‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 19 sur 106 · REM · texte numérisé non relu

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tement, et l'année suivante à celle de membre du jury des arts. L'an 9 , de la vice-présidence du tribunal civil , il passa au fauteuil de juge au tribunal criminel. Henkart , dans ces différentes charges, montra constamment les talents les plus distingués, la probité la plus sévère, et ne transigea jamais avec ses devoirs, qualité bien rare dans ces temps révolutionnaires. Porté en l'an 7 et en l'an 12 candidat au corps législatif, il fut proclamé candidat par le collège électoral de l'Ourthe le 9 décembre 1808, distinction honorable qu'il ne dut ni à l'intrigue ni à la bassesse. La réorganisation du pouvoir judiciaire en 1810 laissa Ilenkart sans place; il dut cette disgrâce à l'indépendance de son caractère et à l'intégrité de ses principes, qui l'empêchèrent de voler pour le consulat à vie et pour l'établissement de l'empire. Nommé procureur du roi en 181 i, par le gouvernement prussien, il remplissait ces fonctions difficiles, quand, le 9 septembre 1815, il expira frappé des coups d'une maladie grave et cruelle. Henkart écrivait avec facilité, son style était pur, gracieux , élégant , et la poésie était pour lui un délassement plutôt qu'un travail. Il est à regretter que beaucoup de ses poésies, soient restées en portefeuille, entre autres YEpitre aux femmes, qui est fort belle et où l'on remarque cet esprit fin et orné, ce ton de politesse et d'urbanité qui font le charme de la vie. Henkart était de plusieurs sociétés savantes et littéraires; outre les ouvrages cités dans la notice, on a encore de lui : 1» La liberté nationale, poê*me, Liège, 1782, in-4° de 16 pages; 2° A Grétry de retour chex 1er siens, stances insérées dans le procès-verbal de la séance publique de la société d'émulation de Liège du 23 décembre 1782, p. 1-11 ; 3» Le bois de Quinquempois, idylle, 1784, in-8°; 4e la plupart ;de« poésies de notre auteur ont été recueillies dans les Loisirs de trois amis ou opuiculcs de Reynier, Bassençe et Henkart, Liège, 2 vol. in-8°. Elles occupent les pages 90 à 140 du deuxième volume. L — l — t.

HENKE (HcNRi-PaiLirPE-CoNfUD}, fameux théologien protestant, né en 1752, à Hehlen, dans le duché de Brunswick, perdit son père, aumônier de la garnison de Helmstaedt , à l'Âge de dix ou douze ans. Elevé à Helmstaedt, il ne se fit remarquer que lorsque le professeur Schirach l'eut associé à la rédaction de son journal latin. Nommé professeur en théologie à l'université de sa ville natale , il fut élevé à la première dignité ecclésiastique de son pays en 1786 (celle d'abbé du couvent de Ktfnigslutter), et fait vice-président du consistoire de Helmstaedt. Il a publié un grand nombre d'ouvrages de théologie, d'exégèse sacrée et d'histoire ecclésiastique , sans renoncer à des recherches de philologie profane, pour lesquelles il eut toujours un penclianl marqué. Sa franchise, son zèle exempt d'intolérance, l'originalité de ses vues et la précision énergique de son style, lui ont fait un nom parmi les théologiens allemands

I du 18» siècle. H a été rédacteur principal de i quelques recueils périodiques, tels que le Musée pour la sdence de la religion , Cexêgise et thistoire I ecclésiastique, Helmstaedt, 1793-1801; les Arj chices de thistoire ecclésiastique des derniers temps, \ Weimar, 1791-99; Annales de la religion, 1800-02 j Eusebia, Helmstaedt, 1796 et 1800; ouvrages qui I ont avancé les progrès de plus d'une branche des sciences théologiques. Mais ses deux principales productions sont: une Histoire de l'Église, en j 5 volumes in-8°, qui a eu plusieurs éditions, et dont l'abrégé, qu'il avait laissé incomplet, a été terminé par le savant J.-S.Vater, 1810, in-8»; et ses Lineamenta institutionum Jidei Christian* , Helm- | slaedt, 1793, 1795, in-8°, ouvrage dont le but est d'éliminer de la théologie chrétienne toute doctrine étrangère aux théories de religion rationnelle accréditées dans les écoles philosophiques depuis les temps de Leibnitz et de Wolf. Dans la préface il s'élève contre ce qu'il appelle deux erreurs ou superstitions pernicieuses, la Christolatrie , ou l'adoration superstitieuse de Jésus-Christ , et la Bibliolatrie , ou la vénération exagérée pour la lettre de l'Ecriture sainte. Si Henkc n'eût pas 1 prêté serment sur les symboles de l'Eglise luthé- 1 rienne, et joui de revenus ecclésiastiques consij dérables, conférés sous la condition tacite ou expresse de fidélité aux dogmes adoptés par la majorité des fidèles de la confession d'Augsbourg, ou s'il avait, comme cela se fait en Angleterre, quand un changement d'opinion engage un ceclé- I siastique à se séparer de la communion dominante, renoncé à ses bénéfices pour se dévouer J à ce qu'il croyait être la vérité, on pourrait, dans ce langage, reconnaître quelque courage et priser sa loyauté. Ce n'est pas ainsi qu'en avait agi Luther, qu'il s'était proposé pour modèle. U mourut d'épuisement, le 2 mai 1809, à la suite d'un voyage qu'il avait fait à Paris, comme député des états de Brunswick. Il a laissé des cours d'exégèse de la Bible, dont la publication mettrait dans un plus grand jour la profonde connaissance qu'il avait des langues anciennes, et l'esprit de critique qui le distinguait. Il a lui-même écrit sa vie : on la trouve, ainsi que son portrait, dans le Magasin pour les ministres de l'Evangile, par J.-R.-G. Beyer, 1. 10, p. 106-112. S — r.

