‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 44 sur 106 · Bouquet à Ixtuise (la duchesse d'Angouléoei · texte numérisé non relu

Bouquet à Ixtuise (la duchesse d'Angouléoei

2. l'Illusion, épltre, Paris, 1827, in-4B; 3.^ mélodie, ode, Paris, 1828, in-4°; 3° un poeï* épique en 2i chants : la Pallantiade. Paris, 1854. 1835, 2 vol. in-8°. Quérard lui attribue dans la France liUéraire : 4» De F État actuel de tls^t et de ses colonies, considéré sous le rapport des mtéréts politiques et commerciaux de la France dàu autres puissances de l'Europe. Paris, 1824, l§* Le baron de Hermann est mort à Paris à l'âge"* 87 ans, le 2 janvier 1852. Z'

HERMANN. Voyei Herrmann, ci-après.

HERMANN (Jean -Godes roi -Jacob), philologue allemand distingué dont le nom restera insépa-

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rable de l'histoire même de la philologie , science

Ïi'à l'égal de Bentley et de Wolf il a fait entrer ns des voies nouvelles. Sa vie, comme celle de bien des savants, fut uniforme, et le biographe a peu de faits à recueillir. Né à Leipsick le 28 novembre 1772, il y mourut le 31 décembre 1848, sans avoir fait (que nous sachions) un seul voyage hors de sa patrie. Son père, prévôt ou doyen des écbevins (Senior des Sckôppetutuhlt) , le destinait au droit. Mais un goût naturel portait le jeune Hermann aux études grecques et latines. Ce goût fut encouragé parllgen, bon philologue, et plus tard chef vénéré de la célèbre école de Schulpforte, et par un de ses parents, Wolfg. Reiz , cri* tique distingué qui a peu écrit , mais dont les études sérieuses et graves furent mises à profit par. ses élèves ou ses amis. C'est sous le rectorat de ce dernier que Hermann commença ses études académiques, à l'âge de quatorze ans, en 1786. Grâce aux excellents cours de Reiz, de J. Aug. Ernesti et de Chr.-Dan. Beck, ses progrès furent rapides. Il s'appliquait dans le même temps avec zèle à la philosophie et aux mathématiques sous Platncr et Hindenbourg , étudiait la philosophie de Kant en suivant les leçons du professeur Reinhold à Iéna, et fréquentait pour satisfaire aux désirs de son père les cours de droit et de jurisprudence des célèbres professeurs tiiener et de Haubold. En 1793 il reçut le grade de docteur en droit. La thèse philosophico-juridique qu'il soutint à cette occasion a pour titre : De fundamento jurispunitndu Jamais thèse de droit ne fut aussi bien écrite : le digne élève d'Ernesti y montra déjà ce latin si pur, si clair, qui brille dans tous ses ouvrages ; son style se distingue particulièrement par une mâle sobriété et une dignité sévère. C'était dignement faire ses adieux au droit. En 1794 il commença à faire des cours privés à l'université de Leipsick , en soutenant la thèse De poeteot generibut. Les succès qu'il obtint lui valurent d'être nommé, en 1798, professeur extraordinaire de philosophie; nommé en 1803 professeur ordinaire d'éloquence , il joignit à cette chaire en 1809 celle de poésie 9 qu'il inaugura par une dissertation remarquable : J)e differentia prosm et poetica oraiionù. Il nous serait difficile d'apprécier en quelques mots les talents oratoires et didactiques d'IIermann. Il sut instruire et intéresser la foule qui se pressait à ses cours , et peu de professeurs eurent des triomphes plus éclatants ou plus légitimes. Au surplus les écrits qu'il a laissés, tant en latin qu'en allemand , sont l'image fidèle et durable de sa parole vive , nette , pénétrante et toujours noble. L'influence de ses cours fut de bonne heure (1803) considérablement augmentée \mr\*SoeiéU grecque, qu'il fonda et dirigea pendant tout le reste de sa vie. Beaucoup d'excellents philologues sont sortis de cette pépinière ; elle a puissamment contribué à la régénération des études grecques , qui s'est opérée depuis le commencement de ce siècle. On peut voir dans les Acla tocietaiU grœc*, publiés

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par MM. Westerroann et Funkhaenel (1836 et suiv.), les sujets qui étaient traités dans cette société , et apprécier la manière dont ils l'étaient. Les Aeta tocie'atis greeca sont précédés d'une préface précieuse dans laquelle Hermann raconte ses premiers pas et ses premières expériences dans l'étude de la philologie. En 1834 Hermann fut appelé à la direction du séminaire philologique de l'université de Leipsick , qu'il conserva jusqu'à sa mort. — Avant de parler avec quelques détails des ouvrages de Hermann, qui ont exercé une si grande influence sur la science philologique et sur la critique des anciens auteurs, il est indispensable de chercher à donner une idée générale des réformes ou plutôt des révélations que le monde savant doit à Godefroy Hermann sur la métrique et la grammaire. Nous serons aussi sobre que possible de détails techniques. Durant les siècles qui s'écoulèrent depuis Homère jusqu'à Tbeocrite , les portes créèrent une grande quantité de rhythraes et de combinaisons métriques. Pendant que chacune des formes successives de la poésie grecque lionssait, le peuple était en général à la hauteur du genre et il sentait ce que le poèie lui offrait; mais lorsque cette poésie, un genre après l'autre, se retirait de la vie publique dans le cabinet des littérateurs et des savants , on commençait à en étudier la technique , on mesurait les vers et les pieds et on cherchait à se rendre compte des différentes formes métriques, excessivement nombreuses et variées. Cette étude des anciens grammairiens Qt trouver et classer les genres de vers dont les poêles s'étaient servis le plus fréquemment et avec assez de régularité ; mais les dithyrambes, les odes de Pindare , les chœurs des tra- « giques étaient sortis d'une inspiration plus libre; chacune de ces pièces pour ainsi dire avait un rhytbme à elle, particulier et approprié à la circonstance. Les grammairiens cherchaient à rattacher ces rhythmes plus libres à l'un ou l'autre des modèles établis par eux et imaginaient pour les expliquer des combinaisons peu naturelles et souvent tout à fait bizarres : l'esprit de ce genre de composition lyrique leur échappait ou à peu près. A la renaissance des lettres la philologie adopta les doctrines de ces scoliasles et leurs pénibles artifices. La puissante raison de Hermann s'y trouva bientôt mal à l'aise ; il voyait qu'il n'y avait là rien de naturel , et son génie sut s'élever aux principes qui avaient échappé aux anciens grammairiens : le premier, il distingua dans chacune des compositions lyriques le rhythme fondamental et essentiel de ce qui n'était que modification ou variation accidentelle , et il retrouva ainsi le vrai caractère de chacune de ces compositions et par là l'intention et les procédés du po«te. Par cette espèce d'intuition il découvrit la règle qui domine une liberté en apparence sans limite, une inspiration qui passait pour désordonnée et qu'on «ppelait/irror poeticut.

Ckéron et ïlor3ce le prenaient ainsi, mais la doctrine de Hermann n'en est pas moins fondée : elle montre pour ainsi dire les figures de cette danse qui semble un dédale et fait voir par une nourellr preuve combien de raison entrait dans f inspiration antique. 11 convient cependant d'ajouter ici que Hermann a laissé de colé l'élément musical proprement dit, et que sous ce rapport les recherches de M. Bceckb sont venues compléter l'œuvre du créateur de la science raisonnée de la métrique. Nous n'avons touché que le côté principal et le plu» neuf de sa doctrine ; dans les autres parties, et même pour les mètres les plus ordinaires, tels que les vers lambiques, troebaTques, saphiques, hexamètres, il a fait connaître une infinité de délicatesses techniques et de distinctions à faire qui révèlent plus complètement la finesse, la perfection et le vrai caractère de l'art poétique dans l'antiquité. — A Rome, la poésie, modelée de plus en plus sur les Grecs, avait fait perdre tout sentiment de l'harmonie particulière des vers de l'iautc; Horace se scandalisait de cts vers, d'autres n'y voyaient que de la prose, enfin le célèbre Priscien n'y trouva que des morceaux découpés d'hexamètres. Le premier, Bentley avait parfaitement senti ces rhythraes, qu'il expliqua et restaura dans son Térence; mais Piaule , beaucoup plus riche que Tércnce en combinaisons rhythmiques, attendait encore l'Œdipe de ses vers : ce fut Hermann dont la critique, d'abord toute divinatoire, a reçu une confirmation éclatante par le vieux palimpseste de b bibliothèque ambroisienne découvert par Ang. Mal et complètement déchiffré par M. Ritschl. — Ces quelques notions bien sommaires feront entrevoir, nous l'espérons , la nouveauté et la haute portée de fenseignement métrique de Hermann. Il est plus difficile de donner, sans entrer dans des détails purement techniques, une idée de la grande réforme par laquelle le premier H établit la science raisonuée à • la grammaire grecque, science que d'autres ont appliquée au min et à quelques langues modernes. Que l'on imagine une langue excessivement riche, développée à la fois en plusieurs dialectes et parmi îles peuples continuellement en rivalité, souvent en guerre , employée par ces diflVrenls peuples aux compositions littéraires les plus diverses, et cela pendant plus de mille ans; que l'on imagine la grande variété et des genres littéraires qui fleurirent l'un après l'autre, et des centres sociaux dans lesquels Us furent cultivés; et on concevra combien de formes pour exprimer la ! pensée cette langue, la plus flexible que l'on ' connaisse, a du engendrer sous I influence de la ! vivacité naturelle de l'esprit grec et sous celle j dés grands génies créateurs qui l'ont illustré. Eh bien, la théorie, la grammaire d'une telle tongue avait été emprbonnée dans une masse de formules logiques et illogiques qui prétendaient expliquer et régler cet élément tout de vie. Her-

mann abolit l'empire de ces formules vides. 11 les remplaça par une science rationnelle qui explique pourquoi on a pu s'exprimer de telle façon dans te) cas et non pas dans tel autre cas. Bref, il chercha la raiton intrinsèque de chaque mode, dont il définit la véritable nature, en même temps qu'il fixe les lmite< de son emploi. Ainsi , le vague et l'arbitraire des anciennes formules ou figures grammaticales firent forcément place à une sorte de connaissance exacte. C'est là le vrai mérite de Hermann. Nous ne pouvons le démontrer en détail; disons seulement qu'outre les écrits qu'il a laissés sur des sujets grammaticaux , les notes et les préfaces de ses nombreuses éditions critiques, ainsi que les sept volumes de ses Opuscula, offrent continuellement des discussions ou îles observations grammaticales, dont les grammaires et les dictionnaires grecs sont loin d'avoir suffisamment profité. — Dans l'énumération des oeuvres de Hermann , nous ne suivrons pas l'ordre chronologique , qui serait extrêmement incommode pour le lecteur : nous les diviserons en classes , et à chaque classe nous ajouterons l'indication des principaux traités qui s'y rattachent et qui font partie des Opuscula G. Hmnanni, en s >pl volumes (1627-1830). Le contenu total de ces derniers, comprenant plus de quatre-vingts numéros oa titres, ne peut être indiqué ici. — -Métrique : 1° De nui ris poeturum Gracorum et Homanorvm libri U, 1796; *■ Handbuch der J/WnÀ ( Manuel de la métrique), 1798; 3" Elem ut,i djetrina mttrkte. 1816; \° Epitome doctrinm metriece , 1816; 2r édition, 1814; 5° De metris Pimdari , dans le Pindare de Heyne, 1798; Sédition, 1817; auxquels il faut ajouter les dissertations De epitritis doriris, De nuiront m quorumdam mentura rhythmica. De usa antittropk corum i-, et quelques autres de moindre importance, faisant partie des Opuscula, Dans ses premières publications, Hermann cherchait à donner à la métrique un fondement philosophique, abstrait et a priori ; il dérivait l'existence et les lois du rbytbme du principe de la causalité; mais plus tard il abandonna des spéculations tout oiseuses sur un pareil terrain. De même, dans la dissertation que nous avons déjà mentionnée, De paeseoi geuaribus (1794), il s'était attaché à démontrer a priori combien de genres de poésie pouvaieot exister : il en trouva onze, ni plus ni moins : « Undecim gênera neceunria poeseot I » — GlUMlUIRE : 1° De emendanda ralione grtrcœ grammatictt, suivi de quelques textes de grammairiens grecs inédits, 1801 , ouvrage fondamental, quoique encore entaché de quelques raisonnements philosophiques hors de saison ; 2° Sotes très-importantes et toutes également substantielles sur les Idiotismes de l'igitr, suivies d'un exposé théorique des plus parfaits, en huit chapitres, 1813, 2« édition , suivie de plusieurs autres ; 3° Liiri quatuor de jtarticula 5v, 1851, aussi dans les Opuscula. On y trouve également les dissertations importantes : De gractt lingute dialectis (1807), De

