‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 35 sur 106 · HEN 22S · texte numérisé non relu

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i l'Écossais, ne pouvant plus tenir à cette risée

[ dont il était l'objet, sortit de la salle et qu'à l'entrée il trouva quelqu'un de sa connaissance qui se tenait les côtes, tant l'orateur l'avait fait rire. La cause fut gagnée sans difficulté, et l'Écossais, débouté de sa plainte, quoique bien fondée , fut obligé de se soustraire à la vengeance de la populace. En 1784, Henry fut de nouveau élu gouverneur delà Virginie. Il venait de proposera la chambre des délégués de favoriser les mariages entre les blancs et les Indiens pour hâter la civilisation des sauvages, et délivrer le pays des déprédations qu'ils y commettaient sans cesse. Ne pouvant plus appuyer sa motion de son éloquence, il eut le chagrin de la voir rejetée, quoique deux lectures en eussent été faites. Il n'aurait tenu qu'à lui de se faire réélire gouverneur à l'expiration du terme; mais ayant encore d'anciennes dettes à payer, et ne pouvant soutenir par sa fortune la dignité de cette place , il se retira , et refusa par le même motif de faire partie de la délégation de sept membres que la Virginie envoya à la convention de Philadelphie, et pour laquelle il venait d'être élu. Il alla s'établir dans le comté de Prince-Edouard, où il eut bientôt une clientèle considérable , parvint à éteindre ses dettes , et vécut dans l'aisance.

. Une convention devant s'assembler à Richmond, pour se prononcer sur la nouvelle constitution fédérale , le comté où il avait choisi son domicile

, le désigna pour le représenter. Le projet de constitution paraissant , à lui fervent républicain, accorder trop de pouvoir au président , il s'opposa à son adoption. Mais la majorité de la convention, dans laquelle siégeaient Madison et Monroê", en jugea autrement , et elle approuva cette con-

' stitution. Henry se soumit à la décision, tout en protestant contre elle. Une autre question judi-

[ ciaire donna lieu à un grand plaidoyer di sa part : il s'agissait de savoir si les citoyens a nier i-

I cains devaient payer les dettes contractées par eux avant la révolution américaine envers les sujets de la Grande-Bretagne. Henry soutint la négative contre l'opinion de tout le monde, et il parla pour cela une journée entière. On dit que ce jour-là il ne put y avoir de séance à la chambre des représentants, parce que tous les députés

, étaient accourus au tribunal. Après la session de

j la convention virginienne, Henry ayant été nommé membre de la première chambre des représentants qui s'assembla en Virginie, il y em-

! pécha par l'influence de sa parole l'élection de

j Madison comme membre du sénat des États-Unis, uniquement parce que ce député était porté par le parti favorable à la nouvelle constitution,

! contre laquelle Henry conserva toujours une an-

| tipatbie très-vive. 11 aurait voulu provoquer une nouvelle convention nationale pour reviser la constitution, et , quoique après la session législative de la Virginie il se fût retiré des affaires publiques, il ne dédaigna pourtant pas en 179»,

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lors des élections des représentants au congrès national qui devait se prononcer définitivement sur l'adoptiou de la même constitution, de se présenter comme candidat dans le comté de Charlotte. Il fut élu presque par acclamation, et il se flattait, quoique malade, de l'espoir de faire encore modifier le projet ; mais sa maladie ayant fait des progrès, il ne put remplir son mandat, et mourut à Ilcdskill le G juin 17H9, avant que le congrès s'assemblât. Un homme dont les opinions tranchaient d'une manière si évidente avec celles d'autres hommes politiques, et qui exerçait sur le peuple une si grande influence, ne pouvait être sans ennemis. Dans les dernières sessions surtout, il avait été attaqué avec virulence dans une série de pamphlets qui parurent sous le nom de Deeius. et qui se succédèrent pendant sis mois. Patrick Henry y fut accusé de cacher sous les dehors austères d'un républicain et sous l'affectation de la démagogie une ambition plus redoutable pour l'Amérique que le despotisme qu'il avait aidé à détruire. On exprima même des soupçons sur les motifs de ses discours et de ses voles. C'était, disait-on , par jalousie contre quelques hommes marquants qu'il avait combattu avec tant d'acharnement le projet de constitution qu'ils approuvaient; s'il s'était déclaré contre le payement des dettes américaines, c'était parce que les Anglais avaient beaucoup de créances sur sa famille etsur ses amis, etc. On présume que ce fut en partie la virulence de ces attaques qui le détermina à se retirer des affaires. Au reste , en supposant qu'il n'ait point agi par des motifs d'intérêt et d'ambition, on est au moins obligé de convenir qu'il s'est trompé -quelquefois dans ses vues politiques, et qu'il n'a pas été toujours fort scrupuleux dans le choix des causes qu'il a plaidées. On a pu remarquer qu'il avait peu d'instruction , et que son éloquence était pour ainsi dire d'instinct. Il disait : « laissons là les livres et

■ étudions les hommes, seul livre que nous puis- « sions lire avec fruit. » Voici comment un journal américain (i) a caractérisé le talent oratoire de cet homme extraordinaire : « S'il fallait préci- « ser ce qui constituait ce talent, je dirais que « son éloquence était plutôt (faction que de pa- « rôle. Henry était un mime parfait ; la nature ne «l'avait pas favorisé, il était même mal fait,

■ avait les épaules carrées, et en marchant avan- « çait un peu l'une des deux. Cependant quand il « le voulait, il se développait, prenait l'air, les « manières et le ton de la bonne compagnie. S'il « avait été acteur, Garrick n'aurait pas été regardé « comme son supérieur; si missionnaire, White- « ûeld n'aurait pas brillé auprès de lui. Il pouvait « prendre tous les airs ; dirigeant à volonté les « muscles de sa figure, il pouvait sans la moindre « apparence d'affectation prendre un air triste, et « communiquer cette tristesse , par une sorte « d'effet magique, aux juges, aux jurés et à l'au-

« ditoirc, en sorte que toute la salle paraissait « plongée dans le chagrin. Si au contraire il vou- « lait faire rire, il n'y avait pas moyen d'y résis- « 1er, c'étaient des éclats qui partaient de tous

■ les côtés de l'auditoire ; il savait donner à ses « yeux toutes sortes d'expressions, surtout celle* « du mépris et de la colère. Je l'ai entendu dans « ses harangues débuter de manière à faire croire " pendant quelques minutes à un étranger que « celui qui parlait était l'homme le plus gauche « et le plus ignare qu'on pût entendre ; mais « s'était-il débarrassé une fois de l'exorde, cet « homme, haussant la ceinture de sa culotte de « peau, rejetant ses lunettes au haut du front, « et s'étalant à son aise, s'abandonnait à ses « inspirations ; alors c'étaient des flots d'élo- « quence , c'était un charme irrésistible qui fascl- " nait l'auditoire ; on ne pouvait détourner les « yeux de cet homme si naturellement éloquent

■ que quand il avait fini. Il est à regretter que « nous n'ayons aucune de ses harangues tout en- « tière, mais, quand nous les aurions, elles ne « donneraient encore qu'une idée imparfaite de « l'effet de son éloquence. Son talent était tout à lui ; « 0 n'imitait personne, et personne n'a pu l'imi- « ter. « Sa vie a été écrite par un de ses compatriotes, William Wirl, de Richmond en Virginie, sous le titre de Sketchet of the li/e and character o) Patrick Henry, Philadelphie, 1817, 1818, 1831, 1838, in-8°; ouvrage plein de faits peu connus, mais écrit avec trop d'emphase et ne faisant ressortir que le beau côté de son héros. Tout en suivant le récit de Wirt, nous avons eu égard, dans cet article, aux critiques qui en ont été faites aux États-Unis. D —

