‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 36 sur 106 · FIER · texte numérisé non relu

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surprise et à main armée dans Lyon, maltraita les partisans du prélat, et surtout les clercs, dont il lit piller les maisons. Héracle ayant pris la fuite, avec une partie de son clergé , alla chercher un asile dans la Chartreuse de Portes (en Bugey). St-Anthelme , qui en était prieur, le reçut lui et ses serviteurs avec la plus généreuse affabilité. On ignore combien de temps il y resta; mais, grâce aux secours qui lui arrivèrent de toutes parts , il parvint bientôt à chasser de Lyon ses ennemis vaincus et terrassés. La Mure, Hiitoira ecclésiastique de Lyon, p. 306, cite un acte du 15 août 1158 , duquel il résulte qu'il y eut à cette époque, sur les limites d'Anse et Villefranche, une conférence entre Guigues et lléracle; mais il parait qu'on n'y termina rien, et que le noble prélat, malgré sa victoire, n'en resta pas moins toute sa vie en butte aux hostilités du comte de Forez. Ce fut cette même année 1158, et le 17 octobre, que l'on consacra le monastère des chanoines réguliers de Belleville , fondé par Humbert II , sire de Beaujeu. Cet illustre seigneur, qui avait épousé Alise de Savoie , fille du duc Ame* III, laissa sa femme et ses enfants pour aller combattre en Orient les ennemis du Christ, et renonçant à revoir sa patrie il se fit admettre dans l'ordre des Templiers. Pendant son absence , les seigneurs du voisinage usurpèrent ses droits et ses biens. Alise, qui n'avait pu leur résister, porta ses plaintes d'abord à Pierre le Vénérable, et ensuite à lléracle, qui obtint du pape que le sire de Beaujeu serait rendu à sa femme , et que ses vœux seraient commués en une fondation pieuse. Radevic rapporte , dans le quatrième livre des Geste* de Frédéric, qu'IIéraclc souscrivit au faux synode tenu à Pavie l'an 1160, dans lequel l'élection de l'antipape Victor IV fut confirmée; mais ce fait est douteux. Il paratt avéré que, malgré ses liaisons avec Frédéric, Héracle ne quitta point l'obédience d'Alexandre UI,et que, s'il assista à quelques-unes des conférences qui devaient mettre fin au schisme, ce fut à ceUe de Pont-sur-Saône, entre Oôte et Dijon , où cette grande question devait se traiter devant Louis le Jeune et Frédéric, qui avaient été invités à s'y rendre. Vers ce même temps la paix de l'Eglise de Lyon fut aussi troublée. Un marchand de cette ville, nommé Pierre de Vaud ou le Vaudois, devint le chef d'une secte qui subsiste encore dans les vallées du Piémont. Les prédications de ce fanatique , jointes aux tracasseries du comte de Forez, empoisonnèrent les derniers jours d'Héracle, qui mourut le 29 novembre 1163. Il fut inhumé dans l'église de Cluny, à côté de son rrère Pierre le Vénérable , mort le 25 novembre 1156. A. P.

HÊRACLEONAS, né en 626, était fils de l'empereur Héraclius et de Martine sa nièce. Son père, en mourant , l'associa à Constantin , qu'il avait eu d'un premier mariage, et les désigna ses successeurs à l'empire. L'ambitieuse Martine, irritée du peu d'égards que lui montrèrent les grands de

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l'État , empoisonna Constantin , dans l'espoir de gouverner plus facilement sous le nom de son fils. Héracléonas, par ce crime, devint seul empereur d'Orient en 641 , quatre mois après la mort de son père. Trop jeune ou trop faible pour retenir le pouvoir, il en lit l'abandon à sa mère, qui s'en servit pour satisfaire son désir de vengeance. Elle écarta des emplois tous ceux dont elle redoutait les lumières ou la probité , et fit exiler le grand trésorier Pbilagre, chéri de toute l'armée. A celte nouvelle, les gardes du palais se révoltèrent, et contraignirent Héracléonas à s'associer Constans , Gis du malheureux Constantin. Quelques jours après, une nouvelle émeute éclata; Héracléonas fut arrêté avec sa mère; les soldais furieux se portèrent envers les deux prisonniers à toute sorte d'excès : Martine eut la langue arrachée; on coupa le nez à son fils, et un décret du sénat les condamna tous deux à un bannissement perpétuel, (/histoire ne nous apprend plus rien d'Héracléonas, dont on plaindra le sort , si l'on réfléchit qu'il n'avait alors que quinze ans; qu'il était innocent des excès odieux reprochés à sa mère , et «ju'il n'avait occupé le trône seul que deux mois. Conslans 11, son neveu, lui succéda. W — s.

