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« écrivait-il, a plaidé la cause de la liberté et la « mienne avec un talent qui a fixé tous les suf- « frages. J'étais dans une admiration que je ne puis « vous exprimer... Il n'a voulu savoir de ma cause « que ce qui est public. Il a lu mes ouvrages pour •« me connaître, et les a extraits pour son in- « struction. S'il plaide un jour pour un savant, on « pourra le recevoir de l'Académie des sciences en « toute sûreté. « L'affaire Fiévée, en aidant Hennequin à déployer toutes les ressources de son talent , fut le point de départ de sa carrière. On le trouve ensuite, pendant plus de vingt années, dans toutes les causes qui ont été des événements pour le public , et auxquelles savait si bien plier son ingénieuse et habile parole. H plaidait en 1821 devant la cour des pairs pour un chef de bataillon , nommé Bérard , accusé d'avoir trempé dans la conspiration militaire de 1820; il avait pour adversaire dans celte cause M. de Peyronnct , alors procureur général à la cour royale de Bourges. Parmi les affaires si importantes et en si grand nombre plaidées par Hennequin, on ne peut oublier l'affaire Forbin Janson , plaidée en juillet 1823, et dans laquelle il contribua à fonder la jurisprudence en vertu de laquelle les jeux de bourse, assimilés aux jeux ordinaires, ne pouvaient par eux-mêmes engendrer d'action devant la justice. Son plaidoyer, rempli de recherches et dans lequel l'avocat explique et fait comprendre le mécanisme des opérations de bourse, ignorées alors du plus grand nombre, peut être encore lu et considté avec fruit. Ce qu'il faut principalement y louer, c'est le sentiment de moralité qui l'a dicté, auquel le caractère du défenseur aurait seul suffi pour une véritable autorité , et qui a été comme le cachet do son talent. On ne peut omettre le procès Lachalotais (avril 1826), dans lequel, au nom de l'histoire et au milieu des haines et des querelles de parti, l'avocat revendiquait et obtenait le droit de juger et de condamner les hommes du passé. Le duc de Bellune, en 1826, l'avait pour conseil et pour défenseur dans l'affaire dite des Marchés de Bayonne, où deux lieutenants généraux, pairs de France.se trouvaient compromis. L'opinion publique, aigrie et excitée, poursuivait dans le duc de Bellune la pensée qui avait inspiré l'expédition. Cette année 1826 devait être pour Hennequin une année de grands efforts et de grands triomphes. Qu'il suffise de rappeler une lamentable histoire d'une jeune fille séduite, devenue folle; d'une mère faible , d'un père aveugle et violent : tous trois succombant à la honle, a la misère et au chagrin; qui allait prendre place , sous le nom de Proris Anna de Favjmcourt , parmi les procès célèbres ; que Hennequin a plaidé avec tant d'éclat, et dans lequel il devait rencontrer en Mauguin un adversaire digne de lui. Dans les dernières années de la restauration, Hennequin était arrivé au point culminant de sa carrière. Le gouvernement qu'il avait aimé avec sincérité, qu'il avait servi avec
ardeur, avait voulu laisser à ses opinion* tout leur mérite, en leur laissant toute leur indépendance. Il n'avait reçu de lui que la décoration et l'honneur de quelques clientèles presque gratuites. On s'étoane même que le pouvoir ne se soit pas hâté davantage d'utiliser à son profit un semblable talent, en Taisant entrer Hennequin à la chambre des députés, dont les portes venaient de s'ouvrir pour Berryer, son émule et son ami, qui était de quelques années plus jeune que lui. — La révolution de 1830, qui brisait les espérances d'Uennequin , qui donnait à ses idées un si cruel et si prompt démenti, allait fournir à son talent des occasions uniques dans la vie d'un avocat, et auxquelles il se serait reproché d'avoir songé dans ses rêves les plus ambitieux. A partir de ceUe époque , une existence nouvelle commence pour Hennequin : éloigne des audiences ordinaires, il devint devant la justice le représentant et l'organe de son parti. Dès les premiers jours de septembre 1830, M. de Peyronnetct M. de Polignac s'adressaient presque à b fois à son zèle et à son talent. Dans la pensée de M. de Polignac, il devait être l'avocat de tous les accuses. H. de Peyronnet ne voulut pas d'une défense commune, que sa position personnelle ne lui permettait pas d'accepter. Cette résistance de la part de l'ancien ministre de l'intérieur était l'indice de certaines dissidences que le respect des accusés pour euxmêmes, et pour la cause qu'ils avaient servie en commun , devait empêcher seul d'éclater. Le rôle d'Uennequin ainsi restreint par la volonté de celui qui I avait le premier choisi pour défenseur, et auquel rattachait une ancienne amitié, il défendit , avec une rare mesure et une rare habileté, M. de Pe.vronnet, qui s'était réservé de parler avant son avocat. « J'ai remis ma défense, « avait dit M. de Peyronnet , à un homme qui m s'attache par le malheur, comme d'autres par a la fortune , et en qui les sentiments généreux « l'emporteraient sur son talent même, si quelque « chose pouvait l'emporter sur son talent. » Au moment où Hennequin plaidait la cause des anciens ministres du roi Charles X, il donnait déjà ses soins à un autre procès qui a été un des événements de cette époque, qui a ému l'opinion , et qui même aujourd'hui, que ces émotions sont apaisées, est demeuré, pour beaucoup d'esprits sages, le sujet d'un terrible et inexplicable mystère : nous voulons parler du procès relatif au testament du dernier prince de Condé, qui, le 30 août 1829, avait institué pour légataire universel le duc d'Aumale, léguant à la baronne de Feuchères, entre autres choses : deux millions, St- Leu, la forêt d'boghien, Morlefonlaioe; et qui, un an après était trouvé pendu a l'espagnolette d'une fenêtre, dans le château de St-Leu (roy. Bourm.* et I EUcafcBEs). La cour royale de l'aria évoqua l'instruction de celte affaire; on ne put qu'approuver celte mesure que le nom du prince de Condé, les circonstances de sa mort , les inlé-
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rêts qui allaient se débattre, le rang, des partis, les émotions mêmes de l'opinion publique commandaient aux magistrats. Le prince et la princesse de Hohan se portèrent parties civiles. Ils | soutenaient que le prince n'avaient pu se tuer, et que sa mort était le résultat d'un crime. Il ne pouvait venir à l'esprit de. personne, suivant eux, que le dernier des Condé, chargé d'ans et de blessures, retenu par ses sentiments personnels, et par le respect qu'il devait à son nom, eût pu se pendre comme aurait fait un malfaiteur. Hennequin publia, à ce sujet, un mémoire composé avec un art extrême; mémoire qui est un livre, et qui offre le tableau des intrigues dont était environné, dans sa petite cour de Chantilly, ce vieillard,, qui n'avait gardé que le courage de la race héroïque et singulière dont il était le dernier ] représentant. La cour royale de Paris ayant décidé qu'il n'était pas prouvé que la mort du prince de Comlé eût été le résultat d'un crime, resdit le procès civil en nullité de testament pour suggestion et captation , qui fut plaidé dans les premiers mois de l'année 183i : Hennequin fut à la hauteur de cette cause, une des plus solennelles qui aient ' été agitées de nos jours, et dans laquelle les pas- J sions politiques, à peine remises de l'ébranlement l de 1830, avaient fait invasion, comme s'il n'y ! avait pas eu assez des scandales qu'on rencontrait à chaque pas, et des intérêts de toute sorte, eagagés dans ce grave débat. — La duchesse de Berry avait été arrêtée à Nantes le 11 novembre 1832» I après avoir essayé vainement de réveiller, sous les I bruyères du Bocage, les cendres de Stofllet et de Cathclineau. Au moment même de son arrestation, elle faisait écrire a Hennequin par mademoiselle Stylitc de Kersabiec qu'elle comptait sur lui. Hennequin n'avait pas attendu cet appel à son dévouement, qui s'était déjà manifesté dans tant de circonstances, et qui ne devait plus se lasser : partout il sut remplir le devoir que sa conscience lui avait imposé, avec une mesure qui était dans ses opinions; que son caractère seul. lui aurait inspirée, si elle ne lui eût été commandée par l'intérêt même de tant de clients que. lui avait donnés le malheur des temps. Pour les sauver, il comptait moins sur son talent que sur la pitié due à l'infortune; sur l'intérêt dû au courage; ' sur les progrès de la tolérance politique; sur radoucissement des mœurs publiques, qui, s'ils ne peuvent empêcher les révolutions, empêchent du moins les crimes. Ce fut ainsi, qu'a Blois, à Paris* à Chartres, à Orléans, à Montbrison , partout où Hennequin se fit entendre, le jury répondait par , des déclarations de non-culpabilité, à des paroles de paix et d'oui di, que. rendait plus persuasives la bouche sage et éloquente qui les faisait entendre. Admis avec difficulté auprès de la duchesse de Berry , après une protestation de sa part qui fit du lirait , et dont la vivacité faisait contraste avec sa modération habituelle , Hennequin arriva, à Blaye, non pour défendre la princesse, mais.
