‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 24 sur 106 · HF · texte numérisé non relu

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barbare qu'inutile, d'assassiner ceux des habitants de Florence et de Lucques qui persistent dans leur rébellion. Il obtient cependant cinquante galères des Génois et des Pisans , se ménage des intelligences dans la Pouilie, et fait lever de nouvelles troupes en Allemagne; mais, tandis qu'il se prépare à la conquête de Naples , la mort le surprend à Bonconvento, près de Sienne, le 24 août 1313, à l'âge de 51 ans. Un moine, nommé Politicn de Montepulciano , fut accusé de l'avoir empoisonné dans du vin consacré. Trente ans après , les dominicains obtinrent de Jean, roi de Bohême, des lettres qui les déclaraient innocents de ce crime, très-difficile d'ailleurs à prouver. Le pape Clément V condamna la mémoire de Henri Vil , et annula sa sentence contre le roi Robert. Après un Interrègne de quatorze mois, la majorité des électeurs nomma empereur Louis V, chef de la branche de Bavière. L'Histoire de Henri Vil a été écrite par Albertin Mursati, Venise, 1636, in-fol., rare, et dans le tome 10 des Scripior. italie. MA, par Muratori; sa Vie. par Conrad Vicerius , fait partie des Recueils publies par Rubeus et Urstilius.On peut encore consulter: Sicolai episeopi Retatio de itinere Henrici VU, imper, ab ar.no 1310 ad 1313, dans les Script. de Muratori, t. 9, et Mart. Diffenbach de vero moriis génère ex quo Henric. VU obiit, Francfort, 1683, in-4", et dans le tome 1" des Script. de Freher. W— -s.

HENRI, surnommé Raipon, landgrave de Thuringe, était fils de Hermann et de Sophie, fille d'Othon de Wittelsbach , duc de Bavière. Il réunit à ses États, par la mort de son oncle, la seigneurie de Hesse et le palatinat du Rhin, et se trouva ainsi l'un des princes les plus puissants de l'Allemagne. Plein de valeur et d'ambition, il parut à Innocent IV être propre à servir ses projets- et le pape, après avoir déposé l'empereur Frédéric H au concile de Lyon , ordonna à la diète d'élire Henri à sa place. Les seigneurs refusèrent d'assister à cette assemblée, qui se tint , en 1216, à Hochheim, près de Wurtxbourg. Les évèques y parurent, et décernèrent le titre de roi des Romains à Henri , que ses adversaires nommèrent par dérision le roi des prêtres. Henri s'occupa cependant de soutenir sa nouvelle dignité; il marcha contre Conrad, fils et successeur légitime de Frédéric , le battit près de Francfort, et se rendit maître d'une partie de l'Allemagne. Enflé de ce premier succès, il poursuivit son ennemi dans la Souabe, et commença le siège d'Ulm, que la rieucur de l'hiver l'obligea de lever. Henri mourut au commencement de 1247, d'un coup de flèche qu'il avait reçu devant cette ville, ou bien, suivant d'autres historiens, d'une maladie causée par le froid et les fatigues. H avait eu trois femmes, dont il ne laissa point d'enfants. Ses États furent divisés entre les différentes branches de sa maison, dont l'alnée prit le titre de

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HENRI DE HAINAULT, frère de Baudouin de Flandre, empereur de Constantinople, né à Valencienncs l'an 117-i, suivit les croisés à l'eipd» dition de Constantinople dans l'année 1204. Après la défaite d'AndrinopIe (roy. Baudouin), il fut élu régent de l'empire latin , fondé par les croisés, et monta sur le trône impérial, lorsqu'on se fut assuré de la mort de Baudouin. Pendant tout le cours de son règne , il s'occupa de repousser les attaques des Bulgares et celles de Lascaris , empereur de Nicée. Les historiens contemporains ont loué sa bravoure et sa prudence : il fit de sages règlements pour l'empire, et rendit à ses sujets quelques jours de calme et de prospérité. Il régna dix ans, et mourut empoisonné en 1216, Il n'eut point d'enfants, et laissa la couronne impériale à la famille de Courtenai (eoy. Pierre de Courtenai). M — o.

HENRI I", roi de France, fils de Robert et de la reine Constance, monta sur le trône au mois de juillet 1031 ; ce ne fut pas sans éprouver beaucoup de difficultés. Sa mère, femme impérieuse, avare, incapable de faire céder ses préventions à la sûreté de sa famille , s'était opposée pendant le règne de Robert à ce qu'il associât Henri à la couronne ; elle voulait obtenir celte faveur pour un autre de ses fils, qui portait aussi le nom de Robert. L'intérêt de l'Etat l'emporta sur sa volonté; mais les événements prouvèrent qu'elle n'avait pas renoncé à ses projets. A peine le roi fut-il mort, qu'un parti puissant, soutenu par Constance, prit les armes contre Henri, qui se vit réduit à chercher son salut dans la fuite. Il se réfugia près de ce duc de Normandie connu dans l'histoire sous le nom de Robert le Diable , prince rempli de vertus, mais prompt à apaiser une révolte, ayant pour principe de ne jamais traiter avec des rebelles armés. C'est sans doute à cette sévérité qu'il doit le singulier surnom que les Normands lui donnèrent : aussi vit-on plusieurs nobles de sa cour , contraints à s'éloigner de leur patrie, se rendre célèbres dans la Pouilie et dans la Calabre, et finir par attirer en Italie ces aventuriers normands, dont les chefs se sont acquis une gloire qui égale celle des plus grands rois. Robert le Diable , protecteur du roi Uenri , fit une guerre si vive au parti de la reine Constance, que celte princesse fut bientôt réduite à demander la paix : elle l'obtint, à condition de se tenir éloignée de la cour, et se retira à Uelun, où elle mourut l'année suivante, trop tard pour le repos de la France; car Eudes, autre frère du roi, profita de la chaleur qui régnait encore dans les esprits pour se révolter à son tour : il fut vaincu, fait prisonnier, envoyé à Orléans, et Henri se trouva enfin paisible possesseur du trône. Pour s'attacher son frère Robert, en faveur duquel la reine Constance avait pris les armes, il lui céda le duché de Bourgogne : de ce prince est issue la première race royale des ducs de Bourgogne. Eudes ne fut pas ai heureux; il obtint sa liberté,

