‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 13 sur 106 · I1EI · texte numérisé non relu

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sius. Laurent Van Santen , dans ses Deliciœ pœtiea , a recueilli de lui cinquante-deux pièces inédites. M — on.

HEINSIUS (Awtoise) (1), grand pensionnaire de Hollande, par des réélections quinquennales successives, depuis 1689 jusqu'à sa mort, qui l'atteignit à l'âge de 79 ans le 3 août 1720, est un des hommes d'Etat qui ont eu le plus de part aux affaires de l'Europe durant cette mémorable période. 11 forma avec Marlborough et le prince Eugène , le fameux triumvirat si cruellement acharné à humilier la France , et qui abreuva de tant d'amertume le déclin du règne de Louis XIV. Il voyait sa patrie vengée des malheurs que ce prince lui avait fait éprouver en 1672; il se voyait vengé lui-même; car après la paix de Nimègue, ayant été envoyé par Guillaume III auprès de la cour de France pour les affaires de la principauté d'Orange, il avait essuyé la mauvaise humeur de Louvois. qui avait été jusqu'à le menacer de le faire enfermer à la Bastille. Heinsius commença par être conseiller-pensionnaire de la ville de Delft , et, fidèle à son mandat , il tint quelquefois en celte qualité une conduite qui put le faire juger peu dévoué aux intérêts du statbouder. Dans la suite, Guillaume III l'honora de la confiance la plus étendue, et Heinsius lui rendit les plus grands services. Il continua de jouir de la même faveur quand Guillaume fut devenu roi d'Angleterre, et après que la reine Anne eut succédé à ce prince. Cependant sa conduite politique parut avoir reçu quelque modification après la mort de Guillaume, mais sans que les Français pussent se flatter de l'avoir gagné. Voltaire, dans son Siècle de Louis XIV, présente Heinsius comme un Spartiate lier d'avoir abaissé un roi de Perse, Iorsqu'en 1769 Louis XIV eut envoyé à la Haye son miuistre de Torcy demander la paix. Torcy lui-même, dans ses Mémoires, t. 2 , p. 3, peint le grand pensionnaire " comme un homme consommé dans les affaires, « d'un abord froid , poli dans sa conversation , « n'ayant rien de rude , et s'échauflant rarement « dans la dispute. Son extérieur (ajoute-t-il) était • simple; nul faste dans sa maison ; son domes- « tique composé d'un secrétaire, d'un cocher, « d'un laquais, d'une servante , n'indiquait pas le « crédit d'un premier ministre. * Torcy lui rend , de plus, l'honorable témoignage « qu'il n'était « accusé ni de se complaire assez dans la consi- « dération que lui donnait la continuation de la « guerre , pour la vouloir prolonger, ni d'aucune ■ vue d'intérêt personnel. » A ces traits, que la source à laquelle ils sont puisés rend si peu suspects de flatterie, on peut en ajouter quelques autres, fournis par M. de Haren, dans une des notes qu'il a jointes à son poème des Gutux. t. 2, p. 314. Il rend la même justice au calme et à la sobriété de Heinsius; mais il suppose que son

(1) Kok, dan* ton Diiiicnnairt Kittoriqut hollandnit , 1« fait AU de Nicola. Heioajui, « qui cet rtfutr pu la Un de l'uUcle

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éloignement pour la société l'empêcha d'acquérir une connaissance du cœur humain telle qu'un homme d'État doit la posséder. De là résultait , selon lui , que Heinsius abondait un peu trop en son sens. « Ainsi , dit-il , quand le pasteur réfugié « Basnage donna en 1707 l'éveil à Heinsius sur « certaine convention secrète entre les cours de « Vienne et de Versailles, pour faire échouer une « entreprise projetée sur Toulon , Heinsius négli- ■ gea cet avis, n'imaginant pas qu'un ministre du « saint Évangile pût être mieux initié aux secrets « des cabinets qu'un grand pensionnaire; » sécurité que ne partagea point Fagel , et que l'événement ne justifia pas non plus. M. de Haren rapporte encore sur Heinsius une anecdote singulière, concernant la manière dont peu après la paix d'I'trecht il fut, au milieu de la Haye, attaqué et guéri de la peste ; la tranquillité et la prudence qu'il montra dans cette occasion , et le secret qui en fut gardé entre lui , son médecin et le comte de Wassenaer-Starrenburg. 11 ajoute enfin que Heinsius a été le dernier des magistrats et des ministres d'État hollandais qui ait porté le costume du manteau et du rabat. M— on.

