‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 23 sur 106 · MES · texte numérisé non relu

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suivent , donna lieu à une polémique , dont les pièces furent recueillies l'année suivante à Copenhague. 3° Estais philosophiques , 1780, 2 vol. in-8°; 4° De F administration financière en France, 1781 ; 8» Histoire philosophique et statistique de l'origine et des progris de la liberté en Angleterre . 1783 ; 6° Recueil de pièces officielles concernant la liberté du commerce et de la navigation , 1784 ; 7° État présent des possessions des Europétns dans tlnde, 1781-86; 8° Matériaux pour servir à la statistique des États danois, 1784-90 ; 9° Observations économiques faites dans un voyage en Jutland , 1786; 10° Le docteur Martin .^aer, par un ami des princes et du peuple, 2* édit. 1791; H- Bibliothèque philosophique des opinions diverses sur les intérêts actuels de C humanité, 1794; 12" Résultats, observations et projets d'auteurs connus ou anonymes sur la pédagogie, la religion , la philosophie et la politique. 1800. D-G.

HENNUYER (Jfas le), fameux éveque de Lisieux, né en 1197 à St-Quentin , suivant les uns, et suivant d'autres dans le diocèse de Laon. C'est à tort qu'on a prétendu qu'il avait été religieux de l'ordre de St-Dominique, aux Jacobins du grand couvent de Paris (1). Le Hennuyer Ht ses éludes au collège de Navarre, où il reçut en 1ÎÎ39 le grade de docteur. Il fut répétiteur du Dauphin qui depuis devint Henri II; il fut précepteur d'Antoine de Bourbon , père de Henri IV , et des princes Charles de Bourbon et Charles de Lorraine, promus depuis au cardinalat. En 1510 il obtint au collège de Navarre la chaire de théologie, qu'il conserva jusqu'en 1556. 11 se faisait depuis longtemps remarquer à la cour comme directeur de la conscience de Diane de Poitiers, maîtresse de Henri II, et ensuite de la fameuse Catherine de Médicis. Le i" juillet 1552, Henri II l'avait nommé son premier aumônier, charge qu'il conserva sous François H , sous Charles IX et sous Henri III , jusqu'en 1575. Au mois de février 1557, le roi donna l'évéché de Lodève à le Hennuyer, qui n'y était pas encore installé, lorsque, par une bulle du 29 janvier 1560, il fut transféré à celui de Lisieux, où il avait été nommé par François II en 1559, et dont il prit possession le 11 janvier 1561. Adversaire violent des calvinistes, il fit très-vivement un acte d'opposition au célèbre édit du 17 janvier 1562, qui leur était favorable. C'est cette opposition que l'on a confondue mal à propos avec les événements de 1572, pour attribuer à le Hennuyer l'honneur d'avoir sauvé les protestants de son diocèse du massacre de la St-Barthélemy, ordonné par Charles IX. Claude Héméré, dans son Histoire latine de St-Quentin, en 1643, et deux ans après, le P. Antoine Mallet, dans son Histoire des hommes illustres du couvent de Si -Jacques, sont les premiers qui aient parlé de la prétendue opposition de I'évéque de Lisieux aux ordres de la cour, transmis par Livarot, lieutenant pour le roi

II) Voyex les défaits de cette discussion et l'indication des pièces auxquelles elle s donne lieu dam le \ala . J . . .~î f Hennuyer «Un. le JUcriridc 1703 T ' ^

à Lisieux , lequel le pressait de s'unir à lui pour le massacre des huguenots. Telle est la fable qui a été depuis si fréquemment répétée, et qui a fourni à L. Séb. Mercier le sujet d'un drame. On a répété sans examen ce que, en confondant MDLXXII avec MDLXII, avait avancé Héméré, historien sans critique et sans réputation , éloigné du temps et des lieux où a dû se passer l'action héroïque dont il parle. Les historiens contemporains, qui seuls mériteraient confiance, n'en ont rien dit; l'épitaphe très-détail Ire de le Hennuyer n'en parle point; nul monument, aucun écrit, ne l'attestent à Lisieux. Le caractère connu dû prélat; sa violence contre les protestants, en 1562; ses titres d'aumônier de Charles IX et de confesseur favori de Catherine de Médicis, qu'il conserva plusieurs années encore après la St-Barthélemy; les reproches de méchanceté jusqu'au bout qui lui furent adressés, deux ans après la St-Barthélemy, par le calviniste Villemadon; la presque certitude de sa présence à la cour, où sa place d'aumônier devait l'appeler et le retenir à celte époque, puisque Amyot, son collègue, se trouvait en 1572 à Auxerrc, où il faisait reconstruire sa cathédrale; le silence des registres de l'hôtel de ville de Lisieux, qui depuis le 9 mai 1570 ne parlent pas de la présence de I'évéque dans son diocèse, et qui attestent que ce n'était pas Livarot, mais Gui du Longchamp de Fumichon , qui était gouverneur pour le roi , et que ce fut à ses soins, ainsi qu'aux mesures de précaution de Tannegui le Veneur de Carrouges et des officiers municipaux, que les protestants de Lisieux durent leur salut : tous ces motifs prouvent jusqu'à l'évidence qu'il n'est pas vrai que Jean le Hennuyer se soit opposé au massacre des huguenots à l'époque de la St-Barthélemy. Aussi les savants bénédictins qui ont rédigé l'article des évéques de Lisieux , dans la Gallia christiana. en 1759 (t. 12), sur des matériaux et des renseignements qu'ils reçurent de Pévéchéet de quelques chanoines instruits, n'ajoutent aucune foi aux récits de Héméré ni de Mallet Dès 1746 l'abbé Prévost avait, dans le Mercure de France, démenti « l'action héroïque de charité « attribuée à Jean le Hennuyer en faveur des hu- « guenots de son diocèse. » Ainsi il faut reléguer cette action héroïque parmi les mensonges qui sont , sans examen , répétés de siècle eu siècle , et qui font de l'histoire , comme disait Fontenelle, un recueil de fables convenues. Le Hennuyer mourut à Lisieux en 1578, le 12 mars, et non le 12 août, comme le disent quelques biographes. D— b— s HENOCH. Voyez Exoca.