dialeclo Pindari (1809), De prœteptis Atticistarum (1810), De e.'lipti et pUouatmo (1808, résumé dans les chapitres 1 et 2 de l'appendice aux notes sur Vigier), De pronomine axtxk, etc. I* critique si pleine d'aperçus nouveaux de la grammaire grecque de MaUhiz , critique insérée dans Ja Gazette littéraire de Leipsick de 1807, n'a pas été re( roduite. Nous avons déjà dit que dans ses éditions critiques des auteurs grecs, llermann traite très- fréquemment des sujets grammaticaux. A la grammaire latine se rattache la dissertation De Madcigii intopretutione quarumdatn rerbi latini formarum, 1844. — Ai tllrs fctiECS : 1° llymni Uomerici, 1806. llgcn, le maître de llermann , dont nous avons parié plus haut , en avait donné une édition très-soignée. En l'étudiant, Uermann crut voir que ers hymnes nous étaient parvenus extrêmement défigurés par des lacunes, des interpolations et des transpositions. C'est ce qu'il cherche a établir dans son édition. Mentionnons encore les deux remarquables préfaces dont Hermann enrichit une édition de luxe des œuvres d'Homère; on les trouve dans les Opuicula, ainsi que deux traités De Ugibut quibusdam tubtilioribus termonit homerici (1812-1813). 2° Orphica, 1803. Celte édition de tout ce qui nous n sic sous le nom d'Orphée contient des recherches très-profondes sur les poètes épiques, dont Uermann établit en peu de pages une classification que les travaux postérieurs de Lchrs 1 1 autres ont de plus en plus confirmée; 3° .Eschyi Eumenides, 1709, comme spécimen d'une nouvelle édition d'Eschyle. Celte édition était regardée par llermann comme l'œuvre de sa vie : il s'en occupa toujours et ne se satisfît jamais : enfin, la mort le surprit, et nous n'avons qu'une œuvre posthume, .Etchgli iragoeditc cum fragmentit, tirée des papiers du défunt par M. ELmpt ( 1 852 , 2 vol.). Le grand critique n'avait définitivement préparé poi r l'impression qu'une tragédie, les Suppliante/. Les Opuscu'a contiennent dix-sept dissertations plus ou moins développées qui traitent des tragédies d'Eschyle, principalement de celles qui «ont perdues. Nous ne pouvons que renvoyer à ces excellentes pièces, non reproduites dans l'édition. A propos des Euméuides , il s'alluma en 1853 une polémique des plus vives avec OttXr. Millier; la critique et les répliques de llermann se trouvent également dans les Oputcula; nous ne pouvons exposer ici, même sommairement, le sujet de ces débats passionnés, lutte entre deux écoles philologiques. 4" Sophoctit tragœdim. Invité à continuer l'édition interrompue par Ja mort d'Erfurdt, son élève , llermann a successivement publié toutes les tragédies de Sophocle; chacune des pièces a eu plusieurs éditions, et chaque nouvelle éditiou fut enrichie par Hermann de tant d'observations nouvelles, qu'on y voyait comme un commentaire critique tout nouveau, n est donc important de se procurer la dernière édition de chaque pièce. 5° Euripidie tragmdim.

La première pièce qu'il publia fut l'Hécube, 1800 (2* édition , 1831). Il y critiqua vivement le grand philologue anglais IL Porson , et s'attira les sarcasmes de oe dernier. Plus tard, les deux éœinents critiques s'apprécièrent mu lue-Ile ment avec plus de justice. Voici les autres pièces de ce poè/le que UcTmann publia par la suite : Orette, 1841; Phéniciennes, 1840; Aleeste. 1824; Andromaque, 1838; let Suppliante t. 1811; Iphigénie eu Aulide, 1833 ; Iphigénie en Tauride. 1 833 ; le CycUpa. 1838; let Bacchantes. 1823; Hélène. 1837; /oa. 1827; Hercule furieux. 1810. Sur l'édition de Médde donnée par le philologue anglais Pierre Elmsley, élève de Porson, Uermann écrivit un supplément de notes très-considérable, inséré dans l'édition de Leipsick, 1822, et dans les Opuscula; dans les derniers ou trouve aussi une dissertation excellente de Rheso. 6° Arittophanit X'uèej, 1799, 2» éilition 1830; 7° Bucolici gravi. The+critus. Bion, kloichuM, œuvre posthume, publié par M. Haupt, 1819. Des remarques ingénieuses et hardies sur Théocrile (insérées aussi dans Ie6 Oputcula) avaient excité une attente qui s'est trouvée pleinement justifiée. 8" Arittotelis de arte poetica liber cum commeutariis G. Hermanni, 1802. Uermann fait dans cet écrit, sous quelque rapport assez énigmatique, plusieurs transpositions que d'autres ont révoquées en doute. Outre un très-savant commentaire, son édition contient un traité philosophique admirablement écrit : De tragica et epka poeti commentatio. 9° Photii Lezicon. 1808; 10° Draco Straiouietnsis et Tvetxa Exegetit Uiad'u, 1812. L'ouvrage métrique du premier est une compilation récente tirée de sources fort suspectes. — Auteurs la tins : 1" Plauti Trinumus. 1800; 2» Plauti BaecAidet, i s 15. Nous avons indiqué plus haut l'importance des travaux métriques de Uermann sur cet auteur. On trouve, en outre, dans les O/mtcula . l'importante dissertation De cantico (nom d'une partie du drame latin, ayant des analogies avec les parties lyriques du drame grec), un exposé profond sur le génie de Bentley et sa manière de traiter Térence, enfin des remarques critiques très-nombreuses sur les fragments des faèttlee logalœ recueillis par Neukircb (1833). Ajoutons la savante préface de Hermann à l'édition des livres de Cieéron sur la République donnée par Sleinacker. — Épicraphie : Le Corpus inscriptionum grc&arum entrepris par M. Bœckh et un recueil des inscriptions grecques conçues en vers fait par M. Wekker ont donné occasion a quelques polémiques; Hermann ne trouva pas qae ces deux savants exerçaient la critique verbale dans les règles. Le débat avec M. Welcker s'est agité dans les journaux; celui avec M. Bœckh a provoqué le livre : Sur la manière dont il. Beeckh traite les i«tcripdons grecques (en allemand, 1826). Les Oputcula renferment plusieurs dissertations sur des inscriptions grecques. Mentionnons ici le petit traité De ceierum Grmcarum pictura parielum. 1 834, dont on trouvera une appréciation dans les Leltrat

à un architecte de Letronne.— Mttholocie : i° De mythologia Gracorum antiquisrima , 1807; 2° Correspondance entre Hcrmann et Creuzer sur Homère et Hésiode (en allemand, 1818); 3° Sur la mature de la mythologie et la manière dont elle doit être traitée (en allemand, 1819). L'exposé de cette manière (qui n'a, du reste, trouvé que fort peu d'imitateurs) serait trop long ici. Quelques-uns de ces principes ont été mis en œuvre, arec peu d'avantage, dans la polémique contre Ottfr. Mûller. N'oublions pas enfin les poésies latines de Hermann, qui comptent parmi les meilleuresdes temps modernes. Elles sont recueillies dans \t%Opuseula, dont chaque volume est terminé par quelquesunes de ces heureuses productions. Hermann a aussi traduit en grec plusieurs scènes du Wallenstein de Schiller et on peut délier les juges les plus difficiles d'y trouver un seul vers qui ne soit digne de Sophocle ou d'Euripide. D.

HERMANT (Gooefroi), docteur en théologie, chanoine de Reauvais, sa patrie, et recteur de l'université, naquit en 1617, et mourut à Paris en 1690. Voltaire a eu tort de dire qu'il n'avait fait que des ouvrages polémiques. Il est vrai que sa plume s'est beaucoup exercée sur des discussions théologiques, qui n'avaient guère que l'intérêt du moment. On a publié sa défense du livre De la fréquente communion d'Arnauld , et ses Apologies pour l'université contre les jésuites qui demandaient à être admis dans ce corps; mais il a laissé beaucoup d'autres écrits , dont Rayle et les auteurs de Y Histoire ecclésiastique donnent la liste, tels que les Vies de St-Athanase, de St-Rasile, de St-Grégoire de Nazianze, de St-Chrysostome, de St-Amhroise, et des Traductions de quelques ouvrages des Pères de l'Eglise, dont le défaut principal , suivant le jugement de l'abbé Sabatier de Castres, est l'enflure et la diffusion. Du reste, Ilermant était un homme fort instruit dans l'histoire et dans la discipline ecclésiastique, et en général dans l'histoire ancienne et moderne. Il n'était pas moins versé dans les langues grecque et latine; et il avait travaillé avec le Jay à l'édition de la Bible polyglotte de Vitré, dont le texte grec avait été revu par ses soins. Z.

HERMANT (Jean), ecclésiastique du diocèse de Bayeux, naquit à Caen en 1650, et fut pourvu de la cure de Maltot, même diocèse, en 1689. 11 est auteur d'un grand nombre d'ouvrages , les uns de piété, les autres relatifs à l'histoire : 1° des Ho- 'mélies sur les évangiles de tous les dimanches de l'année, Rouen, 1705, 2 vol. in-12; des Sermons sur les mystères, avec plusieurs panégyriques des saints, Rouen, 1706 , 2 vol. in-12; 2° un Pédagogue chrétien, et quelques autres livres de spiritualité; 3° une Traduction du bon pasteur d'Obttraët, théologien flamand un peu suspect, 2 vol. in-12; 4° une Histoire des conciles, peu estimée, quoiqu'elle ait eu plusieurs éditions ; 5° une Histoire de l'établissement des ordres religieux et des congrégations régulières et séculières de l'Église, '

Rouen , 1697, 2 vol. in-12; nouvelle édition, 1710, <i vol. in-12, réfutée par un religieux, qu'on croit être le P. Hélyot ; 6° .une Histoire des religions ou ordres militaires de Mglise, et dts ordres de chemlerie, Rouen, 1698, in-12; nouvelle édition, 1723, 2 vol. in-12 ; 7° enfin Y Histoire des hérésies et du autres erreurs qui ont troublé 1" Église. Il n'y était point fait mention du jansénisme : cette omission, qu'on ne crut pas sans intention, fit suspendre pendant quelque temps l'impression de l'ouvrage. II eut trois éditions; les deux premières en trois volumes in-12; !a troisième, augmentée du schisme d'Angleterre , sous le nom de religion anglicane, Rouen, 1717, 4 vol. in-12. Hermant avait préparé une Bibliothèque générale du diocèse de Rayeux, divisée en trois parties. 11 ne donna que la première, contenant l'histoire des évêques, doyens et autres personnages ecclésiastiques qui avaient eu quelque célébrité, Caen, 1705, in-V". Suivant un critique moderne (1), l'histoire des conciles d'Hermant est superficielle, fautive et mal écrite : ses autres histoires sont insipides; en un mot , il n'est qu'un compilateur ignorant et de mauvais goût. Ce jugement, extrêmement sévère, parait devoir être un peu adouci. On serait peut-être plus juste en représentant Hermant comme un écrivain médiocre et incorrect , mais laborieux , et à qui l'on doit savoir quelque gré de ses recherches. Ses sermons, sans être d'un mérite fort distingué , peuvent offrir des secours à ceux que leurs fonctions obligent de monter souvent eu chaire. Hermant mourut en octobre 1725. L— t.

