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forent négligé: ils suivirent la cour d;un Heu à un autre. Cotton, se voyant peu considéré, » ses dispositions pour son départ. La mort le provint k 23 juillet; il fut enterré à Casbin. Quelques jours auparavant, Robert Shirley, qui était venu en Angleterre comme ambassadeur persan, et que Cottou avait ramené en Asie, était mort aussi (toy. Shirley). Les Anglais quittèrent Casbin en août, retournèrent à Ispahan, gagnèrent Bagdad, descendirent le Tigre, et arrivèrent a Soually, sur la côte de l'Inde, près de Surate. Herbert alla jusqu'aux Moluques, et revint en Angleterre après une absence de quatre ans. La mort de son patron l'ayant fois! ré des espérances qu'il avait fondées sur sa protection , il quitta l'Angleterre une seconde fois, et visita plusieurs parties de l'Europe. A son retour il se maria , et consacra tout son temps à l'étude. Lorsque la guerre civile éclata, il prit parti pour le parlement. L'influence de Philippe, comte de Pembroke, fit confier a sir Thomas des commissions par le parlement en diflèrentes occasions. En 1646 il accompagna le comte et d'autres commissaires envoyés au roi
Kur traiter de la paix et pour amener ce prince .ondres. Charles, ayant été obligé de renvoyer ceux qui étaient habituellement avec lui, le choisit, ainsi qu'Harrington {coy. ce nom), pour rester auprès de sa personne; ce qui fut approuvé par le» commissaires. Herbert trouva le roi bien ditTerent du portrait que ses ennemis en avaient fait : aussi s'attacha-t-il sincèrement à lui ; il ne quitta ce prince infortuné qu'au dernier moment, et pendant deux ans partagea ses souffrances et ses angoisses. Charles, louché de la vive affection d'Herbert, lui accorda sa confiance, et lui en donna des preuves. A l'époque de la restauration, t.harles H créa Herbert baronnet, « pour le récom- « penser », disent les lettres patentes, « des bons « et loyaux services rendus par lui au roi notre « père durant les deux dernières années de sa • vie. • Herbert se retira dans sa patrie, et y mourut le 1" mars 1681. On a de lui en anglais : \o Voyage de plusieurs années en Afrique et dans la grande Asie, notamment dans leJ possessions de la monarchie persane, ainsi que dam quelques parités des Indes orientaUs et dans les tles adjacentes, Londres, 1634, un vol. in-fol., fig.; 2' édition, revue et augmentée, ibid., 1638, in-fol. ; 3«, 1G65; 4% 1677. Le titre de chacune de ces éditions offre des changements. Herbert était un homme instruit , comme on le voit par se* conjectures sur les noms que les paya et les lieux qu'il a parcourus portaient chez les écrivains de l'antiquité. H est au fait de l'histoire de tous ces pays; mais il se livre trop au désir d'étaler son érudition, et il l'étend même aux contrées qu'il n'a pas visitées. Ces défauts étant plus sensibles dans les dernières éditions, il est probable que ces horsd'œuvre sont l'ouvrage des personnes qui se chargèrent de réimprimer ce livre. Les observations d'Herbert sont en quelque sorte noyées au
milieu de ces additions. H parait d'ailleurs trè*véridique : on a toujours regardé sa relation comme une des meilleures; et avant que celle de Chardin parût, elle passait pour la plus exacte sur ce qui concernait la Perse. Elle a été traduite en hollandais, Dordrecht, 4638, in-4°, fig.; et do flamand en français sous ce titre : Relation du voyage de Perse et drs Indes orienUtUs, arec Ut révolntiont arrhérs au royaume de Siam la* traduites du flamand de Urémie l'an Vliet, Pans. 1663, in 4». Wicquefort, auteur de cette version, reproche avec raison au traducteur flamand d avoir mal compris et souvent mutilé son original s on s'aperçoit que lui-même a commis des erreurs de date. Peut-être ces erreurs sont-elles dans I original, qui doit être rare; car c'est toujours la traduction française qui est citée, même par les auteurs étrangers. 2* Threnndia Caroliut, contenant une relation kisloriqve des deux dernières années de la vie et du régne de Charles #*, 1/Midres. in-16. On y trouve dans le plus grand détail tous les faits et discours du roi depuis son premier emprisonnement Jusqu'à m mort. Ce livre a été réimprimé avec beaucoup de soin par Nieoll, » Londres, en 1813. Cet éditeur l'a fait précéder d'une prérace, et y a ajouté un morceau intitulé Relation particulière des funérailles du roi, contenue dans une Uttre de sir T. Herbert à DugdaU. Herbert donna aussi une relation séparée des derniers moments de Charles I"\ Wood l'a insérée dans le deuxième volume de son Atkencr Oxonienses. Herbert, pour complaire à son ami J. de Laet, traduisit en anglais plusieurs livres de son histoire des Indes. Il aida Dugdale à recueillir les matériaux du troisième volume de son Monastiro* Anglicum. Peu de temps avant sa mort, il fit don de plusieurs manuscrits à la bibliothèque publique d'Oxford et à celle de la cathédrale d ïork. Le Muséum Ashmolmnum conserve -^-u recueils faits par Herbert.