HENRY (Thomas), médecin et pharmacien anglais, établi à Manchester , fut un des fondateurs de la société littéraire de cette ville et un des membres de la Société royale de Londres. Particulièrement versé dans la chimie pratique, il traita, dit-on, le premier un sujet de grande importance pour le perfectionnement des étoffes de coton , l'emploi des mordants dans la teinture, et il s'empressa de recommander la nouvelle méthode de blanchiment. Les mémoires de la société de Manchester et d'autres compagnies savantes renferment plusieurs des résultats de ses travaux. Il a publié séparément : 1° Expériences et observations sur U préparation, etc., de la magnésie blanche. 1773, in-8° ; 2° Lettre au docteur Glass . en réplique à son Examen des réflexions sur la magnésie , 1774, in-8° ; 3° Essais physiques et chimiques traduits du français de Lavoisier, 1776, in-8°; 4° Exposé d'une méthode pour empêcher feau de se putréfier eu mer. 1781, in-8°; 5» Essais sur les effets produits par divers procédés sur fuir atmosphérique, traduits de Lavoisier , 1783, in-8° ; 6° Mémoires du baron Haller. 1 783 , in-8° ; Th. Henry est mort vers le milieu de l'année 1816, âgé de 82 ans.— Son fils, William Ue.miy, a suivi la même carrière scientifique et publié plusieurs ouvrages sur la chimie. L.

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HENRY DE RICHEPREY (Jeân-Fiusçois) , né à Nancy en 1731, ûls d'un avocat, fut destiné à l'étal militaire et dirigea toutes ses études dans l'esprit de celte vocation ; mais, avant qu'il eût définitivement embrassé la profession des armes , il lui fut proposé , et il accepta d'aller en Corse coopérer au cadastre de cette Ile. Successivement employé comme géomètre au terrier de la Corse, comme ingénieur et commis des finances, comme associé au voyage pittoresque de l'Italie, puis enfin comme auteur et directeur du cadastre de la haute Guyenne il marqua tous ses services par l'application constante des connaissances les plus variées et les plus étendues , en géométrie , en histoire naturelle , en agriculture et en économie politique. La perfection de ses plans de colonies et de prospérité pour la Corse l'avait fait attacher au ministère des finances. A son retour d'Italie, il reçut des témoignages de satisfaction pour ses Comparaisons manuscrites des avantages naturels de la Corse atec ceux du Milanais, avec ceux du royaume de Xaples. avec ceux de la Toscane. Ses mémoires sur ce dernier Etat venaient d'être envoyés au grand-duc Léopold, qui avait bien voulu en agréer l'hommage. Ses rapports à l'administration de la haute Guyenne et sa Description des terres de cette province, imprimés à Viilefranche en 1785, ont fourni le plus parfait modèle du cadastre entrepris depuis dans tout le royaume, et l'essai d'une nomenclature des terres, d'une langue commune qui manquait à la science. On y trouve mises en pratique d'autres grandes opérations, également ordonnées ensuite pour la France entière : tels sont la réduction des mesures à une seule ; les recensements de population ; le partage des communaux ; le perfectionnement, par les arpentages pour le cadastre , de la carte générale de Cassini ; enfin les divers éléments d'une statistique complète, iucuut branche d'industrie n'a échappé à cet observateur attentif; tous les détails des arts , tous les produits et les résultats des spéculations de commerce se trouvent dans Us lié moire s qu'il a rédigés. (Procès- verbal des séances de l'administration provinciale pendant 1784, p. 30. J ilenry est aussi l'auteur d'une description des mines de charbon de la haute Guyenne, rédigée dans le même temps. Sa méthode pour le cadastre fut approuvée par l'Académie des sciences, à la suite d'un rapport imprimé dans les Mémoires de cette société pour 1784. Une description des charbonnières embrasées du Roucrgue, j qui lui fut demandée par l'école royale des mines, fut publiée par extrait dans fè Journal des voyages du mois de mai 1819. 11 avait fait aussi la description géométrique du Vésuve , au sujet de laquelle Buffon écrivit en 1778 : « Votre méthode est la « seule qui puisse donner des résultats précis sur « le gisement des terres et la hauteur des mon- « lagnes. On doit vous savoir bon gré de toute la « peine que vous avez prise pour vous assurer de ■ la hauteur du Vésuve sur laquelle les savants dlf-

« féraient du simple au double ; c'est un service « que vous aurez rendu à l'histoire naturelle. » Une notice de 1788, après avoir rendu compte du voyage de Richcprey en Italie, porte : « Les mo-

■ numents des arts , les illustres , les mœurs, les « usages , les formes d'administration , rien n'a « échappé au voyageur. Quoiqu'il ait écrit presque « en courant , ses descriptions sont simples , son « style est épuré ; tout annonce l'homme de « goût , l'homme de lettres , l'homme de génie ; « c'est le philosophe , c'est l'ami de l'humanité, « qui ramène sans cesse ses pensées , sa conduite,

■ à des objets de bienfaisance, au bonheur de ses « semblables. » Une autre notice, bien postérieure, fait remarquer que, dans ses vues et dans ses projets, évitant toute théorie hasardée, ce n'était que « du rapprochement des causes et des cflets, de « la similitude des intérêts et des positions so- « ciales, qu'il déduisait les améliorations que l'on « pouvait introduire dans l'administration flnan- « cière. « Sa mort, survenue en 1787, appartient à uu autre genre de philanthropie. Il venait «le tout abandonner pour concourir à l'affranchissement des nègres (1783), encouragé par le gouvernement lui-même, et tenté, dans le plus grand secret, à l'Ile de Caycnne , sur une habitation que le célèbre la Fayette sacrifiait à cette entreprise , dont il faisait tous les frais. L'Histoire de l'assemblée constituante, t. 2, p. 329, mentionne cet essai. Avec une âme aussi ardente et un sang appauvri par une activité extraordinaire, Richeprey pouvait difficilement résister au climat meurtrier de cette partie des tropiques. Il succomba en peu de temps, mais assez tard pour ne laisser aucun doute sur le succès d'un affranchissement bien étranger , au surplus , à la liberté tout homicide de 1793; puisqu'on n'y arrivait qu'avec une prudence extrême et la résolution inébranlable de concilier les divers intérêts , en assimilant , au moyen de redevances , les infortunés Africains à nos anciens cultivateurs de l'Europe. M. Delpon obtint, en 1821, une médaille d'or qui lui fut décernée par la Société royale d'agriculture de Paris , pour un éloge de Ilenry de Richeprey, imprimé à Cahors en 1833, sous ce titre : Essai biographique sur Henry de Richeprey. M — t> j.

HENRY (Gabriki.), frère cadet du précédent, né à Nancy en 1733 , se destina de bonne heure à l'état ecclésiastique , Ût une partie de ses études dans le palatinat du Rhin , par échange avec un ami de sa famille , fut reçu docteur en théologie et exerça le ministère , d'abord comme vicaire à Paris, paroisse Sl-Benolt ; puis comme curé de Laneuvevdle, près Nancy, jusqu'en 1791, époque du serment à la constitution civile du clergé. Quoique partisan des principes de la révolution, il ne crut pas pouvoir se séparer de ses supérieurs , et préféra s'expatrier. 11 se dirigea sur l'Allemagne, y fut errant plusieurs années, et ne s'arrêta qu'à îéna, où les catholiques le prirent pour leur curé. 11 y était lors de la fameuse bataille de ce nom,