HERMAS (Saint), chrétien des premiers siècles, disciple des apôtres, et même de St-Paul, si, comme on a sujet de le croire , et comme le font entendre Origène, Eusèbe et St-Jérôme, c'est le même Hermas que St-Paul fait saluer de sa part (2). Hermas, selon toute apparence, était laïque ; quoique les Grecs le donnent comme évéque de Philippes, en Macédoine, ou de Philippopolis, en Thrace : d'autres veulent qu'il ait été prêtre. Quoique Grec d'origine, il habitait l'Italie, et vraisemblablement la ville de Rome. Il était marié et avait des enfants , qui lui causèrent des chagrins par leur mauvaise conduite; mais il eut la consolation de les ramener à la vertu. Hermas est célèbre par un livre qui est intitulé le Pasteur, parce que c'est un ange qui y parle sous la figure d'un pasteur. Ce livre est en forme de dialogue, et divisé en trois parties, sous les titres de Visions, de Préceptes et de Similitudes. Dans les visions, Hermas nous apprend qu'une femme âgée lui apparut à diverses reprises , et lui remit un livre mystérieux qu'elle lui commanda de transcrire, et dont le sens lui fut révélé : dans le reste de l'ouvrage, l'ange donne à Hermas diffé rentes instructions, et l'exhorte à la pénitence,

(1) La Bibtioth. d'un hommt de goût, t. 3, p. 336. 12) Ep. aux Rom., ch. 26, v. U.

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au mépris du monde , aux aumônes et aux bonnes oeuvres. Les anciens Pères ont donné au livre «flTermas beaucoup d'éloges, et une autorité presque égale à celle des livres canoniques. Ils s'en servent même souvent pour la réfutation des hérésies. Clément d'Alexandrie en regarde les révélations comme divines, et Origène en parle comme d'un ouvrage inspiré de Dieu. Ce sentiment, néanmoins, n'est pas universel. St-Prosper semble avoir fait moins d'estime du livre du Pasteur, surtout relativement à certaines maximes dont Cassien avait abusé; et le concile de Rome, tenu sous le pape Gélase , ne parait pas favorable à ce livre sous le rapport de l'autorité, comme n'ayant point été reçu de l'Église latine, à laquelle il était inconnu. On doit avouer, au fond, que tout n'y est pas également exact; mais c'est un des plus précieux et des plus anciens monuments des traditions ecclésiastiques; et il contient des choses très-remarquables sur la foi , sur j la discipline des premiers temps et sur les mœurs primitives des chrétiens. Il fut écrit sous le pontificat de St-Clément et avant la persécution de Domitien , c'est-à-dire vers l'an 92 de J.-C. Sur la foi de quelques pontificaux , le livre du Pasteur a été attribué à St-Herme , frère de Pie I , pape en 142. Une simple obsenration renverse ce système. Les pontificaux disent que le livre d'Herme avait rapport à la célébration de la Pàque; et dans celui d'Ilermas, il n'est nullement question de cette célébration. Le livre du Pasteur était écrit en grec : il ne nous en reste qu'une traduction latine faite dans des temps fort reculés, et que , par la confrontation des passages qu'en ont cités les auteurs anciens, on a lieu de croire fidèle. Cotelier l'a insérée dans son Recueil des monuments des Pères qui ont vécu dans les t*mps apostoliques, Paris, 1672; traduit en français, ibid., 1717. 11 y en a une édition d'Oxford, revue, avec des notes, 1685, in-12. Le style du Pasteur est simple, sans figures et sans ornements. Le martyrologe romain marque au 9 mai la fête de St-Hermas, dont il fait l'éloge. Les Grecs la célèbrent le 8 mars et le 5 octobre. L — t.

HERMBST£DT (Sigismosd- Frédéric), l'un des chimistes les plus célèbres de notre époque, naquit à Erfurt le 14 avril 1760, fit ses études au gymnase et étudia la médecine à l'université de cette ville. 11 suivit avec tant de zèle le cours de chimie du savant professeur Trommsdorf, que bientôt il fut en état d'être répétiteur du chimiste Wiegleb. Il alla ensuite étudier la pharmacie à Hambourg, puis à Berlin, au collège médicochirurgical. En 1786, il fit un voyage scientifique au Hartz, et il revint par Gœttingue et Leipsick, où il se lia avec beaucoup de savants. De retour à Berlin en 1787, il y fit en même temps des cours particuliers de physique, de chimie et de technologie. En 1791 , il eut la direction de la pharmacie de la cour et la chaire de chimie pharmaceutique au collège médico-chirurgical. Nommé

ensuite membre de l'Académie des sciences de Berlin, professeur de physique, de chimie, pharmacien de la cour et conseiller du commerce et des manufactures, il ne s'occupa plus que du perfectionnement des arts par les nombreuses applications de la chimie , qui , depuis un demi-siècle, ont tant contribué aux progrès de l'industrie. Ses écrits sur la chimie pratique et les arts agricoles lui assignent une place incontestable parmi les maîtres de la science en Europe; et il est peutêtre celui qui a le plus contribué à en répandre le goût dans les contrées du Nord par ses ouvrages élémentaires. Cet estimable savant mourut d'une attaque d'apoplexie foudroyante le 23 octobre 1833. Il est à regretter qu'à l'exception de quelques mémoires insérés dans le recueil de l'Académie de Berlin , et qu'il a pris la peine de traduire lui-même en français, aucun autre de ses écrits n'ait paru dans cette langue. Les principaux sont : 1° Expériences et observations sur la chimie et la physique, 1786 à 1789 , 2 vol. in-8»; 2° Bibliothèque des ouvrages modernes sur la physique, la chimie, la métallurgie et la pharmacie, Berlin, 1787-1802, 1 vol. in-8»; 3e Plan systématique de chimie expérimentale (à l'usage de ses cours), ibid., 1791-1803, 3 vol. in-8»; Baie, 1812, 1813; 4» Discours sur le but de la chimie, sur la manière de Vètudier et sur l'influence quelle exerce dans les sciences médicales, Berlin, 1792, in-8°; 3* Catéchisme de la science pharmaceutique, ou Principes de pharmacie à l'usage des commerçants, ibid., 1792, in-8°; 6» éléments de pharmacie expérimentale à l'usage des cours académiques , ibid., 1792-1793 , 2 vol. in-8»; 7» Matériaux pour servir à l'histoire de fa maladie et des derniers moments du roi Frédéric-Guillaume II, ibid., 1798 , 2 vol. in-8°; 8° Principes de Vart de la teinture, Berlin et Stettin, 1802, 2 vol. in-8»; 9» Journal pour Us fabricants de cuir et les tanneurs, ibid. , 1802 et 1803, 2 cahiers in-8»; 10» Magasin pour Us teinturiers, les peintres sur étoffes et les blanchisseurs, ou Recueil des découvertes et expériences les plus modernes pour ^avancement et U perfectionnement de la teinture des étoffes de laine, de soie, de coton et de fil, de ta peinture sur étoffes et de l'art du blanchisseur, Berlin, 1802-1810 , 7 vol. in-8»; 3» édition, 1821; 11° Archives de chimie agricoU, ou Recueil des découvertes et observations Us plus importantes en physique et en chimie, à V usage des agriculteurs, propriétaires et amis des arts agricoUs, ibid., 1803-1813, 6 vol. in-8"; 12» Recueil d'expériences pratiques à l'usage des fabricants d eau-devie, brasseurs, vinaigriers, etc., ibid., 1803, 1804, 1 vol. in-8»; 13° Principes généraux de l'art du blanchiment, ibid., 1804, in- 8°; 14» Principes chimico-technologiques de toutes les parties de Vart du tanneur, ibid., 1805-1807, 2 vol. in-8»; 15» Manuel théorique et pratique de fart des fabriques en général, ibid., 1807, in-8»; 16» Introduction théorique à t'analyse des végétaux, ibid., 1807, in-8°; 17 E 1 1 fît? ni s de c HiîJiiç? €^j)t niTxtiïtdli / iLmiI. y 1308^

in-8°; 18" La science du fabricant de savon, il ml., 1808,in-8°; 19° Bulletin des nouvelles scientifiques, Ibid.. 1809-13, 13 vol. in-8°. Ce recueil a été continué sous le titre de Muséum des nouvelles, ibid., 1814-1818, 3 vol. in-8° avec planches. 20° Instruction sur la fabrication du vinaigre, égal à celui de France et du Rhin. 2* édition, Leipsick, 1814; 21° Guide utile pour le bourgeois et l'habitant de la campygne. Berlin, 1813-1822, 6 vol. in-8° avec planches; 22° Principes chimiques de Fart du distillateur et du fabricant de liqueurs, ibid., 1819, in-8°; 2« édition, augmentée, 1823, en 2 volumes; 23° Eléments de chimie théorique el pratique à l'usage des militaires el surtout des offiàers du génie et d'artillerie, ibid., 1822, 3 vol. in-8» avec planches; 24° Recherches sur les questions : Qu'est-ce que le fumier, quel est l'effet qu'il produit dans l'agriculture, et quels sont les moyens les plus sûrs de remplacer le fumier ordinaire? pour servir de supplément au traité sur le même objet, couronné par l'Académie de Berlin eu 1802, in-8°, inséré dans le recueil de cette société , ainsi qu'un grand nombre d'autres mémoires et dissertations sur divers sujets. Z.

Hl.RMl (Samuel-Gustave, baron), membre do conseil des mines et géographe , était né à Stockholm le 4 avril 1744, d'une famille qui occupait des emplois éminents. Après avoir flni à Upsal ses études, qu'il dirigea spécialement vers la jurisprudence et la minéralogie , il devint successivement auditeur au conseil des mines, directeur d'une usine de l'État, assesseur et enfin conseiller. Dès son entrée dans la carrière administrative, il parcourut plusieurs provinces dn royaume pour acquérir des notions générales sur leurs ressources et leur industrie, ainsi que des renseignements précis sur l'exploitation des mines et sur les objets qui s'y rattachent, il visita donc les principales mines et surtout celles de Fahlun, où , à diverses reprises , il séjourna , et ensuite de concert avec Jahn, célèbre chimiste, et Polheimer, mécanicien, y établit des appareils et des machines pour tirer parti de diverses substances minérales qui auparavant étaient perdues. En 1768, il poussa ses courses jusqu'en Norvège afin <Fy observer les procédés employés dans la mine d'argent de Kongsberg et à la mine de cuivre de Roeraas. Son zèle, son application et les rapports lumineux qu'il adressa au conseil sur ses nombreuses investigations lui méritèrent la confiance de ce corps, et il fut souvent chargé de missions pour examiner des minerais découverts, organiser des travaux et faire des recherches afin de rendre l'exploitation moins difficile et plus profitable. Mais ce n'était pas assez pour iiermelin de bien connaître tout ce qui concernait la métallurgie dans sa patrie; il obtint en 1782 un congé de trois ans pour aller dans les contrées étrangères et surtout dans l'Amérique septentrionale; il fut même pourvu d'un diplôme pour être reconnu comme agent du roi de Suède, dans le cas où il

serait nécessaire de déployer ce titre ; ce qui n'arriva pas. Dans ce voyage, Iiermelin vit le Holstein, l'Allemagne, les Pays-Bas, la France, presque toutes les provinces de la nouvelle république américaine , et revint par l'Angleterre à la fin de 1784. Devenu par la mort de son père possesseur d'un domaine dans l'Upland, il chercha par des essais raisonnés à donner une meilleure direction aux travaux de l'agriculture : toutefois cette occupation et celles qu'exigeaient ses fonctions ne suffisaient pas à l'activité de son esprit. 11 s'était fréquemment convaincu par sa propre expérience que le territoire de la Suéde n'était encore connu que très-imparfaitement; Q résolut donc de contribuer par ses efforts à jeter un jour nouveau sur cet objet important. En conséquence, il fit entreprendre à ses frais, en 1793 et 1796, des voyages dans les provinces septentrionales du royaume , pour y recueillir des matériaux relatifs à la géographie, à la statistique el à la géologie ; il devait ensuite les employer dans une description générale de la Suède. Le résultat fortuit de ces explorations fui une carte de la Vcstro-Bolnie et des Marches Iapones; et bientôt Hermelin conçut le projet de faire lever des cartes de toute la Suède. Pendant quinze ans il suivit l'exécution de ce dessein avec un zèle infatigable, mais en même temps au prix de ai grands sacrifices, qu'il fut obligé en 1810, pour terminer ce bel ouvrage , de le céder, ainsi que les précieuses collections qui en dépendaient, à une association qui prit le nom dlnstilut géographique, et dont il fut un intéressé très-ardent. Vingt-six cartes avaient déjà paru à cette époque, et il eut la satisfaction de voir achever avant sa mort une entreprise si honorable pour son pays, et uniquement due à son amour pour les sciences el à son patriotisme. Ce même motif l'avait porté à établir dans la préfecture de la Botnie septentrionale trois forges, pour mettre à profit les riches et abondants minerais de fer répandus dans cette région ; il y avait fait construire des roules, et effectuer des travaux pour rendre la navigation des rivières plus facile; ses lent atives louables pour encourager la culture dans ces contrées boréales ne furent pas tout à fait inutiles , mais sa fortune souffrit tellement des dépenses considérables dans lesquelles il fut entraîné , que pour remplir ses engagements il fit cession à ses créanciers de ses vastes propriétés. Il avait été élu membre de l'Académie des science* de Stockholm en 1771 , et coopéra très-activement à ses travaux : il fut employé dans diverses commissions du gouvernement pour des objets d'utilité publique. Il obtint en 1813 sa retraite , après cinquante-quatre ans de service, en conservant ses appointements, et les étals du royaume y

mille

ajoutèrent en 1818 une pension de lers. Il mourut le 4 mars 1820. On a de Iiermelin, en suédois : 1° Traité d* la fonte du minera* de cuivre après le grillage, Stockholm, 1766, iu-8%

