‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 98 sur 106 · JAL · texte numérisé non relu

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maladies. On citera encore de lui : 1° Des Observation* sur une trombe; sur les seiches du lae de Génère; sur les baromètres; sur l'huile de tartre; sur un paralytique guéri par l'électricité; sur le tremblement de lerre ressenti à Génère en 1756 : elles ont été publiées dans les Mémoires de l'Académie des sciences, 1741 et années suivantes. 2» Academica quastiones de Vesuvio (t. 6 du Mutttum heltel.) ; 3° Oralio exponens rit «m Gabr. Cramer, ibid., t. 7. W— s.

JALOUZET ( Guillache -Pierre ) , médecin français, connu dans la science par d'intéressantes observations sur les accouchements, naquit le 15 août 17U, à Châtillon-sur-Loing , petite ville de l'Orléanais, où son père, maître en chirurgie lui-même, exerçait avec succès l'art honorable qu'il avait hérité de ses ancêtres (1). Après avoir reçu une instruction solide, Jalouzet se prépara par «le fortes études médicales à porter dignement le poids de l'héritage paternel; il alla étudier à Paris, où il suivit les cours du collège de chirurgie, la pratique des hôpitaux et les leçons de Louis, d'Antoine Petit, et des autres grands praticiens de l'époque. 11 fut le condisciple et l'ami du célèbre Desault, dont il avait l'âge, et bientôt, pourvu des grades de maître en chirurgie et de docteur en médecine, il revint dans sa ville natale se livrer avec ardeur à la pratique de son art. — Quoique éloigné de Paris, Jalouzet entretenait de fréquents rapports avec les savants qu'il y avait connus (3), et adressait des communications au Journal de médecine et de chirurgie. Ce fut dans ce recueil justement estimé qu'il publia la relation curieuse d'une opération césarienne pratiquée dans le cas de chute complète de l'utérus (nn d'avril 1775, p. 366). Les judicieuses réflexions dont il filsuivre son récit, rencontrèrent un contradicteur qui les critiqua avec des expressions bannies depuis longtemps de la polémique médicale, et qui sembleraient, de nos jours, de très-mauvais goût (3). Jalouzet répondit victorieusement à ces attaques (ibid., n"» d'avril et de mai 1776), et sa défense obtint la haute approbation de la faculté de médecine, qui lui décerna une médaille d'or. Disons que l'expérience a plet-

(1| La famille de Jalouzet c»t originaire de la Chapelle-sur- Àveyron, village très-voisin de Chàtillon-sur-Loing, ou aile alla •e ri ii r vers le milieu du dernier siècle. En dépouillant let poudreuse» archives de cette paroisse, nous avons pu remonter à travers une longue filiation de médecin* et de notaires jusqu'à l'année 1609 : lea registres antérieurs sont incomplets ou indécbilTrables pour tout autre qu'un paléographe. On voit parfois — circonstance curieuse — dan* cette généalogie séculaire , ces doubles fonctions réunies sur la même tète : bon nombre de parchemins sont assurément moins ancien* que celte roture-la. Ajoutons que Jalouzet eut un frère (Antoine) qui, déjA notaire du duché de ChAtillon, devint maire de la ville au moment de la révolution, et sut la préserver, par sa fermeté et son courage, des excès qui signalèrent «ur tous le* points de la France celte époque orageuse.

(2) Nous n'en citerons qu'un seul , Benjamin Franklin , qui vécut quelque temps en France après avoir obtenu du roi Louis XVI la reconnaissance de l'indépendance de son paya. Malheureusement— et le lecteur a'asoociera A nos regrets — les lettres de l'illustre Américain n'ont pas été conservées.

(3| Journal de «UrfaciiM *f it ckirmrgU, octobre 1TT8, p.U».

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nement confirmé la justesse de ses vues; que son mémoire, très-correctement écrit (qualité assez rare à cette époque pour qu'on la signale), est cité par les auteurs modernes les plus recommandâmes (1), et qu'il fait autorité dans la science. — Les veilles du cabinet et les fatigues incessantes qu'entraînait alors l'exercice de la médecine au milieu des campagnes, avaient altéré la santé de l'homme de l'art, sans ralentir son activité. Bientôt une épidémie éclate dans la ville, et il continue avec le même zèle son œuvre de dévouement et de charité. Atteint lui-même par la maladie régnante, Jalouzet termine le 11 avril 1785, à l'âge de 41 ans, une existence courte mais utilement remplie , en recommandant sa nombreuse famille à son frère, qui l'adopta comme la sienne. A. D — m— t.

JAMBLIQUK, célèbre philosophe platonicien, était natif de Chalcide, en Syrie, et florissait vers l'an 310, sous le règne de Constantin le Grand, il fut disciple d'Anatole et ensuite de Porphyre, qu'il égala par la profondeur de la doctrine, mais non par l'élégance du style. Tels sont les détails qu'Eunape nous a conservés sur ce philosophe, qu'on peut regarder comme le dernier chef des néo-platoniciens du 3* siècle, dont l'école a fait tourner tant de tétes, et n'a pas moins nui à la saine philosophie qu'au christianisme. « Leur r système était bâti sur la doctrine de Y émanation, « d'après laquelle tous les êtres doivent, après « plusieurs degrés de purification , retourner à « Dieu, dont ils émanent. Dans ce système, le sage

peut, dès celte vie, parvenir à V intuition de la « divinité, but le plus sublime de la philosophie. « Cette école admettait l'existence d'une classe de « démons, ou esprits d'un ordre inférieur, média- « teurs entre Dieu et l'homme. Pour entrer en « communication avec eux, il fallait une grande « pureté de mœurs et une sainteté qui dégageât « l'homme de tout ce qu'il a de terrestre. Les « âmes déchues habitent des corps qui leur ser- « vent de prison ; et si pendant leur vie elles n'ont « pas travaillé à se dépouiller des vices, elles sont, « après la mort du corps, réunies à d'autres corps « plus vils, jusqu'à ce qu'elles soient entièrement « épurées, ce qui se rapproche beaucoup de la mé- « tempsycose. Les néo-platoniciens admettaient " aussi une espèce de trinité; Ydme, suivant eux, « émanait de l'intelligence, ou seconde essence « divine (voûdi qui émane elle-même de Y être in- « fini et parfait. Pour s'opposer aux progrès du « christianisme, qui commençait à ruiner toutes « les religions établies, on crut nécessaire d'en- « velopper d'obscurités cette doctrine des éma- « nations; on affecta donc de regarder comme « les auteurs de ce système Zoroaslre en Perse, « Orphée en Thrace, et Hermès en Egypte [1). ■ G. E. Ilebenslreit a publié une savante dissertation, De Jamblkhi phitosophi Syri doctrina, ckris.

[t| Dictionnairê d* midtti**. Paria, 1846, t. 30, p. 346. |2, HiiloUt abrigU d* ta LUtératur* gnequt, par F. Schall, t. !•», p. 803.

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tianœ religion» quam imitari studct, noxia, Leipsick, I 1761, in-4°. H nous reste, sous le uom de Jamblique, les ouvrages suivants « écrits en grec, et dejuiis longtemps traduits en latin : 1° ProtreptLeus stu ndhortntio ad philosophiam. La meilleure édition est celle qu'a publiée M. Théophile Kicssling, Leipsick, 1813, in-8*\ gr.-lat. 2" De tila Pythagora, Amsterdam, 1707, in-4", gr.-lat. , avec les corrections et les notes de Ludolphc Kuster, qui y a réuni la vie de Pythagore, par ilalchus [ou plutôt par Porphyre), dont l'ouvrage de Jamblique est tiré en grande partie ; la version latine est tic V. Obrccht. M. Kicssling en a aussi donné une bonne édition gr.-lat., Leipsick, 1816, in-8°. 3° In Xicomarhi Géraient arilhmeticam introduclianem tt De fato liber, nunc primum éditas grâce, iu l'{linum sermoiutn conversus, uotis illustratus 4 Sam. Tennulio, Arnheira, 1G88, in-*0. Cet ouvrage forme, dans les manuscrits, le quatrième livre de la vie de Pythagore: le second est intitulé Uypomnemata Pyt/iagorica. et le troisième De eommu'ti mathematica scientia. On attribue aussi à Jamblique, quoiqu'ils ne portent pas sou nom .bus. les manuscrits, les Theolugvumena arilhmetica. qui renferment différentes spéculations théo logiques et philosophiques des anciens sur les nombres. 4° De mysteriis JEgyptiomm, lat. (trad. par Marsile Ficiu), Venise, Aide, 1497, in- fol.; avec quelques fragments de Proclu*;, ibid.,1516, in-fol.; idem, avec une lettre de Porphyre, ad Auebunem Mgyptium. Oxford, 1G78, in-fol. gr.-lat., de la traduction de Th. Gale. Cet ouvrage est rempli d'idées théurgiques et extravagantes : de bons critiques le croient postérieur à Jamblique de Cbalcidc. — Un autre Jaubmqie, philosophe, natif d'Apaméc, vivait sous Julien, qui lui adresse plusieurs de ses lettres. On croit qu'il mourut sous le règne de Valens. — Jauuuoue, romancier, né de même en Syrie, de parents qui étaient originaire de ce pays, vivait sous l'empire de Marc- Aurèle vers la fin du 2e siècle, et a composé eu grec uu roman dans le genre de l'Ane d'or, d'Apulée , et intitulé les Babyloniques , ou Amours de Rhodanès et de Sinonis. C'est le plus ancien roman grec qui nous soit parvenu, encore n'en avonsnous que quelques fragments, conservés par Photius. Huct a prétendu que l'ouvrage entier existait dans la bibliothèque de l'Ksçurial. M. Lebeau a donné un extrait intéressant de ce roman dans le Recueil de l'Académie des inscriptions (t. 31, Dut., p. 57-63). On y trouve de curieux détails sur les engastrimythes, ou ventriloques, (Voy. aussi, sur ce romancier, la Mélanges de Chardon-Larochetle, t. l,p. 18). L J A M ER A Y-DUV AL. Voyez Duval.