HÉUACLIDE DE PONT, d'une famille riche d'Héraclée, étant venu en Grèce pour se livrer à l'étude de la philosophie , fut l'un des auditeurs de Speusippe ; suivant Suidas , ce fut de Maton lui-menu-. Il s'attacha ensuite à Aristote; et Diogène Laercc le range parmi les philosophes péripatéticiens. A l'exemple de ces derniers, il se piquait d'une grande variété de connaissances; il écrivit sur toute sorte de matières , et composa même des tragédies qu'il publia sous le nom de Thespis. Il était toujours vêtu avec beaucoup d'élégance; ce qui fit que les Athéniens changèrent son surnom de Uovrix ç, le Portique, en celui de Hoix7cixi>;, le Pompeux. biogène Laë'rce dit qu'il avait élevé un serpent domestique à l'insu de tout le monde, et que lorsqu'il se vit prés de mourir il pria ses amis de cacher son corps, et de laisser paraître ce serpent à la place, pour qu'on crût qu'il était devenu immortel; mais la ruse fut découverte. Suivant d'autres, ajoute le même auteur, les Héracléotes, pressés par la famine, envoyèrent consulter l'oracle de Delphes; lléraclide corrompit la Pythie, et elle répondit , d'après ses ordres, que pour faire cesser la famine il fallait décerner une couronne d'or à Héraclide, et lui rendre , lorsqu'il serait mort , les honneurs héroïques. On l'invita en conséquence à venir sur le théâtre pour être couronné ; mais à peine y eut-il paru , qu'il fut frappé d'apoplexie. La Pythie , qui s'était laissé corrompre, fut mordue par un des serpents qu'on nourrissait dans l'antre où était le trépied, et elle expira sur-le-champ ; mais il y a peu de foi à ajouter à ces deux contes qui se contredisent. Il nous reste quelques. extraits de son Traité des constituliotu de divers Etats, qui était, à ce que croit M. Coray, un abrégé du grand ou-

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• vrage d' Aristote sur cette matière. Ces extraits, ' plusieurs fois imprimés à la suite des Histoires i diverses d'Élicn et dans d'autres collections , ont été donnés séparément avec une traduction latine, une traduction allemande et des notes, par M. Koebler, Halle, 1804, in-8°. La meilleure édition est celle qui se trouve à la suite d'Elien , dans le Prodrome ou le premier volume de la Bibliothèque grecque de M. Coray, Paris, 1805, in-8°. Nous avons aussi , sous le nom d'Héraclide , un Traité des Allégories d'Homère. Il n'est point du précédent; c'est un extrait de la doctrine des stoïciens sur cette matière. La dernière édition de | ce traité est celle de Gœtlingue, 1782 , in-8°, avec

■ une traduction latine et lesnotesde M. Schow. C-*.

HERACLIDES, architecte grec, né à Tarente, I vivait sous le règne de Philippe , roi de Macédoine, père de Persée. Lorsque ce prince était en guerre , avec les Rhodiens, Héraclides lui promit de détruire leur flotte. Pour y réussir il feignit d'être mécontent du roi et de se réfugier à Rhodes. Arrivé dans cette ville, il trouva en effet le moyen d'incendier tous les vaisseaux qui étaient dans le port. Pline cite un autre Héraclides , peintre macédonien, qui rivait sous le règne de Persée, et qui commença par peindre les ornements des vaisseaux. Après la défaite de Persée , il se retira dans Athènes, où il continua d'exercer son art. Peutêtre cet Héraclides est-il le même que le premier; ! mais il y eut un autre Héraclides, né dans la Phocide, qui fut sculpteur, et dont parle Diogène 1 Laë'rce. L — S — c.