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pour la guider dans les circonstances où elle se trouvait placée. Sa sagesse eut bientôt fait de gagner ceux même qu'il devait supposer le plus > ■ I aide lui par les dissentiments des partis : il . île la oart du général Bugeauil notamment, l'objet d'égards fii les honoraient tous les deux. Devenu pour madame la duchesse de Berry plus qu'un conseil , il resta 'usqu'à la On de sa nie le dépositaire de sn confiance , ie confident de ses secrets; juge plutôt qu'avocat, dans des conjonctures difficiles où il la'.lait savoir apaiser les mécontentements et concilier les intérêts. Élu membre de la chatitbrc des députés par le collège électoral de l'arrondissement de Lille, au mois de juillet 1834, Hcnnequin demeura Qdclc aux opinions et aux convictions de sa vie, avec une mesure dont on ne pouvait suspecter la sincérité, qui était un des traits frappants de son caractère, et qui ne lui aurait jamais permis d'être un homme de parti. Il aurait craint de ne plus être lui-même, de manquer aux engagements qu'il avait pris envers sa conscience, s'il n'avait fart pMSier avant tout les intérêts 'le la société, qu'on n'a jamais le droit de sacrifier à des ressentiments ou i des calculs. Cette conduite , qui lui méritait l'estime, n'était pas faite peut-être pour accroître son influence dans des temps où les partis exigeants et injustes se font u»e loi de n'adooter que evux qui les adoptent eux-mêmes, avec leurs exigences et leurs injustices. Henuequin n'eu conquit pas moins la place qui était duc a son habileté, à sa modération, à sa loyauté. Ses discours i témoignaient de la prévoyance et de l'élévation de son esprit, en même temps qu'ils attestaient, sur les matières spéciales, les études assidues qui devaient par cela même hâter le terme de sa vie. Le barreau, la pratique des affaires, la politique même ne pouvaieut suffire à l'ardeur de son esprit, qui, sous une forme brillante, et quelquefois même recherchée, était au fond un esprit sévère et méditatif. Jeune encore et désigné par sa réputation, il avait professé, à la société des bonnes études, le droit civil dans des idées particulières, un peu exclusives, et qui n'ont jamais cessé d'être les siennes. Ce qu'il reprochait a la loi civile, c'é- ! tait de s'être désarmée ; c'était d'avoir abdiqué, I en ce qui touchait la famille, le caractère de moralité et d'autorité sans lequel la famille n'est qu'un assemblage fortuit et passager, et dont les sociétés Ijbres ont plus besoin que toutes les autres; c'était enfin d'avoir admis des lois païennes, i que nos mœurs repoussent comme la loi de l'adoption, par exemple : sorte d'encouragement donné à l'extrême facilité de nos habitudes. Henuequin, empêché par les travaux de toute sorte qui absorbaient sa vie de se livrer à des études théoriques, voulut plus tard recueillir, coordonner, compléter des leçons qui avaient eu un grand éclat, non pas seulement pour la satisfaction de laisser une œuvre achevée, mais mû encore par des idées plus élevées et plus désintéressées. Éclairé par l'habi- |
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tude de la réflexion ; averti par des pressentiments qui ne naissent que dans les esprits trèsdistingués, il n'assistait pas sans tristesse au travail de décomposition qui se Taisait autour de lui. 11 voulut montrer à la société, afin de l'avertir de son danger, sur quelles bases elle repose ; il emprunta à la législation civile tout ce qui a rapport à 1* propriété, dont il se proposait de faire l'objet d'un livre, que la mort devait laisser inachevé, et auquel les événements allaient donner un triste à-propos. H est curieux de lire, dans la préface de ce livre, écrite avec une sorte de mélancolie , qu'expliquent l'approche et le pressenliiuenlde sa fin, comment il annonce, dix années à l'avance, les tentatives essayées contre la société par des esprits malades, dont nous devions être les témoins. Il avait dù ù sa position ! en dehors des partis, au moins autant qu'à sa pénétration, d'avoir discerné le mal qui ronge la société', que les partis acharnés à leurs querelles, impuissants et dédaigneux, n'ont su voir que lorsqu'ils ne pouvaient «dus nen faire pour le guérir. Tant d'efforts et tant de travaux avaient épuisé la puissante organisation d'Hennequin. Ce livre, dont nom nions de parler, et qui fut comme son testament, fut, en même temps, la cause de sa mort. Atteint du mal auquel il devait succomber, dans les vacances de l'année 1839, il lutta pendant près de six mois: travaillant toujours, toujours maître de lui, puisant sa force dans le courage qui lui était naturel, et dans les convictions religieuses qui avaient été la règle de sa vie. Il est mort le 10 février 18i0 avec la réputation d'un homme de bien, doué d'un esprit fin et sage, d'un avocat brillant et original. Avec cela, il est permis de dire que les hommes comme Henuequin laissent de leur passage sur la terre une trace trop vite et trop entièrement effacée. Il n'y a que ceux qui les ont connus qui puissent rendre témoignage de leurs triomphes, qu'on a oubliés; de leur mérite, qui a suffi à tant de succès et de travaux, dont la tribune et le barreau ne gardent que le fugitif souvenir, et que leur renommée a égalé à peine. — Ses ouvrages proprement dits sont s 1° Traité de législation et de ju> isprudenec . 2 vol. in-88, le premier publié en 1838, le second après la mort de l'auteur, en 1811 ; 2° Dissertation sur le régime des hypothèques , 1822, in-8°, 16 pages; 3» Du divorce. 1832, in-80 , 95 pages. — Plusieurs de ses plaidoyers, imprimés dans la collection du Barreau français, forment la moitié d'un volume qui a été tiré à part sous le titre de Choix des plaidoyers de MM. Henuequin et Emmery, Paris, 1S2Î, in-8°, précédé d'une notice par H. A. Taillandier. D'autres plaidoyers de llenncquin ont été insérés par MM. A v lies et Clair dans le Barreau français (Annalts de Féloquencejudiciaire en France, année 1820-1827, in-8°), et par M. Eugène Roch , dans VObferrattur des tribunaux fronçait et étrangers, t. 5, 7, 9, 10. Les consultations imprimées et les mémoires judi-