HENON (Jacques-Marie), né à Sarques en Picardie vers 1750, fut d'abord professeur à l'école vétérinaire d'Alfort, puisa celle deLvon, où ii est mort le 7 mai 1809. Il fut en 1800 un des fondateurs de l'Athénée de cette ville (aujourd'hui l'Académie des sciences, belles-lettres et arts), et publia en 1802, avec Jacques-Mouton Fontenille,

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l'Art d'empailler les oiseaux , Lyon , Bruyset aîné , in-8°. C'est une seconde édition considérablement augmentée d'une brochure publiée, l'année précédente , sous ce titre : Observation* et expériences sur l'art d'empailler et de conserver les oiseaux; in-8°. Son fils, Louis Hénon, gendre du célèbre vétérinaire J.-B. Huzard , est un des membres les plus distingués de la société d'agriculture de Lyon; il dirigea longtemps la pépinière du département du Rhône, et fut en 1852 un des députes élus par ce département au corps législatif. Z.

HENOUL (Jean-Baptiste), né à Liège en 1755, fit ses études dans cette ville et s'y fit recevoir avocat en 1778. Sa vie fort retirée se partagea entre l'étude des annales de sa patrie et les devoirs de son état. On lui doit un ouvrage historique sur le pays de Liège, qui passe pour être assez bien écrit et pour lequel il avait fait beaucoup de recherches. On regrette seulement qu'il n'ait poussé son travail que jusqu'à l'année 1469, quoiqu'il l'eût annoncé comme devant aller jusqu'à l'année 1789. llenoul a coopéré longtemps à la rédaction du Journal de la province de Liège, OÙ dans des articles fort curieux il a exposé l'origine de différents usages et de coutumes singulières du pays. 11 mourut à Liège le 10 octobre 1821. Voici le litre de son livre : Annales du pays de Liège depuis les derniers Eburons , jusqu'au règne du prince-écéque Georges-Louis de Bergh. contenant les événements les plus remarquables tant de l'histoire de Liège que de celle de France, Liège, sans date, in-8° de xvi et 247 pages. L— t— l.

HENRI 1er, dit l'Oiseleur, à cause de sa passion pour la chasse, roi de la Germanie ou de l'Allemagne, est généralement compté au nombre des empereurs, quoiqu'il n'en ait jamais eu le titre (1). H naquit en 876, et était Gis d'Otbon l'Illustre, duc de Saxe, qui refusa , dit-on , le trône à raison de son âge, et fit élire Conrad , son ennemi, mais dont il appréciait la valeur. Ce trait de magnanimité, si étonnant dans un pareil siècle, n'empècha pas Conrad de faire la guerre au jeune Henri et de le dépouiller d'une partie de ses Étals ; mais U reconnut ses torts à son égard, et le désigna en mourant pour son successeur, au préjudice de son propre frère. Rien n'est moins certain, et, on ose le dire, moins vraisemblable que toutes ces circonstances, quoique rapportées par des auteurs presque contemporains. Henri fut nommé roi d'Allemagne en 919; et l'on doit remarquer ue les députés des principales villes eurent part son élection. Ces députés ne donnèrent point leurs suffrages comme les évéques et les seigueurs, mais ils approuvèrent par leurs acclamations le choix fait en leur présence. Eberhard, frère de Conrad, envoya à Henri la lance, le

|1) Dan* mi dipl6mcs il prend quelquefois le Utre i'advocatut Komnn mm , et dan» d'autres il se qualifie Franti* Orientait! wmx. Malt on n'eu connaît yu où U lit pria mfmt le titre de roi