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mais resta sans apanage. Henri était alors veuf de Mathilde, nièce de l'empereur Conrad; il n'en arait pas d'enfant : on doute même si ce mariage avait été accompli. Ses conseillers lui ayant représenté que les troubles se multiplieraient tant que la succession au trône ne serait pas assurée, à l'âge de trente-neuf ans il consentit à contracter de nouveaux engagements; et, pour éviter toute discussion avec l'Église sur les degrés de parenté, il épousa Anne, fille de Jarodislas ou Jaroslaw, duc de Russie : la neuvième année de ce mariage, il eut un fils nommé Philippe, qui lui succéda. La puissance des ducs de Normandie était alors plus considérable que celle des rois de France, moins par l'étendue des pays qu'ils gouvernaient , que parce que les liaisons qu'ils conservaient avec les princes du Nord, dont ils étaient issus, les rappelaient sans cesse à cette unité de pouvoir totalement oubliée en France depuis le triomphe du gouvernement féodal. Robert le Diable, après avoir aidé Henri à soumettre les partis élevés contre l'autorité de ce monarque, forma le double projet d'aller en pèlerinage à Jérusalem, et de se donner pour successeur un enfant de neuf ans, qu'il avait eu d'une bourgeoise de Falaise : il assembla les grands de ses Etats, écouta leurs remontrances, persista dans ses volontés; et tous les seigneurs jurèrent en sa présence de reconnaître, servir et défendre cet enfant, connu d'abord sous le nom de Guillaume le Bâtard, et par la suite sous celui de Guillaume le Conquérant. Robert mourut à Nicée, comme il revenait de son pèlerinage : cette nouvelle ne fut pas plutôt parvenue en Normandie, que les révoltes éclatèrent de toutes parts. Henri, qui avait promis de protéger le jeune Guillaume, crut pouvoir faire céder la reconnaissance aux intérêts de sa couronne, et profiter de ces divisions pour reconquérir une des plus belies provinces de son royaume : mais il rencontra des obstacles qui ralentirent ses démarches; et les ministres du jeune duc ayant su intéresser la gloire du roi à la défense de leur prince, il le soutint d'abord avec courage. Jaloux ensuite de la grande réputation de Guillaume, il devint son ennemi, lui déclara la guerre , et perdit les droits d'un bienfaiteur sans en être dédommagé par la victoire. Henri eut presque toujours les armes à la main : ce n'était qu'en combattant qu'un monarque se faisait respecter à cette époque ; il devait assistance à ses vassaux , et , lorsqu'il négligeait de les secourir, il s'exposait à s'en voir abandonné i son tour : c'est ainsi que les fils du comte de Champagne refusèrent l'hommage au roi, qui n'avait point secondé leur père dans une guerre qu'il faisait pour son propre compte à l'empereur. Henri fut obligé de les combattre pour les ramener à l'oliéissance. Ce prince, voyant sa santé s'affaiblir, crut devoir associer au trône son fils aîné Philippe, qui n'avait alors que sept ans; il le fit sacrer à Reims en 1039 : ses pressentiments ne le

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trompèrent pas; car il mourut le 4 août 1060, dans la 35» année de son âge et la trentième de son règne. Il laissa la régence du royaume, et la tutelle de ses trois fils, Philippe, Hugues et Robert, qui mourut fort jeune, à Baudouin, comte de Flandre, époux de sa sœur, sentant bien que la reine Anne, sans domaine et sans alliance en France , y serait sans autorité. Anne se retira à Senlisavec le projet de vivre dans un monastère ; mais elle accorda sa main à Raoul de Péronne, comte de Crépi : étant devenue veuve une seconde fois, elle retourna dans son pays. Henri a laissé la réputation d'un roi juste, brave et pieux : fils d'un père excommunié, il évita soigneusement toute contestation avec la cour de Rome, et ne lui céda qu'autant que l'exigeait l'esprit de son siècle. Son successeur (Philippe 1") ne fut ni aussi prudent ni aussi heureux. F — e.

HENRI H, roi de France, fils de François I" et de Claude de France, né à St-Germain en Laye le 31 mars 1318, parvint à la couronne le 31 mars 1347, à l'âge de vingt-neuf ans, et fut sacré à Reims le 23 juillet suivant. La duchesse d'Élampes, dont le crédit s'était soutenu jusqu'à la mort de François I", n'avait pas dissimulé la haine que lui inspirait Diane de Poitiers, maîtresse de Henri IL Celle-ci s'en vengea lorsque son amant devint roi. 11 se fit un grand changement à la cour; les ministres qui étaient en place furent renvoyés; on rappela ceux qui étaient tombes en disgrâce sous le règne précédent. La précipitation qu'on mit dans ces mutations a été remarquée par tous les historiens, parce qu'elle offre une occasion d'accuser le monarque de s'être montré trop soumis aux désirs de la duchesse de Valentinois. H est incontestable cependant qu'en général les affaires furent conduites avec plus d'ordre, de suite et de vigueur. Henri H, après son couronnement, alla visiter la plupart des provinces de son royaume, afin de connaître par lui-même les abus auxquels il fallait remédier, et les ressources qu'il pourrait avoir pour lutter contre l'ascendant de Charles-Quint, alors dans tout l'éclat de la prospérité. Brave, aimé de la noblesse, Henri récompensait généreusement, ne se permettait aucune raillerie lorsqu'il était en gaieté, aucune parole offensante lorsqu'il était mécontent. Aussi fut-il toujours servi avec rèle; et , quoiqu'on lui ait reproché d'accorder sa confiance avec trop de facilité, il resta toujours le maître entre les Guise et les Montmorency, qu'il sut employer avec un égal succès. François (• avait introduit les femmes à la cour : Henri suivit l'exemple de son père; et cet usage s'établit dans toutes les cours de l'Europe. C'est aussi de cette époque que datent les mémoires particuliers, les anecdotes politiques, et l'habitude prise par les plus graves historiens d'attribuer les plus hautes résolutions a de petites intrigues; sans réfléchir que les femmes, naturellement portées à exagérer leur influence dans les affaires d'État, se

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donnent volontiers pour les uniques moteurs des entreprises dans lesquelles elles croient avoir eu quelque part. En l'année 1548, il y eut en Guyenne des révoltes, qui furent apaisées arec beaucoup de fermeté. L'année suivante, Henri déclara la guerre aux Anglais, qui refusaient de rendre Boulogne, ainsi qu'ils en étaient convenus par le dernier traité fait avec François I". La paix fut bientôt rétablie entre les deux royaumes, et Boulogne revint à la France. En 1551 , il s'élèvn entre le pape et le roi des discussions sur les duchés de Parme et de Plaisance s les hostilités commencent en Italie; le pape réclame l'assistance de l'empereur Charles-Quint. Le roi défend , par un édit, d'envoyer de l'argent à Rome pour les bulles, et porte en même temps une loi sévère contre les luthériens. Brissac soutient l'honneur des armes françaises dans le Piémont; le maréchal de Thermes se conduit avec habileté dans le Parmesan : mais, comme il n'y avait point de guerre solennellement déclarée entre l'empereur et le roi, il se fait en Italie une suspension d'armes. Toutes les pensées se tournent vers l'Allemagne, où les princes protestants venaient de former une ligue pour défendre leurs libertés. Henri, s'en étant hautement déclaré le protecteur, marche à leur secours, et prend Toul, Metz et Verdun en 1552; mais, ayant appris que les impériaux étaient entrés en Champagne, où ils causaient de grands ravages, il revient sur ses pas, les attaque, les chasse et les poursuit jusque dans le duché de Luxembourg. Les princes protestants, profitant de l'humiliation qu'éprouve Charles-Quint par la prise de trois villes impériales , et du désir ardent qu'il montre d'en tirer vengeance, font la paix avec lui sans le consentement du roi, qui reste seul chargé du poids de la guerre. Charles, à la téte d'une armée nombreuse, entre en Lorraine, et assiège Metz, dont les fortifications étaient en mauvais état; mais François de Lorraine, duc de Guise, qui venait d'être nommé commandant de l'armée française, S'était jeté dans la ville , accompagné de l'élite de la noblesse : par son courage , son activité , sa rudence, il ruine l'armée de l'empereur, le force lever le siège, et, pour qu'il ne manque rien à sa