ciaires d'Hennequin forment la matière de plus de dix volumes in -4°. Un grand nombre de ses plaidoyers dans les affaires politiques , et dans les affaires civiles importantes , ont été imprimés. Nous indiquerons ceux de ces travauvaux qui se rattachent à des questions d'intérêt général et à des faits historiques. Ce sont : 1° Mémoire pour le duc de Be Hune. 1826(affaire desMarehésd'Espagne) ; 2° Défense de M le comte de Peyronnet, ancien ministre de l'intérieur, 1830; 3° Affaire du testament du prince de Condé, comprenant : Observations sur l'instruction relative à la mort du duc de Bourbon, prince de Condé, Paris, 1832 ; Plaidoyer pour MM. les princes de Rohan contre le duc d'Aumale et contre madame la baronne de Feuchères, Paris, 1832; Réplique; Réponse pour MM. les princes de Rohan aux répliques entendues à l'audience du 27 janvier 1832 , Paris, 1832; Conclusions motivées. 1° Procès de M. Xavier Augutt , accusé de non-révélation de complot contre la sûreté de l'État, Paris, 1831 ; 5° Défense de la Gazette île France devant te jury, 7 février 1832; 6° Affaire de ta rue des Proueaires. Défense et réplique devant la cour d'assises pour MM. de Verneuil, médecin, et Dutillet, 1832 : 7° Plaidoyer ' pour le vicomte Siochan de Kersabiec, colonel en ré/orme, et Guillorè, accusés d'attentat et de complot j contre la sûreté Ultérieure de l'État, Blois, 1832 | (extrait du compte rendu des assises de Blois, | Blois, 1832, 2 vol.) ; & Plaidoyer pour M. le comte j de Mesnard (affaire du Carlo Alberto), Montbrison, ; 1833; 9° Consultation de AI. Hennequin pour « il. Jsambert, 182G; Consultation pour te même sur tappel. 1823; 10" Affaire du Bréviaire de Paris; 14° Plaidoyer de M. Hennequin pour f université, 1831 ; 12° Mémoire à consulter et consultation pour M. de Bully, 1839; Réponse à la consultation par les pétitionnaires sur l'élection de M. de Bully; 13° Plaidoyer dans V affaire de tÈtoiU contre Us héritiers de Lachalotais , ancien procureur générât du Xord au parlement de Bretagne . 1 826 ; 1 4° Plaidoyer pour ta Gazette de France, 1828; 15° Procès dê la Gazttte de Xormandie; Plaidoyer pour M. Edouard Walsh, directeur gérant de la Gazette de Normandie ; 1G° Précis pour te marquis de Pastore t, tuteur des enfants mineurs de feu monseigneur le duc de Berry, contre M. Corcellelte; 17° Procès de la Jfo<fcl83S , précédé du portrait lithographié d'Hennequin , et d'une étude , par M. Alfred Nettement; 18° Observations pour M. le comte de Uailly contre S. A. S. le duc de Bavière, Amiens, in-4°. Parmi les travaux parlementaires de Hennequin, nous citerons seulement : 1° Opinion sur le prolongement du canal de Roubaix, 1836; 2° Mémoire pour tes condamnés vendéens , actuellement détenus dans les prisons et bagnes , juin 1837, in-4°, autographié; 3" Discours dans ta discussion du projet de loi relatif au mode du rote du jury en scrutin secret, 1K36; 4° Discours dans la discussion du projet de lui sur ta disjonction, 1837. P — x — D. HENNEQILN (VictorArtoimO, (ils du précé-
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dent, naquit à Paris le 3 juin 1816. Il se destina d'abord au barreau, et fut reçu avocat à Paris en 1838; mais, enthousiaste et romanesque, il se dégoûta bientôt des petites affaires civiles réservées aux stagiaires et des défenses d'office devant la cour d'assises, pour embrasser le plan d'une histoire universelle du droit, dont il publia le commencement en deux volumes in-8°, sous le titre : Introduction historique à l'étude de fa législation française : les juifs , lorsque , étant entré en relation avec M. Considérant , chef de l'école phalanstérienne, il eut occasion de lire les œuvres de Fourier [voy. ce nom); cette lecture passionna son imagination ardente et fascina sa bonne foi; il offrit ses services au journal ta Démocratie pacifique, l'organe connu de la propagation des doctrines phalanstériennes, dont il devint bientôt l'un des principaux rédacteurs. Rédigeant tour â tour les premiers-Paris, les feuilletons de théâtre, les comptes rendus des séances de la chambre, il déploya une activité et un dévouement dignes d'une meilleure cause. Il ne tarda pas à être considéré comme l'un des chefs du fouriérisme. Il donna des cours à Paris, dans les bureaux de la Démocratie jHicifique. et alla porter dans les départements l'enseignement de la doctrine nouvelle. Nous ne discuterons pas ici cette doctrine , nous nous contenterons de renvoyer le lecteur sur ce point à l'article Fourier, où nous nous sommés efforcé d'en donner un aperçu aussi complet que possible ; mais nous devons dire que la parole facile, nette, souvent même élégante de Hennequin lui valut des succès. 11 fut applaudi à Nantes, à Aix , à Marseille, à Besançon. Il recruta des disciples, et on donna des banquets en son honneur. En 1843, il reparut un instant au barreau dans une grave affaire : il plaida pour plusieurs ouvriers charpentiers accusés de coalition. Retournant presque immédiatement à ses études favorites, il fut l'année suivante ( 1816) appelé en Belgique par les partisans du phalanstère, et fit des cours dans les principales villes de ce royaume. A Louvain même, plusieurs professeurs de l'université catholique soutinrent contre lui une discussion publique, et l'on vit renaître une sorte d'image des colloques usités au 15* siècle entre les catholiques et les protestants. La révolution française de 1848 donna aux opinions socialistes un élan nouveau. Hennequin, dont le nom était déjà connu, se présenta dans le département des Bouches-du- Rhône comme candidat à l'assemblée nationale. 11 ne lui manqua qu'un petit nombre de voix pour être nommé. En 1830, des réélections ayant eu lieu dans le département de Saône-et-Loire , il devint membre de l'assemblée législative, et alla siéger sur les bancs de la montagne. Il prit plusieurs fois la parole, sans que nous ayons rien de particulier à signaler dans les di.scours qu'il prononça. Lors du coup d'État du 2 décembre il fut arrêté, en même temps que beaucoup d'autres représentants à la mairie du 10- arrondi»-
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sèment à Paris, et fut détenu à la prison de Mazas pendant deux semaines. Le socialisme avait reçu de rudes attaques, et ses apôtres disséminas sans lien entre eux , se combattant le plus souvent les uns les autres, avaient perdu une partie de leur prestige. L'organe du phalanstère, la Démocratie pacifique, ne paraissait plus. L'imagination exaltée de Victor Hcnneqnin, son ardeur pour les nouveautés le jetèrent à corps perdu dans toutes les erreurs du moment. Il se crut investi par l'dme de la terre de la mission de sauver le monde, et dans ce but, il publia en 1853 un volume in-12 de 230 pages, intitulé Saurons le genre humain, bientôt suivi d'une autre ceuvre de déraison non moins flagrante : Religion, in-12 de 037 pages. Ce devait être sa dernière publication, car d mourut peu de temps après, à Paris, le 10 décembre 1834, âgé seulement de 38 ans. Outre les publications mentionnées dans le cours de cet article, on doit à Victor Ilenne-
Jilin : 1° Voyage philosophique en Angleterre et en 'rosse, Paris, 1833, in-8\ Ce volume contient : Voyage en Angleterre et en Écosse ; Un vase brisé ; A Charles Fourdrin ; Histoire du docteur Akiba ; Aux légitimistes; Napoléon socialiste; Notes d'un étudiant en droit. 2° Féodalité, ou Association type d'organisation du travail pour Us grands établissements industriels, à propos des houillères du bassin de ta Loire, Paris, 1840, in-8°; 3» Théorie de Charles Fourier , exposition faite à Besançon . première et deuxième séances, 5 et 0 mars 1847, Besançon, 1847, in -8°; réimprimée à Paris, 1848, in-18, sous le titre: Organisation du traçait d'après la théorie de Charles Fourier; exposition faite à Besançon en mars 1817; 4° les Amours au phalanstère, Paris, 1849, in-32; 5° Programme de la presse démocratique et sociale , interprété au point de rue phalanstérien , Paris, 1849, in-4". Z — d.
