était d'un caractère actif, remuant, brusque, dur et singulier. Deux avocats, Maultrot et Blonde , qui travaillaient avec lui à la rédaction de ses Nouvelles les continuèrent jusqu'au 11 août 179*, peut-être même un peu plus lard. Eux et

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les rédacteurs des anciennes Nouvelles se harcelaient réciproquement : ces derniers restèrent maîtres du champ de bataille , et trouvèrent moyen de faire paraître leurs feuilles à Paris jusqu'à la fin de 1793. P — c — t.

JABLONOWSKI (Jean comte de), palatin de fiussic, aïeul maternel du roi Stanislas, était né dans le 17e siècle, et mourut au commencement du 18e. Versé dans plusieurs branchée de la littérature , il cultiva surtout la poésie. On a de lui en vers polonais V Occupation chrétienne, ou la Vie et la jnssion du Seigneur, publiée par le jésuite Perkowitx en 1700; une Traduction des fables choisies d'Ésope, 1731 et 1730; une traduction de quelques Fables de la Fontaine . publiée par le comte Zaluski, et réimprimée dans la Bibliothèque des poêles polonais, t. 2; la traduction de Télémaque, 1726. Il existe aussi une traduction polonaise de Télémaque, en prose, publiée à F eipsick, 1730, par un anonyme. C— ac.

JABLONOWSKI (Joseph-Alexaîsdbe prince M), de la même famille que le précédent, naquit en 17H, et mourut le 1er mars 1777. Ses talent*, autant que sa naissance, le firent parvenir aux dignités et aux honneurs, non-seulement en Pologne , mais en Allemagne et en France. Il fut nommé prince de l'Empire, chevalier du St-Esprit, de St-Michel , de St-Hubert, et woïvode de Novgorod. Un goût dominant l'entraînait cependant vers l'étude : les sciences et les arts furent l'objet principal de son attention pendant 1rs voyages qu'il fit en plusieurs pays; et il les cultiva avec le plus grand zèle pendant toute sa vie. Lorsque les troubles politiques eurent éclaté dans sa patrie, il se retira à Li-ipsick, où il fonda une société littéraire qui porte encore son nom. Cette société propose annuellement trois sujets, tirés l'un de l'histoire, l'autre des mathématiques, le troisième des sciences économiques, et accorde au meilleur mémoire un prix de vingt-quatre ducats. Elle a publié plusieurs volumes de recherches intéressantes sous le titre A'Acta societatis Jabloni<-. Le fondateur de cette société composa lui-même des ouvrages estimés des savants ; les principaux sont : la Vit de douze grands généraux de ta couronne de Pologne, en polonais, et un traité historique en latin, ayant pour titre Vindicia Lechiet Czechi. Ce traité, qui parut à » eipsick en 1770, fut réimprimé dans la même ville avec des augmentations en 1773, in-4°. — Le prince Joseph-Alexandre Jablonowski avait un fils nommé Stasislas- Vihcejst, qui se distingua également dans la carrière des lettres, et qui traduisit en polonais la Morale de Tacite sur la flatterie , par Atuelot de la Houssaic, Lembcrg, 1744. C — ac.

JABLONOWSKI (Vladislas), général, de la même famille que les précédents, né en 1769, fut envoyé à l'école de Briennc pour y achever se» éludes. Il s'y trouva en même temps que Napoléon Bonaparte. En 1789 , Jablonowski entra comme lieutenant dans le régiment de royal-

allemand au service de France. Les événements de 1791 le rappelèrent en Pologne-, et, dans les guerres de 1792 et 1794, il combattit pour l'indépendance de la patrie dans les rangs de l'armée polonaise. Le 4 noTembre 1794, à l'assaut de Praga, il défendit courageusement arec Sulkowski l'tle de Saxe, que l'on appelle Kampa-Saska, sur la Vistulc. Désespérant du salut de la Pologne, il revint en France. Après avoir servi dans l'armée républicaine en Italie, il commanda une des légions levées par Dombrowski. On le trouva dans tous les postes difficiles, jusqu'à ce que la paix d'Amiens eût terminé la guerre dans cette contrée. Le premier consul ayant résolu, en 1802, de soumettre St-Domingue, Jablonowski Tut mis à la tête de la légion polonaise, qui s'embarqua à Toulon. On sait comment ce chef et presque tous ses compatriotes périrent dans cette malheureuse expédition. G — y.