Îfloire, devient le protecteur, le père des soldats alemands que Charles avait été obligé d'abandonner en se retirant. L'empereur, croyant réparer la honte de sa défaite , pille la Picardie , et prend la ville de Thérouannc , qu'il détruit de manière à n'en pas laisser de traces : faible dédommagement, qui ne satisfait la colère des princes belliqueux qu'en souillant leur gloire. Cette conduite barbare de Charles-Quint alluma le vengeance des Français, qui ravagèrent le Brabant, le Hainaut, le Cambrésis, et formèrent, en 1554, le siège de Renti. Les impériaux livrèrent, près des murs de cette ville, un combat sanglant, dans lequel ils furent battus : cependant le siège fut levé. Dans cette bataille, Henri cherchait l'occasion de com-

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battre personnellement Charles-Quint , qui l'évita, étant trop affaibli par l'âge et les infirmités pour risquer de se mesurer avec un prince jeune et rempli de vigueur. Les armes françaises n'étaient pas aussi heureuses en Italie, quoique Montluc y fit admirer son courage dans la défense de Sienne; mais ce courage même était sans utilité depuis la perte de la Toscane , d'autant plus qu'il était! impossible d'attendre des secours de France L'épuisement des puissances belligérantes aurai amené la paix, s'il eût été possible de concilier des intérêts qui embrassaient une partie de l'Europe. Dans l'impossibilité réciproque de continuer la guerre avec quelque vigueur, on conclut, pour cinq ans , une trêve , qui fut signée à Vaucelles le 15 février 1556, et qui ne surprit que le pape, qui l'avait proposée dans l'espérance qu'elle serait refusée par Henri IL La même année, Charles- Quint abdiqua l'empire en faveur de son frère Ferdinand, déjà roi des Romains; il remit la souveraineté de ses royaumes à Philippe H, son *Jls, et se retira dans un couvent de la province d Estramadure, où il mourut le 21 septembre 1558. Les historiens, en essayant d'expliquer les motifs de cette abdication , ont trop oublié le mauvais état de la santé de ce prince, qui , n'ayant plus la force nécessaire pour gouverner tant d'Etats séparés, sentait fort bien qu'il ne lui restait pas assez de temps à vivre pour rendre la paix à l'Europe. Quoique la trêve eût été signée pour cinq ans, le 5 février 1556, la guerre recommença dès l'année 1557, Philippe II étant secondé en Italie par les Farnèse et par le duc de Toscane, et en Picardie par Marie, reine d'Angleterre, son épouse. Le duc de Guise, le héros de la France, avait le commandement de l'armée d'Italie, qui n'était guère qu'un titre ; mais on comptait sur les ressources qu'il saurait s'y procurer. L'armée destinée à protéger la Picardie fut confiée au vieux connétable de Montmorency, spécialement chargé de dégager la villedeSt-Quentin, assiégée par Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, l'un des plus grands capitaines de son siècle, et défendue par l'amiral deColigny. Montmorency fit tant de fautes que sa défaite fut prévue par son armée , même avant qu'il sût lui-même s'il accepterait le combat. Aussi la bataille de St-Quenlin , livrée le 10 août 1557, fut-elle si fatale à la France, que Charles- Quint, en l'apprenant, demanda si les Espagnols étaient à Paris. L'infanterie française fut entièrement écrasée; l'élite de la noblesse, détruite; le duc d'Engbien, blessé à mort, le connétable, l'amiral de Coligny, le comte de Montpensier et le maréchal de Saint-André, furent au noinbr des prisonniers : les vainqueurs ne perdirent pas cent hommes. La consternation fut si grande en France, que les maux qu*«n appréhendait rendirent insensible à la grandeur des pertes qu'on venait de faire. Le roi ordonna au duc de Guise de quitter l'Italie, de revenir sans aucun délai : le duc arrive, et l'espérance renaît avec lui;

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nommé lieutenant général du royaume, sa réputation lui crée une armée ; la noblesse se dispute l'honneur de marcher sous ses ordres ; les notables, assemblas par Henri 11, accordent l'argent nécessaire; en un mot, la nation entière se ranime au nom du général chargé de la venger. Le duc de f.uise marche en Picardie, trompe les ennemis par des marches savantes, fait le siège de Calais avec tant d'activité qu'il s'en rend maître en huit jours, et réunit à la France, le 8 janvier 1558, une ville qui en était séparée depuis deux cent dix ans qu'Edouard 111 l'avait prise sur Philippe de Valois. On ne peut exprimer la joie que celte nouvelle répandit dans le royaume, et l'élonnement qu'elle causa en Europe. Le duc de Guise ne se ralentit pas; il assiège Guines, qu'il prend , et se dirige sur la forteresse de llam, dont la garnison s'enfuit à sou approche. Ainsi, en moins d'un mois, et dans la saison la plus rigoureuse, il chasse entièrement les Anglais. Depuis cette époque, l'Angleterre, renonçant aux conquêtes sur le continent, chercha sa prospérité dans le commerce; et sa marine s'accrut sans cesse, tandis que la marine française déclina, parce que sa principale destination était alors de s'opposer au débarquement des Anglais. Le duc de Guise, devenu l'idole des Français, ajoutait i sa gloire par la prise de Thionville : Brissac se soutenait en Piémont ; le duc de Ncvers prenait Cbarlemont et le maréchal de Thermes Dunkerque, mate celui-ci perdit peu après la bataille de Graveline», le 13 juillet 1558. Le roi de France et le roi d'Espagne étaient également fatigués d'une guerre dans laquelle les avantages et les pertes se balançaient trop pour qu'aucun des deux pût dicter la loi. Us convinrent d'abord d'une suspension d'armes; et, après de longues négociations , souvent interrompues , la paix fut signée i Cateau-Cambrésis, le 3 avril 1559 : la veille, l'Angleterre avait conclu son traité particulier. La France gagna Calais, Toul, Metz et Verdun. L'opinion énoncée par les Guise , qui avaient besoiu que les hostilités continuassent pour abattre les Montmorency , a prévalu chez la plupart des historiens qui appellent la paix de Cateau-Cambrésis la malheureuse paix, parce qu'entre l'Espagne et la France on se rendit réciproquement les places que l'on s'était prises, et que le duc de Savoie obtint la restitution de ses États : mais, outre que les victoires des Français n'étalent pas assez décisives pour contraindre l'Espagne à des sacrifices, il ne faut pas oublier que les rois ont d'autres intérêts que celui d'acquérir, et que Henri 11 ne voulait pas risquer de tomber dans la dépendance du duc de Guise. Après l'avoir élevé pour le salut de l'Etat, il avait besoin de la paix pour lui faire sentir *a sujétion; ce qu'il prouva en lui refusant une grâce que le duc sollicitait comme s'il eût été injuste de la lui refuser. La paix était aussi nécessaire au roi pour rétablir ses finances, et surveiller les protestant», qui prê-

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taient l'autorité d'une religion nouvelle à ceux qui voulaient exciter des troubles dans l'Etat. Malheureusement pour la France, ce monarque, auquel on n'a pas rendu assez de justice, fut blessé à mort par le comte de Montgommery, capitaine de la garde écossaise, dans un tournoi donné rue St-Antoine (1), pour célébrer les mariages arrêtés à Cateau-Cambrésis entre Philippe FI et Elisabeth, fille du roi, entre Marguerite, sa sœur, et le duc de Savoie. Montgommery, ayant rompu sa lance, oublia d'en jeter le tronçon; il en frappa si rudement Ilcnri, qu'il lui crtva l'oeil droit. Ce prince mourut de sa blessure, le 10 juillet 1559, dans la 41e année de son âge, et la 13« de son régne. Comme il était le second fils de François Pr, qui désirait s'acquérir des alliés en Italie, on lui avait fait épouser Catherine de Médicis , parente du pape Clément VI; après être restée dix ans sans avoir d'enfants, elle en eut dix dans le même nombre d'années; il en restait quatre (Ils et trois filles à la mort de Henri 11 : trois fils régnèrent successivement (roy. Fiuxçois H, Charles IX et Hemu 111); tous moururent sans laisser d'enfants : aiusi s'éteignit la branche des Valois, et la couronne passa dans la maison de Bourbon. F— e.