HERBERT (William), Anglais .
instruit sur les antiquités typographiques, naqu t. en 1718, à Hitchin, dans le comté de Hertfoni Après avoir exercé sans succès l'état de marchand bonnetier, et formé quelques entreprises infructueuses, il partit, en qualité de comimcaissier, sur un bâtiment de la compagnie de* Indes; mais, arrivé à Tellichery, quelques circonstances de la guerre qui se poursuivait alors avec les Français le détachèrent du bâtiment , et l'obligèrent à faire à pied un long voyage : cent fut qu'au bout d'un an qu'il rejoignit le navire, au fort St-David. Herbert, ayant eu par là occasion de voir beaucoup de pays, exécuta des plans des divers établissements; ce qui lui valut une gratification de la compagnie des Indes. 11 s'établit ensuite à l^ndres, comme graveur de cartes géographiques et marchand d'estampes; et il acquit de l'aisance dans cette nouvelle situation. S» goût dominant le portait vers l'étude des quités typographiques; et il commença a
Mer des matériaux pour une nouvelle édition qu'il projetait des Antiquités typographiques par Ames, dont il avait acheté le manuscrit autographe, enrichi de notes. Retiré à Cheshunt dans sa prorince natale, il ne s'occupa plus guère que de cet objet. Le premier volume de la nouvelle édition d'Ames, considérablement augmentée, parut, en 1783, in-i°, et fut suivi de deux autres en 1786 et 1790. L'accueil que ce travail précieux reçut du public n'empêcha pas l'auteur de reconnaître qu'il pouvait encore être perfectionné; et il en préparait une édition ultérieure, lorsqu'il mourut, le 18 mars 179îi. Son caractère était estimable, quoiqu'un peu singulier. 11 eut beaucoup de part à un manuel intitulé Ntu> Directory/or the tatt Indus, in-4°; et on lui doit une édition de l'Histoire du comté de Gloueestcr, par Atkins, 1769, ouvrage qui était devenu trèsrare. L.
HERBERT (N. haron de), diplomate distingué qui, par son mérite seul, fut élevé aux fonctions d'internonce autrichien auprès de la Porte Ottomane , était fils «l'un < mêler supérieur qui avait servi dans l'armée autrichienne, lors de la guerre de Bosnie, en 1737. Ce dernier eut le malheur d'être fait prisonnier à la suite de la bataille près Banjaluka, penlue par le prince de Ilildburghausen , et d'être retenu dans les faubourgs de Constantinopletainsi que sa femme et beaucoup d'autres officiers autrichiens, pris comme lui avec leurs femmes et leurs enfants. Les prisonniers furent alors asseat maltraités par les Turcs. Quelques années après la conclusion de la paix entre l'Autriche et la Porte, le père François, jésuite, homme fort instruit , fut envoyé par la cour de Vienne, comme chapelain de la légation autrichienne, à Constantinoplc. Ses talents, et surtout ses connaissances en physique, gagnèrent à ce religieux l'estime des musulmans : le Grand Seigneur lui-même lui témoigna beaucoup de considération. 11 sollicita de ce prince, dans un moment favorable, l'affranchissement de quelques enfants chrétiens: sa demande lui fut accordée; quatre garçons furent mis à sa disposition; l'un d'eux était Herbert. Le père Frauçoh prit ces quatre enfants chez lui, en eut soin comme un père, les instruisit, et leur enseigna surtout les langues orientales : il avait l'intention de les élever pour son ordre. Le noviciat étant terminé, deux de ces enfants prirent effectivement l'habit religieux; mais les deux autres, parmi Lesquels se trouva Herbert , témoignèrent plus de goût pour les emplois civils. Le prince de Kaunitx, chancelier d'Etat, le nomma son lecteur; mais, peu de temps après, le jeune Herbert fut attaché à la lé-
Sation autrichienne à Constantinople en qualité e secrétaire interprète. U fut élevé par sou souverain au rang de secrétaire de légation, et, quelques années plus tard, aux fonctions éminentes de ministre et d'internonce auprès de la Porte. 11 remplit pendant un grand nombre d'an-
HER m
nées cet emploi à la satisfaction de sa cour, et mourut en 1805. B — u — a.