HE.NKEL (Jean-Frédémc), habile chimiste et minéralogiste saxon, naquit à Freiberg, en 1679. Il étudia d'abord la médecine et l'exerça pendant quelque temps; mais il abandonna cette science, dans la suite, pour se livrer exclusivement à la chimie et à la minéralogie. Le roi Auguste II le nomma conseiller des mines; et Henkel, dans cette fonction , se rendit utile à sa patrie de différentes manières. La manufacture de porcelaine, à M tisse n , doit surtout à ses procédés chimiques la réputation dont elle a joui depuis près d'un siècle. Ce laborieux chimiste mourut le 26 janvier 1744. Il laissa une riche collection de fossiles et de minéraux , qui a été transportée à

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St-Pétersbourg. Comme botaniste, Henkel a en quelque réputation pour son talent dans l'analyse chimique «les végétaux. Les principaux ouvrages qu'il a publiés, et qui tous se sont fait remarquer • ar l'esprit d'observation qu'on y trouve, sont : i" Fiora saturnitans. ou f affinité du règne végétal et du régne minéral, arec un appendix sur le kati genicuiatum . et une couleur qu'on m prépare, et gui ressemble à l'outremer. Leipsick, 1722, in-8", avec 9 planches; ibid. , 1755, in-8", avec fig. L'auteur cherche à y établir que la fermentation et la cristallisation sont les seules cames de la végétation, à peu près comme Tournefort croyait voir une végétation dans les stalactites de la grotte d'Annparos. - Pgritologia , OU Histoire naturelle de la pyrite, avec une préface sur l'utilité de l'exploitation des mine*, surtout dans ta Saxe électorale, Leipsick, 1725, in-80, avec 3 planches; ibid., 1754, in-i°. Cet ouvrage a été traduit en français par le baron d'IJolIwich : on y a joint la Flora saturnizans et les opuscules roinéralogiques, Paris, 1700, deux parties ua-À". 5° Betkesda portuosa. eu 4es Faux salutaires a la constipation d'une tongue rie, surtout Us eaux minérales de Lauchslaedt et ctlles de Fretberg, avec de nouvelles déconcertes d'après £ histoire, la chimie et ta médecine, FreHierg, 1724S, in-8*. Cet ouvrage est fort estimé. 4° Opuscules miuérulogiques et chimiques , avec une pn/ace sur tes sciences des mines, au profit de l'Etat, et avec des notes ; publiés par C.-F. Zimmermann, du consentement île l'auteur. 5" Htnkelius in mmeredoy» reétcivus, I ou Introduction i la minéralogie ; publié par J.-E. Stepbsni, «(très la mort de l'auteur, Dresde, 1747, im-è°; ibid., 1759, in-8°. Cet ouvrage a éga-lemeot été' traduit en français par le baron d'Holbach, Paris. 175G, 2 vol. in-12. H traite principalement de la connaissance des eaux , des sues terrestres, des sels, des terres, des pierres, des minéraux et des métaux , etc. WailorHis cite cet ouvrage pour sa nouvelle division des minéraux , et le nomme le précurseur d'un meilleur ordre systématique du règne minéral. fi — n — u.

III. MU. L (JoACNiM-FKÉa&uc), habile chirurgien, né à l'reussich-ilolland , le 4 mars 1712, reçut de son pèie les premières leçons de son arL A l'âge de dix-neuf ans, il continua ses études à Berlin, accepta , pour trois ans , la place de chirurgien de compagnie dans.un rJgiment prussien, et s'y distingua tellement que le roi Frédéric-Guillaume b* l'envoya à Paris, comme pensionnaire, pour s'y perfectionner. Henkel y profita des leçons des plus célèbres médecins français, et s'applii|ua surtout à l'étude de l'art des aecouchemeuts. Revenu à Berlin , après deux ans d'absence , il fut nommé par le roi, qui l'examina lui-même, chirurgien en chef d'nn régiment de ses gardes. Après la première campagne de Frédéric H en Silésie, à laquelle il assista avec son régiment, Henkel donna des leçons publiques de chirurgie à Ikelin : mais il n'avait pas fréquenté d'université allemande; il n'avait pas reçu le degré de docteur,