HENRI III, roi de France, troisième fils de Henri II et de Catherine de Médicis , né à Fontainebleau le 19 septembre 1551, parvint à la couronne par la mort de son frère Charles II , arrivée le 31 mai 1574, et fut sacré à Reims le 12 février 1575. On peut douter que l'ambitieuse et intrigante Catherine de Médicis ait jamais aimé sis enfants; aussi attribue- 1- ou la préférence qu'elle accordait à Henri 111, lorsqu'il n'était que duc d'Anjou , au dessein qu'elle méditait de l'opposer à Charles IX , si ce monarque tentait de secouer le joug qu'elle lui avait imposé. Le duc d'Anjou n'avait que dix-huit ans lorsque sa mère lui fit donner le commandement de l'armée destinée à soumettre les huguenots : la réputation qu'il acquit par les victoires de Jarnac et de Montcontour fut assez grande pour fixer les regards des Polonais, qui l'élurent roi en 1573. Charles IX étant mort peu de temps après , la régence fut confiée à Catherine de Médicis jusqu'à l'arrivée du nouveau roi de France. Les Polonais, avertis par le prince de Condé, chef du parti des huguenots, firent tous leurs efforts pour retenir le roi. Henri III fut obligé de dissimuler l'impatience qu'il avait de les quitter; et, la nuit du 18 au 19 juin 1374, il s'enfuit, faiblement accompagné. Peu s'en fallut qu'U ne fût arrêté en chemin. Bien n'est plus singulier que l'empressement d'un souverain à quitter des sujets qui veulent le rcte-

(1) Ce tournoi , où il reçut le coup de 1* mort, ne fut paa la dernier, comme le disent nos historiens, puisqu'il s'en donna as en 1671, 4 Nogcnt-le Roi, à l'occasion des couches da madame do CJermont la Marche , ou Charles IX fut blesse par le due de Culae. Mayenno en donna un autre en Dauphin*, !or»qu"U y

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ntr malgré lui , pour venir gouverner on peuple divisé en deux factions dont aucune n'était sincèrement dévouée à l'autorité royale : car la guerre civile continuait dans toutes les provinces de France , et comme la régente était généralement méprisée, chaque seigneur semblait vouloir profiter des désordres publics pour assurer son indépendance. Après avoir couru plusieurs dangers , Henri III arriva à Vienne , où il fut reçu avec amitié : à Yenise on lui rendit les plus grands honneurs. Partout on lui conseilla d'employer la douceur pour pacifier les troubles de son royaume , et l'on croit que telle était son intention lorsqu'il entra en France. H trouva son conseil divisé en deux partis ; l'un désirait la paix ave<>le6 calvinistes; l'autre voulait les réduire par les armes. Catherine de Ilédicis, plus propre à l'intrigue qu'habile à gouverner, et ne pouvant dominer qu'au milieu des divisions, appuya le parti qui voulait recourir à la force : la guerre fut décidée. Cette résolution n'était pas mauvaise si elle eût été soutenue avec courage et persévérance et si le roi s'était mis lui-même à la tête de ses armées; mais, par une inconséquence qu'on ne peut excuser, le même prince qui avait cherché la gloire, n'étant que duc d'Anjou , s'enferme dans son palais lorsque la sûreté de sa couronne exigeait impérieusement qu'il prit le commandement de ses troupes ; dès lors la guerre contre les huguenots ne fut qu'un nouveau moyen de fortune pour les favoris, et l'on vit se former à la cour plus d'intrigues et de cabales , plus de projets désastreux pour l'autorité royale , qu'on n'aurait pu en compter dans le parti des rebelles. Ce règne a été appelé avec raison le règne des favoris. Catherine de Médicis les appuya d'abord dans l'espérance qu'ils se contenteraient de partager les plaisirs du roi , et qu'ils la laisseraient exercer l'autorité ; mais aussitôt qu'elle s'aperçut que son fils s'éloignait d'elle, elle recommença ses intrigues avec les huguenots afin de se rendre nécessaire; ainsi, après avoir contribué à décider la guerre contre eux, elle les servit avant même que les armées qu'on devait leur opposer fussent levées. Aucune démarche ne reste longtemps secrète dans les jours de factions. La conduite de ta reine mère répandit la terreur parmi les catholiques. Les Guise profilèrent de cette disposition des esprits pour préparer la réunion des différentes ligues qui, depuis longtemps, s'étaient formées dans les provinces, et tandis que tout s'apprêtait pour renverser la monarchie, quel que fût le parti qui triomphât, le roi ne pensait qu'à épouser la princesse de Condé, dont il était de- Tenu amoureux , prétendant faire rompre le mariage qu'elle avait contracté avec un prince du sang, sous prétexte que ce prince était hérétique. La mort de la princesse de Condé n'empêcha ce nouveau scandale que pour livrer Henri à une douleur si fastueuse et si peu soutenue que le peuple commença a perdre l'espérance qu'il avait

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conçue du nouveau règne. Le 15 février 4375, 0 épousa Louise , fille du comte de Vaudemont de la maison de Lorraine ; alliance condamnable en politique, puisqu'elle rapprochait de nouveau les Guise de la maison royale. Le duc d'Alençon, frère du roi , mécontent du crédit dont jouissaient les favoris Quélus , Maugiron, Saint- Maigrin, Saint-Luc, Joyeuse et d'Épernon, de plus naturellement ennemi du repos, sans avoir une tête assez forte pour diriger sûrement son activité , se retira de la cour. 11 avait désiré en vain qu'on lui confiât le commandement d'une armée, et c'est pour cela qu'il détestait particulièrement le duc de Guise, qui , à la tête «l'un petit corps de troupes, s'opposait à la jonction des Allemands que les princes protestants envoyaient au prince de Condé (roy. Henri de Guise). Le duc, victorieux , fut blessé au visage dans un combat près de Château-Thierry : il en acquit le surnom de BaU/ré, qui était loin de lui être désagréable, puisque cette blessure rappelait celle que son père avait reçue à Vassi, et ne servait qu'à le rendre plus cher aux catholiques. Le roi de Navarre, si célèbre sous le nom de Henri IV, était retenu à la cour depuis le massacre de la St-Barthélemy : la surveillance, à son égard, était d'autant moins rigoureuse, qu'on le voyait engagé dans des intrigues d'amour. Mais la gloire se fit entendre : il s'échappa en l'année 4576, et les mécontents se trouvèrent fort affaiblis par sa présence, car Os eurent dès lors trois chefs, qui prétendaient également à les diriger : le prince de Condé, le duc d'Alençon et le roi de Navarre. Henri III , qui n'avait pas su profiter de son avènement au trône pour ramener les rebelles, loin de tirer parti de leurs divisions pour les soumettre, se laissa entraîner dans des négociations qui se terminèrent au mois de mai 45*76 par un nouvel édit de pacification, si favorable aux huguenots qu'ils en conçurent eux-mêmes des alarmes et que les catholiques prirent enfin la terrible résolution de sauver la religion de l'État, indépendamment des projets ultérieurs de la cour. Toutes les ligues des catholiques se confondirent dans une ligue générale dont Paris fut le centre et régla tous les mouvements : le pape la soutint, dans la crainte de voir la France rompre l'unité de l'Eglise, et l'Espagne, pour empêcher les nouveaux religionnaires français de s'unir au parti que dans les Pays-Bas on appelait les gueux Les princes et les grands se servirent des opinions religieuses comme d'un moyen politique : les peuples seuls combattirent de bonne foi pour défendre leur croyance, et ce qui mérite d'être remarqué dans ces sanglants débats, c'est que la force aveugle mais persévérante des peuples atteignit le but marqué, tandis que les vastes projets des grands politiques furent trompés par l'événement : l'Espagne perdit les Pays-Bas et ne put dominer la France ; les Guise sauvèrent la religion catholique et ruinèrent leur maison, et

