‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 43 sur 106 · MER · texte numérisé non relu

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ilonnés; mais ils n'en ont pas moins fait faire un grand pas à un art qui était alors tlans son enfance, ilerfaan 6'occupa aussi de perfectionner les autres procèdes de stéréotypic. En 1820 il trouva un nouveau moyen de frapper des matrices en cuivre sans casser de poinçon, et il fit de nouveaux châssis pour fondre avec perfection des pages stéréotypées de toute grandeur. Ses inventions toutefois furent loin de lui apporter la richesse ni même l'aisance. Il vécut presque toujours dans la gêne. Il est mort à Pari* à l'hospice des ménages , âge de 87 ans , en 185b*. Z.

HERIIOLDT ( Jean - Dx.hel ) , médecin, natif d'Apeorade en Sleswig, avait pour père un pauvre chirurgien chargé de famille. Il apprit de lui les premiers éléments de la science médicale, et ensuite se rendit à Copenhague pour achever ses < études. Peu de faméliques étudiants ont eu be- I soin de plus de courage et de persévérance qu'Herholdt. L'exiguïté des ressources qu'il pouvait tirer de son père était la moindre de ses tribulations. Son extérieur était des plus ebetifs, son tempérament des plus faibles, il avait fréquemment des accès d'épilepsie : un travail opiniâtre, les miasmes de la dissection semblaient devoir lui être funestes. Il en fut autrement. Dans cette lutte detousles momenlscontrelesdifficullés de la science et de la vie , dans cette existence toute de privation et de travail , son physique se développa en morne temps que son esprit: il grandit , sa constitution s'améliora , les attaques d'épilepsie devinrent rares et au bout de deux ans il cessa totalement d'en ressentir. Ses amis ne le reconnaissaient pas. Non moins heureux dans ses progrès intelligentiels, il soutint, après deux ans de séjour à Copenhague, l'examen d'usage, et dès l'année suivante (1786) il fut placé, en qualité de premier chirurgien, sur une frégate danoise qni faisait voile pour la mer du Nord. En 1787 il passa comme chirurgien de réserve à une autre division de marine, et au printemps suivant il fut nommé premier chirurgien d'un vaisseau de guerre expédié dans la Baltique. Avançant ainsi de poste en poste les années suivantes, il se trouva en 1794 chirurgien titulaire de division près du ministère de la marine, et de 1819 à 1825, il remplit les fonctions de médecin en chef à l'hôpital de Frédéric. De plus, reçu docteur en 1802, il occupait depuis 1805 la chaire de thérapeutique, d'abord comme professeur extraordinaire, puis (1818) comme professeur ordinaire. Il avait aussi été recteur de l'université de Copenhague et doyen du collège de santé; il était membre de diverses commissions ou établissements médicaux et philanthropiques; il faisait partie de nombreuses sociétés savantes ; il portait depuis 181 M l'ordre de Danebrog , dout plus tard il devint un des dignitaires ; en 1828 il fut nommé conseiller d'Etat. Sa clientèle était nombreuse. 11 méritait cette prospérité par la réunion d'un beau talent, d'une activité sans

[ égale, d'une perspicacité rare, d'une délicatesse, d'une charité sans bornes. Habile professeur, praticien exercé, il était encore meilleur ami. Tous ceux qu'il eut pour seconds trouvèrent en lui un père, et au bout de quelques années il leur cédait une partie de sa clientèle, et leur créait une position indépendante. 11 se ménageait encore le temps d'écrire , et, soit comme traducteur, soit comme auteur original , soit comme mettant au jour des observations, résultats de sa pratique, il a rendu do vrais services à la médecine. Voici la liste de ses ouvrages principaux, qui sont les uns en danois, les autres en latin : 1° Comm. de qua-stione med. : X'um vires medicamenlorum (plantarum , p. g., medicinalium) . ouf chymica analysi, aut sensuum ope, nul considérations : similitudinis m parlibus essentialibus , reelius cognotcuulur? Copenhague, 1791. Cette question avait été posée par l'université de Copenhague en août 1792. 2' Comm. de vita imprimis J'ustus humant ejtuatie morte mb partu, Copenhague, 1802. Cette dissertation remarquable est celle qui lui valut son diplôme de docteur. Elle fut traduite en allemand par J.-E. Tode , Copenhague, 1803. 3° fit médit fournit à l 'officine pharmaceutique par le règne végétal dans Ut possessions danoises, Copenhague, 1808 (il faut y joindre les gravure* publiées par un anonyme sous le titre d'ilerbarium pharmactuticum . ou Planches pour étudier tes ouvrages de Schumacher et d'Herholdt, Copenhague, 1822-1825) ; 4° Considérations tur let maladies de poitrine et sur la phthitie pulmonaire, Copenhague, 1805 (traduit en allemand dans le Journal de littérature médico chirurg. étrangère de llarlcss, t. 2, 1813; 2' partie, p. 161-224 et 315 ; publiées aussi 1 part, Nuremberg, 1814/ ; 5" Extrait du journal dm pi ù/etstur Hcrholdt , sur les Recherches de Rachti Herk, Aarau, 1807-1826 ; 6" une traduction libre (en société avec C.-C. Hafn) des Recherches sur la vie et la m«rt de Btchti, avec des annotations, Copenhague, 1820 ; ouvrage traduit à son tour en allemand et qui parut à Copenhague, même année ; 7° divers articles dans la Phirmacopaa militai is, Copenhague, 1813, dans la Feuille médicinal* de Tode, dans la Nouvelle Hggie d'Otto, dans 17ris, etc. Ilerholdt mourut le 18 février 1836. P-ov. HEM , ) nu km u'). Voy€*. Hérv.

UÊRICAHT DE TUUKY (A.ntoixe-Mamb), ingénieur et agronome des plus méritants, naquit le 3 juin 1776, à Paris. Sa famille, opulente d'ailleurs, était des premières de la robe. U avait pour oncle le comte Ferrand, celui que noua vîmes depuis ministre de Louis XVI II, pair et membre de l'Académie française. Son père était conseiller à la cour des comptes. Nul doute que, sans la révolution , Antoine-Marie n'eût été tout naturellement jeté dans celte carrière qu'avaient si lucrativement suivie ses ancêtres, et jeune encore n'eût , comme on disait jadis , siégé sur le» fleurs de lis. Hais les liliacécs ayant défleuri et quantité de choses avec elles , il eût été peu saga

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d'attendre pour prendre un parti le moment de la palingénésie sociale. Heureusement l'excooseiller de la cour des comptes savait compter : il comprit qu'au milieu de la débâcle universelle il y aurait toujours et plus que jamais place pour les talents se traduisant en services , et il se mit à interroger les vocations de son fils. On sait ce qu'était avant 1789, et même ce qu'a été longtemps après, l'éducation scolastique!.... les langues mortes, ou plutôt une des deux grandes langues mortes, et la rhétorique, plus la philosophie de Lyon. Il s'aperçut que, tout en piochant la catachrèse, Antoine -Marie avait du tendre pour le carré de l'hypoténuse et s'intéressait à l'icosaèdre régulier. Il lui donna des livres, des maîtres, puis quand il sut tolérablement sa trigonométrie, ses sections coniques, etc., etc., il lui fit essayer de la physique, de la chimie, de l'histoire naturelle. Antoine-Marie mordit à tout , et tels furent ses progrès que, s'étant, à la fin de 1795, présenté à l'examen pour l'école des mines, il fut admis sur-le-champ. Nous ne le suivrons point dans le détail des études, sinon nouvelles du moins plus profondes, auxquelles pendant cinq ans consécutifs il se livra dans cette enceinte. L'ardeur qu'il portait à tout et qui débordait visiblement chez lui ne pouvait lui manquer à cet âge d'effervescences et d'aspirations juvéniles. A sa sortie en 1802, il reçut sa nomination d'ingénieur ordinaire ; et dès ce moment il se fit remarquer parmi tous ceux qui suivaient la même carrière par l'importance et la perfection des travaux auxquels tantôt il prit part, tantôt il donna l'impulsion. Ceux-là , on ne saurait le trop dire, furent les plus nombreux de beaucoup. Héricart de Thury appartenait à cette race de savants qui va se perdant : il avait le feu sacré, si rare depuis qu'on l'a ridiculisé comme n'appartenant qu'aux naïfs, c'est-à-dire aux niais et aux gens de peu. Nommé ingénieur en chef en 1810, c'est lui qui fut chargé spécialement de consolider nos prétendues catacombes , excavations immenses dont furent tirés au moyen âge la plupart des matériaux des constructions de Paris, et qui s'étendent sous presque toute la partie méridionale de la ▼Hle , soutenant une masse énorme de quartiers populeux ainsi que nombre de monuments de premier ordre, le Luxembourg, le Val-de-Grâce , l'Observatoire, le Muséum d'histoire naturelle, et arrachant à celui même qui sait le mieux qu'elles ne furent pas originairement des asiles funèbres, l'exclamation de Chateaubriand : « Nécropolis, « cité des morts, qui dois engloutir les vivants! » Malgré les travaux exécutés de 1777 à 1808 par les soins de l'inspecteur général des carrières Guillemot, puis par une commission de géomètres et d'architectes instituée après sa mort, il s'en fallait que nos seigeurs les capitalistes fonciers de la rive gauche pussent regarder leurs immeubles comme assis sur des bases inébranlables; et une compagnie d'assurance contre l'éboulé-

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ment et le passage à l'état fossile, soit des ruelles du Quartier Latin , soit même des hôtels de l'aristocratique faubourg, n'eût guère vu monter ses actions, si finalement la ville et l'État ne fuss alors tombés d'accord sur l'urgence d'un régi i meilleur qui coupât court au provisoire , et la détails seraient confiés à l'administration des mines. C'est ainsi que Héricart de Thury fut spécialement chargé de cette tâche écrasante, dont son nom est inséparable désormais. Familier de longue main avec les boisages, sans lesquels l'abîme toujours menaçant de la mine se fermerait si promptement sur l'imprudent exploitateur, il imagina un système de soutènement suivant lequel sous chacune des rues portant sur les anciennes carrières il existe une ou deux galeries latérales répondant aux maisons de droite et de gauche et communiquant entre elles par des traverses , galeries dont les matériaux consistent surtout en moellons extraits dans le voisinage et jetés par des « puits de service ». Vingt ans de suite, de 1810 à 1850, Héricart de Thury conserva la haute main sur ces travaux, plus utiles qu'éclatants , et s'il n'eut pas le temps de les achever, toujours peut-on dire que dans toutes les parties importantes il satisfit à sa mission et donna par ses substructions une sécurité complète à la ville pour laquelle ce n'étaient pas simplement des alarmistes, des vaudevillistes ou des ebariraristes qui , comme Mercier dans le Tableau de Paris, avaient jeté le cri d'alarme. Notons en passant , pour ne pas laisser matière à l'erreur, que ce n'est pas à lui qu'il faudrait attribuer l'idée , utile du reste et si l'on veut émouvante et religieuse, de réunir dans les profondeurs de cette partie des carrières qu'on appelle « la Tombe-Isoire » les innombrables débris des sépultures de Paris : dès 1787 et sous de Crosne, le dernier des lieutenants de police de l'ancienne monarchie , avaient commencé les travaux préliminaires relatifs à cet immense transport. Ils ne purent sous sa direction que se .continuer, avec diverses modifications dans l'arrangement de ces murailles de têtes et d'os humains. Mais ce que l'on peut regarder complètement comme la création de Héricart de Thury, c'est la collection géologique qui présente au sein même des carrières la coupe verticale de ces carrières depuis le sol supérieur jusqu'au terrain de craie, soubassement en quelque sorte du bassin de Paris , et qui réunit des échantillons de tous les bancs de pierre reconnus sur cette hauteur de trentehuit mètres. C'est aussi, pour revenir aux ossements, une collection d'anatomie pathologique où se trouvent, classés avec un tact complet, tous ceux des os qui, soit par leurs dimensions, soit par des accidents divers, pouvaient intéresser les hommes de l'art. Un autre éloge que nous ne saurions omettre ici , d'autant plus que rarement l'occasion se rencontre de le donner aux architectes, c'est que par la sobriété de ses plans, ne donnant

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rien à l'étalage et au luxe, et sachant se circonscrire dans le strict cercle des nécessités , il a, le fait est sùr, économisé des sommes énormes à la ville. Nous ne nous étonnerons pas de le voir après des services si patents récompensé par le titre d'inspecteur général des mines et plus tard de le rencontrer parmi les membres du conseil des mines. Mais quelque remarquable qu'il se soit montré dans cette carrière, ce n'est pas comme ingénieur qu'IIéricart de Thury mérite surtout le regard de la postérité , c'est comme agronome promoteur de tous les progrès agronomiques, et plus particulièrement encore comme popularisateur des puits artésiens. Riche de patrimoine encore plus que d'appointements, notre ingénieur aimait, adorait la campagne. Il passait à sa belle terre de Thury dans l'Oise presque toutes les heures que lui laissaient les occupations officielles. Il l'embellissait de plantes choisies, il obtenait des fruits rares, des fleurs dont nulle Flore n'avait offert la description ; les céréales aussi , les fourrages aussi se sentaient de ses soins. Petit à petit il acquit, tout en améliorant ses domaines, un fonds immense d'observations, et il éprouva le vif besoin d'en faire profiter et la science et I ceux qui partageraient ses prédilections agronomiques. Il se fit donc recevoir membre de la société d'agriculture (juin 1814), dont bientôt il fut la colonne et dont, par des élections renouvelées presque chaque année, il fut en quelque sorte président perpétuel. D'autres sociétés scientifiques le comptèrent aussi parmi leurs membres, la société d'horticulture d'abord, dont il fut le fondateur en 1810, puis la société philomathique, la société d'encouragement pour l'industrie et les sciences, la société de sériciculture, la société des antiquaires de France, et finalement l'Académie des sciences, qui lui conféra le titre d'associé libre. Ce que nous allons dire de ses travaux va justifier complètement le droit qu'il avait de prendre place ' dans chacune de ces doctes assemblées. Revenons à l'agronomie, dont naturellement nous D'isolons point , ici du moins , l'horticulture. Nous avons, plus haut, parlé de « feu sacré » en caractérisant Héricart de Thury. C'est dans cette sphère qu'on le voit usant de cette initiative incessante , variée , féconde , d'où l'impulsion même sur les natures inertes, d'où la mise en marche des retardataires eux-mêmes et le progrès des plus opiniâtres mêmes d'entre les rétrogrades : il y joint la justesse de coup d'oeil, l'esprit d'ensemble et la méthode, l'ne idée mère lui sert de point de départ, c'est la possibilité de fertiliser les terres stériles : la stérilité le plus souvent a pour cause, se dit-il, la sécheresse (n'examinons pas ici la présence, trop fréquente aussi , de la cause contraire); comment combattre, comment détruire la sécheresse? De là toute une série de recherches et, comme il écrit, de mémoires où il passe en revue, décrivant, imaginant, perfectionnant, les divers moyens à mettre en œuvre pour