JAMES (Tuoius), critique et théologien anglais né en 1571 à Newport, dans l'Ile de Wight, s'essaya dans la carrière littéraire en traduisant du français la Philosophie morale dis stoïciens . Londres, 1598, iu-8°, et en publiant le Philobibliou de Richard de burham, 1599, in-4°. Il fut nommé,

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vers 1602, gardien en chef de la bibliothèque publique d'Oxford, place qu'il résigna en 1620, ayant été investi des fonctions de jug*. de paix. Elu en 1023 membre de la convocation qui se tint avec le parlement à Oxford, il proposa de former une commission chargée de collationner les manuscrits des Pères de l'Église répandus dans toutes les bibliothèques d'Angleterre, avec les éditions données par les catholiques, afin de signaler ce qu'il appelait les impostures de ceux-ci; mais sa motion n'ayaut pas trouvé de faveur, il résolut d'exécuter lui-même ce travail immense , qui était déjà fort avancé lorsque l'auteur mourut à Oxford en 1626 (août 1629 suivant Chalmers), après avoir occupé quelques minces bénéfices ecclésiastiques. Le triomphe de la religion anglicane était l'unique objet de son ambition. Il passait pour le plus infatigable écrivain opposé aux catholiques qui fût sorti de l'université d'Oxford depuis la réformation. Il avait montré de bonne heure son zèle philologique à ce sujet par son Beltum papale, sioe Concordia discors Sixti V et démentis VII l circa hieronymianam edilionemt etc., Londres, 1600. Voici les titres de quelques-uns de ses ouvrages ; 1° Catalogus librorum in bibliotheca Bodleiana, Oxford, 1605, in-4°, et 1620, in-4", avec des additions, suivi du catalogue des manuscrits de cette bibliothèque; 2° Concordantia S. S. Patrum , Oxford , 1607, in-4* ; 3° Apologie de Jean Wiclef, suivie de sa VU, Oxford, 1608, in 4"; 4° Traité de la corruption des Écritures, des conciles et des Pères. Londres, 1611 , in-4", et 1688, in-8°, regardé comme son principal ouvrage ; 5° Im destruction des jésuites iminineute , pour leur vie dépravée, leurs moeurs infâmes , leur doctrine hérétique et leur politique plus que machiavélique, Oxford, 1612, in- 4°, où l'on a ajouté la vie du père Parsons.jésuiU anglais. L.

JAMES (Richard), théologien anglais, neveu du précédent, né comme lui à Newport en 1592, entra dans les ordres en 1615; mais, avec tout son savoir, il n'avait peut-être pas toute la gravité convenable à un homme d'Église : de trois sermons prêchés par lui devant l'université, l'un était sans texte, suivant la manière primitive, l'autre contre le texte, et le troisième hors du texte. Vers 1619, il fit en Europe dittérents voyages, qu'il termina par la Russie, sur laquelle il écrivit des observations la même année. 11 mourut en 1638, fort pauvre, à ce qu'il parait. Il avait des connaissances approfondies dans plusieurs genres, et surtout dans les langues grecque , saxonne et gothique : « Il ne lui manquait, dit Wood, qu'une >< sinécure ou un cauonicat, à l'aide duquel il eût « conduit à fin des travaux d'Hercule. » Il est auteur de Sermons et autres écrits imprimés, et de divers manuscrits, prose et vers. Parmi vingt-cinq manuscrits qui soul passés à la bibliothèque Bodléienne, à Oxford , on cite de lui : 1° Glossarium saxonico-anglicum, 2 part. ln-8°; 2° Dictionnaire russe avec t anglais ; 3° Observations sur le pays, les

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mœurs et coutumes de Russie, 1619 , in-s . H paraît étonnant qu'on n'ait pas réimprimé ces observations sur un sujet qui était tout neuf à cette époque. L.

JAMES (Thomas), navigateur anglais, avait déjà donné des preuves de son habileté, quand une société de négociants de Bristol le désigna, en 1631 , pour aller, ainsi que Kox, faire des découvertes au nord-ouest. H fut de même présenté par sir Thomas Roe à Charles I", qui l'encouragea dans son entreprise. Il partit de Bristol le 3 mai. Depuis le Groenland, il vit constamment des glaces; et après qu'il fut entré dans la baie d'Hudson, où il porta droit à la côte occidentale, elles IVn nichèrent souvent de voir la terre. Son vaisseau toucha fréquemment contre les rochers. Le 26 août , par 56° 28', il rencontra le capitaine Fox. Ils se séparèrent le lendemain : James alla hiverner sur une Ile, 'quatre degrés plus au sud, après avoir vainement cherché à pénétrer jusqu'au grand fleuve du Canada. La mer ne devint entièrement libre que le 2 juillet 1632. James navigua au nord jusqu'au 26 août : arrivé par 63° 30, la mer était prise par les glaces dans toute la partie de l'ouest. La saison propre à faire des découvertes se passait ; l'équipage se réunit pour engager James à reprendre la route de l'Angleterre. Malgré des obstacles nombreux , il sortit heureusement du détroit, et rentra, le 22 octobre, dans le port de Bristol. Nonobstant le peu de succès de ce voyage, James fut bien reçu par Charles I*r, et, sur l'invitation de ce prince, il en publia la relation ; elle est intitulée Etrange et dangereux voyage du capitaine Thomas James, pour al ter à la découverte du passage du nord-ouest dans la mer du Sud, etc. (en anglais) , Londres, 1633, 1 vol. in-4n, carte; ibid., 1740, in-8°, réimpression moins complète que la première édition. James a beaucoup ajouté aux découvertes faites par ses compatriotes dans la baie d'Hudson. Il en. explora le premier la partie la plus méridionale, et donna à la portion du continent qu'il vit dans l'ouest le nom de Nouvelle-Galles du Sud, en l'honneur du prince de Galles, depuis Charles IL Son journal, intéressant à lire, contient un grand nombre de faits curieux. James est d'une opinion diamétralement opposée à celle de Kox (roy. Fox); il pense que l'on ne peut trouver un passage à l'ouest, parce que la marée, dans les parages qu'il a parcourus, vient de l'est à travers les différents détroits, et qu'elle arrive d'autant plus tard dans les divers lieux de la baie d'Hudson qu'elle va plus loin. Les autres raisons qu'il allègue sont extrêmement plausibles. Néanmoins, comme elles contrarient l'opinion de ceux qui, tels que Henri Ellis (1), ont, malgré l'évidence des faits, persisté à croire à un passage praticable, ce dernier, après avoir combattu les arguments de James , finit par dire

1 1 1 On «ait que la certitude du paasage nord-oueat a été définitivement constatée en 1861 par le capitaine anglais Mac-Clure \voy. l ait Eu.u, note). Z.

que son autorité sur ce point n'a plus de poids, depuis que son raisonnement pour la partie septentrionale de la baie a été renversé par l'expérience et par les observations : Ellis écrivait cependant après avoir été lui-même arrêté par les glaces. Le célèbre Boyle, par les citations fréquentes du voyage de James, dans son Histoire du froid, a beaucoup contribué à étendre la réputation de ce navigateur. Les maux endurés par James pendant son séjour en hiver sur l'Ile Charleton, ont fait insérer sa relation parmi celles qui composent l'Histoir>e des naufrages. — Un autre Thomas James a publié, en anglais, une Histoire du détroit d'Hercule, appelé actuellement détroit de Gibraltar, Londres, 1771, 2 vol. in-4°, fig. E — s.

JAMES (Robert), médecin anglais, particulièrement célèbre par la poudre qui porte son nom, naquit en 1703 à Kinverston, dans le comté de Staflbrd. Il exerça d'abord sa profession à Sheffleld , ensuite à Litchfleld , à Birmingham et à Londres, où il publia, sur son art, plusieurs ouvrages importants, notamment, en 1743, son Dictionnaire de médecine, en 3 volumes in-folio; et en 1751 , une Dissertation sur les fient s, dont l'objet était d'établir l'efficacité de sa poudre et d'enseigner la manière de s'en servir. Son dictionnaire est encore très-estimé aujourd'hui, et a continué de faire autorité, malgré les progrès de Is médecine depuis sa publication. Quant à la poudre dont il s'agit ici, quoiqu'il ne soit pas certain que James en soit l'inventeur, c'est lui néanmoins qui lui a procuré une vogue qu'elle n'aurait peut-être jamais eue dans d'autres mains. Comme la composition en était un secret, les membres de la faculté, qui regardaient James comme un empirique, s'attachèrent d'abord à la déprécier. Il écrivit, pour la défendre, uit traité qui ne parut qu'après sa mort, et encore incomplet, sous le titre d'Apologie de la poudre pour Us fièvres, imprimé, en 1778, avec la huitième édition de sa Dissertation sur les fièvres, et un petit Traité sur les maladies des enfants. Mais le succès de sa poudre répondit beaucoup mieux, et surtout de son vivant, aux attaques de ses confrères : elle devint d'un usage général , et elle est regardée comme un des remèdes les plus efficaces que l'on connaisse contre la fièvre. Elle fut une mine d'or pour James et pour ses descendants. Le docteur l'earson, qui en a fait l'analyse, pense que c'est un composé de cendres d'os (ou de phosphate de chaux) et d'antimoine calcinés. James mourut le 23 mars 1776. C'était un très-habile médecin, mais d'un extérieur peu relevé, souvent grossier dans ses expressions, et fort adonné au vin. Personne n'avait plus de sagacité pour juger d'une maladie ; mais il fallait le consulter le matin : après le dtner, son jugement n'était plus le même. On dit qu'en comparant le pouls du malade avec le sien , il lui arrivait de les confondre quelquefois; et trouvant que l'un était accéléré par l'intempérance, il accusait alors d'ivrognerie le malade, qui pouvait être une