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et le préjugé régnant lui suscita beaucoup de contrariétés. Il soutint alors, en 174-1, à Francfort-sur-l'Oder, sa thèse, De cataracia crgttatlina vera . et fut reçu docteur. Au retour de la seconde campagne de Silésie, il renonça entièrement à sa place de chirurgien en chef à l'armée , (tour Oter , à ses adversaires tous les moyen» de le chicaner; et se dévouant uniquement à la pratique et à renseignement, il forma, par ses leçons, beaucoup d'excellents chirurgiens. Henkel mourut à Berlin, le 1" juillet 1779. Il acquit une grande réputation , car il était très-heureux dans ses cures : l'art d'accoucher a été perfectionné par lui en Prusse; et on peut le regarder comme un Aes meilleurs observateurs en médecine et en chirurgie. Du reste sa manière d'écrire est des pins incorrectes , et annonce qu'il avait entièrement négligé les connaissances préliminaires les pin? indispensables ; mais tous ses ouvrages renferment des choses neuves et ut des. Il a publié tant en latin qu'en allemand : 1° Ht contracta cryit.itlmti vera, Francfort-sur-l'Oder, 1744, in-4° ; 2° Wecueit d'observations médicales et chirurgicales , Berlin , 1747, 1763, 8 numéros m-4°; 3" Observations sur Us accouchements difficiles. Borlio, 1751, m- 4» ; i° Instruction pour perfectionner ta science de,bandages, ibid., 1736, in-8-, avec 14 planches; ibid . , 1767 , in-8°; 5» Dissertation sur les fracture* et Us entorses, ibid., 1739, in-8°, avec fig. ; 6° Dissertatiun sur fart des accouchements. Ibid., 1761 , in-8», avec fig.; 3» édition, ibid., 1771, in-8", arec fig. Cet ouvrage est une traduction libre éV celui de Boeder. 7° lie l'effet des médieamtnls extériemrs tur U corps humain, avec un appendix , Berlin, 1765, in«8°; 8° Nouvelles obsenwtions médicales et cfùrurgioales, Berlin et Stralsund, 1709- 1772 , 2 numéros in-8» , avec fig. ; 9° tlistertationt sur des opérations chirurgicales, Berlin, 1770-1775, huit parties in -8°, avec Itg. ; 10° Oes accouchements dans lesquels l'enfant se présente par Us pieds, et qui exigent beaucoup d'adresse de U part 4e l'accoucheur , ibid., 1775, in-8°. B— h — o.

HEM LE Y (Joua), plus eou nu sous le nom de l'orateur Uenteg, naquit en 1691 , a Melton-Moobray , au comté de Leicestcr. U acheva ses études à l'université de Cambridge, où il montra un esprit porté à la chicane, et la prétention de réformer entièrenient le système de l'éducation académique. Appelé à diriger l'école de son pays natal , il la mit en réputation par sa méthode d'enseignement. Il entra ensuite dans les ordres; mais jaloux de déployer ses talents sur un grand théâtre, il abandonna sa cure et son école, et vint à Londres, déjà connu par un poème sur Esther et par une Grammaire universelle, où il donnait les éléments de dix langues différente;. Il publia successivement la traduction des Lettres de Pline, de quelques ouvrages de Vertot , etc. : mais sa principale occupation était de prêcher; 1 se vantait d'avoir considérablement perfectionné l'élocution et l'action oratoire. La foui»

qui se pressait à ses qui fait dire à Tope :

était

Sjill breaV thc bonrhe», Uenley 1 wlth thy rtraln WhiV Krnnrt. H»r»> a»d Gibeon prearh In rein.

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(Corrtlnne, Hrnfcrr' (Psttlrvr la foolp pur tnn éïoqwnee, taadn que Kcnna, Hue et Gibeon prêchent dan* le désert.)

liais son auditoire n'était guère composé «l'abord que de geusdes dernières classes du peuple : il ne se bornait pas à lear prêcher l'Évangile et La morale; ses semions étaient en même temps des leçons lionnes ou mauvaises sur les arts et métiers. Les dimanches , il parlait sur des matières theo logiques , et les mercredis sur toutes les sciences. Il avait, dit-on, réussi à attirer un nombreux concours de cordonniers, en annonçant qu'il leur enseignerait à faire une paire de souliers en quelques minutes : sa méthode se réduisait à couper les tiges des bottes pour en faire des souliers. La mode amena cependant par la suite à son oratoire les meilleures sociétés de la capitale : U distribuait à ses souscripteurs, au lieu de billets d'entrée, des médailles représentant une étoile qui se lève au midi, avec celte devise : Adtumnvi, et de l'autre coté, inceniam tiam nul fatin «Chaque auditeur paye un sou. - Il mourut en iT.'iii. Uenley était l'auteur anonyme d'un journal hebdomadaire, intitulé U Docteur Hyp; ce n'est qu'un tissu de galimalhias, pour lequel U recevait de sir Robert Walpole cent livres s terbug par an. On a aussi de lui des Mémoires sur lui-même . où son amour-propre s'est mis à l'aise d'une manière assez origiuale. Il avait fait circuler à ce sujet, en octobre 1726, le billet suivant : « Ayant été menacé, par «liderenles lettres n anonymes, de la publication d'une histoire dé- « taillée de tua >ie et de mon caractère, si je ne - fermais pas mon oratoire , j'avertis ici ceux qui « ont formé ce projet d'écrire ma vie» de se bâter, sans quoi ils auront perdu leur temps, car je « l'écris moi-même. « U promettait, daus un de ses avertissements, de donner « une vue générale « du beau mouds, dès le temps qui précéda le dé- « luge de Noé jusqu'à l'an 1729. •> Uenley , avec toutes ces belles promesses» ne fut qu'un fou ou un charlatan. Il avait une voix forte, un langage abondant, un air magistral, et surtout une nuperlurbable impudence. Ayant été appelé à coure devant le conseil privé, comme on lui dait nombre d'expressions injurieuses «rn'il avait appliquées à des personnes eu place, il répondit hardiment : • Milord, U faut que je vive. • Le lord Cucslerlield lui «lit : « Je ne vois aucune « espèce de raison pour cela, et j'en, vois plu* • sieurs contre, a Cela lit rire : Ileuky, irrité, observa que le mot était bon, mais qu'U avait été dit auparavant. Hogarth, dans deux de set caricatures, et Pope, dans sa Dumriade, ont donné à ce burlesque orateur une célébrité digne •de lui. X— s.

