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HUUWALD (Christophe -Ernest, baron de), auteur dramatique, naquit le 20 novembre 1778 à Straupitz, terre seigneuriale de la basse Lusace. Dès sa plus tendre jeunesse il manifesta un penchant décidé pour la poésie, et après avoir reçu sa première éducation dans la maison paternelle, il alla en 1704 achever ses études à l'université de Halle. En 1802 il remplit des fonctions administratives dans sa province, et en 1822 fut nommé syndic du margraviat de la basse . Lusace , fonctions qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 28 janvier 1845. Ses principales pièces de théâtre sont : 1° F Asile ; 2° l'État libre \ 3° le Retour dans la patrie (1821); 4° t Apparition (1821); \y U Tour du /anal (1821) ; 6° Malédiction et bénédiction (1821); 7° le Prince et le citoyen (1823); 8* f Amitié (1825) ; 0° les Ennemis (1825) ; 10° Us Bandits (1852). Nous citerons parmi ses autres ouvrages: i' Accords romantiques, Rerlin, 1817, in-18, recueil de nouveUes en vers qui fut publié par Contcssa, son ami d'enfance; 2° Livre pour les enfants de distinction, Leipsick, 1810- 1824, 3 vol.; nouvelle édition, ibid., 1833;
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3° Mélanges ou Œuvres diverses, Leipsick, 1825, 2 vol. ; 4» tAmi des orphelins , ibid., 1826, 3 vol. in-8° ; 5° Images pour la jeunesse, Leipsick, 1828 et années suivantes , 3 vol. ; 6° de nombreux morceaux de vers dans les recueils littéraires, publiés principalement avant 1815, sous le pseudonyme d'Ernest et l'anagramme Waluhdo. On trouve dans les écrits d'Uouwald de la force, de l'énergie et de la vérité , souvent une douce mélancolie. Dans ses drames lyriques il a fait preuve de sentiment, mais les caractères de ses personnages ne sont pas toujours tracés d'une main assez ferme. Z — s.
HOVEDEN (Roger de), historien anglais, natif du comté d'York, fut attaché à la famille de Henri II , et laissa des annales de son pays trèsestimées pour la véracité , la connaissance des antiquités et les recherches qu'elles ont dù coûter à l'auteur qui, s'il eût écrit dans un latin un peu plus élégant , serait, suivant Leland, au premier rang des historiens de son temps. Son ouvrage, divisé en deux livres , commence en 731 , date où finit l'ouvrage de Bède, et s'étend jusqu'à la troisième année du roi Jean, en 1202. Il a été publié par Saville, parmi les Historici anglici, en 1505, et réimprimé à Francfort en 1601 , in-fol. On ne connaît la date ni de la naissance ni de la mort de l'auteur; mais on sait qu'il vivait en 120t. Il était en même temps jurisconsulte, ecclésiastique et professeur de théologie à Oxford. S — d.
HOWARD (Charles), comte de Nottinghnm, grand amiral d'Angleterre, était fils de Guillaume, comte d'Effingham , titre qu'il porta d'abord , et petit-fils de Thomas second, duc de Norfolk. 11 naquit en 1536. Dès 1550, il fut chargé par Elisabeth d'aller complimenter François H, roi de France, sur son avènement au trône. Il fut ensuite membre du parlement pour le comté de Surrcy; et plus tard il commanda un corps de cavalerie sous le comte de Warwick, contre les comtes de Norlhumberland et de Cutnberland, qui s'étaient révoltés. Pour récompenser ses services, la reine le nomma chevalier de la Jarretière et grand amiral. Connaissant sa bravoure et ses talents, elle lui confia en 1588 le commandement de sa flotte contre la fameuse Armada incicible. Aidé par Drake, Ilawkîns, Frobiser et autres marins habiles, Howard dispersa ou détruisit la plupart des vaisseaux de l'expédition espagnole (voy. Elisabeth). Huit ans après, on craignait une nouvelle attaque : il partit avec une flotte de cent soixante-dix vaisseaux. Cadix fut pris; la flotte espagnole fut brûlée dans le port. Le comte d'Essex commandait les troupes de terre dans cette expédition (voy. Essex). A son retour, Howard fut créé comte de Nottinghaïu. Cette distinction et les expressions flatteuses employées dans les lettres patentes qui l'accordaient excitèrent la jalousie d'Essex, qui prétendit qu'à lui seul était dù le succès de l'entreprise : il offrit même de soutenir cette prétention en combat singulier. On conçoit que ces
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bravades durent piquer vivement Nottingham; mais son profond respect pour sa souveraine prévint l'explosion de son ressentiment contre le favori. Toujours empressé à donner des preuves de sa fidélité', Howard concourut à pacifier l'Irlande , soulevée par les manœuvres d'Esscx. Lorsque cet imprudent se fut enfin attiré la colère d'Elisabeth, Nottingham, qui avait si longtemps étouffé sa haine, lui donna l'essor en empêchant sa femme de remettre à la reine l'anneau qui aurait sauvé la vie d'Essex. Quand Elisabeth était mourante, Nottingham fut un des trois membres du conseil députés vers clic pour connaître ses dernières volontés. Jacques Ier le confirma dans tous ses emplois, quoiqu'il eût figuré parmi les juges de sa mère; et, en 1605, il le nomma son ambassadeur en Espagne pour aller ratifier la paix avec Philippe III. La magnificence de la légation et la bonne mine des Anglais frappèrent de surprise les Espagnols, qui, trompés par les rapports des moines, croyaient, disent les historiens, que ces insulaires avaient à peine figure humaine. Nottingham se retira du service en 1618, et mourut en 1624, laissant un grand nom et une mince fortune. Il avait souvent avancé de grosses sommes pour le service de sa patrie. E — s.
HOWARD. Voyex Norfolk, Northamptoî» , et
St'RRCY.
HOWARD (sir Robert), écrivain anglais, né en 1626, fils de Thomas, comte de Rcrksbire, fut élevé à Cambridge, souffrit beaucoup pendant la guerre civile pour son attachement à Charles Ier, et à la restauration fut fait chevalier, et nommé, en 1661 , membre du parlement. L'adresse avec laquelle il savait tirer de l'argent du parlement, pour fournir aux prodigalités de Charles H, le rendit extrêmement cher à ce prince. 11 figura de nouveau dans les parlements de 1679 et 1688, et montra un grand zèle pour la révolution. Son orgueil et son obstination lui suscitèrent beaucoup d'ennemis, entre autres le duc de Ruckingham, qui s'était proposé de le tourner en ridicule, sous le nom de Rilbao, dans la comédie intitulée la Répétition (the Rehearsal), mais qui ensuite, croyant lui avoir fait par là trop d'honneur, lui substitua, sous le nom de Bayes, un personnage d'une tout autre importance. Le poète Schadwell, quoique professant les mêmes principes politiques que lui, le tourna également en ridicule dans le personnage de sir Positif, de sa comédie des Amants chagrins {the Sullen lovers). Robert Howard mourut le 5 septembre 1698; il a publié quelques ouvrages où l'on trouve de l'esprit et du savoir : 1» Poèmes et Pièces de théâtre; 2» Histoire des règnes d'Edouard et de Richard II, avec des réflexions et les portraits de leurs principaux ministres et favoris, ainsi qu'un parallèle entre ces princes et Edouard I" et ÊdouardUl. 1690, in-8°; 3° Utire à Samuel Johnson , à l'occasion d'un libelle intitulé Observations sur la réponse de il. Johnson à Jovien, 1692, in-8°; 4" Histoire de la religion, 1694, in-8°; 3° la ira-
duction du quatrième livre de l'Enéide de Virgile,* 16IÎ0, in-8°; 6» celle de YAchiUéide de Stace, 1600, in-8°. S—».