HEINZ (Joseph) , peintre célèbre, natif de Rerne (quelques-uns disent de Baie), se trouva vers la fin du 16* siècle au service de l'empereur Rodolphe , à Prague, en même temps que Jean Dac, Spranger, Hufnagel , Brugle , Roland Savary, Jean et Gilles Sadeler et quelques autres. Il fut envoyé en Italie par l'empereur pour y dessiner les plus belles statues ainsi que les meilleurs tableaux, et le succès de sa mission lui valut la protection spéciale de ce prince. 11 a fait pour l'empereur beaucoup d'ouvrages dont la plupart ont été gravés par Sadeler, par Lucas Kilian, et Isaac Meyer, de Francfort. On conserve d'autres île ses tableaux à Berne et à Zurich. Sa manière approche de celle du Correggio. Il mourut à Prague, âgé de 41 ans. — Sou fils, du même nom, fut également peintre; il travailla surtout à Venise, reçut des distinctions honorables du pape Urbain VHI , et fut renommé pour ses petits tableaux pleins d'idées singulières, de songes, d'enchantements, de chimères, de métamorphoses, etc. U — i.

HELNZE J> an-Michel), laborieux philologue et professeur saxon , né à Langensalza en 1717, fut recteur de l'école de St- Michel à Lunebourg, depuis 1753 jusqu'en 1776, qu'il fut nommé directeur du gymnase de Wcimar ; il mourut dans cette dernière ville le 6 octobre 1790. On peut voir dans Harles, dans Meusel, ou dans le Nécrologe de Schlicbtegroll , le détail de ses nombreux ouvrages ou opuscules ; nous indiquerons seulement les suivants : 1° Programma, quid pratUt éloquent) tr gtrmanicœ candidutis sludium latinœ, Lunebourg, 1750, in-4°; & Spécimen obteroatio-} uum Litianarum, 1771-72, deux cahiers in- 4°; 3° Sliictura Saioniamt. ibid., 1772-1773, in-4"; 4" De Jac. Vamerii in versibut abrupt* Mneidot lirgiliana conatibut, ibid., 1773, ia-4»; 5» De Jutto

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Liptio pro/etsor* lenensi, ibid., in-4°; 6° De Floro non kùtorico sed rhetore , Weimar, 1787, in-4°; 7° Sj/ntrçma opusculorum scholasticorum tarit argument!, GtHtingen, 1788, in-4°; 8° Remarques sur la Grammaire allemande du professeur Gottsehed, avec un supplément sur une noucelle prosodie , Leipsick, 1759, in-8°. Cet ouvrage est en allemand, ainsi que les suivants : 9° Programme sur l'emploi des rerbes, Weiraar, 1770, in-4°; 10° sur les particules Vor et Fur. ibid., 1771-1772, in-4°; 11° Sur ta possibilité d'adapter à la langue française la forme des vers grec s -latins, ibid., 1786, in-4°; 12° Heinze a traduit du grec en allemand , les quatre livres des Discours mémorables de Socrate, par Xénophon ; les Dialogues attribués à Eschine le Philosophe; le Criton de Platon; la 2* et la 3« Olynthienne de Démosthène, et Y Apologie de Socrate , par Xënophon: il a aussi donné une version latine de cet opuscule, et avait publié une dissertation latine pour établir contre l'opinion de Walckenaer que cette Apologie est réellement deXénophon; 13° il a traduit du latin plusieurs traités de Sénèque et de Cicéron , et du français, le Discours de l'abbé de Lavau sur la latinité des modernes. Enfln il a fourni quelques articles à divers recueils consacrés à la littérature classique. Son portrait, gravé par Kruger, se trouve en tête du tome 97 de la Bibliothèque allemande universelle de NicolaT. — Valentin-Auguste Heinze, né à Lunebourg, en 1758, professeur d'histoire et conservateur de la bibliothèque de l'université à Kiel, est mort dans cette dernière ville le 7 novembre 1801. Il a publié en allemand une Histoire diplomatique de Waldemar III, roi de Danemark, Leipsick, 1781, in-8n, et plusieurs compilations relatives à l'histoire , à la statistique et à la géographie. Il a aussi traduit du danois les Mémoires de r Académie des sciences de Copenhague, Kiel, 1783- 99, 8 vol. in-8», et a fourni un grand nombre d'articles aux gazettes littéraires de Kiel et de Leipsick, et a la Biblioth. allem. unie, de Nicolal. C. M. P.

HEISS (Jean de), seigneur de Kogenheim, né en Allemagne dans le 17e siècle , s'appliqua particulièrement à l'étude de la diplomatique, et fut nommé résident de l'électeur palatin à la cour de France. Il remplit cet emploi avec beaucoup de distinction , fut fait intendant de l'armée française en Allemagne sous le ministère de Louvois, et chargé d'entamer avec le cardinal de Furstenberg (voy. Furstenberg) la négociation qui eut pour résultat de l'attacher à la cause de la France. Ileiss mourut à Paris en 1688. On a de lui une Histoire de l'Empire , contenant son origine , ses progrès, ses révolutions , la forme de son gouvernement, sa politique, etc., Paris, 1684, 2 vol. in-4»; la Haye, 1685 , 3 vol. in-12; continuée depuis la paix de Westphalie (par Bourgeois de Chastenet), Paris, 1711, 5 vol. in-12, et avec quelques additions, la Haye, 1715, 5 vol. in-12, continuée de nouveau (par Vogcl) jusqu'à l'année 1724, Paris , 1751 , '