UENLEY (Aktoike), écrivain anglais, dune

bonne famille du Hampshire, étudia à Oxford, et vint ensuite à Londres, où, riche de tous les avantages que donnent l'esprit, l'éducation et la fortune, il se Si bientôt remarquer à la cour «le Guillaume 111, où il acquit une influence secrète sur les affaires de l'État ; mais son indolence, son penchant a la galanterie, et son goût pour la littérature, ('éloignèrent des grandes places auxquelles il aurait pu s'élever facilement s'il avait eu puis d'ambition. U se montra constamment te protecteur des lettres; el il y a peu d'auteurs contemporains qui n'aient éprouvé sa générosité. Aussi était-il l'objet d'une fou!e de dédicaces, qu'il savait toutefois, en les payant, apprécier à leur juste valeur. Après avoir mené «l'abord une vie assez dissipée, il se maria dans un âge mûr, et, avec un caractère plus grave, siégea «lans le parlement d'Angleterre, comme représentant d'Amlover, de Weymoulh et de Meîcombe-Regis au comté de Dorset : il mourut en 1711. Antoine Uenley joignait à un esprit orné un goût délicat, non-seulement en littérature, mais en musique, où son opinion «lonnait en quelque sorte le ton. Il connaissait parfaitement la théorie «le cet art, chantait bien, et jouait de divers instruments. On a de lui quelques ouvrages publies sous le voile de l'anonyme, des poè'mes lyriques, et nombre de morceaux insérés dans le Tt.l/tr et dans le Ueddley. Un de ses fils, Robi rt Uenley, fut créé, en J7G0, baron et garde du grand sceau, grand chancelier en 17G1 , et comte «le Northinglon en 17Gt. X-s.

HEMNEDCRT (Jban-IUptistk) naquit à Mesdin le 21 août 1726. Il fil ses études au coll :ge «le St-Omer, et embrassa avec ardeur l'état eceleV siastique; jeune encore il fut nommé chanoine de l'église de St-Omer. Ucnnebert débuta dans la carrière littéraire par des pièces de poésie et un mémoire sur les Causes de la dérndmre dm cummerre d'Iiesdin. avec Us moyns d'y remédier et de l'ett iuire; ce travail fut inséré dans 1rs -Innonces des Pays-Bits français de l'année f7Gl . Trois ans plus tard, Ucnnebert fit paraître à Lille un volume in-12 intitulé Du plaisir ou du moyu de se rendre heureux. Hennebert s'était aussi passionné des sa première jeunesse pour l'étude «le l'histoire naturelle, el il publia eu 1770, à Paris, un ouvrage en 7 volumes in-12 sous ce litre : Cours d'histoire naturelle, qui comprenait les <|uadrupèdes , les poissons et les insectes. Mais c'était surtout à l'histoire de sou pays qu'llennebert avait consacré ses loisirs; depuis plus de vingt ans il amassait des matériaux, foudlait dans les archives, puisait, en un mot, à toutes les sources auxquelles il pouvait avoir accès. Enfin parut le premier volume de son Histoire générale de la province d'Artois, Lille, 1786; les deux autre» suivirent à peu de distance; le deuxième en 1788, à Lille, et le troisième chez Boubers, à Sl-Omer, en 1789. Cette histoire ne s'étend que jusqu'au du 15* siècle. Uenuebert

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le 13 avril 1798. Le travail de cet auteur est encore le plus complet sur l'histoire d'Artois. Z.