HOWARD (Charles) , comte de Carliste, homme d'État, naquit en Angleterre vers 1650. Ses premiers pas dans la vie publique furent marqués par son zèle à concourir au rétablissement de Charles H sur le trône de ses ancêtres. Ce monarque le récompensa de sa fidélité en le nommant son ambassadeur en Russie, en 1663. Le motif de cette mission était d'engager le czar à rendre aux commerçants anglais les immunités qui leur avaient été accordées en 1353, quand Chancellor vint en Russie pour la seconde fois {voy. Chancellor), mais dont les avait privés Alexis Mikallovitch , en apprenant la mort violente de Charles K L'ambassade était magnifique, et composée de plus de cent vingt personnes. Carliste essuya plusieurs désagréments durant son voyage, qui ne se fit qu'avec une lenteur extraordinaire; car il avait mis à la voile le 14 juillet 1663, et l'entrée solennelle à Moscou n'eut lieu que le 6 février 1664. Le jour où il obtint son audience publique du czar, les Anglais, qui ne se faisaient pas une idée de la cour de ce prince , furent surpris de l'éclat et du faste qui frappèrent leurs yeux : mais l'issue des négocialions ne répondit pas aux désirs de Carliste; elles traînaient en longueur, lorsqu'il obtint une audience particulière : malgré l'éloquence de ses discours, elle ne produisit rien. Il quitta donc Moscou le 24 janvier 1665 : arrivés sur la frontière suédoise, les Anglais furent si bien accueillis qu'ils se félicitèrent de se retrouver parmi des chrétiens. Carlisle partit de Riga par mer, le 18 août, sur un vaisseau de guerre suédois. Il visita, conformément à ses instructions, les cours de Stockholm et de Copenhague, où, malgré la bonne réception qu'on lui fit, il ne put effectuer une triple alliance entre l'Angleterre et les royaumes de Suède et de Danemarck , parce que ceux-ci étaient brouillés. L'ambassadeur revint incognito par le Holslein, la basse Saxe, la Westphalie, la Relgiquc et Calais. Avant qu'il fût de retour, il était arrivé à Londres un ambassadeur russe, envoyé exprès pour porter des plaintes contre lui. Carlisle se justifia par un mémoire. Charles D donna ensuite le gouvernement de la Jamaïque à Carlisle, qui mourut en 1686. Guy» Miége, qui l'avait accompagné à Moscou, rédigea, d'après ses papiers et sous ses yeux, la relation de cette ambassade. Elle parut sous ce titre en anglais : Relation des trois ambassades du comte de Carlisle, etc., Londres, 1669, in-8»; on la trouve aussi dans le tome 1" de la Collection des voyages, par Harris. — Miége en publia une traduction intitulée la Relation des trois ambassades de la part du roi de la Grande-Bretagne , Charles II. vers Alexis Âlichaelowitz czar, Charles XI, roi de Suède, et Frédéric III, roi de Danemarck, en Van 1663, et finie en 1605, Amsterdam, 1670, \ Toi. in-12.
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Hais ce n'est pas une simple version du texte anglais : Hidge annonce qu'il a refait le livre presque en entier, qu'il l'a rendu plus détaillé et plus exact. La relation anglaise avait été publiée à' la hâte pour satisfaire la curiosité du public, et justifier l'ambassadeur du mauvais succès de sa mission. Ainsi, dit-il, cette traduction doit être regardée comme l'ouvrage original. Miége en donna, en 1072, une nouvelle édition, qui diffère encore beaucoup de la précédente, et qui est réellement bien meilleure. Elle fut réimprimée à Rouen la même année, et à Amsterdam en 1700; enfin traduite en allemand, Francfort, 4701 , un vol. in-12. Quoique ce livre ne contienne pas de grands détails géographiques sur la Russie , on y trouve néanmoins des particularités curieuses sur l'état du ce pays à l'époque de l'ambassade de Carlisle. Il parait que le ton hautain de ce diplomate et son ignorance des usages choquèrent les Russes. Ceux-ci étaient jaloux des grands avantages que les AnglaU'retiraient de leur commerce à Arcbangel ; et leurs commissaires l'exprimèrent assez hautement dans les conférences qu'ils eurent avec Carlisle, ajoutant que les Russes n'y trouvaient aucun profit. Cette relation, écrite avec esprit et avec un ton de vérité , offre beaucoup de traits satiriques contre les Moscovites. Rousset a inséré dans le tome 2 de son Corps diplomatique, mais en l'abrégeant et en mettant de coté les sarcasmes, tout ce qui concerne la réception de Carlisle à la cour du czar : cet envoyé avait donné à ce prince le titre d'empereur, imitant en cela l'exemple de son compatriote Guillaume Prideaux , que Cromwell avait expédié , mais sans succès, vers Alexis pour le même objet. Ce fut sur l'exemple du comte de Carlisle que les ministres russes s'appuyèrent lorsque, dans les conférences tenues à Vienne , ils demandèrent que la cour impériale reconnût le titre d'empereur que Pierre l,r avait pris. E — s.