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en 1806. Dès la veille , la ville fut livrée au pillage. Henry l'éprouvait dans son propre logement, lorsqu'on le reconnut pour Français ; mandé au quartier général , il y fut si bien accueilli qu'un bruit très-fâcheux se répandit ; c'est qu'il avait servi les Français en leur indiquant des passages sûrs. Cependant, loin d'aider ses compatriotes, il est bien certain qu'il avait subi leur pillage. Napoléon, il est vrai, lui Ht présent presque aussitôt d'une tabatière en or. Mais ce ne fut que deux ans plus tard, et à la suite des conférences d'Erfurt, que l'abbé Henry fut nommé chanoine de cette ville et chevalier de la Légion d'honneur. 11 était si loin alors de craindre des reproches, qu'il écrivit à sa famille : J'ai la petite gloriole de n'avoir pas fait un faux pat dam toute cette époque d'une vie si dangereusement pleine décueils. Cependant , convaincus du service qu'il avait rendu à l'armée française, les Prussiens à leur rentrée, en 1813, le firent enlever et transférer à Siébelbézy en Silésîe, en l'accablant d'outrages qu'il supporta avec un grand courage. Les journaux du temps ont assez parlé de cet enlèvement; comme aussi, en LS08, des grâces répandues lors des conférences d'Erfurt. Les événements de 1811 rendirent à Henry sa liberté. Obligé de quitter Iéna , il obtint au lycée d'Aschafferabourg une chaire de professeur de langue française; et, en 1831, une pension du roi de Bavière. 11 est mort en 1835, à l'âge de 82 ans. On a de lui : 1° Correspondance de deux ecclésiastiques catholiquts sur la question : Est-il temps d'abroger la loi du célibat des prêtres? Paris , 1807 , in-12. La Gazette de France. 13 novembre mémo année , lui reprocha à cette occasion « le ridicule dont se couvre un prêtre qui « crie à tue-tête qu'on le marie , ■> comme si à cinquante-trois ans , et constamment recommandable par l'austérité de ses mœurs , l'abbé Henry n'avait pu aborder cette question en désintéressé. 2° Histoire delà langue française, Paris, 1812, 2 vol. in-8°, le premier livre, selon l'auteur, qui ait traité cette matière à fond. Composé en Allemagne , que de travail n'a-t-il pas dû coûter ! 11 ne parait pas indifférent de citer ici , et comme 'prophétique, le passage qu'on trouve à la page 271 du premier volume ; il est relatif à l'universalité de la langue française: « Maintenant (en 1811) « que tant d'États alliés à la France sont intéressés « à sa puissance et à sa conservation , ne doit-on « pas regarder la haute faveur dont jouit notre •« langue comme un moyen «l'affermir nos acqui-

« sittons? Mais, si les Alexandre et les Char-

« lemagne n'ont pu empêcher que leurs vastes « Etats devinssent dans la suite des siècles la « proie du premier occupant, n'avons-nous pas à « craindre de plus grands revers, après avoir vu « de plus grands prodiges? « 3° (avec l'abbé Moztn) Petite bibliothèque française et allemande, à l'usage des deux sexes ; Stultgard et Tubingue, 1820, 12 vol. in-12. Dans une note de la préface, l'abbé Henry est cité comme ayant fourni des

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articles de Grammaire au journal de Gutsmuths, et traduit, entre autres, le Guide d Heidelberg , le Guide du Rhin et l'Histoire naturelle du cheval, par M. d'Alton. — Il ne faut pas le confondre avec l'abbé Hexrt , mort proviseur au lycée de Nancy, qui a publié des Leçons sur la grammaire française. Nancy, 1807, in-12, et un Abrégé eU la Géographie . ibid. , 1808 , in-12. F.

HENRY (Pierre- François) , littérateur, né à Nancy le 28 mai 1739, d'une autre famille que les précédents , fit de bonnes études dans celte ville , fut destiné de bonne heure à la carrière de la jurisprudence, et reçu avocat en sortant du collège. Ayant obtenu fort jeune , par sa bonne mine et un esprit fort distingué , des succès de société remarquables, il parut avec un certain éclat sur des théâtres d'amateurs et se crut nppelé à la carrière dramatique. N'ayant pu débuter a Paris , il se rendit à Lyon , où il essuya au principal théâtre un échec d'autant plus fâcheux qu'il était loin de l'avoir prévu. Dès lors il renonça pour \ toujours à cette épineuse carrière, et retourna dans sa patrie, où il remplit , au commencement de la révolution, quelques fonctions administratives. En 1700 il fut envoyé à Paris, avec M. André, pour rendre compte à l'assemblée nationale de la malheureuse affaire de Nancy, et pour démontrer que la population de la ville n'avait pris aucune part à cette insurrection militaire. Après l'accomplissement de sa mission, qui fut couronnée île succès, Henry revint à Nancy, où il fut accueilli par la reconnaissance des habitants. Revenu pins t:ird dans la capitale, sa seule occupation, tant que ilura l'horrible système de la terreur, fut de fréquenter les différents théâtres ; il avait pour toujours renoncé à s'y montrer, tuais ii conserva toute sa vie un goût très-vif pour ce genre d'amusement. Cependant il n'a jamais écrit pour le théâtre, et tous ses travaux dans cette carrière se bornèrent à des avis et à une faible participation aux ouvrages de son compatriote et ami Hoffmann (voy. ce nom). La douceur de ses mœurs, la politesse de ses manières, et surtout les sentiments honorables qui le distinguaient, lui avaient fait des amis dont ii aurait pu employer le crédit pour son propre compte, mais qu'il ne sollicita jamais que pour les autres. Très-modéré dans ses goûts , il vécut de ses honorables travaux essuya sans se plaindre des pertes assez fortes de la part des libraires, et laissa encore à ses héritiers collatéraux (car il ne fut jamais marié) un assez bon héritage. 11 mourut à Paris le 12 août 1833. Ses écrits originaux sont peu nombreux, et presque tous ont été publiés sous le voile de l'anonyme : 1° Histoire du Directoire exécutif de la république française. depuis son installation de l'an 4 (1793) jusqu'au 18 brumaire an 8 (9 novembre 1799), Paris, 1801, 2 vol. in-8°. C'est une censure fort amère et fort juste de la politique du gouvernement directorial, et en général de l'esprit révolutionnaire que Henry a combattu dans tous ses ouvrages , et particuliè-

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renient dans son Histoire de Bonaparte . publiée soas le titre suivant : 2° Histoire de Napoléon Buonaparte , depuis sa naissance jusqu'à sa mort , offrant un tableau complet de ses opérations militaires, politiques et civile t, de son élération et de sa chute . par P.-F. H. , avec cette e'pigraphe : Non modo imperhtm quo fuerat in sale nier mus, sed etiam libertatem qwim cateris ademerat perdidit. Paris, 1826, 4 vol. in-8». Au milieu des innombrables écrits presque tous apologétiques auxquels l'histoire de Napoléon a donné lieu , celui-là est peut-être le plus impartial et le plus vrai qui existe. Le caractère de modération particulier à l'auteur l'a éloigné de toute espèce d'exagération. Le seul reproche qu'on puisse lui faire, c'est que, ayant écrit presque aussitôt après la mort de Bonaparte, il n'a pu profiler de beaucoup de renseignements publiés plus tard. On doit encore à P.-F. Henry un grand nombre de traductions d'ouvrages anglais : 1° Œuvres politiques de J. Harrington , Paris , 1 789, 3 vol . in-8° ; 2° Voyage autour du monde, par Sydney Parkinson , ibid. , 1797 , 2 vol. in-8° ; 3° Voyages en Xortège . Dnnemarck et Russie , pur Stcinton et Thompson, 1798 , 2 vol. in-8« ; 4" Voyage à Surinam et dans la Guyane, par Stedman et Thompson, 1799 , S vol. in-89 et atlas ; 5° Le château mystérieux, ou CHérititr orphelin, 1798 , 2 vol. in- 12 ; & Routes de l'Inde . ou Description de la Syrie , de TEgypte. de l'Arabie, etc., 1799, in-8° ; 7° Voyages aux sources du Mil et en Abyssinie . par Bruce, 1799, 9 vol. in-18 ; 8° Anna, ou l'Héritière galloise , de mùttriss Bennet, 1800 , 4 vol. in-12 ; 9° Voyage de découvertes à l'océan Pacifique, par Vancouver, 1 802, S vol. in-8" et atlas in-i° ; 10° Voyage à l'île de Ceylan. par R. Perciva! . 1801, 2 vol. in-8°; 11° Mémoires militaires et politiques sur les principaux événements, depuis te traité de Campo-Formio jusqu'à celui d'Amiens , par Ritchie , 1804 , 2 vol. în-8° ; 12° Voyage au cap de Bonne-Espérance, par R. Percival, 1806. in-8° ; 13u Vie de Washington, par Marshall, 1807, 3 vol. in-8» ; 1 1° Vie et pontificat de Léon X, pir Roscoe , 1808 , 1813 , 4 vol. in-8°; 13° Voyage au Pérou. 1809, 5 vol. in-8»; 16" Histoire de la maison d'Autriche, par IV. Coxe, 1810, in-8°. La publication de cet ouvrage, au moment où Bonaparte s'alliait à la maison d'Autriche, attira sur Henry quelquespersécutionsdont l'appui de Hoffmann et de Etienne ne le sauva qu'avec beaucoup de peine. 17° Voyage dans rHindowtan, etc. 1813, 4 vol. in-8"; 18° Voyage en Abyssinie. par H. Sait. 1816, 2 vol. in-8"; 19° Abrégé de l'histoire d'Angleterre, par Goldsmith, 1801 , in-8" ; 20" Procès et meurtre de Charles I" et de vingt-neuf régicides mis en justice après la restauration de Charles H. 1816, 2 vol. in-8°. La date de cette publication indique assez quel en fut le but, au moment où l'on discutait la loi contre les régicides français. Henry a concouru en outre au recueil de Géographie universelle publié par Mentelle et Malte -Brun , dont il a fait environ trois vol un n >, comprenant l'Italie, la Hollande, la l'erse,

