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l'humanité. Les exploits de ce prince forment le sujet de V Henriqueida du comte d'Erieeira. Son portrait a été grave" par Corn. Galle, d'après une ancienne peinture sur verre. Son fils Alphonse a été le premier roi de Portugal. W— s.
HENRI (Le cardinal), troisième fils d'Emmanuel, roi de Portugal, naquit à Lisbonne le 31 janvier 1512. Destiné à l'état ecclésiastique, il s'appliqua avec ardeur à l'étude de la théologie et des langues, dans lesquelles il fit de grands progrès. Nommé , avant l'âge de quatorze ans , prieur commendataire du couvent de Ste-Croix à Coimbre, il fut pourvu, en 1552, de l'archevêché de Braga, et succéda, en 1540, au cardinal Alphonse, son frère, dans le siège d'Évora, érigé pour lui en archevêché. Plein de zèle pour le maintien des mœurs et de la discipline, il crut devoir consentir à l'établissement de l'inquisition dans son diocèse; et ce redoutable tribunal étendit bientôt son pouvoir sur tout le royaume. Le roi Jean , son frère , tenta de le faire élire pape ; mais II ne put y réussir, et Henri n'obtint en dédommagement de la tiare que quelques bénéfices et le titre de légat pour le Portugal. Les états lui décernèrent la régence pendant la minorité de dorn Sébastien, son neveu : il parut n'accepter le pouvoir qu'avec une extrême répugnance , en usa prudemment , et s'empressa de le remettre entre les mains du jeune roi ; mais il regretta la cour, dès qu'il l'eut quittée, et chercha par ses intrigues à y conserver son crédit. Cependant il refusa la régence que lui offrit Sébastien avant son départ pour la fatale expédition d'Afrique (my. Sébastien, roi de Portugal}; mais à la nouvelle de sa mort , il se hâta de retourner à Lisbonne, et s'y fil proclamer roi le 28 août 1578. Son âge avancé donnant lieu de présumer qu'il ne garderait pas longtemps le trône , tous les princes qui y prétendaient s'empressèrent de faire valoir leurs droits. Henri, indifférent sur les troubles qui menaçaient le royaume, sembla n'avoir ressaisi le pouvoir que pour exercer des vengeances. Il écarta des emplois et bannit de Lisbonne les conseillers de Sébastien , sous le prétexte qu'ils auraient dû s'opposer à ses projets, et ne leur permit pas d'alléguer un seul mot pour leur défense. Cependant les états le supplièrent de désigner son successeur ; il leur répondit qu'auparavant il voulait examiner les droits des prétendants : mais il resta dans la même indécision, penchant tantôt pour la duchesse de Braganee, tantôt pour Philippe II, et cherchant ensuite à les écarter l'un et l'autre, en sollicitant de la cour de Rome la permission de se marier. Sur ces entrefaites , il tomba malade et mourut dans son palais d'AJmeyren le 31 janvier 1580, jour anniversaire de sa naissance, à l'âge de 08 ans. Philippe II lui succéda, contre le vœu des Portugais, qui auraient préféré dom Antoine, prieur de Crato, neveu de Henri (roy. Antoine de Crato). Henri, qui a laissé l'idée d'un prince faible et capricieux , avait montré les vertus et
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les qualités d'un grand prélat. H réforma les mœurs trop relâchées des ecclésiastiques, établit des écoles et des hospices pour les pauvres, protégea les lettres, fonda l'université d'Évora, et des collèges à Coimbre et à Lisbonne, n engagea le jésuite Maffei à écrire l'histoire des conquêtes des Portugais dans les Indes, et encouragea les utiles travaux de plusieurs savants. Il composa lui-même plusieurs ouvrages , la plupart ascétiques, parmi lesquels on se contentera de citer des Méditations (en portugais) sur les mystères de la vie du Saurevr, Évora, s. d. , in-8°. Cette première édition est très-rare. Le célèbre P. Louis de Grenade en a donné une nouvelle, précédée de l'éloge du royal auteur, Lisbonne, 1574, in-8*; et ces Méditations ont été traduites en latin par le P. Ant.de Serra, dominicain, Louvain, 1575, in-12, et plus élégamment par les jésuites du collège d'Évora , Lisbonne, 1570, in-8°. On trouvera les titres des autres productions du cardinal Henri dans la Bibliothèque curieuse de David Clément , t. 9, p. 401 et suivantes. W — s.