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Henri IV ne parvint à la couronne qui lui était due qu'en embrassant la religion au nom de laquelle on voulait le détrôner. Les huguenots, forts du traité de pacification qu'ils venaient de dicter, avaient insisté sur la convocation des états généraux, dans l'espérance de s'y montrer triomphants. L'assemblée fut réunie à Blois , et s'ouvrit à la lin de 1576 ; mais les catholiques avaient repris un tel ascendant, depuis la Stt-Vnion, que le roi , prévoyant qu'ils lui demanderaient hautement d'approuver la ligue qu'ils avaient formée , prit la résolution de s'en déclarer lui-même le chef : politique excellente , s'il s'était montré luimême à la téte des armées et s'il avait su profiter de l'exaltation naturelle aux partis pour tout entraîner. C'est ce que fit Henri IV lorsque les huguenots quittèrent l'assemblée de Blois , où l'on adoptait contre eux des mesures sévères : la chaleur qui régnait dans ce parti fut le moyen qu'il employa pour s'en faire déclarer le chef, et l'on ne voit pas qu'il en soit devenu l'esclave. Mais Henri III voulait tout à la fois être le chef des catholiques, proscrire les calvinistes et jouir en repos dans son palais de tous les plaisirs qui flattaient son imagination déréglée : ce n'était pas le moyen de déconcerter la politique du duc de Guise ; c'était au contraire prendre les livrées de •a faction et se mettre dans sa dépendance. La cour leva deux armées : l'une fut confiée au duc d'Air 1 1 ru n , devenu duc d'Anjou ; l'autre au duc de Mayenne, frère du Balafré. Il ne se fit rien de considérable, quoique la division se mit dans le parti des huguenots ; mais elle régnait aussi dans le parti du roi , qui , de même que son frère, ne pouvait cacher la jalousie que lui inspirait le duc de Guise, jalousie que les favoris entretenaient avec d'autant plus de soin qu'ils la partageaient; et dès l'année 1577 on signa à Bergerac un nouveau traité qu'on ne se mit guère en peine de faire exécuter. C'est alors que les huguenots formèrent le plan d'une république fédérative, dans l'intention de ne plus dépendre des caprices de leurs chefs, comme les catholiques avaient formé la Ligue pour se soustraire aux irrésolutions de la cour. Le duc d'Anjou, malgré les ordres du roi , partit pour les Pays-Bas , où il était appelé par les habitants, qui, voulaut secouer la domination espagnole, lui promettaient de le reconnaître pour souverain ; promesse qu'ils n'avaient pas l'intention de tenir. Cette désobéissance qu'osa se permettre le duc d'Anjou fit tort à Henri Ul dans l'esprit des Français, et les prodigalités, l'amour du roi pour ses favoris, sa dévotion minutieuse, et toute en pratiques extérieures, son libertinage, qui allait souvent jusqu'au scandale, ses amusement» frivoles, le ridicule de ses ajustements efféminés, achevèrent de le rendre pour ses sujets un objet de mépris: car le peuple, qui ne juge les rois que par leurs actions pubUques, ignorait tout ce qu'il y avait d'ailleurs de grand et de généreux dans l'âme de ce prince :

« caractère d'esprit incompréhensible, dit M. de « Thou ; en certaines choses au-dessus de m « dignité , en d'autres au-dessous même de Ten- « fance. » Sur la fin de l'année 1578, Henri créa l'ordre du St-Esprit en mémoire de ce qu'il avait été élu roi de Pologne et était parvenu au trône de France le jour de la Pentecôte : mais cette institution cachait le projet sage de réunir les grands de tous les partis par le serment auquel s'engageaient les chevaliers de l'ordre. Les bonnes intentions manquaient moins à ce monarque que la persévérance nécessaire pour en obtenir un résultat. Le roi de Navarre ayant repris les armes sous prétexte qu'on n'observait pas les conditions accordées à son parti , le duc d'Anjou fit signer un nouveau traité en 1580, dans l'espérance qu'on lui laisserait lever des troupes pour aller défendre le parti qu'il servait , ou plutôt qui se servait de lui , dans les Pays-Bas ; en effet , cette paix dura près de cinq ans , soit que le nombre des guerriers emmenés par le duc d'Anjou eût diminué les moyens et affaibli la manie de recourir sans cesse aux armes, soit que les maladies pestilentielles qui ravageaient la France eussent frappé les esprits de terreur. Le duc d'Anjou, trahi dans les Pays-Bas, obligé de fuir d'un pays qu'il croyait gouverner, revint dans le sien cacher sa honte et son dépit, et mourut sans s'être marié le 10 juin 1584. Sa mort fixa l'attention des partis sur la succession au trône. Henri III n'ayant pas d'enfants, les huguenots voyaient dans le roi de Navarre l'héritier présomptif de la couronne : les catholiques ne purent voir en lui qu'un hérétique armé pour renverser la religion de l'Etat. Le duc de Guise saisit l'occasion pour se déclarer chef de la Ligue et pour traiter avec l'Espagne : dans le fond de sa pensée il conçut dès lors l'espérance de monter sur le trône, quoiqu'il parût appuyer les projets de Catherine de Médias en faveur de la branche aînée de Lorraine. On a peine à concevoir comment, au milieu de tant d'intrigues et de troubles, la France jouissait au dehors de la plus haute considération ; mais le fait est digne d'être remarqué Les jalousies réciproques des partis et les divisions dans chacun d'eux avaient beaucoup affaibli les hostilités : la cour paraissait elle-même ne pas attendre de grands avantages de ces dispositions, et n'en appréhender aucune suite fâcheuse, puisqu'elle continuait à dépenser en fêtes scandaleuses un argent si nécessaire à l'entretien des armées. Ce ne fut qu'en 1587 que la guerre civile prit un caractère sérieux. Henri IV gagna le 20 octobre la bataille de Coutras, dans laquelle le duc de Joyeuse fut tué ; mais loin de profiter de sa victoire , il retourna en lira m , attiré par l'amour : aussi le succès qu'il obtint tourna-t-il contre lui , en révélant aux chefs de la Ligue ce qu'ils devaient appréhender de ses talents militaires. Paris appela le duc de Guise , qui , de son côté , reçut de Henri Ul l'ordre formel de ne pas entrer dans la capitale.