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I l'Inde et l'Amérique. Il a fourni quelques articles

j à la Biographie universelle, notamment les ducs de Lorraine et Washington , etc. M— o j.

HENRY (Jean), ministre du culte réformé en Prusse, était d'origine française et naquit à Berlin le 27 octobre 1761. Destiné de bonne heure à la Carrière ecclésiastique, il y débuta en 1783 comme prédicateur à l'église française de Brandebourg. En 1793 il passa , pourvu du même emploi, à celle de Berlin, et en 1819 il devint président du synode provincial français. Il avait été nommé en 1793 directeur du musée des antiquités, médailles et beaux-arts, et à cette place il joignit, de 1790 ù 1816, celle de bibliothécaire du roi. U mourut en 1831. On lui doit, entre autres écrils : 1° Adresse aux églises françaises de la Prusse (en réponse à une lettre de II. Thérémin intitulée Appel aux églises françaises), Berlin, 1815, in-8°; 2» Considérations sur les rapports entre l'Eglise tt l'Etat, et sur la meilleure forme du gouvernement ecclésiastique (suivies d'un sermon, etc.), Paris, 1820, grand in-8°; 3° Germon, ou Entretiens d'un père avec ses enfants sur l'histoire de Iti réformation et f histoire du refuge, Berlin, 1818; 2« édition , 1819; P» divers Sermons. Ces ouvrages sont tous écrits en français. P-ot.

! HENRY (Noel-Étienne), pharmacien en chef des hôpitaux de Paris, naquit à Beauvais le 26 novembre 1769. Son père, négociant peu aisé, était chargé d'une nombreuse famille, à laquelle cependant il donna une éducation honorable. Le jeune Henry

! apprécia de bonne heure l'étendue de ces sacrifices; résolu de tout faire pour en adoucir le poids, il s'appliqua tellement dans le collège de

i sa patrie , qu'il obtint une bourse au concours et vint à l'université de Paris pour y continuer son éducation , aux frais du gouvernement , dans le collège de Navarre, où il fit sa rhétorique et sa philosophie d'une manière brillante. Obligé ensuite de choisir une carrière , il se livra à l'étude de la médecine contre la volonté de son père, et bientôt la chimie et la pharmacie devinrent les principaux objets de ses travaux. En 1793, dans l'effervescence de la révolution , Henry entra comme élève à l'Hôtel-Dicu de Paris, et là , après avoir rempli les devoirs de sa place auprès des malades, il profitait de ses moments de loisir pour suivre les cours de chimie et de toutes les branches d'histoire naturelle qui se faisaient au jardin des plantes et à l'école de pharmacie. C'est par son zèle dans le service des hôpitaux, par les connaissances dont il fit preuve dans ses examens et dans des cours particuliers , surtout par la supériorité de talent qu'il manifesta dans un concours, qu'on le nomma en 1797 sous-chef de la pharmacie centrale, place à laquelle l'administration l'appela pour aider l'estimable Demachy, créateur de cet établissement. La pharmacie centrale devait en quelque sorte son existence aux soins de Henry; et, malgré l'envie et les intérêts opposés, il sut donner à cet établissement tout le dévei loppement possible, tant par la bonté et l'aboa-

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dance des préparations pharmaceutiques que par les riches collections d'objets de botanique , de minéralogie cl de zoologie pour l'instruction des élèves. A la mort «le Demachy, Henry devint titulaire de la place dont il exerçait les fonctions depuis plusieurs années; mais en 1804 il avait été' nommé professeur adjoint à l'école de pharmacie, et chaque année il faisait encore dans rétablissement central un cours de chimie pharmaceutique pour les élèves des hôpitaux. Des circonstances extraordinaires, surtout l'invasion des troupes étrangères en 1811 et en 1815, augmentèrent beaucoup ses travaux. Il fut alors chargé de l'organisation et de l'approvisionnement des hôpitaux temporaires établis à Paris et dans les environs, où il fallait maintenir la fourniture de médicaments abondants et bien préparas, et où il fallait aussi se refuser avec prudence et courage aux demandes exagérées qui lui étaient adressées. Nommé chevalier de la Légion d'honneur et membre de la société royale d'agriculture, de la société de l'industrie nationale et de plusieurs académies savantes, Henry voulut par des rapports et des mémoires concourir aux travaux de ces compagnies qui hii demandaient souvent son avis motivé sur des questions de ce genre. On a de lui , dans les Mémoires de la société d'agriculture : \° Rapport sur Fourrage de M. Parent- Duchalelet , relatif à l'influence du rouissage du chantre sur la santé des habitants; 2° Sur la propriété fébrifuge qu'on attribue à Fècorce du marronnier et aux marrons d'Inde; 3" Sur la manière de suspendre la fermentation du moût de raisin; 4° Analyse de plusieurs terres arables ; li° Moyen de purifier le miel à Faide de la craie et du charbon animal ; G- Procédés avantageux pour retirer le pastel dp Fisatis tinctoria ; 7" De Fanalysc des différentes espèces de blé comparées au blé d'Odessa , aujourd hui répandu en Europe; 8" Indication de moyens très-simples pour reconnaître la proportion de férule de pommes de terre que les boulangers mélangent arec la farine de froment. La pharmacie et la chimie doivent à Henry : 1° Procédés pour extraire la strychnine de la noix tomique ; 2° Découverte d'un princi/)e cristullisable dans l'extrait de gentiane ; 3° Mémoire sur les parties colorantes du safran, enfin «les Essais sur différentes substances , sur féther sulfurique , hydrochlorique , acétique et nitreux, et tur l'action exercée par la kmine et la cinchonine sur la matière colorante du tin rouge. Une foule d'autres notices chimiques et pharmaceutiques, dont les titres se trouvent dans les Fastes de la pharmacie française en 1830, ont été rédigées par Henry. Parmi ses ouvrages les plus remarquables, nous citerons - 1° Manuel de l'analyse chimique des eaux minérales ; 2° Pharmacopée raisonnée, qu'il composa de concert avec M. Guibourt. Au milieu de tant de publications, la pharmacie centrale était parvenue , par les soins de Henry et par sa judicieuse gestion , à son plus haut degré d'utilité; il forma pendant les trente