HENNFQL'IN ( Joseph-Fiunçois-Gabriel) , cousin des précédents, né à Gerbviller (Meurthe), le 20 mars 1775, d'un avocat distingué au parlement de Nancy, se destina d'abord à la carrière du notariat; mais atteint en 1793 par la réquisition, il entra dans la marine comme simple novice. Grâce aux connaissances qu'il avait acquises, il ne resta pas longtemps dans cette position subalterne. Successivement employé aux écritures à bord de la corvette F Alerte, employé civil extraordinaire dans les bureaux de la marine à Dunkerquc (1793), aide-commissaire sur la corvette la Jalouse (1790) et sur la frégate la Rassurante (1797), il devint en 1800 secrétaire du contre-amiral Leissègues , qu'il •uivit dans divers commandements jusqu'en 1808, époque à laquelle il fut envoyé sur le vaisseau le Daniùg en qualité d'agent comptable et de quarticr-maltre trésorier du 30* bataillon de marine. Le 1" janvier 1809 il quitta définitivement la navigation et fut attaché au ministère de la marine, où il fut nommé sous-chef de bureau en 1815, et chef en 1831. Mis à la retraite en 1838, il est mort è Paria le 26 février 1842. Heoncquin , même pen-
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dant le temps de ses campagnes, s'était occupé de divers travaux littéraires , et il parait qu'il tenait une sorte de journal de sa vie, où il consignait le fruit de ses observations; il consacra à l'étude les loisirs que lui laissaient ses fonctions administratives. On lui doit : 1° Esprit de t'Encylopédie, ou Recueil des articles les plus intéressants de r Encyclopédie , en ce qui concerne l'histoire , la momie, la littérature et la philosophie. Paris, 1822- 1823, 15 vol. in-8°; 2° Essai historique sur la vie et tes campagnes du bailli de Suffren, Paris, 1821, in-8"; 3° Trésor des dames, ou Choix de pensées, maximes et réflexions extraites des outrages des femmes qui se sont fait un nom dans le monde ou dans ta littérature. Paris, 1826, 1 vol. in-32; seconde édition , augmentée d'un grand nombre de pensées et de maximes, Paris, 1828, in-18; 4° Dictionnaire de maximes, ou Choix de maximes, sentences, réflexions et définitions extraites des moralistes et des écrivains tant anciens que modernes, Paris, 1827, in-8°; 5° Biographie maritime, ou Sotices historiques sur la vie et les campagnes des marins célèbres français et étrangers. Paris, 1835- 1837, 3 vol. grand in-8°, comprenant cent vingt notices accompagnées de beaux portraits lithographies par Maurin. Les notices de la Biographie maritime avaient d'abord été écrites pour un ouvrage intitulé Galerie maritime, qui , commencé en 1833 sous le format in-4°, fut arrêté à la troisième livraison; Hcnnequin reprit son travail pour en faire sa Biographie maritime, qui ne manque pas de mérite ; 0° Notice historique sur Louis VI. Paris , 1841 , in-8" de 48 pages; 7° un assez grand nombre de notices insérées dans cette Biogmphie universelle, et parmi lesquelles nous citerons : Netson, Ruyter, Rodney, Tourtille, Toulouse, Vaudreuil, Villarel-Joyeuse , Villeneuve, etc.; 8° des articles dans la Galerie des contemporaines . entre autres la Princesse de Lambalte. Louise Contât, lady Hamilton ; dans la Galerie française et dans l'Encyclopédie des gens du monde, qui lui doit les articles Duguay-Trouin , Duquesne, Duperré, la Peyrouse, etc. llennequin a laissé inédits de nombreux travaux littéraires, entre autres le manuscrit de deux volumes environ d'un Essai historique sur ta navigation et la marine chez tous les peuples, depuis tes temps anciens jusqu'à nos jours. On doit désirer la publication de cet Essai qui était destiné à servir d'introduction à sa Biographie maritime, et qui comprend, suivant un de ses biographes, la navigation des premiers peuples de la terre, la navigation sous les premières monarchies, celle des Grecs, des successeurs d'Alexandre, des Carthaginois, des Romains; la marine des Turcs, des Vénitiens, des Génois, des Hollandais, des Portugais, des Espegnols. On a inséré dans les Annales maritimes et coloniales du mois de mars 1842 une Notice nécrologique sur ta vie. le» services tt tes travaux île llennequin, qui a été tirée à part, Paris, imprimerie royale , in -8° de 8 pages. E. F>— s.
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IIENNERT (CHARLE8-(»t'iLLAtriiE)t écrivain allemand sur l'économie forestière, naquit à Berlin le 3 janvier 1759, et servit pendant la guerre de sept ans sous les ordre» du prince Henri de Prusse, qui, * la paix, le fit son ingénieur au j château de Reinsberg. En 1783, le roi de Prusse nomma llennert inspecteur en «"bef des construclions du département de l'administration fores- ' tiére, et quelques années après, conseiller prive* de l'administration des foret*. 11 mourut le 21 avril 1800, après avoir beaucoup contribué en Prusse à l'amélioration de cette pa lie de l'économie publique. Il a publié un assez grand nombre d'ouvrages sur cette matière et sur l'art militaire. Voici les plus estimés : 1° Dùierta'ùm '.ur la Cavalerie dans les temps les plus anciens, d'après les récits d'Homère. Berlin, 1774, in-8°; 2° Des<riptiuu du chdicau de pl>ri#tuce et du jardin du prince Henri de Prune, à Reinsberg, ibid., 1778, in-8"; 3° Mémoire* sur la science forestière déduits de lu géométrie appliquée, Leipsick , 1783, in 8°, avec 11 planches; 4° Indication succiucte de quelques inventions géométriques dont l'appliemtion peut servir eu différentes occasions aux forestiers chargés de t'adsniuis ration des forêts mises m coupes réglées, Berlin, 1789,in-8«, avec gravures; $° Mémoires pour sertir à t'hkstoire dej guerres de la maison de Brandebourg sous félecUur Frédéric III, tirés principale meut des archives royales et d'autres manuscrits inédits, arec une carte du siège de Bonn , Berlin et Stettin , 1790, in-4°; 6° Instruction sur la taxation des forêts d'api ès les ordouuauces du roi de l'russe, Berlin, 179M79S, 2 vol. in-8»; 7° Du dégdt orcasionué dans les forêts prussieunes depuis 1791 juiqu'en 1794 par les chenilles et les coups de vent, Leipsick, 1798, in-4», avec 8 planches; ibiJ., 1798, in-4». llennert est aussi l'éditeur de 17*. stiuclion succincte sur lu manière a" attaquer les places foi tifiées, Leipsick, 1783, in-8°; et il a
Îlacé à la tète de ce manuel des Réflexions sur utilité des redoutes. Il a enrichi la traduction française de l'Histoire des dernières campagnes de Gustave-Adolphe eu Allemagne, par l'abbé Francheville, Berlin, 1774, in-4°, de plusieurs «lisser- 1 talions savantes, savoir : Tableau militaire des Impériaux et des Suédois; Remarques sur les principaux événements de cette histoire; Discours sur les batailles de Breitenfeld et de Lûtzen , avec les plans levés sur l* terrain. Différents ouvrages périodiques, tels que le Journal de Berlin et le Journal militaire, renferment de cet auteur un grand nombre de Mémoires sur l'histoire militaire et sur des objets relatifs à l'économie forestière. B — h— d.