2° Tableaux de la population et de l'industrie de la préfecture de la Vestro- Botnie, ibid., 1803, in-8°; 3° Essai sur l'histoire minèralogique des Marches laponts et de In Vestro- Botnie , ibid., in -8°; 4° ;' dans les Mémoires de T Académie des sciences. ) Essai d'une histoire minèralogique de ta préfecture de Skaraborg, en Vettrogothie ; Expérience sur la position naturelle de l'aimant dans les mines; Remarques sur la préj>aratioii du sel à Valla, en Norvège; Notice sur le changement employé dans la fonte du cuivre à la mine de Foldal , en Norvège; Description des qualités du schiste ardoisé et de la manière de le foudre ; Essai sur la mine de houille de Boterup et sur d'autres indications de gîtes de ce fossile en Scanie ; Essai sur rétablissement d'amalgamation à la mine d'or oVJEdelfors, en Smolande ; Discours sur les espèces de pierres employées en Suède dans f économie domestique; Discours sur tindustrie des différents cantons de la Suède; Éloge du baron J. Brauner. Les caries publiées aux frais de ilermelin peuvent se ranger en quatre divisions, savoir : Provinces du nord, 3 cartes; Suède propre , 8 ; Got/iie. 11 ; Finlande, 6; en tout 30 carte* et S feuilles «le titres gravées qui représentent des paysages pittoresques. Il faut y ajouter : Cartes de Suède et des pays limitrophes , Cartes pétrographiques de la Norvège et de la Suède méridionale, en C feuillet; Cartes de la mine de Fahlun (Stora Kopparberys (irufea), G feuilles ; Mines d'or et minéralogie d'.Edelfors, I feuille ; Carte de ta Marche lapon e de Lnl<o et des paroisses de Luleo, Romeo et de Calix supérieur et inférieur dans la préfecture de la Botnie septentrionale. Toutes ces cartes sont de format atlantique , gravées avec soin sur de bon papier, bien enluminées et fort nettes. Elles sont d'ailleurs remarquables par leur exactitude; cependant Ilermelin eut de grandes difficultés à surmonter, mais il y parvint par sa persévérance : i) f.illut déterminer la position de plus de cent points à l'aide de ebronomètres et de sextants à miroirs; c'était la première fois qu'on faisait usage de ces instruments en Suéde pour une opération de ce genre en grand; il les fit venir à «es frais. — La construction de ces cartes a donné lieu aux ouvrages suivants, en suédois : Notice de la latitude et de la longitude géographiques de divers lieux de la préfecture de la Vestro-Botnie , déterminées par des observations astronomiques , rédigée par C.-P. Ha llstnrm (voy. ce nom), Stockholm,

1803, in-8". Description géographique et statistique de la Marche-Lapone de Ketni, dans la préfecture de la Vestro -Botnie, par (',. Wahlenberg, ibid.,

1804, in-8° avec carte. Notice des mesures et des obsertmtinns employées pour déterminer la latitude et la température des monts de Laponie sur les soixante-sept degrés de latitude boréale, par G. Wahlenberg, ibid., 1808. Notice de la latitude et de la longitude géographiques des divers lieux de la Suède, déterminées par des observations astronomiques et chronométriques , par C.-P. Ilsrllstrœm , ibid., 1818. A la diète de 1800, l'ordre de la noblesse,

pour reconnaître les services rendus à la Suède par Hermelin, fit frapper en son honneur une médaille qui d'un côté montre son buste, et de l'autre cette inscription en suédois : Pour avoir étendu la connaissance du pays, accru rindustrie et peuplé des cantons déserts . hommage offert par des concitoyens et des amis. E — s.

HERME.NEGILDE, prince des Visigoths, fils du roi Leuvigilde, fut associé au trône d'Espagne avec son frère Récarède, en 573. Il était arien; mais ayant épousé Ingonde, fille de Sigebert roi de France , il embrassa , à sa persuasion , la foi catholique. Ce changement occasionna de grands troubles dans l'Etat. Herinenegilde, à qui son père avait cède" l'Andalousie, pour l'accoutumer à té» I gner par lui-même, enleva son épouse de la cour, | et la conduisit dans ses États pour la mettre à 1 couvert de la violence et de la persécution de la reine Gosuinthc, qui la traitait avec indignité pour la forcer d'embrasser la secte d'Arius. Leuvigilde rappela son fils à Tolède; mais ce prince, au lieu d'obéir, fit un traité avec les Grecs, et prit deux fois les armes contre son père. Le roi, l'ayant vaincu et fait prisonnier, le menaça de toute sa colère s'il ne revenait à la doctrine | arienne. Ilermenegilde lui répondit : « Je suis « prêt à vous rendre le sceptre que vous m'avez « donné. Je suis dispose même à perdre la vie « plutôt que d'abandonner la vérité. Je conserve- « rai jusqu'au dernier soupir le respect que Je i vous dois ; mais il n'est pas juste qu'un père ait « plus de pouvoir sur son fils que Dieu et sa con- « science. » Cette réponse transporta le roi de fureur; il fit mettre son fils dans une rude prison, et lui envoya, le 4 avril 386. un évèque arien et Sisebert, son capitaine des gardes, pour lui proposer cette cruelle alternative , ou de renoncer à la religion catholique, ou «le se résoudre à la mort. Herinenegilde ne balança pas un instant : il présenta sa tête à Sisebert, qui ne rougit pas d'exercer l'odieuse fonction de bourreau contre le fils de son roi. La fermeté et la grandeur d'âme qui signalent les derniers moments de la vie d'Ilermenegilde ont fait oublier qu'il avait porté les armes contre son père, son roi et sa patrie» L'Église l'a mis au nombre des martyrs, et honore sa mémoire le 13 avril. R — r.

RERMEXFROl, fils de Bazin, roi de Thuringe, partagea avec ses deux frères, fier taire et Baiderie , le royaume que leur laissa son père. Par les conseils «le sa femme Amalberguc, nièce deThéodoric, roi des Ostrogoths, il assassina Bertaire, et s'empara de ses Etats. Il hésitait à dé|»ouiller son autre frère, lorsque, pour le déciiler entièrement, l'ambitieuse Amalberguc recourut à un étrange moyen. Elle ne fit plus servir sur la table «le son époux que la moitié des plats ordinaires. Mécontent de cette parcimonie, il s'en plaignit; elle lui répondit alors : « Vous n'avez «nie la moitié d'un « royaume; votre table ne peut être servie qu'à « moitié. » Plus tard, soutenu par Thierri, roi de

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Metz, il devint maître de toutes les possessions de Balderic, et refusa ensuite de les partager avec son allié, comme il en était convenu. Celui-ci, irrite de sa perfidie, en tira vengeance. En l'année 528, accompagné de Clotaire, il attaqua Hcrmenfroi, et le défit dans le canton appelé aujourd'hui Eichfeld. En 530, maître absolu de son royaume, il le précipita lui-même ou le fil précipiter du haut des murailles de Tolbiac ou Zulpich dans un fossé où il expira. Après sa mort Amalbergue se retira avec ses enfants auprès de Théodat son frère. St. P— ».

HERMENCARDE. Voyez Ermesgarde.

HERMENRIC. Voyez Ermeric

HERMEROS (Sextius Avms), affranchi dont le nom figure sur une pierre tumulairc consacrée à Lucretia Valeria, sa femme. Cette pierre, déterrée en 1825 à Lyon, devant l'église Saint-Irénéc, est remarquable en ce qu'elle contient un distique grec, en mètre élégiaque, qu'on peut ainsi traduire : « L'envie est un grand mal, elle a néan- ■ moins cela de bon qu'elle consume et les yeux « et le cœur des envieux. » Ce distique, dont l'auteur est inconnu, figure avec deux légères variantes parmi les épigrammes de l'Anthologie; il a fourni à un savant philologue, Claude Brcgbot du Lut, l'occasion d'une intéressante dissertation adressée, sous forme de lettre, à feu Dugas Montbel, laquelle a été insérée ainsi que la réponse de ce docte helléniste dans les Archives du Rhône, t. 2, p. 113 et 331. Voyez les Inscription* antique* de Lyon reproduites d'après Us monuments, ou recueillies dans les auteurs, par Alphonse de Boissicu, p. 491. A. P.

HERMES (Jea.v Auguste), un des plus remarquables théologiens protestants de l'Allemagne, naquit le 24 août 1736, à Magdebourg. Ses études, commencées à Klosterbergen (1749-54), se terminèrent à l'université de Halle, où il passa deux ans, joignant à l'étude de la théologie celle de la philosophie et de l'histoire, cl flottant de système en système jusqu'à ce qu'il eût cru trouver dans le piétisme la véritable base de la morale et la nuance la plus parfaite, la consommation pour ainsi dire de l'adoration théorique et pratique due par l'homme à la Divinité. II persévéra dans ces idées tout le temps qu'il resta au séminaire, et pendant les premières années de sa carrière ecclésiastique (1760-65). Mais, quand du village de Horschendorf , après cinq ans de séjour, il passa comme préposé à Wahren, ses idées se modifièrent et devinrent en même temps plus précises et plus larges. De nombreux écrits témoignèrent de cette nouvelle direction de son intelligence. Mais l'expression en fut parfois téméraire , et la hardiesse des problèmes qu'il ne craignait pas de discuter, la hardiesse surtout des solutions qu'il formulait alarma plus d'une fois les chatouilleuses oreilles des ministres de l'Evangile ses collègues. Une de ses questions surtout porta le courroux au comble. « Le Christ a-t-il satisfait

« pour les peines temporelles du péchc «Hermès reçut ordre de comparaître devant le consistoire du Mecklembourg, et une enquête fut dressée sur sa doctrine. Ses ennemis se réjouissaient déjà de sa perte, qu'ils tenaient pour assurée, lorsque, au lieu d'être suspendu de ses fonctions, la moindre peine à leur avis qu'on pût infliger à son audace, il fut nommé premier prédicateur et inspecteur spirituel à Jérichau dans le gouvernement de la Saxe prussienne. Des contrariétés inattendues, les maladies qui affligèrent sa famille, lui rendirent odieuse celte insalubre résidence , et il ne songea plus qu'à l'abandonner au plus vite. La recommandation de son ami Spalding le mit en relation avec l'abbcsse de Quedlinbourg, qui le proposa pour premier prédicateur à Diltfurt, et bientôt après pour premier prédicateur à l'église Saint-Nicolas et pour conseiller de consistoire à Quedlinbourg. Ni la protection de celte abbesse et de la princesse Amélie de Prusse, ni l'irréprochable pureté de ses mœurs, ne désarmèrent ses persécuteurs. Nous ne descendrons pas dans le détail de ces tracasseries, qui empoisonnèrent l'automne et l'hiver de sa vie, mais qu'il ne cherchait qu'à oublier par l'exercice de toutes les verlus et par les soins éclairés qu'il apportait à l'amélioration des écoles et des hospices. En 1800, après la mort de Baysen, il prit sa place au consistoire principal comme premier conseiller ecclésiastique, et il fut nommé premier prédicateur de la cour. En 1807, l'université d'Helmstaedt lui fit l'envoi du diplôme de docteur en théologie. Il était alors plus que septuagénaire. II ne tarda point à recevoir sa retraite, lors de la dissolution du duché de Mecklembourg , et il fut placé sur la liste des pensions du royaume tout ' récent de Westphalie; toutefois il conserva les , fonctions attachées à la surintendance, et ne s'en I démit qu'en 1821 , peu de temps avant sa mort. Les nombreux ouvrages d'Hermès sont de nobles témoignages d'un esprit fécond, instruit, sagace l et doué de belles facultés. L'auteur y professe un attachement profond aux principes de tolérance; car il appartient à l'école de Spalding, Teller, j Jérusalem, et à ses yeux le christianisme, pour satisfaire aux besoins de la société nouvelle, doit I être pris en un sens plus vaste, et doit élargir ses j bases. Nous indiquerons, outre les recherches déjà citées sur la question qui souleva tant de suscep- I tibilités contre lui : 1° Histoire de met opinions et I des poursuites, etc., ....à l'occasion de la question,

le Christ a-t-il Berlin, 1777 ; 2" Manuel de la

religion, Berlin, 1779; traduit en anglais, danois, suédois; et en français par la reine de Prusse, femme de Frédéric II, Berlin , 1789 , 2 vol. in-8c (coy. Elisabeth -Christine); 3° Bibliothèque universelle de théologie, 1784-87 (en société avec H.-M. Cramer). P — ot.