3 vol. in-4° ou 10 vol. in-12 ; augmentée d'un discours préliminaire et de notes , Amsterdam , 1733, 2 vol. in-4° ou 8 vol. in-12. Bayle, en rendant compte de cet ouvrage (Nouv. de la rép, des lettres, mars 1685), dit que l'auteur avait bien fait d'annoncer qu'il était Allemand, parce que son style n'aurait pas fait connaître son pays; si l'on ajoute qu'il devait être nécessairement très-versé dans la connaissance des lois et constitutions qui régissaient l'empire, puisqu'il les avait étudiées par goût et par devoir, on ne sera pas surpris du succès que cette histoire a obtenu. Du reste on ne la lit plus guère, parce qu'elle est vieillie, et qu'on n'y trouverait plus que des notions superficielles et inexactes sur les rapports politiques , le commerce , l'industrie , etc. , des différents Etats dont se compose l'Allemagne. Lengleta porté un jugement beaucoup trop sévère de cet ouvrage, surtout pour le temps où l'auteur écrivait : il est presque inutile d'ajouter que tous les compilateurs qui sont venus après Lcnglet ont adopté ce juge* ment sans réflexion ; cependant de bons critiques préfèrent encore le livre de Ileiss à la volumineuse histoire du P. Barre , et même à celle de l'abbé Schmit. On conserve, parmi les manuscrits de la bibliothèque de Paris : un Mémoire de Heiss de tout ce qui s'est passé dans le pays de Cologne en 1689,in-fol. W— s.

IIEISTKR (Laurent), l'un des médecins les plus remarquables par l'étendue et la variété de ses talents, le nombre et l'importance de ses ouvrages, naquit à Francfort le 21 septembre 1683, et mourut à Helmstadt, le 18 avril 1758. Dés l'âge le plus tendre, il montra tant d'esprit, et de si heureuses dispositions à cultiver par l'étude les dons qu'il avait reçus de la nature , que son père , qui n'était qu'un pauvre aubergiste, fit les sacrifices nécessaires pour le mettre au collège. Les progrès du jeune Heister furent rapides; il se distingua surtout dans la poésie et dans la peinture : mais les succès qu'il obtenait ne le séduisirent point, et à dix-huit ans il se rendit à l'université île Giessen, afin d'y étudier la médecine. Après avoir suivi pendant quatre ans les savantes leçons de Hoeller pour la médecine, et de Bartholde pour l'anatomie, Heister se rendit à Leyde, puis à Amsterdam, où il se livra aux travaux anatomiques, sous Ruysch, et aux opérations chirurgicales à l'école de Rau. Il devint bientôt l'ami de ces deux célèbres professeurs, qui, ayant apprécié son mérite , ne négligèrent rien pour compléter son instruction : c'est dans ce dessein qu'ils lui procurèrent une place de chirurgien-major au service de l'armée alliée , alors en Brabant. A la fin de la campagne, le désir de suivre les leçons de Boerhaave et d'Aibinus l'attira à Leyde. Enfln, en 1708, Heister, qui s'était lié d'amitié avec Alraeloveen, professeur à la faculté de médecine de Harderwick, cédant aux instances de son ami, l'accompagna dans cette ville et y prit le bonnet de docteur. Sa dissertation inaugurale, intitulée De Unica

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oeuli ckoroidea. est un ouvrage important, qui lui fit un grand honneur comme écrivain et comme amdoni iste . Dès lors Ruysch , qui affectionnait singulièrement le nouveau docteur, voulut qu'il se fixât auprès de lui, à Amsterdam, pour y enseigner l'ai» tonne et la chirurgie. H «s 1er aima mieux retourner à l'armée, on les hôpitaux militaires devaient lui offrir de fréquentes occasions de s'exercer à la pratique. La recommandation de Ruysch le fit élever au grade de médecin et de chirurgien en chef, qu'il est d'usage , dans toute l'Allemagne, de contrer au même individu, parce que ces deux branches de l'art de guérir y sont réunies dans le service 4e santé militaire. Heister qui avait un goût passionné pour la chirurgie, s'appliqua spécialement aux opérations qui en dépendent; il en fit un très-grand nombre. Les maladies des yeux offraient alors un champ fertile à l 'observateur : Heister fit d'utiles recherches sur la cataracte , dont la nature était encore ignorée, et vérifia , l'un des premiers, que la cécité, dans cette maladie, dépend de l'opacité du cristallin. I.a paix étant faite, Heister accepta une chaire de chirurgie et d'anatomie à l'université d'Altorf. où il professa pendant dix ans , avec nn succès qoi le rendit célèlire dans toute l'Europe. ▲ cette époque , deux universités , celles de Kiel et d'Helmstadt , d'un ordre supérieur à celle d'Altorf, offrirent à Heister la chaire d'anatomie et de chirurgie : il se décida pour Helmstadt , par déférence pour le duc de Lunebourg , qui l'avait vivement sollicité de s'y établir. En 1730, après avoir enseigné l'analomie et la chirurgie pendant vingt ans, Heister prit la chaire de botanique , et ensuite celle de médecine pratique ; ■nais il continua toujours de donner des leçons sur la chirurgie : elles lui attiraient un grand concours d'élèves; car il était, de son temps, le plus habile professeur en ce genre. Les travaux du professorat , ceux eTonc pratique immense , tant dans la ville et ses environs que dans son cabinet, où il était consulté par les phis illustres personnages de l'Europe, ne l'empêchaient point de produire une foule d'ouvrages estimables, ■n'ont plusieurs ont puissamment contribué aux progrès de l'anatomie et surtout de la chirurgie. Heister avait été vivement sollicité par Pierre le -Grand d'aller s'établir à St-Pétersbourg ; mais l'amour de son pays, où d'ailleurs il était généralement honoré, lui fit constamment refuser les •offres brillantes do ctar. Voici la liste ées prineiawira ouvrages de Heister ; 1° De nypotkemum medtemrum fallaci* <et pernicie, Altorf, 1710, in-4°; 1° De difftcultnle veritatit mrenienda v> phgtica *f medicina , AJtorf , 1710 , in-4» ; 3" De cataracte . glaucomate, et amattrosi traclalio. Altorf, 4713 et 1720, in-4». C'est dans cet ouvrage qu'il expose «es recherches sur l'opacité da cristallin, comme cause de la cécité dam la cataracte. Sa découverte , faite à l'armée , fut pobfiée en 1711 ; diverses dissertations sw le même sujet ont été