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manteau, le diadème et l'épée des anciens rois; et ces ornements, dont l'histoire d'Allemagne fait ici mention pour la première fois, ont été, dit-on , toujours conservés depuis à Nuremberg. Henri prouva sa reconnaissance à Eberhard en lui accordant l'investiture du duché de Franconte et du palatinal du Rhin. Les premières années du règne de Henri n'offrent presque aucun événement important. Il soutient une courte guerre contre Arnoul le Mauvais, duc de Bavière, et la termine en lui faisant de légères concessions. Le sort de la Lorraine était encore indécis, et cette belle province n'appartenait ni à l'Allemagne ni à la France. Henri s'en empara en 925 sur le duc Gislebert , à qui les rois de France l'avaient donnée, et la lui rendit en le mariant à sa Glle Gerberge, sous la condition que son gendre relèverait de l'empire. Henri tenta ensuite de policer ses États ; il obligea ses grands vassaux à entretenir des corps de milices destinés à maintenir la tranquillité publique et à protéger les voyageurs, que les plus petits seigneurs se croyaient en droit de rançonner. Avant lui, les villes n'étaient que des bourgades défendues par quelques fossés. Il les Ût environner de murs garnis de tours et de boulevards; et comme les grands en redoutaient le séjour, il sut les y attirer en attachant aux charges municipales des privilèges capables d'exciter leur ambition. On y établit des magasins où les cultivateurs devaient apporter le tiers de leurs récoltes, pour faire subsister les armées en temps de guerre. C'est ainsi qu'il bâtit Brandebourg, Sleswig, Meissen, Gotha, Erfurt, Goslar, etc.; et enfin il établit, sous le nom de margraves ou marquis, des gouverneurs chargés spécialement de s'opposer aux nouvelles invasions des barbares. Les Slaves et les Vandales recommencèrent bientôt leurs agressions; mais ils furent repoussés partout. Ce succès détermina Henri à s'affranchir du tribut que son prédécesseur s'était soumis à payer aux Huns. On dit que leurs envoyés étant venus réclamer l'exécution du traité, il leur fit présenter un chien galeux auquel on avait coupé la queue et les oreilles. Cette insulte sanglante amena une nouvelle guerre; mais Henri, qui y était préparé, défit les Huns près de Mersebourg, en 933, et les chassa de toute l'Autriche. Pour les tenir en respect, il fit alors fortifier quelques villes, et les peupla en levant le neuvième des hommes de la province. Il tourna ensuite ses armes contre les Danois, les vainquit et leur fit embrasser le christianisme. Après avoir assuré la tranquillité de l'Allemagne, il se disposait à passer en Italie pour se faire couronner empereur, lorsqu'il mourut à Uimmeln , en Saxe, le 2 juillet 936, âgé de 60 ans. Son corps fut transporté dans l'abbaye de Qucdlinbourg. C'est du règne de ce prince que date la civilisation de l'Allemagne, dont, avant lui , les habitants n'étaient guère moins barbares que leurs voisius. 11 disciplina le premier ses

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armées; favorisa les arts et le commerce, en accordant des privilèges aux villes ; régla la tenue des assemblées publiques ; fonda des maisons religieuses , et les chargea d'élever les en fants des militaires morts sans fortnne. On croit qu'il fut le premier qui forma des chapitres de chanoinesses, pour y réunir les filles nobles dont les familles avaient *été détruites ou ruinées par la guerre. Quelques auteurs lui attribuent aussi l'institution des tournois, qu'il établit, dit-on, à Goctlingue, en 944, après avoir défait les Hongrois à Mersebourg (1). Redouté de ses voisins, il fut chéri de ses peuples pour sa douceur et son amour de la justice. Enfin l'histoire ne lui reproche que son goût excessif pour les plaisirs et sa trop grande vivacité; mais, malgré ces défauts, il mérite d'être mis au rang des grands roîs. Il avait épousé Hathrurge, fille d'un comte de Mersebourg, qu'il enleva du couvent où elle s'était retirée après la mort de son premier mari; il s'en sépara ensuite, pressé par l'évêque dUalberstadt, qui le menaçait de l'excommunier, et il se remaria à Meehtilde, fille d'un comte de Ringelheim. Il eut de sa première femme un fils nommé Tancard , tué à Mersebourg en 939; et , de la seconde, Gerberge , mariée à Giselbert , duc de Lorraine, et ensuite à Louis IV d'Outre-mer, roi de France ; Othon le Grand , qui lui succéda ; Henri , duc de Bavière ; Brunon , archevêque de Cologne, puis duc de Lorraine; et Aduide ou Halwine, mariée è Hugues le Grand, comte de Paris, et mère de Hugues Capet, tige de la maison de France. Les événements du règne de Henri 1er ont été recueillis par Dithraar, Wilikind et Jean Conrad Uieteric. On a aussi sa Vie par un anonyme, dans le Thésaurus de Canisius, t. 5; De Henrieo aucupe liber singulnris, par Nicolas- Henri Gundling, Halle, 1711, in-4°; et Henricus tttteeps, hiitoria aneeps , ibid., 1713, in-4». Ces différents ouvrages sont estimés. W — s.

HENRI H, dit le Boiteux ou le Saint, arrièrepetit-fils du précédent, né en 972, se distingua I parmi les prétendants à l'empire , après la mort ! d'Othon Ul, son cousin. 11 était duc de Bavière. Eckard, marquis deTburinge, le plus opiniâtre ' de ses rivaux, ayant été assassiné, Henri se rendit j à la tète d'une armée à Mayence, et s'y fit sacrer ! le 49 juillet 1003. 11 déclara aussitôt ennemi de l'empire Herraann, duc de Souabe, l'un de ses compétiteurs; et les autres princes, effrayés, se hâtèrent de lui prêter serment d'obéissance. 11 renouvela la cérémonie de son sacre à Aix-la- Chapelle; épousa Cunégonde, fille de Sigefroi, premier comte de Luxembourg , et la fit couronner à Paderborn , où il reçut de nouveau les hommages de ses vassaux. Pendant ce temps- là, Arduin, marquis d'Ivrée , se révolte, se fait élire roi d'Italie, et prend le titre de César. Henri en-

(1| Pfeffel attribue l'in»Ut«Uon des tooraoU à Geofrol de Prcutîli, qui visait en France |au 11* *iède, mais qui ne fil probablement que rédiger l«j règle» qa'oo y obx.rva dermia.