HENKI DE PORTUGAL, duc de Viseo, né en 1304, était le quatrième fils de Jean 1", roi de Portugal, qui l'avait eu de Philippine de Lancastre, sœur de nenri FV, rot d'Angleterre. A l'esprit guerrier ce prince joignait la culture des arts et des sciences, alors méprisés des personnes de son rang ; il s'appliqua , avec un goût particulier, à l'étude de la géographie. Les leçons des plus habiles maîtres et les relations des voyageurs lui procurèrent bientôt assez de connaissance du globe pour apercevoir la probabilité de découvrir de nouvelles contrées en naviguant le long de la côte d'Afrique. Au retour de l'expédition de Tanger, où il s'était signalé sous les yeux de son père, il se retira de la cour, fixa sa résidence à Sagres, près du cap St-Vincent, où la me de l'Océan portait continuellement ses pensées vers son projet favori. Quelques-uns des plus savants hommes de son pays l'avaient accompagné dans sa retraite, et l'aidaient dans ses recherches. H consulta les Maures de Barbarie et les juifs de Portugal ; il attira à son service d'habiles navigateurs : sa probité, son affabilité, son respect pour la religion et son zèle pour la gloire de son pays donnaient un nouvel éclat à ses talents. Gonsalez Zarco et Tristan Vas s'élevèrent , par ses instructions, au large du cap Bojador, qui était regardé comme une barrière impossible à franchir, et découvrirent l'Ile appelée aujourd'hui Porto- Santo. L'année suivante, 1419, les mêmes officiers découvrirent Madère, où le prince, outre les semences, les plantes et les animaux domestiques communs en Europe , fit transporter des plants de vigne de Chypre et des cannes de sucre de Sicile. Ces deux objets y prospérèrent rapidement, et devinrent bientôt des articles considérables de commerce. Le cap Bojador fut doublé en 1434 (roy. Giliakez), et de nouvelles tentatives conduisirent les navigateurs du prince Henri dans la
rivière du Sénégal et dans plusieurs autres contrées, les Açores, les lies du cap Vert; mais la mort de dom Henri, arrivée en 1463, fU éprouver un revers funeste à la passion pour les grandes découvertes. On conjecture que son vaste génie lui avait fait concevoir l'idée de pénétrer jusqu'aux Indes orientales. On attribue à ce prince l'invention des caries plates, qui est le premier pas qu'on ait fait vers la construction des cartes marines. T — d.
HENRI DE CHAMPAGNE, roi de Jérusalem, naquit en 1180 ou 1181. Après avoir institué son frère Thibaut son héritier universel au comté de Champagne , il se rendit dans la Palestine pendant la troisième croisade , et se distingua au siège de Ptolémats ou de St-Jean d'Acre. Richard Cœur de lion , qui était son oncle, lui fit épouser Isabelle , veuve de Conrad , marquis de Tyr : son mariage et le consentement des seigneurs et des barons l'élevèrenl au trône de Jérusalem, il mourut dans la quatrième croisade (l'an 1197}; il s'était placé à une fenêtre de son palais pour voir défiler les troupes qui marchaient au secours de Jaffa : la fenêtre s'écroula tout à coup et l'entraîna dans sa chute. Isabelle, sa veuve, épousa Amaury , roi de Chypre , qui fut après lui roi de Jérusalem. M — d.
HENRI. Voyez Bavière , Bradait, Condé, Guise, Harcocrt, Lorraine et Nemoi rs.