HENNEPIN (Louis), missionnaire récollet, e'tait né en Flandre vers 16i0. Son inclination pour les voyages le conduisit en Italie : il Tut ensuite prédicateur à Hall en Hainaut, et passa dans un couvent de l'Artois, d'où on l'envoyait faire la quête en divers lieux , entre autres à Calais et à Dunkerque. Les récits des marins, qu'il eut occasion d'entendre, fortifièrent son goût pour b:s courses lointaines; aussi ce fut avec joie qu'il accepta la mission de Hollande. Il revint par Maastricht, accepta les fonctions d'aumônier de régiment, et les exerça même à la bataille de Sencf. Après avoir affronté plus d'une fois les hasards de la guerre, il fut envoyé à la Rochelle, où il s'embarqua pour le Canada. 11 arriva, en 1675, à Québec, et ne resta point oisif: il prétend que ce fut durant le séjour qu'il fit au fort Frontenac ou Cataroconi, dont il avait fondé le couvent, qu'il conçut, par la lecture des voyages, le dessein de pénétrer par l'Ohio jusqu'à la mer, vers le cap des Florides. Il eut occasion de satisfaire ce désir, en recevant une invitation du provincial d'Artois d'accompagner l.asalle dans les découvertes tjue celui-ci allait ( nlreprendre, avec l'autorisation du roi (roy. Lasalle). Ils partir nt le 18 novembre 1078, et passèrent l'hiver près de Niagara. Henm pin retourna au fort Frontenac y prendre deux autres religieux pour l'aider dans ses travaux : ils voyagèrent dans les grands lacs du Canada jusqu'à Michillimakinac, où ils arrivèrent le 26 août 1679. Ce lieu était alors bien peu fréquenté; ils entrèrent dans le lac Michigan, et gagnèrent la rivière des Illinois , sur les bords de laquelle ils bâtirent un fort. Divers contre-temps forcèrent Lasallc à retourner à Frontenac. Avant son départ, il détacha Hennepin , avec une autre personne, pour continuer la découverte du grand fleuve Meschasipi, dont les sauvages leur avaient parlé. Henn pin partit le 28 lévrier 1680; il raconte qu'il descendit de la rivière des Illinois dans le Meschasipi, et suivit le cours de celui-ci jusqu'à la mer; qu'il le remonta ensuite jusqu'à un saut qu'il a décrit le premier , et qu'il nomma saut de Saint-Antoine; qu'il fut pris par des sauvages qui le promenèrent de côté et d'autre jusqu'au quarante-sixième degré de latitude. Après huit mois de séjour chez des peuples auxquels ses connaissances en chirurgie l'avaient rendu trèsprécieux, il fut délivré par des Français arrivés du Canada. Il passa l'hiver à Michillimakinac, et fut de retour à Québec le 5 avril 1682. Ramené en Europe, il y publia la relation de ses courses. Il fut ensuite nommé gardien du couvent de Renty en Artois, refusa de retourner en Amérique, et, par suite de plusieurs désagréments, se relira en Hollande en 1697 , avec la permission de ses supérieurs. II s'était fait des protecteurs à la cour de Guillaume III. Ils parlèrent à ce prince du manuscrit d'Ilennepin, qui apprit que son tra-

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▼ail était agréé, et que l'on serait bien aise qu'il le publiât. Malgré cet accueil, il trouva des obstacles pour l'impression d'une nouvelle édition de son livre. Quoique Hennepin eût pris l'habit séculier afin de parcourir la Hollande, il ne parait pas qu'il ait renoncé à sa religion ni à ses vœux ; car il joint toujours à sa signature la qualité de missionnaire récollet et notaire apostolique. On a de lui : 1° Description de la Louisiane nouvellement découverte au sud-ouest de la nouvelle France, avec la carte du pays. Us mœurs et la manière de vivre des sauvages, Paris, 1683, 1 vol. in-12; ibid., 1688; traduit en italien, Bologne, 1606, in-12; et en allemand, Nuremberg, 1689, in-12. Cette relation est dédiée à Louis XIV. Hennepin s'y montre adulateur, et se qualifie sujet du roi de France : elle contient les diverses courses de l'auteur, et devrait être intitulée voyage plutôt que description. Elle ne renferme rien sur la découverte du Meschasipi; de sorte qu'elle offre de l'obscurité dans la partie qui traite des aventures de l'auteur avant de remonter le fleuve. Étant en Hollande , il fit parattre une relation intitulée 2° Nouvlle découverte <fun très-grand pays situé dans l'Amérique, entre le Nouveau-Mexique et la mer Glaciale . etc. , Utrecht , 1697,1 vol. in-12, fis- ; Amsterdam, 1698; ibid., 1704, 1711, 1720, avec les Voyages du sieur Laborde aux Iles Caraïbes. Dans cet ouvrage, l'auteur donne le récit entier de ses courses, et explique les motifs qui l'ont empêché d'en parler avec un aussi grand détail dans le premier. Il ne voulait pas désobliger Lasalle, ni lui ravir de son vivant la gloire de la découverte du Meschasipi. Il publia la suite de ce livre sous ce titre : 3° Nouveau voyage dans un pays plus grand >/ue l'Europe . entre fa mer Glaciale et le Nuuveau-Mexique , depuis 1679 jusqu'en 1682, avec les réflexions sur tes entreprises du sieur Lasalle, Utrecht, 1698, 1 vol. in-12, fig.; traduction allemande, Brème, 1697, in-12, fig. Cet ouvrage et le précédent sont dédiés à Guillaume III, que le bon récollet flatte comme il avait flatté Louis XIV ; il l'invite de même à faire prêcher la foi dans les nouveaux pays. C'est comme sujet du roi d'Espagne, et avec sa permission, qu'il se présente au roi d'Angleterre. Dans sa préface , il répond à ceux qui lui avaient fait des reproches de ce que, religieux de Saint-François, il souhaitait qu'un roi prolestant lui facilitât la promulgation de l'Évangile; à ceux qui avaient trouvé extraordinaire qu'il eût mis si peu de temps à descendre et à remonter le Mississipi; enfin à ceux qui avaient mis obstacle à l'impression de ce dernier ouvrage en disant aux libraires hollandais que ce n'était qu'une réimpression du premier, dont ils avaient tu une traduction flamande. Sa justification sur tous ces points, notamment sur le dernier, est très-plausible : en effet, ce troisième ouvrage ne contient que la relation de l'entreprise de Lasalle et la description des mœurs des sauvages. Ces trois produc-