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années de sa direction un grand nombre d'élèves, qui aujourd'hui se font remarquer dans l'enseignement et dans l'exercice de la chimie et de la pharmacie. 11 était encore chargé, par le conseil général des hospices , de la surveillance du service pharmaceutique dans les hôpitaux et dans les bureaux de charité de Paris. Secrétaire de la commission des remèdes secrets, il fut un des collaborateurs les plus assidus du Code pharmaceutique. La tranquillité d'un homme si dévoué a la science et au bien de l'humanité fut troublée par quelques tracasseries à la On de sa longue carrière. Mais, après les enquêtes les plus minutieuses , il reçut de l'administration pleine et entière justice pour la régularité de sa gestion. Coûtent de sa médiocre fortune, Henry voulut se retirer, et il donna sa démission. Alors le conseil général des hôpitaux présenta son lils à sa place, mais on ne l'admit pas. Ce refus fut vivement senti par nenry, dont la santé était déjà altérée par des chagrins antérieurs. Un autre refus qu'il éprouva plus tard , lorsqu'il demanda pour son fds la chaire de professeur à l'école de pharmacie, augmenta son chagrin : c'est alors que le choléra asiatique vint fondre sur lui , et qu'après deux jours de souffrances il fut frappé d'une congestion cérébrale qui mit fin à ses jours, le 30 juillet 1832. On a publié Xotice nécrologique sur X.-C Henry, ex-chef de la pharmacie centrale . etc. , par

j Blondeau , in-8° d'une feuille. G — g — t. nn.MlY. l'oyez Hknri , ci-dessus.

Ht.NRYS (CUODE), jurisconsulte, naquit à JJontbrison en 1(515 : après avoir montré d'heureux* dispositions, et beaucoup d'ardeur et d'application dans ses études, qu'il fit à Lyon, il développa au barreau un talent qui annonçait d'avance la célébrité à laquelle il s'éleva. Appelé à la place d'avo-

, cal du roi au pivsidial de Montbrison , il l'exerça pendant près tle dix années ; et s'y étant distingué par les talents et les vertus qui recommandent un magistral , il reçut un témoignage particulier de considération du roi, qui, en supprimant le présidial, lui conserva néanmoins la même place au bailliage , quoiqu'elle fût occupée : il dut sans doute cette faveur au chancelier Séguier, qui l'honorait de son estime. A celle époque, l'on voyait naître les idées dont le développement produisit dans la suite de si grandes vues, et ouvrit la voie aux sciences cl aux lettres, dont les progrès imprimèrent un caractère de grandeur à ce beau siècle de notre histoire. Le chancelier Séguier, frappé des graves inconvénients de la diversité et de la contrariété dans la jurisprudence des parlements , conçut le projet de la rendre uniforme. D appela auprès de lui les plus célèbres jurisconsultes, et Hcnrys fut un de ceux qui coopérèrent à l'cxéculion de cette vaste entreprise. La disgrâce du chancelier fit abandonner ce travail , qui occupa successivement deux grands magistral* et plusieurs jurisconsultes. Le président de Lamoignoo en présenta les bases dans les arrêtés qui portent

nEN

son nom ; l'avocat Auzannet , qui les donna au public, développa le projet de cette reforme dans la préface de son Commentaire sur la coutume de Parit. Fourcroy, et ensuite Bretonnier, l'un des commentateurs de Henrys, y travaillèrent par les conseils et sous la direction du chancelier d'Aguesseau. Cet illustre magistrat, dont le but était de perfectionner la législation du royaume, et d'en rendre l'exécution uniforme, eut la gloire d'exécuter une partie de son projet dans les ordonnances sur les douations, les testaments et les substitutions : et c'était sans doute faire beaucoup; car aucun de ceux qui s'occupèrent de ce projet n'eut même la pensée de l'unité d'une législation en France, que leur ont attribuée plusieurs auteurs , sur la foi les uns des autres. Les écrits de ces magistrats, ceux de Henrys et de tous les jurisconsultes qui se sont voués à ce travail, prouvent au contraire jusqu'à quel point ils étaient pénétrés de l'idée que , la législation étant un acte de sagesse, de justice et de raison , plutôt que de puissance , sa marche vers la perfection devait être le résultat de l'action lente et mesurée du temps, des lumières et de l'autorité. Henrys était profondément versé dans la connaissance de l'histoire et de la diplomatie; et il fut souvent consulté par les ministres de France et des pays étrangers sur des questions de la plus haute importance. Le droit romain, qui était la loi de la province de Forez, avait été l'objet principal de ses études; et c'est sans doute ce qui lui fit adopter l'opinion erronée que les lois romaines formaient le droit commun de la France ; opinion qui fut développée par Bretonnier, son commentateur. Henrys ût un recueil d'arrêts, dans lequel on remarque de savantes dissertations sur les questions de droit les plus controversées de son temps. La première édition de ses œuvres, en 2 volumes in-folio, publiée en 1638, fut bientôt suivie d'une seconde , qui fut épuisée en fort peu de temps, et d'une troisième après la mort de l'auteur. En 1693, 11. Boucherat chargea l'un des petits-neveux de l'auteur d'en donner une quatrième édition ; elle ne parut qu'en 1708 , avec les observations de Bretonnier, en 4 volumes in-folio. Terrasson, avocat de Lyon, travailla à une nouvelle édition , qui parut en 1738 ; on en fit une sixième en 1772 : ces deux dernières sont peu différentes, et ont fait oublier et tomber les premières. Les ouvrages de Henrys sont remarquables par la profondeur et la solidité du raisonnement , la méthode dans la discussion , et l'application judicieuse des autorités. Henrys composa encore un autre ouvrage intitulé f Homme- Dieu, ou Parallèle det actions divines et humaines ée Jésus-Christ. Il était simple et austère dans ses mœurs, d'une piété édifiante, et d'un si grand désintéressement , que , malgré le nombre prodigieux de ses travaux dans sa profession , il ne laissa qu'un très-modique patrimoine à ses enfants. U mourut en 1662. Le souvenir de ses

I vertus subsiste encore parmi les habitants de sa province; il a été l'objet de plusieurs oraisons fuuèbres et épitaphes. F— s.

HENSCHEISII'S(Godefiioi), célèbre bagiograpbe, naquit à Venrad , dans le duché de Gueidre , le 21 janvier 1600. Après avoir terminé ses études au collège de Bois-le-Duc, il entra chez les jésuites , et professa les humanités à Courtrai , et dans d'autres villes de Flandre, avec beaucoup de succès. Il était très-habile dans la langue grecque ; et l'on assure qu'il laissait passer peu de jours sans traduire quelques pièces de grec en latin. Le P. Bollandus, son ancien maître, le choisit, en 1635, pour l'aider dans la rédaction des Aclasanctorum; et ils publièrent ensemble les cinq premiers volumes de cette importante collection , comprenant les mois de janvier et de février. Henscheniu6 se rendit ensuite à Rome, sur l'invitation du pape Alexandre VU ; et il y passa près de trois années , uniquement occupé de fouiller les bibliothèques , et d'en extraire les pièces utiles à son entreprise. De retour à Anvers en 1661 , il disposa les matériaux qu'U avait rapportés de son voyage ; et il venait de mettre sous presse le premier volume du mois de mars, lorsque Bollandus mourut (roy. Bollaxdcs). Alors on lui donna pour collaborateur le P. Papebroch , homme laborieux et érudit , mais que ses querelles avec les carmes et d'autres ordres religieux ont fait plus connaître que ses utiles travaux (roy. Papebroch). Ils terminèrent les trois volumes de mars et les i rois d'avril; mais un incendie ayant détruit l'atelier de J. BUea à Amsterdam, dans la nuit du 23 février 1671, les trois volumes d'avril ne parurent qu'en 16751 Anvers , chez Michel Knobaërt. Les matériaux se multipliant par les recherches des deux infatigables collaborateurs, Us divisèrent le mois de mai en six volumes, dont les trois premiers furent publiés en 1680. Le grand âge d'nenschenius ne ralentissait point son ardeur ; et U