HENRI RE BOURGOGNE, surnommé te Grand, fut le premier duc propriétaire de cette province. L'entrée des Bourguignons dans la Gaule remonte à l'an 413; ces peuples, d'origine germanique, formèrent alors, entre le Rbin et la Saône, le premier royaume de Bourgogne (roy. Go!U>icaire): Clovis le rendit tributaire. Les fils de ce conquérant, après s'être partagé ses Etats, s'étendirent dans la Gaule par l'entière réduction du royaume des Bourguignons, qui fut depuis divisé en duché de Bourgogne proprement dit, et en comté de Bourgogne , ou Bourgogne supérieure : l'un et l'autre furent réunis à l'empire de Charlemagne. La Bourgogne eut des ducs, d'abord bénéficiaires ou amovibles, ensuite propriétaires. Henri leGrand, fils de Hugues le Blanc, dit le Grand, et frère de Hugues Capet, après avoir été vingt-deux ans duc de Bourgogne révocable à volonté, comme l'avaient été son père et Othon son propre frère, eut enfin en propriété ce qu'il n'avait eu que par commission. Son frère Hugues Capet, devenu roi de France en 987, lui donna le duché de Bourgogne en propre héritage, le jugeant digne des > , ainsi qu'il
plus grands honneurs,
une charte qui nous a été conservée. Plusieurs anciens monuments nous apprennent que le duché de Bourgogne avait alors à peu près la même étendue qu'à la chute de la monarchie. Les auteurs contemporains qui parlent de Henri le Grand ne rapportent de ce prince aucune de ces actions i, ni de ces exploits qui justifient le titre qu'ils lui donnent, et qu'on explique
par le titre de grand-duc que lui conféra Hugues Capet. Du reste, on représente ce Henri le Grand, ou grand-duc, comme un prince occupé à maintenir le bon ordre, à corriger les abus , à faire le bonheurde ses sujets. La Chronique de Si- Bénigne fait l'éloge de ses mœurs, de son caractère cl de sa piété. U mourut en 1003, dans son château de Pouillé-sur-Saône, ne laissant qu'un fils naturel, et un fils adoplif , né du premier mariage de sa femme Gerberge , veuve d'Adalberl , roi des Lombards, nommé Otto-Guillaume, et auquel le roi Robert disputa et enleva la Bourgogne, après une guerrede dix-huit ans. Otto-Guillaume ayant fait depuis son accommodement avec Robert, eut le comté de Dijon pour sa vie, et fut le premier comte propriétaire de la Bourgogne supérieure. B— p.
HENRI ou plutôt FnÉDéRic-HEKRi-LoKts, prince de Prusse, né à Berlin, le 18 janvier 1726, était le troisième fils de Frédéric-Guillaume I", et fut élevé, jusqu'à la mort de son père, qu'il perdit a l'Âge de quinze ans, selon les goûts et le caractère de ce prince grossier et bizarre , dont il était tendrement aimé. Toute l'affection de Frédéric-Guillaume i- r, en «'éloignant de l'aloé de ses fils, s'était portée sur les deux autres, et l'on sait qu'il voulut plusieurs fois le priver, en leur faveur, de ses droits à la couronne (roy. Frédéric). Cette préférence sema dans la famille de funestes germes de division , et lorsque Frédéric fut monté sur le trône il parut se souvenir quelquefois d'une injustice dont il aurait eu tort d'accuser ses frères. Le prince Henri se livra dès sa plus tendre jeu* nesse à l'étude de la guerre, et il était déjà trèsversé dans la théorie de cet art difficile à l'âge où son frère atné n'avait encore montré que de l'éloignement pour tout ce qui tient aux armes. 