JABLONSKI (Dakiel-Ernest), célèbre théologien protestant, né à Dantzig le 20 novembre 1660, était petit-fils de l'auteur du Janua linguarum (voy. Gomenius). Il fit ses premières études au gymnase de Lissa, fréquenta ensuite les cours de l'université de Francfort, et, après avoir pris ses grades, visita la Hollande et l'Angleterre, où il s'arrêta un an pour entendre les leçons des illustres professeurs d'Oxford. A son retour, il fut nommé pasteur d'une des églises de Magdebourg, et s'y distingua bientôt par son talent pour la prédication ; il accepta en 1686 la place de recteur du gymnase de Lissa, et chercha par tous les moyens à accroître la prospérité d'un établissement auquel il se reconnaissait redevable de ses progrès dans les sciences. Sa réputation le fit appeler en 1690 à Kœnigsberg ; et, quelque temps après, il fut honoré du titre de prédicateur du roi de Prusse. 11 travailla longtemps avec plus de zèle que de succès à la réunion des différentes communions protestantes, et en fut récompensé par son élévation aux premières dignités ecclésiastiques : il continua cependant de vivre dans la retraite, consacrant la plus grande partie de son temps à l'élude : il mourut à Berlin le 26 mai 1742, dans sa 81* année. Il était membre de la société royale de cette ville, et il en fut élu président en 1733. Il a traduit de l'anglais en latin les Huit discourt de Rich. Bentley contre les athées, Berlin, 1696, in-8°, et le Traité du docteur Burnet sur la prédestination, ibid., 1701 , in-8° : il a publié une édition de la Bible, en hébreu, avec des notes et une préface, 1699. On citera encore de lui : 1° Un Catéchisme allemand et hébreu, 1708, in-4° ; 2° des Sermons en allemand, 1718, in-4°; 3° l'histoire du Consensus de Sendomir , en latin , 1730 ; il en parut une violente critique anonyme, à laquelle Jablonski répondit par une lettre insérée dans la Bibliothèque germanique , t. 23 ; 4° différents écrits en latin et en allemand en faveur des prolestants de Pologne , et parmi lesquels on doit distinguer : Thorn affligée , ou Relation de ce

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7 ut s'est passé dans cette ville depuis le 16 juillet 1724. La traduction française de cet ouvrage, par Beausobre, Amsterdam, 1726, in-12, fig., est assez rare. W — s.

JABLONSKI (Jean-Théodore), frère du précédent, né à Dantzig en 1665, s'appliqua avec un égal succès à la culture des lettres et à la jurisprudence. 11 fut nommé conseiller d'État et secrétaire de la société royale de Berlin , et remplit ces deux places avec beaucoup de distinction. Son caractère le tint éloigné des intrigues qui troublent quelquefois même les savants ; il partagea son temps entre l'étude et ses devoirs, et mourut universellement regretté à Berlin en 1731. Sa modestie l'empêcha de mettre son nom à aucun de ses ouvrages, parmi lesquels on se contentera de citer : 1° Un Dictionnaire allemand et français. 1711, réimprimé plusieurs fois; 2" un Dictionnaire universel des arts et des sciences en allemand, 1721 ; 3° un Cours de morale, 1713; et enfin, 4° une Traduction allemande des mœurs des Germains, par Tacite, avec des notes instructives, 1724. W— s.

JABLONSKI (Paul-Ersest), fils de Daniel-Ernest , embrassa comme son père la carrière du ministère évangélique, mais se distingua bien plus dans celle de l'enseignement et surtout dans l'étude des langues orientales. N8 à Berlin en 1693, il fit ses premières études à l'université de Francfort-sur-l'Oder , et ses progrès dans l'étude de la langue copte furent tels, qu'il surpassa son maître, le fameux Lacroze, et qu'il obtint en 1714, n'étant âgé que de vingt et un ans, de voyager aux frais du roi dans une grande partie de l'Europe pour étendre ses connaissances en ce genre. Il visita les riches bibliothèques d'Oxford, de Leyde et de Paris , et fit d'amples extraits de tous les manuscrits coptes qui s'y trouvaient à cette époque. De retour dans sa patrie, il fut nommé pasteur à Liebenberg dans la Moyenne-Marche en 1720, professeur de philosophie en 1721 , l'année suivante professeur ordinaire de théologie à Franc* fort-sur-l'Oder, et pasteur de la commune réformée (ou calviniste) de la même ville, enfin peu après membre de l'Académie des sciences de Berlin. Ce savant orientaliste mourut le 13 septembre 1757, après avoir publié plus de cinquante ouvrages dont on peut voir la liste dans le dictionnaire de Meusel. Nous n'indiquerons ici que les principaux : 1" Disquisitio de lingua lycaonica, in-4°, Berlin , 1714; Utrecht, 1721. Il y établit, d'après Grotius et Bentley, que la langue lycaonienne dont il est fait mention dans les Actes des apôtres (xiv, u) n'avait aucune ressemblance avec le grec ; 2° trente-neuf lettres remplies d'érudition , dans le Thes. epistolic. Lacrotinnus (t. 1 , p. 163 et suivantes). Les vingt-quatre lettres que Lacroze adresse à son savant élève sont dans le tome 3 de la même collection , p. 149 et suivantes. 3° Exercitatio historico-theologica de nestorianismo, Berlin, 1724, in-8°; traduit en allemand par lra-

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