tions dUennepin font suite l'une à l'antre; elles présentent peu d'intérêt sous le rapport de la géographie, quoique ce religieux soit le premier Toyageur qui ait remonté si haut le Mississipi. Dans son second ouvrage, il parle d'une rivière venant de l'occident , qui lui partit presque aussi grosse que le Meschasipi où elle tombe. Le tableau qu'il fait de la source , d'après les récits des sauvages, s'accorde parfaitement avec ce que l'on a su récemment sur les sources du Missouri. Hennepin est parfois crédule ; mais il ne mérite pas tous les reproches que lui adresse CharlevoLx. Ce dernier était sans doute choqué de la liberté avec laquelle le récollet parlait du peu de fruit qu'on pouvait espérer de la prédication de la foi aux sauvages; des accusations de cupidité que l'auteur fait tomber sur les jésuites et de son assertion que les Iroquois aimaient tendrement les religieux de Saint -François, parce qu'ils les voyaient vivre en commun , et ne rien posséder en particulier. I.c second ouvrage d'Hennepin se trouve dans le tome 9, et le troisième dans le tome 3 du Recueil de voyages au nord. On en a retranché les préfaces et les éplires dédicatoires. Ce que les livres de ce missionnaire offrent de plus curieux, c'est le tableau de la vie des sauvages : il les connaissait bien, ayant vécu plusieurs mois parmi eux. Quelques écrivains ont profité de son travail sans le citer. E — ».

HENNEO.UIN (Jea.n), né en Champagne, économiste financier du 16» siècle, auteur du Guidon général det finances. On sait peu de choses de la vie de ce personnage, omis par tous les biographes. Son titre unique à la mémoire des hommes, son Guidon, après avoir obtenu, de 1384 à 1644, huit éditions successives, était tombé dans l'oubli, lorsqu'un savant économiste belge, M. Heussling, l'a remis en lumière et en a fait l'objet d'une notice, lue à l'Académie des sciences morales et politiques le 24 septembre 1853. Nous empruntons à ce document les renseignements ou plutôt les conjectures qui suivent sur Jean llennequin. François Blanchard ( les Présidents A mortier du parlement de Paris. Paris, 1647, in-fol.), à propos de messire Pierre llennequin, chevalier, conseiller du roi en ses conseils, président en sa cour du parlement de Paris, et Moréri d'après Blanchard (t. 3), donnent la généalogie historique des diverses branches de la famille Hennequin, originaire du comté d'Artois. Sous le règne de Philippe-Auguste, quelques familles de Flandre, et enlrc autres plusieurs descendants de Baudouin Hennequin, qui vivait en 1196 et s'était distingué dans les croisades, passèrent en France : les uns s'établirent en Champagne; une autre branche s'implanta en Lorraine, à Bar-Je-Duc. Il reste des monuments de la piété, et de la libéralité des Hennequin à Lille en Flandre et à Troyes en Champagne. Jacques llennequin , docteur et lecteur en théologie de la maison et société de Sorbonne, fils de Jean Hennequin et de Marie Ange-

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nost, légua en 1631 sa bibliothèque à la ville de Troyes. Notre Jean llennequin descendait, selon toute vraisemblance, de ces Hennequin de Champagne. L'un d'eux, Jean Hennequin, sieur de Cury etGénicourt , baron de Villepinte, conseiller du roi et maître ordinaire de sa chambre des comptes, plus tard grand audiencier et intendant des finances, mourut le lî janvier 1379. Le Guidon général des finances est dédié à M. de Saint-Yon , conseiller du roi et mattre ordinaire en ta chambre des comptes du pays de Normandie établie à Rouen. Jean Hennequin rappelle les voyages qu'il a faits naguère èt Unies et Pays-Bas avec M. de Saint-Yon. On peut conjecturer qu'il l'avait suivi à la chambre des comptes de Normandie , où il semble avoir lui-même exercé des fonctions actives; car, dans l'avertissement au lecteur, Jean Hennequin nous apprend : qu'il ne voulait d'abord composer son livre que pour son propre usage et celui de ses amis; qu'il a mis par écrit ce qu'il a vu pratiquer en la chambre «les comptes depuis huit ou dix ans, cl enfin qu'il n'a pu faire son livre qu'en travaillant pendant dixhuit mois à des heures dérobées. Ce qui nous autorise à rattacher Jean llennequin à un corps constitué, c'est l'énuméralion qu'il fait des ressources dont il a pu disposer : il confesse qu'il a recueilli certains chapitres « de plusieurs person- « nages savants qui les auroient faits longtemps « jà , » et « les autres, ajoute-t-il, je les aurois « dressés et couchés selon mon petit jugement, « comme m'en seront témoins une vingtaine de « jeunes hommes qui auroient vu la méthode ■ dont j'y ay procédé. » Jean llennequin était déjà avancé en âge en 1384 , lorsqu'il dédia son livre à M. de Saint-Yon; il s'excuse d'offrir à son protecteur un ouvrage imparfait par la crainte de mourir avant de lui avoir donné un témoignage public de sa reconnaissance. En effet le temps lui manqua de publier, comme il en avait annoncé le dessein , un petit livre par dialogues contenant tous les abus faits aux finance» du roi. Le Guidon général det finances embrasse toutes les parties des finances de la monarchie et leur administration. Il y est traité de l'origine du domaine des rois de France, des droits qui y ont été joints et de la différence qui existe entre eux; des formes à observer par les receveurs et trésoriers pour la vérification des comptes de recettes et de dépenses; des devoirs et obligations des intendants des finances, des chambres des comptes, des trésoriers et des contrôleurs gé-

| néraux; le tout est accompagné des ordonnances royales, des arrêts des chambres des comptes et des instructions administratives qui s'y rapportent. Jean Hennequin en donnant aux financiers un ouvrage didactique et complet sur des matières embrouillées qu'avant lui les auteurs ,

