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Va!licre , beaucoup d'influence sur le roi ; mais cette jeune personne, tout entière à son amour, restait étrangère aux calculs de l'intrigue : aussi sa perte fut-elle résolue, et tous les efforts se réunirent pour lui faire préférer mademoiselle de la Mothe- Houdancour, fille du maréchal de ce nom, en qui l'on espérait trouver plus de soumission. Le comte de Guiche portait Madame à cette démarche, et Vardes y excitait la comtesse de Soissons. Tous deux supposèrent une lettre espagnole , écrite à la reine par le roi son père", pour l'informer de la liaison de lx)uis XIV avec mademoiselle de la Vallière. Cette lettre fut remise au roi , et comme il s'en était ouvert à quelques-uns de ceux qui l'approchaient de plus près , Vardes, consulté à son tour, dirigea les soupçons de son maître sur la duchesse de Navailles, insinuation que la vertu austère de celte dame rendait vraisemblable', et elle ne put se soustraire à sa disgrâce. La véridique madame de Motteville pensa même s'y trouver enveloppée. Ce ne fut qu'en 1604 qu'une nouvelle intrigue fit connaître au roi les vrais auteurs de la lettre. Le comte de Guiche, obligé de s'expatrier, avait chargé Vardes d'entretenir Madame dans les sentiments favoblcs qu'elle lui portait. Celui-ci , honoré des bontés de la princesse, admis même dans sa confidence, conçut le projet de perdre son ami dans l'esprit d'Henriette , et de la tenir dans sa dépendance en se constituant le dépositaire ebligé des lettres du comte. Cette dangereuse correspondance avait été confiée à mademoiselle de Montalais. Vardes représenta à Madame l'importance dont il était pour elle de retirer un tel dépôt et de l'anéantir ; puis , quand il s'en vit possesseur, il refusa de s'en dessaisir. Les entretiens particuliers qu'entraînaient ces négociations excitèrent la jalousie de la comtesse de Soissons : elle crut que Madame cherchait à lui enlever son amant , et elle ne mit plus de bornes à son ressentiment. Les choses en étaient là quand Vardes rencontra le chevalier de Lorraine , et eut avec lui une conversation que ses 6uites ont rendue importante. Après qu'ils se furent loués réciproquement, et félicités 6ur le bon goût de leurs ajustements, Vardes fit les honneurs de sa personne j il reconnut qu'il ne lui appartenait plus de prétendre aux succès de la première jeunesse : « Mais pour vous, « dit-il au chevalier, vous éles d'âge et d'état à « tout entreprendre ; jetez le mouchoir, et il n'y r a point de dame à la cour qui ne le relève. » Le chevalier de Lorraine répéta cette conversation au marquis de Villcroy, l'ennemi de Vardes, qui courut aussitôt chez Madame et lui rapporta que Vardes avait dit au chevalier « qu'il avait tort de ■ s'amuser aux soubrettes, et que, fait comme il « était, il devait s'adresser à la maîtresse; que « même il y aurait plus de facilités. » Henriette, indiguée, en instruisit aussitôt le roi, et Vardes fut mis à la Bastille. Outrée de la disgrâce de son amant, la comtesse de Soissons se répandit en