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mcrmann , Magdebourg , 1752 , in-4°. Cette dissertation, dans laquelle Jablonskl cherchait à justifier le nestorianisme, a été réfutée même par les théologiens protestants Berger et llofmanrt de Wittemberg, eh 1752. 4° Remphah. .Hgyptiorum deut, ah Israêlitit iA deserto tullus, Francfort , 1751 , in-8°. 11 y prou?e par les monuments égyptiens et coptes que ïlemphah est le même que le soleil. 3° Dissertation! s academica Mit de terra Goten , iltid., 1733, 1730, ln-i°. Il y éclaircit, d'après les monuments de la langue copte, tout ce que l'on peut savoir sur la terre de Gessen dont il est parle dans la Genèse. Voyez sur ces dissertations la Mblioth. german., t. 37, p. 8. 6° De uttimis PattH npostoli laboribus à B. Luca pratermissit . ihid., 4748, in-4°; 7" Panthéon &gyptiotum sive de diit eorum commentarius, cum prolegomenis de religione et theologia Aigyptiorum, ihid., 4790-32, 3 vol. in-8°; ouvrage capital et qui est encore aujourd'hui le plus complet et le plus important que Tort ait sur cette matière. Quoique des travaux postérieurs et des monuments récemment découverts aient pu répandre un plus grand jour sur divers objets de détail , l'ensemble dù travail n'en jouit pas moins de l'estime des savants; mais, pour le lire avec fruit, il faut commencer par les Prolégomènes, qui sont ordinairement réunis au 2' ou au 3e volume. L'auteur avait commencé cet ouvrage dès l'année 1720 ; ét on lui reproche de n'avoir pas toujours fait usage de ce qu'on avait publié sur le même sujet dans cet intervalle. Quoique la table générale qui termine le 3' volume ait 29 pages, quelques critiques la trouvent encore trop peu étendue proportionnellement à la variété des matières et à la vaste érudition de ce livre. Jablohski n'a fait que mettre en latin ce qui concerne le culte des taureaux sacrés ; il avoue que ce morceau lui a été fourni par une grande dame, matrona perilluilris , non natalium magis et âignitatis splendore quam virtute incomparabili et rara doctrinœ copia inelita. Il ne la désigne pas avec plus de précision. Le savant J.-D. Michaelis a donné, dans les Relationes de libris noris, Gotting. (fasc. 3 et 4), d'intéressantes remarques sur le Panthéon JEgyptiorum, et Jablonski y a fait dans la suite des additions assez considérables qu'on a insérées dans le tome 2 tic ses Opusculn. 8° De Memnone Gracorum et /Egyptiorum , hujusqne celeberrima in Thebàide statua, ihid. , 1753, in-4°, fig.; ouvrage rempli d'érudition et qui est comme la suite du précédent; 9° Institutiones historia christiana antiquioris, ibid., 1751, in-8°; 10° Institutiones historia christiana recentioris, ibid., 1756, in -8°. Ces deux volumes ont été réimprimés eh 1706-67 : E.-H.-D. Stosch y aiouta un 3« volume contenant le 18r siècle ; et le professeur Abr.-Phil.-God. Schickedanz y fit une autre continuation en 1786. Celte histoire est estimée des protestants comme un bon abrégé. 11° Des Remarques sur le canon des rois de Tbèbes donné par Ératosthènc, insérées dans la chronologie de Desvignoles ; 12° di-
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vers -mémoires ou extraits, dans les Mitcelhnea Rrralineniia , dans les Nova Miscellanea Lipsiensim et autres recueils périodiques; ifrOpnscut* quib*t lingua et antiquttas jf.gyptiorum . diffi-itia tibromm ticrorum làca et hiitoria etclesiàsticœ capitn illut» trantur, maqnnm partent nnne primant in furent pré* tracta, etc., tdiditJan. Gnlirlm. Te-Water . Lryilé, 1804-13, 1 vol. in-*». Oti y trouve la plupart de* opuscules publiés antérieurement , notamment les nn» 1 , 4, 5 et G ci-ilessus, avec plusieurs corrections et additions tirées des papiers laissés par l'auteur. Le tome l,r est un glossaire des mots égyptiens rapportés soit dans la Bible, soit dans les auteurs anciens, grecs ou latins. Le traité sur la Statue de Memnon (n° 8 ci-deSSus) a été traduit en français par Langlès, qui l'a ln«éré, avec plusieurs augmentations, dans le tome 2 de sa traduction du Voyage de Norden. C. M. P.