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femme du meilleur Ion. Le docteur Johnson apprit de lui ce qu'il savait de médecine, et, par reconnaissance , l'ahla dans la composition du Dictionnaire de médecine. Il en parle dans sa Vie de Smith, comme d'un homme d'une conversation instructive et amusante, fait pour prolonger et pour égayer la vie. Outre les ouvrages que nous avons mentionnes, James a publié : 1° Une traduction en anglais de l'ouvrage de Ramazzini, De ntorbit artificum, avec un supplément, et précédée d'un petit écrit de Hoffmann sur les ilaladiet endémiques, vers 1744, in-8°; 2° Pratique de la médecine. 1746, 2 vol. in-8°; 3° un Traité de Paul sur le thé, le café et le chocolat, traduit en anglais, Londres, 1746 , in-8°; 4° Observations sur la cure de la goutte et du rhumatisme, avec celles de Frédéric Hoffmann sur le même sujet, 1747, in-12; 5° Sur la rage des chiens (canine madiiess), 1760, in-8°; 6° une Pharmacopée, 1764, in-S". Son Dictionnaire de médecine a été traduit en français par Diderot, Eidous et Toussaint, et revu par J. Busson, Paris, 1746, 6 vol. in-fol. L.

JAHESON (William), théologien anglais, était professeur d'histoire à l'Académie deGlascow dans la première moitié du 18* siècle. Il est principalement connu par l'ouvrage suivant : Spicilegia antiquitatum .Egypti atque ci ticittarum gentium, Glascow, 1720, petit in-8D rare. L'auteur annonce que son but dans cet ouvrage est de faciliter l'étude de la Bible et de montrer que les récits en sont constamment d'accord avec ceux de l'histoire. Les deux premiers chapitres sont consacrés à la géographie ancienne de l'Egypte. En indiquant les villes les plus célèbres, l'auteur rapproche les passages de la Bible de ceux d'Hérodote et de Diodore où il en est parlé. Dans les chapitres suivants, il traite rapidement de l'empire d'Assyrie, de celui de Babylone, des Médo-Pcrses, des Scythes et enfin des Hébreux avant l'avénement du Messie, en ne s'appuyant que sur l'autorité des historiens. Il revient ensuite à l'Egypte, et après avoir établi que la chronologie de ses rois, telle que nous l'avons, est très-défectueuse, il s'efldrce de prouver que cet empire n'a pas la haute antiquité qu'on lui attribue généralement. Il prétend que Toth, regardé comme l'inventeur de l'écriture alphabétique, est le même personnage que le patriarche Joseph, auquel il fait honneur de l'introduction de l'écriture en Egypte. Ce fut, suivant Jameson, pour avoir rendu cet immense service que Joseph fut revêtu des premières dignités de l'Etat, et non pour avoir expliqué les songes de Pharaon. Parvenu à l'histoire particulière de chaque roi, il examine la liste chronologique que le Syncelle en a donnée d'après Manethon, et y signale plusieurs méprises; il soutient que Sésostris (1 ) est le même que Schisak ou Sésac , prince contemporain de Hoboam.

(I) attirant Goérla du Rocbw, SéiortrU est le patriarche Jacob.

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Celte opinion avait été déjà soutenue par Marsham, et contredite par Périzonius, à qui Jameson reproche de n'avoir fait qu'embrouiller l'histoire de ce prince en cherchant à l'éclaircir. On voit que le système de Jameson se rapproche beaucoup de celui de l'auteur de Yliistoire véritable des temps fabuleux(voy. Giérix ou Hocur.R,et Baer,'. Tous les deux ont trouvé des partisans, mais aussi de nombreux contradicteurs. Le temps n'est sans doute pas éloigné où l'on saura ce qu'il faut croire de la haute antiquité de l'Egypte et de son état florissant à une époque qui précède de tant de siècles les plus anciens monuments de l'histoire. On connaît encore de William Jameson : Sum of the episcopal controversy. Glascow, 1703, in-8°. Mais c'est probablement un autre écrivain du même nom qui est l'auteur des Essais sur la vertu et C harmonie morale, traduit de l'anglais (par Eidous), Paris, 1770, 2 vol. in-12. W— s.

JAMESON (Hobekt), naturaliste et minéralogiste anglais, naquit à l.eith , le 11 juillet 1774. 11 se livra d'abord à l'élude de la médecine et devint le suppléant du docteur Andcrson , médecin dans sa ville natale. Mais ayant connu en 1702 le docteur Walker, alors professeur d'histoire naturelle au collège d'Edimbourg, il suivit ses leçons avec ardeur; et bientôt après fut appelé aux fondions de conservateur du muséum de celle ville. A la même époque il commença à se livrer avec zèle et succès à l'étude de la botanique et de la minéralogie, et il abandonna entièrement la profession médicale, sans toutefois renoncer aux études anatomiques. En 1700 il s'était formé à Edimbourg une société d'histoire naturelle dont Jameson fit partie, et il y lut un grand nombre de mémoires qui ont été insérés dans divers recueils, par exemple dans le Journal de Xicholson. dans les Annales de philosophie de Thomson , dans les Transactions de la société Wernérienne , dans le Journal philosophique d Edimbourg , et qui embrassent les sujets les plus divers en ornithologie, malacologie, minéralogie,' géologie et paléontologie. En 1701, Jameson visita les lies Shetland dont il étudia l'histoire naturelle, et en 1707 la célèbre tle d'Arran, alors inconnue aux géologues. L'année suivante, il publia un mémoire où il fit preuve d'une grande érudition sur la minéralogie de ces lies. En 17U8, il étudia avec Charles Bell la structure géologique des Hébrides et des Iles occidentales, et en 1700, celle des Iles Orcades. En 1800, Jameson se rendit à Freiberg; de retour dans son pays en 1804, il fut nomme, à la mort de Walker, professeur d'histoire naturelle à Edimbourg. Ses leçons furent appréciées et par leur solidité et par leur étendue , car il embrassait en même temps la météorologie, l'hydrologie, la minéralogie, la zoologie, etc. En 1808 il fonda à Edimbourg la société wernérienne d'his-* toire naturelle, et en 1800 il fit paraître ses Éléments de géognosie, Londres, 1 vol. in-8°, qui eurent un grand succès. C'est de cet ouvrage que date

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l'introduction en Angleterre des doctrines de Werncr. Le but avoué de Jamcson était de faire connaître les vues de son mattre sur la composition et la structure du globe. En 1819 il entreprit, avec le concours de M. Brewster, la publication de Y Kdinburgh philosophical journal . recueil des plus estimés qui se compose aujourd'hui de plus de soixante-dix volumes. Des ce moment jusqu'à sa mort, survenue à Edimbourg le 10 avril ls:<i, à l'âge de 80 ans.Jaraeson s'occupa exclusivement de ses cours et de ses ouvrages. Outre les ouvrages cités plus haut, nous indiquerons les suivants : 1° Eiquitse de la minéralogie des îles Slntland et de l'ile d'Arran, 1798, In-*. C'est le mémoire dont nous avons parlé au commencement de cet article; 2" Voyages minera logiques dans les îles des Hébrides, Orkney et Shetland, et sur le continent de l'ècosse, 1800, 2 vo|. in- 1», avec Cartes et planches; 5° Traité sur les caractères extérieurs des minéraux, Londres, 1803, in-S°, plusieurs fois réimprimé; 4° Système de minéralogie, Londres, 1801-1808,2 vol. in-8"; 2« édition, 181 G; 3r édition, 1823; 3" Manuel de minéralogie, Londres, 1823, in-8°, dans lequel il a suivi les principes de Mohs, professeur de Freiberg; 0° il a ajouté des notes nombreuses et savantes à la traduction, par M. Kerr, du discours de Cuvier sur les révolutions du globe (1813); 7° une notice intéressante sur Léopold de Buch , à la téte d'une traduction du voyage de ce dernier, en Norvège et en Laponie, et diverses notes explicativrf sur l'histoire naturelle de la Norvège, jointes à la traduction ; 8° de nombreux articles insérés dans Y Encyclopa-dia britannica, dans YEdinburgk i'tcydopœditi, dans Y Edinburgh cabinet library, etc.; 9° On lui doit une édition de Y American ornithology de \ViIson , publiée en 4 volumes, etc. Z.

JAMET (Lyon ou L£ox), l'Un des" plus chers amis de Marot, était né vers la fin du 13e siècle à Sanz,ay, dans le Poitou, d'une famille noble, dont une branche, établie depuis en Normandie, a fourni plusieurs hommes de mérite. Etant venu de bonne heure à la cour, il se lia promptement avec Marot.que sa conversation piquante et spirituelle faisait rechercher de tous les jeunes gens. Marot, enfermé dans les prisons du Chàteiet pour avoir mangé du lard un jour maigre, eut recours pour en sortir à la protection de Jamet. Ce fut alors qu'il lui adressa cette épitre si connue, dans laquelle il se compare au rat de la fable, qui, délivré parmi Lion (l),lui rendit peu de jours après le même service. Si Jamet ne fut pas assez heureux pour délivrer Marot , il obtint du moins sa translation dans les prisons de Chartres, et ne négligea rien pour adoucir sa captivité. Jamet partageait les opinions de son ami sur les moines, et ne laissait guère passer l'occasion de se divertir à leurs dépens. A cette époque il n'eu fallait pas

(Il Marot dnt «'applaudir beaucoup d'avoir trouvé cette création (TéquiToquer »ur le nom de Jamet , genre, d'eeprit alors fort i la mode , et qui .'y maint.M lu» loi.gump,.