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distribuer sur le sol les cours d'eau qui transformeront le pays et décupleront la richesse (quelquesuns de ces mémoires seront mentionnés plus bas dans l'esquisse bibliographique). De là aussi, parses soins et sous son influence, au sein de cette société d'agriculture qui s'honorait de le réélire indéflminent, un concours presque permanent de vingt* cinq ans (1819, etc.) ouvert aux meilleures monographies sur l'irrigation. De cet appel aux spécialités sont sortis plusieurs travaux de haut mérite et notamment les deux mémoires de Jaubert de Passa, l'un « sur les canaux d'irrigation du Roussillon(1822) » l'autre « sur l'irrigation chez les principaux peuples de l'antiquit : (1845) ». L'un et l'autre furent couronnés sur son rapport; mais ce n'est pas tout, on pourrait presque, quant au second point, le regarder comme le collaborateur du savant méridional , tant, par des communications antécédentes faites à la société, il avait à l'avance posé les jalons, nettement aperçu les principaux résultats des investigations de l'historien rare dont il provoquait la venue. Au milieu de tout cela cependant nous n'apercevons encore rien qui puisse être signalé comme découverte, conquête ou progrès : c'étaient toujours des canaux, des saignées, des rigoles qu'on recommandait pour moyens d'irrigation! Mais déjà les persévérantes études d'Héricart de Thury l'avaient porté sur la trace d'un vieux fait incompris et tombé depuis longtemps en désuétude, en Europe du moins. Il existe à Lille» en Artois, à 11 kilomètres N. 0. de Béthune, sur remplacement d'un vieux couvent de chartreux, un puits dont les traditions faisaient remonter l'origine à 1126 et dont jadis, à ce qu'on disait, l'eau jaillissait à plusieurs mètres au-dessus du sol. Cassini, sous Louis XIV, avait tenté de fixer l'attention des savants sur ce fait; et bien que sa voix n'eût pas eu grand écho, Bologne et Modène, deux villes de la péninsule sa patrie, avaient recueilli sa parole, et, forant chacuue un puits à l'imitation de celui de Lillers, s'étaient créé des fontaines dont elles manquaient. Louis XVI, génie si peu politique, mais qui s'intéressait à la science et au progrès aussi , avait fait percer à Rambouillet un puits de même genre. Mais là s'était arrêté le mouvement, et l'on peut affirmer qu'en 1823 rien en France n'était moius présent aux souvenirs des sommités scientifiques que ce que l'on a nommé depuis ce temps puits artésiens. C'est alors qu'animé par son désir d'ajouter aux moyens d'irrigation connus et portant de tout côté son coup d'ceil investigateur, Héricart de Thury mit la main sur le fait si légèrement signalé ou si négligé depuis des siècles et comprit instantanément quel immense horizon nouveau s'ouvrait. Rapidement, et par une application simple autant que sûre des lois de l'hydrostatique, il se rendit compte du phénomène à lui-même. Puis il le fit retentir aux oreilles de tous, en commençant par ses collè-

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gucs de la société d'agriculture; il en prodigua ses explications au public île tous les degrés; H en retrouva l'indication dans le passage si j souvent cité, depuis qu'il l'a cité, du dialogue de Bernard de Palissy entre Théorique et j Pratique; il en chercha des exemples partout j et, non content de ceux de Rambouillet, de LilJirs, de Modène et de Bologne, il en montra jusque dans l'Asie, jusque dans la Chine. 11 rendit probable que, dès la plus haute anti- j quité, en songeant à tout autre chose qu'à l'irrigation, par exemple en sondant la terre afin de chercher des mines, l'on avait pu donner libre cours à des eaux jaillissantes. Du reste telle était toujours sa manière: parlementaire de la tète aux j pieds, grave, respectueux de l'autorité, curieux du passé, il ne pensait pas que l'homme innove beaucoup, il trouvait aussi fructueux de ressusciter que de créer, de redécouvrir que de décou- j vrir, il aimait à renouer le présent aux Ages antiques. Une invincible pente l'amenait à l'histoire; et là déjà nous pressentons le futur membre de la société des antiquaires. En même temps cependant, comprenant ses contemporains, il s'apr pliquait à mettre en relief les avantages qui résulteraient de la multiplication despuits artésiens, et il ne se donna pas de repos qu'il n'eût a tout prix inoculé son ardeur à des disciples, qu'il n'eût amené deux mécaniciens célèbres depuis, Mulot et Degousée, à composer sur ses : indications les instruments propres à traverser le sol et à ramener les matières terreuses; qu'il n'eût réussi chez quelques amis et sur quelques points choisis à faire jaillir les eaux cachées, prouvant ainsi, par des faits visibles à tous, et l'exactitude de ses idées et la possibilité de désigner scientifiquement où dormaient, voilées et j inutiles à l'homme depuis des siècles, les nappes | opulentes dont et la vie quotidienne et l'industrie ! déplorent chaque jour la privation. Après les amis vinrent quelques isolés, risquant, vu l'adoucissement des prix, les minces frais d'un sondage facile ; et après ceux-ci des villes, qui cette fois purent rendre grâces aux votes de leur conseil municipal. Ainsi patronés, prônés, carillonnés, tambourinés par la publicité sérieuse mise résolûment en demeure par Héricart de Thury, et cela, qu'on n'oublie pas de le noter, antérieurement à l'époque où la presse en son entier devint le char de la réclame triomphante, les puits artésiens se multipliaient sur la surface de l'échiquier français, et chaque département en implorait un, ou plus d'un, pour étancher la soif de ses sables. Paris enfin , malgré ses nombreuses fontaines si préconisées aux temps passés, sentit aussi son indigence et sanctionna, en votant te puits de Grenelle, le mouvement général en faveur du procédé remis en lumière. Notre iutentioo n'est pas de donner ici l'histoire de cette œuvre que les Arabes naguère saluaient de cris et de larmes d'adnu-

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ration quoique « l'œuvre des ennemis du pro- « phète » que l'imagination antique aurait qu> lifiée œuvre de génie rt dont il serait permit de faire une épopée tout aussi bien que du voyage des Argonautes : les épisodes du moins n'y manqueraient pas, ni le merveilleux, ni les héroïques ou fantastiques figures, ni la pittoresque galerie, Mulot à l'ultracolossale tarière, et Thury, l'Alcidc et l'Atlas , qui jamais ue bronche sous le faix, jamais ne sourcille, jamais ne désespère. Sept ans furent nécessaires p»ur conduire à fin l'immense travail toujours à r«commencer, presque autant que pour prendre Troie ; les faiblis et les tièdes avaient depuis longtemps plié bagage. Les habiles mêmes et les vigoureux se regardaient peu consolés et se lisaient : seul ou peu s'en faut avec Mulot, lïmpassible liéricart disait toujours, •> Nous arriverons, le coin entre toujours »; et, dans un dernier rapport à la commune de Paris, il affirmait que à 550 mètres l'eau s'élancerait. On était entre 547 et 5*8 en effet que la gerbe s'élança impétueuse, abondante, limpide au delà de l'espoir. Il est vrai que le volume d'eau D'est pas invariablement resté le même , et que Jet 56 pouces cubes que fournissait la nappe d'eau par seconde en 1841 il était en 1851 descendu à iî. Mais cet affaiblissement ne saurait être reproché à la science : la science au contraire l'avait prévu, liéricart l'avait prédit «lès le premier jour: il est dû à l'imperfection du tubage, qui, vicie it plus en plus sous terre, laisse échapper partie du liquide par ses fissures. « Tubage parfait », U-lleesU et notre agronome l'avait clamé plus qu'à satk'u*, la condition « giue qua non * du fonctionnement d'un puits artésien. D'ingénieux et délicats remaniements ont, depuis 1851, réparé à peu prés au total les altérations, et aujourd'hui c'est plus de cinquante pouces que verse le tube à la seconde. Forcé d'abréger, nous omettons bicu d'autres détails non-seulement sur ce puits, mais sur l'histoire de cette diffusion du système artésien. Nous en avons dit plus qu'assez pour mettre bon de doute qu'au cousolidateur des catacombes revient la plus grosse part de gloire pour cet inappréciable bienfait, et pour comprendre que jamais la science soit agronomique, soit géologique , ne prononçera l'uu sans l'autre ces deux noms : puits artésiens, liéricart de Thury. p> mol à présent pour achever de faire apprécier l'illustre savant. Les puits artésiens aujourd'hui ne sont plus en hausse à la bourse où l'on °^ les inventions : Us ont eu la vogue, la vogue maintenant est toute au drainage, tant W hommes ont besoin de s'engouer, de pousser au superlatif, de luartingaler dans l'expression du vrai jusqu'à ce qu'ils tombent dans le faul Ln attendant que le temps, quel gala*i'vo*°> <** ctvijf tarvakarmàrlhalaUcaeid, ce justicier et cet épurateur sans appel comme sans passion, remette ces exagérations à leur place, wMPt

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dans l'intérêt du vrai , que jamais Héricart de Thury ne donna dans ces hyperboles l'antipode de la* science : il abonda dans ses idées d'irrigation, en d'autres termes, il prit par une face seulement le grand problème de la fertilisation des terres, mais il ne nia pas l'autre : les circonstances, les préoccupations du temps, la campagne d'Egypte, les noms de Syrie et par suite d'Assyrie jetés à tous les échos arec celui de l'Inde , le pèlerinage armé de l'Espagne, enfin l'aspect de < notre Provence, isolée entre la Durance, la Méditerranée et le Rhône, font comprendre que le» vues de t'amélioratcur des cultures se soient portées d'abord du côté de la calamité la plus sentie Très-probablement s'il eût vécu, elles se seraient d'elles-mêmes tournées de l'autre. Et la preuve que ce n'est pas là une simple probabilité, c'est que dans les dernières années de sa rie , lorsque les idées de dessiccation de terrains à flaques d'eau et à couches argileuses commencèrent à se produire, non-seulement il donna •on adhésion à la voie dans laquelle on entrait, nais il remarque que lui aussi, tout en insistant sur l'irrigation , il avait proclamé «pu* le perfectionnement, que la fertilisation du sol demandaient à la fois, non sur les mêmes points, mais souvent dans on même empire, l'irrigation et la dessiccation, celle-là pour les terres siliceuses et se-usthalwegs ramifiés, clle-ci pour les terrains inondés et 1rs marécages. Seulement il n'avait pas comme j»our l'irrigation étudié en détail les procédés divers; et entre autres moyens de dessiccation il ignorait le système par tubes souterrains. Il nous reste maintenant pour épuiser le» diverses spécialités scientifiques d'Héricart de Thury à déterminer plus exactement ce que nous avons fait entrevoir, comment parmi les sociétés auxquelles il est affilié se trouve celle des antiquaires. Est-ce donc qu'il était archéologue? Archéologue de quelle variété? Numismate? non ! Epigraphiste?? moins encore! dilettante en bagnes, vases, outils, armes, ameublements??? c o n'est [tas encorecela. Qu'est-ce donc? Héricarlde Thury étiit ingénieur : du génie à l'architecture, il n'y a qu'un pas; de l'architecture moderne à l'architecture tntique et à l'architecture moyen âge un second aufiit. Quel esprit un peu souple ou vigoureux ne l'a bientôt fait? L'étwçonneincnt des catacombes et l'agencement, artistique ou non, des ossuaires, relevaient bien un peu de l'architecture. L'ingénieur fut donc nommé membre de la commission des monuments de Paris. Il y siégeait assidûment, et personne plus que lui n'y fut utile par ses conseils. Nommé par suite directeur des bâtiments civils, c'est a lui qu'est dû l'arrangement actuel du vieux palais des Thermes, et c'est lui qui mt chargé de la restauration de l'hôtel de Cluny. Quoi de surprenant désormais s'il siège à côté des archéologues de profession ? Non-seulement leurs discussions n'avaient pour lui rien d'inintelligible, mais souvent il y prenait part, et il le»

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éclairait de ses lumières. C'était récemment encore , parmi les archéologues voués aux études de l'architecture moyen âge, l'opinion dominante, incontestée , unique , que les énormes poutres des grandes salles des palais et autres vastes édifices étaient de bois de châtaignier. Il Vicourt prétendit que c'était impossible, ce bois, malgré sa dureté, devenant à l'intérieur avec le temps la proie des vers, de manière à n'avoir pour lui que l'apparence de l'inaltérable durée. L'on se récria, l'on nia. Un jour enfin l'on eut occasion de vérifier l'essence ligneuse en question. Il fut reconnu que c'était du rouvre, l'antique robur des Latins dont le nom pour eux était devenu synonyme de « force, » témoin le classique.

