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néral Jackson est mort dans la retraite , à Nashvllle, le 8 juin 1845. E. D — a.
JACKSON (Johs), célèbre peintre de portraits, naquit en 1778 è Lastinghatn, petit village situé dans la partie septentrionale de l'Yorkshirc, en Angleterre. Fils d'un pauvre tailleur, et destiné par sa position à manier lui-même l'aiguille, mais entraîné par un goût naturel pour le dessin, il donna de très-bonne heure des preuves d'une singulière aptitude à reproduire lès traits des personnes qui passaient sous ses yeux. Quelques essais en ce genre frappèrent tellement le maître d'école de l'endroit qu'il s'empressa de les présenter à la famille du comte de Mulgrave, et de ce moment la carrière du jeune Jackson Tut changée. Le comte et sir Georges Beaumont devinrent ses protecteurs et lui donnèrent les moyens de vaincre les premiers obstacles qui l'empêchaient de suivre sa vocation. L'apprenti tailleur, après avoir fréquenté l'école de dessin de l'Académie royale, s'établit dans la capitale comme peintre de portraits. Ceux qu'il fit à l'aquarelle furent généralement admirés, et lui valurent beaucoup d'argent; mais ses débuts dans la peinture à l'huile ne furent pas très-heureux : on lui préférait les ouvrages de Beechey, lloppner, Opic et Lawrence. Son talent finit cependant par acquérir ce qui lui manquait, et il put alors se montrer sans désavantage à côté de ses émules. Le portrait de Canova fut un de ceux qui commencèrent sa réputation, et il la soutint par un grand nombre d'antres, entre lesquels on a remarqué : les portraits en pied du marquis de Chahdos dans le costume d'officier de hussards; du comte Fitz-William, de lady Anna Vernon (femme de l'archevêque d'York) et de miss Vernon; les portraits en buste des artistes Th. Stotbard et John Flaxmann, ce dernier surtout, dont Lawrence fut tellement charmé qu'il dit que Van Dyck se fût fait honneur de l'avoir produit; le portrait de Robert Peel, du sculpteur Chantrcy et le sien. C'est d'après ces dessins qu'ont été gravées un grand nombre de têtes dans la splcndide publication de Cadell : Portraits de personnages illustres du 18e siècle. Jackson a été considéré comme un des meilleurs élèves de Reynolds : « Moins élégant que Lawrence, h dit le Journal des artistes, mais copiant plus fldè- « lement la nature, il saisissait avec une admirable « facilité les traits caractéristiques de la physio- « nomic et les reproduisait avec un rare bonheur. " Il travaillait avec rapidité, et cependant ses ta- « bleaux sont d'un fini précieux. Son coloris avait « du relief, de l'éclat et la vérité. » Cet artiste avait une Ame noble e( des mœurs douces : il vivait dans les meilleurs termes avec ses rivaux de gloire et se plaisait à favoriser les premiers pas de ceux qui entraient dans la carrière ayant d'heureuses dispositions. Bien qu'il fût de la secte des méthodistes et très-zélé, dit-on, il n'était pas cruel envers l'Église établie : la petite église de son petit village reçut de lui , pour orner le maltre-aulel ,
un tableau du Christ dans le jardin des Oliviers , qu'il avait fait d'a|>rès le Corrége. John Jackson avait été admis à l'académie royale en 1817: le titre d'académicien de St-Luc lui fut donné lorsqu'il se rendit à Romé en 1819, accompagné de sun ami Chanlrey. Il est mort à Londres le ï" juin 1831. L'ne partie des détails qui se trouvent dans celte notice a été empruntée à la Bibliothèque des Beaux-Arts (Librnry of the fine arts). L.