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davantage pour être soupçonné de protestantisme. Obligé, vers la fin de 1333, de quitter la France, il trouva dans cette même cour de Ferrare que Marot venait d'abandonner, uu asile honorable , et le repos dont il commençait à sentir le prix. La duchesse Renée de France (coy. ce nom), si bonne, si généreuse envers tous ses compatriotes, le choisit pour son secrétaire. Plus prudent ou moins étourdi que Marot, Jamet parvint à dissiper en partie les préventions du due de Ferrare contre les Français. Ce prince l'honora de sa confiance, et le chargea d'aller à Rome réclamer du souverain pontife une diminuliou sur les droits d'investiture de quelques domaines Icoy. la 1 4e lettre de Rabelais). Quoique Marot parût l'avoir entièrement oublié, Jamet ne cessa de prendre à son sort le plus vif intérêt. Il lui adressa , en 1313, une Epitre envers redoublés, pour l'engager à venir partager le repos dont il jouissait à la cour de Ferrare. Celte invitation arrivait trop tard. Marot, alors fugitif, mourut l'année suivante (1341] à Turin (roy. Marot), et son fidèle ami lui fit élever, d;ms l'église Sjt-Jcan, un tombeau de marbre qu'il décora d'une touchante èpitaphe en vers dé huit syllabes. Jamet revint en France avec la duchesse Renée, sa protectrice, et mourut dans la Normandie vers 1301. Il comptait encore parmi ses amis, Melin de Saint-Gelais, et Dolet, qui lui a dédié son édition, devenue trèfrarc.des OEuvres de Marot, Lyon, 1343, in-8\ On n'a de Jamet qu'un très-petit nombre de pièces fugitives; mais elles suffisent pour lui mériter un rang parmi les poètes du 16' siècle. Indépendamment des deux morceaux déjà cités , on trouve encore de lui, dans les OEuvres de Marot , un conte qui commence par ces vers :

Robin mangeolt ton quignon de pain bia.

Un autre :

Frère Labin revenant de la quête , etc.

Lue Imitation d'Ausone, et un Dizain sur Alix. Dreux du Radier a publié, dans ses Récréations historiques, t. I", p. 102, une balade de Jamet sur la Ste-Yierge, tirée d'un manuscrit de Lancelot, que l'on croit exécuté par Geoffroy Tory. La notice que du Radier à donnée dans la Biblioth. du Poitou, t. 2, p. 88, est incomplète, W — s.

JAMET l'aîné (Pierre-Ciiarles), littérateur modeste et laborieux, était de la même famille que l'ami de Marot (I), et descendait par les femmes de l'historien Mézeray. Il naquit en 1701, à bouvières, près d'Alcuçon, et termina ses éludai à l'université de Caen; il avoue lui-même, dans une lettre à son frère, qu'il fit peu de progrès dans la langue latine, dont les constructions lui paraissaient bizarres; mais il excella dans tous les exercices du corps. A dix-neuf ans il fut admis dans

<l| Lyon Jamet était eou.in germain du trùaieul de l'écrlvau» qui r

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les bureaux de l'intendance de sa pro rince, où il se forma promptemenl aux affaires : et en 1723, il obtint la place de premier commis de M. Orry de Fulvy, frère du contrôleur général des finances. En arrivant à Paris, son premier soin fut de rechercher la société des gens de lettres, et il se lia d'une manière assez intime avec Gueullctte (roy. et nom), auquel il fournit des notes pour son édition des Estais de Montaigne (roy. l'article suivant). Une lecture assidue de Bayle, qu'il se flattait de posséder parfaitement , tourna ses études vers la métaphysique; et il perdit dans des discussions oiseuses un temps qu'il aurait employé plus utilement à son projet de perfectionner le dictionnaire de la langue française. En 1735, il fut envoyé par ses protecteurs à Lorient, où il remplit pendant plusieurs années la place de premier commis de la Compagnie des Indes. De retour à Paris, il reprit son emploi dans les bureaux du contrôle général , et continua de donner ses loisirs à la culture des lettres. Soupçonné d'avoir pris part à la publication de quelques pampleis désagréables à la cour, il fut mis à la bastille en 1735. Ce fut dans cette prison qu'il acheva de recueillir et de mettre en ordre ses Observations sur les dictionnaires français, particulièrement celui de Trévoux. 11 fit ce travail , qui suppose d'immenses recherches , n'ayant pas à sa disposition un seul volume, même le dictionnaire de Boudot; mais, comme il en fait la remarque, on n'est point à la Bastille pour travailler commodément à une pareille composition ; on y est pour pleurer ses péchés (Conservateur, décembre 1757, p. I4i). Il est probable qu'en obtenant sa liberté Jamet perdit sa place, et reçut l'ordre de quitter Paris; du moins il est certain que depuis cette époque il disparut entièrement de la scène du monde. On sait qu'il vivait encore en 1770. Comme il était alors dans un age avancé, on peut conjecturer qu'il ne poussa pas bien au delà sa carrière. Jamet a fourni des notes à l'édition de Rabelais, publiée par Gueullette en 1732 (1), et un assez grand nombre d'articles au Dictionnaire de Trévoux, 1732 (roy. Berthelis ), ainsi qu'au Dic~ tionnaire de droit et de pratique par Kerrière. Enfin, on a de lui les opuscules suivants : 1° Essais métaphysiques (Paris), 1732, ln-12; 26 Lettre en forme de dissertation sur la création, 1733, in-8°. Suivant M. Quérard, elle a été traduite en latin par Lancelot, et en vers français par Martin de Bussy (voy. France littéraire). 3° Idée de la métaphysique, traduite de l'anglais d'Àtjcm (anagramme de Jamet), Nancy, 173!), in-12; réimprimée dans le Conservateur, septembre 1738; 4° Dancche-menkan, philosophe mogol, avec des remarques, 1740,

(1) Ses v i,. «ur RibcliU, que Jamet Appelait en plaisantant le» pieds de mouche , ont été transformées , dans la Frauet lit' teraért de 177B, en un outrage intitulé lu J'tr ii ut mouche, ou Us Noces dt Mabelaii , 6 vol. ln-j>°. Cette singulière bévue aé tetroure dani la Franc* lilliruirt de M. Quérard , ourraga dont personne d'aUlcuri n'appré<cie mieux que noua l'ixacUtud* et

rutoitf.

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in-12; 3° Lettres à M. Lancelot sur Vinjlni ou Cu-

nité des substances, et sur l'auteur delà Philosophie des jeunes gens (Miron), 1740, in-8°; G" Lettres critiques sur le goût et sur la doctrine de Bayle, 1740, in-8°; 7° Promptwtire de la métaphysique du Dictionnaire de Bayle, 1710, in-12; 8° Lettre à M. le chevalier de P. (Pacaroni), sur la métaphysique et la logique, Paris, 1742, in-12; réimprimée dans le Conservateur, septembre 1737. D'après la France littéraire, elle avait déjà paru sons le titre de Lettre sur les caractères de différence de la métaphysique et de la logique, 1740; 9" lettre sur le lieu et t'espace, 1712, in-12; 10° Lettre sut le principe de St- Augustin : Sub Deo justo nemo misi r, nisi mereatur, 1743, ln-8n; 11° TÈpitaphe du bibliothécaire. Ce badinage, de douze à treize cents vers sur la rime en in, fut imprimé par extrait dans le Conservateur du mois d avril 1738, sur le manuscrit de Jamet le jeune. Cependant tous les bibliographes en citent une édition de 1747,ln-4°. 12° Trois littres aux imprimeurs du Dictionnaire de Trévoux. 1748-50, in-4°; 13" Lettres aux auteurs de l'Encyclopédie. 1750, in 8°; 1 4rt Petit écrit str les devoirs des gens en place, 1753; 13° Lettre au sujet de ses mémoires manuscrits concernant le commerce des Indes, 1734; 16° Observations sur les moyens de perfectionner tes dictionnaires de Trévoux et de Moréri. in-12. Cet opuscule, daté de la Bastille, 23 mal 1756, a été réimprimé dans le Conservateur, décembre 1757. W— s.