11 fit sa première campagne , comme colonel , eu, 1742, et se trouva à la bataille de Czaslau. La paix qui fut conclue bientôt après ne lui permit pas d'acquérir beaucoup d'expérience, mais elle le rendit à ses études théoriques. La guerre s'élaot rallumée en 1744, il s'efforça de se montrer digne de marcher sur les traces de son frère, et servit à ses côtés comme l'un de ses aides de camp. Chargé de la défense de Tabor, il y repoussa lès attaques de Nadasly, et se distingua d'une manière encore plus remarquable à la bataille de IIohen-Friedberg , où Frédéric sut déployer ses grands principes de tactique avec tant de supériorité. Cette guerre ne fut encore pour le prince Henri qu'une occasion d'appliquer à la pratique les résultats de ses études , et la paix de Dresde lui ayant bientôt permis de les reprendre, il se préparait à devenir un des plus profonds tacticiens de son siècle. Frédéric H ayant exigé à cette époque qu'il vint demeurer à Potsdam, ce fut dans la société des savants et des gens de lettres réunis par le roi dans ce séjour que le jeune prince forma son goût, et acquit toutes les connaissances qui l'ont distingué. La sévérité dont
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Frédéric usait alors envers lui contribua même à son instruction , en l'éloignant de toutes les occasions de dissipation , el en le forçant à ne s'occuper que de choses utiles. Le prince Henri resta pendant six ans dans cette situation , et il ne jouit t] 1 quelque indépendance qu'après l'union qu'il contracta, en 1752, avec une princesse de H esse- Casse] ; il obtint alors le château de Reinsberg, déjà illustré par la résidence de Frédéric, et ce monarque lui fit bâtir un palais à Berlin. Comme son frère, et peut-être par les mêmes motifs, le prince Henri avait peu de penchant pour le mariage ; mais il saisit avec empressement celte occasion de se soustraire au joug du roi. Son existence prit une nouvelle face; libre de suivre ses goûts , il se livra sans relâche à l'élude de l'art militaire; uni de la plus tendre amitié avec son frère le prince royal, il faisait la guerre avec lui par correspondance. Supposant deux armées en présence, chacun des deux princes se chargeait de régler les mouvements de l'une d'elles, el les indiquait par des plans qu'il envoyait à son adversaire, lequel lui adressait à son tour son plan de défense. On ne peut douter que de telles occupations n'aient fortement contribué à donner au prince Henri cette connaissance profonde de la stratégie qu'il déploya ensuite avec tant d'éclat. Dès la première année de la guerre de sept ans (1756), il commanda une brigade sous les ordres du roi son frère. Placé à l'aile droite de l'armée prussienne , à la bataille de Prague , il y détermina la victoire, en chargeant à la (été de ses troupes avec la plus grande valeur. Après la perte de la bataille de Kollin , il dirigea la retraite d'un corps d'armée, et fut plus heureux ou peut-être plus habile que son frère le prince royal. La disgrâce de celui-ci l'affligea vivement; et il n'est que trop vrai qu'il n'a jamais pu pardonner au roi la cruelle sévérité montrée par lui dans cette circonstance (roy. Frédéric II). Trop franc et trop lier pour dissimuler, le prince Henri donna un lihre essor à son mécontentement, et de là vinrent la mésintelligence et l'aigreur qui se mêlèrent si 6oment aux relations des deux frères. Cependant le roi , qui avait perdu ses meilleurs généraux , et dont les affaires devenaient de jour en jour plus embarrassées, continua d'employer le prince Henri, et lui conlia même les postes les plus importants. A Rosbach, celui-ci commandait un corps d'infanterie, qui eut une grande part à la victoire, et il y reçut une blessure grave. Les égards qu'il eut dans cette occasion pour les officiers français tombés au pouvoir des Prussiens touchèrent vivement cette nalion, et la renommée, en s'empressant de lui en faire honneur, prépara l'accueil que le prince Henri reçut dans la suite à Paris. Après la bataille de Rosbach, ce prince commanda à Leipsick le peu de troupes que son frère y laissa en partant pour la Silésie. Celte petite armée , que l'on porta l'année suivant'-' (1758) à vingt-cinq mille hommes, fut ebar-