HEiNNET (Alb.-Josepii-I'lmf.*), né à Maubeuge en 1758, a consacré une grande partie de sa vie h l'élude des finances et des connaissances qui s'y rattachent, sans avoir négligé néanmoins la cul- i ture des lettres. A l'époque du premier ministère de Necker, en 1777, il était surnuméraire dans les bureaux de M. d'Ailly, premier commis de» finances, près' de qui se sont formés plusieurs
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administrateurs habiles , notamment Tarbé et
Gaudin (depuis duc de Gaë'le). Dans ce temps de crise où chacuu se croyait appelé à sauver le pays en prenant la plume, des plans de réparation arrivaient de toutes part*; tous passèrent sous les yeux du jeune employé. La retraite du contrôleur général en 1781 lui fut très-sensible ; il avait conçu de lui la pins haute idée, du moins comme ministre des finances, et cette opinion il la conserva. Il suivait sa marche avec d'autant plus d'attention que dès lors il amassait des matériaux pour écrire un jour l'histoire des finances. Le» lumières qu'on lui connaissait déjà le firent consulter par le comité d'impositions qu'avait nommé l'assemblée nationale. On avait proposé l'exécution d'un cadastre, et cette mesure, approuvée par Louis XVI, et décrétée par l'assemblée constituante, fut surtout pour Ucnnet un sujet de méditations; mais le malheur des temps ne permit pas de procéder alors à celte opération. Le sort de l'infortuné monarque l'affecta profondément, et il ne put retenir dans son cœur le sentiment qu'il éprouvait : à l'approche du suppUce, il composa sur ce passage de Jérémie : Papule meus, quid retÀ tibi . une romance ou complainte dans laquelle la royale victime s'adresse aux Français; complainte qui f'Jt chantée dans la première quinzaine de janvier et défendue ensuite par la police. Son aèie se signala de nouveau contre la tyrannie conventionnelle à l'époque du 13 vendémiaire (5 octobre 1793), et lui dicta une adresse aux troupes campées dans la plaine des Soldons, afin de leur ouvrir les yeux sur l'iniquité de la cause qu'elles allaient servir ; mais celte adresse, faite au nom de la section de la Butte-des-Mou- 'ins, resta sans effet, les commissaires qui devaient la porter aux soldats n'ayant pu pénétrer dans le camp. L'ordre ayant enfin reparu dans l'intérieur, Hennct fut envoyé en 1801 dan» le Piémont pour y organiser les finances; et là, en prenant connaissance de l'ancien cadastre de ee pays, il s'affermit dans la préférence que ses études lui avaient fait donner au mode parcellaire sur la méthode d'opérer par masses : préférence qu'il eut fréquemment occasion de justifier contre les préventions contraires. Hennct, qui avait précédemment mi» au jour quelques écrits sans y attacher son nom, et qui, dans les temps de calamités publiques, avait trouvé de nobles distractions en traduisant en vers des morceaux choisis parmi les poètes célèbres de la Grande-Bretagne, se proposa de recueillir ces fragments devenus nombreux et de les livrer à l'impression, en les faisant précéder d'une Poétique anglaise, et d'une biographie des poètes : c'était un service rendu aux deux littératures; car, au moment où il s'en occupait, on ne connaissait généralement en France, entre les poètes de l'Angleterre, que Shakspeare, Pope, Thomson, Young, et un petit nombre «l'autre». La Poétique anglaise parut en 1806; mais, malgré le mérite de l'ouvrage, et bien que recommandé
par les éloges de quelques littérateurs distingués, il fil peu de sensation , prohaldement à cause du même on il fui p nblié, et qui était celui du blorim continental : c'est du moins l'opirxpriméV par un des eoopérateurs à la Biounirersrlle , Amar, dans un article étendu sur cette poétique, et inséré au Moniteur (25 septembre 1 8J7). — Hennet, quoiqu'il eût salué l'aurore du gouvernement impérial , avait conservé de l'attachement pour les Bourbons; il rit arec enthousiasme leur retour, et rappela en f 81 -4 les marques de dévouement qu'il avait données aux jours de terreur : H reçut 1» croht de la Légion d'honneur, et eut le titre de commissaire royal du cadastre. Des matériaux qu'il avait recueillis an milieu de ses travaux habituel» trouvèrent leur place dans un Essai sur le crédit public , itnp imé en iKlii. Cet ouvrage fut suivi, à d'assex grandes distances, de quelques autres sur des sujets divers. Il était époux et père. Ayant mis dans les mains de ses enfants les fables de la Fontaine, et voyant qu'il ne pouvait les leur faire comprendre, il en composa lui-même d'autres qui étaient à la portée de leur intelligence, et dont la moralité surtout était irréprochable; il n'a visé ici qu'à la clarté et à la simplicité : quelques-unes de ces tables sont la suite de celles de l'immortel fabuliste dont Rousseau a signalé le danger, et dans cette continuation le renard est puni de ses flatteries, la fourmi de son avarice, le loup de sa cruauté. On doit regretter que ces fables, qui pourraient être utiles, soient à peu près ignorées. Ce recueil , qui parut en 1824, est dédié a Mademoiselle (fille «le la duchesse de Bcrry). Nous voyons sur le titre que l'auteur était alors officier de la Légion d'honneur, chevalier de Halte, et qu'il avait été un des fondateurs de la société des bonnes lettres. U mourut à Paris le 10 mai 1828. C'était un homme probe, bienveillant et serviable; avec beaucoup de simplicité dans le caractère, il n'était pas exempt de quelque recherche dans l'expression de ses idées, De plusieurs frères qu'il avait, l'un était avant la révolution un officier très-distingué du génie militaire; A périt en 1794, n'ayant pas atteint sa 30» année. Voici la liste des écrits de Hennet : 1° bu dieorce, 1780, anonyme-, 3* édit. , 1792, in-8», avec le nom de l'auteur; 2" Moureile grammaire italienne pour les dames, Paris, 1790, in-i" ; 3" Complainte de Louis A ir /, chante* à Paris damt la première quiniain* de Jamrier 1703, uouv. édit., Paris, 1814, 3 pag. in-8-; 4» l'étwwn à Cassemblée nationale par Montaigne . Charron. Montesquieu et Voltaire, suivie d'une Consultation en Pologne et en Suuee, Paria, 1701 , in-* ; 9» Poétique anglaise, ihid., 1806, 3 vol. in-8°, chez Th. Barrois. Ce livre se recommande par l'exactitude, par la précision, par la clarté et l'élégance du style, et il est aussi complet qu'il pouvait l'être lorsqu'il parut. A l'appui des principes et des observations, Hennet eite des exemples accompagnés de la traduction littérale et vers pour vers. Après
la poétique des divers genres, laquelle remplit le premier volume, vient une liste de tous les poètes anglais , avec nn précis de leur vie et de leur» principaux ouvrages ; le troisième volume contient un choix de chefs-d'œuvre, ayant en regard la traduction en vers français. L'ouvrage annonce une grande connaissance de la langue et de la littérature anglaises; le traducteur n'hésite pas d'expliquer des auteurs très- anciens , tels que Cowley , et que les Anglais mêmes enteraient à peine aujourd'hui. De plus il s'est hasardé, sans avoir été en Angleterre, non-seulement à écrire en anglais une nouvelle ( Loreltna, ou la première inotulation) , qu'on a trouvée parmi ses manuscrits, mais à traduire le début des Jardins de Delille, en vers rimés, puis en vers blancs, « afin, « dit-il, d'achever de donner une idée de ladiflë- «■ renée des deux poésies. » Ce n'est pas à nous qu'il appartient d'apprécier le mérite de ces témérités. La prose de Hennet est claire, correcte, élégante; ses traductions offrent de la fidélité et beaucoup de vers heureux . 11 a traité de tous les genres de poésie, excepté le genre dramatique, se réservant de donner plus tard la bramât îque anglaise, si la Poéiir/ne était favorablement accueillie. 0° Recueil méthodique de lois, déi-rets, règlements, instructions et décisions sur le cadastre de h™ née , Paris, 1811, in-4°, avec un atlas in-fol.; 7" Observation sur l'acte constitutionnel (du sénat), ihid., 1814, in-8°; 8» Mémoire sur le rétablissement des finances, ibid., 18U, in-4»; 0° Réponse à un pamphlet manuscrit ( le rapport attribué au due d'OtranleJ, ibid., 1815, in-8° de 6 pages; 10° Éclair, ciuemrnts sur le cadastre, ibid., 181U, in-8«; 11° Essai d'un plan de finances, ibid., IHlfi, in-4* de 3C pages; 12° Théorie du crédit public, avec cette épigraphe : Deo et régi fides tmparida, ibid., 1810, in-4°. Cet essai est divisé en plusieurs livres dont le troisième et le quatrième sont un |u*éct9 historique des finances de la France et de l'Angleterre. Ce précis est intéressant et bien fait (1). Hennet, dans son Essai sur le crédit, plaide forte— ment en faveur du système des emprunts avec amortissement; selon lui, une dette puisque est pour un pays une richesse, une caisse d'épargne et de bienfaisance. H dissuade de réduire d'autorité le taux des intérêts de la dette publique et s'appuie ici de l'opinion de Mirabeau. 13° Rippoet sur le cadsutre. Paris, 1817, m -4"; 14» D* cadas&r, réponse à un écrit intitulé La tinté sur b> cadastre, ibid., 1817, in y M. Aobert du Petit-Tho uar», à qui Hennet répond ici, fit lui-même une réplique. MSf Le Globe céleste, cours d astronomie contempla-
il) Parmi le» liommea qui traeenerent le minutera de» i durant la révolution , on volt un M. de» TournclU » qui l'occupa pendant 1rs ruiner» IÎ98-I7M. Il renaît d'être nomme Le» premier» rommla l'aUendaienl daua non cabinet : « Il y entre, dit « l'auteur, en redingo c sale, i demi chauué, ne place »ur la
lautauil, et, une aiguille i la main, i u baa, en (aiaanl l'éloge de la aimnlicii » raine», tardii que non* lui It-nn» un
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tire par M. H..., ibid., 1820, in-8°; 16° Fallet pour l'enfance, ibid., 1824, in-18, avec figures. On a trouve' parmi les manuscrits ine'dits de ce laborieux écrivain : Xourel usage des globes, et Traité des sphères ; Anne de Bretagne, et Jeanne Shore, tragédies; une Histoire de l'Académie française, sur un plan assez vaste. L.