HERBERT DE CHERBURY (Lord Edouard), célèbre déiste anglais, naquit, en 1581 , au château de Montgoramery , dans le pays de Galles. Après avoir fait , à l'université d'Oxford, d'aussi bonnes études qu'elles pouvaient l'être dans ce temps-là, il parcourut plusieurs contrées de l'Europe, et acquit dans ses voyages des connaissances trèsétendues et très-variées. De retour dans sa patrie, il s'y fit remarquer par sa bravoure autant que par ses lumières. Doué de beaucoup d'avantages extérieurs, il était chéri des belles, comme des savants et des braves : il fut présenté à la reine Elisabeth, en 1600, et reçu chevalier du Bain à l'avènement de Jacques I", qui le combla de faveurs et lui confia divers emplois importants. Eu 1608, il entreprit un voyage en France, où il apporta les idées de chevalerie dont il s'était pénétré en Angleterre , mais surtout cette excessive délicatesse sur le point d'bonneur, qui, dans un siècle où les duels étaient si fort à la mode, devait ouvrir un vaste champ à son courage. Sa réputalion sous ce rapport et ses manières distingué* s lui méritèrent plusieurs amis, parmi lesquels Henri de Montmorency , connétable de France et père du duc de ce nom décapité à Toulouse : ce qui valait mieux encore, il fut bien traité par Henri IV, et fit sa cour à la reine Marguerite qui, peut-être, ainsi qu'il le donne à entendre dans ses Mémoires, lui fut toute bonne, comme à bien d'autres. Revenu dans ses foyers au bout d'une année , il les quitta de nouveau, en 1610, pour aller servir dans les troupes chargées du siège de Juliers, sous Maurice, prince d'Orange , et il montra une valoir poussée quelquefois jusqu'à la témérité : il vint déposer ses lauriers auprès de la reine Anne, qui lui donna de nouveaux motifs d'émulation guerrière ; et, en 1614, il repartit pour faire, sous les ordres du même prince d'Orange, une seconde campagne contre les Espagnols, qui étaient commandés par le marquis de Spinola. H entreprit ensuite un voyage en Italie. Comme il passait , à son retour, par les Etats du duc de Savoie, ce prince le chargea d'une mission de confiance. Il s'agissait de conduire en Piémont quatre mille hommes que devaient lui fournir les protestants de Languedoc ; mais la reine mère , Marie de Médicis , avait défendu par un édit toute levée de troupes en France. Son ambassadeur à Turin , le marquis de Ramboudlet (père de Julie d'Angennes), ayant donné avis des tentatives d'Herbert , celui-ci fut arrêté à Lyon , mais on le mit bientôt après en liberté. Regardant cet emprisonnement comme une insulte personnelle, il appela en duel le gouverneur de la ville , et il fallut que le duc île Montmorency, gouverneur du Languedoc, s'entremit pour accommoder le différend. Ne pouvant remplir ses engagements avec le duc de Savoie, Herbert alla rejoindre Maurice de Nassau ; puis, repassant en Angleterre, il se préparait à de nou-
veaux exploits, lorsqu'il fut nomme* par le roi Jacques Ier ambassadeur extraordinaire en France, avec la mission apparente de renouveler l'alliance entre les deux puissances voisines : il fit à Paris l'entrée la plus magnifique et partit pour la Touraine, où était la cour. On doit regretter que, dans sa vie écrite par lui-même, il parle aussi succinctement de ses travaux diplomatiques ; mais il s'explique d'une manière piquante et même avec beaucoup de sagacité politique sur le compte de Louis XIII et de Luynes, son favori. Le tableau qu'il trace de la cour de France et de ses mœurs à cette époque s'accorde avec tout ce que nous en apprennent l'histoire et les mémoires du temps : il présente d'autant plus d'intérêt , qu'Edouard Herbert avait vécu avec les personnages français les plus marquants, hommes en place, savants ou guerriers. La cérémonie