JACOB, l'un des patriarches les plus célèbres dans les saintes Écritures , était fils d'Isaac et de Rebecca, et naqûlt environ l'an 1836 avant Jésus- Christ. Il eut le nom de Jacob, parce qu'en venant au monde il tenait le pied de son frère EsaU. C'était un homme simple, rivant dans l'intérieur de la maison, occupé uniquement du soin des troupeaux et de la surveillance des domestiques. La douceur de sort caractère le rendait plus agréable à sa mère qu'Ësai), qui était d'un naturel violent et emporté. Il acheta de son frère son droit d'aînesse pour un plat de lentilles; et, par le conseil dé fiebecca, il lui enleva la bénédiction d'Isaac. Irrité de cette supercherie, Ésail résolut d'attendre la mort de leur père et de tuer ensuite Jacob; mais Rebecca instruisit celui-ci de ce mauvais dessein, et l'envoya chez son oncle Laban, à Haran, en Mésopotamie, pour y rester jusqu'à ce que la colère de son frère fût passée. Jacob étant arrivé, après le coucher du soleil , dans un lieu nommé Luza, et depuis Béthcl, il s'étendit sur le bord du chemin, et ayant mis une pierre sous sa tête, il s'endormit accablé de fatigue. Pendant sort sommeil, il vit en songe une échelle dont le pied était appuyé sur la terre et le haut touchait au ciel, et des anges qui montaient et descendaient te long de l'échelle : le Seigneur lui apparut alors, et lui renouvela les promesses qu'il avait faites à Abraham et à îsaac, de multiplier leur race à l'Infini, et de lui abandonner de vastes pays. En s'éveillant, Jacob, saisi de frayeur, s'écria : « Que ce lieu « est terrible ! c'est véritablement la maison de « Dieu; » et, ayant pris la pierre sur laquelle il avait reposé, il répandit de l'huile dessus et l'érigea comme un monument. Laban , ayant été informé par sa fille Rachel de l'arrivée de Jacob, courut au-devant de lui et l'emmena dans sa maison, où il le reçut avec joie. Ayant connu le motif de son voyage, il lui promit la main de Rachel s'il voulait le servir pendant sept années; mais au bout de ce temps il fit entrer Lia, sa fille aînée, dans la chambre de Jacob, qui se plaignit le matin d'avoir été trompé. Laban s'excusa sur ce que l'usage n'était pas de marier les filles les plus jeunes les premières, et lui promit de lui donner Rachel s'il voulait le servir encore pendant sept ans; Jacob accepta cette condition, et obtint, après un délai de sept jours, celle qu'il aimait. Mais Lia était féconde, et sa sœur ne pouvait poiut avoir d'enfants : Rachel pria donc Jacob de recevoir dans son lit Bala , sa servante ; et il en eut deux fils, qu'elle soigna comme les siens. Lia, qui
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cherchait tous les moyens de plaire à son mari , lui donna Zelpha, sa servante, dont il eut encore deux fils. Enfin Rachel mit au monde un fils qu'elle nomma Joseph. Alors Jacob, voyant l'accroissement de sa famille, pria Laban de le laisser retourner dans son pays ; mais son beau-père le retint encore, lui promettant pour prix de ses soins les petits de ses troupeaux qui naîtraient de couleurs différentes. Le Seigneur be'nit Jacob , et ses troupeaux furent en peu de temps si nombreux que les enfants de Laban en conçurent de la jalousie ; son beau-père lui-même ne le regardait plus du même œil. Jacob fit donc Tenir près de lui Rachel et Lia ; et leur ayant fait part de son projet de quitter la Mésopotamie, il les trouva disposées à le suivre partout où il voudrait aller : il fit monter aussitôt ses femmes et ses enfants sur des chameaux, et se mit en chemin pour retourner au pays de Chanaan, emmenant avec lui ses troupeaux et tout ce qu'il avait acquis par son travail. Laban, instruit de son départ, se mit à sa