JAMET le jeune (Fraxçois-Louis) , célèbre bibliophile, frère du précédent, naquit en 1710 à bouvières. Il fut fort jeune attaché comme secrétaire à M. de la Galaizière, qui passa de l'intendance de Soissons, en 1737, à celle de Lorraine. Il demeura vingt ans à Nancy, partageant comme son frère tous ses loisirs entre les devoirs de sa place et la culture des lettres. Il se lia d'une étroite amitié avec Lancelot (roy. ce nom), envoyé par le gouvernement en Lorraine pour dresser l'inventaire des archives de cette province. 11 était en correspondance avec Louis Bacine , à qui , par le moyen de M. de la Galaizière, Il eut le bonheur de rendre quelques services; et il visitait assez fréquemment, dans son abbaye deSenones, dom Calmet,qui lui donna les premières leçons de bibliographie. Passionné pour les livres, il profitait pour en acquérir de toutes les occasions , malheureusement assez rares alors en province; mais, grâce à sa persévérance, il possédait cependant une assez jolie collection lorsqu'il vint habiter Paris. Déjà connu des libraires et des principaux amateur», il devint bientôt l'oracle des ventes de livres, où il ne se distinguait pas moins par l'étendue et la variété de ses connaissances que par la délicatesse de son goût. Cet homme aimable et spirituel mourut à Paris le 30 août 1778. Les livres qui lui ont appartenu , presque tous enrichis de quelques notes de sa main et d'une parfaite condition , sont très-recherchés des curieux. On a de lui, dan» Y Année littéraire, dans les Mémoires de Trévoux et

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dans le Contervateur. quelques morceaux d'histoire ou de littérature. Hebrail et après lui M. Quérard en ont donne' l'indication. Ayant 1769, il s'occupait déjà d'une nouvelle édition du Manuel lexique de l'abbé Prévost, qui devait être augmentée d'un grand nombre d'articles ; mais il n'a pas finice travail . Il avait déposé sur les margesd'un exemplaire de l'édition de Montaigne par Gueullette \toy. l'article précédent) une multitude de notes historiques, morales et littéraires, qu'il se proposait d'employer dans une nouvelle édition des Estait. Barbier, dans son Dictionnaire det anonymet , 2« édition, n* 5830, parle de cet exemplaire comme d'un livre très-précieux. Dès l'âge de vingt ans, Jamet avait contracté l'habitude de tenir une espèce de journal dans lequel il insciivait, sans choix et sans ordre, avec la liste de ses dîners et de ses soupers , de ses voyages , de ses rhumes, et même de ses aventures galantes, toutes les pièces rares ou singulières qui lui tombaient entre les mains. Ainsi l'on y trouve pêlemêle des arrêtt du parlement, des pamphlets jansénistes , avec des chansons ordurières , des épigrammes, les Priapèet de Blot et deGrécourt, la Chartreuse et les Ombrtt de Gresset, le Parti ridicule de Petit, et des extraits des Xouteltet ecclésiastique t. Get ouvrage, qu'il a judicieusement nommé lui-même un chaot, fait aujourd'hui partie des manuscrits de la bibliothèque de Paris. Il est partagé en deux volume^ in-4*t ensemble de 2136' pages. Les bibliographes le citent tantôt sous le titre des Stromatet, tantôt sous celui des Miscellanea de Jamet. Il porte encore ceux de Polyanthea et de Chaot. Le premier volume commence à l'année 1750 et finit à 1736; le second à 1740. Mais l'auteur n'a pas cessé, jusqu'à sa mort, d'y faire des additions et des corrections. Ainsi la note suivante se trouve page 633, à la marge d'un mandement de l'évéque janséniste de St-Papoul : « J'étais bien jeune quand je m'amusai à « copier cette pauvreté. Je croyais que cela était « beau et bon. nue l'éducation nous rend niais ! » Décembre 1772. » \V — s.

JAMET (l'abbé Pierre-François), fondateur des écoles de sourds-muets du Bon-Sauveur, naquit à Fresnes , commune du département de l'Orne, le 12 septembre 1762, d'une famille honorable, environnée de la considération publique. Son enfance fut préparée à la culture des lettres par des soins si tendres, si intelligents, qu'il ne larda pas à surpasser ses nombreux rivaux au collège de Vire, à l'université de Cacn et au séminaire des Eudistcs. Devenu professeur, il sut intéresser autaut ses élèves par la netteté de son enseignement que par l'étendue de ses connaissances : la douceur de son caractère et l'aménité de ses relations achevèrent de lui en faire des amis dévoués. Ordonné prêtre à l'âge de vingt-cinq ans, il fut placé par son évéque, en qualité de chapelain, à la tête de la petite communauté du Bon-Sauteur. Mais, surpris par l'orage révolution-

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naire , il se vit réduit à quitter ce poste de confiance. Jamais on ne vit l'abbé Jamet s'écarter un instant de ses principes de fidélité à l'Église. Aussi inébranlable devant la persécution qu'inaccessible à la moindre vue ambitieuse , il s'oublia jusqu'à prodiguer, à ses risques et périls, dans sa retraite, ses soins aux malheureux qui avaient recours à son saint ministère, notamment à sa chère communauté du Bon-Sauveur. A peine le calme cut-il succédé à la tempête, qu'un des premiers soins du courageux ecclésiastique fut de redoubler d'efforts pour réparer, autant que possible, les ravages qu'elle avait faits à ce pieux asile, et avec une persévérance que la charité chrétienne est seule capable d'inspirer, il s'occupa à l'agrandir graduellement, de sorte qu'il est devenu une des plus belles et des plus étonnantes fondations du département du Cahados et même de la France. Llle n'est pas seulement consacrée à répartir, à divers degrés, les bienfaits d'une bonne éducation à de jeunes filles , elle reçoit aussi des aliénés et des sourds-muets des deux sexes. Là ne se borna point sa sollicitude inépuisable. Il assura encore lé repos d'une sainte retraite aux dames pensionnaires qui vinrent se grouper autour de lui, admit gratuitement à son enseignement libéral les enfants de la paroisse, et établit enfin dans cet asile béni du ciel un dispensaire pour les pauvres de la ville de Caen. Il dirigeait', en outre, spirituellement les saintes filles qui se vouaient aux divers services que leur confiaient sa rare sagacité, son expérience et son zele à toute épreuve dans les immenses bâtiments de cette maison de refuge, qui renferment une population de plus de douze cents âmes, et n'ont pas coûté moins de trois millions de francs. Tant de qualités éminentes eurent bientôt signalé l'infatigable ecclésiastique à l'attention du pouvoir, qui l'éleva en 1822 aux fonctions de recteur de l'académie de Gaen, fonctions qu'il conserva jusqu'en 1830. Décore en 1827 de la Légion d'honneur, il fut appelé successivement au canonicat de Bayeux , d'Albi et de Coulances , et nommé membre des académies de Caen et de Houen. Malgré le nombre prodigieux de bonnes œuvres qui réclamaient son activité incessante, on le vit non-seulement continuer à prodiguer tous ses soins à l'école des sourds-muets du Bon-Sauteur et à ses succursales d'Albi et de Pont-l'Abbé, mais se vouer tout entier à la régénération morale de ces infortunés, épars dans toute l'étendue du département qu'il habitait. Quatre autres institutions fondées en France et à l'étranger par les encouragements du charitable prêtre suivent avec plus ou moins de fidélité ses procédés d'enseignement. Une circonstance particulière avait imprimé une impulsion de plus en plus active à son dévouement à l'œuvre des sourds-muets : c'était l'ignorance native dans laquelle il trouva en 1816 deux de leurs sœurs d'infortune , dont l'une, déjà avancée en âge, était proche parente d'une

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religieuse du Bon-Sauveur et alliée même à la famille de l'ardent apôtre. A cette époque, comme il l'a aToué depuis lui» même il n'avait aucune connaissance de la méthode de l'abbé Sicard. Ayant profité plus tard des études et des recherches de son prédécesseur, il lut en 1820 et en 1821 , à l'Académie des sciences , arts et belleslettres de Caen , deux mémoires ayant pour objet, le premier, l'origine, les progrès et l'état actuel de l'art d'instruire ces malheureux; le second, un nouveau système de signes de sa création, applicables à la traduction française, c'est-à-dire calqué sur les formes grammaticales de notre idiome , système suivi du parallèle de sa mimique avec celle des autres institutions. On reproche à l'auteur non-seulement d'avoir dénaturé en plus d'une circonstance , à son insu sans doute, des faits historiques patents, incontestables, mais encore d'n\oir généralement mal saisi les vues qui avaient dirigé ses prédécesseurs et même ses contemporains, il est encore moins concevable qu'il n'ait pas craint de soutenir que rien ne pouvait amener plus sûrement à l'intel- Kgence de la langue écrite que l'emploi d'un seul et même signe pour chacun des mots de cette langue, quel que soit le nombre de ses diverses acceptions. Or, pour justifier une prétention aussi irrationnelle, il s'efforce de démontrer que « les « signes ne sont point une langue, mais la pro- « noncialion des mots d'une langue. » Mais sur quel argument repose donc cette affirmation étrange qu'il prétend ériger en axiome , quand il est universellement reconnu, au contraire, que les signes mimiques constituent les éléments d'une langue tout aussi bien que les mots, puisque , comme ceux-ci , ils sont destinés à interpréter la pensée et le sentiment ? Comment ensuite l'instituteur peut-il avoir la prétention de faire consister tout le mérite de ses signes de mppel à reproduire le signe du radical dans chacun de ces mots dérivés et composes , et à associer à ce signe ceux des prépositions qui y entrent ? Mais n'est-ce pas, au contraire, entraver l'essor et l'indépendance de l'intelligence humaine ? Ne vaut-il pas mieux mille fuis se conformer aux principes éternels de la saine logique , en affectant aux termes tant simples que composés la valeur intrinsèque qui leur est propre ? Et n'est-ce pas là, en effet, la condition de la flexibilité, de la grâce, de la richesse d'une langue quelconque ? Voici, pour mettre le lecteur à même déjuger ce système, trois ou quatre exemples des signes de l'abbé Jamet placés en regard de ceux qui sont en usage <1 ans l'institution impériale de Paris : L'abbé Jamet. Socmettre : 1" Signe de la préposition sous et du verbe mettre. Le signe de celle préposition se fait en plaçant la main droite sous la gauche; celui du verbe, en portant la main droite fermée en avant et en l'ouvrant ensuite comme pour lâcher ce qu'elle contient. — Institution impériale de Paris. Passer rapidement la