fondues dans l'édition de 17Î0; 4» De enlerott gndroruphe . Altorf, 171 S, in-4° ; 9° Chirurgia nom adnmbratio, ibid., 1714, in-4»; 0* De nota meihodo tanandi fistvlat Wryma le* , ibid., 1716, in-4* Cette partie de l'art était alors dans l'enfance : l'auteur lui fit faire un pas ; mais ses successeurs ont publié des méthodes qui ont fait oublier la sienne. 7" Compendium anatomicum. retenti* recentiorvmqne abtervationei bretirsime cornplecteni, Altorf, 1717, in-4°. Ce traité d'anatomie, bien supérieur à tout ce qui avait été publié jusqu'alors dans ce genre, devint classique , et Ta été pendant longtemps. Indépendamment des faits nouveaux dus à ses recherches, l'auteur enrichit son livre de beaucoup d'érudition, ce qui en rend encore aujourd'hui la lecture intéressante : car, depuis Heister, l'anatomie descriptive a fait de tels progrès, que son traité a singulièrement vieilli, et qu'on y découvre un asser grand nombre d'erreurs. La vogue de cet ouvrage fut prodigieuse ; il eut un grand nombre d'éditions, et fut traduit dans presque toutes les langues de l'Europe (1 ). 8° De optima cancrorum mammarum extirpan t' ralione, 1720, m-4°-, 9» De anatomet sublilioris ulilitnte , prtrteriim m chirurgia, Helmstadt, 1720, in-t°. Ce livre est on de ceux de l'auteur qu'on lira toujours avec intérêt, puisqu'il fait connaître les avantages de l'anatomie et les fautes dans lesquelles peut tomber le chirurgien qui ne possède qu'imparfaitement cette science. 10° De medicamentu Ger mania indigents tnfficievtibut, Hclmstadt, 1730, in- l". Cet ouvrage, composé avec soin , a été traduit en français (1777, in-12). 11 mérite d'être consulté. 11° 06ierr. med. miteetianca, Helmstadt, 17'0, in-i°. On y lit des faits de pratique intéressants. 14° Compendium mrdicorum, L'auteur termine cet écrit par un catalogue des meilleurs ouvrages de médecine, Helmstadt, 1736, in-1». Ce livre utile a en tic nombreuses éditions. 43" De medicina méchante* ptytftantta. ibid., 1738, in-4". C'est une critique judicieuse de la doctrine de Stahl. 11" intiitutiones chirurgie œ . Amsterdam , 1739, 2 vol. in-4», avec tig., traduites en français, Avignon (Paris), 1770, 2 vol. m-40, ou 4 vol. in-R°. Heisttr qui avait professé et pratiqué la chirurgie avec on grand succès, composa cet ouvrage avec ceux <ée ses prédécesseurs, et au moyen de ses propres découvertes. C'est un monument historique qoi présente f état de la science à l'époque où il fut publié : rien d'aussi complet , d'aussi exact , n'avait para depuis Fabrice d'Aquapendente et Paré. Le livre d'Heisler, réimprimé son vent , et traduit en diverses langues, a été, pendant pins de soixante ans, le seul traité général que possédât la chirurgie moderne. Aujourd'hui il est remplacé par des ouvrages plus complets : d'ailleurs,

(V| Sénac en s donné une traduction française , Parii , 1738. in-««, qui a été augmentée par le »a«wnt Qoulin, Paria, 17», 3 vol. in-12, et F. Devaux ea a donné un abrégé «o fnnfaia, Paria, 1724, U3», ro-U.