I tels que Lemaistre, Chopin , Bacquet , Dr combes, Froumenteau, Jean le Grand, Philibert Boyer,

I n'avaient envisagées qu'à des points de vue spé-

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etaux et restreints, a comblé heureusement une grave lacune. Son livre eut dans son temps une gronde utilité pratique , et conserve pour l'bistsire un intérêt de premier ontrr. Le Guida* de» finances^ publié pour la première foi* en 1584, a eu huit édition» successives en 1585v 1586, 1594, 1601, 1«05, 1610, 1031, 16-14. Vincent Gelée, correcteur «tes comptes, réfui» le Guulon par des noies qui, d'abord imprimées à part, sut été jointes à l'édition de 1504 et aux édition* suivantes. A. U —

HKNNEQU1N (Anus) était originaire de Troyes, et issu d'une famille que Henri lu" appelait la race ingrate. Devenu évêque de Rennes par la protection des Guise, il se prêta docilement à tontes leurs vues» et ne négligea rien pouc seconder leur ambition criminelle. Actif et factieux à une époqne où le clergé oublia trop ses devoirs et méconnut l'esprit de l'Évangile, bennequin se trouva en 1589 à ces barricades tpu soumirent la ville de Henné* au due de Mercaur. Il contribua puissamment, par son Panégyrique des deux martyrs, prononcé à Notre-Dame de Paris, à exalter l'esprit drs fanatiques en faveur tut la Ligue, et à les aigrir contre l'autorité du roi. Heu de temps après, et pet» prix de son dévouement à un parti qui priva si longtrmp» la France de cet Henri IV dont le nom a quelque chose de si doux et de si touchant poue le* véritables Français , Hennequia fut nommé président du conseil des quarante, formé par le duc de Mayenne. 11 fui aussi désigne pour l'archevêché de Reiras. Il mourut en 1806. Ses ouvrages, peu nombreux, sont devenus très-rares : 1° Confissions de St-Augu*tin, traduites en français* Paris, 1577; Lyon, 1618, 1 vol. in-8°, conUaant seulement le* dix premiers livre»; 2» Bnvit descriptio et interprétât» cetnmommnim in sarrifuio âitssat. 1579, 1 vol. in-1î, etc. On trouvera dan* trois Discours, écrits en latin, et qui suivent ce traité, le* principes séditieux qoe De tarda pas à adopter la Ligue : il y applique à thailes IX, qu'il préconise comme auteur du massacre de la St-BarthéUwy, ces paroles de St-Anibroise au sujet de Théodose, auteur d« massacre de Tbessaloniquc : l'ir qnem tix pots»' mus inreuire. 3» Jean de i'terson. de limitation d* Nostre Seigneur Jésus -CArut, noueeUetnrnt rereu, (orngé et augmenté. Paris, 158£, in -16. Cette traduction représente plus ou moins le texte de l'ancienne version de Toulouse sous le nom de Gerson; et elle a préparé les voies à celle de Michel M nillac, dont une strur époiuia un frère d'Aymar, René IIetocquim, inallre de» requête*. — H tara- <Kji» (JérOac),. .'lUtre frère d'Aymar, et comme lui .zélé ligueur, fut conseiller au parlement île Paris; il avait publié un recueil de sonnets, intitulé tes Regrets mr Us misères advenues par Us guerres c'mUs de France, Paris, Dupré, 1569, 1 vol. in-4°. 11 occupa quelque temps le siège épiscopal de Soissons. D— d s

iiUYNLyi L\ ,w*.s„ chanoine de Troyes," sa

patrie, docteur et profe&seur de Sorbonne , était un de* homme* le* plus habiles de la faculté, bien supérieur aux Duval et aux Ysambert , se* collègues. Le célèbre François Pithou disait qu'il tenaitlieude la Sorbonne entière. 11 était lié avec la fameux Lauuoi, dont il partageait les. sentiments sur les opinions théologiques. Le cardinal de Richelieu l'ayant appelé, avec plusieurs autres théologiens, pour avoir leur avis sur le mariage de Gaston d'Orléans, que l'éminence voulait faire déclarer invalide , Hennequin, avant d'opiner, regarda derrière La tapisserie. Le cardinal étonné Lui en demanda la raison : m C'est pour voir, dit « le docteur, si nous sommes en sûreté. ■ Après eette précaution,, il répondît, conformément à son senti menl sur le droit des souverain* de mettre des empêchement* dirimant* , que le mariage était valide; « mais que le roi , ajoula-