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main droite fermée sous la gauche étendue horizontalement. — L'abbé Jamet. Obtenir : 1° Signe de la préposition et du verbe tesir ; 2° signe du mode indéfini. Le signe de la préposition s'exécute en abaissant la main ouverte, la paume en bas et la relevant ensuite en allongeant d'abord le bras, puis en la raccourcissant de manière que le bout des doigts décrive un demi-cercle vertical. — Institution impériale de Paris. Avancer la main droite renversée en la baissant , la relever ensuite en décrivant une courbe, puis la ramener rapidement contre la poitrine en la fermant. — L'abbé Jamet. Recmer : 1° Tandis que la main gauche parait tenir le sceptre, le bras droit s'élève horizontalement et la main droite ouverte s'avance de gauche à droite, comme pour marquer la puis, sance souveraine ; prendre en même temps une attitude imposante; 2" signe du mode indéfini. — Institution impériale de Paris. Porter les deux mains fermées en avant comme si elles tenaient des rênes, les lâcher ensuite et les tirer alternativement , en prenant une attitude imposante. — L'abbé Jamtt. Magistrat : 1° Élever à la hauteur de la tête, la paume en avant, la main gauche ouverte, tandis que la droite montre, de l'index, cette main représentant la loi ; 2° signe du nom personnel. — Institution impériale de Paris. Indiquer de l'index de la main droite la paume de la main gauche étendue verticalement pour représenter la loi ; simuler ensuite des deux mains le mouvement de la balance de la justice. En outre, l'abbé Jamet, en mettant en regard de ses signes ceux de l'abbé Sicard, qu'il suppose en usage dans l'institution impériale de Paris, a commis une grave erreur. Bien longtemps avant la remarque, d'ailleurs fort juste, de l'instituteur de Caen, notre vieux système mimique avait subi une réforme si radicale, que rien n'est plus facile que de reconnaître que nos signes actuels ont sur ceux de notre contradicteur le double avantage de la promptitude et de la clarté. Rendons justice à sa rare modestie, qui ne lui permettait pas de se croire supérieur à tout autre. Sur ce point il était trop convaincu des imperfections inséparables de toute œuvre humaine pour n'avoir pas hâte d'engager les instituteurs et les savants à réunir leurs efforts dans le but de découvrir ensemble une méthode dont l'application fût plus simple et plus heureuse. Si les travaux de l'abbé Jamet ne lui assignent pas, tant s'en faut, une place éminente parmi les plus habiles instituteurs de sourds muets , sa mémoire n'en restera pas moins vénérée dans la partie de la France où il a laissé des traces impérissables de son active charité. Jamais ses concitoyens n'oublièrent l'admirable désintéressement dont le véne'rable supériê%r général de la congrégation du Bon-Sauteur fit constamment preuve en refusant toute espèce de rétribution ou d'honoraire pour les peine» infinies qu'il se donnait, épuisant ses ressources personnelles non-seulement pour sa famille, mais

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pour ses amis , sans compter les misères innombrables qu'il soulageait en se contentant lui-même du strict nécessaire. Le félicitait-on tic la prospérité croissante de ses établissements : « C'est, di- « sait-il, un bon grain que j'ai eu la ebauce de « semer daus une excellente terre. Dieu a béni « la moisson. » Quelqu'un se présentait-il à lui pour le consulter sur les moyens d'arracher de pauvres sourds-muets aux ténèbres de l'ignorance, il trouvait chez l'inratigable apôtre de ces infortunés, nou-sculeraent l'accueil le plus cordial et les conseils les plus empressés, mais encore une protection active, efficace, sympathique, pour peu qu'il jugeât le nouveau venu capable de remlrc de véritables services à ses enfants d'adoption. C'est entouré des larmes et des bénédictions de tous ceux qui à divers titres avaient éprouvé les effets de sa sollicitude evangélique que l'abbé Jamct s'est éteint à l'agc de 83 ans, le 12 janvier 1813. — Outre le Mémoire sur l'instruction des sourds-muets, dont nous avons parlé plus haut, imprimé à Caca, 1823, in-8", et à Paris, 1852, in*8°, l'abbé Jamet a traduit du portugais : 1° Trésor de patience caché dan* les plaies de Jésus-Christ, du P. Almeida, Ljon , 1828, in-18, souvent réimprimé ; 2n Esprit pratique de Ut dévotion à Ut sainte Vierge, du P. Almeida, Paris, 1832, in-18; de l'espagnol : 3° L'homme heureux dans toutes Us situations de Ut rie, 2 vol. in-12; et de l'italien ; 4° Mémoires du cardinal Pacca, contenant des notes sur son ministère et l'histoire de ses deux voyages en France, Caen et Paris, 1832, 2 vol. in-H-. Il a, en outre, inséré quelques articles dans les Mémoires de l'Académie dos sciences , arts et belles-lettres de la ville de Caen. F. B — k.

JAMIN (Do« Nicolas), écrivain ascétique breton, né à Dinan vers 1730, entra dans l'ordre de St- Dernard , parvint successivement aux premiers emplois de sa congrégation, et mourut à Paris le 9 février 1782, prieur de Sl-Germain des Prés. La plupart des ouvrages de D. Jamin ne sont que des compilations ; mais l'intérêt du sujet les a tirés de cette classe, et continue à les faire rechercher par les personnes pieuses. On a de lui : 1° Pensées théologiques relatives aux erreurs du temps, Paris, 1709, in 12, plusieurs fois réimprimées. Les jansénistes eurent assez de crédit pour faire supprimer l'ouvrage par un arrêt du conseil, mais l'auteur le reproduisit avec quelques changements, et il a été traduit en italien, Milan, 1780, in-12. 2» Traité de la Ucture chrétienne, dans lequel on expose des règUs propres à guider les, fidèles dans le choix des Itères. Paris, i774, in-12 ; nouvelle étlition, Dijon, 1825, iu-12; réimprimé en 1827, in-18, pour la Bibliothèque cathotique. 3° PUtcide à Maclovie, sur les scrupules, Paris, 1774, in-12; traduit en italien, avec des notes par le P. Fulg. M» Biccardi, Turin, 1782, in-12. 4° PUtcîde à Scha- Ltstique. sur Ut tnaniére de se conduire dans le monde, par rapport à ta religion , ibid. , 1773, in-12 ; 5» le Fruit de m es Uctures, ou l'entées extraites de difé-

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rents auteurs profanes, reUttioes aux différents ordres de Ut société, ibid, 1773, in-12; 6° Histoire des fêtes de T Eglise. Paris, 1779, in-12; nouvelle édition , précédée d'une notice sur la vie et 1rs ouvrages de l'auteur, par Gabr. Peignot, Dijon et Paris, 1823, in-12. Cet ouvrage est attribué a D. Jamiu, par M. J.-G.Lrsch {Fr. Uuér.,l.i, p. 201). qui en cite une traduction allemande, Kamberg, 178i ; Fulde, 1780, in-8'. Tous les ouvrages de D. Jaininont été traduits dans la même langue. \\— s.

JAMIN du FBENAY ( Jean- Baptiste -Auccsu- Maiue), issu d'une famille honorable, naquit à Louvigné-du-Dvsert, au diocèse de Bennes, en Bretagne, le 17 mai 1773. Son père était si jaloux île son instruction qu'il voulut qu'on l'interrogeâtes latin quand on l'examina pour sa première communion. La révolution vint occasionner dans sa famille uu désagrément auquel il fut si sensible qu'il exprima tout haut sa césolulion de ne jamais revoir son pays ; résolution qu'il a fidèlement gantée, croyons-nous, et qui fut peut-être le plus puissant mobile à sa détermination pour l'état militaire, qu'il embrassa le 13 juin 1792, en qualité de sous-lieutcnant dans le 9» régiment de cavalerie. Il passa successivement par tous les grades, et il était, en 1802, chef d'escadron au 8e régiment de cuirassiers. Après avoir fait les guerres d'Allemagne, il suivit en Italie le maréchal Masséna en qualité d'aide de camp, et fil avec lui la campagne de Naples en 1800. Nommé colonel t!es chevau-légers de la garde royale de Napb s le 39 octobre 1807, il passa en Espagne à la tète de ce corps vers la fin de l'année 1808, et s'y distingua particulièrement à la bataille d'Ocaùa, en 1809, par une charge brillante de cavalerie, qui en partie décida de la victoire. Créé maréchal de camp le 19 novembre 1810, il donna de uouvclles preuves de bravoure à la bataille de Vittoria, où, à la tête des mêmes chevau-légers, il exécuta à propos une charge hardie , et se retira toujours eu lion ordre aux derniers rangs. 11 rentra en France en 1813. Lorsque l'armée française fut concentrée vers Bayonnc, et après que la cavalerie, devenue inutile , eut été renvoyée sur les derrières, l'officier général qui commandait les grenadiers et les voltigeurs de la garde royale d' Espagne avant été mis hors de combat, le général Jamin , jaloux de se rapprocher des périls, réclama et obtint du maréchal Soult l'honneur d'être mis à la tête de ce corps d'élite. Dans le peu de temps qu'il y resta, il ajouta à la réputation qu'il s'était faite comme officier de cavalerie, celle d'un excellent général d'iufanterie. Après la dissolution de ces régiments, il fut nommé au commandement d'une brigade de cavalerie légère, avec laquelle il comineuça la campagne de 181*. 11 fut appelé le 10 mars de cette même année à remplacer, comme major des grenadiers à cheval de la garde, le général la Ferriere, blessé à Craonc, et se montra digne à tous égards d'un

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honneur qu'il n'avait <lù qu'à son mérite. 11 continua de servir sous la restauration, qui se montra généreuse envers lui. Au retour de Ronaparte, il se mit de nouveau à son service et fut tut' n la bataille de Waterloo, après avoir vu tomber à ses cdtés le jeune René Miot de Mélito, son beaufrère et son aide de camp, qui, à peine âge" de vingt ans, donnait déjà les plus belles espérances, l-e général Jamin, estimé comme un de nos meilleurs généraux de cavalerie , se faisait remarquer par nue bravoure froide et tranquille, un coup d'tt'il rapide et sûr dans l'action, cl une grande fermeté d'Ame. Il avait été nommé officier de la Légion d'honneur le H mai 1807, et chevalier de l'ordre royal de St-Louis le 27 décembre 1814. 11 avait reçu en France le titre de baron , et en EspHgnc celui de marquis de Rermuy, en récompense de ses nombreux services. M. de Conrcellcs, dans son Dictionnaire des généraux français, lui a consacré une notice où nous avons largement puisé pour cet article. tt — n — k.