HENNIG (Jkak-Gottlob), né en 1749, à Ober- Cuncwaldc dans la Lusace, avocat depuis 1777, avait obtenu à l'université de Wittenberg le titre de docteur en droit. Le consistoire de cette ville lui confia la charge de notaire de ce corps ecclésiastique, charge qu'il remplit jusqu'à la suppression du consistoire en 1813. Par cet événement, suite des guerres, il perdit sa principale ressource. Ce qui lui fut peut-être encore plus pléniblc, c'est la perte d'une pépinière qu'il avait fondée dans un des faubourgs de Wittenberg, et qu'il entretenait avec le plus grand soin. L'armée française, en foulant et détruisant le faubourg, anéantit cette plantation précieuse. Depuis ce temps on le vit insensible a toutes les jouissances de la vie, et il cessa de s'occuper de la pomologie, qui avait charmé ses loisirs, et à laquelle il avait consacré le fruit de ses épargnes. Il a rédigé beaucoup de mémoires sur la pomologie pour les recueils périodiques; et en sa qualité d'avocat il a publié un traité Des droits des parents relatifs au mariage de leurs tirants, 1797. D— o.
HENNIGES (Henri de), homme d'Etat et publiciste célèbre, né le 5 septembre 1645, à Weissenburg, ville impériale en l'ranconie , s'appliqua, dans les universités d'Iéna et d'Altorf , à l'élude du droit, et se distingua bientôt, non-seulement par une profonde connaissance du droit public et des traités existants alors, mais aussi par sa facilité à employer son érudition dans les affaires politiques. N'étant pas d'origine noble, sa naissance opposa d'abord bien des obstacles à son désir d'être placé dans la carrière diplomatique; mais il ne se laissa pas décourager. Ilenniges publia un ouvrage sur le poucoir de l'empereur en matières ecclésiastiques , dans l'espérance d'être occupé par le cabinet impérial de Vienne; mais il n'en recueillit pas le fruit qu'il en avait attendu. Il avait publié, en 1673, ses Observations sur Grotius. Frédéric d'Iéna , ministre de l'électeur de Brandebourg, frappé du mérite de cet ouvrage, voulut en connaître l'auteur; et, depuis ce moment, il devint le protecteur de Henniges, lui fit épouser une de ses parentes, et le fit entrer, en 1678, au service de l'électeur Frédéric Guillaume, en qualité de secrétaire intime. L'année suivante, Henniges remplaça le secrétaire de la légation prussienne à Ratisbonne. Le ministre de la cour de Brandebourg auprès de la diète, le comte de Mctternich, le recommanda à Frédéric, dans la suite premier roi de Prusse : celui-ci l'éleva , en très-peu de temps, à la dignité de sou second envoyé auprès de la diète, et lui conféra des lettres de noblesse. Ce ministre assista, en 1711,
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comme second ambassadeur de la Prusse, au congrès de Francfort , où Charles VI fut élu empereur d'Allemagne ; mais il ne fut présent qu'à une seule séance, étant mort le 26 août 1 711 . Quelques hommes d'Etal ne furent pas fâchés de cet événement; car ils avaient cru entrevoir que, par son adresse, Henniges aurait infailliblement réussi a brouiller les affaires. Il s'opposa, lors de l'ouverture du congrès, au nonce Albani; celui-ci nonseulement exigeait pour lui la préséance sur les électeurs ecclésiastiques et cherchait à placer sur le trône impérial un prince vivant alors caché à Francfort, mais il voulut aussi plaider pour les électeurs de Cologne et de Bavière, qui avaient été mis au ban de l'empire. Ce ministre se faisait remarquer, malgré sa petite stature, par un air imposant, par une éloquence irrésistible, une grande perspicacité dans les conseils, et une application infatigable au travail. Il flatta, dans ses premiers ouvrages, la puissance de la cour de Vienne; mais, des l'instant où il fut reçu au service de l'électeur de Brandebourg, il se déclara l'adversaire le plus impétueux des prétentions de l'empereur d'Allemagne. Henniges excita la haine du cabinet de Vienne, au point qu'en 1703 cette cour adressa une note à celle de Berlin, pour demander la punition de cet écrivain pour avoir parlé d'une manière trop peu mesurée de la personne de l'empereur. La franchise de ce grand publiciste se montre surtout dans ses écrits sur le droit public d'Allemagne; on voit qu'il est là sur son terrain. Ses principaux ouvrages sont : i ■ Ot>servationes politisa et morales in Hug. Grotii de jure bdli et pacis libros III, Sulzbacli, 1673, in-8». | Henniges composa ces observations étant encore à l'université d'Altorf. A une époque où le droit naturel, plus justement nommé de nos jours droit de ta raison, occupait très-peu les universités d'Allemagne, l'apparition d'un ouvrage sur cette matière devait nécessairement agiter les esprits. On vanta les connaissances, l'application et le jugement de son auteur; mais on l'attaqua et sur le fond de ses principes, et sur la vivacité de son Style. 2° Liber de summa imperatoris romani potestate cire* sacra. Nuremberg , 1 676 , in-8»; 3° De summa imperatoris romani potestate cire a profana liber un., s. ibid., 1677, in-8°. Dans la préface, l'auteur fait en quelque sorte amende honorable d'avoir publié ses observations sur Grotius, à cause, dit-il, de sa conttutiosa et arrogans qttadam judicii immoderataque Ubertas. 4° Discursus de suprematu ad ver tu s Cœsarinum Furslenermm ; Hyctopoli ad Ltrum (Ratisbonne), 1687, in-8°. Leibnitz (Opp., t. 6, p. 334) attribue cet ouvrage anonyme à Henniges; il dit qu'il est écrit d'une manière fort élégante, et en bon latin. Quant au nom d'Hyetopolis, on trouve dans des chartes anciennes que Batisbonne est souvent nommée Imbripolis, au lieu de Begensburg (ville de pluie), qui est la même chose qu'Hyetopolis. 5° Discursus de jureUgationisstatuumimperit; Eleutheropoli (pro-
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bablement aussi Ratisbonne ), 1701 , in -8°. Cet ouvrage fut publié sous le nom de Juttinut Pretbenta. Henniges avait choisi sans doute ce pseudonyme, afin de pouroir dire librement sa façon de penser sur les deux premiers plénipotentiaires envoyés par Louis XIV à la diète de l'empire, et surtout sur le comte de Cressy. L'auteur n'a pas manqué son but ; fourrage fit quelque sensation : les Mémoires de Trévoux de 1702, juin, 146, renferment sur ce discours une critique très-bien faite. 6° Meditationum ad instrum. pacit Catareo- Sueciatm tpecimina x (sans nom d'auteur ni de lieu d'impression), 1706-1712, in-4°. Cet ouvrage, plus utile à la jurisprudence qu'à l'histoire , est d'un grand intérêt, et fournit des notices trèsremarquables. Le caractère diplomatique dont Henniges était revêtu, pouvait seul servir d'égide à une critique aussi hardie que celle qu'on y trouve; et cependant peu s'en fallut que ce livre ne fut supprimé, et même brûlé par la main du bourreau. C'est surtout dans la préface que l'auteur juge avec une extrême franchise les diflérents commentateurs du traité de paix qui est l'objet de ses réflexions. Ces Meditationes sont une copie exacte du traité de Westpbalie, avec des notes remplies d'érudition. Il y traite avec une impartialité parfaite et les catholiques et les protestants ( son jugement penche cependant toujours plus en faveur des États qu'en faveur de l'empereur d'Allemagne). Comme le traité de Munster donna lieu d'agiter presque toutes les questions du droit public , le savant ouvrage de Henniges sur cette matière a placé son auteur parmi les publicistes du premier ordre. Dans les Obstrv. teUtt. Halens., on trouve du même auteur Obtercationet fret 1. de jure belli et pacit, ttatibut imperii compétente; 2. de jure belli et pacit, ttatibut imperii, ri tuperioritatit , compétente; 3. de jure belli et fœderum ttatutm imperii germanici. Ce même recueil renferme : Contiderationet ad claumlam art. IV pacit Ryteicentit. Les archives royales de Berlin conservent encore de ce ministre un manuscrit en dix-sept volumes , dans lequel il a traité l'histoire de la diète de l'empire : il y a joint un index de 1662 jusqu'en 1675, et beaucoup de pièces justificatives. Cette histoire s'étend ensuite sans index jusqu'en 1711. La vie de ce célèbre homme d'État a été écrite en latin par J.-S. Strebel, et publiée à Anspach, 1757-1758, in-i». B — u — d.