JABLONSKI (Cuarles-Gistave), naturaliste allemand, né en 1756, était secrétaire particulier de la reine de Prusse , ce qui ne l'empêcha pas île s'adonner avec beaucoup d'ardeur à l'histoire naturelle, et particulièrement à l'entomologie, gehre dans lequel il s'était formé une collection considérable. Il entreprit de traiter cette science dans un ouvrage étendu qui devait faire suite à celui de BulTbn. Mais il ne vécut pas assez longtemps pour pouvoir exécuter entièrement son plan, car il mourut en 1787 , à l'âge de 31 ans; heureusement il eut un continuateur zélé dans le pasteur ilerbst (voy. ce nom) à Berlin , qui , étant lui-même entomologuc et possesseur d'une collection d'Insectes plus considérable que celle de Jablonski , réunit après la mort de celui-ci les deux cabinets et s'en servit pour continuer le grand ouvrage entomologiqne commencé par le jeune savant , et intitulé Natur syshm, etc., Système naturel de tout les insectes connus , indigènes et exotiques. La partie des papillons, publiée à Berlin, 1783-1806, forme 10 volumes in-8° avec gravures enluminées ; et la partie des coléoptères, Berlin, 1785-1 804, se compose de 11 volumes ln-8°, ornés également de gravures coloriées. Jablonski n'a publié que les tomes 1 et 2 du premier de ces ouvrages , et un seul volume de l'autre. Avant les travaux de Latreille et de M. Dejean , cette suite de Butïbn avait une grande valeur scientifique , et elle ne l'a pas entièrement perdue , puisque les deux auteurs ont eu soin de figurer et de décrire beaucoup d'espèces d'après les individus qu'ils avaient soUs les veux dans leurs collections. Le reste , pris dans une foule de livres, est un travail de compilation. La partie rédigée par Jablonski pècbe par une extrême prolixité et une rédaction lourde et fatigante. Sur ses instances, son père était allé dans la Guyane pour chercher des objets d'histoire naturelle. Le premier envoi arriva peu de jours après la mort du jeune naturaliste. D— c.
JACKSON (John), théologien anglais, né à Lensey en 1686, succéda en 1710 à son père dans la cure de Rossington. H commença à se faire con-
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naître dans la controverse sur la doctrine de l'Écriture touchant la Trinité, par plusieurs traités où il prit la défense du docteur Clarke, avec lequel il fut bientôt lié d'amitié comme il l'était d'opinion. Ayant quitté Rossington pour Lciccster, il s'engagea dans de nouvelles controverses tant politiques que religieuses ; c'était en quelque sorte son élément. Ses principes hérétiques lui attirèrent plusieurs affronts : l'université de Cam-r bridge lui refusa en 1718 le degré de maître ès arts qu'il avait sollicité, s étant un jour préparé à prêcher en 1730 à St-Martinde Leicester, le vicaire ordonna au sacristain de l'empêcher de monter en chaire. Il parait qu'il repoussait dans ces occasions la force par la force, et il sortait quelquefois victorieux du combat. Le sacrement de la communion lui ayant été refusé à Uath, il en appela au public dans un pamphlet publié en 1750. Enfin, après plusieurs guerres de plume, particulièrement une très-animée avec Warbur ton, il mourut le 12 mai 1763, ayant publié en 1752 le dernier cl le plus considérable de ses ouvrages, les Antiquités chronologiques, en 3 volumes in-4°. C'était un érudit, sans esprit et sans goût, intraitable dans la dispute, et malheureusement disputant presque toujours. Un cite aussi parmi ses ouvrages : 1° Mopatiatii opéra, ad anliquiores editiones cattigaia , et a multis mendis expurgata , Londres , iliH, in-8°; 2U Défense de la liberté humaine contre les lettres de Coton (voy. lin un. Gordon), 1730; il y ajouta dans une deuxième édition un supplément contre Ant. Collins sur le même sujet. 5° Dissertation sur l'esprit et la matière , avec des remarques sur la Recherche de Baxter louchant la nature de l'âme humaine. Quelques notes qu'il communiqua en 1751 à Jean-Gilbert Cooper, lequel en (it usage dans sa Vie de Socrate, attirèrent sur ce jeune auteur tout le ressentiment de Warhurton. — John Jackson, auteur anglais, mort en 1807, a publié un Voyage de l'Inde par. terre , et quelques autres ouvrages.— Un Thomas Jackso* , docteur anglais au 17* siècle, est auteur d'ouvrages de théologie, entre autres d'une Explication estimée du Symbole. L.