du renouvellement de l'alliance ayant eu lieu, il ne résida plus à Paris que comme ambassadeur ordinaire , et son occupation principale fut de déjouer les menées de l'Espagne, qui visait à la monarchie continentale. Tant qu'il ne fut question que de maintenir le bon accord entre les deux nations , sa tâche lui parut facile à remplir; mais lorsqu'il reçut l'ordre d'intervenir comme médiateur entre le roi de France et ses sujets protestants , il éprouva de la part du duc de Luynes des difficultés , une hauteur , une rudesse même , qu'il n'était pas dans son caractère, naturellement peu flexible, de supporter. 11 se rendit auprès de Louis XIII, qui était occupé en ce moment du siège de Saint-Jean d'Angely , et il lui déclara que , si l'on refusait les bons offices du roi d'Angleterre, ce souverain était décidé à prendre tous les moyens djempécher la ruine et l'extinction totale du parti protestant. Le zèle d'Herbert déplut au connétable de Luynes, qui parvint à rendre sa mission inutile. Il avait offensé ce favori de manière à ne pouvoir se le faire pardonner : il se rendit ù Cognac auprès du roi, dont il reçut un accueil plus favorable. Comme le maréchal de Saint-Géran lui représentait que Luynes ne le laisserait pas tranquille dans cette ville : « Je me crois en sûreté , répondit Herbert, • partout où j'ai mon épée à mon côté. » Mais le connétable envoya son propre frère comme ambassadeur en Angleterre, pour se plaindre de lord Herbert, et celui-ci fut rappelé. Le roi Jacques le fit repartir pour la France après la mort de Luynes, en lui donnant des pouvoirs plus étendus et beaucoup de preuves de la confiance qu'il avait dan? ses talents et sa fidélité : cependant, lorsqu'il fut question de terminer les négociations entamées pour le mariage du prince de Galles avec Henriette de France , sœur de Louis XIII, Herbert fut obligé d'en laisser la conduite au comte de Carlisle et à lord Holland , nommés ambassadeurs extraordinaires. Il fut , en 1625, créé pair d'Irlande , sous le nom de baron de Castle-lsland , et , en 1631 , baron d'Angleterre, avec le titre de lord Herbert de Cherbury. H paraît
f qu'après la mort du duc de Buckingham son ami il quitta la cour. Il est impossible de douter qu'au commencement des guerres civiles il ne se soit rangé du parti opposé à Charles 1", malgré les faveurs qu'il avait reçues de Jacques I" , puisque le château de Montgommery ayant été démoli par les troupes du roi , le parlement crut lui devoir une pension pour le dédommager comme propriétaire. Nous ne voyons pourtant pas , dans les Mémoires d'Herbert , qu'il ait pris une part active à ces guerres. 11 mourut à Londres le 20 août 1618 : son épitaphe , qu'on voit dans l'église de St-Gille-des-Champs, le désigne principalement, ainsi qu'il l'avait demandé , comme auteur du livre De la vérité , dont nous allons parler. On a de lui : 1° De verUale , prout distinguer a revelalione , a veriiimilt . a fulso . rui operi addifi sunf duo a!ii traclottis , primat de cautis errorum . alter dr rtligio-ie taki . imprimé pour la première fois, a I\iri>, en 162t ; réimprimé à Londres, en 1633 et 1643; traduit en français , 1639 , in-4° , et répandu ensuite dans toute l'Europe. Le but de ce livre, auquel il mit la dernière main pendant sa seconde ambassade en France , et qu'il se crut autorisé à publier, ayant pour lui les suffrages de Grotius et de Tilenus (Daniel Tilcncrs) , est de prouver la suffisance , l'universalité et la perfection absolue de la religion naturelle , en rejetant toute révélation comme inutile. Herbert semble être un des premiers qui ait réduit le déisme en système ; ce qui lui a valu la première place dans l'ouvrage de Leland , intitulé Vie des érrivains déistes. Chris» tian Kortbolt l'a mis sur une même ligne avec Hobbes et Spinosa , dans sa dissertation De tribus impostoribusmagnis, Edcardo Herbert, Thoma //.'