robor et es lilplcx

Cire» |* et u -

Héricart de Thury aurait bien pu s'appliquer ce vers que le pue le applique au premier navigateur : et lui aussi, l'on eût dit qu'il avait été taillé dan» le cœur du rouvre , tant il renaissait infatigable de l'excès même de ce que d'autres eussent appelé fatigues. Choisi par deux circonscriptions électorales, l'une de sa patrie d'affection, l'Oise, l'autre de sa patrie réelle et du domicile officiel, la Seine , pour le représenter à la chambre élective, il ne déclina pas, comme son collègue Héron de Villefosse, le mandat de ses concitoyens, et sous Charles X, sous Louis-Philippe ensuite, il remplit consciencieusement son devoir de laborieux et loyal député. U n'avait pas les même» raisons pour s'y dérober; et chacun vit juste, l'un en se tenant au dehors, l'autre en se produisant. Assidu aux comités, Héricart y lit souvent jaillir la lumière, surtout dans toutes le» délibérations où il s'agissait de travaux publics. MOine dans les séances publiques, il prit la parole; et son élocution, nous dirions presque sou éloquence, captiva tout l'auditoire quand il décrivit les merveilles de l'arrosage, tel qu'il eût voulu le voir pratiqué, et qu'ensuite, passant au réel, il montra toutes les imperfections de l'administration relativement à ce fait capital , puis toutes les causes de ces insuffisances dans quelques clauses du Code civil , d'où pour lui la nécessité de modifier au plus tôt ces clauses funestes. Ce discours n'était que fort sans être acerlie : s'il eut été croyable qu'Héricart de Thury fit partie de quelque coterie, ou, comme on disait alors, ■< coalition » parlementaire prête à tout pour arriver au pouvoir, on eût pu dire que c'était un discour» ministre. Mais ce n'est pas au portefeuille qu'il visait : un redressement, un acheminement au bien, ne fût-ce qu'un pas, telle était toute 6on ambition. Un moment on put croire ce pas à la veille de se faire : une loi fut rendue sur la proposition du comte d'Angerville et sans holà des ministresqui semblait promettre un vaste développement au réseau des irrigations (1813). Mais Héricart prévit que celte loi resterait à l'état de lettre

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morte, et c'est ce qui ne manqua pas. L'inertie ad. mininrative l'eût paralysée, même sans les événements de 1848; et ceux-là ne Turent plus de nature à permettre la mise en pratique des dispositions nouvelles. Malgré ce peu de succès , où d'autre eussent vu la plus amère des déceptions , puisque la plus chère de ses idées , à la veille de s'incorporer à la législation , se voyait barrer le passage , il sympathisait toujours avec toutes les inventions nouvelles qui symbolisaient ou promettaient le progrès. Les années le trouvaient de fer. Toujours désigné membre des jurys d'examen aux diverses expositions de l'industrie, toujours, comme par le passé , c'est lui qui rédigeait le rapport d'une des sections au moins de l'exposition. En 1850 encore, le ministre des travaux publics, M. Dumas, ayant nommé une commission de dix membres , cinq de la société d'agriculture, cinq de l'Académie de médecine, pour composer un annuaire général des eaux de France, c'est lui qui fut nommé président. Nous le retrouvons en 1851 membre assidu du jury général pour l'exposition de Londres. Il s'affaiblissait cependant visiblement ; et si l'indomptable vaillance était toujours là, la force, elle, n'y était pas. Des appréhensions domestiques vinrent aggraver ces graves symptômes. Son troisième fils dépérissait en France, : il voulut le conduire lui-même en Italie (1852). On comprend les fatigues et physiques et morales d'un semblable voyage en semblables circonstances. Héricart n'y fit pas même attention. Ravi des beautés géologico-minéralogiques de l'Italie , il regrettait amèrement de ne pas l'avoir vue plus tôt. Che peccatof comme disent les Italiens, au lieu de che sciagura! Et il se promit solennellement d'y retourner. II y retourna en effet en plein hiver; il franchit les Alpes en février (1853), il parvint à Kome, il eut le bonheur de serrer encore une fois son fils dans ses bras. 11 passa l'année tantôt au milieu des splendeurs de Kome , tantôt en pèlerinage devers les Apennins, devers le Vésuve, mais il ne revit pas la terre natale. Il rendit le dernier soupir à Rome le 15 janvier 1854. La légation de France et tout ce qu'il y avait de Français à Rome se firent un devoir d'assister à ses obsèques. Sa cendre repose à l'église San- Luigi de' Francesi. Héricart de Tbury n'a pas montré moins d'activité la plume à la main que dans sa carrière officielle. Essayer d'énumérer au complet ses mémoires, ses notes, ses rapports, ses communications aux sociétés savantes, ce serait vouloir dépasser de beaucoup les bornes d'un simple article biographique. Nous nous en tiendrons donc aux indications suivantes : 1° Description des catacombes de Paris, précédée d'un Précis historique sur les catacombes de tous tes peuples de l'ancien et dn nouveau continent, Paris, 1808 , in-8° ; 2« édition ,1814. On le voit par cette transcription , c'est au moins autant une histoire qu'une description. Elle est curieuse à plus d'un titre. Q y raconte lui-même toutes ses opéra-

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tions pour arriver à la consolidation des terrains supérieurs ; une carte accompagne le volume et en facilite la lecture. 2° Considérations géologtfitt et physiques sur la cause du jaillissement des ptàt forés et des fontaines artificielles . et Recherches sut f origine et l'intention de la tonde, l'état de farté* fontainier sondeur et le degré de probabilité du «. cis des puits artésiens, Paris, 1" édition , 1823. Us Considérations ont été réimprimées et même plu d'une fois (1829 , etc.). Elles sont restées l'ouvrage classique par excellence. Tous les descripteurs venus plus tard y ont puisé à pleines mains, Arago même, qui du reste ne cache pas ses emprunts; et de là sa fameuse Notice sur Ut puits artésiens insérée dans V Annuaire du burin des longitudes pour 1835. On peut joindre à ce travail majeur divers morceaux sur le même sujet, tels que par exemple : sa Lettre à l'Acndemt des sciences de Paris sur Us puits forés (à Ljon) d

physique du sol de la ville de Lyon (dans ItsAnuks des mines, 2* série, t. 6, p. 321 , et dans les AnnaUt it lasociétédhorticulturevovr 1828),ses Cwtdératim géologiques et phytiques sur le gisement dts tau souterraines relativement aux fontaines jaUtisseutts des puiù forés artésiens, t. 3, p>. 139, et les Oburtations sur la cause du jaillisrement des eaux du puits forés, t. 3, p. 289 ; plus dans les mêmes AnnaUt pour 1835, l'article Des puiCs forés jaiUissanU; plus dans le Bulletin de la société d'encouragement, t. 9, p. 75, la Description de la sonde definspettiouda carrières (des environs de Paris et du département de la Seine) ; t. 39, p. 390, sur la continuation dts travaux du percement des puits artésiens de GrentUt et sur le degré probable du jailtistemenl des taux ; t. 34, p. 106 , sur le percement des puits font a Chine. 5° Classement méthodique des marnes d'amndément connues et usitées en France et envoyée à!* société centrale d'agriculture par ses correspondants. C'est un aperçu rapide plein de vues pratiques et où le lecteur voit passer en revue toutes les ra> riétés de marnes ou terres plus ou moins voisines depuis les gypses des environs de Paris jusqu'au tangues ou sables des mers , provenant de la de* composition des roches des côtes, mélangées des débris de coquilles et animaux marins. 4* et

f 5" Rapport sur l'état actuel des carrières de marbrt en France [Annuaire des mines , 1™ série, t. 8, p. 3,1823, et Bulletin de la société d 'encourage**, t. 21 , p. 124) ; et Rapport sur les marbres des Pyrénées (même bulletin, mais aunée 1829, ou t. 28,

I p. 134). L'auteur, malgré son titre, n'embrasse pas tout à fait l'ensemble de la chaîne pyrénalque,méme en la réduisant à la partie qui sépare l'Espagne de la France : il n'y passe en revue que les trois départements des Hautes -Pyrénées, des Basses-P. et de la Haute-Garonne. En tête ** lisent avec intérêt des Considérations générales (extraites en partie du Rapportât 1823; sur l'ttet actuel de l'exploitation des carrières de murèrs » France. 6° Catalogue des recherches faites dans t*

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environs de Paris et les départements voisins pour la découverte des mines de houille (dans Je Moniteur du 2 octobre 1837). 7° Notice sur les mines d'asphalte, bitumes et lignites de Lobsam, département du Bas-Rhin, Paris, 1838, in-8°, 3 planches; 8° Considérations générales sur les vestiges de végétaux du sol des environs de Paris et plus particulièrement sur leur gisement dans le gypse et le calcaire marin (dans les Mémoires du Muséum, I, 22, etc., et 133, etc.); 9° Essai potamographique sur la Meuse ou observations sur sa source, sa disparition sous terre, sa nouvelle sortie et son cours (dans le Journal des minet, 1. 12, p. 291, et dans les Annales de statistique, t. 3, p. 5); 10° Hauteurs barométriques, ou élévation au-dessus de la mer des points les plus remarquables du déparlement de l'Isère,... leur constitution physique (dans le Journal de physique, t. 63, p. 169); 1 1° et 12° Hauteurs des montagnes, cols et endroits remarquables du département des Hautes -Alpes ( même recueil, t. 63, p. 3) et Instruction sur la marne avec la nature des vallées du département des Hautes-Alpes qui renferment cette substance, Paris, 1803, in-8°, 49 pages; 13° Rapport (à la chambre) sur l'achèvement des canaux; 1 î° Essai de statistique florale (daus les Annales de la société d'horticulture de Paris, t. 18, p. 329); 13° Xotice sur l'horticulture maraîchère de Paris et de ses environs (même recueil, t. 26, p. 69); Etat de l'horticulture à Marseille (même recueil, t. 10, p. 210); Xotice statistique sur l'état de l'horticulture à Boulogne-sur-Mer[tata\c recueil, 1. 13, p.4i),Xotice historique sur la plantation de la montagne de Si- Martin le Pauvre (même recueil , t. 5, p. 73) ; Note sur la plantation de mûriers faite en 1601 dans le jardin des Tuileries par Olivier de Serres.... (même recueil, t. 18, p. 329), etc., etc.; Rapport sur

les instruments aratoires exposition (de 1834);

16° Histoire d'un vieux chêne et de ses quatorze enfants, 1839. Cet opuscule offre le mc'Iange piquant de l'esprit des sciences exactes ou d'observation et de l'anecdote : l'auteur est sobre , plein de goût , gracieux , et l'on s'intéresse au sort de la vénérable famille végétale presque comme à celle d'un être vivant de notre espèce. Le vieux chêne dont l'histoire nous est contée se voyait il y a quelque vingt ans dans la forêt de Villcrs- Cotterets : il passait sans autre preuve que la tradition pour contemporain des premiers jours de la monarchie, c'est-à-dire des derniers Mérovingiens pour le moins; ébranché par les ordres de Richelieu pour avoir servi de point de réunion à « des malandrins » , son tronc colossal présentait de 18 à 20 mètres de tour à la base ; bien entendu que la tige n'était pas pleine , et que sa concavité pouvait donner asile à plus d'un voyageur comme à plus d'un rôdeur de route ; autour de 1 la souche creusée par les ans et mutilée par les | hommes se dressaient quatorze verts et fiers reje- ' tons, chacun comptant deux siècles ou peu s'en faut en 1839. Ce ne sont du reste pas là les seules pages où le savant laisse poindre les qualités lit-

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téraires. Bien souvent au contraire dans ses écrits se font jour l'imagination et la propension à l'enthousiasme. Il est presque éloquent lorsqu'il est sur son terrain. Pour ceux qui seraient curieux d'avoir un échantillon de son style, nous allons transcrire quelques lignes d'un de ses travaux sur l'irrigation : « C'est l'irrigation, dit-il, qui rendit « si prospères les belles plaines de la Baby- « lonie, dcNinive, de la Susianc, les rivages en- « chanteurs des lacs de Van et d'Ourmiah, les « longues vallées de la Médie, l'antique Bactriane, « où la religion des Mages naquit avec la civilisa- « tion assyrienne , les fertiles vallons de la Per- « side, les cantons abrités par les longues chaînes « du Paropamise » (laissons les finales en us, qui ne sont ni sanskrites, ni zendes, ni grecques,) « et celte région mystérieuse que Cyrus avait visi- « tée et qui vit les derniers triomphes d'Alexandre. « Cinq siècles avant Jésus-Christ le prophète Da- « niel fut intendant général des eaux, ou l'un des « trois ministres de l'empire , avant d'être appelé « à la direction suprême de l'Étal! » Val. P.