HOWARD (John), célèbre philanthrope anglais, né à Hackney en 1726, était fils d'un tapissier, et fut d'abord rois en apprentissage chez un épicier: mais son père étant mort en lui laissant à partager avec sa sœur une fortune indépendante, Howard renonça à une profession trop pénible pour sa frêle constitution , et fit un voyage en France et en Italie. A son retour, il éprouva de la part d'une femme veuve, chez laquelle il avait pris un logement, tant de prévenance et de soins, qu'il résolut de l'épouser, et l'épousa en effet en 1732, quoiqu'elle eut plus de vingt ans de plus que lui. 11 parait qu'il était déjà connu alors comme un homme instruit, puisqu'en 17:;;; la société royale de Londres l'admit au nombre de ses membres. Désirant de voir Lisbonne, après le terrible bouleversement que cette ville venait d'essuyer, il s'embarqua, en 1736, sur la frégate CHanotre; mais cette frégate ayant été capturée par un bâtiment français, il fut mis en prison, et y demeura quelque temps : ce furent, à ce qu'on
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croit, les désagréments qu'il souffrit pendant cette détention, qui éveillèrent sa pitié en faveur des malheureux prisonniers. 11 revint en Angleterre par l'Italie , se maria pour la seconde fois en 1738, et s'établit, vers 1763, à Cardington près de Redford , où il fit beaucoup de bien aux pauvres, en leur procurant du travail, en leur faisant bâtir des cabanes, etc. Sa seconde femme était morte en couches d'un fils unique, dont l'éducation occupait une grande partie de son temps, mais qui ne profita point de ses instructions et dont l'esprit même se dérangea par la suite. Cet homme si sensible, si bienveillant pour des étrangers, était, dit-on, pour son fils comme pour luimême, d'une sévérité excessive, peu faite pour former un jeune cœur. Les fonctions de sheriff, qu'il exerça en 1773, donnèrent encore plus d'activité à sa compassion pour les malheureux qui gémissaient dans les prisons. 11 s'occupait autant de leurs mœurs que de leur santé corporelle. Il fut examiné, en 1774, devant la chambre des communes , relativement aux plans qu'il avait conçus à ce sujet, et en reçut des remerclments pour ses efforts. 11 visita successivement non- seulement les prisons de l'Angleterre , mais celles des pays étrangers; il fit de 1773 à 1787 trois voyages en France, quatre en Allemagne, cinq en Hollande, deux en Italie , un en Espagne et en Portugal , dans les contrées septentrionales et en Turquie. Pendant son séjour à Vienne, l'empereur Joseph H exprima le désir de le voir: Howard se rendit auprès de S. M., mais s'excusa d'une manière polie de ne pas fléchir le genou, conformément à l'étiquette qui existait alors. L'empereur reçut son excuse , et supprima même cette cérémonie par un édit, six semaines après le départ d'Howard. Ils eurent un entretien de plusieurs heures. Le philanthrope avoua au souverain que les hôpitaux de Vienne lui paraissaient mal administrés, et énonça surtout son opinion contre quelques donjons pratiqués dans les prisons de cette ville. Joseph II lui dit : « Quoi , monsieur, vous vous « plaignez de mes donjons? Et en Angleterre, ne « pendez-vous pas vos malfaiteurs par douzaines? « — Sire, répondit Howard, j'aimerais mieux être « pendu en Angleterre que de vivre dans un de « vos donjons. » Lorsqu'il fut" sorti , l'empereur dit à un compatriote d'Howard , qui se trouvait près de lui : « En vérité, ce petit Anglais n'est pas « flatteur. » Sa soeur lui laissa en mourant une assez grande fortune qu'il fit servir à étendre ses bienfaits. Il publia en même temps dans plusieurs ouvrages les résultats de ses excursions et de ses recherches. Ses travaux avaient tellement attiré l'attention publique, qu'une souscription considérable fut levée à son insu dans le dessein de lui ériger une statue. Il parait qu'il était alors éloigné de sa patrie : lorsqu'il eut connaissance du projet, il écrivit aux souscripteurs pour les en détourner. « N'ai-je donc pas un ami en Angleterre, disait-il, « qui s'oppose à une pareille entreprise? » Mais
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cet honneur ne fut qu'ajourné, et lui fut rendu après sa mort, survenue le 20 janvier 1790, et causée par une fièvre maligne qu'il avait prise à Cherson, en visitant un malade. Son monument dans l'église de St-Paul est l'ouvrage du sculpteur Bacon, qui l'a représenté sous l'habit romain, tenant un rouleau de plans de bienfaisance dans une main et une clef dans l'autre, et foulant aux pieds des chaînes. Howard menait la vie la plus sobre et la plus austère. 11 ne se nourrissait que de pommes de terre, de pain, de beurre et de thé, fuyait les plaisirs du monde, et ne se mêlait jamais dans ce qu'on appelle la société. 11 passa, dit-il, trente années sans goûter même de vin, et s'abstint longtemps de manger de la chair d'animaux. Il aimait surtout les fruits, et c'était la seule chose où il mtt du choix. Lorsqu'il était en Turquie, ayant été assez heureux pour guérir de quelque maladie un homme riche, celui-ci lut offrit une bourse de deux mille sequins. Howard les refusa , et lui demanda seulement la permission d'envoyer de temps en temps chercher dans son jardin quelques grappes de raisin et quelques oranges pour son déjeuner. Le Turc lui envoya dès ce jour, chaque matin, un grand panier rempli des plus beaux fruits qu'il pouvait recueillir. Dans toutes les villes où il séjournait, il s'était fait une règle de sortir de sa chambre, chaque matin, exprès pour acheter chez différents boulangers de petits pains du même prix, afin de les comparer entre eux. Il les donnait ensuite aux pauvres, l e prince Henri de Prusse lui demanda un jour s'il n'allait jamais dans quelque endroit public le soir, pour se distraire des soins de la journée : « Jamais, répondit-il; je trouve a faire mon de- « voir plus de plaisir que tous les divertissements « du monde ne pourraient m'en procurer. » On rapporte qu'il préférait se servir de draps, de linge et de vêtements humides, et qu'avant de se mettre dans son lit, comme en le quittant, il s'enveloppait de toile grossière, trempée dans l'eau la plus froide qu'il pût trouver. 11 restait ainsi une demi-heure , et se sentait , dit-il , alors une vigueur extraordinaire. C'était probablement par l'effet de sa méthode d'endurcissement physique qu'il était capable de braver l'air contagieux des
{irisons qu'il visitait {voy. Hesdekson); ce qui ne 'empêcha pas néanmoins d'être victime de son zèle. Son humanité s'étendait aux animaux. 11 avait destiné, pour la retraite de ses chevaux in valides, un vaste terrain où ils trouvaient du foin et des abris contre le mauvais temps. Un voyageur, M. l'ratt, auteur d'un ouvrage agréable intitulé Gteanings, etc. (Glanures dans le pays de Galles, la Hollande et la Wesipkalie), a vu à la fois une trentaine de ces quadrupèdes pensionnaires; il dit que l'hôpital de Chelsea n'était pas mieux administré. 11 est inutile de s'appesantir ici sur l'utilité" des travaux d'Howard, qui ont provoqué une réforme si essentielle dans l'organisation des prisons. L'Angleterre en a la première recueill
les fruits; et les nations étrangères en ont ressenti la douce Influence. Voici les titres des ouvrages qu'il a publiés : 1° Etat des prisons en Angleterre et dans le pays de Galles, avec des obserrations préliminaires et un tableau de quelques tritons étrangères, 1777, in-4°; trad. en français, 1788, 2 vol. in-8°; 2° Supplément à Vouvrege précédent, avec le récit des voyages de V auteur en Italie, 1780; réimprimé en 1784 avec ses voyages en d'autres pays ; 3° Histoire des principaux lazarets de f Europe, avec divers écrits relatifs à la peste, des observations nouvelles sur quelques prisons et hôpitaux étrangers, et des remarques additionnelles sur tétai actuel de celles de la Grande-Bretagne et de tlrlande, 1789; traduit en français par T. P. Bertin, 1801, in-8° : le traducteur y a joint le Traité de Mead sur la peste; 4° Tableau de la Bastille, traduit du français, 1780; 5" le Nouveau code de lois pénales du duc de Toscane, avec une traduction anglaise, 1789. Edm. Burke, dans un discours prononcé à Bristol, en 1780, a fait un éloge de Howard, éloquent et digne de tous deux. Il y appelle ingénieusement les voyages de ce philanthrope des voyages de découvertes. John Alkin a donné un Tableau du caractère et des services publics de J. Howard. 1791 , in-8°; il en existe une traduction française , sous le titre de Vie de J. Howard, par A. M. H. B. (Boulard), Paris, 17%, in-12. M. John Field en a donné une autre également en anglais, Londres, 1850, in-8°, et M. de la Bochefoucauld-Liancourt une en français, Beauvais, 1851, in-8°. Howard était parent de M. Withbread. L.