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quoique utile encore à consulter, les immenses progrès que l'art a faits rendent l'usage des Institutions d'Heisler insuffisant et même inutile aux élèves. Les savants ne l'étudieront point sans avantage dans beaucoup de cas. 15° Ih tokotamiœ CéUiana pra-itantia etusu, Ileliusladt, 1743, itt-8°. L'auteur avait donné beaucoup de soins à l'histoire de l'opération de la taille : son livre offre un intérêt d'érudition , qui l'a fait traduire en français, Paris, 1751, iu-8°. 1G° SytUma gênerait planlarum ex fntctificalione, eui adntctntstur régula de Homihibut planlarum à etleb. l.innao longe diversei. Hrlmstadt, 1748. Cet ouvrage fut le dernier que publia tleister, déjà d'un âge avancé : il mourut dut ans après , à soixante-quinze ans. Ce médecin fut véritablement un grand homme; il avait des connaissances universelles, et fut ainsi qu'IIippoerale, Catien et Paul d'Égine, grand médecin et habile chirurgien ; sous ce dernier rapport, il a beaucoup contribué aux progrès de son art ; l'anatofliie lui est aussi tort redevable. — Élie Frédéric Heistm, son fils, naquit à Altorf en 1715, et mourut à Leyde en 1740. 11 paraissait destiné, par ses talents, à devenir l'émule de son père, qui eut la douleur de lui survivre. Il s'était exercé , en 1735, à traduire en latin l'ouvrage anglais de Douglas, sur le péritoine. Nous avoos de lui un ouvrage intéressant, intitulé : Apologia pro medicis afkeitmi aecusatu, Amsterdam , 1 736. Quelques critiques ont attribué cet ouvrage à son père; mais HaMer le lui restitue. F — r.

HELALi', poe'te persan, originaire d'une famille turque du Djagatay, fut élevé à Esterabad , et vint dans sa jeunesse à Hérat, où il se fixa. Ilélaly, comme savant , ne le cède à aucun de ses contemporains : comme poe'te , il les surpassa tous. U a composé un recueil de metsnéwy, dans lequel on dislingue un morceau intitulé le Roi et le mernc/t , qui aurait fait honneur même à Saady. Il éprouva , à la fin de ses jours, un sort à la fois singulier et cruel. Il passait parmi les ebyte» (roy. Ali , khalife) pour être très-attaché à la doc* trine des sunnitrs; ce qui n'empêcha pas Abid- Khan, prince uabek, de le faire mourir comme partisan de la secte des chytes, l'an 93(1 de l'hégire (1329-30 de #. C.) i— «.

HELD (Wiu.n*Lfr>, abbé de Rotn en Souabe, ordre de Prémontré, et en cette qualité prélat immédiat de l'empire, était né à Érolzeim en 1744. Théologien profond et canoniale distingué, il

Il 1-1

avait enseigné ces deux sciences avec api méat. U mourut le 30 octobre 1780. U est auteur de beaucoup d'ouvrages, dont les principaux SODt : i°N*mem Nnrvertina, seu methodus cwrigtndi •- pramonstraieni

1757, in-8°; 2° Jurisprudentia vnieertalit , ex jnribvt canotneo, eivili, romane, germanic» tant puUko

H68-73 ; 3° Droit» et prérogatives des préiatmret immédiates du Saint- Empire, Kemptcn , 1781-85,

Ce livre

générale. 4» On doit aux soins de l'abbé Held, l'impression à ses frais d'un ouvrage plein de recherches, et le fruit des veilles de Benoit Stadelhofer, aussi abbé de Roth et son prédécesseur, intitulé : HUtoria imperialis et exempti collegii Rolnensis in Suevta , ex monuntentis dometticis et txternù , polissimam partem inédit is, trula, AugSbourg, in-4°. L — t.

HELE (TiiOMAS !>":. l'ayez l)iii.i.i..

HELENE (Sainte), mère de Coustantin le Grand, naquit , selon Procope, vers l'an 247 au bourg de Drrpane (1), dans la Bitbynie, de parents pauvres et qui exerçaient, dit-on, une profession peu relevée (2). Constance-Chlore , simple officier dans les gardes prétoriennes, mais d'une naissance illustre, fut frappé de la beauté d'IJélène, et l'épousa. Quelques écrivains ne la nomment que sa concubhie : mais ce mot dans les anciens auteurs, n'a pas le sens qu'on lui attribue aujourd'hui , et il prouve seulement qu'Hélène n'ayant point apporté de dot à son mari, ne jouissait pas des mêmes prérogatives que les autres dames romaines. Constance, ayant été créé César, fut obligé de la répudier, pour épouser Tueodora, fille de Maximien-Hercule (roy. Constance-Chlore). Hélène se relira dans une province éloignée, vraisemblablement à Trêves, et eUe y vécut dans la plus grande obscurité; mais dès que son fils Constantin fut parvenu à l'empire, il s'empressa de la rappeler à la cour, où elle fut reçue avec les plus grands honneurs. Elle renonça, à l'exemple de son fils, au culte des idoles, et embrassa la religion chrétienne , dont elle favorisa les progrès par tous les moyens qui étaient en son pouvoir. Son âge , sa prudence et sa douceur lui donnaient beaucoup d'empire sur l'esprit de Constantin; mais elle n'usa jamais de cette autorité que pour réprimer l'humeur colère du monarque , ou pour adoucir le sort de ses peuples. Elle lui reprocha amèrement la cruauté dont il avait usé à l'égard de son fils Crispus, et Constantin chercha à lui faire perdre le souvenir de cette faute irréparable, en redoublant pour elle de soins affectueux. U l'avait déjà décorée du titre d'Auguste, il tt frapper à son honneur des médailles d'or, avec cette inscription au revers : Proeiétntia Augg. (3). U