i continuait de se livrer avec tout le zèle dont il était capable à l'examen des pièces qui devaient

i entrer dans le volume suivant, lorsqu'il mourut presque subitement à Anvers, le 22 septembre 1681, dans sa 82* année. Le P. Papebroch a fait précéder de Y Éloge d'Henschenhu le septième volume des Acta sanctorum du mois de mai. Outre la part qu'U a eue aux quatorze premiers volumes de ce précieux recueil , on a encore d'Henschenius : 1° Exegesis historica seu Diatriba d* episeopatu Tungrensi et Trajectensi, Anvers, 1653, in-i : et réimprimé par Papebroch dans le septième volume des Acta sanctorum du mois de mai ; 2° De tribus Dagabertis Frmncorum regibus Diatriba, U>id., 1655, in-4»; et dans le même recueil, troisième volume d'avril; 3° Différentes dissertations, dont on trouvera les titres dans la Bibl. Beiyiea de Foppens, et dans la table de U Bibl. mistorigue de France. Henscbenius est de plus l'un des éditeurs du recueil intitulé Imago primi stteuli Soc Jesu , Anvers, 1640, in-fol. W— 6.

IIENSLER (Philippe-Gabriel), médecin distingué , surtout pour s<*8 recherches savantes sur les maladies de la peau , naquit à Oldenswort , dans le duché de Sleswig, le 11 décembre 1733. Après avoir exercé la médecine à Altona et à Pinneberg, il fut nommé premier médecin du roi de Danemark en 1 77r» ; et il enseigna, depuis 1789, la médecine à l'université de Kiel , où il mourut le Si décembre 1803. Hcnsler contribua beaucoup à propager l'inoculation de la petite vérole, et prouva aux antagonistes de cette nouvelle découverte que la petite vérole enlevait le dixième, quelquefois même le quart des sujets qu'elle atteignait; tandis que par l'inoculation il n'en mourait que les quatre centièmes. Nous indiquerons de ses ouvrages : 1° Tentaminum et obsertationum de morbo rarioloto satura, Gnettingue, 17t>2, in-4°; 2° Lettres sur l'inoculation , dédiées au parlement de Paris. Altona, 1703-1 700, 2 vol. in-8°. Sprengel , dans son Histoire de la médecine, fait beaucoup d'éloges de ce livre. 3° Indication des principaux secours dans les cas de mort apparente. Altona, 1770, in-8°; ibid. , 1780, in-8"; iv Histoire de l'oriente de la maladie rèuérienne en Europe, ter s la fin du V6' siècle, Altona, 178.7, in-8°; 5° Avis salutaire sur l'emploi des blés qui n'ont pas atteint leur maturité , ou qui ne sont pas assez séchès. ibid., i 78 i ; G" Sur des établissements pour les malades. Hambourg, 1785, in-4°; 7° De f origine de la maladie vénérienne dans les Indes occidentales, ibid., 1789, in-8°; ibid., 1704, in-8"; 8" De la lèpre qui, dans le moyeu dge. régnait dans l'Occident, ibid., 1700, in-8°; ibid., 1794, in-K°. Cet ouvrage est fort estimé. L'auteur y décrit différentes maladies de la peau, qui ont de l'aflinité avec celle de la lèpre, comme le spedalskhed, qui afflige fréquemment la Norvège, cl Velephantiasis . commune dans les régions du tropique. 9° Quelque mots sur la Pharmacopfa de Londres et d'autres ouvrages sur la pharmacie, Hambourg, 1790; 10" De herpete seu formica teterum labis venerea non prorsus experte, Kiel , 1801 , in-8". On attribue encore à ce savant médecin un ouvrage fort curieux : l'Anaxagore de l'Occident, sur la génération de l'homme, Smy rne, 1 709, in-8° : mais quelques bibliographes allemands l'attribuent à Justi. La vie de Ilensler a été écrite en latin par le professeur Heinrich, et publiée à Kiel, 1806, in-4°. On voit son portrait à la tête du tome 2 de la Bibliothèque allemande unieerselle. B — il — 0.

HENTZ (Chaules), conventionnel, né en Lorraine vers 1750, dans la petite ville de Sierk, où il se livra dès sa jeunesse à la pratique de la jurisprudence sans y obtenir beaucoup de succès, embrassa avec beaucoup de chaleur la cause de la révolution dès le commencement des troubles en 4789, et fut nommé juge de paix en 1790. Dès lors, il se montra fort acharne contre les émigrants qui passaient par son pays pour se rendre a Coblentz, et vînt même à Paris dans le mois de mai 1792, à la tête d'une députation, pour y an-

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noncer l'arrestation de M. Dechappe et de deux de ses amis, qu'il avait arrêtés avec ses gardes champêtres. L'assemblée législative applaudit vivement à cette démonstration de patriotisme , et elle accorda au juge de paix de Sierk les honneurs de la séance. En peu plus tard, Hentz fut nommé députéà la convention nationaleparledépartement de la Moselle. Dès le commencement, il s'y montra l'un des plus chauds partisans «les mesures révolutionnaires. Dans le procès de Louis XVI, il vota contre l'appel au peuple, et opina pour la mort sans sursis. Envoyé à l'armée du Nord avec se» collègues Peyssard et Duquesnoy, il contribua à la défense de Dunkerque, et dénonça le général Houchard, qu'il fit arrêter. Cet officier porta peu de temps après sa tête sur l'échafaud. A la fin de 1703, il fit arrêter tous les membres de l'adminis-

! (ration du département des Ardennes, qui avaient

I pris le parti de Lafayette, après la révolution du 10 août 1792, et tous périrent sur l'éehnfaud. 11 se transporta ensuite à Givet, où il fit encore emprisonner les principaux habitants, et mit leurs

I biens entre les mains de la convention. Il éloigna des fondions publiques les nobles, le parent*

I d'émigrés et les hommes de loi, qu'il appelait les chapeaux noirs et autres scribes. Hentz en voulait

j surtout à l'or et à l'argent : « La richesse nuit à la « santé, disait-il, et conduit rarement à la vertu. » En 17î»3, il fut dénoncé par Merlin de Thionvillr pour avoir fait incendier la ville de Ruschel, dans le Palatinat, disant que ce poste était inutile pour les armées françaises, qu'il avait circulé de faux assignats dans cette petite cité , et qu'il fallait allumer le patriotisme des habitants, etc. Envoyé dans la Vendée, il fut accusé d'atrocités qui font frémir. Voici ce qu'on lit sur son compte dans une adresse de la société populaire d'Angers, lue à la convention le 1 i août 1795 : • Peut-on sans hor-

j « rcur reporter les yeux sur cette innombrable « multitude de victimes conduites à la boucherie « au son d'une musique militaire, sous les fenêtres « du représentant du peuple. Des hommes barr bares ont immolé l'enfant et la mère ; de jeunes « victimes de deux ou trois ans, portant les mar- « ques de baïonnettes et de sabres, existent en- « core dans nos murs, et peuvent être appelées « en témoignage contre leurs bourreaux...» L'official , en parlant de l'interminable guerre de la Vendée , n'hésita pas , dans la séance du même jour, 14 août 1795, de l'attribuer à la conduite de ses collègues Hentz et F., qui, dit-il, firent massacrer 2,700 hommes , lesquels avaient mis bas les armes sur la foi de l'amnistie. La convention, après toutes ces dénonciations, ne put s'empêcher d'ordonner l'arrestation de Hentz; mais une nouvelle amnistie et la nécessité où elle fut de se mettre encore une fois sous la protection des plus ardents démagogues la déterminèrent à lui rendre la liberté. Il devint ensuite directeur de l'enregistrement dans le département du Nord, perdit cet emploi, et erra longtemps dans la iui-

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sère et le mépris. Enfin on l'a vu, vers la On du gouvernement de Bonaparte, établi dans un faubourg •le Beauvais, où il vivait misérablement, loin de son pays et du théâtre de ses cruautés ; mais il fut reconnu et sévèrement apostrophé. Craignant qu'on ne lui fit un mauvais parti , il quitta cette ville. La loi sur les régicides l'obligea ensuite de quitter la Frauce; et il se rendit à Philadelphie, où il est mort au moment où d'autres circonstances allaient lui rouvrir les portes de la patrie. B — o.