HÊKlCOl'BT (Louis d*) , savant jurisconsulte et le plus célèbre canoniste français, naquit à Soissons en 1687 d'une ancienne famille de Picardie, entra dans la congrégation de l'Oratoire, fut reçu avocat au parlement de Paris en 1712, et mourut dans cette ville le 18 octobre 1732. Il joignait à une grande étendue de connaissances une modestie sincère, un cœur droit, une âme honnête et un désintéressement dont on a peu d'exemples. Les principaux ouvrages de d'Héricourt sont : 1° Lois ecclésiastiques de France, mises dans leur ordre naturel, publiées pour la première fois en 1719, puis en 1721. Ce livre, fort estimé surtout pour les matières bénéficiales , subit, dans les éditions postérieures, des corrections forcées qui causèrent beaucoup de chagrin à l'auteur. Il reparut avec des changements considérables, dans les éditions de 1729 et 1743, données par l'auteur, et dans celle de 1736, qui est de Jouy. Pinault en a publié une nouvelle, en 1771 , beaucoup plus commode à cause de la table des matières, qui est faite avec soin, et des citations marginales ; elle est accompagnée des notes de Pialcs et de Mcy. U marque d'ailleurs les changements apportés aux décisions de d'déricourt par les nouvelles lois et la nouvelle jurisprudence ; il rappelle certain? textes des anciennes éditions, qu'on était fâché de ne pas trouver dans les dernières. Mais il les combat aussi quelquefois par ses notes, entre autres, sur les droits des prêtres dans les conciles. L'auteur avait présenté comme des lois plusieurs prétentions des papes et du clergé contraires à nos maximes, et l'éditeur rapporte, sans aucune observation, des. pièces dont il serait peut-être dangereux d'adopter aveuglément les conséquences. 2» Traité de la vente des immeubles par décret, Paris, 1727, in-4° ; 3» la Coutume de Vermandois, avec les commentaires de divers auteurs,

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des observations et une préface, Paris, 1728, S vol.: 4" Abrégé de la discipline de f Église , du P. Thomassîn , in-4» ; 3° ÛEmtm posthumes , 4759, 4 vol. in-12. C'est un recueil de consultations savantes. On y trouve certains endroits où l'auteur développe ou modifie diverses maximes de ses Lois ecclésiastiques. ! .'édition de 174-4 , des Lois civiles de Domat, est augmentée d'un troisième et d'un quatrième livre du Droit public , par Héricourt. 11 avait travaillé au Journal des savants depuis le 8 février 1714 jusqu'au 21 jan vier!736. — Julien d'Héricoubt , grand-père du savant canonisle, donna lieu à l'établissement de l'Académie de Soissons, par les conférences des gens de lettres qu'il assemblait chez lui. II était conseiller au présidial de cette ville et membre de l'Académie des Rieovrati de Padoue. On a de lui quelques ouvrages , entre autres : De Acadftnia Suessionensi, cum epistolis ad famitiares, Montauban, 1688, in-8°. Il mourut en 1705. T-d.

HERIGER, l'un des savants la plus célèbres du l(r- siècle, naquit dans le Brabant; fort jeune encore il embrassa , vers l'an 955 , la profession monastique à l'abbaye de Lobbes, de l'ordre de St-Benolt. Il y enseigna assez longtemps avec succès et contribua à y perpétuer l'amour des lettres et des bonnes études. Il avait partagé avec Févêque Notger l'administration des affaires d'État pendant la minorité de l'empereur Otton II, fonctions dans lesquelles il fit preuve des plus grands talents, soit comme jurisconsulte, soit comme administrateur. Vers le commencement de l'année 990, il fut élu abbé de son monastère en remplacement de Folcuin, qui était mort depuis quelque temps, et fut sacré par les évêques diocésains, le 21 décembre de la même année. Hériger contribua beaucoup à l'embellissement de l'abbaye confiée à ses soins, sans cependant

Erdre de vue ses études, qui eurent toujours pour i des attraits Irrésistibles. Hériger fut dix-sept ans î»bbé, et mourut le 31 octobre 1009, en odeur de piété selon les auteurs de V Histoire littéraire de la France. Hériger a laissé les ouvrages suivants : 1° Gesta pontijicum Tnngrensittm , Trajectensium et Leodiensivm a beato Materna, primo Leod. episcopo, vsque ad B. Hetnaclum, episc. XXV II. Cette chronique est insérée dans le recueil deChapeauville, t. 1er, p. 1-98. 2° De dissonantia Eccletiœ deadveutu Domini; 3° Lettre à Hugues sur diverses questions; 4" Traité du corps et du sang de Jésus-Christ ; 5° Vit de St-Berlende , insérée dans les Actn sanctorum , février, 3e jour, p. 377-384. Dom Mabillon l'a également donnée dans ses Acla sawtorum ord. S. Benedicti, et il y a joint une préface qui manque à l'édition des Bollandistes ; G0 Histoire de St-Landelin, fondateur de Lobbes, en vers; 7° Vie de St-Landoald, compagnon de St-Amand de Maestricht , en prose; 8° Ratio abaci stcundum D. Herigerum ; 9" Kpistolarit resjwnsio de cyclo pascali et ejusmodi contra Dhnysium abbatem; 10° Vie de St-Ursmtr, insérée par fragments dans les Acta

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sanctorum des Bollandistes , et dans cm de 0. Mi billon. L — l— t.

HÉRIOT (Jean), journaliste anglais, naquit le 22 avril 1760 , à Haddington (East-Lothian). D était de la raéïnc famille que ce George Hériot auquel Walter Scott a donné une célébrité européenne dans Nigel , en le présentant, ce qu'il fui en effet , comme le banquier et trop souvent le créancier de Jacques VI ou Jacques 1" qui l'appelait Gcordie Tintin. Le père de notre journaliste , après avoir rempli un office subalterne dans la justice du comté d'East-Lothian , était venu passer la fin de sa vie à Edimbourg, et y vit presque toute sa fortune, déjà médiocre, se fondre à mesure qu'il avançait en âge. Hériot sortit du collège d'Edimbourg à dix-sept ans, sans savoir à quelle carrière se vouer : tout» exigeaient des études préliminaires auxquelles il n'avait aucun moyen de se livrer. En vain, pendant trois mois au plus qu'il passa chez un oncle, médecin à Torres, il eut le bonheur de roir demander pour lui au comte de Dorset une commission d'enseigne; cette humble requête et quelques autres du même genre se brisèrent toutes contre d'imperturbables refus. Enfin il prit la résolution d'aller à Londres sans recoranund*tion et pour ainsi dire sans argent; et, par une fantaisie qu'on ne pouvait attendre que d'un jeune homme complètement étranger aux usages do monde , il écrivit directement à un capitaine de la marine royale pour le prier de lui procurer une commission à bord d'un vaisseau. Ce coup de tète réussit ; le capitaine s'intéressa au jeune Écossais qu'il ne connaissait que par sa lettre, el lord Sandwich annonça bientôt lui-même à Hériot qu'il allait recevoir son brevet. Il fit ainsi les deux campagnes de 1779 et 1780, sur la l'engeance, le Preston , X 'Èliiabeth , la Brune, parvint au grade de premier lieutenant , passa ensuite tout l'été de 1782 à Plymoulh, se rembarqua dans l'arrièresaison sur le Salisbury; mais il n'eut pas le temps de se signaler, car la paix de Versailles vin1 mettre promptement un terme à la guerre, en Amérique, soit dans l'Inde (1783}, et il fut alors porté sur les listes des officiers à demi-paye- La géne de ses parents était an comble : il engagea sa demi-paye pour leur envoyer des secours; lui-même il se trouva en proie aux plus gwe* embarras, mais plein de courage, comme de piété filiale , il fit contre fortune bon coeur, et il résolut de chercher une ressource dans la littérature. Un premier roman, Us Peines du c*« (Londres, 1787, 2 vol. in-8°), remarquable pf une analyse délicate et fidèle, passa pourtant inaperçu au milieu de celte foule de nouveauté éphémères qu'on imprimera un jour à l'encrt délébile; mais il prit sa revanche en publiant son Officier à la demi-paye (Londres, 1 788, 3 vol ia*h lequel vraiment n'est pas supérieur à l'autre, mïU devait se lire plus couramment, et dont la vogu' d'ailleurs fut due en partie à la réalité de quel-

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qucs-unes des aventures qu'on savait être personnelles à l'écrivain. Lancé dans cette carrière, ! loriot se lia bientôt avec les journaux, et son sort changea de face en quelques mois. Ses articles lui procurèrent non -seulement de l'aisance, mais encore la connaissance d'un des secrétaires de la trésorerie , Steele, qui jeta les yeux sur lit* comme sur un des écrivains les plus aptes à défendre la cause du cabinet , alors très-mal défendue. C'était au moment où la publicité donnée enfin à l'aliénation mentale de George III avait fait naître ane polémique à feux croisés contre le ministère (fin de 1788 et commencement de 1789). Hériot riposta aux argumentations et aux sarcasmes de manière à satisfaire ses patrons, et il reçut en récompense, quand le roi revint à la santé, une bonne pension, pour continuer à écrire dans le sens ministériel. En 1791, lors de la formation de la compagnie de Sicrra-Leone , il en devint secrétaire, mais bientôt il donna sa démission en même temps que lord Dalrymple, son protecteur, se démettait de la place de président. U sut plus tard que, s'il n'eut pris cette resolution, il eût lui-même été porté par les actionnaires à la présidence , mais il ne regretta point le parti qu'il avait pris. Cependant, la révolution française, chaque jour plus effrayante, semblait menacer les puissances étrangères de son altière propagande. Le gouvernement conçut alors l'idée d'avoir un journal à lui , défenseur de ses principes et par lequel il pût agir sur l'opinion. On a fait honneur à Burke de cette idée, qui vint probablement à plus d'un homme politique en même temps, et qui sans doute était venue aussi à Hériot , mais que ce dernier devait laisser présenter et protéger par un autre, afin de ne pas sembler l'avoir conçue dans son intérêt personnel. Effectivement Pilt en reconnut l'utilité, et sur la recommandation de Steele, trouva bon qu'on recourût à Hériot pour la rédaction de la nouvelle feuille. Ce fut le Sun (le Soleil}, que son rôle un peu monotone d'approbateur et défenseur de Steele n'empêcha pas, grâce au talent des rédacteurs, d'acquérir un rang élevé parmi les feuilles quotidiennes , et d'atteindre une publicité sans exemple jusqu'alors (1,r octobre 1794). L'année suivante (1" Janvier 1793), Hériot fit paraître un autre journal quotidien, the True BritoH (le franc Breton). Ce dernier paraissait le matin , le Sun le soir : tous deux étaient dans les mêmes principes, bien que l'un fût sa création, sa propriété particulière, tandis que l'autre était au gouvernement. Grâce à son activité, à son expérience, Hériot, secondé par d'habiles collaborateurs, suffisait a cette double administration. H commençait à s'en lasser pourtant, lorsque l'abandon du système de Pitt par l'Angleterre lui fit aussi abandonner les journaux (1806), et accepter le poste , du reste commode et lucratif, de commissaire près de la loterie. En 1809, il le troqua contre le titre de député payeur des forces

britanniques dans les lies du Vent et sous le Vent, et dans sa gestion il s'acquit l'estime générale, et surtout celle du duc d'York. Enfin de retour en Angleterre, il fut nommé contrôleur de l'hôpital de Chelsea, sinécure qu'il conserva jusqu'à sa mort , arrivée le 50 juin 1833. Hériot méritait sa prospérité par sa haute probité, son courage, sa fidélité à ses principes. U abondait sans doute un peu dans le sens du ministère ; mais ses opinions ne furent point calculées; sa plume, bien que salariée, n'était point vénale; car être vénal, c'est être au plus offrant , comme le condottiere. Suivant Hériot, ce qui fait le condottiere, ce n'est pas la solde, car le soldat la reçoit , c'est le changement de parti , c'est l'indifférence avec laquelle on porte les armes pour ou contre. Absorbé par la direction de deux feuilles quotidiennes, il n'a rien publié depuis les ouvrages cités plus haut, sauf deux relations (fort bonnes), l'une du Siège de Gibraltar par la flotte combinée d'Espagne et de France, Londres, 1792, in-8°; l'autre de la B «taille du Mil, 17t»8. Toutes deux furent rédigées sur des pièces originales, émanées de témoins oculaires et bien placés pour tout voir, pour tout comprendre. I.a seconde a eu plusieurs éditions. P — ot.

HERIS (Guillaume) , poêle latin, naquit à Liège en 1687(1). U entra en 167G dans le couvent des Carmes déchaussés , où on lui donna le nom de frère Herman de Sainte-Barbe. Après s'être appliqué à l'étude de l'Écriture sainte et des Pères de l'Eglise, il consacra ses moments de loisir à la poésie, mais le genre qu'il adopta de préférence, ce furent les vers lettrisés ou tautogrammes, pour lesquels il avait une si grande facilité, qu'il avoue lui-même qu'uue de ces pièces lettrisées ne lui avait coûté que deux ou trois heures de travail. On peut avancer sans crainte qu'il laissa loin derrière lui les auteurs qui se sont appliqués à ce genre de composition. Heris mourut à Namur en 1724. On a de lui les ouvrages suivants : 1° Carmelus triomphant seu sacra paneggres sanctorum Carmelitarum ordine alpluibttico compotita , cum nova rt extraordinaria methodo , Liège, 1688, in-8° de 370 pages. Livre rare et singulier. Ces panégyriques, dédiés à Jean-Louis d'Elderen , prince de Liège, sont lettrisés, c'est-à-dire que chaque mot du panégyrique commence par la lettre initiale du saint qu'il célèbre. C'est ce que l'auteur appelle donner des éloges cum extraordinaria metkodo. Cette méthode en effet n'est pas fort usitée. Peignot a, dans ses Amusements philologiques, inséré comme échantillon quelques fragmenta du panégyrique de St-Louis, que le P. Herman a jugé convenable de rattacher à son ordre. Un pareil travail prouve sans doute dans l'auteur une patience extraordinaire. Cependant, malgré l'autorité de Buffon (2), il suppose aussi l'absence la

l« Vojr« te» Amuamtntt pKilotegiquti de M. Peignot, S* édition, p. 97.

,2) On m rappelle que l'illustra auteur de VHistoirt «ai'eerull* a défini le génie nue plue grande aptitude à la patience.