•• r. et Benedicto Spinosa . liber. . Kiel, 1680. Le système d'Herbert fut réfuté par divers théologiens anglais ; mais l'ouvrage le plus complet en ce genre est le traité posthume d'Halyburton sur Y Insuffisance de la religion naturelle. Locke a également attaqué plusieurs parties de ce même système, dans F Es. ai sur l'entendement humain et dans le Christianisme raisonnable. En France , il trouva un redoutable adversaire dans le célèbre Gassendi. On peut voir encore l'analyse et la réfutation de ce système dans VHistoire critique du philosophisme anglais, par Tabaraud, qui a fourni plusieurs des jugements énoncés dans cet article sur les productions philosophiques d'Herbert. Le déisme qu'il professait est , au fond , moins déraisonnable que celui de beaucoup d'autres venus après lui. Il reconnaît positivement un être suprême, créateur et conservateur, dont la providence préside au gouvernement moral de ce monde ; car, quoique Herbert de Cherbury ait été placé par Korlholt au rang des athées , à côté de Hobbes et de Spinosa , U admet la nécessité de la prière, de l'action de' grâces , et de diverses autres pratiques de culte, par lesquelles la créature entretient avec le créateur des relations qui attestent sa dépendance de la Divinité. U recommande l'accomplissement des
préceptesdu D ialogue, qui contiennent les grands principes de la morale universelle. Il veut qu'on ait recours à la miséricorde divine par une douleur sincère des fautes commises. Enfin le dogme important de l'immortalité de l'âme, lié essentiellement avec celui des peines et des récompenses d'un état futur, est établi de la manière la plus formelle dans les ouvrages de lord llerbert. Sous tous ces rapports, son système philosophique a plus d'ensemble, est mieux lié et moins irréligieux que la plupart de ceux de l'école moderne. Quand il eut composé son livre De Veritate , il hésita quelque temps , même après avoir consulté Grotius et Tileners , à le mettre au jour , tant les principes lui en paraissaient à lui-même nouveaux et extraordinaires. Dans un récit digne des Légendes, où l'on a rapporté tant de visions miraculeuses, il raconte qu'un jour il invoqua Dieu pour savoir s'il pouvait faire imprimer son livre, et qu'à la fin de sa prière il entendit un bruit éclatant , parti du côté même où le ciel était le plus serein : il le prit aussitôt pour le signe de l'approbation divine. Était-ce un phénomène naturel arrivé en cet instant , ou bien une de ces illusions auxquelles se livrent quelquefois les hommes même qui, pour s'être soustraits au joug des vérités les plus incontestables, se vantent d'avoir secoué celui des préjugés ? Les immenses lectures d'Herbert avaient probablement fatigué sa léte et mis un grand désordre dans ses idées, quand il crut entendre la voix de Dieu qui lui permettait de publier l'ouvrage en question. 2" De religion? gentilium , errorumque apud eeu cousis , Amsterdam, 1633, in-4°, et 1700, in-8°, traduit en anglais et publié en 1705. Il y remonte aux causes qui avaient pu et dù égarer les prêtres et les sages du paganisme dans leurs notions sur l'Être suprême. 3° De religione iaici, dissertation qui se trouve dans l'édition in-4° du livre ds la Vérité. Londres, 1613, et dont le but est de démontrer que les laïques sont hors d'état d'acquérir une connaissance satisfaisante de la vraie révélation, au milieu des différentes sectes qui se vantent de la posséder, et dont chacune interprète ce don céleste à sa manière ; 4° De expeditione Buckinghami durit in Rheam insulam. Londres, 1658. Ce dernier ouvrage fut, comme on voit, publié après la mort d'Herbert, qui eut lieu en 1648. 