JACKSON (William), compositeur et littérateur anglais, fils d'un marchand d'Exeter, naquit en 1731 . Comme il montrait beaucoup do dispositions pour la musique, on le laissa suivre son inclination; il se rendit à Londres, où son génie se développa sous la direction de Travers, compositeur habile cl orgauistede la chapelle du roi. Jackson, rentré dans sa cité natale, y fut nommé, en 1777, sous-chantre et organiste de la cathédrale. Parmi ses compositions musicales, on distingue particulièrement ses sonates et ses élégies, qui ont longtemps charmé ses compatriotes. Il avait surtout le secret de donner à fa poésie élégiaque une mélodie élégante et plaintive, mais à laquelle on a reproché de pouvoir s'appliquer à toute espèce de vers de ce genre. William Jackson s'est acquis aussi de la réputation par quelques productions
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littéraires publiées de 1782 à 1798, dans lesquelles on reconnaît un esprit original, mais porté au paradoxe. Cultivant presque tous les beaux-arts,
11 a manié le pinceau sans remonter au grand modèle de la nature et se bornant à copier les maîtres. De même qu'en musique il rappelait souvent la manière de Travers, de même il a reproduit avec quelque succès la composition cl le coloris de son ami Cainsborough. Il est mort à Exeter le
12 juillet 1803. Ses ouvrages sonl : 1" Trente lettres sur divers sujets, 1782, 2 vol- in-12 j deuxième édition, avec le nom de l'auteur, 1781; une troisième édition , augmentée de beaucoup, parut en 1793, iu-8°; 2° les Quatre âges, avec des Essais sur des sujets variés, 1798, in-8u.On y trouve, comme dans le précédent, du savoir, de l'intérêt, du goût et même du génie. Dans le morceau principal , l'auteur s'est proposé de démontrer que l'antique représentation symbolique des périodes du monde par différents métaux se réalise positivement, mais dans le sens inverse de celui qui lui est donné. Ainsi les sa'int-simoniens n'ont pas été les premiers qui ont dit : « L'âge d'or, que nous « avons cru être derrière nous , est devant nous, h 3° Traité sur Tétai présent de la musique à Londres. 1791, in-8«; -1° dis-huit œuvres musicales, consistant en Hymnes, Chansons. Elégies, une Ode 4 l'imagination, des Fantaisies (Fairy fantasies) laissées manuscrites, et qui ont paru supérieures à d'autres de ses compositions qui ont vu le jour. On peut consulter d'ailleurs, pour apprécier William Jackson , le jugement que le docteur Burney a exprimé sur le mérite de cet artiste dans la Cyclopedia de Rees. L.