HENZI ou HENTZY (Samuel), de Berne, fut capitaine au régiment des gardes du duc de Modène; de retour dans sa patrie, il s'occupa de mathématiques et de poésie. Conjointement avec d'autres bourgeois de la ville, il demanda, en 1744, au gouvernement de Berne , quelques changements dans les élections , sous le rapport du régime représentatif. Les vingt-quatre signataires de cette pétition furent tous bannis pour un temps plus ou moins long. Le bannissement de Henzi fut de cinq ans; il les passa à Nenfelintel, où, fidèle aux muses, il publia trois numéros de la Messagerie du Pinde, composa des couplets, des odes, etc. Revenu à Berne, il voulut emporter de vive force ce qu'il n'avait pu obtenir par les remontrances, l'nc conjuration eut lieu, dans le but de reconquérir d'anciennes libertés, de mettre fin à l'aristocratie du gouvernement cl île changer sa composition. Le complot fut découvert: plusieurs des chefs furent arrêtés et condamnés à la mort. Quelques voix dans le conseil se prononcèrent pour la clémence , et ne furent point écoutées. Henzi se trouva parmi les condamnés. 11 fut décapité le 16 juillet 1769. Jusqu'à son dernier moment il montra un grand courage. Lessing en a fait le héros d'une de ses tragédies. Flogel, dans son Histoire du burlesque, p. 216 et suivantes, regarde Henzi comme le premier des poè'tes allemands dans ce genre de poésie. — Son fils, Rodolphe Henzi, naquit à Berne en 1731, et mourut à la Haye, en 1803, gouverneur des pages du dernier prince d'Orange. 11 avait entrepris, avec son compatriote Wagner, l'édition d'un grand et bel ouvrage , sous le titre de Vues remarquables des montagnes de la Suisse, dessinées et coloriées d'après nature, avec leur description. Amsterdam, 1785, grand in-fol., qui consiste en quarante feuilles , dessinées par Wolf et quelques autres peintres, gravées à Paris par Janinet et Descourtis, et imprimées en couleur. — La mère de Rodolphe, en quittant la Suisse, après la mort de son mari, conjura son (ils d'en venger la mémoire. Il la vengea en rendant des services à un grand nombre de ses compatriotes. U — i.

HE.NZI ( Rodolphe-Théophile-Samuel ) , né à Berne , le 7 septembre 1794, était (ils d'un trèsriche négociant en épiceries. Après avoir achevé sa première éducation dans la maison paternelle, en 1810, il étudia les humanités et la philosophie au collège de Berne pendant trois ans; mais des-

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■ tiné au ministère évangélique, et inscrit parmi les candidats, il se livra à l'étude de la théologie jusqu'en 1816, que, ne se croyant pas assez instruit dans la connaissance des saintes Ecritures, il alla s'y perfectionner un an à l'université de Tubingue et six mois à celle de Cœttingue, où il suivit les cours d'histoire ecclésiastique. De retour dans sa patrie, U fut nommé pasteur vicaire du bourg d'Unterseen. Mais, dominé par l'amour des lettres, il se démit des fonctions ecclésiastiques vers la fin de 1818, pourvenir à Paris suivre les coursd'arabe, de persan et de sanscrit, sous Silvestre de Sacy et Chezy, alla passer deux mois en Angleterre et

i revint à Berne, où il prouva son érudition en publiant le Commentaire du Coran, écrit en arabe,

! par Beidhawi , ouvrage qui lui valut le doctorat de philosophie à l'université de Tubingue. Recommandé à celle de Dorpat, il s'y rendit, en mars 1820, pour y professer la théologie exégétique et les langues orientales. H y prononça un discours d'ouverture sur la mutuelle relation entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Chéri de ses confrères et de ses disciples, respecté dans tous les collèges de la Livonie, il venait d'être élu pour la cinquième fois doyen de la faculté de théologie de Dorpat , lorsque, atteint d'une inflammation d'entrailles, le 2i janvier 1829, il mourut le 1" février, le jour même où l'empereur de Russie le nommait conseiller de ses collèges. Outre un Abrégé (en latin) de la langue hébrairpte , inédit et inachevé, Henzi a laissé : 1° Discours sur Rome (en allemand), prononcé à Dorpat le 7 novembre 1820, iu-8°; 2" Bases d'une grammaire et d'un vocabulaire de la langue des habitants de l'Ile Sandwich et autres fies de la mer du Sud (en allemand), dans la gazette de géographie ta Hertha, publiée à Stultgard et à Tubingue, 1826; 3° Programma libri Ecclesiastœ argumenti adumbratio . Dorpat, 1827, in- l°; 4° Fragmenta arabica e codieibut pa~ risiensibus, St-Pétersbourg, 1828, in-8°. Ces fragments, qui ne sont point accompagnés d'une traduction, contiennent des extraits de Kakhr-eddyn Razy sur l'histoire des premiers khalifes et des extraits de Bcïdhawi sur la grammaire. A— t. UENZNER (Paul), jurisconsulte et voyageur

i allemand, naquit en 1538, à Crossen, en Silésie, et mourut à Oels, le 1er janvier 1623. 11 avait accompagné un jeune comte Rhediger à l'université de Strasbourg. Il lui servit ensuite de mentor dans ses voyages en Europe; et, de retour en Silésie, il en publia la relation sous ce> titre : Itinerarium Germania. tialliœ, llaliae {annis 1596-1600), Nuremberg, 1612, in-4°. On voit, par la préface , que l'intention d'Henzner était que son livre pùt servir de guide à ceux qui voudraient faire le même voyage que lui. Il est un peu minutieux ; on y trouve beaucoup de choses empruntées d'ailleurs : mais il est écrit purement et avec une élégance remarquable ; et l'on y rencontre des particularités curieuses : c'est ce qui lui a valu l'avantage d'être souvent réimprimé. L'édition de

Nuremberg de 1629 contient, de plus, en latin, trois pièces relatives aux voyages en général , et à la manière de les faire avec fruit La partie de l'ouvrage d'Henzner la mieux traitée est celle qui concerne l'Angleterre. Les littérateurs de ce pays en ont été si contents, qu'ils l'ont plusieurs fois lait réimprimer séparément, et traduire dans tanlangue. On trouve un de ces extraits dans un recueil intitulé Fugitieet piicet, 17til , 2 vol. in-li, publie par Dodsley ; et le portrait de la reine Elisabeth, tiré de cet ouvrage, a été inséré dans le tomelT du Manthiy review, année 4 757. Henzner avait vu à Paria l'homme ayant une corne de bélier au front , dont il est fait mention dans les Mémoires du temps. E — s.

