‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 39 sur 106 · ITER · texte numérisé non relu

ITER

cause , on obtient celles de mouvement et de vie. Puisque les réalités en soi nous sont inconnues, elles ne peuvent être l'objet d'aucune science, pas même de la métaphysique. Ce que nous pouvons savoir se réduit à des idées , et la philosophie n'est qu'un travail scientifique destiné à rectifier les notions relatives à la connaissance de ce qui est donné dans la conscience. Cette connaissance se présente , il est vrai , sous un double et contradictoire aspect. De là le scepticisme et l'idéalisme comme conséquence systématique : on a douté successivement de l'objectivité des qualités secondes et premières des corps, de l'existence des corps eux-mêmes, et l'on est resté avec la pensée pure de Descartes , le eogito , ergo mm . attribuée cependant à une activité pure. Il faut bien que cette activité ait un sujet, qu'il y ait un être actif. L'idéalisme pur est donc insoutenable. Mais il est vrai aussi que l'être comme tel, l'être pur, l'existence absolue n'est point une réalité en soi ou distincte de la chose dont il est affermi, ce que Kant avait déjà remarqué. Qu'est-ce donc que l'être? c'est la position absolue de ce qui est réellement : c'est-à-dire, une position telle que la chose dont l'existence est reconnue subsiste encore lorsqu'on ne la pense plus; c'est, en d'autres termes, l'existence indépendante de la chose pensée , à l'égard même de la pensée. La notion d'être ou de réalité absolue n'est donc qu'une manière de concevoir les choses sans rapport arec la pensée. L'affirmation d'un pareil être, de l'être véritable, n'est possibleou légitime qu'à ces trois conditions : que la qualité de ce qui est affirmé comme existant soit positive ; qu'elle soit simple; qu'elle ne soit pas une quantité divisible dans le temps ou l'espace. Le réel n'est donc pas un continu : c'est-à-dire qu'ij est en dehors du temps et de l'espace; ses rapports seuls y sont compris. D'où il suit que l'être véritable, en soi, n'est ni infini ni fini. La métaphysique, qui n'est qu'un autre nom donné à la philosophie, se divise en trois parties : la théorie de l'être, qu'on appelle d'un seul mot ontologie, celle de l'être corporel ou la tynichologie , et celle de la connaissance des idées ou eidologie. Nous venons de dire que l'être, en tant qu'il est connu, se résout en qualités, et que ces qualités ne doivent pas être séparées, si l'on veut avoir l'être dans sa plénitude, de la substance, ni la substance de la raison immédiate des qualités ou de l'essence. L'être qualifié, le quale. est donc l'être réel, véritable, absolu; autant de quai a ou d'êtres qualifiés, de groupes ou de systèmes de qualités, autant d'élres absolus ou de substances véritables. Ce qu'il y a de réel pour nous dans les choses est donc ce par quoi nous en sommes aflectés, ce qui engendre sensation et perception dans l'âme humaine. Tout ce que nous en pensons du reste n'est qu'idée. D'où il faut conclure, contrairement aux idées reçues depuis longtemps en philosophie, mais peu d'accord avec le sens commun,

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