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plus complète de ge'nie. 2° àîédi/ationt sur l'oraison dominicale, tirées des OEuvres de Ste-Thérèse. Liège, 1705, in-12. Cet ouvrage anonyme lu" est attribue" par le bibliothécaire de son ordre. 3° Patrocinium potentissimum divi Josephi . totius imperii cititatis ac patria Leodiensis protectoris etpatroni, laconieis rersibus exaltaium , ibid., 1691, in-4°. Ce volume contient également la liste des chanoines de la cathédrale. L'auteur a accompagné les noms de ces messieurs d'une anagramme et d'un distique à leur louange. 4° Carmelo-Pamassut in xenium oblatut eminenl. ac révérend. D. Joanni Cualterio Slusio Leodienti S. R. ecclesiœ cardinaU, ibid., 1087, in~i°. Ce livre, consacré à célébrer le cardinal de Sluse, contient un éloge de St-Jean- Baptiste , composé de près de deux mille mots, qui tous commencent par des J ; il contient également un poème adressé à M. de Sluse, dont tous les mots commencent par une S. Heris a encore laissé manuscrits les ouvrages suivants , qui se conservaient dans la bibliothèque des Carmes déchaussés de Liège , et dont nous devons la connaissance à M. de Villenfagne : 1° Méditations et prière* , 2 vol. in-4°; 2« Le parfait supérieur , 1 vol. in-4°, ouvrage plein de recherches ; 3° Histoire de la naissance de tordre des Carmes dans ta principauté de Liège , 1 vol. in-fol. Cette histoire assez intéressante est écrite en latin. W-s et L-l-l.

HÉRISSANT (François-David), né à Rouen le 29 septembre 1714, eut de bonne heure du goût pour la médecine. Ses parents le destinaient à la jurisprudence : à leur insu , il suivait des cours d'anatomie, de botanique, de chimie. A la prière de Winslow, il eut enfin la liberté de suivre son penchant, et fut reçu docteur en 1742, et nommé, en 1744 , associé de l'Académie des sciences , à laquelle il avait précédemment communiqué quelques mémoires. H mourut le 21 août 1771 , d'après Éloy ; mais seulement en 1773, si l'on en croit les Mémoires biographiques et littéraires de Ph.-J.- Et.-V. Guilbert, 1812, 2 vol. in-8°. — Louis-Antoine-Prosper Hérissant , né à Paris le 27 juillet 1745, de la même famille que le précédent, était fils de Jean-Thomas Hérissant , libraire , qui joignait le goût des lettres à l'exercice de sa profession : il se destina aussi à la médecine, et promettait d'être un sujet distingué ; mais il n'était que bachelier de la faculté lorsqu'il mourut, à 24 ans, le 10 août 1769, après avoir publié : 1° Éloge de Gonthier d'Andernach, couronné par la faculté de médecine de Paris (roy. Gontuier); 2° Typographia, carmen, Paris, 1764, in-4° (eoy. J.-B.-G. Gillet). Il avait concouru pour VÉloge de Ducange, proposé, en 1 763, par l'Académie d'Amiens ; son ouvrage obtint l'accessit ; il a été imprimé à Amiens , en 1764 , in-12 , sous un nom supposé. L'auteur avait coopéré à la seconde édition de la Bibliothèque historique de la France (cou. Fevret et Lelong). 11 s'était chargé de tout ce qui regarde V Histoire naturelle, et se proposait de publier ce travail à part, après l'avoir augmenté. Coquereau

HÉR

en fut l'éditeur, ainsi que d'un autre ouvrage pov thume (roy. Coquereau). — Louis-Théodore Moussant , frère du précédent , né le 7 juin 1743, fit ses études au collège de Beauvais , et se destinait à la profession d'avocat, qu'il abandonna, en 1771, lors du parlement Maupeou. Il alla en Allemagne suivre des cours de droit public , et , en mai 1772, fut, en son absence, nommé secrétaire de légation à la diète de Hatisbonne ; il eut, en 1779, le titre de conseiller de légation , et fut depuis chargé d'affaires. Il revint en France en 1792, el «eut dans la retraite au milieu de Paris. Il y est mort le 20 mars 1811. L^ l'h. Hérissant possédait le grec, le latin , l'allemand , et avait beaucoup de connaissances en littérature ; mais il a laissé des opuscule* plutôt que des ouvrages. 11 avait , ainsi que son frère, coopéré à la nouvelle édition de la Biiutthèque historique de la France ; c'est lui qui a refondu le chapitre concernant les droits et I» bénéfices de l'Église de France , et a présente, dans un ordre plus méthodique, le catalogue (les ouvrages relatifs aux libertés de l'Église gallicane. H acheva et publia la Bibliothèque de satiété que Chamfort avait abandonnée après en avoir fait deux volumes environ ; on croit qu'il y a un volume et demi de l'éditeur [coy. Chamfort). La Description historique du bourg de Charmtun et les Remarques historiques sur la cille de Hantes , qui font partie des Xouvelles recherches sur la Fronts, 1706, 2 vol. in-12, sont de L.-Th. Ilcrissant, éditeur de ce recueil. J. B. Gautier avait entrepris une Galerie française {pou. Gautier). Il y renonça après avoir publié les deux premières livraisons, et céda son privilège à J. Thomas uVrissant, qui a porté l'ouvrage à 2 volumes in-4° ou petit in-fol. L.-Th. Hérissant y a fourni les Éloges àu duc d'Orléans , régent , du comte de Caylus , et de G.-Fr. Joly de r leury. L'Éloge historique de Philippe, duc d'Orléans, a été imprimé à part avec beaucoup d'augmentations , 1778 , in-8". On peut, pour l<s autres travaux de L. Th. Hérissant, consulter k Dictionnaire des outrages anonymes , par Barbier, et la Xotice du même bibliographe sur U « et les outrages de M. L.-Th. Hérissant, imprimé' dans le Magasin encyclopédique de novembre 1811, et tirée à part. Le catalogue de sj bibliothèque, vendue en décembre 1813 , in-8° de 115 pag<s> contient assez d'articlcscuricux pour mériter dtW conservé par les amateurs de la Bibliographie (voy. aussi Anson, Columelle, Guibal). A. B— t.

HÉRISSANT DES CARRIÈRES (Jean-Thoras), « la même famille que les précédents, naquit» Paris en 1742, y reçut une bonne éducation et embrassa la même profession que ses parent» Obligé de quitter la France fort jeune et longtemps avant la révolution , pour des causes qw l'on ignore, il se réfugia en Angleterre et s'y »j maître de langues par nécessité. U y pendant près d'un demi-siècle, el mourut en iW à Croydon, près de Londres. Il avait puw*; 1" Catalogue des litres de la bMotkéque de *

dame de Pompadour , Paris , 1765 , in-8° ; 2° Histoire d'Angleterre par Goldsmith , traduite de l'anglais , Londres , 1777 , 2 vol. in-12 ; 3° Histoire d'un nain célèbre (Jos. Bornwlaski, gentilhomme polonais}, traduite du français en anglais, 1788, in-8° ; 4° Précis de l'histoire de France jusqu'au temps présent , français et anglais, Londres, 1792, 2 vol. in-8°. Plus tard il donna un abrégé de ce Précis, qui va jusqu'en 1815. 5° Le Petit Parnasse français , ou Recueil de morceaux choisis dans tous les différents genres de poésirs françaises à l'usage de la jeunesse, Londres, 1796, in-8°. Hérissant des Carrières est encore auteur de quelques ouvrages élémentaires anglais , écrits dans celte langue et publiés à Londres. Il a fait quelques additions au Dictionnaire anglais et français de Boyer , et il a donné , en 1768 , en Angleterre, une nouvelle édition du Dictionnaire pratique d'architecture de Bullet. M— d j.

HÉRISSON (Charles -Claude- François) , né à Chartres le 26 octobre 1762, était bibliothécaire et juge au tribunal civil de cette ville , où il est mort le 27 juillet 1840. Ou lui doit : 1° Éloge de Jacques- Bénigne Bossue', èréque de Iteauz , auquel l'Athénée de Niort a décerné la médaille en sa séance publique du 27 juin 1811 , Paris, 1811, in-8« de 40 pages ; 2» Notice historique sur St-Pht, apôtre de Tournât/ et martyr , conservé depuis près de mille ans en l'église cathédrale de Notre-Dame de Chartres , inhumé en 1793, et exhumé en 1816; suivie d'un extrait du catalogue des reliques de cette église, des procès-verbaux qui ont été rédigés au mois d'août 1816, et autres pièces justificatives, Chartres, 1816, in-8° ; 3° Notice sur fAgancn têtus, cartulaire du 11» siècle , conservé dans la bibliothèque pultlique de la ville de Chartres, Chartres , 1836 , in-8° ; 4° Dissertations et Notices sur l'histoire et les historiens . tant imprimés que manuscrits, de Chartres et du pays rhartrain, auxquelles sont jointes quelques pièces historiques inédites, Chartres, 1837 , in-8°; 5° quelques opuscules insérés dans les feuilles de Chartres , et plusieurs articles insérés dans cette Biographie universelle. — Hérisson (Eustache), ingénieur géographe, né à Paris le 3 mai 1759, a publié : 1° \ ourdi,■ carte générale et détaillée de C Europe, offrant le tableau actuel, géographique, politique, etc., Paris, 1808, en quatre grandes feuilles; 2° Nouvel atlas de la jeunesse, à f usage des commençants, contenant, etc., Paris, 1809, ÎD-4»; 4« édition, revue, corrigée et augmentée, et rendue conforme aux derniers traités, par H. Bruée, Paris, 1821, «-8°, avec 15 cartes coloriées; 3» Grand atlas universel, comprenant la géographie ancienne et moderne, Paris, 1818, grand in-fol.; 4° Nouvel atlas portatif. Paris, 1810, in-4^ oblong, plusieurs éditions ; 5° Nouvel abrégé de géographie universelle, ancienne et moderne, Paris, 2 vol. in-8°, dont un formant atlas de 51 cartes coloriées; plusieurs éditions. Z.

HERITIER (L'). Voye% Lhémtier.

LTER 277

HERLICIUS (David), poëte, historien, médecin, philosophe, et, par-dessus tout, astrologue, naquit à Zéitz en Misnie, le 28 décembre 1557. Peu favorisé de la fortune, il ne dut son éducation qu'aux secours de quelques parents, ressources auxquelles il ajoutait en chantant et en faisant des vers pour de l'argent. Il passa quelque temps dans l'université de Wittemberg , se rendit ensuite à Leipsick, puis à Rostoch, où il donna des leçons. Le duc de Mecklembourg le nomma principal du collège de Gustrow. Il remplit ces fonctions pendant deux ans, exerçant en même temps la médecine et faisant des horoscopes. Il habita ensuite Prentslow, avec le titre de physicien, puis Anclam. En 1584, il publia pour la première fois des éphémérides, consacrées principalement à la prédiction des mutations de temps : elles curent le plus grand succès, et furent traduites en latin, en polonais, en danois, en suédois. Durant toute sa vie, c'està-dire pendant cinquante-deux ans encore, il continua de débiter ses hasardeuses prédictions. Herlicius devint , en 1585 , professeur de mathématiques à l'université de Gripswald. 11 se fit recevoir docteur en 1598, professa la physique à Stargard, puis à Lubeck, et revint à Stargard , où il mourut le 15 août 1636, sans avoir eu d'autre infirmité qu'un peu d'affaiblissement dans la vue. Il avait perdu, l'année précédente, tous ses papiers dans un incendie. Herlicîus fut un homme pieux; il était luthérien. Il priait, jeûnait, faisait des aumônes. Il apportait à toutes ses actions une prudente lenteur. II disait que le chien goulu fait des petits aveugles. Il eut d'illustres amis, tels que Pierre Crûger, Adrien Hétius, Antoine Helvic, Burmester. H fut marié deux fois, et ne fut pas heureux dans sa première union. Quoiqu'il ait dressé plus de douze cents thèmes, il eût préféré ne pas faire métier de l'astrologie : mais il craignait de manquer, et dépensait d'ailleurs beaucoup avec les femmes. Ses meilleures pratiques pour les horoscopes étaient les Hongrois et les Bohémiens. 11 ménageait ses yeux , et se faisait aider dans ses travaux. 11 craignait de compromettre la certitude de l'astrologie, et refusait de faire, même pour de l'argent, l'horoscope de ceux qui ne pouvaient assigner au juste l'heure de leur naissance. D'après ses principes, la queue du Dragon, dans la première maison, indique les indigents et les bossus; la conjonction de Vénus et de Jupiter, dans la huitième maison , promet soixante-dix ans d'une vie heureuse; la grande étoile de Tastérisme du Verseau, dans la même maison , dénote que l'on sera célèbre après sa mort. Herlicius avait prédit la ruine de l'empire des Turcs pour la fin du 16* siècle: cette prédiction fut plus chrétienne que véritable. H faisait peu de cas de la chiromancie. Comme médecin, il estimait particulièrement Fernel, Mercurialis, Montan, et prisait beaucoup l'or potable de Mar- Sile Ficin. Sa devise était : Medice vivere est modice bibere. Laurent Eiscbstad, son disciple et sou

collaborateur, a écrit sa vie : elle se trouve dans les il, morue mtdicorum sut teei de Henning Witten, Francfort, 167G, in-8", p. 73. On y trouve aussi le catalogue de ses ouvrages, parmi lesquels il nous suffira d'indiquer : 1° De curattonibus graridarum , puerptrarum et infantium . Anclam, 1384, io-8°; 1602, in-4°; et 1618, in-8°, en allemand; & Diseur nu hislorico-physiau de iride lunari. 1009; 5° Tractatus géographie** de distant, is loeonm arithmetice supplendis; \° O péris mirabilium tomut primus. Nuremberg, 16U, in-4°. Cet ouvrage n'a pas été continué. S» Carmina. Stcltin, 1G06, in-8«; 6" De mplu Pouti in ttrtium calum; 7° Exereit^ lionet philosophicœ de lacrymis, risu. salira, tudore et stemutatione, in-4°; 8" Orationes, Gripswall, in-8°; 9° Dr maculis luuir; de dgtenteria; de plu ru s entends et prodigiosis; de fulmine; Distkha Eoangeliorum; un ouvrage sur les Rose-croix, etc. Herlicius mit composé un triple et grand Calendrier ecclésiastique, astronomique et astrologique : il fut détruit dans l'incendie dont nous avons parlé. Adelung a consacré un assez long article à llerli- Cius dans son Histoire des folies humaines. D. L. HERLCISON (Pierre-Crécoibb), né à Troyes le