JAMYN (Ahahis), l'un des poc'tes français les plus célèbres du 16» siècle , naquit vers 1310 (I) à Chaource en Champagne, de parents honnêtes, et qui ne négligèrent rien pour son éducation. Il suivit les leçons de Dorât, de Turnèbe et d'autres savants hommes, qui lui inspirèrent de bonne heure le goût des lettres : il étudia aussi la philo- Sophie et les mathématiques avec quelque succès; mais un penchant invincible l'entraînait vers la poésie. Honsard, regardé alors comme le pins grand homme de la France, ayant vu quelques vers de Jamyn, en fut si charmé qu'il lui offrit un logement dans sa maison, et le traita dès lors comme son propre fils. On conjecture, d'après un passage d'une élégie de Jamyn, qu'il avait parcouru dans sa jeunesse une partie de la Grèce et de l'Asie Mineure ; il est plus certain qu'il visita le Dauphiné, la Provence et le Poitou, puisqu'il cite les villes où il séjourna, et qu'il se plaint île la réception qui lui lut faite à Poitiers. Ronsard lui procura la charge de secrétaire et lecteur du n>i; mais, après la mort de son bienfaiteur, il quitta la cour, et se retira dans sa ville natal», où il mourut vers i : s:. , dans un âge peu avancé. Par son testament il laissa à la disposition des magistrats les fonds nécessaires pour l'établisse* ment d'un collège. Jamyn a moins d'imagination et de chaleur que Ronsard, mais il l'emporte sur lui pour le goût et le naturel ; et les amalmrs de notre ancienne poésie peuvent encore trouver quelque plaisir dans la lecture de ses ouvrages. On a de lui : Œuvres poétiques. Paris, Hob. Estienne, 1573 ; ibid., Mamert-Patisson, 1577, in- 4°. Ce recueil est divisé en cinq livres ; le premier contient des pièces adressées à Charles IX ou à des seigneurs de la cour, et les quatre suivants des sonnets, des églogues, des élégies et d'autres

|1) Ou plutôt Tcm 1538, iulT«nt M. Rxgnault, avocat à Chaourcc. , Voyft le Sommai dt Pari», 1781 , et l'S»prit du Journaux, 1781, mai, p. Sl»|

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pièces amoureuses. La réimpression, Paris, Mamert-Patisson, 1570 ou 1382, in-12, est augmentée de quelques morceaux ; on doit y joindre un second volume, Paris, 1384, in-12, qui renferme des poésies chrétiennes et des discours académiques en prose. Ces deux volumes sont fort rares et trèsrecherchés. Jamyn a terminé, en vers alexandrins, la traduction de l'Iliade d'Homère qu'Hugues de Salel avait faite en vers de dix syllabes, et qui s'arrêtait au douzième livre ; et il eut le mérite de sentir qu'Homère ne devait être traduit qu'en grands vers. Après avoir donné une première édition des Treize derniers livret d« l'Iliade, Paris, 1574, in-4°, il revit et corrigea le travail de Salel, qu'il publia avec le sien, Paris, 1380, in-12, et 1384, même format. Cette édition est augmentée de la traduction des Trois premiers livres de I'Odtfsièe. On trouve, dans celle traduction d'Homère, de beaux vers et des passages rendus d'une manière très-poétique (voy. Hug. Salel). — Amadis Jamtx, frère du précédent, cultivait aussi la poésie avec succès ; mais on ne connaît de lui aucun ouvrage. Il mourut grènetler à Chàtillon-sur- Seine. W— s.

JANFORTlt'S. Voyez. Forti.

JANI (Chiustia*-David) , savant philologue allemand , et l'un des plus célèbres commentateurs d'Horace, naquit le 10 décembre 1743 à Claudia. Ses dispositions naturelles furent développées par l'éducation que lui fit donner son père, pasteur d'une église de sa ville natale. Non-seulement il suivit dans l'école du Waisenhaus (la maison des orphelins) le cours des éludes ordinaires, mais il apprit encore le français, l'italien et l'anglais. Ses penchants l'entraînèrent vers l'étude de la littérature ancienne. Il fut reçu docteur en philosophie, âgé de vingt-neuf ans, et s'adonna à l'enseignement. Après avoir été répétiteur dans l'école où il avait fait ses études , il suppléa le recteur Taust, qui alors était fort âgé. En 1780, Jani fut mis, en qualité de recteur, à la tète du collège d'Eisleben , petite ville d'environ 6.000 habitants, qui fait partie actuellement des Etats prussiens comme chef-lieu du comté de Mansfeld , dans la province de Saxe. Jani avait été investi de la place qu'il occupait par le comte de Mansfeld. Mais ce comte mourut ; son fils unique le suivit de près dans la tombe, et en eux s'éteignit leur illustre famille. Le comte de Mansfeld retourna comme héritage à l'électeur de Saxe, qui continua Jani dans le poste qu'il occupait. Le collège, ou, comme on dit en Allemagne, le gymnase d'Eisleben, sous la direction du nouveau recteur, acquit une renommée qui y augmenta promptement le nombre des élèves. Non-seulement Jani y établit un ordre parfait et des cours d'élmjc* assortis aux intelligences des différents âges, mais dans ses instructions il développait avec un admirable savoir tout le génie des langues anciennes, et faisait ressortir avec goût les beautés de» auteurs grecs et latins. Par un heureux mélange de dou-

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ceur et de fermeté, il savait se faire obéir des écoliers, qui le chérissaient comme un père et comme un ami. Pour faciliter leurs études, il publia divers traités dont nous donnerons les titres. Mais ce fut son édition des Odes d'Horace qui le plaça au premier rang des critiques et des philologues ; il avait préparé des éditions de VelléiusPaterculus, de Silius Italicus et de Lucrèce, ainsi qu'un dictionnaire de la langue grecque. Des maladies et des chagrins domestiques le forcèrent d'interrompre ses fonctions de recteur, et la mort l'empêcha de terminer les ouvrages qu'il avait entrepris. Il perdit dans la fleur de l'âge ses deux premières femmes, toutes deux jeunes, toutes deux sœurs et portant le nom de Carpzov ; il fut pleuré de la troisième femme qu'il avait épousée, des filles qu'il avait eues de ses trois femmes, et d'un fils qui récompensa tous les soins de son père et fut à Gœltingue un des plus brillants élèves du célèbre Heyne. Jani mourut le 5 octobre 1790, Agé seulement de 47 ans. Cet auteur laborieux a donné les ouvrages suivants : 1° Recueil d'épithètes, de substantifs , de verbes et d'^deerbes, avec un Index alphabétique des dieux et des héros cha les aucuns, Halle, 1774, en latin ; 2° Principes de dialectique, avec un Tableau de l'histoire de la philosophie à l'usage des gymnases, Halle, 1770, en latin ; 3" observations critiques . trois parties, 1 78 M 786 ; 4° Sur l'art poétique chet les latins , 1774, in-8°, en latin ; 5° Courte notice sur la poésie latine, Halle, 1772, en latin ; 6° l'Ami de l'écolier. programme, 1776-1778, in-4°, en allemand; 7° i'Énéide de Virgile, traduite en allemand, Halle, 1784, in-8°; 8° une édition des Odes d'Horace, avec des variantes tirées des manuscrits ; un commentaire et une savante préface, Leipsick, 1778-1782, 2 vol. in-8°. C'est l'ouvrage le plus important de Jani. Aucun éditeur ou commentateur latin d'Horace n'a, suivant nous, développé dans ses arguments et dans ses notes, avec plus de goût et de savoir, les beautés poétiques et les intentions historiques des odes d'Horace. 11 y a eu une seconde édition de cet ouvrage en 1809 ; mais ce n'est qu'une réimpression de la première. Baumgartner a publié, après la mort de Jani, un ouvrage en allemand, intitulé Éclaircissements et observations sur les Satires et les Epitres d'Horace , d'après les leçons de Jani , en trois parties, Leipsick, 1795. W — r.