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vole contre lui des troupes, mais elles sont battues dans le Tyrol ; et retenu en Allemagne par la crainte que lui donnent les succès des Polonais, Il est forcé d'ajourner sa vengeance. Boleslas, roi de Pologne , s'était emparé de la Bohême , de la Misnit et de la Lusaee. Trop faible pour les lui reprendre, Henri consent à lui laisser ces provinces, à la seule condition d'en rendre hommage ; et , ne pouvant l'y amener, il se borne à gagner ses partisans pour l'empêcher de tenter de nouvelles conquêtes. Etienne, roi de Hongrie, était occupé à faire la guerre à quelques-uns de ses sujets qui avaient pris les armes pour s'opposer aux progrès du christianisme. Henri, se voyant tranquille de ce côté, passa dans l'Italie en 1005, et Arduin s'enfuit à son approche. H se fait couronner roi des Lombards dans la cathédrale de Pavie. Quelques seigneurs veulent profiter du tumulte des fêtes pour l'assassiner : le complot est découvert ; il en fait punir les auteurs, et se hâte de revenir en Allemagne. U vole au secours des Bohémiens, qui tentaient de secouer le joug des Polonais , et les aide à expulser leurs ennemis. Othon, dernier duc de Lorraine de la race de Charlemagne, étant mort en 4008 , Henri donne l'investiture de ce duché à Godefroy, comte des Ardennes : le duc de Bavière veut s'y opposer, mais il est dépouillé lui-même de ses Etats. Cependant les Polonais continuent à inquiéter Henri, et en 1011 ils remportent sur ses troupes de grands avantages {voy Roleslas le Grasd). Fatigué de cet état d'agitations, ff fait vœu d'embrasser l'état ecclésiastique, et, pour s'en relever, fonde à Strasbourg un canonicat dont le titulaire est appelé le Roi des chanoines. H termine enfin la guerre avec les Polonais et rend le calme à la Bohême ; mais des chagrins cuisants troublent sa paix intérieure : son épouse, accusée publiquement d'a.lultère, est obligée de se justifier par l'épreuve du feu (rot/ Ccnécoxoe). Arduin , après le départ de Henri , s'était ressaisi du pouvoir en Italie. Henri y rentre en 1013 avec une armée , et Arduin prend une seconde fois la fuite (roy. AitM;r>). Henri se transport!1 à Rome et y est couronné, avec l'impératrice Cunégonde, le 2i février 1014. On rapporte que le pape Benoit VIII , étant allé recevoir l'empereur à l'entrée de la basilique de St-Pierre , lui dit : « You- « lez-vous garder à mot et à mes successeurs la « fidélité en toutes choses ?» et qu'Henri lui fit cette promesse. Il confirma en effet les donations de ses prédécesseurs au saint-siége. Après avoir acheté de soumettre la Lombardie, il retourna en Allemagne en passant par la France; se fit agréger à la communauté de Cîuny, et voulut ensuite se faire moine à l'abbaye de St-Vannes de Verdun. Mais l'abbé l'en empêcha, en lui disant : « Les moines doivent obéissance à leur abbé; eh « bien, je vous ordonne de rester empereur. » Des guerres en Bohême, ou sur les frontières de Pologne, occupent Henri pendant plusieurs années.

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0 était maître de toute la haute Italie; mais les Sarrasins continuaient de rarager la Calabre et la Pouilie; en 1041, ils poussèrent leurs incursions jusque dans la Toscane. L'empereur y rentra l'année suivante, à la prière du pape, obtint quelques avantages dans la Pouilie, et se hâta de repasser les Alpes, sans avoir rien terminé. 11 eut, en 1043, une entrevue avec Robert, roi de France, entre Sedan et Mouzon; Henri vint trouver Robert dans son camp, sans escorte. C'était, dit Voltaire, plutôt une visite d'amis qu'une conférence de rois; eiemple peu imité. L'objet de cette entrevue était de cimenter la paix entre l'État et l'Église. H parcourut ensuite ses Étals d'Allemagne , qui étaient en paix. Sentant sa fin approcher, il s'y prépara en chrétien, et mourut au château de Grône, près d'Ilalbersladt, le 14 juillet 1024, âgé de 52 ans. Son corps fut inhumé dans la cathédrale de Bamberg, qu'U avait fondée et richement dotée. En lui finit la branche des empereurs de la maison de Saxe. C'était un prince faible, défaut qu'excuse la douceur de son caractère; mais il chercha constamment à améliorer le sort des peuples; il établit des monastères et des abbayes qui devinrent autant de pépinières de savants hommes et de vertueux prélats. Enfin on ne peut guère lui reprocher que son excessive déférence aux volontés des papes, qui affaiblit l'autorité impériale et amena de grands désordres. L'Église a mis Henri au rang des saints; et elle célèbre sa féte le 14 juillet. On peut consulter sur le règne de ce prince les historiens cités dans l'article précédent. Sa rie, attribuée à Adebold, érêque d'Ltrecht, a été insérée dans le Thésaurus monument, de Canisius, avec des notes de Basnage; et elle a été réimprimée dans les Aeta sanctorum, rolume de juillet , avec une introduction et un appendix accompagné de gravures représentant le chef du saint empereur , son manteau , et différentes reliques précieuses dont il avait enrichi l'église de Bamberg. Conrad il, dit le Saiique. fut son successeur. W— s.

HENRI III , dit le Soir, empereur d'Allemagne, succéda, en 1039, à Conrad II, son frère, qui l'avait fait élire et sacrer roi des Romains. H fut sacré une seconde fois par l'archevêque de Cologne, et reconnu sans opposition. Les premières années de son règne furent troublées par la révolte des Bohémiens : il les vainquit en 1042, et fit prisonnier leur roi Vladislas. L'année suivante , il rétablit sur le trône de Hongrie Pierre, qui en avait été chassé par ses sujets. Ayant pacifié l'Allemagne et pris des mesures pour en assurer la tranquillité, il passa en Italie, où tout était en confusion. Il assembla dans Sulri un concUe qui déposa Grégoire VI , comme simoniaque, et fit élire à sa place Suidger, évéque de Bamberg, son chancelier. Le nouveau pape , qui prit le nom de Clément H, couronna Henri et Agnès , sa femme, Je jour de Noël 1040. Henri donne l'investiture de la Calabre, de la Pouilie et d'une partie du