JACKSON (Axdré), président des États-Unis de l'Amérique septentrionale, naquit le II mars 1767, de parents d'origine irlandaise qui, en 1765, avaient émigré à la Caroline du Sud et s'étaient établis dans le canton de Waxsaw, à quarante-cinq milles de Cambden. Dès l'âge de quinze ans il prit part k la guerre de l'indépendance; puis, en 1781, il étudia le droit à Salisbury. Admis au barreau de celte ville en 1786, il exerça avec quelque succès jusqu'en 1788, époque à laquelle il alla se fixer dans le Tennessee. Bientôt après nommé avocat général du district, il conserva ce poste important pendant plusieurs années, fut élu successivement membre de la convention chargée de rédiger la constitution du Tennessee lors de l'admission de ce pays au nombre des États de l'Union (1796), représentant de l'État au congrès général et sénateur des États-Unis (1797). S'élant démis de ses diverses fonctions en 1799, il se retira dans le Cumberland, à dix milles de Nashville, et consacra ses loisirs à l'agriculture. En 1812, la guerre ayant de nouveau éclaté entre la Grande- Bretagne et les États-Unis, Jackson fut nommé major général de milice; 2,500 volontaires vinrent lui offrir leurs services. Il descendit le Hississipi pour défendre le bas pays et se dirigea sur Natchex , où il devait attendre de nouvelles instruc-
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tions; mais il n'eut pas à combattre sur ce point, et il reçut l'ordre de licencier ses troupes , qu'il ramena après une marche pénible à Nashville, où il les congédia En 1814, ses services furent employés d'une manière plus utile : il (ut chargé de réprimer les Indiens Creeks, qui; excités par les Anglais et pourvus d'armes et de munitions par les Espagnols de Pensacola, avaient ravagé les frontières et massacré la garnison du fort de Mimms. Le 8 octobre, il entra en campagne à la tête de 3,300 hommes de troupes régulières, renforcés des volontaires qu'il avait , deux ans auparavant, ramenés de Natchez ; il battit complètement les Indiens et les força à se réfugier dans les Florides. Pendant ce temps, la Grande-Bretagne ne restait point inactive : elle préparait une expédition destinée à effectuer un débarquement sur les côtes des États-Unis. On pensait que les Anglais devaient diriger leur attaque sur la Nouvelle-Orléans ; la défense de celte ville fut confiée à Jackson, qui fut élevé au grade de major général dans l'armée régulière. La Louisiane était alors sans troupes, sans armes, sans munitions, sans approvisionnements; une partie même des habitants, les étrangers surtout, était hostile. Le général Jackson dut pourvoir à tout ; il prohiba la •ortie des bâtiments chargés de vivres, fortifia les deux rives du Mississipi , fit dresser des batteries sur tous les points susceptibles de défense, organisa la garde bourgeoise, proclama la loi martiale, et par sa fermeté et son activité en imposa à tout le monde. Un conflit d'autorité s'étant élevé entre le pouvoir civil et le pouvoir militaire, il n'hésita pas à faire arrêter et à éloigner de la ville un magistrat qui se signalait par son opposition. La flotte anglaise, arrivée en vue de la Nouvelle- Orléans le 13 décembre, commença son débarquement dans la nuit du 22 au 23. Le général Jackson résolut de livrer un combat dés la nuit suivante. Il attaqua les lignes ennemies malgré la supériorité de leurs forces, tua ou blessa environ 400 hommes, et, n'ayant essuyé que des pertes insignifiantes, il opéra sa retraite en bon ordre et résolut de rester sur la défensive , à l'abri de ses retranchements. Le 4 janvier 1813, de nouveaux renforts lui arrivèrent du Kentucky; cependant il n'avait guère en ce moment plus de 3,000 hommes sous ses ordres. Le 8 janvier, 10,000 hommes de troupes anglaises qui avaient fait les campagnes du duc de Wellington s'avancèrent; le général Jackson les laissa s'approcher jusqu'aux bords des fossés sans permettre «le tirer un seul coup de fusil ; puis il ordonna une décharge générale, presque à bout portant, qui fit essuyer aux Anglais, en moins d'une heure , une perte de 2,300 hommes, et mit le désordre dans leurs rangs. Le général en chef, sir Edward Packenham, deux autres généraux et soixante officiers de tous grades restèrent parmi les morts. Les Anglais durent se rembarquer, et presque immédiatement ils s'éloignèrent des côtes de là Louisiane. La victoire rem-