HOWABD (Georges-Edmond ) , écrivain anglais du 18* siècle, reçut sa première instruction du docteur Sheridan, l'ami de Swift, et passa ensuite à l'université de Dublin. Il fut successivement clerc, soldat, procureur, entrepreneur de bâtiments, légiste et écrivain politique. Mais la poésie seule obtint constamment ses hommages, quoiqu'il n'eût qu'un talent très-ordinaire en ce genre. H entrait quelquefois dans une boutique pour écrire les vers qu'il composait dans les rues, et disait qu'il éprouvait ainsi un plaisir beaucoup plus vif qu'en traitant les affaires les plus lucratives. Un de ses premiers ouvrages fut une tragédie qu'il brûla volontairement au moment où elle allait être représentée, en faisant un voeu solennel de ne plus écrire un seul vers pendant cinq ans. Dans les intervalles qu'il dérobait aux travaux de son étude, il composa des Traités sur le droit, la justice et rèchiquier, en 4 gros volumes in-8°, et plusieurs autres ouvrages en vers et en prose. La ville de Dublin dut à son zèle et à ses efforts plusieurs embellissements remarquables. Ses singularités et ses opinions politiques lui attirèrent une foule de sarcasmes et de pamphlets de la part des beaux esprits et des plus vigoureux champions du parti de l'opposition. H mourut en 1786 à Dublin, possesseur d'une fortune d'euviron soixante mille livres sterling, qu'il avait acquise
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par ses seuls talents. S'il ennuya les hommes par ses ouvrages , il les amusa par ses ridicules , leur fit du bien et se montra toujours d'un caractère irréprochable : « Je défie le monde , écrivait-il , « de trouver dans aucune de mes publications, « poe'Uques, politiques ou autres, une seule syl- « labe contre mon voisin , contre la paix de la ■ société , contre la vérité , ou contre 1rs plus • stricts principes de la religion et de la vertu. » U travaillait habituellement quatorze heures par jour. Ses écrits forment quinze volumes, dont quatre in-4° et onze in-8°. On cite, entre autres, trois tragédies : Almeyda, ou les Rois rivaux, 4769; le Siège de Tamor, 1773; et la Femme joueur, 1778. U a donné sur lui-même quelques Mémoires écrits d'une manière originale. S — d.
HOWARD. Voyez Caulisle.
HOWARD (Hesri), secrétaire et professeur de l'Académie royale de peinture de Londres, né le 31 janvier 1769, mort à Oxford le 5 octobre 18-17, fut élève de Philippe Reinagle, qui , par la souplesse de son talent , était plus que personne capable de former un bon artiste. Admis comme élève à l'Académie royale le 27 mars 1788, Howard obtint en 1790 la première médaille d'argent pour le meilleur dessin sur la nature vivante, et en même temps la médaille d'or lui fut décernée pour une peinture historique déclarée par Reynolds la meilleure de celles qu'il eût jamais mes présentées aux concours de l'Académie. Le sujet en était : Caraetatus prisonnier reconnaissant le corps de sou fils mort. En 1791, Howard visita l'Italie et peignit ses deux tableaux : U Songe de Cain et la Mort d'Aoel; en 1796 il exposa une petite toile : les Planètes tirant leur lumière du soleil, idée qu'il développa ensuite dans une de ses œuvres favorites sous ce titre : le Système solaire. Elu en 1801 membre de l'Académie royale de peinture, il fut chargé en 1814 par le gouvernement d'exécuter huit vastes transparents en commémoration de la paix pour la décoration d'un temple à Hyde-Park, et faisant partie des réjouissances célébrées en cette occasion. Pendant l'espace de cinquante-trois ans, de 1794 à 1847, Howard ne négligea jamais d'enrichir de quelques-unes de ses œuvres l'exposition annuelle de l'Académie royale. Ses principales productions Sont : Hèro et Lèandre • Cornus écoutant les enchantenu n ii de Circé; la Querelle d'Oberon et Titania; Lear et Corde lia ; le Lever de Vénus; les Heures; une Femme arec une guitare, etc. On lui doit de plus un très-grand nombre de portraits des hommes les plus distingués de l'Angleterre. Howard ne fut jamais un grand favori du public; mais il était apprécié des critiques. C'était un classique exact et froid ; quoique doué d'un certain talent, il n'a jamais rien fait qui soit véritablement original. E. D — s.
HOWE (John), né dans le comté de Nottingham, en Angleterre, est connu par quelques écrits littéraires . mais il est beaucouD dIus célèbre
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comme politique, par ses talents et son courage Intrépide. Représentant successivement le bourg de Circenster et le comté de Glocester dans les trois derniers parlements du roi Guillaume et dans les trois premiers de la reine Anne, Il acquit une grande influence à la chambre des communes. C'est même sur les vives remontrances de Howe que la chambre accorda une demi-solde aux officiers qui furent licenciés en 1699. La liberté avec laquelle il s'exprima, à l'occasion du traité de partage, fit dire au roi Guillaume que, si ce n'était l'inégalité de rang , il en demanderait satisfaction à son épée. H avait d'abord applaudi à la révolution de 1688 , et avait été nommé vicechambellan de la reine Marie; mais, sur un refus qu'il éprouva de la part de la cour, il devint le plus violent antagoniste que le roi eût dans le parlement, et l'ennemi le plus actif des étrangers qui s'établissaient en Angleterre. A l'avènement de la reine Anne au trône, il fut fait conseiller privé en 1704, et payeur des gardes et des garnisons. Lors de la formation d'un nouveau conseil privé, conformément à un acte du parlement relatif à l'union des deux royaumes, il y prit également sa place, continua d'occuper celle de payeur des gardes jusque sous le règne de George Ier, et mourut en 1731 à sa terre de Slowell, dans le comté de Glocester. C'est lui qui par son zèle et ses efforts infatigables rétablit la compagnie des Indes orientales, qu'on regardait comme ruinée, sur un pied tel qu'elle n'a pas depuis cessé d'exister. Il a composé un Panégyrique du roi Guillaume. des chansons et autres poésies. S—*.
