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de la bibliothèque vaticane avait antérieurement appartenu aux électeurs palatins résidant à Jleldelberg. C'est ainsi que de nombreux suppléments et une ordonnance toute nouvelle de ce recueil s'offraient au commentateur. Dominé toutefois par l'importance du texte publié à grands frais et avec un grand succès par Brunck dans ses Analecta. il prit ce texte pour base et en suivit docilement la distribution , sauf à retrancher de sa réimpression les petits pommes, l'Anacréon, etc., qui s'y trouvaient surabondamment réunis. Les graves imperfectionsde ce texte auraient sansdoute déterminé Brunck lui-même à le réparer au moyen d'une révision et d'une collation plus scrupuleuse, mais cet illustre savant, victime de la révolution, était désormais ruiné, découragé de toute semblable poursuite. Jacobs ne termina qu'en 1814 la publication successive des volumes de son commentaire, commencé avant le siècle, sur l'Anthologie de Brunck, et alors seulement il donna, dans les trois années suivantes, une belle édition critique, non commentée, du texte palatin, largement augmenté par les découvertes épigraphiques modernes , édition indispensable sans doute et fort désirée, mais dont les concordances avec le commentaire antérieur sont malheureusement un peu gênantes. La direction de l'importante bibliothèque de Gotha lui fut donnée en 1802 : le duc venait habituellement y tenir conversation plus volontiers que dans son palais, et son jeune successeur, qui avait reçu de Jacobs des leçons de littérature allemande, voulut avec plus d'empressement encore profiter de ses entretiens, jusqu'à contrarier souvent par une exigence frivole et importune l'esprit d'exactitude qui rappelait le professeur à ses devoirs habituels. Les personnages distingués 'qui résidaient ou qui s'arrêtaient quelque temps dans cette cour de Gotha ne faisaient pas moins de cas de sa société, entre autres le vieux baron de Grimm , la comtesse Emilie de Bueil, avec tous leurs souvenirs de France , madame de Staël , etc. Cependant la guerre de 1807, en appauvrissant le pays, rendait plus précaire la condition de ce petit Etat et celle des particuliers: des offres flatteuses venues de la Bavière, dont les destinées semblaient s'agrandir sous la protection française par les intentions libérales de son roi, déterminèrent Jacobs à accepter une place dans l'Académie des sciences de Munich, avec une chaire au lycée de cette ville. Celte résolution d'émigrer avec une famille nombreuse lui causa d'abord des perplexités et des regrets, trop justifiés ensuite par les tracasseries odieuses qui, au bout de trois années, le firent renoncer à sa nouvelle situation. La Bavière était alors bien loin en arrière de l'état où l'ont am<née, par de si rapides progrès, le développement du génie germanique, la paix et les nobles efforts de deux règnes promoteurs de la civilisalion et des beaux arts. Le roi Maximilien-Joseph en était encore au début de la lutte contre les