portée par le général Jackson eut un grand retentissement aux États-Unis; on décerna au vainqueur le titre de libérateur et de second sauveur de la patrie. Toutefois, elle ne produisit peut-être d'autre résultat que de faire briller d'un nouvel éclat les armes américaines : quinze jours aupavavant (24 décembre 1814), un traité de paix avait été signé à Gand entre les représentants des États-Unis et de l'Angleterre ; l'affaire du 8 janvier ne devait ni ne pouvait y apporter de modification. Jackson était rentré dans ses foyers, quand, en 1818, on eut de nouveau recoursà lui. La tribu des Indiens Serainoles ayant commis des hostilités sur les frontières américaines du Sud, il fut décidé qu'on prendrait des mesures pour la sûreté des citoyens exposés à leurs ravages. Un conflit sérieux pouvait s'élever à cette occasion entre les Etats-Unis et le gouvernement espagnol. Ce dernier s'était engagé, par le traité de 1813, à empêcher les Seminoles habitant les limites de la Floride espagnole d'inquiéter les citoyens américains et à faire respecter leurs propriétés. « Mais, « suivant un message du président des États-Unis « en date du 23 mai, l'impuissance où l'Espagne « se trouvait de maintenir son autorité sur les In- « diens habitant son territoire, et, par conséquent " de remplir les engagements du traité, ne devait « point exposer les États-Unis à de nouvelles in- ■ jures. Là où l'autorité de l'Espagne cessait « d'exister, les États-Unis avaient »e droit de com- « battre leurs adversaires, d'après le principe de « la défense personnelle. » En conséquence, le commandant des troupes américaines avait reçu l'ordre de ne point entrer en Floride , à moins que ce ne fût en poursuivant les ennemis. Celte dernière restriction était élastique et laissait d'une manière à peu près absolue aux généraux la facilité de diriger les opérations comme ils l'entendraient. Le général Gaines convoqua 2,000 hommes de milice de Géorgie pour six mois, et le général Jackson, à la tête de ses volontaires du Tennessee, entra en campagne. Le 10 mars, les hostilités étaient commencées; le 26 il occupait le fort Galsden, et le 3 avril il arrivait au grand village de Muska-Surhée , qui fut évacué par les Indiens et livré aux flammes. De là , le général Jackson se dirigea sur la Floride et prit possessiou de San- Marcos et de Swancy sans résistance; puis, sous prétexte de quelques meurtres nouveaux commis sur la frontière de l'Alabama , il marcha sur Pensacola, dont il demanda la remise, alléguant que le gouverneur espagnol de cette ville avait fourni des armes et des munitions aux Indiens, et qu'en dernier lieu on y avait donné asile à un chef seminole qui devait lui être livré. Le 28 mai, Pensacola et le fort de Barancas qui la commande capitulèrent, et presque immédiatement le général Jackson prit possession de tout le pays situé entre le Perdilo, la Mobile et Pensacola. Un mois après, le 24 juin, un traité fut signé avec les chefs indiens, par lequel ces derniers abandonnaient aux