4 novembre 1750, mourut près de celte ville, à St-Martin-es-Vignes, le 19 janvier 1811 . Cet ecclésiastique avait été professeur à l'école militaire de Brienne; il fut bibliothécaire de l'école centrale de l'Aube, puis de la ville de Troyes. 11 lut à la société littéraire de celte ville, et fit imprimer dans le journal du département, quelques dissertations sur le Charlatanisme, la Routine, etc. Plusieurs de ces opuscules se trouvent dans les Mémoires de cette société', dont il était président; ainsi qu'un Éloge de Grosley. un Éloge du savant Pierre Pitbou, tous deux ses compatriotes, et un Discours sur la bonne et 4a mauvaise humeur. Ces divers écrits sont plus remarquables par la sagesse des vues et la correction que par l'élégance, l'esprit, et l'harmonie du style. On en peut dire autant d'un ouvrage plus volumineux, auquel il n'avait cependant pas mis son nom : c'est la Théologie récom iliée avec le patriotisme , Troyes, 1790, un vol. in-12; nouvelle édition augmentée, Paris, Ledère, 1791,

5 vol. in-12. L'auteur a pour objet d'établir, d'après les Pères de l'Église, ce paradoxe politique, que les nations ont le droit de se choisir le gouvernement qui leur convient; doctrine conforme à celle que J.-J. Rousseau avait professée dans ce Contrat que Voltaire lui-même appelait msoriat. Ilerluison revint, dans la suite, à de plus saines idées : choisi pour faire un discours public sur la journée du 0 thermidor, il saisit celte occasion pour rappeler ses concitoyens aux anciens principes de la morale , de la politique et de la religion. Le courage qu'il montra dans cette circonstance lui attira une honorable persécution. 11 publia aussi , sans le signer : te Fanatisme du libertinage confondu , OH lettres sur le célibat des ministres de TÉglise . Paria , Ledère , i79J , un vol

HEU

tua (Paris, 1811, 2 vol. in -8 >), a donné plusieurs pièces de vers latins composées par Ilerluison: elles sont toutes fort médiocres et bien au-dessous de sa prose. Ce laborieux et modeste ecclésiastique était doué des moeurs les plus douces: il pardonna sans effort à ceux qui l'avaient persécuté pendant les crises orageuses de la révolu* tion. Malgré le mauvais état de sa santé , il se chargea du classement de la bibliothèque publique de l'Aube , composée d'environ 70,000 volumes, et formée, en grande partie, de celle des Pithou, que l'on conservait au collège de l'Oratoire , et surtout de la belle collection du président Bou» hier, qui fut transférée de l'abbaye de Chirruu à Troyes. Il a laissé plusieurs ouvrages en manuscrit, tels qu'un Cours déctloppé de rhètoriqiu. un Traité sur la religion; ce dernier a été publié (par M. Boulage) sous ce titre : De la retijionritèlèe, ou de la nécessité des caractères et d* t'uthenticitédela révélation (ouvrage posthume), Par», 1813, in-8°. Ce traité roule principalement sur la prophéties et sur les miracles: les preuves en «al solides et les raisonnements ctoirs et preVis. 0-s-s.

HERLÏN Mi mu . au rapport de l'historien de Thon , se signala , ainsi que ses quatre (Us, (bu la défense de Valenciennes contre les Espagnols en 1566. La ville s'étaut rendue le 24 mars 1S67, il fut décapité, et huit jours après son fils au»» subit le même sort. Les trois autres se sauvèrent et se réunirent dans les bois aux soi-disant fuu flamands. En 1568 , le prévôt Spelt les surprit nuitamment: il en fit pendre deux; et, après avoir coupé le nez et les oreilles à Gautier, le seul qui restât , il le traîna à la suite du corps qu'il commandait pour le faire brûler vif à Va» lenciennes. Gautier eut le bonheur d'échapper en route , et il adopta depuis la règle barbare <k mutiler, comme il avait été mutilé lua-oit», tous les prêtres espagnols ou belges qui tombai*»» en son pouvoir , après quoi il les livrait aux flots. M— «s-

HERMÀK DE SAINTE-BARBE (CuiiMUUs). Vf*

Mm.

HERMAiN (Mabtul-Jo8L!-h-Abium>), président du tribunal révolutionnaire , né à Saint-Pal es Artois vers 4750, était fort lié avec Robespiem. Son père , homme de probité et de savoir , avait obtenu la place honorable de greffier en chef des états d'Artois, et lui-même, s'étant fait remarqua dans sa jeunesse par une bonne conduite, «•*•• dans la congrégation de l'Oratoire avec l'intention «le s'y fixer ; mais il y resta peu. Voulant suivre la carrière du droit , il alla faire ses cours à Par», et se fit recevoir avocat. En 1786 , il acbeU g charge de substitut de l'avocat générai du coosru supérieur d'Artois , qu'il occupa jusqu'en 1788, / taisant preuve de talent et d'intégrité. Dan» J premiers temps de la révolution il montra M* que modération , et n'en parut pas fort eulboosiaste. Ce n'est qu'en 1791 qu'on le vit, entrai"» par ses liaisons avec Robespierre et par la anare"

rapide des événements, déclamer sur les droit» de l'homme et la souveraineté du peuple. 11 ne fut cependant alors nommé que simple juge au tribunal du district d'Arras. Mats s'étant rendu dans la capitale , appelé* par Maximilien , il fut nommé , au mois d'octobre H95 , président do ' terrible tribunal révolutionnaire. C'est en cette qualité qu'il dirigea un grand nombre de procès, où les formes les plus simples de la justice étaient indignement violées , où l'on vit pendant près de deux ans envoyer à la mort dans la même jour- ■ée jusqu'à soixante ou quatre-vingts victimes dont le supplice était préparé avant la condamnation, des femmes, des enfants, des vieillards qui ne se connaissaient pas et qui furent accusés d'avoir conspiré de concert ; où les noms de ces malheureux étaient inscrits à la hâte sur des listes informes ; ce qui donna souvent lieu aux plus déplorables erreurs; où l'on vit sur l'échafaud le pére à la place du fils, et le fils à la place du pere ! Le plus remarquable de ces horribles procès est sans nul doute celui de la reine Marie- Antoinette. Ce fut Herman qui, en sa qualité de président, donna lieu par ses infâmes questions à la sublime réponse de cette princesse : Je demande à toutes les mèrrt qtd sont présente* si la chose est possible (voy. \U rie-An roi» tvk). Un procès où Herman présidait encore, et qui n'est pas moins digne de remarque, est celui de Danton, qu'il n'était pas tout à fait aussi facile d'immoler sans obstacle. Ce fongueux tribun et ses coaccusés réclamèrent d'abord avec force l'audition de plusieurs membres de la Convention comme témoins à décharge. On ne pouvait refuser une pareille demande au droit sacré de la défense. Herman et Fouquier-Tainville trouvèrent cependant un moyen de l'écarter. Ils écrivirent, séance tenante, à la Convention nationale, et lui déclarèrent que, l'ordre judiciaire ne fournissant autun moyen de motiver le refus d'entendre les témoins indiqués, ils invitaient l'assemblée à leur tracer une règle de conduite. C'était demander le décret qui fut en effet rendu sur le rapport de Saint- Just, et qui mit les accusés hors des débats. Comme on apprit que les jurés hésitaient encore, Herman se rendit dam la chambre des délibérations et parla ouvertement contre les accuses (1) déjà promis à l'échafaud. On a retenu cet axiome qu'il adressa à Danton , le voyant se livrer à ses emportements ordinaires : « Danton, l'audace est i« le propre du crime , le calme celui de l'inno- |« cence. » Robespierre, qui avait su apprécier fle aèle farouche d'un tel président, jugea sa coopération plus utile dans un poste non moins important, celui de commissaire des administrations civiles, police et tribunaux : c'était le ministère de la justice sous un autre titre. Maximilien l'avait

m T.'t Crime* dit sept membres de* a»ci**$ comité* é* salut public il tt* tûrtu finirait, par Laurent Lecuintre, m 6, in-8*, p 118 Le (ait ctt attesté par la dedaraUon de Paris, grelEcr du tribunal révolutionnaire.

HER tT9

feit charger précédemment des fonctions de ministre de l'intérieur et de la signature des affaires étrangères. Le dictateur lui confia ce nouvel emploi , afin qu'il fût plus à portée de servir sa vengeance et ses passions (1). Les excès dlierman augmentaient tous les jours : ce fut alors qu'il imagina le plan de U fameuse conspiration des prisons 9 mi ne tendait à rien moins qu'à égorger la représentation nationale, le tribunal révolutionnaire, la gendarmerie; qu'à poignarder tes membres du comité de salut public, à leur arracher le cœur, le griller et le manger. « Ce fut Hennan qui , après

■ s'être assuré de la bonne disposition de certains « individus connus dans les maisons d'arrêt sous « le nom de moutons , les excka à faire des liste» « de proscription , et , lorsqu'il en fut nanti , il « alla dénoncer au comité de salut public cette « prétendue conspiration (?.. » Une première fournée de cent cinquante-cinq personnes détenues à Bicetre fut envoyée à la mort. Mais ce n'était pas assez pour le ministre de la justice Herman. Il exploita successivement toutes les autres prisons «le la même manière , et plus de quatre cents individus ont péri victime d'une conspiration qui n'a jamais existé. Comme son atroee collègue Fouquier-Tainville (voy. ee nom), Herman ne tomba pas en même temps que Robespierre ; ce ne fut que le 20 mars 1795 qu'on le décréta d'accusation. Condamné à mort le 7 mat suivant, ainsi que Fouquier et une douzaine d'autres juges ou jurés du tribunal révolutionnaire, il montra encore une rare impudence par des réponses dédaigneuses et en jetant son chapeau à la téte de celui qui occupait le siège où lui-même avait prononcé la mort de tant de malheureux. 11 fut condamné « pour avoir , à l'aide de machi-

• nations et complots, favorisé les projets Kber- « ticides des ennemis du peuple et de la répu- « blique , notamment en faisant périr , sous la « forme déguisécd'unjugement, une foule innom- « brable de Français de tout âge et de tout sexe ;

* en imaginant, à cet effet, des projets de conspi- « rations dans les diflérentes prisons de Paris, en

■ dressant ou faisant dresser dans ces maisons

■ des listes de proscription (3). » La maison qu'il possédait à Arras fol séquestrée, vendue et acquise par le sieur Husson , fils d'un notaire qui avait péri sur l'échafaud , condamné par le tribunal révolutionnaire que présidait Herman. Lv — u — x et M — a j.

HISRMANFR01. Voyez Hermtm iioi

HERMANIS , surnommé Contract, à cause de la contraction de ses membres , était fils d'un comte de Wehringen, et naquit l'an 1013. Si la nature l'affligea sous le rapport des qualités physiques, elle le combla des dons de l'intelligence et du

(1) Procès de Fouquier-Taiitvilt* et amtrts membres du tri' bunai du 22 prairial , Paris , an 3 , n« 32 , p. 3.

|3 Proeit dé. Fouquter- TutmvilU, n* 4.

(3, Extrait de VAc'.t iTaccuiatioh dresse contre llcrman, par A. JudkU, accusateur publie.

génie. Malgré la faiblesse de sa constitution, il s'adonna avec ardeur à l'e'tude dès ses plus jeunes années ; il acquit rapidement les connaissances cultivées de son temps, et s'éleva même, par la force de son entendement , au-dessus des plus savants hommes de son siècle. Les sciences mathématiques fixèrent surtout son attention , et il excella dans l'astronomie, la musique, la géométrie. Suivant la coutume du temps, il embrassa la vie monastique pour suivre avec plus de liberté son penchant pour l'étude, entra dans l'ordre de St-Benott, et habita successivement les monastères de St-Call et de Rcichcnau, dont il devint abbé, et dans lequel il mourut en 1054. On a trop légèrement attribué à Hermann la connaissance du grec et de l'arabe et quelques traductions d'ouvrages d'Arislote faites sur des versions arabes. Il est possible qu'il ait su la première de ces langues, dont la connaissance s'était conservée dans plusieurs abbayes d'Allemagne. Quant à la seconde, l'erreur générale des biographes à cet égard vient de ce qu'ils ont confondu Hermann Con tract avec Ilermann l'Allemand (cou. l'article suivant), quoique ces deux personnages aient vécu à deux siècles de distance l'un de l'autre. Notre savant religieux n'avait point voyagé : aucun historien du temps n'a parlé de ses connaissances en arabe , quoique la chose fût digne de remarque. Le seul moyen qui existât à cette époque pour étudier un idiome dont on n'avait ni grammaire, ni dictionnaire, ni manuscrits, était d'aller l'apprendre en Espagne, où les Maures cultivaient les sciences avec succès. Or, l'auteur de la longue note sur Hermann Contract, publiée par Muratori (Antiq. Itaiia, t. 3), eût-il omis un fait si rare dans l'éloge de cet abbé? Trithème donne la nomenclature des écrits composes par Hermann ; quelques-uns d'entre eux ont été imprimés : 1° Chronicon de sex atatibus tnundi. Cette chronique, que l'auteur a conduite jusqu'à sa mort, a été continuée par Berthold de Constance; elle a été publiée la première fois à Bâ le en 1529, puis en 1556 par J. Sichard. On la trouve reproduite, d'après de nouveaux manuscrits, dans les diverses éditions des collections de Pistorius et d'Urslius. Canisius, s'étant procuré un manuscrit plus correct, l'a fait réimprimer dans le tome premier des Leet. Anl., d'où les éditeurs de la Bibliothèque des Pires l'ont tirée pour l'insérer dans ce grand ouvrage, t. H de l'édition de Cologne, et t. 18 de celle de Lyon. On la trouve aussi dans le tome 11 de la Collection des historiens des Gaules; mais la meilleure édition est celle qu'Emile Ussermann en a donnée avec de nouvelles notes, St-Blaise, 1790 , 2 vol. in-4°. 2° Opuscula musica; on les trouve, avec des échantillons de la manière de noter la musique à cette époque, dans le tome 2 des Aulores musica sacra, publiés par le savant abbé de St-Blaise (roy. Gerbert); 3* De composition site metuura astrolabii; 4° De ejus utilitate. Ces deux traités se Usent dans le tome 3 du Thes. Anecdot. de Pez.