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Bénéventin aux princes normands, et il revient ensuite en Allemagne. Clément meurt en 1018; et Henri désigne pour son successeur Oamase H; a Damase succède, l'année suivante , Léon IX; et c'est encore Henri qui le met en possession de son siège. Jamais empereur n'avait joui d'une semblable autorité dans Rome. Les Hongrois se révoltent de nouveau contre leur roi Pierre; ils lui crèvent les yeux et refusent de se reconnaître vassaux de l'empire. Henri leur fait la guerre; mais ce n'est pas arec le même succès que la première fois: il ne peut la terminer qu'en donnant sa fille en mariage à Audré, qu'Us avaient élu roi à la place de Pierre (coy. Asdré, roi de Hongrie). Henri prend en 10Ô3, la défense de 1* évéque de Ralisbonne contre le duc de Bavière, dépouille ce prince de ses États, et les donne à son fils Henri, âgé de trois ans, qu'il fait reconnaître roi des Romains; il cherche à assurer le pouvoir dans les mains de cet enfant, passe en Saxe pour repousser les agressions des Slaves, et meurt dans le château de Botfeld (sur les confins de la Saxe et de la Thuringe), le 3 octobre 1036, âgé de 39 ans. 11 avait été marié à Marguerite , fille de Canut, roi d'Angleterre , puis à Agnès, fille de Guillaume , duc d'Aquitaine et de Poitou, laquelle épousa ensuite Geofroi Martel, comte d'Anjou. W — s.

HENRI IV, empereur d'Allemagne, n'avait que six ans lorsqu'il succéda, en 1036, à son père Henri le Xoir. La diète donne à Agnès d'Aquitaine l'administration des affaires publiques , peudant la minorité de son fils; mais une partie de l'Allemagne est bientôt agitée par des troubles. Des hommes ennemis de toute dépendance se trouvaient humiliés d'obéir à une femme étrangère. Olhon, margrave de Saxe , lève le premier l'etendart de la révolte ; mais il est tué dans un combat. Les Polonais, devenus si redoutables à leurs voisins, ravagent la Bohême, et obligent André, roi de Hongrie, à chercher un asile à Ralisbonne. Au milieu de ces désordres, l'impératrice Agnès maintenaitavec peine son autorité : elle est accusée de se laisser gouverner par l' évéque d'Augsbourg, son ministre ; et, sous ce prétexte, les oncles de Henri lui enlèvent son (ils en 1061. Le pape Nicolas II meurt, et Henri désigne pour son successeur l'évéque de Parme : mais l'archidiacre Ilildebrand, appuyé par les Normands, fait élire Alexandre H, sans la participation de l'empereur, et le maintient malgré lui. A peine échappé à la tutelle de ses oncles les ducs de Saxe et de Bavière, Henri est obligé de leur faire la guerre; et, aidé du reste de l'Allemagne , il obtient des succès contre eux. U met Olhon de Bavière au ban de l'empire et donne ses Étals à Guelpbe, fils d'Axon, marquis d'Italie : il fait construire des forts dans la Saxe, pour en maintenir les habitants; mais U a l'imprudence d'en confier la garde à ce même Othoo, qu'U avait dépouillé, et qui ne se servit de son pouvoir que pour favoriser les mécontent*. La corruption des mœurs de l'empereur

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Henri «cita les murmures de ses sujets; et la fameuse querelle touchant les investitures des bénéfices ne tarda pas à le brouiller arec le saint- »iége. Les Saxons se révoltent en 1073, reprochant à l'empereur ses débauches et la licence de ses troupes, l'accusant de vendre les bénéfices à son profit ; il choisissent le pape pour juge. Henri , loin de repousser de pareilles prétentions, écrit, de son côté, à Grégoire VII , pour le prier d'excommunier les Saxons comme sacrilèges. Il se décide enfin à reprendre les armes contre eux, les défait à llohenbourg en Thuringe, et les oblige d'accepter les conditions qu'il voudra leur imposer. Le pape cite l'empereur victorieux à son tribunal , et lui enjoint de se justifier. Henri assemble une diète à Worms (1076), et la consulte sur la conduite qu'il doit tenir avec le chef de l'Église. Un cardinal nommé Hugues fait un long discours pour démontrer que le pape s'est rendu coupable en se constituant le juge de son souverain ; et la déposition du pontife est prononcée a la majorité des voix (roy. Grécoire VII). Mais Grégoire, loin de se laisser intimider, excommunie l'empereur, dont il délie les sujets du serment de fidélité; la plupart même de ceux qui l'avaient déposé le supplient de se rendre à Augsbourg pour y juger ce prince définitivement. Le malheureux Henri, voulant prévenir cette humiliation, passe en Italie, suivi d'un petit nombre de serviteurs fidèles, et arrive, dans le mois de janvier

1077, au château de Canossa sur l'Apennin, où le pape était alors avec la comtesse Mathilde ( roy. Matbilde). Il demeura trois jours dans la cour du château, exposé aux injures de l'air et sans prendre de nourriture jusqu'au soir. Le quatrième jour, il lut admis devant le pape , lui baisa les pieds , et jura de se soumettre à sa décision. A ce prix , le pape lui donna l'absolution. Mais les seigneurs lombards, indignés de l'outrage fait à la majesté royale dans la personne de Henri , menacent de se choisir un autre maître, s'il ne rompt ce honteux traité. Il accepte donc leurs secours ; mais, pendant qu'on arme pour lui en Italie, les seigneurs allemands élisent empereur Rodolphe, duc de Souabe. Henri repasse en Allemagne en