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Le duc ne tint aucun compte de cette défense, et fut accueilli par les Parisiens arec une joie impossible à décrire : suivi d'une foule qui augmentait sans cesse , il alla au Louvre présenter ses respects au roi. On se contraignit également des deux côtés , dans la crainte de faire éclater la guerre civile ; mais Henri HI ayant fait venir des troupes le lendemain 12 mai 1S88 avec l'intention de se saisir des principales places de la ville , le peuple tendit des chaînes et chassa les soldats de tous les postes ; c'est ce qu'on appelle la journée des barricades. Le duc de Guise pouvait en ce moment s'emparer de la personne du roi : il se laissa séduire par Catherine de Médicis, toujours prête à négocier, et tandis qu'elle l'arrêtait par des propositions qui n'ont jamais été connues, Henri III quittait Paris à la hâte, il fuyait vers Chartres, d'où il se rendit à Rouen. C'est dans cette ville que sa mère lui fit signer l'édit de réunion qui avait pour but d'éloigner de la couronne tout prince protestant, et qui semblait remettre en faveur le duc de Guise , comme s'il était possible qu'une pareille offense fut oubliée par celui qui l'avait faite et par celui qui l'avait reçue. Le roi connut alors dans quelle affreuse situation l'avait conduit la politique de Catherine de Médicis , et l'on croit qu'il ne consentit à signer l'édit de réunion que pour mieux assurer le dessein formé de se défaire des ennemis de sa maison. U se rendit à Blois , où il convoqua les étals généraux , dont l'ouverture eut lieu le 10 octobre 1588 ; le duc de Guise s'y présenta malgré les avertissements secrets qu'il avait reçus : le roi et lui communièrent au même autel , prenant ainsi la religion à témoin de la sincérité de leur réconciliation ; mais le parjure était égal des deux côtés. Le duc fut assassiné le 23 décembre , et le cardinal son frère le lendemain , par ordre de Henri III, qui n'était plus assez puissant pour faire condamner juridiquement un sujet , lorsque ce sujet aspirait à le priver de la couronne. Cette action violente ne fut pas même justifiée par le succès : car la plupart des seigneurs de la maison de Lorraine échappèrent à l'ordre qui avait été donné de les arrêter, et la ville de Paris, en apprenant la mort du duc de Guise, leva l'étendard de la révolte, et proscrivit son roi auquel elle ne donna plus que le nom de Henri de Valois : exemple qui fut imité par les principales villes du royaume. Catherine de Médicis, depuis longtemps odieuse à tous les partis, mourut à l'âge de 72 ans le 5 janvier 1389; dans l'effervescence où étaient les esprits, la perte de cette princesse fut à peine remarquée. On savait que Henri III venait enfin de se rapprocher du roi de Navarre ; en voyant la couronne défendue par les huguenots, les catholiques ne se firent point illusion sur le sort qui leur était réservé. Paris surtout, redoutant la réunion des deux années royales qui s'avançaient victorieuses , rappela le «lue de Mayenne , généralement reconnu pour chef de la

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Ligue, depuis l'assassinat du duc de Guise, son frère, et auquel on donna le titre de lieutenant général de l'État royal et couronne de France. Mayenne était trop honnête homme pour former une faction ; mais il avait toute la prudence nécessaire pour conduire une faction formée. Les événements, bien plus que son caractère , l'ayant décidé à prendre les armes contre la maison royale/il mit dès lors sa probité à ne point manquer à son parti ; mais s'il n'avait point l'ambition du duc de Guise , il n'avait pas non plus son activité ; aussi ne put-îl empêcher que le siège de Paris ne fût entrepris par l'armée des deux rois. Henri III était redevenu un héros depuis qu'il se laissait diriger par le roi de Navarre ; en même temps qu'il se disposait à soumettre les factieux, il ne négligeait point d'employer les moyens avoués par la politique pour diviser ses ennemis ou pour les regagner. Les gens sensés de la capitale , depuis longtemps désignés sous le nom de politiques, désiraient un accommodement et obtc naient du crédit en prouvant qu'il était ridicule de se battre pour disposer de la succession d'un roi qui n'avait pas quarante ans. La Ligue louchait à sa ruine , lorsqu'un dominicain, nommé Jacques Clément, alla trouver Henri III, dont le camp était à St-Cloud, sous prétexte d'avoir un secret important à lui communiquer : il fut admis en sa présence et profita du moment où ce prince lisait avec attention une lettre qu'il lui avait apportée, pour lui plonger son couteau dans le ventre. Henri retira lui-même le couteau de sa blessure et en frappa au front le meurtrier que les courtisans massacrèrent avec une promptitude qui ne permit pas de connaître par quels ordres il avait agi (roy. Jacques Clément). Henri Ul mourut le lendemain 2 août 1589 dans la 39e année de son âge et la seizième de son règne. Comme il n'avait pas d'enfants , l'ordre de succession appelait au tronc les Bourbons dans la personne de Henri IV; mais ce prince ayant toujours repoussé les sollicitations qui lui avaient été faites d'embrasser la religion catholique , ses droits lui furent contestés. La crainte présente d'un roi calviniste ranima la fureur de la Ligue : l'espoir de se faire acheter et le plaisir de se faire craindre rendirent à l'ambition toute son activité, et la mort de Henri III fut le signal de nouvelles divisions. En lui finit la branche des Valois, qui avait rogné deux cent soixante et un ans et donné treize rois à la France : il ne resla de cette maison que Charles , bâtard de Charles IX (roy. .V. goulêne). L'influence de Catherine de Médicis sur ses trois fils , François II , Charles IX et Henri III, avait introduit à la cour un luxe jusqu'alors inconnu, une immoralité dont on n'avait point encore eu d'exemple, et substitué à l'ancienne loyauté française celte politique italienne, qui peut convenir à de petits usurpateurs se disputant momentanément la possession de quelques villes, mais qui dans un grand Liât sera toujours le

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plus terrible des fléaux. Le pouvoir se compose

de force et de confiance : perdre le droit d'être cru, c'est renoncer à la plus belle partie de l'autorité. Henri IV, qui avait vu jusqu'à quel point la puissance se dégrade par l'intrigue et le mensonge, rendit sa parole plus sûre que les traités faits sous ses prédécesseurs : sa loyauté contribua autant que sa valeur à apaiser les troubles qui, depuis si longtemps, désolaient la France. F-e.

HENRI IV, roi de France (1), est un des princes dont la vie est le mieux connue ; et pourtant on ne se lasse point de l'entendre raconter. Malheureusement nous n'avons à présenter ici qu'un abrégé; et sur un tel sujet, il est difficile d'être précis sans encourir un reproche de sécheresse. Ferdinand le Catholique avait, par la fraude et la