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États-Unis tous leurs droits sur la presque totalité de leur territoire. Quant au gouvernement espagnol, il protesta contre l'occupation des Florides; les relations diplomatiques, toutefois, ne furent point interrompues, et, le 22 février 1819, le représentant de l'Espagne signa à Washington un traité ratifié l'année suivante par son gouvernement, et portant cession de la Floride aux États- Unis. La conduite du général Jackson , qui , sans déclaration de guerre préalable, mais obéissant peut-être à des ordres secrets, n'avait pas hésité à entrer sur un territoire neutre, fut diversement jugée dans le pays même dont il avait fait triompher les armes : en même temps que les uns lui prodiguaient des éloges exagérés, d'autres le critiquaient vivement; la ville de New- York lui donnait par un acte spécial le droit de cité , et dans la chambre des représentants il était l'objet d'attaques sérieuses. Le comité général chargé des opérations militaires fut d'avis de désapprouver sa conduite, et la chambre s'associa à ses conclusions. On le blâma surtout d'avoir levé, en son propre nom et par les moyens de son influence personnelle, une force d'environ 2,500 volontaires, et d'avoir nommé lui-même, malgré les principes et les termes de la constitution , les officiers de cette milice, alors qu'il avait reçu l'ordre exprès du gouvernement de demander aux gouverneurs des États limitrophes de la Floride les renforts dont il pouvait avoir besoin. La démocratie chatouilleuse voyait déjà en lui un nouveau dictateur. « Ce que nous avons à craindre, avait dit un ora- « teur, M. Clay, c'est qu'un jour quelque chef « militaire victorieux ne détruise notre liberté ; « c'est ainsi qu'a péri celle de la Grèce et de « Rome. Les yeux du monde entier sont fixés sur « nous; une partie nous observe avec jalousie et « dédain, l'autre avec affection et confiance. 11 est « de notre devoir de transmettre à nos descendants * la liberté dans la pureté où nous l'avons reçue. « Or, pensez-vous que le monde nous estimera si ■ nous foulons aux pieds les droits de l'humanité « et si nos généraux donnent des exemples de « pouvoir arbitraire et de barbarie? Si vous sanc- « lionnez aujourd'hui la conduite de Jackson, il « faut vous attendre à voir bientôt la force mili- « taire désobéir à la constitution. » — En 1824, le 12 décembre, il y eut lieu de procéder à une nouvelle élection du président des Etats-Unis. Le général Jackson fut proposé comme candidat par la législature du Tennessee. Sur les 261 voix affectées aux 24 Êlats de la fédération américaine, il en obtint 99; M . Adams en eut 84, M . Crawfurd 41 , et M. Clay 37. Aucun des candidats n'ayant réuni la majorité absolue des voix électorales, le choix du président était dévolu, pour la première fois et en vertu de la constitution, à la chambre des représentants, entre les trois candidats qui avaient obtenu le plus de voix. Jackson était soutenu par le parti démocratique; mais ses adversaires lui reprochaient sa violence et l'habitude du despotisme
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militaire. Le blâme que lui avait infligé la chambre fut rappelé; on affecta de ne voir en lui qu'un conquérant ambitieux qui pouvait ou menacer la liberté et la constitution du pays, ou l'entraîner dans des querelles étrangères. Bien qu'il eût obt nu le pfus grand nombre de suffrages, il ne fut pas élu : la chambre se prononça, le 9 février 1825, pour M. Adams. Jackson fut plus heureux en 1828; sur 261 votants, il eut 178 voix contre 85 données à M. Adams, et, le 16 février 1829, il fut proclamé président des États-Unis. Réélu en 1852 par 219 voix, il resta au pouvoir jusqu'au mois de mars 1837. M. Van Buren, dont il avait appuyé la candidature , fut nommé président en son remplacement aux élections de décembre 1856, et installé dans ces fonctions le 4 mars suivant. Les craintes que les adversaires du général Jackson avaient manifestées, au moment de son élection, sur les tendances qu'il donnerait à son administration, ne se réalisèrent qu'en partie.il ne chercha à porter à la constitution, nous devons le dire, aucune atteinte; mais son caractère peu conciliant et souvent allier lui attira plusieurs fois le blâme des chambres, amena des divisions regrettables dans les pouvoirs, et fut sur le point d'amener une rupture avec la France. Le 4 juillet 1851, avait été signé à Paris un traité par lequel le gouvernement de Louis-Philippe se reconnaissait débiteur d'une somme de 25 millions pour dommages éprouvés sous l'empire