HEPBURN (Jacques-Bo^vcntcre), philologue écossais, né en 1573, à Hamstocks, dans le comté de Haddington, fut élevé à l'université de St-André. Ayant embrassé la religion catholique romaine, il visita la France et l'Italie, et voyagea ensuite dans diverses contrées de l'Orient. A son retour en Europe , il entra dans un couvent de minimes près d'Avignon, qu'il quitta pour passer dans le monastère de la Ste-Trinité , du même ordre a Borne. Le pape Paul V le nomma gardien des livres et manuscrits orientaux du Vatican; emploi qu'il conserva six ans. On croit qu'il mourut à Venise, en 1621. Il savait, à ce qu'on a prétendu, soixante-douze langues différentes, ce qui parait difficile à croire. On cite de lui : Dictionnaire hébreu et chaldèen , et Grammaire arabe, Home, UN, in-4°, et des traductions inédiles de manuscrits hébreux. Z.

in iESTION, que l'amitié d'Alexandre a rendu ai célèbre , était (il* d'Amyntor, de la ville de Pella , et sans doute de l'une des principales familles de la Macédoine , car il fut un des sept officiers attachés à Alexandre sous le nom de garde» du corps, et dont les fonctions répondaient à celles d'aide de camp. Il était en outre le favori d'Alexandre ; ce prince le regardait comme un autre lui-même, ainsi qu'il le dit à la mère de Darius, qui craignait de l'avoir offensé en prenant Héphestion pour le roi. L'amitié n'avait cependant point aveuglé Alexandre sur les talents d'Héphestion ; et il ne lui confia aucun commandement important avant que l'empire perse eût été entièrement abattu ; mais la victoire d'Arbelles et la mort de Darius l'ayant rendu maître de l'Asie, il envoya Héphestion dans la Sogdiane pour y fonder quelques villes. Bientôt après il le mit, avec Perdiccas, à la tète d'un corps de troupes qui devait se rendre vers l'Indus, et faire les préparatifs nécessaires pour le passage de ce fleuve. Après la bataille contre Porus et la paix conclue avec ce prince , Héphestion ! resta dans le pays avec une armée pour sou- I mettre un autre roi, nommé également Porus, et luelques peuples situés entre i'Uydaspe et l 'Il > draote. Au retour de l'expédition de l'Inde, Alexandre s'étant embarqué sur I'Uydaspe avec I

une partie de ses troupes , pour gagner l'Indu» et ensuite la mer, Héphestion et Cratère eurent le commandement de la partie de I* mée qui devait suivre l'escadre par terre. Apre une marche pénible depuis l'Indus Jusqu'à b Carmanie , Alexandre , ayant gagné les devants avec quelques troupes légères , cbarçe< Ephestion de ramener le reste de l'armée en Perse. Lorsque ce |>rince voulut amalgamer les vaincus avec les vainqueurs , par le mariage de principaux Macédoniens avec des femmes perso, il leur donna l'exemple en épousant lui-roto Roxane, fille de Darius; et il fit épouser à Epbestion Drypétis, sœur de cette princesse. Hépbestx» mourut peu de temps après (Fan 323 avant Jésus- Christ ) , a la suite des fêtes et des sacrifices fi forent célébrés à Echatane pour rendre grâces aux dieux de la protection qu'ifs avaient accorder aux armes macédoniennes. Alexandre, inconsolable de cette mort , demeura huit jours entier* sans vouloir prendre de nourriture, ni parlera personne. Quelques historiens prétendent mémt»r* la douleur l'avait porté è des actions indignes de lui : mais Arrien le révoque en doute. Aieiandn fit transporter à Babylone le corps de son ami, et ordonna d'employer dix mille talents (environ cinquante-quatre millions) à la construction d'ut bûcher : mais, quoique Dioriore de Sicile donne li description de ce bûcher, et que plusieurs smnt» aient cherché à l'expliquer, nous croyons qu'il n'a jamais été érigé. Alexandre fut en effet surpris par la mort avant d'avoir pu célébrer les funérailles d'Héphestion ; car les athlètes et les musiciens qu'il avait fait venir de tontes parts, pour les jeux qu'il voulait célébrer à cette occasion, furent employés pour ses propres fané railles. C— «■ HÉPHESTION, grammairien grec d'Alexandrie, au 2e siècle, que Jules Capitolin met au norabn des maîtres de l'empereur Verus pour la langut grecque. C'est la seule circonstance de sa A <p l'histoire nous ait conservée. H nous reste de I» un seul ouvrage grec fort estimé. Il est intiml* Enchiridion de metrit et poemate, qui est ■ fH près ce que nous avons de plus complet sur n-tfe matière, imprimé d'abord à Venise, Aide Manuce, 1525, in-»», très-rare, réimprimé à Paris, laf nebe, 1553, in-4", édition remarquable par s beauté, beaucoup meilleure et avec une table trèsexacte, peu commune. Jean Corneille de Pau1* en a donné une troisième édition grecque I* des notes, Utrecht, 1726, in-*6. On reproche j M. de Pauw de n'y avoir pas joint une traduction latine du texte, et d'avoir omis la préface q« Longin n'avait pas dédaigné d'y mettre à la I» sous le titre de Prolégomènes. Une des meilleures est celle d'Oxford , 1 810 , in-8«, avec les remarqua de Caisford (voy. ce nom), qui y a joint le» extrait' qui nous restent de la Ckrestomatkie de Proche Suidas attribue à Héphestion divers autres traites qui semblent tons rouler sur la matière de ■

HÉR

poésie et de la versification ; mais nous n'en .non s que les titres. C — T — t.

HÉRACLE, en latin HERACLIUS, un des plus illustres prélats de l'église de Lyon, né en Auvergne , était flls du comte Maurice de Montboisier, et frère de Pierre le Vénérable. 11 fut reçu dans sa jeunesse chanoine de IVglise St-Étienne à Lyon , et ensuite élevé à la dignité d'archidiacre. La valeur guerrière de son aïeul lingues Is Décousu avait passe* jusqu'à lui. Son frère Eustache lai ayant disputé sa part dans la succession de leur père , il loi fit une guerre longue, opiniâtre, et ne posa les armes que lorsqu'il l'eut forcé à capituler. Après avoir signé un traité de paix, les deux frères se jurèrent une amitié éternelle, et ils ne prirent point en vain à témoin le nom de Dieu. L'an 1153, quelque temps après l'abdication d'Humbert de Baugey, lléracle fut élu archevêque de Lyon. L'année suivante, et par une bulle du 26 décembre , le pape Adrien IV confirma la primatie de son église , et le nomma son légat en France. Vers ce temps-là , s'étant mis en voyage avec un cortège tel que devait l'avoir un personnage de son rang, on vint l'avertir qu'il était sur k point de tomber dans un piège tendu par des brigands qui infestaient le pays qu'il devait traverser. Ne prenant conseil que de lui-même, il renvoie ou disperse une partie de sa suite , et ne garde que l'argent nécessaire pour continuer sa route. Il revêt l'habit d'un domestique, et n'ayant retenu que trois ou quatre de ses valets, il se faufile dans une troupe de pèlerins, et comme s'il en était un, il arrive avec eux sain et sauf à St-Gilles; mais y étant tombé malade , il se vit forcé d'aller à Montpellier où , durant le peu 4e jours qu'il y demeura , il dépensa avec les médecins ce qu'il avait et ce qu'il n'avait pas (St-Bernard, Ep. 10). Au mois d'octobre 1157, Héracle se rendit à Besançon , ou Frédéric Barberousse tenait une diète. Il prêta serment de fidélité à cet empereur, qui pour le récompenser d'un pareil dévouement lui donna , par diplôme daté d'Arbois le 19 novembre de la même année (Art de vérifier le* dates, t. 2, p. 468), l'investiture de la ville de Lyon et de i toutes les régales établies en dedans et au dehors, dans toute l'étendue de l'archevêché , selon que l'Église de Lyon semblait en avoir joui autrefois et s'y être maintenue jusque-là. Frédéric par la même bulle lui conféra le titre à' exarque de la cour du royaume de Bourgogne , et de chef suprême de son conseil ; enfin il lui accorda le droit île battre monnaie (Ménestrier, Hist. cons., p. 275; Dupuy, Traité louchant les droits du roy, p. 877; Poullin de Lumina , Histoire ecclésiastique , p. 277). Guigues III , comte de Forez , qui vers le même temps était revenu contre un traité qu'Artaud IV avait fait avec l'archevêque Humbert Ier en 1062, prétendait être seigneur de Lyon et ne voulait reconnaître d'autre seigneur au-dessus de lui que le roi de France. Offensé de ce que l'empereur .avait été si libéral envers lléracle, il entra par

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