1078, lève une armée, et marche contre son rival, qui se défend avec vigueur. La plupart des provinces de l'empire sont ravagées tour à tour par les deux partis. Tandis qu'on se bat en Allemagne avec une fureur égale de part et d'autre, Grégoire Vn, échappé aux Lombards qui le bloquaient dans Canossa , envoie à Rodolphe une couronne d'or et une bulle qui appelait la malédiction du ciel sur les armes de son ennemi. Henri lui répond en faisant déposer une seconde fois le pontife par les évéques allemands assemblés à Brixen. C'était une cérémonie aussi déplacée qu'inutile. Mais enfin , malgré l'arrêt du pape , Rodolphe fut tué à la bataille de YVolksbeim près de Géra ; et Henri, Vainqueur, rentra en Italie en 1081, conduisant avec lui l'évêque Guibert, qu'il avait fait élire pape.

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A son approche, Grégoire VHs'enferme dans Rome, d'où il lui propose de le couronner s'il se soumet à demander l'absolution. Henri assiège Rome, s'en empare, et bloque le château St-Ange, où le pape s'était retiré. 11 continuait cependant de traiter avec Grégoire; il se lasse bientôt de la lenteur des négociations, instaUe son antipape Guibert, et reçoit de sa main la couronne impériale. L'arrivée de Robert Guiscard au secours de Grégoire força Henri de s'éloigner de Rome; mais il y revint en 1085; et après y avoir fait reconnaître son autorité, il se hâta, comme tous ses prédécesseurs, de retourner en Allemagne. Les Saxons venaient d'élire empereur Hermann , comte de Luxembourg. Henri bat les Saxons, soumet la Thuringe; mais la Bavière et une partie de la Souabe lui résistent avec succès; ses armées n'étaient pas assez nombreuses, et on le voit toujours obligé de recourir à la voie des négociations. A force de promesses, il parvint à gagner les principaux partisans de Hermann, auquel il pardonna dès qu'il fut malheureux, et qui mourut ignoré dans ses terres. Les Saxons, lassés enfin d'une guerre dont ils soutenaient tout le poids depuis vingt ans, s'abandonnent à la générosité de Henri; et il rentre aussitôt en Italie, où la comtesse Mathilde, sa cousine, lui suscitait des ennemis par zèle pour les intérêts du saint-siége. Mais ensuite, dès qu'il en est reparti , son fils Conrad, qu'il avait fait élire roi des Romains, se révolte, et, avec les sommes qu'il reçoit de Matbilde, lève des troupes pour assurer l'indépendance de l'Italie. Le pape Urbain il appuie les projets de ce fils criminel, et excommunie l'empereur. Sa nouvelle épouse, Adélaïde de Russie , s'enfuit secrètement , et demande justice contre lui au concile de Plaisance. Le malheureux Henri assemble en 1097 une diète à Aix-la-Chapelle; et après y avoir exposé la juste douleur qu'il ressent de la trahison de Conrad, demande que Henri, son second fils , soit élu à sa place roi des Romains. Il ne conservait plus d'autorité en Italie ; mais l'Allemagne était tranquille. Il fait plusieurs règlements pour le maintien du bon ordre; et, dans le dessein de se réconcilier avec le pape, il annonce le projet d'aller rejoindre les croisés dans la terre sainte. Mais comme il ne pressait pas les préparatifs de son départ, les légats du pape gagnent le jeune Henri, le relèvent de l'excommunication <]u*il avait encourue pour avoir promis d'être fidèle à son père, et indiquent un concile pour régler les affaires de l'Allemagne. L'empereur écrit à son fils, espérant le ramener à son devoir par la douceur : mais ce jeune ambitieux lève une armée, fortifie son parti du marquis d'Autriche , du duc de Bohême et des mécontents toujours nombreux. Cependant une nouvelle diète est convoquée à Mayence. L'empereur s'y rend le premier et presque sans escorte. Son fils vient l'y trouver, lui demande pardon les larmes aux yeux , et l'ayant attiré hors de la vtUe, le fait arrêter et enfermer

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dans le château de Bingenbeim. La diète se déclare pour le fils perfide , contre le père malheureux. On arrache à celuî-ci les ornements impériaux, et l'usurpateur en est solennellement revêtu. Henri s'évade de la prison, se retire à Cologne et ensuite à Liège, d'où il écrit à son fils pour le supplier de lui laisser ce dernier asile. « Laissez-moi , lui dit-il , rester à Liège, sinon en «empereur, du moins en réfugié! Qu'il ne soit « pas dit à ma honte, ou plutôt à la nôtre, que je « suis obligé d'errer dans le temps de Pâques. » Le jeune Henri, insensible à cette humble prière, tente d'enlever son père, et, irrité d'avoir échoué dans ce dessein , n'en poursuit qu'avec plus de rigueur ceux qu'on soupçonnait de lui demeurer attachés. Henri IV, accablé de douleurs, mourut à Liège, le 7 août 1106, appelant les vengeances du ciel sur la tête de son fils coupable. Son corps fut exhumé par ordre de ce fils dénaturé, et porté à Spire, où il resta encore près de deux ans dans une cave, privé de sépulture comme excommunié. Henri, prince d'un caractère faible, accorda trop de confiance à d'indignes ministres qui, afin d'accroître leur pouvoir , favorisèrent son goût pour la dissipation et les plaisirs. H était brave , commandait ses armées en personne; et l'on a dit qu'il s'était trouvé à soixante-six combats, dont il sortit toujours victorieux lorsqu'il ne fut pas trahi. Mais les circonstances dans lesquelles il a vécu ne lui permirent pas d'exécuter les projets qu'il avait conçus pour améliorer le sort de l'Allemagne. Les recueils de Rcnber , d'Urstitius , de Goldast et de Freher, contiennent un grand nombre de pièces intéressantes sur son règne. Sa vie a été écrite par plusieurs auteurs, entre autres, Jean Aventinus (Augsbourg, 1518, in-4°), qui publia à la suite un choix de ses lettres. W— s.