HERMES (Jean-Twothêe), probablement de la ' même famille que le précédent, mais d'une brani cbe éloignée, naquit en 1738 à Petznick, aux en-

Tirons de Stargard en Poméranie ultérieure. Son père était un homme de mérite, et, secondé par un maître habile, il développa singulièrement son aptitude. Hermès alla ensuite au collège de Stargard, puis à l'uni ver site de Kœnigsberg, où il termina ses études par celle de la théologie, et où sa parfaite connaissance de la langue française le fit recevoir dans les premières maisons. Kant et Arnold le prirent en amitié. Ce dernier surtout découvrit en lui un talent qu'Hermès ignorait encore, et le qualifia de Ricbardson allemand. Le théologien naissant se mit alors à s'essayer solitairement dans ce nouveau genre, en détaillant l'histoire morale de la femme dans une série de tableaux ou expériences dont il se proposait de tirer plus tard des romans que pût goûter le public. De Kœnigsberg il se rendit à Dantzig et ensuite à Berlin, où il publia effectivement un premier roman, Fanny Wilkes, 1766, 2 vol. in-8°. Cet essai réussit, et quatre ans après parut le Voyage de Sophie depuis Memel jusqu'en Saxe (Lcipsick, 1770-75, 5 vol.}, qui surpassait de beaucoup le premier ouvrage, et qui eut un grand succès; il a été traduit en français, sur la douzième édition, par P.-B. Lamare, sous le titre de Voyage de Sophie en Prusse, Paris, 1800, 3 vol. in-8°. Mais Hermès pensa que la sévérité du ministère évangélique lui défendait ces peintures dans lesquelles il excellait. Il avait troqué sa chaire de professeur à l'académie de cavalerie de Brandebourg contre les fonctions de prédicateur de campagne à Luben en Silésie, était venu de là comme prédicateur aulique au château de Pless, qui était au prince d'Anhalt, et avait ensuite rempli à Berlin diverses fonctions ecclésiastiques. Abandonnant un genre toujours un peu profane, bien que Ricbardson, son modèle, eût aussi porté l'habit clérical, Hermès acquit le renom d'un théologien habile, d'un savant linguiste et d'un homme de bien. Après avoir habité la capitale de la Prusse trente-cinq ans presque sans interruption, Hermès prit la route de la Silésie, en 1808, avec le triple titre de surintendant des églises et des écoles de Breslau, de premier pasteur de Ste- Élisabelb, et de premier professeur de théologie. U ne comptait alors pas moins de soixante-dix ans; il eu vécut encore treize, et mourut le 24 juillet 1821, au moment où commençait la célébrité de Walter Scott, célébrité que peut-être il n'eût tenu qu'à lui d'avoir un demi-siècle auparavant. P— OT.

HLRMES (Georges), théologien allemand, né en 1775, à Dreierwalde, dans la province de Munster, entra, en 1798, dans la carrière de l'enseignement au gymnase de cette ville, et fut nommé, en 1807 , professeur de théologie dogmatique à l'université. Quand le gouvernement prussien eut établi l'université de Bonn, Hermès y fut appelé à la chaire de théologie catholique, il s'y distingua bientôt par un cours qui fit d'autant plus de bruit que le professeur cherchait à rapprocher les

Iini 893

catholiques et les protestants, en s'efforçant de montrer qu'ils n'étaient pas aussi éloignés les un? des autres qu'ils le pensaient. La tendance de ces cours dogmatiques déplut à l'archevêque de Cologne, le même qui a eu dans la suite des démêlés avec le gouvernement prussien, au sujet des mariages mixtes (voy. Droste de Vischerikg). Ce prélat défendit aux jeunes théologiens de fréquenter les cours d'Hermès, et refusa d'admettre dans son clergé ceux qui les avaient suivis. En vain le gouvernement prussien prit la défense du professeur; l'archevêque persista dans son refus, et fut approuvé par le pape , qui fit extraire des écrits du professeur un certain nombre de propositions, et les condamna comme contraires au dogme catholique. Cependant Hermès eut des partisans que l'on désigna sous le nom d'Hermésiens, et qui furent pour la plupart de jeunes théologiens. Cette espèce de secte a survécu au chef qui est mort en 1831 , et qui était du reste un homme très-pieux et de mœurs irréprochables. Ses deux principaux ouvrages, écrits en allemand, sont : 1° Recherches sur la vérité intérieure du christianisme, Munster, 1813, in-8»; 2° Introduction à la théologie chrétienne catholique, Munster, 1813,in-8°. L'n de ses partisans, P.-J. Elvenich, a publié: Aeta Hermesiana quœ compluribus G. Uermesii tibris a Gregorio XVI, S. P.,per lifteras apostolicas damnât is, ad doctrinam Uermesii hujusque in Gertnania adversariorum accuratius explicandam et ad pacem, etc., Gœttingue, 1836, 1" partie. D— «.

HERMES1AN AX , poCte grec , disciple de Philète, vécut sous les règnes de Philippe et d'Alexandre le Grand. Les habitants de Colophon, sa ville natale , lui érigèrent une statue. Il écrivit trois livres d'élégies, adressées à sa maîtresse Lcontium. Athénée en a extrait près de cent vers du 3* livre. M. Weston les a fait imprimer à Londres, 1784, in-8° de 130 pages, dans ses Conjectura in Athenaum; il y a joint une élégante version latine en vers, avec beaucoup de corrections très-heureuses. Ce fragment , qui est bien propre à nous faire regretter ce qui s'est perdu , a aussi exercé la docte critique de Rubnken dans son Epist. crit. Il, p. 597 et suivantes, à la suite de Caltim. Hymn. in Cererem. Van Santen a traduit ce fragment en vers latins , sous le titre de Tentamen Bermesianaeteum (Poematum, p. 195-199). Colophon a eu un athlète célèbre du même nom. T-o.

HERMIAS, personnage célèbre, s'éleva de la condition la plus basse jusqu'au trône, et par les talents et les vertus qu'il y déploya , ne se montra point indigne d'une si haute fortune. Il naquit en Bithynie et fut d'abord esclave , soit qu'il fût né dans l'esclavage , soit qu'il y fût tombé par accident. U passa successivement au pouvoir de différentes personnes. Il était de l'intérêt des maîtres de développer les talents de leurs esclaves par une éducation soignée. Hermias sut mettre à profil celle qu'on lui donna. Le dernier de ses maîtres fut Eubulus, riche banquier qui habitait Asso» et

Atarnr , ville d'un petit canton de Mysie, auquel cette dernière ville donnait son nom. Eubulus, appréciant les dispositions de son esclave, lui permit d'aller prendre les leçons de Platon etd'Aristote. Celui-ci conçut pour Hennias le pins vif attachement et lui prodigua ses soins. Cependant Eubulus, profitant de la puissance que lui assuraient ses richesses, conspira contre le roi des Perses, alors sourerain de l'Atarnée, et tenta de secouer le joug de ce prince. Hermias, instruit de son dessein , quitta l'école d'Aristote pour voler auprès de lui , et le seconder dans son entreprise. Cet e've'nement se rapporte à la 416* olympiade. Eubulus, ayant vu réussir ses projets et étant resté paisible possesseur de cette contrée , accorda toute sa confiance à Hermias, qui la justifia par •a conduite et la sagesse de son administration. Eubulus mourut : Hermias lui succéda, et conierva ses États sans aucun trouble pendant plusieurs années. Ses vertus ne se démentirent point ■ur le trône : il se distinguait par sa douceur. On rapporte cependant qu'ayant été fait eunuque dans son enfance, il ne pouvait souffrir qu'on parlât devant lui de tout instrument qui aurait pu lui rappeler sa disgrâce. Son amour pour les lettres est attesté par Aristotc , qui , après la mort de Platon , vint chercher un asile à sa cour, et qui a célébré la gloire de son disciple dans une pièce de vers de la plus grande beauté. C'est un hymne en l'honneur de la vertu , que Diogènc LaeYce, Athénée cl Slobée nous ont conservé et qui a été traduit plusieurs fois en français. 11 parait qn'Hermias payait un tribut au roi de Perse, et que, comme il avait voidu se soustraire a cette redevance, le roi donna à Mentor de Rhodes l'ordre de le faire rentrer dans le devoir. Mentor eut recours à l'artifice : il promit à Hermias de fléchir le roi en sa faveur, et de lui procurer sa grâce à des conditions avantageuses. Sous prétexte de régler ces conditions, il l'attira à une entrevue, s'empara de sa personne, et l'envoya au roi, qui le fit mettre à mort, l'an 343 avant J.-C. Hermias laissa une sœur nommée Pythias; elle restait sans secours : Aristote l'épousa et en eut un fils [roy. Ams-roTK).Ce philosophe érigea en I*honneur d'flermias un cénotaphe, qu'on voyait à Atome j il lui consacra aussi une statue à Delphes, et l'orna d'une inscription en vers qui rappelait sa fin tragique. Si — 1>.

HEliMIDA (OEStTO t PoRRAS-DKRMi-nr.z-MAi.norado), l'un des Espagnols qui contribuèrent le plus efficacement à la défense de leur pays contre les attaques de Napoléon , naquit à Sl-Jacques en Galice le 1er avril 1736, d'une ancienne famille. Il dut sa première éducation à sa grand'mère, de l'illustre maison de Saint-Hubert, qui lui inspira dès l'enfance les vertus de son saint aïeul. Ayant alors entendu de longs récits des guerres de Flandre, il voulut d'abord entrer dans la carrière des armes , mais sa faible santé l'obligea d'y renoncer; il étudia les mathématiques, et y devint

très-profond. Il aimait aussi la physique , dont il fut victime par de» expériences dangereuses. Toutes ces études ne l'empêchèrent point d'apprendre les langues française, italienne , anglaise et latine , et d'acquérir encore des notions étendues sur le droit publie. Gradué licencié, il entra au collège de Fonseca à St-Jacques en 1736 , et s'y distingua tellement que bien jeune encore il fut nommé inspecteur de la librairie en Galice. Ces fonctions développèrent de bonne heure ses connaissances. Après deux ans de collège il assista à de brillants concours de prébendes, et par 1j suite se présenta à la cour pour la place de j'Jge; mais, d'un caractère peu courtisan , il ne l'obtint pas. 11 composa dès lors un volume contre l'usure qu'il ne publia pas, quoiqu'il eût obtenu la permission de l'imprimer. S'abstenant de tous les plaisirs de son âge, il dt une retraite au con- : vent de St-Philippe Néri , et se prépara à une -rie tout à fait exemplaire. Ce fut alors qu'on lui proposa la place de son père, intendant général de Galice, qui était devenu par l'âge incapable de la remplir, et qu'on voulait mettre à la retraite; mais la sévérité de ses principes lui fit repousser cette proposition et solliciter lui-même la conservation de l'emploi à son père. Pour lui ce ne fut qu'en 1768 qu'il accepta les fonctions de juge criminel de la chancellerie de Grenade , lesquelles il exerça après son mariage avec mademoiselle Marin y Freyré, de Andrada , née à Saint-Jacques d'une famille très-distinguée. Délie et douée des plus éminentes qualités , il l'aima tendrement et avec tant de constance que, l'ayant perdue après trente-lrois ans d'union, il ne put se consoler qu'en écrivant lui-même sa vie. Son début à la chancellerie de Grenade fut l'instruction d'affaire» criminelles de la plus grande importance ; aucun magistrat ne se montra plus habile dans la recherche des coupables. Il est à regretter que ses cahiers sur diverses causes célèbres se soient égarés avec d'autres manuscrits non moins intéressants. On le nomma juge à Agnas en 1775, et le roi lui donna la pénible mission de visiter l'évèché d'Alméria, et d'en examiner la comptabilité. H y fit rentrer des créances dues depuis plus d'un siècle, organisa la perception pour l'administration des dîmes et prébendes, etc., avec un zèle sans exemple. Il dota six hôpitaux et six maisons d'enfants trouvés, et la chambre royale satisfaite ordonna que ce qu'il avait établi srrvlt de modèle pour toutes les églises de patronage royal. Son désintéressement était tel qu'il refusa douze mille piastres (60.000 francs) que la chambre avait votées pour l'indemniser, et dont il fil l'abandon aux pauvres; il subvint même encore de ses deniers aux besoins de l'État par des prêts, qui ne se montaient pas à moins d'un million de réaux (230,000 francs), les bénéflcieTS de la cathédrale d* Amena ayant voulu fonder une rente pour célébrer un anniversaire en son honneur, il se refusa encore à ce témoignage de reconnaissance. Lors-