poursuite, et l'atteignit le septième jour vers la montague de Galaad : mais sa colère s'était dissipée; il reprocha seulement à Jacob d'être parti sans l'en prévenir, et réclama ses dieux qu'on lui avait dérobés. Jacob jura qu'il était innocent de ce larcin, et consentit à ce que l'auteur en fût puni de mort : Rachel , qu'il ne soupçonnait pas d'une telle action, ayant caché les dieux sous la litière d'un chameau, s'assit dessus et s'excusa de ne point se lever , de sorte que toutes les recherches de Laban furent inutiles. Jacob se plaignit alors à Laban de sa conduite ; et, s'étant radoucis insensiblement, ils dressèrent ensemble un monceau de pierres, qui fut nommé le monument du témoignage, et ayant mangé dessus, ils se séparèrent bons amis. Jacob, continuant son chemin, arriva dans un lieu qu'il appela Hanahaim, c'està-dire le camp de Dieu, parce qu'il y rencontra des anges du Seigneur ; songeant à apaiser son frère Esaii, il envoya des serviteurs dans la terre de Séid , au pays d'Edin , pour lui annoncer son arrivée. Ses messagers revinrent bientôt, tout effrayés, lui apporter la nouvelle qu'Esaii s'avançait lui-même, suivi de quatre cents hommes. Jacob divisa alors ses troupeaux et ses serviteurs en deux bandes, afin que, si l'une était attaquée, l'autre pût échapper pendant ce temps -là; et ayant séparé les génisses et les chameaux qu'il destinait à Esaii, il les envoya en avant sous la garde de serviteurs qu'il chargea des paroles les plus propres à apaiser son frère. Jacob passa la nuit dans sa tente, et sur le matin il vit un homme qui lutta contre lui sans pouvoir le terrasser; cet homme lui ayant louché la cuisse, le nerf se sécha aussitôt, et il lui dit : « On ne vous nommera plus ■ à l'avenir Jacob , mais lsraè'1 , qui signifie fort ; « car si vous avez été fort contre Dieu , combien « le serez-vous davantage contre les hommes ! » et l'ayant béni, il disparut. Jacob tomba la face contre terre, et nomma ce lieu Phanuel : levant
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alors les yeux, il aperçut Esaû qui s'avançait, et s'étant prosterné sept fois, il s'humilia devant lui : Esaii , touché de tant de soumission , courut au-devant de Jacob, et l'embrassa étroitement en versant des larmes; il s'informa ensuite de ce qui lui était arrivé depuis leur séparation , et se défendit d'accepter les présents de son frère , à qui il offrit de l'escorter partout où il lui plairait (roy. Ésau). Jacob s'avança à petites journées jusque dans le pays des Sichémites, où il acheta un champ qu'il nomma Socoth, qui veut dire tentes- L'imprudence de Dina, fille de Lia, troubla bientôt la tranquillité dont il jouissait. Dina étant sortie pour voir les femmes du pays , sa beauté inspira une violente passion à Sichem, qui l'enleva et la retint dans sa maison. Jacob ressentit cet affront jusqu'au fond du coeur, mais il cacha son chagrin afin de ne point irriter ses fils; il consentit même à l'alliance que Sichem lui fit proposer, sous la condition qu'il se ferait circoncire avec tous ses sujets : mais le troisième jour après cette cérémonie, Siméon et Lévi, frères de Dina, entrèrent dans la ville l'épée à la main , en tuèrent tous les habitants, et emmenèrent leurs femmes et leurs enfants en captivité. Jacob craignit que cette violence ne l'exposât au ressentiment des peuples voisins; et, par l'ordre du Seigneur, il revint à Bélhel , où il éleva un autel au vrai Dieu. Peu de temps après, Rachel, son épouse chérie, mourut en donnant le jour à un fils, qu'elle appela Benoni, c'est-à-dire enfant de la douleur , nom qui fut changé en celui de Ben-yamin (roy. Iîl-vj mi\ . Jacob fit élever à cette épouse bien-aimée un