HERACLITE d'Ephèse (lorissait dans la soixanteneuvième olympiade; il étail fils de filyson, que d'autres nomment Bloson , Dauson , Beulon , et même Héracion. Le nom de ce philosophe est ! devenu, depuis longtemps, le prototype de ces | esprits chagrins qui , trop vivement émus par le ! tableau des misères humaines, expriment leur

■ sensibilité par leurs larmes, de même que l'on a ! peint Démocrite riant sans cesse de nos folies. I Cependant rien n'est moins constaté que le carat - ; tère qu'on s'est plu à donner à Héraclile. On préj tend qu'il n'eut point de maître particulier, et [ qu'il ne dut qu'à lui-même ses profondes connai>- ; sauces. U parait certain néanmoins qu'il suivit les

leçons d'Hippase et de Xénophane, et qu'il fit ' une étude particulière des dogmes secrets de Pythagore. Le père d'Héraclite était un des premiers citoyens d'Ephèse. A sa mort, Héraclile se démit de la suprême magistrature en faveur de son frère , pour se livrer exclusivement aux spéculations philosophiques. H avait une humeur caustique et peu sociable. On le surprit un jour jouant aux osselets avec des enfants. « Ephésiuis, « dit-il à ceux qui le regardaient, je préfère ce « frivole amusement au soin pénible de gouverner " des ingrats tels que vous. » 11 ne pouvait leur pardonner d'avoir exilé son ami Hermodote. bu reste, pour n'être point à la portée du vulgaire, U affecta toujours beaucoup d'obscurité daus ses

écrits ; ce qui lui fit donner le surnom de Ténébreux (£xorc'.v&). Son ouvrage le plus estimé fut un Traité de la nature. Euripide ayant envoyé ce livre à Socratc pour l'examiner, celui-ci répondit que ce qu'il en avait pu comprendre était bon; mais que, le plus souvent, Héraclite était inintelligible. La réputatiou du philosophe d'Ephèse engagea Darius, fils d'Hystaspe, à l'appeler à sa cour, mais Héraclite rejeta durement cette invitation. Son humeur sauvage le porta niéme à fuir le commerce des hommes, et à se retirer dans les montagnes, où il ne vivait que d'herbes et de racines cuites à l'eau. Si l'on en croit cependant les lettres publiées sous son nom , une accusation d'impiété j l'obligea d'abandonner Êphèse. La mauvaise nourriture altéra bientôt sa constitution : il devint hydropique., Sentant ses maux s'aggraver, il redescendit dans la ville , et consulta énigmatiquement les médecins, en leur demandant s'ils pouvaient rendre serein un temps pluvieux. N'ayant reçu d'eux aucune réponse satisfaisante, il prit le parti de s'ensevelir dans du fumier, et périt ainsi dans I sa G0« année. D'autres disent qu'il y fut dévoré par des chiens. Arislon et Hippobote le font gué- ! rir de son hydropisie, et croient sa mort postérieure. Héraclite, quoique placé quelquefois parmi les pbilosophes de l'école d'Élée , fut le créateur de son système , et le fondateur d'une école particulière, qui ne lui survécut pas longtemps, et dont le disciple le plus célèbre fut Ilippocrate. Héraclite regardait le feu comme principe et fin de toutes choses; et ce feu, suivant lui, était une matière subtile , éternelle , inaltérable, agité d'un mouvement continuel; car, suivant Héraclite, le repos n'est qu'apparent et relatif dans la nature. Les parties les moins subtiles du feu produisirent l'air, celui-ci l'eau, celle-ci la terre. Le philosophe d'Ephèse admettait également la conversion alternativement descendante et ascendante des éléments. La raréfaction occasionne celle-ci ; la condensation donne naissance à l'autre (65oç néxw). L'âme est une substance ignée , une exhalaison ( àvaOuji(a<ri< ). En général , Héraclite était matérialiste, et n'admettait que des corps. Rien ne se produit de rien , disait-il , et rien n'existe réellement que ce qui tombe sous les sens. Le mouvement est essentiel à la matière. C'est du choc des contraires, de l'attraction et de la répulsiou, que toutes choses prennent naissance, conformément à l'expression des portes qui font la discorde mère de tous les êtres. Ces deux forces, en effet, produisent l'agrégation et la disgrégation ou dissolution. Tout est changement dans la nature ; la mort n'est qu'une mutation de forme. L'univers présente l'image d'un torrent rapide, dans lequel chaque goutte d'eau coule, se presse, se confond avec les autres , et passe sans que le torrent paraisse changer. Cependant il n'est pas exactement le même pendant deux instants consécutifs. Si le feu est le principe unique, universel , si toutes choses naissent de lui et se résolvent

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