HOWE (John), théologien anglais , non conformiste , naquit en 4630, à Loughborough en Leicestershire, ville où son père était alors ministre. Celui-ci , expulse de sa paroisse à cause de ses sentiments puritains, réfugié en Irlande, mais obligé ensuite de fuir devant la rébellion , alla s'établir dans le comté de Lancaster. C'est là que l'enfant reçut sa première instruction, continuée dans l'université de Cambridge, puis dans celle d'Oxford, où il fut agrégé au collège de la Madeleine. Vers 1652, il commença de se livrer à la prédication, reçut les ordres, et devint ministre de Great-Torrington en Devonshire. Deux ans après , il épousa la fille du ministre de Plymouth. Pendant un voyage.. i Londres , étant entré un jour comme simple auditeur dans la chapeHe de Whiteball, son extérieur avantageux et son maintien plein de dignité attirèrent l'attention d'Olivier Cromwell, qui le fit inviter par un messager à se présenter devant lui quand l'office serait terminé. L'entrevue eut pour résultat que Howe prêcherait à Whitehail le dimanche suivant. H eût bien voulu s'en dispenser; mais les hommes du caractère de Cromwell ne souffrent pas de refus. Le sermon fut prêché, et le prédicateur nommé bientôt après chapelain domestique du Protecteur. Dans cette situation, il se fit égalemeut estimer pour sa profonde piété et pour son
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désintéressement , ne demandant jamais rien pour lui , rien non plus contre les autres. Quelques opinions religieuses qui s'introduisaient alors à la cour lui causèrent d'autant plus de peine qu'elles paraissaient encouragées par les hommes puissants : il s'agissait d'une foi particulière . suivant laquelle certaines personnes pouvaient se croire favorisées du don d'inspiration et de prophétie. Howe résolut de combattre des idées qui lui semblaient dangereuses, et il n'attendit que son tour de monter en chaire pour en signaler le péril. Cromwell l'écouta avec beaucoup d'attention, quelquefois fronçant le sourcil et paraissant très-contrarié. Lorsque le prédicateur eut quitté la chaire, un personnage de distinction l'aborda et lui témoigna l'appréhension qu'Olivier ne lui pardonnât jamais sa témérité. « J'ai • cédé, répondit Howe, au besoin de soulager ma ■ conscience; le reste est dans la main de Dieu. » 11 observa que, de ce moment, le Protecteur fut très-réservé avec lui. J. Howe fut également attaché en qualité de chapelain à Richard Cromwell; et, après sa chute , il alla retrouver son troupeau de Torrington, et continua de le diriger jusqu'à l'acte d'uniformité de 1662. Depuis, il erra de place en place, sans cesser d'exercer le ministère évangélique. Il était vers 4671 chapelain de lord Massarène dans la paroisse d'Antrim; en 1673, ministre d'une congrégation à Londres. En 1685, année où la persécution sévit cruellement contre les dissent ers, il se trouva heureux d'accompagner lord Wbarton dans ses voyages, et prêcha à Utrecht dans l'église anglaise. Pendant son séjour en Hollande, il fut en relation avec le célèbre docteur Durnet, et il eut plusieurs audiences du prince d'Orange. La déclaration de Jacques U en faveur de la liberté de conscience le ramena en 1687 à Londres. U mourut dans cette ville en 1720. Ce ministre dissident s'est rendu recommandable par sa modération, qui contrastait avec le fanatisme de l'époque, par sa grande piété, et par son savoir, principalement en théologie et dans les langues classiques et orientales. On cite parmi ses nombreux ouvrages : 1° Tableau du bonheur du juste, 1673, in -8°; 2° Traité sur le ravissement en Dieu (delighting in God), 1674, in-8°; 3° le Temple vivant, ou développement de cette pensée , que V homme bon est U temple de Dieu. 1674, ln-8" ; 2« partie, 1702; 4° // faut penser au lendemain (Thoughtfulness for to-morrow); 5° Recherche pacifique et modeste touchant la poisibilité d'une Trinité dans la Divinité. Londres, 1694. Les opinions émises par Howe furent vivement attaquées. 6° Des Sermons et quelques écrits de controverse, qui ont été recueillis avec ses autres ouvrages, précédés d'une notice biographique, par le docteur Calamy. On a publié en 1827 : Choix (Sélections) des ouvrages du rév. John Howe. par le docteur Wilson, Londres, 2 vol. in-1 8. L.