tombeau sur le chemin qui conduit à la ville d'Ephrata, aujourd'hui Bethiéhem. Il alla ensuite visiter son père Isaac, a hors extrêmement vieux, et après sa mort il s'établit dans la terre de Chanaan. Il sentait plus de tendresse pour Joseph que pour ses autres enfants, et il lui fil faire une robe de plusieurs couleurs; cette prédilection excita la jalousie des frères de Joseph : ils le saisirent donc un jour qu'il était venu les visiter dans les champs, et le vendirent à des marchands ismaélites qui allaient en Egypte. Les méchants teignirent ensuite sa robe du sang d'un chevreau, et l'envoyèrent à leur père. Jacob, à cette vue, déchira ses vêtements, croyant qu'une bête cruelle avait dévoré Joseph; et il refusa longtemps les consolations qu'on lui ofTrit. Cependant la famine qui affligea le pays de Chanaan l'ayant forcé d'envoyer ses enfants acheter du blé en Egypte, il apprit à leur retour l'élévation de Joseph et l'autorité que le roi lui avait donnée (roy. Joseph et Juda) ; il s'écria alors : • Je n'ai plus rien à souhai- « ter, puisque mon fils vit encore; j'irai et je le « verrai avant de mourir. » Il partit donc avec ses enfants , ses petits-enfants et leurs femmes , sur les chariots que Pharaon leur avait envoyés. Joseph vint à sa rencontre jusque dans la terre de Gessen, et le présenta au roi, qui lui demanda son âge : « 11 y a, répondit-il, cent trente ans que
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i je suis voyageur, et ce petit nombre d'années, « qui n'est pas parvenu à égaler celui des années de * mes pères, a été traversé de beaucoup de maux. » Le roi ordonna^u'il fût mis en possession, avec sa famille, de la terre de Ramessès, le pays le plus fertile de l'Egypte. Il y vécut dix-sept ans. Sentant sa fin approcher, il |*>sa sur sa cuisse la main de Joseph , et il lui fit jurer de déposer son corps dans la sépulture de ses ancêtres : il bénit ensuite les deux fils de Joseph, Mariasses et Lpbraïm , intervertissant , par un sentiment prophétique , l'ordre naturel de la succession ; car il étendit la main droite sur la tète d'Êphraïm , qui était le plus jeune, et la gauche sur la tète de Manassès. Peu d'instants avant de mourir, il réunit ses enfants autour de son lit, les bénit, et leur annonça ce qui devait arriver à chacun d'eux : « Le sceptre, dit-il, ne sera point ôté de Juda, ni « le prince de sa postérité, jusqu'à ce que celui « qui doit être envoyé soit venu, et c'est lui qui ■ serat'attente des nations. » Paroles mémorables et que les saints pères ont regardées comme la prédiction la plus claire qui ait été faite de l'avénement de Jésus-Christ. Jacob, ayant achevé de donner ses dernières instructions à ses enfants, joignit les pieds sur son lit, et mourut l'an 1089 avant l'ère chrétienne. Son corps fut embaumé et transporté, suivant son commandement, dans le tombeau d'Abraham et d'isaac. Les douze fils de Jacob furent les chefs d'autant de tribus : il avait eu de Lia Kuben, Siméon, Lévi, Juda, Issachar et Zabulon ; de Rachel Joseph et Benjamin ; de Bala, servante de Kachel , Dan et Nephtali ; et enfui de Zelpha, servante de Lia, Cad et Aser. Quoique Juda ne fût que le quatrième en rang, sa tribu, comme la plus illustre, a donné son nom (Judœi, Juifs) à toute la postérité de Jacob , qui subsiste encore répandue par toute la terre. W— g.