D'après le nombre infini de mots arabes qu'os ; reconnaît, il n'est point douteux que l'auteur n'ait eu sous les yeux de pareils traités traduits de l'arabe; mais on ne doit pas tirer de celte circonstance une induction en faveur de la cmnaissance de cette langue attribuée à Herniann D'abord , plusieurs arabisants de ces siècles reculrt ayant porté le nom d'Hermann, il se pourrait que la propriété n'en appartint point à notre bénédictin. En second lieu, l'auteur ne dit point qu'il a traduit ces traités, mais que, la matière cuut obscure, il les a composés d'après les meilleure sources. Rien ne s'opposait à ce qu'on eût alon des versions latines d'ouvrages arabes. Si nous devons en croire quelques historiens, Henuami Contract serait l'auteur des proses Salve /kjw; Aima Redemptoris mater, etc. L'histoire littéraire du moyen âge est encore trop peu connue pour qu'on puisse prononcer sur ces attribution*. On trouve des détails plus amples sur la rie et les ouvrages d'Hermann dans la note publiée par Muratori , et précédemment indiquée. Voyez au» Ego, De vins illusiribus Augia dititis, et Metiler, De tiris illusiribus Samgalleruibus. f-*

HERMANN, dit r Allemand . traducteur lai» rieux , quoique entièrement oublié par le» biographes, vivait vers le milieu du 13* siècle. On voit, par les prologues ou les notes ûnales de se$ versions, qu'il se trouvait à Tolède vers 1H0; qu'il y acquit la connaissance de l'arabe, et i'j occupa même à traduire divers ouvrages de cette langue en latin ; il est l'auteur d'une version de | V Éthique, de la Poétique et de la Rhétoriqt tote, faite d'après l'arabe , et imprimée à Venise en 1483, in-folio, par les soins de Nicoleti; te deux autres traités en 1481, in-fol. La première de ces traductions a été faite en 1210; \* seconde en 1250; la troisième de 1240 à 1256. Elles »d loin d'offrir le sens pur et complet d'Aristote La version de la Poétique et de la Rhétorique n'offre qu'un abrégé des deux traités d'Aristote, fait p* Avicenne, Alpharabius et Averroès, et accompagné du Commentaire de ces philosophes. U bibliothèque de Paris possède des manuscrits * ces versions, et d'une introduction à la iM?* et à la Rhétorique, dont Hermann est l'auteur, quoiqu'on ne la lui ail jamais attribuée, lierman» peut aussi être regardé comme le traducteur * divers traités d'Aristote relatifs à la logique , et de leurs commentateurs arabes, que les se*!*tiques connaissaient et employaient d'après traductions arabes-latines ; car il s'occupa surtw de la philosophie rationnelle. Roger Bacon p** avec peu d'estime de ce traducteur, et lui repr*'1* de n'avoir coopéré que faiblement aux Wffj qui portent son nom, lesquelles furent selon lui, par des Sarrasins d'Espagne attacha son service. L'auteur de cet article a, le V**0* ' parlé avec détail d'Hermann , dans ses R***™ sur les anciennes versions latines d'Aristote-

HERMANN DALMATE, ou natif de Dabw^»

accompagna Robert de Rétines dans ses voyages en Europe, en Grèce, en Asie, au commencement du l-2« siècle; ils se fixèrent tous deux en Espagne, où ils perfectionnèrent leurs connaissances parmi les Maures, regardes alors comme les dépositaires des sciences. L'un et l'autre s'adonnaient à l'Aude de l'astronomie et de l'astrologie, dans un lieu que les manuscrits ne désignent que sous le nom d'IIiberum, lorsque Pierre le Vénérable les connut et les engagea à traduire l'Alcoran; ce qu'ils firent avec l'aide d'un Arabe ou d'un juif converti, nommé Maître Pierre. C'est cette traduction qui a été publiée à Bâle en 1513 (voy. BnuUQBft) » et qu'on a tantôt attribuée à Hermann , et tantôt à Robert s il est vrai que l'épltre dédicatoire porte le nom de celui-ci; mais rien n'empécbe de croire qu'Hermann y ait contribué. Il parait aussi être l'auteur du petit traité De statu Sarracenorum , qui accompagne ordinairement cette version de l'Alcoran. La bibliothèque de Paris possède, parmi ses manuscrits latins , une version du Planisphère de Ptolémée, faite de l'arabe, dont l'auteur se nomme Hermannus secundus. En lisant le prologue avec attention , nous nous sommes convaincu que Cet Hermann est le même que le personnage objet de cet article : en effet, il parle de ses travaux et de Robert de Rétines, qu'il appelle illustris socius. Il y parle aussi de son maître Thierry, qu'il appelle Theodorice diligentistime prœeeptor. Cette traduction fut achevée à Toulouse en 1143. Ces renseignements prouvent l'erreur des bibliographes qui attribuent cette version du Planisphère à un certain Rodolphe de Bruges : elle a été publiée par Walder; mais nous n'avons jamais pu l'examiner. J— M.

HERMANN (Paul), célèbre botaniste, né en 1646 à Halle en Saxe, étudia la médecine à Leipsick , voyagea ensuite en Italie, et reçut à Padoue, en 1670, le bonnet de docteur. La compagnie hollandaise l'engagea comme médecin pour les Indes orientales; il y résida pendant huit ans, et surtout à Ceylan. Il employa son séjour dans ces régions à recueillir des notions importantes pour l'histoire naturelle et principalement pour la botanique. En 1679 il revint en Europe, et fut alors nommé professeur de botanique à l'université de Leyde, et en même temps conservateur du jardin botanique.il doubla le nombre des plantes qu'on arait cultivées jusqu'alors dans ce jardin, et forma un nouveau système botanique en suivant en partie celui de Morison et en partie celui de Ray. 11 divisa en vingt-cinq classes les cinq mille six cents plantes connues de son temps. Sa méthode fut d'abord publiée par Zumbacb , dans sa Flora Lugduno-Bataca flores, Leyde, 1690, in-8°. La seconde partie, intitulée Flora altéra, Leyde, in-8°, n'était corrigée que jusqu'à la treizième classe lorsque Hermann mourut , le 29 janvier 1695. Son système, qui est très-compliqué, ne se fonde pas uniquement su la considération du fruit. U a eu peu de succès. Rudbck l'a suivi dans

sa Dîssertatio de fundamentali plantanm notifia, Utrceht, 1690, in-4°. Mais les méthodes de Rivinus et de Tournefort, qui parurent vers la même époque, le firent promptement abandonner. Linné, dans son Classes plantarum, a donné une esquisse du système de Hermann. Les ouvrages de ce botaniste se font remarquer par la beauté et l'exactitude des dessins gravés , et par les descriptions de plusieurs plantes nouvelles découvertes dans les différentes parties du monde. On connaît encore de Paul Hermann : 1° Horti academici Lugd.-Batavi calalogus, exhibens plantarum nomina, guibus , ab anno 1681 <id1686, hortus fuit instructus. ut et plurimarvm descriptiones et icônes. Leyde, 1687, in-8°. Cet ouvrage fut réimprimé sous ce titre : Index plantarum quœ in horto Leidensi aluntur. Leyde, 1720, in-8»; et Boerhaave ajoute à cette édition l'Histoire du jardin botanique de Leyde (cou. Boemiaave). 2° Paradisus Batarus, continens plus centum plantas are incisas et descriptionibus illustratas : acc. Catalogus plantarum quas pro tomis nondum editis delineandas curaverat. Opus posthumum, cum prafat. GuiL Sherardi , Leyde, Elzevir, 1G98, in-8». Une seconde édition de ce magnifique ouvrage fut publiée aux frais de la veuve de Hermann, par Sherard, Leyde, 1705, in-4°. 3» Uusei Indici Catalogus. Leyde, 1711, in-8°. Ce catalogue indique les différents animaux, insectes, plantes et minéraux que Hermann avait recueillis dans ses voyages aux Grandes- Indes, t Lapis lydius materia medica, Leyde, 1704, in-8°; 5° Cynosura materia medica. seu brevis et suecincta methodus notitiam simplicium medicamentorum comparandi nota, ab interna partium comtitutione desumpta, in luetm emisia aJ.-S. Henningero. Strasbourg, 1710, in-4°. J. Boeder en a donné une troisième édition (eoy. Boecler). Dans les catalogues publiés parOsborne, on fait mention de plusieurs manuscrits inédits de Hermann , tels que: Descriptiones et usus medicinalium plantarum; Lit ter œ médicinales et botanica.-Uiscellaneabotanica; Pralectiones de materia medica, etc. Ce laborieux naturaliste laissa en mourant beaucoup de manuscrits et un grand nombre de plantes desséchées. J. Burmann devint propriétaire de ces dernières, qui lui servirent pour son Thésaurus Zeylanicus, Amsterdam , 1737 (voy. Bcrman*). Ces mêmes herbiers devinrent dans la suite la propriété de Linné, qui, d'après eux, composa sa Flora Zey* lanica : et ensuite celle de l'illustre Joseph Banks. Hermann avait aussi rédigé un Catalogue des plantes du eap de Bonne- Espérance; mais il n'a pas été publié. Quatre espèces de maitacées. dans les régions équatoriales , ont reçu le nom de Hermannia. d'après ce célèbre botaniste. B-h-d.

HERMANN ou HERRMANN (Emmanuel), de Berne en Suisse, était en 1658 bailli à Gessenay. Trèsversé dans les antiquités du pays , il a beaucoup aidé de ses lumières Plantin pour son ouvrage sur l'Heltétie ancienne et moderne. Hermann a laissé en manuscrit des Recherches curieuses sur

le pays de Vaud. la Généalogie de* tomtet de Bruyères, le Catalogue des éeéque* d'Aeanche et de \ Lausanne, la Descrijtion de la seigneurie de Laupen, celle du Simmenthal, de Cessenay, etc. ; tous ces ouvrages sont composes d'après les actes originaux qu'il avait en main. C — i.

1IERMANN (Jacques), savant mathématicien , né à Baie le 16 juillet 1678, fut destiné par ses parents à l'état ecclésiastique; il sut régler l'emploi de son temps de manière à pouvoir suivre les leçons du célèbre Bernoulli. Promu au saint ministère en 1701 , il n'en continua pas moins de cultiver les mathématiques avec beaucoup d'ardeur, H se rangea parmi les défenseurs du calcul intégral, dont l.cibnitz venait d'établir les bases, et publia en 1700 contre Nieuwcntydt.qui y était opposé, un écrit qui le lit connaître avantageusement , et lui valut la protection de Leibnitz, qui le fit nommer membre honoraire de l'Académie de Berlin , l'année même de sa création. Hermann voyagea ensuite en France, en Hollande et en Allemagne. A la recommandation de l.cibnitz, il obtint en 1707 la chaire de mathématiques de l'université de Padoue; et il la remplit pendant six ans avec tant de succès, que, malgré la différence de n ligion, il fut comblé îles témoignages d'estime de plusieurs prélats. H fit agréer le fils de Bernoulli pour le remplacer, et se rendit à Francfort-sur-l'Odcr, où Leibnitz, toujours attentif à ses intérêts, lui avait procuré une nouvelle chaire avec de grands avantages. Cédant au désir du czar Pierre le Grand , il passa en 1724 à St-Pétersbourg, pour y enseigner les mathématiques au grand-duc; il fut récompensé de ses soins par une pension de deux cents roubles, et obtint, en 1731, la permission de revenir dans sa patrie. H prît possession de la chaire de morale, à laquelle les curateurs de l'Académie l'avaient nommé pendant son absi nec; mais l'affaiblissement de sa santé ne lui permit pas de continuer longtemps ce nouveau cours; il tomba malade, et mourut d'une fièvre ardente, le 11 juiB< 1 1733, âgé de 55 ans. Il était membre des Académies de Bologne, de Berlin et de St- Pétersbourg; et, peu de jours avant sa mort, il reçut un diplôme d'associé de l'Académie des sciences de Paris. Son principal ouvrage est intitulé De phoronomia sire de viribus et motibus corporum solidorum et Jluidorum, Amsterdam, 1716, in-l°. Son dessein était de le faire suivre d'un Traité de dynamique, d'après les principes •'e Leibnitz ; mais l'ouvrage de d'Alembert sur cette matière doit empêcher d'en regretter la perte. Hermann a eu part à l'Abrégé de mathématiques publié par Delisle, Sl-Pétcrsbourg , 1728; et on a de lui un grand nombre de Dissertations sur cette science, dans le Giornal. de' litterati d'Italia, dans le Journal helvétique, dans les Acta eruditorum de Leipsick , dans les Mémoires de F Académie de Berlin, et ceux de St-Pétersbourg. On en trouvera la liste à la suite de son Éloge , dans le Mercure

suisse, octobre 1733, dans le Dictionnaire de Chaofepié, et enûn dans les Athena Baurua. W— g.