HENRI V, empereur d'Allemagne , se fit couronner à Mayence en 1106, en protestant qu'il rendrait l'empire à son père, si celui-ci prouvait son obéissance au pape; c'était joindre l'hypocrisie à l'ambition; mais à peine fut-il affermi sur le trône, qu'il cessa de montrer la même déférence à la cour de Rome. Un synode composé d'évéques, ses partisans, annula les décisions des conciles de Guastalla et de Chàlons, touchant les investitures, et le maintint dans le droit de nommer aux bénéfices , principal sujet des querelles des papes et des empereurs. Il fit ensuite la guerre aux Hongrois et aux Polonais, sans but comme sans beaucoup de succès. Eu 1111, il épousa Mathilde, fille de Henri I", roi d'Angleterre, qui lui apporta une riche dot; et à l'exemple de ses prédécesseurs , il passa en Italie pour être couronné des mains du pape (Pascal II). Il se fait précéder par des ambassadeurs, soutenus d'une armée, et promet au souverain pontife de renoncer aux investitures et à tout droit sur les domaines de l'Eglise. Le pape, de son côté, s'oblige à lui faire restituer tous les fiefs de l'empire, possédés par des ecclésiastiques. Le» évêques protestent contre cet accord; et

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nenri, lassé de tant de contestations, déclare qu'il veut être couronné sans condition. Il fait arrêter Pascal H è l'issue de la messe, et le garde à vue dans son palais. Cet attentat excite un soulèvement général ; on se bat, on s'égorge dans les rues de Rome; mais les Allemands, supérieurs en nombre, obtiennent un triomphe facile sur une populace indisciplinée; et le pape, resté prisonnier, consent à tout ce qu'exige l'empereur. Au bout de deux mois, Henri reconduit en triomphe ce pontife, qui le couronne le 13 avril 1112, dans la basilique de St-Pierre , et l'admet à la communion (voy. Pascal II). Après la cérémonie, l'empereur se jette aux pieds du pape , lui demande la permission de donner la sépulture à son père, et retourne en Allemagne, sans avoir assuré son autorité en Italie. Avec un pouvoir presque sans bornes, les empereurs manquaient des forces nécessaires pour se faire respecter; et les seigneurs profitaient toujours de leur éloignement pour se révolter. Lothaire, duc de Saxe, avait pris les armes pour s'affranchir des droits qu'il payait au fisc impérial ; et tandis que Henri, aidé du duc de Souabe, porte la guerre en Saxe, le pape casse l'accord qu'il avait fait avec lui et l'excommunie; toute l'Allemagne est soulevée. L'évêque de Wurtxbourg et l'archevêque de Mayence appuient les révoltés; Henri, battu sur quelques points, victorieux sur d'autres, emploie deux ans à pacifier ses États. Il repasse les Alpes en 1116, pour se mettre en possession des biens que la comtesse Mathilde avait légués au Saint-Siège. Il entre dans Rome en vainqueur, force le pape à fuir dans la Pouille; et, concevant des doutes sur la validité de son couronnement, il se fait sacrer une seconde fois, par Bourdin, archevêque de Braga. Il veut ensuite soumettre les villes de Toscane qui refusaient de le reconnaître; mais dès qu'il est sorti de Rome, le pape y revient, et meurt au milieu de ces dissensions. Les cardinaux élisent pour son successeur Gélase H; et Henri lui oppose l'archevêque Bourdin, qui prend le nom de Grégoire VIII. Gélase assemble à Vienne un concile qui renouvelle les anathèmes lancés contre l'empereur; et Calixte II, qui lui succède, fait confirmer l'excommunication par le concile de Reims. Henri signe la paix en 1122 avec les princes allemands, en leur rendant les biens dont il les avait dépouillés, et avec l'Eglise, en renonçant à nommer aux bénéfices. 11 ne se réserva que le droit d'accorder l'investiture aux sujets présentés par les chapitres. Ce fut une brèche irréparable à l'autorité impériale. De nouveaux troubles éclatent bientôt en Bohème, en Hongrie, en Alsace et en Hollande. Pour occuper les vassaux au dehors, Henri déclare la guerre à la France , sous prétexte qu'elle avait accordé un asile au pape pendant ses quereUes avec la cour de Rome. 11 se rend à Utrecbt ; mais il y est attaqué de la maladie contagieuse qui désolait l'Europe; il mourut le 22 mai 1123, avec la ré p uLi t ion , dit Voltaire, d'un fils dénaturé,

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d'un hypocrite sans religion, d'un voisin inquiet et d'un mauvais maître. C'est du règne de ce prince que date l'affermissement des seigneurs des grands fiefs dans le droit de souveraineté. 11 fut le dernier empereur de la maison de Francorne; et la couronne d'Allemagne , portée quelques instants par Lot ha ire H , passa ensuite dans la maison de Souabe. Gerhard, abbé de Reichersberg, a écrit la Vie de Henri V. Elle a été publiée avec celle de son père , par Gretser, Ingolstadt, 1615, u>4°. Les recueils cités dam les précédents articles contiennent plusieurs pièces 6ur «on règne. \V — s.