JACOB Dl SAINT-CHARLES (le P. Louis), bibliographe, né à Chalon-sur-Saône en 1608, embrassa la vie religieuse dans l'ordre des Carmes de l'ancienne observance, et se fit bientôt remarquer par son goût pour les recherches littéraires. Plusieurs personnes s'empressèrent de lui fournir des livres et des manuscrits, dont il fit de nombreux extraits. 11 visita ensuite les principales bibliothèques de France et d'Italie, afin de recueillir les matériaux qui lui étaient nécessaires pour les différents ouvrages qn*il avait dessein de publier. Pendant son séjour à Rome, il vit le savant Gabr. Naudé, qui l'encouragea à terminer sa Bibliotkeca pontificia; cet ouvrage donna une idée avantageuse de son érudition , et lut valut la place de bibliothécaire du cardinal de Retz ; il fut ensuite attaché au premier président de Harlay, et mourut à Paris dans l'hôtel de ce magistrat, le 10 mai 1070. On dit que le père Jacob avait eu à essuyer des désagréments de la part de ses supérieurs, pour avoir refusé de défendre l'antiquité de son ordre, attaquée par Launoy. C'était un homme très-laborieux, mais il manquait de goût et de
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discernement, et n'avait qu'une érudition superficielle. On se contentera de citer ses principaux ouvrages : \° Bibliotkeca pontificia duobus librit distinct*, Lyon, 1043, in-4°. C'est la meilleure de ses compilations, quoiqu'elle ne soit pas exempte de fautes; Slruvius, Camusat et Mceron ont relevé les principales. 2" Traité des plut belles bibliothèques du monde, Paris, 1014, in-8°. On lui reproche d'avoir donné ce titre è des collections fort médiocres; mais il a réuni dans cet ouvrage des choses curieuses et qui le font rechercher. 3» Bibliograpkia parisina . 1045 et années suivantes, in- 4°. C'est le catalogue des livres imprimés à Paris de 1013 à 1033; il y ajouta ensuite la liste des livres publiés, à la même date, dans le reste de la France, sous le titre de Bibliotkeca gallica unictrtalit. Dans chaque cahier les ouvrages sont classés par ordre de matières, excepté dans les deux cahiers de la Bibliotkeca gallica publiés en 1040 et 1047, dans lesquels chaque ville ou lieu d'impression a son article à part; ainsi l'on y trouve une Bibliograpkia salicetana pour un ouvrage imprimé à la Saussaye (abbaye du diocèse d'Évreux). Au reste, le père Jacob donne le titre des livres exactement et tout au long, mais sans aucune remarque critique ou bibliographique. Ce fut, dit-on, ce travail qui suggéra au présideut de Sallo l'idée du Journal des savants. 4° De claris seriptoribus Cabilonensibus iibri très, Paris, 1032, in-i° de 20 et 159 pages. C'est une histoire littéraire de la ville de Chalon , sa pairie : il y a des recherches; mais on ne doit pas compter sur l'exactitude de l'auteur, quoiqu'il ait été à même de puiser aux sources. Le nombre des auteurs cbalonais qu'il indique s'élève à deux cents, dont quelques-uns vivaient encore quand il écrivait. 5° Les Éloges de Marie Scburmann, en latin, et traduits en français par Paul Jacob , de Lyon ; d'Anne Comnène, dans l'édition de son Histoire. imprimée au Louvre; de J.-B. Begat et de Jean Despringles, jurisconsultes, en téle du Commentaire de Cbevannes sur la coutume de Bourgogne. \* père Jacob a fourni plusieurs pièces au père Labbe pour sa A'ocu Bibliotk. manuscriptor . et quelques additions au Dictionnaire étymologique de Ménage; enfin, il a laissé en manuscrit uu grand nombre d'ouvrages, les uns terminés et d'autres imparfaits, dont on trouvera la liste dans la Bibliothèque de Bourgogne. On peut consulter en outre, pour des détails, la Bibliotk. carmelitana du père Cosme, et les Mémoires de Niceron, t. 11. — Psul Jacob, né à Lyon dans le 47« siècle, et avocat au parlement de Paris, a traduit en français : J" La Clacicule, ou la Science de Bagmond Lutte, aci cloutes les figures de rhétorique, Paris, 1040, in-K?; 2o la Bkétorique de Cicérou, ibid., 1052, in-12. Ce volume ne contient que les quatre livres à liérennius. W — s.
JACOB, l ogez Mon rn.ttiu.