que le nombre des malade» dépassait celui que l'hôpital pouvait recevoir, il les faisait soigner à ses frais, et disposait pour cela des appartements aux bains d'Alanilla. Eu 1782 il vint reprendre à Grenade sa place de juge jusqu'en 1786. Nomme à celte époque président de l'audience de SévUJe, il n'y laissa pas des souvenirs moins honorables. Lorsqu'il devint, en 1792, conseiller de Castille et procureur royal de la charabrr, sa probité et ses talents éclatèrent de plus en plus dans ces importantes fonctions. Il y augmenta considérablement les revenus de l'État , et ûl rentrer au trésor plus de deux millions de réaux , respectant néanmoins avec beaucoup de scrupule les privilèges du clergé, ce qui lui attira bientôt la haine de Codoï (twy. ce nom). Il mérita aussi la disgrâce du ministre Urquijo par son opposition à la publication de l'ouTrage de Pereira, ainsi qu'à la confirmation des évéques par les métropolitains, lors de la mort de Pie VI. Il dé fendit avec la même fermeté le roi et le pape, les Biscaïens et les Navarrois, quand on voulut attenter à leurs privilèges , ce qui lui attira au conseil , en présence du roi , de la part du ministre d'État Gardoqui, la qualification très-injuste de révolutionnaire. Ses connaissances en mathématiques ne lui furent pas inutiles à cette époque pour terminer un procès fort embrouillé sar les fontaines de Pampelunc. Il fut encore chargé de beaucoup d'opérations importantes dans la guerre contre les Français en 1793, notamment de la reddition île Figuières. Pour le civil comme pour le militaire, rien ne lui était étranger, et dans le même temps il écrivait sur les causes si affligeantes de la dépopulation ; ce qui le fit nommer membre de la société chargée d'y remédier. En 1799, il fut appelé à la chambre de Castille et nommé conseiller de la chambre du roi. L'année suivante, il demanda sa retraite pour aller dans ses terres jouir d'un repos que tant de travaux avaient rendu indispensable; mais oa l'obligea bientôt de revenir à Madrid, et il y demeura jusqu'en 1802. l>e roi lui accorda alors sa retraite avec tous les honneurs et traitements d'usage ; ce qu'il ne dut évidemment qu'au dessein que Godol avait formé de l'éloigner. Devenu veuf, il alla rejoindre sa fille uoique , qui depuis

ri de mois se trouvait à Saragosso , mariée avec marquis de Santa-Coloma , alguacil-mayor de l'audience. Ce fut là que, pour la première fois, il jouit de quelque repos , consacrant ses loisirs à la traduction en vers libres du Paradis perdu de Hilton. Toutefois sa modestie l'empêcha de l'imprimer, mais sa fille l'a publiée après sa mort. Sa lecture favorite était celle des OKmvrts de Ste-Tkêrèse. 11 aimait aussi beaucoup la musique, qu'il connaissait à fond, et souvent au point de reprendre les amateurs les plus habiles. La révolution de 1808 vint troubler cette heureuse tranquillité. Aussitôt après la chute du prince de la Paix, l'abdication de Charles IV et l'avènement de Ferdinand VII, Uermida fut nommé à son

ancienne place, malgré sa résistance , fondée sur son âge avancé. Le nouveau roi le força d'obéir, ordonnant à ses enfants de l'accompagner. 11 allait partir qnand il reçut la nouvelle du malheureux voyage de Bayonne. Alors il écrivit à son souverain une lettre de dévouement qui ne parvint à ce prince qu'au moment où on l'entraînait prisonnier à Valençay (voy. Febmkan» VII). Reste1 à Saragosse, Hermida ne songea plus qu'aux moyens de résister à l'envahissement ikmt sa ps* trie était menacée, et par ses conseils autant que par son exemple il contribua à la mémorable défense de cette ville. Le 24 mai 1808 , on le vit se mêler avec le peuple, qui le respectait, et servir de médiateur entre les insurgés et le général Guillelmi, afin qu'on se déterminât à armer les habitants comme ils le désiraient. Hermida concourut très-efficacement à cette résolution, et il obtint que le président et l'assemblée se réunissent au soulèvement général. Dans la ter» rible nuit du 13 juin , retrouvant toutes les forces de sa jeunesse , d accourut chex le général Pal a fox pour lui ofTrir ses conseils et ses services, et il y passa la nuit, accompagné de son gendre qui était chargé de la surveillance publiqne. Par leurs efforts combinés, ils réussirent à calmer les esprits, si bien que toutes les maisons étant restées ouvertes et les femmes seules, aucun vol, aucun excès ne fut commis. H était décidé à périr sous les ruines de la ville; mais sa fille, voyant l'extrême danger où il allait se trouver, le fit sortir de Saragosse. Hermida perdit alors ses manuscrits, Ses tableaux et le plus riche mobilier. 11 se réfugia avec son gendre au bourg de Monroyo, patrie du marquis de Santa-Coloma. C'est là qu'ils attendirent le sort de la malheureuse cité, travaillant l'un et l'autre à la défense des bourgs et des villes voisines, obligeant les habitants à s'armer et à apprendre l'exercice. C'est alors qu'Hermida inventa et fit exécuter une batr terie volante , pour le transport et la manoeuvre de laquelle deux 1 joui nus suffisaient; il en fit l'expérience avec le plus grand secret. La junte centrale le nomma à cette époque ministre de grâce et de justice; on ne lui donna pas le temps de s'excuser, et il dut se mettre en route pour Valence, d'où il partit bientôt pour Aranjuez, devant passer sous peu de jours avec la régence à Séville. Il supporta les peines d'un si long voyage et celles du cabinet bien plus grandes encore, sans archives, sans employés, et n'en voulant avoir que trois , pour ne pas grever l'État. Jamais on ne l'entendit proférer une seule plainte. Son activité était telle, qu'au milieu des travaux immenses de son ministère il composa une brochure qui fut imprimée sous ce titre : Réflexions dmn buwgeoa. avec celte épigraphe : Si j'ai perdu dans tes fatigue* dê ma carrière l'énergie pour agir, je paie dm moins penser encore à loi. 6 ma chère patrie f Uuand la junte centrale voulut fuir à l'Ile de Léon, après la désastreuse bataille d'Ocagna , Uermida

opina pour que le gouvernement fût (ftabH à Cordoue, afin que, placé en face de l'année, il se trouvât plus à portée de la secourir et de l'encourager; mais il ne put faire prévaloir cette proposition courageuse. Lors de la dissolution de la junte centrale, il resta conseiller d'État; il présenta à la régence , qui était dans l'Ile de Léon , un mémoire contenant des observations sur la possibilité que les bombes de l'ennemi lancées du Trocadéro atteignissent la place de Cadix (comme cela eut lieu), et il indiqua les moyens de remédier à ce danger. Il s'opposa ensuite dans le conseil d'État, avec beaucoup d'énergie , à la nomination de suppléants pour les cortès extraordinaires , où il fut député par son département (celui de St-Jacques); et quoiqu'on le nommât président au moment de son installation , ce fut avec le titre de provisoire, parce que dès lors le parti démocratique avait compris tout ce qu'il avait à craindre d'un homme aussi capable, aussi ferme dans ses opinions. Dès son entrée à la junte centrale, le premier soin d'Hermida fut d'assurer les droits de la dynastie royale contre les décrets de Bonaparte. Il demanda une instruction judiciaire pour confirmer l'abolition de la loi Gallica (la loi salique), abolition décrétée par les cortès de 1789 , et qui ne fut point promulguée alors par égard pour la France. Enfin , il ne cessa de parler et d'écrire en faveur de l'ancienne monarchie espagnole , et il composa dans ce système une brochure remarquable, intitulée Exposé succinct des cortès de Xavarre. Ce fut dans le même sens qu'il publia son Dialogue d'un paysan et d'un habitant de Vile de Mon. Quelques journaux du temps attaquèrent cet ouvrage ; mais il méprisa leurs sarcasmes et fit paraître une autre brochure intitulée Avis au public. Lorsqu'il s'agit de nommer une régence du royaume pendant l'absence de la famille royale , il vota pour qu'elle fût remise à la princesse du Brésil , comme héritière éventuelle de la couronne d'Espagne. Hermida ne fut présent à aucune des séances où l'on discuta la constitution. Il protesta contre les plus funestes décrets des cortès, tels que la liberté, le vœu de St-Jacques , l'inquisition , les contributions, le» nombreuses représentations d'Amérique, et autres semblables, qu'on n'a pas insérés dans les journaux des cortès. Il parla encore avec fermeté contre le désordre des jugements criminels et civils, et en général contre toutes les fatales innovations décrétées par les cortès. II défendit avec énergie les évéques députés et autres personnages injustement poursuivis. Quoique sa santé fût épuisée par les désagréments continus qu'il éprouvait , et quoiqu'il restât dans la classe de conseiller retraité, lorsque les cortès reformèrent leurs anciens conseils avec leurs honoraires de deux mille piastres (10,000 francs), qu'on ne payait pas, Hermida resta à son poste sans craindre ni les bombes, ni l'épidémie. Il soutint par la persuasion le courage de plusieurs députés, et | les décida à ne point abandonner la défense de 1

la patrie. Malgré son grand âge et ses infirmités, il écrivit encore des Obserrationt tendant à désabuser et à instruire les députés des cortès extraordinaires. Enfin le 14 octobre 1813, la capiUle ayant été de nouveau évacuée par les Français , il se décida à y retourner, et partit sur une mauvaise charrette, disant qu'il allait réunir ses cendres à celles de son épouse. Sa fille et son gendre avaient fui en Aragon. Il souffrit avec une patience héroïque toutes les incommodités de la quarantaine. A son passage par la Sierra-Moréna , il s'informa en détail de ce qui s'était passé à la bataille de Baylen , prenant les mêmes informations partout où avait eu lieu quelque action d'éclat. Dès son arrivée, malgré les grandes fatigues du voyage et sa santé dépérissante, il s'occupa de convaincre les députés des cortès ordinaires, à défaut des cortès extraordinaires, des besoins d'annuler tout ce qu'on avait décidé sans la sanction royale. Tous ses vœux étaient de revoir enfin son roi ; mais ce bonheur ne lui fut pas donné. N'ayant plus les moyens d'entretenir une voiture, il voulut faire à pied toutes les courses que lui commandaient ses fonctions et ses devoirs religieux. L'aisance lui manquait lor&qu'U en avait le plus besoin , et cependant il ne voulut rien changer à ses habitudes. Pénétré par l'humidité et le froid, il tomba malade, et le l'T février 1814 il expira âgé de 78 ans, après avoir reçu tous les secours de la religion, ne laissant à sa famille, après une si longue et si laborieuse carrière, que sa réputation de savoir et de vertu. Hermida avait été l'ami des hommes les plus illustres de son temps. Jovellanos descendit chez lui lors du retour de son exil de Majorque. On peut connaître les témoignages de leur amitié dans le mémoire que Jovellanos a composé pour sa justification. II ne reste que trois ouvrages de tous ceux qu'avait composés Hermida : 1° Réflexions militaires d'un bourgeois [Pensamientos militares de un paisano) , Séville, 1809, 1 vol. in-12: 2° Exposé abrégé des cortès , gouvernement ou constitution du royaume de Natarre, publié en [ honneur des cortès générales et extraordinaires réunies à Cadix . avec diverses réflexions, Cadix , 1 81 1 , in-8° ; 3° le Paradis perdu de Milton , traduit de l'anglais, Madrid, 1814,2 vol. in-12. Les journaux anglais ont fait l'éloge de cette traduction , disant qu'elle est la plus exacte. Les autres productions d'Hermida furent perdues à Saragosse en 1808. M-» j.