HOWE (Rjciuju), comte),célèbre marin anglais,
naquit en 1722, et entra au service dès l'âge de quatorze ans. Le grade de capitaine de vaisseau , qu'il obtint en 1746, fut la récompense de plusieurs actions brillantes. 11 continua pendant la paix à donner des preuves de son habileté; et lorsque les hostilités eurent recommencé, il contribua sous lord Hawke à la prise de l'Ile d'Aix, en 1737 : il commanda l'expédition qui détruisit le port de Cherbourg, et échoua ensuite à St-Cast. Par son sang-froid il eut en cette occasion le bonheur de sauver la vie à un grand nombre de matelots et de soldats. Son frère aîné, qui servait en Amérique , fut tué en 1738 dans une affaire contre les Français : il lui succéda dans son titre de baron d'Irlande. En 1770 , il fut nommé contreamiral de la Bleue et commandant en chef dans la Méditerranée. Il était vice-amiral lorsqu'on l'envoya, en 1776, sur les côtes de l'Amérique septentrionale. U y agit souvent comme commissaire du roi , et joignit ses efforts à ceux de son frère William, commandant des troupes de terre, et de Clinton son successeur, pour maintenir les Anglaisdans la possession de Philadelphie : tout fut inutile. U alla ensuite mouiller à'Sandy-llook , en avant de New-York, où l'armée s'était retirée. Ses bonnes dispositions l'empêchèrent d'être attaqué par le comte d'Estaing, qui, arrivé trop tard pour le surprendre dans la Delaware , était venu le chercher. Celui-ci se porta sur Rhode-Island : Howe l'y suivit. Ils allaient se livrer bataille, lorsqu'une tempête épouvantable sépara les deux flottes. D'Estaing s'était retiré i Boston pour se réparer : Howe , après s'être aussi refait, entra dans la baie pour le combattre ; mais il le trouva posté si avantageusement qu'il se retira. Il alla mettre Rhode-Island en sûreté; et voyant le danger passé sur ce point, il remit le commandement de l'armée navale à Byron , et revint en Angleterre. Il resta en repos jusqu'en 1782. Gibraltar, bloqué par les armées de France et d'Espagne, avait repoussé leurs attaques, mais commençait à souffrir de la famine. Howe partit de Plymouth au mois de septembre , avec une flotte et un convoi , pour aller ravitailler cette place. Longtemps contrarié par tes vents , il ne put entrer dans le détroit que le 11 octobre. Il effectua son entreprise avec le plus grand succès; favorisé par le temps, il sortit le 20 du détroit , offrit le combat, qui ne fut pas accepté , et continua sa route pour l'Angleterre , où l'on sut bien apprécier l'important service qu'il venait de rendre. Durant la paix qui suivit, Howe fut nommé premier lord de l'amirauté : il quitta cette place en 1788, et fut élevé au rang de comte de la Grande-Bretagne. La guerre qui éclata en 1793 le rappela aux combats, dont son âge semblait devoir l'éloigner. Il était alors amiral de la Blanebe. On lui confia le commandement de l'escadre de la Manche. U bloquait la rade de Brest et guettait en même temps l'arrivée d'un convoi français venant des Antilles et de l'Amérique du Nord. Comme il
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s'était éloigné de l'entrée de la rade, l'escadre française, forte de vingt-sept vaisseaux de ligne, en sortit vers le milieu de mai 1794, pour aller à la rencontre du convoi. Howe la poursuivit avec vingt-cinq vaisseaux: le 28, il l'aperçut; le 1er juin il parvint à engager le combat : sa victoire fut chèrement achetée, mais complète. Il prit six vaisseaux, qu'il conduisit à Portsmouth; un septième , le Vengeur, fut englouti dans les flots. La. nouvelle de ce combat causa la joie la plus vive en Angleterre ; car on y enviait les victoires des Français sur le continent. Le roi vint en personne à Porstmouth , avec la reine et trois des princesses ses filles, et tint un lever à bord du vaisseau de Howe, qu'il gratifia d'une épée d'or enrichie de diamants, et d'une médaille avec une chaîne aussi en or. Toute la nation s'empressa de suivre l'exemple du souverain en comhlant Howe de marques d'honneur. Ayant été nommé l'année suivante général des troupes de la marine, puis chevalier de la Jarretière, il quitta le commandement de la flotte en 1797; et bientôt un événement affligeant lui fournit une nouvelle occasion de servir sa patrie. Une révolte sérieuse s'était manifestée à bord des flottes à Porstmouth et à Plymouth, et causait de justes alarmes. Howe était de tous les amiraux celui pour lequel les matelote avaient le plus d'attachement; il courut à Porstmouth : ses discours et les assurances qu'il donna satisfirent les esprits les plus ombrageux ; tout rentra dans le devoir. Un accès de goutte mit fin à sa vie le 3 août 1799. Son courage tranquille et sa fermeté lui avaient acquis l'estime générale. Parmi les marins, son teint très-brun l'avait fait surnommer Dick le Noir; il faisait sévèrement observer la discipline ; ce qui ne l'empêchait ■pas d'être chéri de ses subalternes , bien convaincus de sa stricte équité. Il ressemblait beaucoup à George Irr, dont sa mère était fille natureUe. Comme orateur, il ne brillait pas au parlement, et un écrivain contemporain le représente comme s'énonçant d'une manière si obscure et si ambiguë, qu'il était presque impossible de comprendre ce qu'il voulait dire. Il eut pour héritière de son titre de comte anglais sa fille aînée. • Sa rie a été écrite par M. G. Mason, Londres, 1803, in-8°, et par M. J. Darrow, Londres, 1838, in-8°. — Son frère, Guillaume Howe, né en 1725, hérita de sa baronnie d'Irlande. Celui-ci, général au service de terre, avait succédé en 1773 à Gage dans le commandement des troupes anglaises; il était débarqué à Boston avec Clinton et Burgoync. Il commandait à l'a II';» ire de Bunkersbill , et y fut un moment laissé presque seul. Etroitement serré pendant l'hiver, il fut réduit à la disette : une tempête l'empêcha d'attaquer les Américains; il évacua Boston, laissant après lui de l'artillerie et de* munitions , et se retira dans le port d'Halifax. Impatienté d'y attendre vainement des renforts, il en partit en juin 1776 et vint à l'Ue des États, près de New- York, où son frère
le rejoignit. Bientôt celui-ci fit notifier par un parlementaire les pouvoirs dont le gouvernement anglais l'avait investi, lui et son frère, pour accorder un pardon illimité à tous les insurgés qui se soumettraient. Le congrès , pour ne pas rester en arrière , fit insérer ses lettres et ses proclamations dans les feuilles publiques , et y ajouta des notes. Son frère, lord Howe, ayant ensuite expédié à Washington une lettre sur l'adresse de laquelle il ne le qualifiait pas de général, celui-ci refusa de l'ouvrir : quand Howe lui eut donné cette qualité, Washington consentit à traiter avec lui pour l'échange des prisonniers. Le 22 août , le général Howe, aidé de Clinton, battit les Américains sur Long-lsland, près de New-York : le 15 août il prit cette ville, obtint ensuite d'autres succès, et finit par rester maître du New-Jersey ; mais il ne mit pas assez de vigueur et d'activité dans sa conduite. Après beaucoup d'actions partielles et de mouvements inutiles pour engager Washington à une affaire générale, Howe, obligé de se replier, fit, au mois de juin 1777, toutes ses dispositions pour embarquer son armée à l'Ile des États ; il en partit le 23 juillet , et le 25 août arriva au fond de la baie de Chesapeak. Le 23 septembre il marcha sur Philadelphie, et battit à Brandywine les Américains qui s'avançaient au secours de cette place. Cornwallis y entra le 25 septembre. Attaqué à Germantown, Howe repoussa les Américains. Se voyant harassé par Washington, il fit tout ce qui était en son pouvoir pour se maintenir à Philadelphie, où il passa l'hiver : au mois de mai 1778, il fut remplacé par Clinton , qui vint prendre le commandement en chef, et il partit au grand regret des officiers et des soldats , dont il était très-aimé. Il ne fut plus employé depuis cette époque , et mourut en 1814. E-s.