(Il Crt M. Larretclle qui a rédigé, pour la première édition de cette liwgraphi» univerullt , la notice mit Henri IV. Crtte notice est remarquable à plut d'un titie, et nous avons voulu la respecter. Nous l'avons donc reproduite telle qu'elle est sortie de la plume de notre savant historien. Depuis qu'elle a parti cependant, les vieille» archive» ont é é explorée» avec plu» d'ardeur, les correspondances inédites ont été recueillies avec plu» de mtih , le* fait» ont été soumis A une critique plus rigoureuse. Nou« avons cru devoir compléter par des note» nombreuses et des detai» nouveaux le travail de M. Lac rote Ile. M. de Lagrèzc, ronaeiller a la cour de Pau, qui s'est occupé avec succès de l'histoire de Henri IV dans un ouvrage estimé^ le Château de /au, Pari»; 2* édition, Hachette, lb&T, a bien voulu ■eus prêter l'appui de son talent et se charger de la révision du cet article. M de Lagrèic a exploré par lui-même les anciennes archive» , et il a formé «on Jugement sur de» pièces pour ainsi dire officiel es. Il s'est inspiré en outre de tous les travaux récents que les premier» écrivains de notre siècle ont ml» a Jour sur cette partie de notre histoire si Intéressante i tous les Utrcj Les ouvrages principaux A consulter sur l'histoire de Henri IV sont : 1° It Journal du rignt it Henri IV, par Pierre de l'Estnile, Pari», 1732 , 2 vol. in-8-; autre édition avec des notes par C. B. A. I Nicolas Lerglet-Dufresnoy), la Haye (Paris1, 1741-1744, & vol. In-8»; 2» Hutoire du roi Henri It Grand, par Hardouin di- Beaumont de Péréfixe , Pari* 10CI , ln-4*; très-souvent réimprimée, et même dans ces dernier* temps, et traduite en allemand , en anglais, en hollandais (roy. Pi*iRXI) i 3* Vie militaire et privée de Henri IV, par Musset-Pal liny. Pari», îbus, in fi»; 4° HttUire dt la Ligue ri du rijne de Henri IV, par M. Miguel, Pari», 1829, &vol. In-8"; V Hutenrede la Réforme, d> la L,jue et du reçue de Henri IV, par M. C'apefigue, Paris, 1834 , 2 Toi. In-T; 1836, S vol. in -8 ; t> Ilutorutltt ou mémoire» pour icrtir à l'huloirt du 17» ttfcle,

È»r Ta lemant de* Kéaux, publiés avec de» notes par MM de lonmerqué, de CbuUmogiron et Taschercau, Paris, 1831- IB'J»', «î vol. in-8*; Bnixcllcs, I83&, 6 vol in-8-; Pari», 1840, 10 tome», en 6 volumes in-12; 7» le Titre Etat, par Augustin Tbierry. t. 1, p. exxvi et suivantes, 6- Kl vite» »ur ttt fondateurs ae l'unité nationale en France, pal M de Camé, t. 2, p. 1 et suivantes; 9» Keeutil de» lettre» miinto rf» Henri IV , publié pour la première lois par M. Berger de Xivrey, Paris, 1BX» 1&Ô3, C vol. tn-4*; lO J/utoire du ligne de Henri IV, par W. Puirson, Pari», 1*57, 3 vol. in-S1*; ouvrage lrés-c»tirr.é qui a obtenu legrand prixGobert ; llu//eiiri/r*critvitn, par M Jung, Pari<. 1 rsjO, in-8", etc. Nous négligeons, bien entendu, l'indication de* hi*t ires générale» de France, qui nécessairement se sont occupées du règne do Henri IV ; nous ne rappellerons pas non

F lu» les chroniques ou mémoires du temps auxquels pourtant historien doit toujours avoir recour*. Dan» la nomenclature lort incomplète, du reste, que nous venons de donner, nous nous somme» seulement appliqués i indiquer les ouvrage.» où l'on trouvera réuni, de* matériaux «érieux sur Henri IV et son règne. A cote ue cej ouvrage», nous pourrions mentionner un très-grand nombre d'éloges historiques, oraisons funèbres, discours, complaintes, etc., imprimés soit en France, soit i l'étranger, tt beaucoup d'opuscules rclatils A tel ou tel lait de l'histoire de Henri IV ; nous pourrions mentionner également bien de» écrits de plus ou moin» de valeur, ayant trait huit à la vie privée, soit aux amours, soit aux bon» mots de Henri IV, et qui tiennent incontestablement plu» du roman que de l'histoire. Nous non» contenterons de renvoyer le lecteur à la Di>Aiolhe\]ue hittoriqut de In France, et i la liste assez complète qu'en a donnée M. (Kltinger dan* sa H,Uiogr0pku biographique w ». ver, elle , t. 1", col. 73G et suivante», Bruxelles, lbCd, 2 vol. in-l-, 2» édi-

li. D-s>.

violence , envahi la pins grande partie du royaume de Navarre, sur le faible Jean d'Albret, qui devait la possession de cet État à sa femme Catherine, héritière de la maison de Fois. Henri d'Albret, petit-fils de ce malheureux prince, avait consumé sa rie dans d'inutiles soins pour rentrer dans son héritage. En épousant la soeur chérie de François I«T, Marguerite, veuve du duc d'Alençon, il s'était ménagé un allié puissant; mais François 1" avait déjà trop éprouvé les rigueurs de la fortune, pour prendre ardemment la cause d'un prince qui , sans le secours d'une armée , réclamait les droits les plus légitimes. Le roi de Navarre n'eut de ce mariage qu'une fille, Jeanne d'Albret , qui , dans sa jeunesse , retraçait les grâces, l'esprit vif et enjoué de sa mère, qui, depuis, montra la vigueur du plus grand caractère. Elle fut mariée au duc de Vendôme, Antoine de Bourbon , issu en ligne masculine et directe du comte de Glermont , cinquième fils de Sl-Louis. Deux fils, fruit de cette union, avaient péri dans leur bas âge. Le troisième , qui fut Henri IV , naquit à Pau le 13 décembre 1553(1). Henri d'Albret vivait encore i la naissance de cet enfant le transporta de joie. On dit qu'il avait recommandé à sa fille de chanter en accoucliant, pour ne pat faire un enfant pleureux et rechigné ; que Jeanne eut le courage d'accomplir le vœu de son père; qu'il emporta l'enfant, le frotta d'ail, et lui fit boire du vin , afin de lui former un tempérament robuste. Henri d'Albret mourut dix-sept mois après la naissance de son petit-fils. Sa fille fut fidèle à toutes les instructions qu'il lui avait données pour l'éducation du prince de Béarn. Ses goûts n'étaient plus les mêmes; elle devint appliquée, sérieuse, ne compta plus sur son mari, qu'elle voyait emporté par des penchants volages, et plaça toutes ses espérances dans son fils. Elle s'applaudissait de le voir rivaliser d'adresse et d'audace avec les jeunes Basques (i) : elle le conduisait dans les chaumières, et assistait aux leçons qu'il recevait de son précepteur Florent Chrétien, l'un des hommes les plus instruits et les plus judicieux de ce temps. Mais, au milieu de tels 6oins, elle se livrait à tout ce que l'esprit de secte peut avoir de plus ardent. Passionnée pour la réforme de Calvin, elle se plaçait, par son rare 6avoir, au rang des docteurs de cette école. Elle

|1) Il est i remarquer comme une particularité historique a*»cz curieuse, que lou» le» hUtoiien» se tunt trompés sur ta date de la tiai»*an c de Henri IV. Il résulte du Journal des naissances et mort» des prince» de Béarn , tenu par l'évéque d'OSoron , que ce grand roi est ué le 14 décembre lôôJ, tnlre une heure on deux heuret aprtt minuit , et fut baptit- le mardi omit me jour de mars, au dict an , au dict lien dr Pou. 1 -ZE.

(2i Ce n'est pas dan.» le pay» basque, mai» en buarn qu'habitait Henri. Il lut nourri par une .'impie paysanne à Biildères, village voisin de Pau; Il passa ensuite »e» premières années an château de Coarasc, auprès de S usa une de liiurbuii , baronne de Mias^en*. S >n a'uul, Henri de Navarre, avait ordonné qu'il fût élevé à la tearname, et noi mollement ù Ui fronçait» Aussi (ut-il laissé au milieu d.» paysans, vetu comme eux, mangeant comme eux du pain noir, du b<rul et du fromage, gra*K»ant comme eux les rocher» tète nue et pieds nu». Voir, pour tous les détails de l'enianec de Henri, U Çhâlta* dt Pau. p. 17» et suivantes. L — zs.