HENNIKER (sir Frédéric), voyageur anglais, né à Londres le 1" novembre 1793, commença ses études à Eton et les finit à Cambridge. De même que beaucoup de ses jeunes compatriotes, il consacra une partie de son temps à parcourir les pays étrangers. Après avoir vu la France, la Suisse et presque toute l'Italie, il quitta Naples pour Malte où il s'embarqua le 6 octobre 1819, et le *6 entra dans Alexandrie. Rosette, Damiette, Semenhout et d'autres villes du Delta occupèrent successivement son attention. Du Caire il se dirigea ▼ers la haute Egypte par le Nil, qu'il remonta
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jusque dans le voisinage de la seconde cataracte. De retour dans l'antique pays des Pharaons, il alla d'Esneh à l'oasis de Bœris, et revenu au Caire, en février 1820, tourna ses pas vers Suez, Tor et le mont SinaY. Ce ne fut pas sans danger qu'il atteignit Ascalon , sur les bords de la Méditerranée , dont il suivit le rivage jusqu'à Jafla. Quand il fut à Jérusalem, il voulut descendre vers Jéricho et le Jourdain. Il n'avait pour toute escorte qu'un domestique et un janissaire. Celui-ci avait protesté à Henniker qu'il n'y avait pas de danger de ce côté du Jourdain. Cependant la petite troupe fut attaquée dans cette route, qui de tout temps a été si mal famée pour les brigandages qui s'y commettent , et où Jésus-Christ a placé la scène de la touchante parabole du voyageur et du Sa- j maritain. Henniker fut très-grièvement blessé d'un coup de sabre à la tête et entièrement dépouillé; i ses gens le conduisirent à demi mort à Jéricho, où des femmes turques furent les seules qui prirent un intérêt véritable à son malheur et lui donnèrent quelques soins. Le lendemain le gouverneur lui annonça qu'il avait fait éclairer la \ route ; le pauvre blessé fut ramené à Jérusalem attaché sur un chameau , et souffrit horriblement dans ce trajet; un des religieux du couvent de la Terre-Sainte le pansa. Au bout de trois semaines une partie des effets qu'on lui avait pris lui fut rendue, mais il remarque très-gaiement que cette restitution n'avait d'autre but que de le piller une seconde fois. Il fut retenu vingt-huit jours au lit, puis se hâta de regagner Jafla. 11 fit ensuite une excursion à Nazareth, à St-Jean d'Acre, dans la Syrie, jusqu'à Balbek; revint vers la côte, prit la mer à Beirout ; vit en passant les lies de Cyprc et de Rhodes, débarqua sur le continent voisin; gagna Smyrne et bâta sa route par Athènes, Hydra , Constantinople , Varna , Boukharest et Vienne. Enfin il revit sa patrie après trois ans d'absence. Sa santé ne fut jamais complètement rétablie; cependant il accepta le grade de commandant d'un bataillon de la milice du comté d'Essex. H mourut à Londres le 6 août 1825. On a de lui , en anglais : Motet recueillit! durant une visite, en Egypte, en Nubie, à Voatit de Barit, au mont Sinaï et à Jérusalem, Londres, 1821 (2* édit.), 1 vol, in-8°, fig. Ce livre, écrit sans prétention, contient des détails intéressants sur les pays dont le titre fait mention. Le reste est traité plus succinctement. L'auteur décrit bien les contrées qu'il a parcourues; ses observations, sans être profondes, plaisent par la manière aisée dont elles sont présentées. U raconte avec agrément ses aventures. Celle qui pensa lui coûter la vie ne lui fait proférer aucune de ces expressions de ressentiment dont d'autres voyageurs sont prodigues pour de simples contrariétés. Les planches, dessinées par Henniker lui-même, font regretter que leur nombre soit si restreint. E— «.
HENNIN (Henri-Christus), docteur en médecine, mais moins connu sous ce rapport que comme
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értulit, naquit en Uollandc dans le 17* siècle. U joignit l'enseignement de son art à la pratique, s'établit à Du>sbourg, et ensuite à Utrecht, où il mourut en 1703. On a de lui : 1° Grœcam linguam non esse pronuntUmdam smutdam accenlus dissertatio paradoxa, Utrecht, 1084, in-8°. Il cherche à y prouver que les accents n'étant d'aucune utilité dans les langues parlées, on n'a dù les inventer pour la langue grecque que lorsqu'elle a cessé d'être vulgaire , et que l'usage des accents ayant été arbitraire , la prononciation qu'ils déterminent ne peut qu'être fautive. Vossius a soutenu cette opinion; mais Job. Rod. Wetstein, dans une lettre à llagliabecchi, en a démontré la fausseté par différents passages des anciens auteurs, et entre autres du traité de Denis de Thrace , De accentibus. 2" La traduet. latine deVBuloire des grand* chemins de l empire romain, avec les remarques critiques et des notes extraites des manuscrits de Bergivr, dans le 10* volume du Thésaurus antiquit. Romaitarum de Grxvius; 5° une édition très-estimée des satires de Juvénal avec des notes , Utrecht, 1685, in-4°. Elle a été réunie à celle des satires de Perse, donnée par Casaubon , et reproduite avec un nouveau frontispice, Leyde, 1695. 4° Une bonne édition des Epistola itintraria de Jacq. Tollius, Amsterdam, 1700, m-»-, enrichie d'une préface et de notes suivantes (roy. Tollius). On lui attribue encore : Historia augusta imperator. romanor. a Ctrsare ad Josephum imp. ex J.-P. Lotiekii et J.-J. HoUmanni TetraUkkis , Amsterdam, 1710,in-fol., fig. W— s.
UENNIN (Pierre-Michel), diplomate, né à Paris ▼ers 1750, obtint fort jeune un emploi dans le département des affaires étrangères. Il accompagna M. le comte de Broglie dans son ambassade de Pologne, et se fit bientôt connaître par sa prudence et sa capacité. U mérita la confiance entière de l'ambassadeur, et obtint même celle du roi Louis XV, qui lui adressa plusieurs fois des instructions écrites de sa main. 11 fut désigné en 1761 pour tenir la plume au congres qui devait s'assembler à Augsbourg, et fut nommé en 1764 ministre résident en Pologne. U passa , deux ans après, à Genève, avec le même titre, réussit, par un esprit conciliant, à pacifier les troubles qui désolaient celte ville, et obtint l'estime des deux partis. 11 profita de son séjour dans le voisinage de Ferney pour voir Voltaire , et resta en correspondance avec cet homme célèbre, dont il admirait le génie sans partager toutes ses opinions. Appelé au poste important de premier commis des affaires étrangères et de secrétaire du conseil d'État et du cabinet du roi , il le remplit avec distinction jusqu'à l'entrée de Dumouriez au ministère (13 avril 1792). Ses talents et sa probité lui avaient mérité la bienveillance de l'infortuné Louis XVI , qui l'honora de sa confiance. 11 fut nommé, en 1794, membre de la commission administrative ; mais M. de Lavillefaeurnois ayant été arrêté (eoy. Baoïtta), on trouva dans ses papiers
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une note portant qu'en cas de rétablissement de la monarchie, Hennin serait proposé pour (a place de ministre des affaires étrangères; il n'en fallut pas davantage pour le faire éloigner do tous les emplois. 11 mourut à Paris, le 5 juillet 1807. C'était un homme très-aimable , et qui réunissait des connaissances fort étendues en histoire^ en géographie et en antiquités. U savait presque toutes les langues de l'Europe, était depuis 1785 membre de l'Aeadémie royale des inscriptions et belles-lettres, et fut aussi des sociétés des antiquaires de Cortone et de Cassel , et de l'Académie celtique, pour laquelle il a composé , avec F or lia d'Urban, deux rapports qui ont été imprimés plusieurs fois, et dont il a été le principal rédacteur. Il a laissé en manuscrit plusieurs ouvrages importants, parmi I ex pi ris on cite une Bibliographie des voyages en H volumes in-4», une Grammaire et un Dictionnaire polyglottes , et un poème intitulé Y illusion, dont il avait déjà composé soixante chants, et qu'il se proposait d'étendre jusqu'à cent : c'est, dit-on , une suite de tableaux et d'épisodes applicables en partie aux événements de la révolution, quoique subordonnés i une action principale entièrement imaginaire. — Un autre II non , frère du précédent , né à Paris le 28 août 1728, remplissait en 1790 les fonctions de procureur du roi à Versailles, et jouissait de festinte générale : il n'en fut pas moins destitué e ses fonctions, et mourut à Paris le 5 juillet 1804. W — a.