HOWELL (James) , écrivain anglais, né en 1594 dans le comté de Caermarthen , vint à Londres vers l'année 1613, sans fortune, mais avec quelques talents et beaucoup de goût pour une vie active. 11 fut d'abord commis voyageur d'une verrerie : ce qui lui procura l'avantage de visiter les principales villes de Hollande, de France, d'Espagne et d'Italie. Il revint à Londres en 1621 , possédant, outre la connaissance des langues classiques qu'il avait étudiées à Oxford , une grande facilité pour les langues modernes. « Grâ- « ces à Dieu, dit-il dans ses lettres, j'ai recueilli « un fruit de mes voyages, c'est de pouvoir le « prier chaque jour de la semaine dans une langue « différente, et en sept langues le dimanche. » Bevenu en Angleterre en 1624, il fut successivement secrétaire de lord Scrope , membre du parlement pour la corporation de Richmond en 1627 ; secrétaire de Bobert, comte de Leicester, ambassadeur en Danemarck en 1632, et clerc du conseil en 1610. Il fut mis dans la prison the FUet en 1613, soit pour dettes, soit pour des raisons politiques. Ce fut alors principalement qu'il com-
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posa la plupart des nombreux ouvrages qu'il a laisses, tint originaux que traduits. Il ne recouvra sa liberté que quelque temps après la mort de Charles l*r. Les flatteries qu'il adressa au protecteur Cromwell n'empêchèrent pas Charles II de l'honorer de sa faveur. Ce fut même pour le lui témoigner que ce prince créa la place d'historiographe royal d'Angleterre. Il mourut en novembre 1660. C'était un homme d'un esprit vif et d'une imagination féconde, dont l'adversité ne put jamais étouffer l'enjouement. Ses ouvrages sont malheureusement déparés par des jeux de mots quelquefois révoltants. Nous ne donnerons point la liste de tous ses écrits, au nombre de près de cinquante, et dont la plupart sont fort peu lus aujourd'hui. Voici les principaux : 1° Dendrologia, ou ta Forêt de Dodone, ou les Arbres parlants; car on l'a réimprimé sous ces différents titres , et il a été traduit en français par Baudouin; 2° Instructions pour voyager dans l'étranger, Londres, 1640, in-4°; traduites en français, Paris, 1648-52, in-4°; c'est un ouvrage allégorique sur l'histoire du commencement du 17» siècle, où l'on démontre par quelle voie et en combien de temps on peut prendre un tableau exact des royaumes et Etat* de la chrétienté et parvenir à la connaissance pratique des langues; 1642 et 1680, avec des additions; 3° Epistota Halianœ {Lettres familières domestiques et étrangères). 1645; une seconde partie parut en 1647, et toutes deux furent réimprimées avec une troisième en 1650. C'est ce que l'auteur a fait de mieux, malgré les jeux de mots qui déshonorent sa plume. On y trouve en grande partie l'histoire du période trop intéressant où il vécut, et des faits instructifs et piquants. Ce recueil a eu beaucoup d'éditions , notamment une onzième en 1754, in-8°. 4° Lustra Ludovki, ou la Vie de Louis XIII, 5° Bella Scot-Anglica . Précis de toutes les batailles entre l' Angleterre et l' Ecosse, etc., 1648; 6° Abrégé des guerres de Jérusalem ; 7° Partenopeia, ou Histoire de A 'aptes, 1654; 8° Lexicon tetraglotton {Dictionnaire anglais, français, italien, espagnol, etc.), Londres, 1600, in-foL; 9° Grammaire française et Dialogue contenant tous les gallicismes, avec un recueil des meilleurs proverbes, 2e édit., Londres, 1673, in-foL; 10° La Conférence des animaux, 1660; 11° X'ouvetie Grammaire anglaise pour les étrangers avec une Grammaire des langues espagnole et castillane, et des Remarques particulières sur le dialecte portugais, 1662, in-8°; 12° Des Poésies, recueillies et publiées par Payne Fisher. James Howel est moins connu aujourd'hui pour ses nombreux ouvrages que pour avoir été l'objet de la cure la plus étonnante et la mieux constatée que le chevalier Digby ait opérée avec sa poudre de sympathie. Blessé grièvement aux deux mains , et ne recevant aucun secours des chirurgiens qui étaient sur le point d'en venir à une cruelle amputation pour prévenir la gangrène, il eut recours à Digby, qui en faisant ses pansements , non sur le malade,
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mais sur un linge Imprégné du sang de la blessure, la guérit radicalement avec une promptitude incroyable. Le roi Jacques, le duc de Buckingham, dont Howel était secrétaire, des médecins et des savants examinèrent toutes les circonstances de cette guérison et furent convaincus de sa réalité : Bacon lui-même cite ce fait comme digne de la plus grande attention. Digby donna au roi le secret de la composition de sa poudre , qui n'était que du vitriol calciné ; et il en expliquait les effets par la philosophie corpusculaire. Kircher, Conring et autres savants du 17e siècle nient ces guérisons ou les attribuent à l'opération du diable. Les magnétiseurs modernes, qui prétendent opérer aussi quelquefois des guérisons à distance, y voient un effet magnétique auquel la volonté . forte du guérisseur a une grande part : ce qui expliquerait pourquoi cette poudre de sympathie est demeurée inefficace entre les mains de ceux qui ne lui attribuaient qu'une propriété purement physique. Voyez à cet égard un curieux article de M. Deleuzc dans les Annales du magnétisme animal, n° 16, au tome 15, p. 150. L.
HOSVirZ (Fiunçois-Gottiiahp), médecin danois, naquit à Copenhague en 1780. Son père, vu le délabrement de sa fortune , était allé dans l'Inde espérant l'y rétablir; mais il mourut quelque temps après son arrivée. Le bombardement de Copenhague par les Anglais en 1807 vint aggraver encore les malheurs de sa famille; la maison de la veuve llowitz fut au nombre de celles que les bombes réduisirent en cendres. Elle se réfugia avec ses autres enfants à la campagne ; le jeune François-Cotthard , étudiant de l'université , erra dans la ville, ne possédant au monde que ce qu'il portait sur lui. On l'accueillit dans l'établissement dit fiégenx; et, après avoir bien soutenu son examen de philosophie, il obtint une bourse de collège. Il se voua des lors à la médecine et fut élève à l'hôpital de Frédéric. En 1813 il remporta le prix au concours de l'université pour un mémoire latin sur l'Histoire pharmaceutique et thérapeutique de l'emploi du mercure dans les traitements antisyphilitiques. Fendant les deux années suivantes, il soutint et publia deux thèses sur la cachexie, et prit les degrés de licencié et de docteur. 11 voyagea ensuite en Allemagne, en Italie, en France et en Angleterre pour visiter les établissements de médecine, et à son retour en 1819 il fut nomme professeur extraordinaire de médecine à l'université de Copenhague cl membre du collège de salubrité publique. Il s'acquitta de ces doubles fonctions avec un zèle digue d'éloge. Ses cours publics furent fréquentés par un grand nombre d'élèves, et il fut regardé comme un des meilleurs médecins delà capitale. Il composa des articles pour la Bibliothèque médicale et pour la Gazette littéraire danoise, et les Actes de la société médicale de Copenhague contiennent de lui un mémoire latin De ileo. Ses études de la médecine légale le portèrent à examiner la question agitée
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aussi en d'autres pays sur la responsabilité morale de quelques accusés et sur leur libre arbitre. Un mémoire qu'il donna à ce sujet dans la Bibliothèque juridique d'Oersted provoqua des répliques et l'engagea lui-même à soutenir sa doctrine dans une brochure intitulée le Déterminisme, ou Hume contre Kant, 1824. L'année suivante il fut nommé médecin suppléant et accoucheur en second à la clinique royale de Copenhague ; mais à peine en avait-il exercé les fonctions pendant une année, qu'il fut atteint d'une maladie pulmonaire qui causa sa mort le 3 avril 1 826. D — c.