HENRI VI , empereur d'Allemagne , fils et successeur de Frédéric Barberousse , naquit en 1165, fut élu roi des Romains à l'âge de quatre ans, et succéda, l'an 1190 , à son père, dont il apprit la mort en même temps que celle de Guillaume II, roi de Sicile, neveu de Constance sa femme (cou. Giuuume). Après quelques expéditions en Allemagne, il passa en Italie à la tète d'une armée, se fit couronner empereur, avec sa femme, le 15 avril 1191, par le pape Célestin 111, auquel, suivant ses conventions , il céda ses droits sur la ville de Tusculum (voy. Celestin UI). Henri conduisit ensuite son armée dans les Deux-Siciles, pour faire valoir ses droits sur ce royaume, dont Taucrède , (Us naturel de Guillaume , s'était emparé. Il eut d'abord quelque succès, et se rendit maître de plusieurs places ; mais il échoua devant Naples, et retourna en Allemagne. A cette époque , Richard Coeur de lion , qui revenait de la croisade, était tombé entre les mains de Léopold, duc d'Autriche. Henri contraignit Léopold à lui remettre son illustre prisonnier, et retint celui-ci daus les fers malgré les réclamations du pape Célestin; il brava, pendant plus d'un an, les plaintes de plusieurs princes chrétiens et les menaces du pape, qui lança contre lui les foudres de l'Eglise. Henri VI se décida enfin à rendre la liberté à Richard, après qu'on lui eut payé une rançon considérable. La somme qu'il reçut fut employée aux frais d'une nouvelle expédition qu'il fit dans le royaume de Naples et de Sicile. Il fut couronné à l'alerme, le 13 octobre 1191 (coy. Guillaume III), et reçut, dans cette ville, un ambassadeur de l'empereur de Constantinople, qui, dans la crainte de voir les AUemands envahir la Grèce, consentit à lui payer des tributs considérables. Revenu en Allemagne, Henri prit la croix dans une diète rassemblée à Worms, et prêcha lui-même la croisade ; à son exemple , un grand nombre d'Allemands firent le serment d'aller combattre les infidèles. Il partit à la tête de quarante mille croisés; mais il s'arrêta en Sicile, pour achever la conquête de ce malheureux pays. Dans cette guerre, l'empereur répandit partout la terreur par ses cruautés encore plus que par ses victoires. On frémit en lisant dans les vieilles chroniques , et surtout dans Nicétas , le récit des •upplices que Henri VI avait lui-même inventés.

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Tant de barbaries révoltèrent la noblesse de Sicile et l'impératrice Constance, qui fut accusée d'avoir conspiré contre son époux et de l'avoir empoisonné. Henri mourut à Messine, le 28 septembre 1197, à l'âge de 32 ans. Les histoires contemporaines le représentent comme un prince cruel, ambitieux et perfide. 11 était d'un caractère grave et austère, ne connaissant d'autre plaisir que celui de la chasse ; il avait le projet de rendre la couronne impériale héréditaire, de régner sur l'Italie, et d'affaiblir l'autorité des papes : mais il ne vécut point assez longtemps pour accomplir de si grands desseins. A sa mort, l'Allemagne et l'Italie furent remplies de troubles; il eut pour successeur son fils Frédéric IL M — n.

HENRI VII , fils atoé du duc de Luxembourg, fut élu empereur d'Allemagne le 29 novembre 1308, après un interrègne de sept mois. On doit observer qu'il fut le premier empereur nommé par les seuls électeurs grands officiers de la couronne. Ce fut l'électeur palatin qui, en vertu du pouvoir que lui avaient conféré les autres électeurs, proclama Henri Roi des Romains, futur empereur, protecteur de l'Eglise romaine et universelle , et défenseur des mires et des orphelins. H avait pour concurrent Charles de Valois; le pape Clément Vf Français de nation, avait promis à ce dernier d'appuyer ses projets; mais il pressa au contraire l'élection de son rival. Henri fit d'abord rechercher et punir les assassins d'Albert I*r, son prédécesseur. L'instigateur du crime, Jean, duc de Souabe, fut mis au ban de l'empire ; et Rodolphe de Varth, l'un de ses complices , périt par le supplice de la roue, nouvellement inventé. Henri fait élire ensuite Jean , son fils aîné, roi de Bohême, et l'établit son vicaire en Allemagne , pour le temps que devait durer l'expédition qu'il méditait contre l'Italie. Il passe les Alpes en 1311 , à la tête d'une armée, et entre en vainqueur à Milan pour y être couronné roi de Lombardie. Ses ennemis avaient caché l'ancienne couronne de fer qui servait à cette cérémonie ; il en fit faire une nouvelle en acier, et obligea l'archevêque à le couronner dans la cathédrale. Une révolte générale éclate bientôt après dans la Lombardie ; l'empereur fait brûler vif son chancelier Turriani , qui en était le chef; soumet par la force Crème, Crémone, Lodi, Brescia; traite avec la dernière rigueur les autres villes qui résistaient encore, et marche à Rome, dont Robert, roi de Naples, lui fait fermer les portes. Florence et les villes de l'État de l'Église favorisaient secrètement Robert. Le pape , le roi de Naples et les députés des villes, protestent de leur fidélité; Henri cependant est obligé d'assiéger Rome; repoussé d'un coté, il négocie avec les chefs d'un autre quartier; et ce n'est qu'au milieu du tumulte qu'il est couronné à St-Jesn de Latran, par deux cardinaux. Il s'éloigne aussitôt de Rome, assiège inutilement Florence, met au ban de l'empire le roi Robert, qui reste tranquiUe dans tes États; et il permet, par un arrêt aussi

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