II) Conitantln changea le nom du Drrpam» en calai A'HtlmLtpotU, qu'il donna «g alemeat 4 une ville e la PaleaUne.

(2) Cette opinion cet celle qui réunit le plu* de partitan». Mai* tt* auteur* anglais, Baronius et d'autre* écrivain», font natlre 8ee-ttéieu« i York, M nlatSt à Colcbeater en Angleterre* de parent* illuitrta, et d'à .u< », dan» le diocè»* de Trêve*. Valoia 1 1 neveu la fait descendre de la famille Jnlta. iVoycs le* Mtrmoxrtt d* VAcadimxt d>» i>uetiplian* , t. 3, les Rtehtrckét de Pini, et le* Vin du Saint* , par Oodetcard |

19) Il nouf reete plusieurs médaille* avec le* légende* : F La via JYLim HKLBNA AVG , FLAtlA H El. H SA A VG., HELBNA jV F., pour nootiuitasn /««ma, qui appartiennent i de* prlnce*»c* de 1* famille de Conalaotin. Ducange, Qalland, liandvi, Tanini, etc., uni eaaay* d'rclaracir auxqualfea^de^ce»

MM eu**l , d'apr** ua peseage da Code Tbéednaieo , qoa

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lui laissa la libre disposition de ses trésors , dont elle employa une partie a soulager les malheureux, et à satisfaire sa piété en procurant aux églises les objets nécessaires à la pompe du culte. Le concile de Nicée ayant rendu la paix à l'empire, Constantin voulut éterniser cette grande époque par la construction d'un temple dans le lieu même où fut accompli le mystère de la rédemption des hommes. Hélène, malgré son grand âge , se chargea avec joie d'exécuter celte pieuse résolution, et sans s'arrêter aux embarras ni aux difficultés d'un voyage de long cours, elle partit pour la terre sainte en 325. Toute sa route, disent les historiens, ne fut qu'une suite et une effusion continuelle de charités qu'elle répandit à pleines mains. Arrivée à Jérusalem, elle fil abattre les restes des temples des idoles, et jeter les fondements d'une église dédiée au vrai Dieu sur le mont Calvaire. En creusant , on découvrit des pièces de bois qu'on reconnut comme ayant appartenu à la croix du Sauveur, et Ste-Hélène s'empressa de les envoyer à Constantin. Elle demeura à Jérusalem pour voir achever l'église du Si-Sépulcre, et en fit construire deux autres, l'une sur la montagne des Oliviers, et l'autre à Bethléem, lieu consacré par la naissance de Jésus-Christ. Elle ne rejoignit son (ils qu'en 327, et il paraît que ce fut à Nicomédie qu'elle mourut, peu de temps après, entre ses bras , et entourée de ses petits-enfants. Son corps fut, dit-on, transporté à Rome, et mis dans le tombeau des empereurs. Les Grecs assurent, de leur côté, qu'elle fut inhumée à Constantinople, et les Vénitiens ajoutent qu'après la prise de cette ville par les Turcs, un chanoine, nommé Ricard, en fit transporter le corps à Venise en 1212; mais un prêtre du diocèse de Reims, nommé Tergis, l'avait déjà rapporté de Home dès le 9* siècle , et déposé dans l'abbaye d'Hautvillicrs. Cependant les Romains soutiennent qu'ils le possèdent encore, enfermé dans un tombeau de porphyre, dans l'église à'Ara-Cceli. 11 serait assez difficile d'éclaircir ce point, et ce n'est pas ici le lieu de l'essayer. L'Eglise célèbre la fête de Ste-Hélène le 18 août. Le P. Jean Pini (ou Pinius) a publié des Recherches critiques sur cette sainte dans dans les Acta sanctorum. Elles y sont accompagnées de sa Vie, par Alman , moine de l'abbaye d'Hautvilliers ; de Y Histoire de la translation de son corps dans cette abbaye; d'un Recueil des miracles qu'elle y a opérés, et enfin de son Office. Flodoard a écrit aussi YHistoire de la translation de cette sainte à llautvillicrs. W— s.