par le commerce maritime des Etats-Unis. Ce traité ne pouvait être exécuté avant d'avoir été soumis aux chambres françaises, à qui seules appartenait le droit de voter les fonds nécessaires pour les payements à effectuer. Le crédit demandé à ce sujet dans la loi de finances de 1854 fut rejeté par la chambre des députés , et il s'ensuivit une crise ministétérielle. Louis-Philippe donna ses assurances au gouvernement des Etats-Unis qu'il emploierait toute son influence pour faire revenir, le plus prochainement possible , les députés français sur leur refus de voter ces fonds. Le général Jackson, néanmoins, se plaignit en termes amers de l'inexécution immédiate du traité de 1851; il accusa la France de déloyauté et de manque à ses engagements, et les paroles presque insultantes dont il ne craignit point de se servir forcèrent Louis-Philippe, malgré tout son désir de terminer cette affaire a la satisfaction des Etats-Unis, à rappeler son ambassadeur et à demander des explications. Le général Jackson, voulant se faire justice par ses propres mains, n'hésita pas, dans son message à l'ouverture de la session de 1854 (1er décembre), à demander d'être autorisé à saisir les propriétés des Français résidant en Amérique, jusqu'à concurrence des 25 millions spécifiés dans le traité du 4 juillet 1851, et en même temps à prendre les dispositions que la prudence suggérerait pour parer à toutes les éventualités futures. Les chambres furent loin d'accepter ces propositions. D'une part, on devait éviter, par tous les moyens pos-
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sibles, les dangers d'une guerre ifeo In France, qui ne pouvait qu'être des plus fâcheuses pour les deux pays; d'autre part, il n'y avait aucun inconvénient à user de modération et à chercher à faire triompher le droit «les Étals-Unis par la voie conciliatrice de la diplomatie, en présence surtout des assurances qu'avait personnellement données Louis-Phi|ippe; enfin il n'y avait nulle nécessite d'agir avec précipitation pour recouvrer une créance dont, en fait, on avait depuis 1811 attendu patiemment le payement. En conséquence, le sénat déclara qu'il était inopportun, dans les circonstances présentes, de prendre aucune mesure législative touchant les relations entre les deux pays, De son côté, la chambre des représentants se montra également contraire aux propositions du général Jackson; mais, voulant éviter de condamner sa précipitation, elle préféra laisser tomber l'affaire sans consigner dans un acte officiel qu'elle différait d'opinion avec le pouvoir exécutif. Cependant, les relations diplomatiques entre les deux pays n'étaient pas totalement rompues. Si l'ambassadeur français aux Etats-Unis avait été rappelé, l'ambassadeur américain n'en restait pas moins à Paris, bien qu'on lui eût offert ses passe-ports, et continuait les négociations. Enfin, en I85fi, la demande du crédit de i.-i millions, présentée de nouveau par le gouvernement de Louis-Philippe aux chambres, fut agréée, sous réserve d'explications à demander aux Etals-Unis sur les expressions offensantes pour la France dont avait pu se servir le général Jackson. Ces explications furent fournies, et ainsi se termina cette affaire, qui, sans l'esprit constant de conciliation îles deux chambres américaines, et surtout du sénat, aurajt pu amener les complications les plus sérieuses. La scission entre les pouvoirs éclatait presque en même temps, avec encore plus de violence peut-être, relativement à la banque américaine. En I83à, fut voté un bill tendant au renouvellement de la charte de la banque, qui n'avait plus que trois années à courir. Le président des Etats-Unis refusa de donner sa sanction à ce bill; suivant lui, la banque était une source d'influence incompatible avec la constitution ; ayant des succursales dans presque tous les Etats de l'Union, elle établissait une concurrence défavorable aux banques locales. Au fond, cette affaire n'était rien autre qu'une lutte du parti démocratique contre l'aristocratie commerciale. Non content d'apposer son veto au renouvellement de la charte, le général Jackson n'hésita pas à avoir recours, de sa propre autorité, à des actes excessifs : il fit brusquement retirer, l'année suivante (1833), les dépôts des fonds du gouvernement a la banque des Etats-Unis et à ses succursales, pour les remettre aux banques locales. 