JACOB KRLANDSKN p archevêque de Lund exprimât de Danemarck au 13* siècle, fut un des
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prélats les plus remarquables du moyen âge. Ayant été nommé d'abord doyen du chapitre de Lund sous le règne d'Éric IV, il assista, de la part de ce prince , au concile tenu à Lyon en 1245. 11 s'y lia d'une étroite amitié avec le pape Innocent IV. Parrenu, par la protection de la cour de Rome , à l'archevêché de Lund , Jacob Erlandsen refusa de demander la contlrmation du roi Christophe l,r, et entreprit de changer la loi ecclésiastique de Scanie, portée sous le règne de Waldemar 1", parce qu'il prétendait qu'elle renfermait des articles contraires aux prérogatives du clergé. Une lutte violente s'éleva entre le monarque et l'archevêque, qui tint un concile où, de concert avec les évèques du royaume, il fit passer des décrets qui augmentèrent le courroux du roi. (taquin IV, roi de Norvège, et Birger, régent de Suède, témoignèrent le désir d'apaiser ces troubles, qui influaient sur le repos du Nord , et ils eurent une entrevue avec le roi Christophe. On convint d'un projet de réconciliation ; mais l'archevêque le rejeta, soutenant que ses droits ayant été attaqués, il devait être satisfait sur tous les points. Il entra, avec l'évêt|ue d'Oilensée, le comte de Holstein et plusieurs autres, dans un complot pour faire perdre la couronne au roi et à son fils. Les états furent assemblés, et Christophe leur proposa de décréter que l'archevêque serait arrêté. Il le fut en effet , et le roi porta plainte à la cour de Rome; mais au lieu d'obtenir une réponse favorable, il fut mis en interdit, ainsi que le royaume (roy. Christophe). Le peuple lui témoigna un grand intérêt, et se montra disposé à Je défendre. La Suède et la Norvège lui promirent leur appui. Il se rendit en Jutland pour conférer avec l'évéque de Ribe, homme doux et conciliant ; mais dans le même moment on tramait sa perte -. il fut empoisonné le 29 mai 1259. Le chanoine Arnefast, qui pré tendait à l'évéché d'Aarhuus, fut accusé de ce crime. Pendant la minorité d'Éric Irr, fils de Christophe, Marguerite, sa veuve, prit les rênes du gouvernement. Ayant à lutter contre les grands du pays, elle mil l'archevêque en liberté, et se flatta de le gagner par cet acte de clémence. Mais Jacob Erlandsen ne voulut prêter l'oreille à aucun accommodement tant (pie le pape n'aurait pas examiné ses griefs; il refusa même de retourner dans son diocèse , et se retira en Suède, d'où il écrivit plusieurs lettres à Rome, pour protester de son innocence et demander satisfaction. Cependant une guerre intestine avait éclaté entre la régente et les grands. Dans,, un combat sanglant où Marguerite était à la tête des troupes, elle fut prise avec son fils et traitée en prisonnière. L'archevêque, triomphant, passa aussitôt en Danemarck, et lia ses intérêts à ceux des grands vassaux insurgés. Mais la reine et son fils ayant recouvré la liberté par l'intervention du duc de Brunswick, Erlandsen fut accusé à Rome; et le pape Urbain IV le condamna à résigner son archevêché. Immédiatement après, Clément IV
monta sur le trône pontifical. L'archevêque se rendit à Rome, et engagea le pontife à se déclarer en sa faveur. Un légat fut envoyé en Danemarck, et lança les foudres ecclésiastiques au nom du chef de l'Église. Les esprits, au lieu de se calmer, , s'échauffèrent davantage , et l'archevêque fut obligé de se retirer à Rome, où il resta pendant sept ans. Enfin, cette longue contestation fut terminée l'an 1274, au concile de Lyon, où furent jugés tant d'autres objets importants sous les auspices de Grégoire X. Dès l'année précédente, l'archevêque avait déclaré qu'il remettrait ses prétentions à la connaissance des arbitres que le pape nommerait; et il avait demandé au roi de Danemarck, Éric V, un sauf-conduit signé par cinq seigneurs du royaume , pour pouvoir retourner à son église. Le roi accepta cette condition, et envoya à Lyon un ambassadeur chargé de travailler au rétablissement de la paix , de concert avec les pères du concile. Après d'assez longues contestations, il fut réglé que le roi rendrait son amitié à l'archevêque, et lui donnerait quinze mille marcs d'argent pour l'indemniser de ce qu'il avait souffert. Jacob Erlandsen mourut peu après celte pacification, dans l'Ile de Rugen, avant d'avoir pu reprendre possession de son diocèse. C— AU.