HERMIAS, philosophe platonicien, disciple de Syrianus, Mûrissait au 8e siècle. Il était natif d'Alexandrie, et épousa d-ldesia, l'une des plus belles femmes de cette ville , dont il eut Ammonius et Héliodore. Il avait un génie médiocre et une mémoire prodigieuse; et sa morale était exquise. Les vertus de sa femme égalaient sa beauté. Elle regardait son bien comme le patrimoine des pauvres, et se livra tout entière à l'éducation de ses enfants, qu'elle confia dans la suite aux soins de Proclus, quand elle fut devenue veuve. —

Hermias, philosophe chrétien, qui vivait au second siècle de l'Église, est auteur d'un ouvrage (Aiaavpn&ç tûv l\<a otXotnî^uv) que l'abbé Houleville ne craint pas d'égaler à ceux de Lucien. Il y traite des principes des choses, de l'âme, de Dieu, et combat vivement les opinions des sages du paganisme. Les éditions de cet ouvrage sont : 1° Baie, 1553, ln-8°, grec, avec une version latine de J.-J. Fugger; 2° Zurich, 1560, in-fol. , curante

Cesnero ; 3° P;iris, 1624, in-fol-, dans V .lactarium

Dueeeanum de Fronton du Duc, qui l'a enrichi de notes; 4° à la fin de presque toutes les éditions de Saint-Justin ; 5° à la suite du Tatien de Thomas Gale, avec notes de lui et de Wilh. Worth, Oxford, 1700, in-8°. Z.

HFRM1LLY (Vaqcette d'), littérateur estimable, naquit à Paris en 1705, d'une famille originaire d'Amiens, et qui a produit plusieurs hommes de mérite, entre autres le général Gribeauval. Après avoir terminé ses études avec distinction , il se fit recevoir au séminaire pour se conformer aux vues de ses parents ; mais libre enfin de suivre ses goûts, il entra dans la carrière des armes, et servit longtemps en Espagne. 11 profita de son séjour à Madrid pour étudier la langue et la littérature espagnoles; et, de retour en France, il ne négligea rien pour inspirer à ses compatriotes le désir de connaître les productions les plus remarquables de nos voisins. Peu favorisé des dons de la fortune, il fut quelque temps obligé de se faire une ressource de sa plume; mais ses talents lui procurèrent enfin des amis puissants. Il fut nommé inspecteur de l'École militaire et censeur royal ; et il commençait a jouir de l'aisance lorsqu'il mourut d'apoplexie à Paris, en 1778, âgé de 73 ans. D*Hermilly était membre de l'Académie royale de Madrid. On a de lui des traductions : 1° de VHittoire générale d'Etpagne, par Ferreras, Paris, 1744 et années suivantes, 10 vol. in-4» avec des notes et dissertations; elle est estimée (voy. Ferreras); 2° du Théâtre critique du P. Feyjoo, ibid., 1745 et années suivantes, 12 vol. in-8°; elle n'eut pas le même succès, parce que le sujet n'était pas d'un intérêt aussi général, et que d'ailleurs il existait déjà de bons ouvrages dans le même genre ; 3° de la Lusiade de Camoens, Paris, 1776, 2 vol. in-8°; elle a paru sous le nom de la llarpe, qui en a retouché le style ; 4° Dissertation sur tes tragédies espagnoles, suivie <f une analyse de Virginie, tragédie de don August. de Mutiano y Luyando. ibid., 1754, 2 vol. in- 12. D'IIermilly y a joint de courtes notices sur les principaux écrivains espagnols. U se plaint, dans la préface, de ce qu'en France on ignorait alors presque jusqu'au nom des grands hommes qu'a produits l'Espagne. « Lorsqu'on veut les connaître, dit-il, « notre Moreri est ordinairement la source où l'on « va puiser : tout le monde sait combien cet ouït vrage est farci de fautes de toute espèce »

5" Jugement impartial sur des lettres de la cour de en forme de bref, tendantes à déroger à cer-

tains édits du duc de Parme, et à lui disputer, sous ce prétexte, la souveraineté temporelle, traduit de l'espagnol de Campomanès , Paris, 1770 , 2 vol. in- 1-2 , 6* V Histoire du royaume de Majorque et de Miner que. Maastricht, 1777, in-4°; elle est estimée, et on la réunit ordinairement à l'histoire de Ferreras : d'Hermilly l'a fait précéder du catalogue raisonné des ouvrages dont il s'est servi. Il a eu part, avec Hurtault, à la Bibliographie parisienne (1770, C part. in-8°), et à l'Iconologie historique et généalogique des souverains de l'Europe : enfin il a traduit quelques Nouvelles de Quevedo, et il a donné une édition espagnole des Œuvres choisies de cet auteur. U a laissé en manuscrit un poème De la création de l'homme en quatre chants, traduit de l'espagnol , un Abrégé de l'histoire de Pologne, et les premiers livres d'une Histoire de Philippe V, roi d'Espagne. On trouve une lettre contenant quelques particularités sur d'Hermilly dans l'Année littéraire, 1784, t. 7, p. 142. W— s.

HERMINGUES (Gonsaeve), troubadour portugais, vécut vers le milieu du 12* siècle, et jouit de beaucoup de crédit à la cour d'Alphonse Henriqucz, fondateur de la monarchie portugaise. On dit que ce guerrier poète fut épris des charmes d'une femme maure, nommée Fatime, qu'il fit prisonnière dans une escarmouche aux environs d'Alcacer do Sal, selon quelques auteurs, ou dans les environs de Santarem selon d'autres, et qu'il finit par l'épouser après l'avoir convertie à la foi; mais la mort la lui ayant enlevée peu de temps après, il en conçut un tel chagrin qu'abandonnant la cour et le métier des armes, il se renferma dans le monastère d'Alcobaça, où il fit profession et mourut on ignore à quelle époque. Il n'existe de ses poésies que quelques fragments que l'on a recueillis dans le Cancionerro de Rezende avec ceux de plusieurs autres poêles des premiers temps de la monarchie. Z.

HERMLNIER (Nicolas l'). Voyet LHERMLNIER.

HFRMITE. l'oyez ERMITE et Ll 1ER MITE.

HERMODORE ou HERMODCS, architecte et ingénieur, né à Salamine, vivait à Rome, 104 ans avant J.-C. Métellus le chargea de construire les portiques qui régnaient autour du temple de Jupiter-Stator. 11 éleva aussi le temple de Mars dans le cirque de Flaminius. U est probable que c'est le même Hermodore que cite Cicéron comme ayant été très-habile dans la construction de tous les ouvrages qui appartiennent aux ports de mer. L — S — e.

HERMOGÈNE, architecte grec, était d'Alabanda, ville de Carie : on ignore dans quel temps il a vécu ; mais Yitruve le cite comme un des plus célèbres architectes de l'antiquité, et comme ayant contribué, par ses découvertes, ses préceptes et ses ouvrages , aux progrès de son art Ce fut lui qui inventa l'ordonnance pseudodiptère : c'est celle des temples qui ont huit colonnes à leurs faces, et quinze à leurs cotés sur un seul rang. II construisit sur ce principe, dans la ville de

idS HER

Magnésie, un temple de Diane d'ordre dorique : il éleva aussi à Tros un temple monoptère dédié àBacchua; et il publia sur cet monuments un ouvrage qui subsistait encore au siècle d'Auguste. 11 soutenait, avecTarchcaius et Pylheus, anciens architectes grecs, que l'ordre dorique ne devait jamais être employé dans les édifices sacrés. — Il y eut aussi un statuaire du même nom , né à Cythère, dont on voyait à Corinthe un Apollon de bronze et une Vénus. L — S— e.

IIERMOGENE, rhéteur célèbre, né à Tarse en CUicie, offre un exemple extraordinaire d'un esprit précoce, qui, tel qu'un météore brillant, n'eut qu'une bien courte durée. A l'âge de quinze j ans, sa facilité à prononcer des discours improvisés l'avait déjà rendu assez célèbre pour que ; l'empereur Marc-Aurèle voulut aller l'entendre. A dix-sept ans, il publia sa Rhétorique, et, dans les années suivantes, quatre livres de l'invention oratoire, deux des divers caractères du discours, on traité de la méthode oratoire, et enfin des exercices de rhétorique {Progymttasmata) pour les commençants. A vingt-cinq ans, il perdit entièrement la mémoire, et devint absolument stupide. D vécut néanuioins jusqu'à un âge fort avancé, mais n'étant plus qu'une ombre de lui-même et hors d'état de professer. Ses ouvrages sur la rhétorique sont fort estimés; et quelques auteurs lui ! donnent le premier rang en ce genre après Aristote. Les trois premiers de ces ouvrages ont d'abord été imprimés dans le Recueil des rhéteurs grecs, publié par Aide, Venise, 1508, in-fol.; le second volume du même recueil, imprimé en 4809, et qui est très-rare, contient les commentaires grecs de divers auteurs sur les ouvrages d'Hermogène. Les ouvrages de ce rhéteur ont ensuite été imprimés avec Aphthonius et l.ongiu, par les soins de Fr. Portus, Genève, Crispin,lô70, : in-8°. Ces deux éditions sont toutes grecques : il y en a une traduction latine dans l'édition suivante, qui est la plus estimée : Uermogemt art oratorio, cu*n commentoriis Gasp. Auberii, Genève, 1614, in-8°. Les l'rogynuiatmuta ont été publiés pour la première fois par M. Hereen, dans le recueil intitulé Bihtiolhek der alten lùteratur, et réimprimés avec les notes de M. George Vcesenmever, Nuremberg, 1812, petit in-8°. C— a. HERMOGENES ou IIERMOGEMEN , célèbre isconsulle, florissait dans le 4e siècle, sous empereurs Honorius et Théodose le jeune. Les particularités de sa vie sont inconnues; et la ressemblance des noms l'a fait confondre avec Eugène Ilermogénien , qui vivait sous bioclélien , et avec quelques autres personnages. Il avait formé un recueil des con$tdutioi.s des empereurs , divisé i en six livres : cet ouvrage faisait suite au code de Grégorius ou Grégorianus, également perdu. | P. Pithou en a, le premier, publié les fragments, %ui ont été conservés dans son Recueil des ouvrages des anciens jurisconsultes, Paris, 1572; ils ont été réimprimés plus correctement et avec

des notes dans la Juruprudentia velus ante-JvuAnianta, par Schulting, 1717, in-4° (tr«y. Schiltikg). Le savant Espagnol Fioeslres y Monsalvoa publié un Commentaire très-estimé sur le code Ilermogénien (voy. Fiîuùstres). Cujas ne faisait pas un grand cas de ce recueil ; mais Ant. Augus tin, Jacques Godefroy et Gilles Ménage le citenl avec éloge. On a attribué par erreur à Uermog nien un Abrégé du DigeUe, et un traité De jidticommitsù . qu'on sait être d'Upien. W — s.

HERMni Ai s, fils de Sopolis, d'une famille distinguée de Macédoine, était uu des jeunes geu> attaches au service personnel d'Alexandre ; leurs fonctions répondaient à celles de pages. Étant ua jour à la chasse avec le roi, il voit approcher un sanglier, lui lance un trait, et le jette à bas. Alexandre, irrité de ce qu'il l'avait prévenu, le lit châtier ignominieusement en présence des autres pages, et lui Otason cheval. Indigné de cet affront, le jeune homme résolut de s'en venger. Il communiqua son projet à quelques-uns de ses amis; et ils devaient tuer le roi pendant son sommeil. Le jour était même arrêté ; mais le hasard voulut qu'Alexandre passât toute la nuit à boire, et ne rentrât que le matin. Le lendemain leur conspiration fut découverte, comme on peut le voir à l'article CuakiclLs. Hcrmolaus convint de tout, et fut sur-le-cbamp mis à mort avec ses complices, l'an 528 avant J.-G. Le philosophe Callisttiènes, dont il était le disciple, fut accusé d'avoir trempé dans cette conjuration [voy. CALUSTMissa}. Os.