5° Histoire de la tie et du régne de Henri VUI, în-fol. Sous le rapport de la composition, elle est regardée comme un des bons morceaux d'histoire écrits en anglais ; on en estime surtout la partie militaire et politique : mais on y remarque une extrême partialité pour ce monarque , cl c'est plutôt une apologie qu'un tableau tracé judicieusement. Le style de cet auteur est nerveux et exempt de la recherche et de la pédanterie qui dominaient dans la littérature à l'époque où il a écrit. Une collection de ses poe"mes, publiée par son fds en 1 665 , parait n'avoir produit que peu de sensation. 6° Life of lord Herbert , bg himself: ces Mémoires
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| ne vont pas plus loin que son retour définitif de \ l'ambassade de France. Outre l'avantage dont nous r avons parlé d'offrir une peinture fidèle des mœurs I du temps, et de bien faire connaître surtout l'intérieur de l'Angleterre sous plusieurs règnes, en fournissant un témoignage souvent très-singulier du peu de police qu'il y avait alors dans ce pays, la Vit d7 Herbert écrite par lui-même donne l'idée d'un caractère peu commun : celui de son auteur. Sa franchise, sa droiture, l'exaltation de ses principes d'honneur, sa conduite pendant les missions dont il fut honoré, jettent un intérêt très-vif sur ses récils ; on le voit réunir tous les contrastes, selon qu'il se laisse entraîner par son imagination ou par son tempérament, ou bien que la raison i reprend l'empire sur lui. Il se montre vain, pointilleux , querelleur, mais généreux, brave et dés- I intéressé : enfin , quoiqu'on puisse le soupçonner i de partialité dans le portrait qu'il a tracé de luimême , on ne peut douter qu'il n'ait joui d'une grande estime parmi ses contemporains. Le manuscrit de ses Mémoires, oublié pendant plus de cent ans au château de Lymore , dans le comté de Montgommery, devenu le chef-lieu de la famille Herbert, fut découvert vers 1730, et revit le jour par lessoins d'Horace Walpolc , qui en fut l'éditeur, Strawberry-Hell , 1764, in-4»; Londres, 1770,
1778, 1792, in-4n; avec une préface de Walter Scott , Edimbourg , 1809 , in-8° ; Londres , 1826, in-8». 7" Vie d Apollonius de l'hyane. par Philostrate , avec les commentaires donnés en anglais par Charles Blount, traduit de l'anglais par de Castilhon, Berlin, 1774, 4 vol. in-12; Amsterdam,
1779, 4 vol. in-12. C'est la publication des matériaux qu'Herbert de Cherbury avait laissés pour éclaircir la vie d'Apollonius de Thyane par Philostrate. Ces matériaux avaient vu le jour en anglais par les soins de Charles Blount. L — p — e.
HERBIGNY (Henri-François Lambert d'), marquis de Thibouville, était fils de Henri Lambert, seigneur d'Herbigny, conseiller au parlement de Paris, qui, après avoir été maître des requêtes en 1660, intendant à Moulins en 1666, à Grenoble en 1679, à Montauban en 1691 , à Lyon en 1694, puis à Houen la même année, mourut conseiller d'État le 23 novembre 1700, âgé de 77 ans. Henri- François parcourut à peu près la même carrière que son père, et fut appelé plusieurs fois à le remplacer. Nommé conseiller au grand conseil le 12 janvier 1682, maître des requêtes le 19 juillet 1687, intendant de Montauban en 1691, de Lyon en 1694, et de Rouen en 1702, il mourut sans alliance le 29 juillet 1704. Si d'Herbigny n'avait pas d'autres titres à la célébrité que ceux qu'on vient d'énumérer, il serait tout au plus digne de figurer dans un lexique nobiliaire, ou dans le catalogue des magistrats des différentes provinces où il a rempli les fonctions dont le roi l'avait investi ; mais il a laissé des traces ineffaçables de son administration dans la seconde ville du royaume, en composant un Mémoire sur le