JACOB-KOLB (Gérard), littérateur, naquit à Reims, le 15 octobre 1775. Son aïeul avait été grand bailli de l'archevêque de Talleyrand-Périgord voy. ce nom). Son père , Simon , d'abord avocat, auteur de quelques mémoires et de quelques poésies, se livra ensuite au commerce des vins, et mourut à Reims en 1K26. Le jeune Jacob, destiné à la carrière commerciale, commença néanmoins ses études dans sa ville natale, et alla les continuer en Allemagne, où il se perfectionna dans la langue allemande; il se maria à Strasbourg et revint à Reims vers 179G- Associé dès lors à la maison de son père , il voyagea dans les cercles d'Allemagne t c'est dans un de ses voyages que, se trouvant à Weimar, en 1801, il eut l'avantage de connaître le célèbre Schiller, qui mettait sa Jeanne d'Are au théâtre. Familiarisé avec les poètes français et déjà lié avec les hommes de lettres de la capitale, il lui fut facile de donner de bons avis à ce grand poè*te. Plus tard devenu chef de sa maison, Jacob fit plusieurs voyages en Angleterre, alla en Russie, parcourut les États du Nord et vil à Stockholm le roi Charles-Jean, qui l'accueillit d'une manière distinguée. Né avec un caractère ardent et d'une activité prodigieuse, il trouva encore, malgré les soins qu'il donnait à son commerce très-étendu , le temps de se livrer à l'étude de l'histoire naturelle, des antiquités, de la numismatique et de la littérature. «Son inconstance dans les goûts, pour lesquels d'ailleurs il ne négligea jamais aucune dépense, nuisit à ses productions. Passionné d'abord pour l'histoire naturelle, il se composa un cabinet de tout ce qu'il put réunir sur cette intéressante partie. La
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géologie le fixa ensuite ; et, d'après de forts indices que la montagne de Reims recélait de la houille, indices qu'il crut reconnaître par les ligt ites et les sources d'eaux ferrugineuses qu'on y rencontre , il appela dans sa belle maison de Monchenot, commune de Yilliers-Alleraud, des savants instruits sur cette matière, et, suivant leurs avis, il fit fouiller à l'endroit dit les Vauzillons, terroir de Rilly-la-Montagne; au lieu de houille, il ne retira qu'un lignite schisteux, qui brûle à la vérité, mais en répandant une odeur tellement désagréable qu'il n'eût jamais été possible de s'en servir dans les habitations. De l'histoire naturelle Gérard Jacob passa à la numismatique : il rechercha avec avidité Les médailles grecques, romaines, françaises et autres, en forma un beau et riche médaillier, et s'en défit quelques années après, pour quinze à vingt mille francs. Des médailles à la connaissance des monuments des anciens peuples la transition était naturelle; il s'y livra avec ardeur et fit un recueil de près de trente volumes in-4° de tout ce qui avait été écrit sur les antiquités grecques, romaines, gauloises, etc. Il y a dans ce recueil deux volumes sur l'histoire de Reims qu'il eut un moment l'intention de faire imprimer. L'abbé Géruzez (voy. ce nom) voulait aussi faire imprimer sa Description historique et statistique de la ville de Reims. M. Lebatard, à qui ils s'étaient adressés tous deux pour l'impression de ces ouvrages, leur proposa de les fondre en un seul. L'idée leur parut bonne, et ils se disposèrent à la réaliser; mais, ne pouvant ensuite se mettre d'accord, ils finirent par se brouiller. L'abbé Géruzez fit imprimer son livre à Ch&lons, et Jacob-Kolb publia à Reims, sous le nom de son père, ses Notes historiques et critiques pour servir à l'ouvrage ayant pour titre : Description historique et statistique de la ville de Reims. Jacob-Kolb aurait bien voulu placer ce volumineux recueil , qui n'est pas sans mérite, au cabinet du roi; mais, ne pouvant y parvenir, il l'échangea avec un libraire qui le vendit au marquis de Fortia. Les autographes l'occupèrent ensuite; et, s'étant mis en rapport avec beaucoup de personnes de distinction, il en rassembla à grands frais une belle collection. Il jouissait à peine de ce trésor qu'il le vendit à un Anglais qui lui compta vingt-cinq mille francs. Alors ayant quitté le commerce et s'étant fixé à Paris, son ardente activité se porta sur un nouvel objet; il rechercha les livres, mais plus particulièrement les belles éditions. C'était le moment où les libraires de la capitale publiaient avec luxe les ouvrage» de nos meilleurs auteurs; Jacob se les procura, mais voulant encore enrichir ce qui était déjà si beau , il se composa des exemplaires uniques, soit en y ajoutant ou changeant les gravures , soit en y joignant des lettres autographes des auteurs: Cette collection, qui lui coûtait plus de dix mille francs, eut bientôt le sort des médailles et des autographes : il venait d'en retirer trente mille francs avec une réserve de neuf cents