11 fut attaqué à ce sujet avec la plus grande violence : « Il agit au méprit des lois, disait un de ses anta- « gonistes; le règne des lois a cessé i il n'y a plus « que la volonté du dictateur. • En fin de cause,
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la conduite de Jackson fut approuvée par la chambre des représentants, mats en même temps elle fut blâmée dans les termes les plus sévères par le sénat, qui n'hésita pas à déclarer (48 mars 1834), à une majorité de 26 voix contre «0, qu'il t'était arrogé une autorité et une puissance que ne lui conféraient ni la constitution ni les lois, et qui étaient, au contraire, en opposition flagrante aeec elles (1). Quoi qu'il en soit, les mesures prises contre la banque, le non-renouvellement de sa charte, le retrait brusque et inattendu des fonds qu'elle avait en dépôt, eurent les suites les plus désastreuses. La banque, quoique poursuivant 6es opérations, réduisit ses émissions, restreignit ses escomptes; une stagnation générale du commerce s'ensuivit, et une crise des plus violentes vint affliger les Etats-Unis. Celte crise était loin d'être terminée au moment où Jackson quittait la présidence, et il laissa le pays à son successeur, M. Van Buren, dans un état moins florissant et moins satisfaisant qu'il ne l'avait trouvé. — Les autres actes de l'administration du général Jackson ne méritent que des louanges. Il proposa divers bills pour réduire les droits de douane; mais, tout en se montrant favorable à l'abaissement des droits, il voulait que cet abaissement ne se fit qu'avec prudence. Par sa fermeté et son énergie , et aussi par de sages concessions, il prévint une lutte entre les Etats-Unis du sud et ceux du nord. La Caroline voulut, en 1853, se déclarer indépendante; il sut ménager sa susceptibilité, sans pourtant abandonner les droits del'Uniou; il fit voler un bill tendant à assurer l'exécution des lois dans ce pays, et il présenta de nouveaux tarifs destinés à satisfaire ses demandes dans une juste mesure. 11 n'eut pas de guerre sérieuse à soutenir, muis il eut des réroltes et des désordres à comprimer. Les partisans de l'abolition de l'esclavage se virent en butte à des dangers; la populace les attaqua : les rues de Philadelphie, de St-Louis,de Washington, etc., furent un instant ensanglantées (1834 et 1833); mais les troubles furent promptement apaisés. En 1850, il rejeta au delà du Mississipi , et sans combat , les tribus indiennes des Chactaws et des Chisakaws, en leur accordant quelques sommes d'argent et des facilités pour leur établissement au delà du territoire de l'Union. En 1856, il réprima les Seminoles et les Creeks, qui s'étaient de nouveau révoltés, et il vit, la même année, l'Union américaine, jusqu'alors composée de vingt-quatre Etats, s'en adjoindre deux nouveaux, le Michigan et l'Arkansas. Le gé-
II) Jackson fut très-acnsiblc k cette censure ; cl a diverses rci.rUcï ses ami» firent les |>lu» grand-» cfTorl» pour en obtenir l'annulation. Il» y parvinrent eu 1U3T. Le» dernière» élection» ayant donne la majorité au parti de Jat ksou dan» le sénat, cette assemblée prit, a la majorité de 24 vuix eu tre 10, Indécision suivante : u (/ancienne résolution du !rtJ inar» 1834 sera effacée de* r«;U- ■ tre* de la chambre, et i c t elTet te secrétaire du seuat app^r- « tera au jour fixé le registre manuscrit de la session de Wt'i i u 1B34; en présence du sénat il entourera de ligne» noire» cetla h résolution, et il écrira en travers, en grosses lettres, ics muta - suivant-. : Effacé par ordre du êinat , U 18 janvier, dans ta*- « tut Ut ti<Hr*-8*ifn**r lb3T. »