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ment à Paris. 11 vint s'y fixer à cette époque; il habitait une maison voisine du quartier de l'Abbaye. Hennequin dut à celte circonstance d'assister en quelque sorte aux scènes du i septembre 1792; il entendit le bruit de ces abominables exécutions qui ont déshonoré la révolution française, et qui faillirent la perdre au lieu de la sauver. Un de ses ondes maternels, M. Uharivel du Rocher, lieutenant de la maréchaussée, m ail « té tué à Chai Ilot, le 10 août, en essayant ne défendre l'entrée de la caserne des Suisses. Le souvenir des catastrophes dont le spectacle avait attristé son enfance ne s'effaça jamais chez Hennequin. Il servit à faire naître dans son âme l'amour de la discipline, le besoin de l'ordre , h haine du joug et dn bruit populaire, sentiments que l'étude, l'expérience, les années ne firent que fortifier et qui devinrent, dès qu'il lui fut donné d'avoir une opinion , la religion politique de sa vie. On conçoit qn'il n'aft pu juger, plus tard, arec une liberté entière, digne de mm esprit , une révolution qui n'avait fart autour de loi que des ruines, et qu'il n'avait eonnue que par ses crimes et par le denil des siens. Les malheurs des temps avaient notablement diminué les ressources de sa famille; la jeunesse d'Hennequm fut pauvre, austère et laborieuse. Grèce à son travail , à sa persévérance, grâce surtout à la rare facilité dont il était doué , il put suppléer à l'insuéfeance des moyens qui s'offraient à lui. On eu était , en ce qui touchait l'instruction de la jeunesse, aux rêves et aux essais; fétude des lettres, regardée comme un délassement inutile, était tombée dana une sorte de dédain ; à défaut d'enseignement public , dont les règles étaient brisées, il eut recours à l'enseignement privé; il suivit les cours de Le mare où il se lia d'une étroite et inaltérable amitié avec uu enfant du même âge, derena comme lui célèbre, mais dans une autre carrière, avec Magendie. l!n instinct qui avait tous les caractères d'une vocation poussait Hennequin vers le barreau. Un esprit vif et réfléchi, une parole facile, le besoin d'apprendre, un caractère digne et aimable : tout semblait le destiner à une carrière où l'homme ne vaut que par lui-même, où le succès se paye par le travail , où H devait montrer, par ses épreuves comme par ses triomphes, par la natnre et l'emploi de son talent , par les événements «le sa rie , quel pouvait être le rôle d'un avocat au sein de la société actuelle. Les anciennes facultés de droit n'existaient pins; elles avaient disparu avec les derniers vestiges de l'ancienne organisation judiciaire. On sait quelles furent à l'égard de la magistrature et du barreau les haines et les défiances dts hommes de la révolution, même de ceux qui paraissaient les puis modérés et les plus sages, nées ehei la plupart de ce besoin de changement, que des changements extrêmes devaient à peine satisfaire. Us ne pouvaient pardonner aux magistrats , malgré le souvenir de leurs vertus et de leurs services, ce sentiment d'orgueil et d'immo-