• t-il , fasse du défaut de son. consentement un > empêchement dirimant pour la suite, et alors

• ces mariages strout nuls. » Hennequin avait formé une bibliothèque de dix à douze mille volumes bien choisis, qu'U légua à sa patrie, pour être rendue publique , en assurant une peusion pour le bibliothécaire et pour l'achat de nouveaux livres (1). U fonda de* lit* à l'hôpital de Troyes pour des incurables, et mourut dan* cette ville en 1660, âgé de 85 ans. U fut enterré auprès de MM. Pithou. — Claude Ueuxequs . vicaire général d'Albi, ensuite chanoine de l'église de Par», était de la même famille que le précédent. 11 a donne' au public une édition de la l'ulgate. avec des notes, de* tables historiques, géographiques et chronologiques, 1731 . 2 vol. in-fol. ; un Mémoire sut les libertés de l'Église gallicane, 1714, in-lZ; de* Lettres au cardinal de Rohan sur le* affaires delà bulle Unigenitus. etc. T— Ik

HKNNKOtJIN (P.-A.), peintre, né à Lyon eu 1763, mort à Tournay au mois de mai 1853, fit de bonne heure des progrès rapides dans l'art du dessin , et se perfectionna a Paris sous la ilirectiou des premiers maîtres. Admis à l'école de David, il devint un de se* mcilkur* élevés, mérita le grand prix île peinture , et fut envoyé à Rome aux frais du gouvernement. Il se trouvait dans celle capitale des arts lorsque la révolution éclata en France. Partisan de* idée* nouvelles, il dut quitter l'Italie après le meurtre «h? Bassville. Il vint d'abord à Paris, où il lit un tableau de la Fédération du 14 juilkl . puis se fixa dans sa ville natale. La commune de Lyon le chargea .l'exécuter un tableau pour la décoration de la grande salle de l'hôtel de ville. Hennequin en termina l'ébauche en six mois : elle avait vingt-deux pieds de long sur treize de hauteur, et les figures étaient plus grandes que nature. Cependant l'exaltatioa des opinions politiques qu'avait professées cet i liste lui fit courir des dangers après le 9

\\\ Voyts le* dt-Uil* de eeUe généreutc fondation dm* la Morëri de 17b», t. b, p. 083.

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dor an 4 (27 juillet 1794); il fut même au moment de perdre la vie : mais il réussit à s'échapper de prison peu de temps avant le grand massacre, et se réfugia à Paris. Hennequin y fut emprisonné de nouveau pour s'être mêlé aux intrigues des habouvistes, et il allait être traduit devant la commission du Temple, lorsque quelques amis et un ministre protecteur des arts (François de Neufchâteau) vinrent à son secours : il leur dot son salut. I,es dangers auxquels il s'était soustrait avec tant «le peint l'eloignèrenl enfin de la carrière politique. Toutefois, ses opinions n'étaient pas modifiées , et à l'occasion des réclamations qu'il t il en 1796 auprès des administrateurs de Lyon, pour obtenir les moyens de terminer à Paris le tableau destiné à l'hôtel de ville de ortbe commune, Vitet, représentant du peuple, appuyant sa demande , insista sur ce qu'on pareil tableau était propre à inspirer de f amour pour la république et de la haine pour la royauté. Le conseil municipal, sous prétexte que l'allocation delà commune n'avait pas été homologuée par les corps administratifs sans l'autorisation desquels on oe pouvait faire aucune dépense puMique, considérant d'ailleurs qu'il n'y avait pas tieu de continuer un ouvrage de luxe quand les fonds manquaient pour des travaux indispensables, déclara qu'il lui était impossible de faire achever à ses frais le tableau de Hennequin , lequel devrait se contenter d'une indemnité fixée par arbitres. Mais le représentant du peuple Reverchon , commissaire du gouvernement dans le département du Rhône, intervint en faveur du peintre, et arrêta qu'il terminerait à Paris le tableau commencé à Lyon. Depuis cette époqne , Hennequin trouva la tranquillité et le bonheur dans l'exercice de son art, auquel il se livra tout entier. Cest alors qu'il produisit Oreste poursuivi par les Furies, composition d'une grande vigueur et aussi remarquable pour la hardiesse des idées que pour la perfection du dessin. On a encore de Hennequin des dessins, plusieurs tableaux estimes et un pLifuud du Muséum. Il sortit de France en 181o, et alla s'établira Liège, où il lit un tableau d'une grande dimension, dont le sujet est tiré de l'histoire du pays : c'est le dévouement de trois cents habitants de Franchimont qui périrent comme les Spartiates pour la défense de leur cité. Hennequin reçut dn gouvernement îles Pays- Ras et particulièrement du prince d'Orange beaucoup d'encouragements pour ce travail. Il en grava lui-même l'esquisse. Il se retira enfin à Tournay, où il dirigea l'Académie de dessin jusqu'à sa mort. La vigueur et la correction distinguent les productions de cet artiste , dont la manière est quelquefois trop austère. H — « — a.

HENNEQUIN ( Astoims-Lowis-Maiie }, avocat, né à Clkhy-la-Gareone, près Paris, d'une famille originaire de la Lorraine. Son père, notaire et contrôleur des actes, à Mousse aux , près Cliehy, fut nommé, en 1791, receveur de lcnregislre-

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