HELGAUD (en latin Helgaldus ou Helgaudus), moine français du 11' siècle, au commencement duquel il écrivait, était religieux à l'abbaye de St- Benoit sur-Loire (ou Fleuri) dès 1004, à l'époque où Gosselin, (ils naturel de Hugues Capet, suc-

doute* que fait naître la difficulté d'aialgner i chaque princew la médaille frappée en iob honneur, et le* documenta que noua avons ne aont pat aucx pteci» pour établir 4 e« aujet une règle

céda, comme abbé, au savant Abbon. Helgaud jouissait d'une grande considération, puisqu'il fut bien accueilli à Paris par le roi Robert , qui l'aimait tendrement. C'est à tort, suivant la Curne de Ste-Palaye , qu'on a regardé ce moine comme le simple abréviateur de l'histoire qu'il écrivit SOUS le titre suivant : Epilome vit* Roberti régis. Cet abrégé n'est tel que dans le titre; il est écrit d'un style diffus et présente une foule de détails sans intérêt; cependant il est utile à consulter et curieux à lire, à cause des particularités qui y sont rapportées, et dont pour la plupart l'auteur avait été témoin oculaire. On a encore de lui une sorte d'histoire de la fondation de l'abbaye de St-Benolt-sur-Loire, au 7* siècle. L'abrégé de la vie du roi Robert fut imprimé pour la première fois en 1577 avec la vie de Louis IX , par Guillaume de Nangis; puis en 1590, dans la collection de Pithou , tome 1 , et plus correctement dans celle de Duchéne, tome 4, en lOii . H y a lieu de croire que Vossius s'est trompé lorsque, sur la foi de Baronius, il attribue à Helgaud une Vie de l'abbé Abbon, mort au commencement du 11e siècle; les compilateurs si savants et si laborieux des Actes de l'ordre de St-Benotl n'auraient pas manqué d'en faire une mention expresse. Helgaud mourut le 28 ou le 20 août , probablement de l'année 1018. D— ■— s.

HEU , grand prêtre des juifs, descendait d'Ithamar, le second fils d'Aaron. Il succéda à Samson dans la souveraine judicature; mais il manquait de la fermeté nécessaire pour faire respecter son autorité par un peuple naturellement indocile; les livres saints nous apprennent que tout était alors dans la confusion, et que chacun, dans Israël, faisait ce qu'il jugeait à propos. Héli habitait Silo, ville de la tribu d'Ephralin , où le Seigneur avait un temple. Son grand âge l'avait obligé de se reposer d'une partie de ses fonctions sur Ophni et Phinée, ses fils, tous deux honorés du sacerdoce. Il se tenait souvent près de la porte du temple, assis sur un siège élevé, d'où il t endait ses réponses à ceux qui venaient le consulter. Les filsd'Héli, abusant de sa faiblesse, détournaient pour eux une partie de la chair des victimes destinées aux sacrifices, et introduisaient des femmes jusque dans l'intérieur du temple. Les chefs de famille lui portèrent des plaintes des désordres de ses enfants; mais ce père, trop tendre, les reprit doucement, et les engagea si faiblement à changer de conduite, qu'ils n'obéirent point Dieu alors suscita un prophète qui se présenta devant Héli, et lui prédit les maux qui devaient fondre sur sa maison. Héli reçut cet avertissement avec soumission , disant : Dieu est le Seigneur; qu'ii fasse ce gui lui est agréable. Bientôt après , ce père malheureux perdit la vue. Les Philistins, dont Dieu employait souvent le bras pour châtier son peuple, déclarèrent la guerre aux Israélites. Ceux-ci ayant été mis en fuite dans un premier , demandèrent que l'arche d'alliance fût

amenée dans leur camp. Héli céda à leurs instances, et ordonna à ses fils d'accompagner l'arche sainte. Le lendemain une nouvelle bataille s'engagea ; mais contre leur attente , les Israélites furent encore vaincus. Ophni et Phinée furent tués, et l'arche resta au pouvoir des Philistins. Un homme échappé au massacre , les vêtements déchirés et la tète couverte de poussière, accourut à Silo annoncer cette triste nouvelle. Héli, entendant que l'arche de Dieu avait été prise, tomba de son siège à la renverse et se cassa la tête. Sa belle-fille, l'épouse de Phinée, mourut de douleur en mettant au monde un fils, qui fut nommé Ichaboil. Héli était âgé de 98 ans, et il avait été juge d'Israël pendant quarante années. Les chronologistes placent sa mort à l'an 1159 avant J.-C. Le prophète Samuel lui succéda dans toutes ses dignités. W— s.