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fit partager ses opinions à son mari (1); et ce fut le seul sacrifice qu'elle en obtint jamais. Ce prince changeait de religion et de parti, presque arec la même facilité qu'il passait aune maltresse à une autre. Après avoir conspiré contre le roi François H, pour perdre les Guises, il aida les Guises à s'emparer de la personne du roi Charles IX, et ne cessa plus ni de les envier ni de leur obéir. En 1S62, il fut tué au siège de Rouen : la reine de Navarre, sa veuve, crut ne pouvoir trop réparer les rigueurs dont il avait usé envers un parti excité et fortifié par lui-même. Cette princesse, objet de la haine commune de Philippe II et de la régente Catherine de Médicis, avait sans cesse à craindre d'être enlevée par les émissaires de l'un ou de l'autre. Elle ne fut jamais moins tranquille que lorsque Catherine de Médicis, accompagnée du roi son fils, vint la visiter dans le Béarn (2); c'était dans l'intervalle de la première guerre civile à la seconde (156Î5). Catherine, en partant, emmena le jeune Henri, prince de Béarn , et , paraissant charmée de l'esprit et des grâces de cet enfant, elle voulut qu'il fût élevé à la cour de France. La reine de Navarre ne respira que lorsqu'elle eut ramené son fils dans le Béarn. L'esprit du prince se développait, et s'enrichissait de connaissances utiles et agréables. Il lisait avec aridité les Vies de Plutarque , traduites par Amyot (3); et ce beau livre, inutilement entrepris pour élever l!âme des fils de Henri n, développa les grandes qualités d'un autre prince que la Providence appelait à régner sur les Français. Les protestants, fatigués d'une paix dans laquelle ils étaient décimés, avaient renouvelé leurs agressions. La seconde guerre civile n'eut que de faibles résultats. Au commencement de la troisième, les protestants avaient été surpris : le prince de Condé, heureux d'avoir

(1| Jeanne, même en matière de religion , n'eut jamais grande influence »ur l'esprit de son mari. Dans les premier* tamps de son mariage, Antoine penchait pour les protestants , dont il devint plus tard le persécuteur, tandis que Jeanne favorisait les catholiques , dont elle devint plus tard la crualle ennemi*. L-u.

(2) 11 n'est pas certain que le roi de France et Catherine soient arrivés en béarn vers IGC5. A cette époque, le jeune Henri avait été déjà emmené à Paria et présenté au roi de Francs. < Voir Ici détails curieux de «Ue première entrevue. CAàltan dt l'au , p. y,:*, M. Henri Martin, dans son Uittoirt dt Franct (*• édition , t. 9, p. 4831, raconte un royege de la raine mère dans les KtaU du roi de Navarre, trais c'est en 1678, lorsqu'elle ramenait Marguerite i «on mari , et le* conférence» n'eurent pas lieu en Beern , mais i la Réole et à Nèrac. L — u.

{3| 11 lisait Plutarque en grec. Psi ma Cayet non* apprend que son précepteur, la Gaucherie, /ort Jocit aux langutt grtcautt. les lui avait enseignées par /orme d'usagt comme mont apprenant Ut lanantt maUnuutt. Henri écrivait un jour k sa femme Marie de Médicis : u Plutarque me souryt toujours - d'un* fraisciis nouveauté; l'aymer, c'est m'ayrr.er; car il a été m l'Instituteur de mon bas à,ie. Ma bonne mère, à la quelle je u dois tant, et qui avolt une ailection si grande de veiller k mes ■ bons déportements , et ne vouloit pas , *c disoit-ellc, voir en « son ni» un IJIustro ignorant, me mit ce livre entre le* mains . « encore que je fusse à peine plus un enfant de mamelle; il « m'a été comme ma conscience, et m'a dicté i l'oreille beaucoup u de bonnes honnêtetés et maximes excellentes pour ma eotiu duite et pour le gouvernement de* affaire*. * Henri traduisit en entier les Cvmmentairt* dt Cttar. Si le manuscrit original a. malheureusement disparu, la bibliothèque impérial* en a du moins conservé une copie fidèle avec les correction» du maître

Ml,asil Jsa fsxiitoai MstfMsniauâ nn» I m s>s\ ua 1 silAarak f -sa»

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pu gagner la Bochelle, y languissait sans secoure, et ne savait comment soudoyer un parti dont la valeur et la fureur même étaient enchaînées par le dénùment. La reine de Navarre descendit des Pyrénées avec son fils, protégée par une escorte de deux cents gentilshommes, et portant avec elle un trésor, prix de ses domaines engagés et de ses joyaux vendus. Le prince de Condé reconnut son chef dans le fils de son frère aîné. Cet acte de déférence de la part de ce prince ambitieux n'était point un sacrifice réel, puisque le jeune Henri, âgé de quatorze ans, ne pouvait rien régler par lui-même. On reprit l'espérance, on marcha; et l'on ne rencontra que trop tôt, dans les plaines de Jarnac, l'armée royale commandée par le duc d'Anjou, frère du roi. Cette armée était remplie d'une noblesse ardente, d'officiers éprouvés, et surpassait , presque de moitié, celle des protestants. Le prince de Béarn ne put obtenir de son oncle la permission de combattre. Il vit le prince de Condé, le bras en écharpe et la jambe fracassée, donner le signal d'une troisième charge : il eut la douleur de ne pouvoir s'élancer avec lui , et bientôt celle d'apprendre la mort on plutôt le meurtre d'un prince dont la valeur avait été aussi brillante que fatale à sa patrie. Le due d'Anjou profita mal de sa victoire. Coligny et la reine de Navarre réunirent leurs efforts pour lui en ravir les fruits. L'armée protestante, qui n'avait perdu que le champ de bataille, s'anima d'une nouvelle ardeur, quand la reine de Navarre entra dans le camp , suivie du prince de Béarn et du jeune prince de Condé , et prononçant ces mots : « Voilà , mes amis, deux nouveaux chefs que Dieu t vous donne, et deux orphelins que je vous « cou 'le. » Coligny devint, pour le jeune Henri, un nouvel instituteur et un nouveau père. Le brave Lanoue lui enseignait, par son exemple, toutes les vertus du chevalier. Tout paraissait désespéré pour les protestants après la bataille de Montcontour : ils avaient à rougir de ce combat mal engagé et si mal soutenu; et la perte énorme qu'ils avaient essuyée semblait avoir dissous leur parti. En quelques mois, Coligny parvint à les rendre maîtres du tiers du royaume. U marchait sur Paris; une maladie grave le força de quitter le commandement. Henri, auquel il le confia, prouva en toute occasion combien il avait profité a l'école de ce grand capitaine. Coligny, rendu à l'armée , permit au jeune prince de se livrer à toute son ardeur dans le combat d'Arneyle-Duc , et Bourbon contribua beaucoup à la victoire. On parla de paix. Les protestants obtinrent d'immenses avantages. La cour ne semblait plus occupée qu'à leur complaire : il s'agissait d'attirer tous les chefs à Paris. Charles IX, qui avait si longtemps tremblé devant Philippe 11, se montrait résolu à lui ravir les Pays-Bas, armés depuis plusieurs années contre son oppression. On faisait des préparatifs parterre et par mer; les généraux étaient nommés : Coligny ne sortait point encore

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