HENNINGES (Jérôme), savant généalogiste saxon, né à Lunebourg, dans le 16* siècle, eut pour professeur le célèbre Mélancbtbon , et après avoir terminé ses éludes, retint dans sa patrie, où il fut promu au saint ministère. U s'appliqua avec beaucoup de zèle à la recherche des antiquités historiques , et mit au jour le résultat de ses travaux dans un ouvrage intitulé Theatrvm geneulogicum o si t titans omîtes omnium cetatum /amiliât : m g tiare /ta ru m , tegum. ductm, m arc h u, m m. principum, comitum atgue it lu sir mm heroum et A#» rotuorum : item philosopàorum, oratorum, hutoricorum, quotquot a condilo mundo usqve ad Acre nostra tempora axervnt, etc., Magdebourg, 1598, 4 vol. in-fol., fig. U avait déjà publié séparément les différentes parties qui composent cet immense recueil; mais l'édition qu'on vient d'annoncer est la plus belle et la plus complète (1). De bure et Dav. Clément en ont donné chacun une description très-détaillée. Pour avoir la collection entière des généalogies d'Uenninges, il faut joindre à cet ouvrage : Genealùgiat aliqutf fmmtiurwn nobilimm
(1) IX bure indiqua, dam U BlUiogr. imtrnct. , a» 6671, comme supplément nécessaire au Tkeairum amualooitum, u* autre ouvrage lntitu'é Gtwtvloçim imptratorum , etc., dyîuuturuvt , çni tire» Saxtmico ta m §up*riori qmmm in/trieri )Vtiiphalteo tl Burguttdieo MPM&MAtttV l L'JUanbourg), 166T. in -fol Mais cv» généalogies font une partie du quatrième rolmr.e) du Tkéatmm. 1/erreur de Defaorc est d'autant plus étoaiuurte, qu'il avait toua 'es yeux le recueil d'Heaoiugea : U cet mvi:.a surprenant qu'elle ait M copiée pu la plupart dea Mbliograpbcs
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in Saxonia, qva tel a comitibus rtl a baronibut ortn, quosdam pontijiciam, quoidam episcopalem dignitaton adtptos produxerunt , Hambourg, 1590, in-fol. Cetle rare édition est ornée de gravures en cuivre de Goltzius et d'autres habiles artistes, et elle est en outre augmentée de pièces intéressantes : c'est donc avec raison qu'on la préfère à celle qui arait déjà paru à Uelzen en 1587. Les critiques ne sont pas d'accord sur le mérite des ouvrages d'Hcnninges ; quelques-uns l'ont loué avec excès, tandis que d'autres l'ont beaucoup trop rabaissé. On doit convenir, pour être Juste, que son érudition était immense , et que ses erreurs sont excusables à une époque où la critique historique était encore dans l'enfance. Il mourut le 28 février 1597. — HEiïxrccES t>E Jessex a composé un dictionnaire de la langue des Vénèdes, peuple slave du duché de Luncbourg. Eccard souhaitait vivement la publication de cet ouvrage , resté inédit, mais dont le manuscrit doit se trouver dans la bibliothèque de Wolfenbûttel. W— s.
HENNINGS (Jeas -Chris vophe), savant professeur et bibliographe, naquit en 1708, à Ploen, dans le Holstein. Il voyagea dans la France et dans la Hollande, après avoir terminé ses études à Iéna et à Strasbourg. En 1738, Hennings fut nommé professeur de physique et de métaphysique à l'université de Kiel, et bibliothécaire dans la même année. Il obtint en 1763 la démission de ses emplois académiques , et fit ensuite un voyage en Angleterre ; mais il revint à Kiel , et mourut vers Fan 1761. On ne sait pas l'époque précise de sa mort ; mais on prétend que ses recherches de la pierre philosophalc l'ont occasionnée. On le trouva un matin mort dans son lit, après avoir touché 6a pension la veille : un soldat qui lui avait servi d'aide dans ses travaux chimiques fut soupçonné d'être son assassin. Ce professeur a publié : 1° Spécimen planetographia phyncœ, inquirens pracipue an plancta tint habitait let , Kiel, 1738, in-4°; 2° De existentia Dei ex pudoris affecte dtmonstrata, fbid., 1742, in-4°; 5* Oralio de artium mechanicarum constitutione et dignitate , ibid., 1751, in -4"; 4« inusitata eodemque optima honrstioris jurentutit erudienda methodus, tum in reliquis studiis scholasticis , tum pracipue in lingua latina, îbid. , 1752, in-4»; 5" De logica scientia ad cxtmplar aritkmttices instituenda ratione. ibid., 47ï>2, in-4°; 6° ItibNotheca seu notifia librorum rariorum , latina et linguis cognatit , HaUca, hispanica. gallica, etc., item graca, nec non hebraa, arabica , pertica , athiopica , armenica , etc., scriptorum, in primit in utum eorum qui jxregrinas ad • uni bibliothecas , ordine alphabetico instructa , in qua alioram Itbores partim emendantur, partim non eontemnenà '■> numéro augenter, Kiel, 1766, in-8". Il n'a été publié que le premier volume de cet ouvrage intéressant, après la mort de Fauteur, par J.-H. Schulze. Ce volume finit avec Fartirle Contardi. Hennings avait fourni des notes nombreuses à P.-F. Arpe , pour son Histoire de la cour
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Ai due du Schleswig-Holstein Gottorp. etc., Francfort et Leipsick, 1774 , in-4°. Ce professeur a laissé, en outre, en manuscrit : Athena Cimbrica. site profestorum, quotquot hucusque in academia Kilonienti rixerunt , vita ac scripta , pramissa succincta fatorvm httjns academia historia , juxia pullicorum monumentorum fidem delineata. B — n— d.
HENNINGS (Acgcste-Adolphe-Fredéric de), publiciste, né en 1746, à Pinneberg, dans le duché de Holstein, débuta dans la carrière littéraire, dès sa sortie du gymnase d'Altona,en 1763, par une dissertation, De legibus Djnorum antiquissimis atque eonsvetudine judiciali, Altona , 1763. Trois ans après il soutint à l'université de Gœttingue une thèse , De usu et applicatione legis Sexta C. de teamdit nuptiit, 1766. Il composa aussi plusieurs mémoires pour la société historique fondée dans cette université par le professeur Gatterer. En 1771 le gouvernement danois, que son père avait servi comme conseiller d'État , le nomma secrétaire archiviste de la chambre des revenus allemands. L'année suivante il fut envoyé à Berlin en qualité de secrétaire de la légation danoise; quelque temps après il exerça les fonctions de chargé d'affaires tant près de la cour de Prusse que près de celle de Saxe. A Berlin comme à Dresde, Hennings fréquenta les littérateurs les plus distingués. Etant revenu à Copenhague vers la fin de 1776, il fut nommé conseiller de justice, et l'un des directeurs du magasin général. Conseiller d'État en 1779, il fut chargé de visiter le Jutland ; de retour en Danemarck , il fut nommé par le roi gentilhomme de la chambre , puis directeur des fabriques, et député près du coll :ge du Commerce. Désirant pourtant se retirer dans le Holstein , sa patrie , il obtint la charge de bailli de lloen et Arensl>ceck, puis celle d'administrateur du comté de Rantzau , charges qui lui laissaient du loisir pour s'occuper de travaux littéraires. Il rédigea, depuis 1791, trois ouvrages périodiques, le Génie du temps, intitulé ensuite Génie du Yx siècle, les Annales de t'hum mité sauf' frante, et enfin le htusagète , compagnon du génie du temps, ce qui ne l'empêcha pas de fournir encore des articles à divers journaux , et de composer des ouvrages tant littéraire que polémiques; car Hennings, trop irascible , eut des querelles très-vives, notamment avec Asmus, connu et estimé dans la littérature allemande sous le pseudonyme du Messager de Wandsbeck. En 1815 le roi de Danemarck lui donna la décoration de l'ordre de Danebrog. Hennings est mort octogénaire, le 17 mai 1827. Outre les ouvrages déjà indiqués et un grand nombre de brochures, il a publié : 1° (en français) Essai historijue sur tes arts et sur leurs progrès en Danemarck, 1778 Ik nnings a composé dans la même langue un poè"me' sur le Sentiment, 1780, qui est resté tout à Tait inconnu. 2" Olaeides, apte des notes sur la tolérance et les préjugés, Copenhague, 1779. Cet oavrage, écrit en allemand comme tous ceux qui