JANIÇON (François-Michel), littérateur, naquit à Paris le 24 décembre 1674, de parents protestants. Après qu'il eut achevé ses premières études avec succès, son oncle, pasteur à L'trecht, lui fit suivre les cours de l'Académie de cette ville , qui s'honorait alors de compter parmi ses professeurs des hommes d'un rare mérite, tels que Graevius, de Vries, etc. Janiçon entra ensuite, comme simple cadet, dans un régiment d'infanterie, où il parvint promptement au grade d'aidemajor. Après la paix de Ilyswyk, son régiment fut envoyé en Irlande, et, au bout de quelques

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mois, licencié : il profita de cette circonstance pour reprendre ses éludes , et se fit immatriculer à l'université de Dublin , dans l'espoir d'obtenir le degré de bachelier à la fin de l'année scolaire; mais la mort de son oncle et de son père l'obligea de hâter son retour en Hollande. H y acheta une terre dans la province de Guehlre , et se maria, en 1706, avec une demoiselle réfugiée comme lui pour cause de religion. Son goût pour la vie solitaire le retint huit ans à la campagne ; mais il se décida enfin à venir habiter Amsterdam, et il s'y fit connaître avantageusement par les articles qu'il fournissait à la gazette de cette ville : il se chargea ensuite de continuer celle de Rotterdam; et, quelque temps après, sur l'invitation des magistrats, il entreprit le journal connu sous le nom A'Utrecht, que le public distingua bientôt de la foule des écrits périodiques qui inondaient alors la Hollande. Un des amis de Janiçon ayant abusé de sa confiance pour faire imprimer dans son atelier un libelle calomnieux , les magistrats lui intentèrent un procès; et, pour éviter les désagréments qui pouvaient en être la suite, il se retira à la Haye. Le landgrave île Hesse le nomma son résident près des états généraux : les devoirs de celte charge et les travaux du cabinet occupèrent le reste de sa vie ; il mourut à la Haye, d'une attaque d'apoplexie, le 19 août 1730, Agé de 56 ans. Janiçon a traduit de l'anglais, la Bibliothèque des dames, par Rich. Steele, Amsterdam, 1717 et 1719, 2 vol. in-12 ; et le Passe-partout de CÈqlise romaine, par Ant. Gavin (roy. ce nom), Londres, Amsterdam, 1726, 5 vol. in-12. 11 a en outre publié : État présent de la république des Provinces- Unies et des pays qui en dépendent, la Haye, 1729, 2 vol. in-12. Cet ouvrage, le plus complet et le plus exact qui eût encore paru sur la Hollande, fut cependant critiqué très-amèrement par J. Rousset. Janiçon lui répondit avec vivacité dans le premier volume des LeUres sérieuses et badines sur les ouvrages des savants , publiées à la Haye. Ce fut la son dernier écrit. On renvoie pour plus de détails à l'éloge de cet écrivain dans le 4e volume du Recueil qu'on vient de citer, et dont on trouve un extrait assez étendu dans le 18* volume des Mémoires de Nicéron et dans la dernière édition du dictionnaire de Moréri. W — s.

JA.MN (le P. Joseph), religieux du monastère des Grands- Augustins de Lyon et vicaire provincial de son ordre, naquit dans cette ville vers 1715. La bibliothèque de son couvent était , après celle des jésuites, la plus considérable qui fût à Lyon. La direction en fut donnée vers 1753 au P. Janin, qui avait de vastes connaissances en histoire et surtout en numismatique. C'est lui qui avait fait placer sur la principale porte de celte bibliothèque l'inscription suivante, composée parle P. Pierre Labbé:

Hic homlne» riruot »uper«Ule* »ibi.

HicUcentet«<i»unt.

Hic loquuatur et «b.unt.

JAN

Le P. Janin ne voulut jamais être membre d'aucune académie; mais il correspondait avec un grand nombre de savants. On conserve dans les bibliothèques de Mmes les lettres qu'il écrivit à J.-F. Séguier.Ces lettres ont trait à plusieurs objets d'antiquité, notamment à la jambe d'un cheval de bronze trouvée dans la Saône en 1766, et à une plaque île même métal découverte près de Lyon, sur laquelle se trouvait une suite de caractères absolument différents de tous les alphabets connus (voy. Séauier). Avant de se livrer à son goût pour l'antiquité, le P. Janin s'était occupé d'un travail assez important : il avait réduit en abrégé les î 'mates de la Chine sur la version française du Fong-Ping-Tching , faite par le jésuite Moyria de Mailla , version qui formait douze volumes in-i°, et qui fut cédée en 1775, par les PP. de l'Oratoire de Lyon, à l'abbé Grosier, qui la publia en 1777 (voyez le catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Lyon, t. 1", p. 14, et t. 2, p. 88). Quant à YAbngé, le P. Janin en avait fait hommage en 1769 à M. de llontazet, archevêque de Lyon, et aux administrateurs du bureau des collèges, qui le déposèrent dans la bibliothèque de cette ville, où il est resté inédit. Lors de la suppression des couvents, le P. Janin ne crut point devoir adhérer au schisme constitutionnel ; et, quoiqu'il fût parvenu à un âge très-avancé, il ne voulut point quitter sa ville natale où son ministère pouvait encore être utile aux fidèles'. Pendant le fort de la terreur, il s'était réfugié chez un ouvrier en soie- Vers la fin de décembre 1793, on lui apprit qu'un paysan venait de découvrir près de Fourvière un certain nombre de médaille! très-bien conservées; il se rendit aussitôt chez le propriétaire, et acheta un médaillon de Diadumenianus; mais, avant de rentrer dans son domicile, il fut reconnu par des jacobins qui le conduisirent en prison. Jeté sur la paille, dans la chambre de l'hôtel de ville où siège maintenant le tribunal de commerce, il s'y trouva avec feu Delandine, qui fut depuis bibliothécaire de la ville de Lyon. « Combien de fois, s'écrie cet écrivain, j'admirai sa vaste mémoire, les faits intéressants qu'il y avait déposés, sa douce résignation, sa touchante simplicité ! Il avait près de quatre-vingts ans, ajoute Delandine, et il par. lait littérature avec le feu de la jeunesse; sagatlé était inaltérable, et cependant il attendait la mort ■ elle arriva. Interrogé la veille et condamné {pour avoir refusé de rendre ses lettres de prêtrise et prêché la contre-révolution), il causait avec calme lorsque les bourreaux vinrent le saisir et interrompre ses intéressants entretiens (catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Lyon, t. l'r, p. 26). » La tête du P. Janin tomba sous la hache révolutionnaire le 15 mars 1794 (voy. les Martyrs de la foi, par l'abbé Guillon de Uontléon, t. 3, p. 316, où sa mort est placée par erreur au 3 janvier, jour où périt un autre Lyonnais portant aussi le nom de Joseph Janin, qui n'était âgé que de vingt-trois ans, et qui était maître de pension ;

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voy. encore Prudbomme, Diction*, des individus condamnés à mort pendant la révolution, t. 2, p. 6). A. P.

JANIN de Combe-Blancue (Jeax), chirurgien et oculiste, né à Carcassonne le 11 juin 1731 , s'appliqua spécialement à l'étude des maladies des yeux. Dès l'âge de vingt-huit ans, les nombreuses opérations qu'il (il soit dans les hôpitaux, soit sur des personnes distinguées de Montpellier, lui méritèrent les éloges de l'université de celte ville. Il n'eut pas moins «le succès dans tous les lieux où il fut appelé, notamment à Paris, à Toulouse, à Milan. S'étant tlxé à Lyon, il obtint le titre d'oculiste de la ville , et devint prévôt du collège de chirurgie. De toutes parts on venait le consulter ou réclamer ses soins. Le cardinal de Rohan, qui joua un si grand rôle dans l'afTaire du collier, se rendit exprès à Lyon pour faire examiner ses yeux par cet habile praticien, et se logea même chez lui. En 1777, le duc de Modène (François III d'Esté), âgé de quatre-vingts ans et affecté de la cataracte, invita le docteur Janin à venir l'opérer; la cure réussit complètement, et le prince recouvra la vue. Pour lui témoigner sa réconnaissance, il le nomma son médecin oculiste, et lui assura une pension viagère de 2,400 francs. L'université de Modcne se ragrégeaVouime professeur honoraire, cl l'impératrice Marie-Thérese lui adressa une lettre de félicitation accompagnée d'un riche présent. Thomas, l'auteur de Y Eloge de Marc-Auréle, qu'il avait guéri d'une ophthalmie, lui conserva dès lors beaucoup d'attachement et lui adressa une Épttr» imprimée dans ses œuvres. Lorsque , dans un voyage en Savoie, Ducis fit aux Échelles une chute très-grave, Thomas , alors à Lyon, s'empressa de lui amener Janin, dont les soins contribuèrent au prompt rétablissement de son ami. Thomas a raconté l'accident arrivé à Ducis dans une lettre à madame Necker, du 27 juin 1785. Sa correspondance en contient quelques-unes adressées à Janin. En 1787 il reçut de Louis XVI le cordon de St- Michel. Janin s'occupa aussi à rechercher les moyens de combattre les exhalaisons méphitiques, et lit, en présence de commissaires, diverses expériences à ce sujet. Il résidait à Paris dans les dernières années du 18» siècle ; mais nous ignorons la date de sa mort. Outre plusieurs articles relatifs à son art imprimés dans différents recueils, on a de lui : 1° Traité sur la fistule lacrymale, in-8°; 2° Observations sur la maladie des yeux, 1 767, in-12 ; 3° Mémoires et observations anatomiques, physiologiques et physiques sur l'œil et les maladies qui affectent cet organe, Lyon, 1772* in-8°; traduit en allemand par Selle (voy. ce nom), Berlin, 1776; ibid., 1788, in-8"; 4° Réflexions sur le triste sort des personnes qui. sops une apparence de mort, ont été enterrées vivantes, ou Précis d'un mémoires sur Us causes de la mort subite et violente, etc., Paris et la Haye, 1772, in-8°; 5° L'antiméphitique. ou Moyen de détruire les exhalaisons pernicieuses et mortelles des fosses d'aisance. Codeur infecte des égouts . m

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