nERMANN ( Jeas), professeur de Strasbourg, savant naturaliste, naquit le 31 décembre 1738 a Barr, bailliage appartenant à la ville de Strasbourg, où son père, citoyen de cette ville, était ministre du culte luthérien. U fut envoyé, en 1716, au gymnase protestant de Strasbourg; sa première instruction fut d'assez longue durée, â cause de la faiblesse de sa santé : inscrit en 1753 parmi les élèves de l'université , il se livra avec une égale ardeur à l'étude des sciences et à celle des lettres, et acquit à un degré peu commun l'art d'écrire en latin avec pureté. On a de lui des épigrammes latines remarquables par l'élégance autant que par l'esprit; et il a prononcé en quelques occasions dans la même langue, des harangues éloquentes. H a fait aussi des recherche* curieuses sur l'ancien langage allemand; mais, s'étar t voué à la médecine, son étude de prédilection devint la botanique, d'où il fut conduit aux autres branches de l'histoire naturelle. Ayant soutenu en 1762 deux thèses académiques (sur le cardamome et sur la rose), il vint en 1763, dans l'intervalle de la fin de ses cours et de sa réception au doctorat, passer quelques mois à Paris, où il commença à recueillir des matériaux pour son cabinet ; et peu de temps après son re tour, U ouvrit à Strasbourg des hçons publiques. Son maître , le chimiste Spielman, qui lui montra toujours la plus grande amitié, parvint à le faire nommer en 1768, par le sénat académique, professeur extraordinaire de médecine à l'université; et dix ans après , Hirmann obtint une chaire ordinaire de philosophie, d'où il passa en 1782 à la chaire de pathologie, et enfin en 1784 à celle de botanique, de chimie et de matière médicale, la seule qui fût conforme à sis goûts : mais le manque de fortune l'avait oblige de prendre les premières places qui s'étaient offertes. L'université de Strasbourg était alors très-florissante, et fréquentée par un grand nombre déjeunes gens de tous les pays, et principalement d'Allemagne et du Nord. La plupart suivaient les leçons d'ilermann, et beaucoup d'entre eux, devenus depuis des hommes très-considérables, conservèrent de rattachement pour lui. Suivant l'usage des universités d'Allemagne, il publiait chaque année des programmes ou des thèses sur quelque sujet relatif aux sciences qu'il enseignait. Les principaux de ces petits écrits, rédigés par lui ou par ses élères sous sa direction, sont : en 1770, sur les dents- de* animaux; en 1777, tur les affinités des animaur .- en 1 782, sur le renardvolantd'Ariàtott, qui est le taguaa ou grand écureuil volant de Buffon ; surlepkattagen oTElien, ou le pangolin de Buffon; en 1784, sur h jardin botanique de Strasbourg; sur une défense ■/ V.Vphaut, suspendue depuis longtemps dans la cathédrale de cette ville, et que le peuple prenait pour une corne de bœuf; en 1787, sur les vertus médicale* de certain* reptiles; in 1789, sur U scinqtut.

Pendant le même temps, il faisait fns/rer d'autres écrits dans les mémoires des académies ou dans les journaux scientifiques : tels sont entre autres m mémoire couronné à Gœttingue eu 1773, sur les insectes qui dévorent les lier es et les archires; une Description du phoque à rentre blanr; celle d'un uouveau genre de poisson , stentoptix diaphana; celle de plusieurs coquilles, madrépores, insectes, etc., descriptions qui parurent pour la plupart dans le journal d'histoire naturelle allemand intitulé Naturforscher (le Naturaliste). Il fournit aussi de nombreux matériaux aux grands ouvrages d'histoire naturelle de Buffon et de Schrélier sur tes quadrupèdes , de Schœpf sur tes tortues. d'Esperw les toophytes. etc.; des extraits fort amples à la Bibliothèque phytico-é<ommique de Bckmann : mais son principal travail est le développement de sa thèse sur les rapports des animaux, intitulé Tabula ajfinitatum animatium uberiore comme ntario illustrata, etc., Strasbourg, 4783,1 vol. in-4°.ll a pour objet de faire voir que les animaux ne doivent pas être placés sur une seule ligne ou dans une seule série d'échelons ; mais que chaque espèce a dans quelque partie de son organisation des rapports marqués avec des espèces nombreuses d'autres genres, d'autres classes souvent éloignées ; et l'auteur cherche à représenter une partie de ces rapports sur un grand tableau, ou des lignes croisées en divers sens joignent ensemble les espèces qui offrent ces sortes de ressemblances. Cette idée est suivie avec beaucoup de sagacité dans le texte, et éclaircie par des observations exactes et des remarques ingénieuses. Depuis la mort d'Tlermann, son gendre, M. Hnramer, a donné au public, sous le litre d'Obterratiunes toologic<r posthumt , pars prim.1 (Strasbourg et Paris, 1804 , 1 vol. in-4°J, le recueil des notes que ce savant naturaliste avait laissées sur les animaux qu'il avait eu occasion d'observer. Il s'y trouve beaucoup de descriptions d'espèces, dont plusieurs sont nouvelles, et une inimité de remarques intéressantes sur leurs mœurs, leur organisation ou leur nomenclature. Néanmoins ce recueil doit être lu avec précaution, parce que l'auteur, vivant loin des grands cabinets, n'avait pas tous les moyens de comparaison qui lui auraient été nécessaires, et qu'il était enclin, comme tous les naturalistes dans la même position, à multiplier les espèces. Il avait cependant formé, par ses soins continuels et avec une assiduité infatigable, une collection assez riche pour un particulier : elle a été , depuis sa mort, acquise et rendue publique par la ville de Strasbourg. On a aussi trouvé dans ses papiers de nombreuses observations relatives à l'histoire du globe , et même des vues cosmogoniques particulières, qui ne paraissent pas avoir été publiées. Il croyait que la terre avait été choquée par une comète; et cette idée lui fournissait des explications de plusieurs phénomènes. Il pensait que les anciens n'avaient pas ignoré la composition de

la poudre à canon ; et il avait préparé pour développer cette opinion un mémoire qui est également demeuré manuscrit. Vivant presque entièrement pour la science, llermann entretenait avec la plupart de ceux qui la cultivent une correspondance très-étendue. Ses cours, ses lettres , les matériaux qu'il fournissait volontiers à tous ceux qui les lui demandaient , l'occupèrent plus que ses ouvrages. Excepté son séjour à Paris dans sa jeunesse et quelques courses en Alsace , il ne Ht que deux voyages , l'un et l'autre en Suisse , en 1772 et 1791 Sa vie privée ne fut troubh:e quepar la perte d'un fils unique, enlevé en 1793 par la contagion d'un hôpital militaire , où il avait été obligé de servir comme médecin. Ce jeune homme, Jean-Frédéric Herm.isn, était né en 1768. Formé sous les yeux de son père, il avait déjà publié, l'année d'avant sa mort, une bonne thèse tur lostéologie comparée. Il a laissé sur les insectes sans ailes un ouvrage qui fut couronné en 1790 par la société d'histoire naturelle de Paris, et qui a paru en 1801, aussi par les soins de M. Ilammer, sous le titre de Mémoire aptérologique. 1 vol. in-fol. , avec huit planches enluminées, d'après les dessins de l'auteur. Une Ilhtoire des araignée* d" Alsace . qui devait faire suite à ce mémoire , et dont Vfalckenaer a donné une notice dans le J/agntin encyclopédique , est restée manuscrite. Ces travaux, excellents pour le temps, prouvent combien la douleur d'Hermann le père sur la perte d'un tel flls était fondée : elle fit la désolation de ses dernières années , et le rendit ennemi implacable de la révolution et de tout ce qui s'y rapportait. Il n'en avait pas été personnellement maltraité; la convention le plaça en 1795 dans la première classe des citoyens qui devaient avoir part aux rémunérations nationales. Il fut nommé, h même année, professeur à l'école centrale du Bas-Rhin et à l'école de médecine de Strasbourg, et, l'année suivante, correspondant de l'Institut pour la section de zoologie. Néanmoins il a décoché plusieurs de s« épigrammes contre la France révolutionnaire. Y que celfc-ci :

e*« negel Satumla i*gnfc!

• <T»madur»iuo.î

Excepté sur ce point, Hermann était d'une humeur égale et douce, qui ne s'altéra pas pendant une maladie longue et douloureuse , terminée par la mort le 4 octobre 1800. M. Laulti, son collègue à la faculté de médecine, a publié sa Vie en latin, Strasbourg, 180*, in-8», et le présent article est extrait en partie de cet ouvrage; mais nous avons aussi emprunté quelques détails de mémoires manuscrits qui nous ont été remis par son frère, dont l'article suit. C— ▼ h.

HERMANN (JeavEhédébic), frère du précédent, était né comme lui à Barr, le 3 juillet 1743, dans la religion luthérienne. H fit de très-bonnes études à l'université de Strasbourg, où il fut reçu

docteur en droit Chargé bientôt après de 1 Vacation de deux jeunes seigneurs russes, le prince d'Askow et le comte Woronsow, il parcourut avec eux l'Allemagne, la Pologne, la France et l'Angleterre. Revenu à Strasbourg, il y fut successivement échevin (1779), secrétaire adjoint, puis secrétaire général de la chambre des quinze. Hermann, ayant montré peu de penchant pour la révolution, sembla d'abord être oublié par elle. Cependant, il fut nommé secrétaire greffier, puis procureur de la commune en 1792; mais proscrit en 1793, et obligé de fuir, il ne tarda pas à être arrêté, et gémit en prison pendant près d'un an, jusqu'à la chute de Robespierre. Alors, environné de l'estime publique, il fut nommé à deux reprises, en 1795 et en 1799, membre du conseil des cinqcents, où il se fit remarquer par la prudence et la modération de ses opinions. Souvent il prit la parole en faveur des émigrés du Ras-Rhin, « qui, » dit-il , ne sont autres que des ouvriers et de « malheureux cultivateurs que la tyrannie et la « terreur ont forcés de s'expatrier. » Lui-même, dénoncé ensuite comme parent d'émigrés, fut menacé d'être exclu du corps législatif. Après le 18brumaire, le gouvernement consulaire le nomma maire de Strasbourg et membre du conseil général du département du Ras-Rhin. Napoléon, devenu empereur, le décora de la Légion d'honneur en 1807, et parut longtemps le traiter avec quelque faveur ; mais plus tard il le destitua, parce qu'Hermann avait , dit-on , pris avec trop de chaleur la défense de ses administrés contre les exigences du fisc. Alors, quoique fort avancé en âge, il reprit l'étude du droit, et on le vit professer avec beaucoup d'activité et de succès la science des lois. Il était membre du directoire de la confession d'Augsbourg et doyen de la faculté de droit de Strasbourg, quand il mourut dans cette ville le 20 février 1820. On a de lui : 1° Projets de ditpositions législatives pour ta fixation et l'établissement du traitement des ministres des cultes chrétiens en France, et pour le maintien du prix des grains à un taux raisonnable, Strasbourg, 1817, in-8°; 2° Notices historiques, statistiques et littéraires sur la ville de Strasbourg, ibid. ,1817-1819, 2 vol. in-8°. Cet ouvrage , dont l'ensemble est peut-être un peu confus , contient des documents curieux et intéressants sur la ville importante qu'il fait connaître sous tous les rapports. Le plan topographique de Strasbourg, qu'il y a joint, aide à l'intelligence du texte. 11 a malheureusement rejeté à la fin de chaque chapitre des notes qui, en grande partie, auraient pu être fondues dans le corps de l'ouvrage ou distribuées au bas des pages, de sorte qu'on est obligé de feuilleter sans cesse le livre pour suivre l'enchaînement des matières. Hermann a fourni aussi pour la traduction de la géographie de Ruscbing le chapitre qui concerne l'Alsace. L — m — x.

HERMANN (Christia.vGottbilf), né à Erfurt, en 1705, étudia avec beaucoup de succès à l'univer-

sité de cette ville et ii celle- de Gœtungue, les sciences théologiques, la philosophie et la philologie. Revenu dans sa ville natale, il y obtint, en 1789, une place à l'école des prédicateurs. L'année suivante , il fut nommé professeur à l'université d'Erfurt, puis au gymnase évangélique , et deox ans après, membre de l'Académie des sciences de la même ville. Sous la domination des Français en Westphalie , Hermann se distingua par soo zèle à conserver les écoles confiées à ses soins. Lorsque la ville d'Erfurt fut soumise à la Prusse, il eut, en 1820, comme doyen, la surintendance de ce diocèse. Il est mort presque subitement, le 26 août 1823. Outre plusieurs dissertations et mémoires, il a publié en allemand : 1° C<wp raison des théories sur le beau de Kant tt d Hmsterhuyt, Erfurt, 1792, in-8° ; 2° Lirre élèmevlwt de la religion chrétienne, à l'usage des classa npc rieures du gymnase, ibid., 1790, in-8°. Enfin il a dirigé , de 1793 à 1800 , les Annales tàmfow d'Erfurt. I

HERMANN (Jacques-Dominique Hamum», baron de) naquit le 4 novembre 1764, à Metz. Son père, organiste de la cathédrale , lui fit faire ses premières études au collège des bénédictins de cette ville, puis il l'envoya à Paris, où se développèrent bientôt ses heureuses dispositions pour la musique. Introduit par le comte d'Ossun , dont la femme était dame d'atours de la reine Marie- Antoinette, Hermann fut admis à donner de< leçons d'accompagnement à cette princesse et même au roi Louis XVI. Ces leçons se continuèrent jusqu'aux journées des 5 et 6 octobre. Plus tard il se rendit à Londres. H s'y fit une certaine réputation comme pianiste et comme compositeur, et s'y Ua avec plusieurs artistes célèbres. De retour à Paris, il publia diverses compositions, parmi lesquelles nous signalerons seulement un morceau gracieux, la Coquette, qui eut beaucoup de vogue à l'époque , et qui a été gravé de nouveau en 1848. Créé baron sous la restauration, Hermann s'occupa plus de poésie que de musique- On lui doit dans ce genre: 1° plusieurs sonnets:

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