HÉLINAND (Dans ou Dan), l'un de nos plus anciens poètes, né au 1-2- siècle, à Pruneroi ou Prout-le-Roi , dans le Beauvaisis, mais d'une famille originaire de Flandre, eut de son temps une très-grande re'putation. Alexandre de Paris, auteur contemporain , rapporte que Philippe-Auguste le fit venir à sa cour , et qu'après le repas ilélinand chanta devant ce prince l'entreprise des Titans et leur défaite par Jupiter. C'est ainsi qu'Homère représente Phémius et Démodocus chantant à la table d'Alcinoùs et de Pénélope, et que Virgile nous montre Copas chantant à la table de Didon. Ce rapprochement si naturel entre les mœurs des temps héroïques et celles de nos pères a été fait par tous les écrivains de notre histoire littéraire. Hélinand, las3é du monde, embrassa la vie religieuse dans l'abbaye de Froidmont. Il se livra pour lors à des études sérieuses, et se conduisit d'une manière si édifiante qu'il mérita l'estime des plus illustres personnages de son temps. Il mourut le 3 février 1223, suivant la Monnoye (1). De toutes les poésies qu'il avait composées, et qui étaient en grand nombre, on ne connaît plus que les Vers de la mort. Antoine Loisel les publia en 1394, in-8°, mais sur un manuscrit défectueux; il y manque dix stances, et beaucoup de vers dans les trente-neuf autres. Le manuscrit de St-Viclorest complet : chaque stance y est de dix vers de huit syllabes. L'éditeur a fait précéder ce poème d'une lettre au président Fauchet , dans laquelle il a réuni tout ce qu'il avait pu recueillir sur la personne d'Hélinand : il l'a refondue depuis dans ses ilémoiret sur Beauvais. Le poème de la Mort est écrit d'un style trèsobscur, auquel les amateurs de l'ancien langage prêtent de la grâce et de la naïveté. On a reproché à Hélinand les traits satiriques qu'il s'est permis contre la cour de Rome ; mais les contemporain»

,1) En 1237, mirant let nouveaux Wlteun de la BibUotkiqut \ittoriquedt Franc*. D'autre* euleure la placent en mai» on tait qu'Hélinand rivait encore m ta 12, et probablement même en 12*9, car kl païalt qu'il prêcha cette année au concile de ToulouM.

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n'en étaient pas scandalisés , puisqu'on lisait ses vers avec édification dans les assemblées publiques, et les auteurs de Y Histoire littéraire de la Fronce (t. 9, p. 174) pensent que cette raison aurait dû engager le chapitre général de Clteaux à restreindre la défense faite aux moines d'exercer la poésie en langue vulgaire. Le plus important des autres ouvrages d'Hélinand est sa Chronique universel le . Le P. Teissier en a inséré la dernière partie, contenant les livres 43 à 49, et qui comprennent de 634 à 1204, dans le tome 7 de sa Bibliotheca Cisterciensis. L'abbé de Longuerue faisait un très-grand cas de celte chronique, et dit que ce qu'on en a publié est entouré de pièces de si peu de valeur que c'est la perle dans le fumier. La Monnoye pensait que si elle était imprimée en entier, on en trouverait la lecture fort divertissante. Brial trouve si peu d'ordre et de discernement dans les livres qui nous sont parvenus, qu'il ne regrette pas beaucoup la perte des autres (1). Le manuscrit original, qui était conservé à l'abbaye de Froidmont , a disparu. Il parait que les quarante-quatre premiers livres n'existaient déjà plus du temps d'Albéric des T rois-Fontaines , et Vincent de Beauvais en attribue la perte à la négligence de Guérin, archevêque de Sentis. Cependant il est question d'un manuscrit de la bibliothèque Coltonienne, renfermant les seize premiers livres, depuis la création jusqu'à Darius Nothus (2). Parmi les autres productions du même auteur, on cite encore vingt-huit sermons, dans lesquels il donna l'exemple d'entremêler des passages des auteurs profanes à ceux des livres saints; trois opuscules, conservés par Vincent de Beauvais, SOUS le nom de Fleurs d'Hélinand; une Vie de St-Géréon, et des autres martyrs de Cologne qui faisaient partie de la légion thébéenne, imprimée dans Surius; des Corrections du cycle de Denis le Petit, où il prouvait que cet auteur a placé la naissance de Jésus-Christ vingt ans trop tard; un Éloge de St-Bernard (3), et un Commentaire sur l Apocalypse. Hélinand avait, dit-on, (Hutoire littéraire de Fronce, t. 9, p. 184) une telle aversion pour Aristote, qu'il le mettait au rang des monstres de la nature. W— s.

HÊLIODORE, statuaire grec, est cité par Pline parmi les plus habiles modeleurs qui excellaient à exécuter en terre cuite des athlètes, des guerriers, des chasseurs et des sacrificateurs. On peut estimer, d'après le nombre, le genre et la renommée de ses ouvrages , qu'il a dû vivre dans les beaux jours de la sculpture grecque. Du temps de Pline, on voyait à Rome, aux portiques d'Octavie, le chef-d'œuvre d'Héliodore : c'était un SympUgma. c'est-à-dire un groupe représentant une lutte de Pan et d'Olympe; ce morceau n'avait d'égal dans

|1 Notice turlavUttUt ouvraau d'Hélinand, lue I , l'inetttut le 3 mare 1816. \Bxpo*é dt» travaux dt ta etau* d'huloxrt, Juaqu'audO juin 1816, p. W.|

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