HOYER (An5e Oven, femme) naquit vers 1384 à Coldenbiittel , dans le duché de Sleswig. Son père , homme riche , était très-versé dans l'astronomie. Elle épousa en 1399Hcrman Hoyer, gouverneur de la province d'Eydersladt, à qui elle apporta en mariage cent mille marcs-lubs. Son mari , avec lequel elle vécut assez mal , mourut en 1622. Alors elle se retira dans sa terre, où elle s'amusait à faire des vers allemands; mais elle ne s'en tint pas longtemps à ces innocents délassements. Une indisposition grave l'obligea de faire venir auprès d'elle un chimiste nommé Nicolas Tetingius, homme très-fanatique et entiché d'une infinité de rêveries. La veuve Hoyer ne tarda pas à partager les folies du chimiste. Elle le fixa chez elle à demeure , lui et sa famille, et bientôt le regarda comme un prophète. Dans le même temps, elle prit parti parmi les anabaptistes, baptisant, faisant des prosélytes chez elle , et se disant ellemême inspirée. Elle prédit que sous deux ans tout le pays serait désolé. Les ministres luthériens tentèrent de la rappeler à la raison. Wcdovius eut avec elle une conférence. Elle n'en tint compte et fit même , en vers , Y Éloge de Schwenckfeld, un des plus ardents frères de la Rose-Croix de son temps. Ayant bientôt dissipé sa fortune , elle se vit contrainte de vendre le peu qui lui restait, et se retira en Suède, où la reine Éléonore-Marie lui donna, près de Stockholm, une petite terre. Anne 1 loyer y passa le reste de ses jours, et mourut en 1636. Peu de temps avant sa mort , elle s'était rendue inaccessible pour n'avoir point de témoins de sa destruction. Ayant adopté le système de Pythagorc sur l'abstinence de la chair, elle ne mangeait que du poisson mort naturellement , et entretenait beaucoup de chiens pour donner de la pâture aux puces. Ses principaux ouvrages sont des Poésies sacrées , remplies de traits contre les luthériens , publiées à Amsterdam, 1630, in-12, par les soins de le Blond, ambassadeur de Suède en Angleterre. On a encore d'A. Hoyer : 1° Entreliens d'un enfant avec sa mère sur la rouie de la félicité divine et les devoirs des dames, traduits en vers de l'Histoire d'Euryale et Lucrèce, d' Kneas Sylvius; 2° des Cantiques spirituels. Othon Sperling loue la vivacité de son génie, la pureté de ses mœurs, et l'appelle Uulier doctrinœ haud vuloaris. Il y a beaucoup à rabattre de cet éloge. D. L.
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HOYER (le P. Michel), poète latin qui ne mérite point l'oubli dans lequel il parait tombé , naquit en 1393 à Hesdin , petite ville de l'Artois. Ayant embrassé l'état ecclésiastique , il suivit la carrière de l'enseignement et professa la rhétorique avec beaucoup de succès au collège St-Picrre à Lille. Plus tard il prit l'habit des ermites de St- Augustin au couvent d'Ypres, et fut placé successivement par ses supérieurs dans divers collèges des Pays- Bas. Sa réputation attirait autour de sa chaire un grand nombre d'élèves, entre autres le fils de Rubens Albert, qui, dans une pièce de vers trèsagréable, imprimée au-devant des Flammulœ, ouvrage de son maître, lui témoigne toute sa reconnaissance. Le P. Hoyer mourut à Lille le 14 juin 1630. Outre un Éloge de Jean Dans Scot, une Vie de St-Ephrem et quelques Opuscules en latin, dont on trouve le détail dans les Mémoires littéraires de Paquot, t. 1 , p. 40, on a de lui : l8 Flammulœ amoris S. P. Auguttini versibus et iconibus ezornatte, Anvers, 1629, petit in-12; avec des additions, ibid. , 1639, in-16. C'est un choix de maximes de l'évêque d'Hippone , paraphrasées en vers latins. La première édition est encore recherchée des curieux , surtout à cause des jolies estampes de Collaert dont elle est ornée. 2° Theatrum eastitatis, sive Susanna et Gamma, tragœdia, Tournât, 1631, in-12; 3° Sancta Theodora, tragœdia, Anvers, 1641 , in-12; 4° Historiœ tragicœ sacrœ et profanœ décades duœ, Cologne, 1647, in-12; avec des additions, Bruxelles, 1652, in-16. W— s.
HOYER (Jean-Gooefroï) , né le 9 mai 1767, mort le 7 mars 1848 , a publié : 1° Histoire des armées de Saxe, Leipsick , 1781 ; 2" C Art des pionniers, ibid., 1793-1701, 2 vol. ; nouvelle édition, ibid., 1830; 3° Règlements de C artillerie savante, ibid., 1793; nouvelle édition, ibid., 1821-1824; 4° Histoire de la guerre, Gottingue, 1797-1800, 2 vol. ; 3° Histoire de Vartitlerie allemande , Tubingue, 1804-1812; nouvelle édition augmentée, ibid., 1831; 6° la Guerre d'Allemagne, Berlin, 1 81 3 , 1 81 7-1 81 8 , 3 vol . ; 7° Éléments de fart de la guerre, Berlin, 1827, 2 vol.; 8° Histoire des fortifications, Berlin, 1831 ; 9° Traité et notices sur les ingénieurs de guerre, Leipsick , 1840; nouvelle édition , Magdebourg, 1846, etc. Z.
H07JER (d*). Voyet D'Hozier.
HROSVITA, appelée par quelques écrivains ecclésiastiques : Ruitsunda, Rotsuinda, Rothsmuta, Rodeschwinda , et de plusieurs autres manières plus ou moins fautives, vécut à la fin du 9e siècle et fut la quatrième abbessedcGandersheimou Ganhcsheim, couvent de l'ordre de St- Benoit dans la basse Saxe , établi en 832 à Brunshusen, puis transféré en 881 dans la ville même de Gandersheim , près du fleuve Ganda. On a souvent confondu llrosvita l'abbesse avec une simple religieuse du même nom, du même couvent et presque du même siècle, qui se rendit célèbre un peu plus tard par ses écrits (roy. l'article suivant). Il est probable