HEHMOLALS. Voye% BARBAKO.

H Kit MON, sculpteur, né à Trézène, doit être rangé parmi les anciens artistes grecs : on voyait de lui, dans cette ville, une statue donnée 'par Auliscus, et deux statues de bois, représentant les Dioscures; elles ornaient un temple que Pausanias regarde comme le plus ancien qui existât dans la Grèce. Uerinon fît encore pour Elis le trésor des £i>idamniens : il fut aidé dans cet ouvrage par sou frère Lacharés et par son père Pyrrhus, sculpteur, dont Pliue cite quelques ouvrages. 11 n'est pas certain que l'ilerinoo auquel on attribue l'invention des masques se < niques soit le même que le sculpteur. L — S— c

UERMON DA VILLE (Ifcxiu), médecin et chirurgien français, virait au commencement du 1 Y siècle. Il avait d'abord enseigné la chirurgie a la faculté de médecine de Montpellier, où il fut te maître de Gui de Chauliac. Elève de Théodoric et de Lanfranc , il propagea la doctrine de ces deux grands chirurgiens, vint ensuite à Paris, et s'associa au collège de chirurgie que venait de fonder J. Pi tard, premier chirurgien de Saint-Louis. U jouit dans la capitale d'une grande réputation, et fut médecin de Philippe le Bel. U pratiquait donc à la fois la chirurgie et la médecine. U fallait bien qu'il fut médecin pour avoir enseigné a l'université de Montpellier; mais il est indubitable qu'il exerça la chirurgie à Paris, puisque sou nom se trouve dans l'index Junertue chirurgvrum tari'

sienshtm , ah anno 1 01 5 ad annum 1529. Il composa même sur cet art l'ouvrage le plus complet qui eût encore paru : ce livre a servi de modèle à Gui de Chauliac, qui le cite fréquemment comme autorite', et place l'auteur parmi les plus grands chirurgiens. Il ne nous reste plus rien des livres d'Hermondaville , que les fragments qu'en a extraits Glri de Chauliac. Éloy assure qu'il en existait en 1778 un manuscrit in-folio dans la bibliothèque de la Sorbonne , ainsi que dans celle du roi : cette assertion n'est pas fondée. F — r.

HERNANDEZ (François), médecin et naturaliste espagnol, fut envoyé par Philippe fi dans ses possessions de l'Amérique septentrionale pour y faire des observations et en décrire les productions. Le roi lui alloua une somme considérable l>our son voyage; et, de son coté, Hernandez n'épargna rien pour se bien acquitter de la commission qui lui était confiée. On ne connaît aucune particularité sur sa vie : on ignore même la date de sa mort; et tout fait présumer qu'il ne vécut pas assez longtemps pour publier en Europe le fruit de ses travaux. Ses papiers furent achetés par François Cési , fondateur et président perpé- 1 tuel de l'Académie lyncéenne, qoi fit paraître l'ouvrage suivant s A'or« plantarum, animalium et mineralium tnexicanorvm histotia a Francisco Hernandez medko in Indus prttitantutimo /rrimum compilata; dein a Nardo Antonio Reccho in rolumm digesta, a Ju /tanne Ferentio. Johanne Fabro et Fabio Columna lyncais, noiit et addiiionibus longe doctisnmis Muttrata. Rome,1651, 1 vol. in-fol., fig. ; Hernandrz a des droits à notre reconnaissance pour avoir le premier ouvert aux naturalistes | européens les trésors des trois règnes dans le nouveau monde, trésors qui jusqu'alors étaient bien peu connus. Ses descriptions sont trop succinctes pour la botanique; M s'étend davantage sur les vertus des plantes, et donne leurs noms mexicains. Les huit premiers livres sont consacrés aux plantes, les autres à l'histoire des animaux et des minéraux, dont Recchi n'a publié qu'un extrait cpï'il a traduit en latin. Les collaborateurs de Recchi ont enrichi l'ouvrage de notes pour classer les plantes, et les rapprocher des analogues connus en Europe. Hernandez avait payé 60,000 dncats les dessins originaux de son livre : ils périrent dans un incendie à l'Escurial, avec son manuscrit. Les nombreuses figures en bois qui accompagnent son ouvrage ne répondent pas à l'idée que l'on est fondé à s'en faire d'après l'argent que l'auteur y aralt employé; et l'ensemble du livre est loin de ce que l'on devait attendre des frais et des soins extraordinaires consacrés à la réunion des matériaux qui avaient servi à le composer. Quelques-unes des figures du livre d Hernandez parurent si étranges, que l'on en révoqua l'exactitude en doute ; mais les découvertes modernes l'ont pleinement justifié sur ce point. L'ouvrage d'Hernandez avait paru d'abord, en espagnol, le nom et par les soins de François Ximencs.

Il est intitulé Histoire naturelle et vertus des êr des plantes et des animaux de la \outelle Espagne et notamment de la jrromsee du Mexique, telles guettes sont reconnues par la médecine, Mexico. ICI fi, in-i°. On attriUie à Hernandez, mais i fondement, une histoire de l'Eglise de On a donné le nom d'Hcrnandia a un genre de la famille des lauriers. U comprend des arbres de la zone torride, qui ont de l'affinité avec le muscadier. E — s.

HERNANDEZ (Philippe), d'origine espagnole, mais natif de Paris, mourut, en 17*2, âgé de S8

ans. C'était un homme d'un es rit vif et enjoué : il s'adonna particulièrement a l'élude des langues vivantes. Il en possédait vingt six, y compris les idiomes. U fut employé au ministère des affaires étrangères, et eut le titre d'interprète du roi. Hernandez fit un long séjour en Russie, dont la langue lui devint aussi familière que la sienne propre. Père d'une nombreuse famille, il fit allaiter tous ses enfants par une chèvre. On a de lui : I* Voyagr aux Indes orientales, traduit de l'anglais de J.-H. Grose, Londres, 1758, in-12. Ce voyage est superficiel, mais curieux ; on y trouve des détails piquants sur les hayadères. 2° Description de la généralité de Parti, Paris, 1759, in-89; 3" Aventures de Roderic Randon, traduites de l'anglais de Tobie Smollett, Londres, 1761, in-lî , 3 vol., en société avec de Puisieux : c'est à tort qu'au frontispice de cette traduction on indique Fielding comme auteur du roman; 4° demandes a contribué, pour la partie anglaise, au Journal étranger, depuis 1755 jusqu'en 1779. D. L.

HEHNANDEZ-VELASCO (le docteur Grégoire) naquit à Tolède, vers l'année 4550, d'une famille ancienne et iUustre. Ou a peu de détails sur sa vie, et on ne sait point l'époque de sa mort : il fut prêtre et docteur en théologie. Hernandez de Velaaco a traduit en vers : 1° la première et la quatrième Èglogue de Virgile; 2° V Enéide entière, imprimée en différentes années à Madrid, Tolède, Alcala, Anvers et Saragosse; avec le .treizième livre de Maflei, appelé Supplément de l'Enéide, les vers attribués s l'empereur Auguste et la lettre de Py tbagore ; 3° le poème de Sannazar, De porta Virginie, imprimé plusieurs fois à Tolède, Madrid et Sérille. On regarde la traduction de l'épopée de Virgile comme le meilleur ouvrage de l'auteur espagnol. Hernandez reçut de grands éloges de ses euntemnorains Cependant cette traduction si vantée, et habituellement ampoulée , n'est quelquefois qu'une pale et languissante imitation du chef-d'œuvre de la poésie latine. On y trouve, néanmoins, des morceaux qui réunissent l'élégance et la facilité s une scrupuleuse exactitude. Au reste, c'est quelque chose d'avoir conservé sa réputation après avoir achevé une pareille entreprise. Hernandez connaissait à fond les auteurs qu'il essaya de traduire, et la facilité du langage poétique de sa nation favorisa son travail, lia, pour ainsi dire, espagnolisé beaucoup d'exprès»

fiions tirées du latin. Son autorité ou son exemple les a consacrées; et, malgré ces innovations, plus ou moins heureuses, on ne l'a pas accusé d'avoir fait du tort à sa propre langue. C'est un de ces littérateurs estimables qui eurent le goût du beau, plutôt que le génie de la création, et dont la muse timide chercha toujours un appui capable de la soutenir. Il est compté parmi cette foule d'esprits éclairés qui ranimèrent en Espagne l'étude des bons modèles. I. B. E — d.

HÉROAHI) (Jean), premier médecin et conseiller du roi, naquit à Montpellier et fut reçu docteur en la faculté de cette ville en 1875. Il obtint par le crédit du duc de Joyeuse une place de médecin ordinaire de Charles IX. « Ce monarque, « qui prenait un singulier plaisir à ce qui est de « l'art vétérinaire, duquel le subject est le corps « du cheval , lui commanda quelques mois avant « son décès d'y employer une partie de son «t estude (1). » Il continua l'exercice de son art sous les règnes de Henri III et de Henri IV, et assista à l'ouverture du corps du dernier des Valois. Lorsque la grossesse de Marie de Médicis eut été reconnue, il obtint le brevet de médecin du Dauphin à naître. Après la mort de Henri IV, il monta naturellement à la première place, mais il eut beaucoup de peine à combattre les appétits déréglés de Louis XHI et son intempérance. Son constant adversaire Charles Guillemeau, qui avait aspiré sans succès à la place de premier médecin, prit à tâche de blâmer en toute circonstance le régime de vie que Jean Héroard prescrivait au roi. Mais ces attaques n'altérèrent en aucune façon la confiance que le cardinal de Richelieu et le monarque qu'il gouvernait lui avaient accordée. Héroard mourut au siège de la Rochelle en 1627. On lui doit un ouvrage assez rare que Duverdier n'avait vu que manuscrit et qui a pour titre : Hippottoloqie, c'est-à-dire discours des os du cheval, Paris, Mamert Pâtisson, 1399, in-4°. L'auteur avait étendu son travail à l'anatomie complète du cheval ; mais il n'a publié que l'Hippostologie (g), « seul reste du naufrage que les « autres pièces ont faict durant ces derniers « troubles. » Héroard avait aussi composé un traité sur l'éducation d'un prince , que Jean Degorris, conseiller et médecin du roi, traduisit en latin et publia sous ce titre : De insiitutione principes, liber singularis, Paris, 1617, in-8°. Bay le, selon Rigoley de Juvigny, dans ses notes sur les bibliothèques françaises de Lacroix du Maine et Duvcrdier, dit (au mot Viret, rem. A), que Jean Héroard était de la religion réformée. C'est une fausse citation. Bayle parle de Michel Hérouart, fameux chirurgien, et non de Jeau Héroard. L-ii-x HÉRODE LE GRAND, roi de Judée, l'un des princes les plus cruels qui aient souillé le trône,

(1) Bippotleloçit, par Jean Héroard

t3) Cet ouvrage n'a paa été cité parmi le» litre, qui traitent d* 1 art vérerinaire da*a la Bi>Uo9r*pkn agronomie.

naquit vers l'an de Rome 680, et soixante-douze ans avant Jésus-Christ. Il était originaire d'Ascalon et fils d'Antipater, qui était parvenu , à force d'intrigues, à la place de premier ministre du faible Hyrcan. Antipater, ayant rendu d'importants services à César, en fut récompensé par le gouvernement de la Judée , qu'il partagea entre ses deux fils Phasafl et Hérode. Celui-ci eut la Galilée et il commença par la purger des brigands qui l'infestaient. Accusé cependant d'avoir excédé son pouvoir eu condamnant des sujets d'Hyrcan , il fut obligé de comparaître devant le fameux sanhédrin pour y rendre compte de sa conduite. Il vint à Jérusalem, accompagné de gardes, et les excuses qu'il donna n'ayant point satisfait ses juges, il prévint leur arrêt en se retirant auprès de Sextus-César, gouverneur de la Syrie , duquel il s'était ménagé la protection. Hérode , indifférent aux grandes querelles qui divisaient alors l'empire romain, ne cherchait dans le triomphe d'un parti que les moyens d'arriver à son but. Après la mort de César, il s'était attaché à Cassius , et il servit ensuite Antoine avec un zèle qui lui mérita sa faveur. Cependant Antigoue, fils d'Aristobule , continuait à disputer à Hyrcan , son oncle, le vain titre de roi de la Judée. Repoussé de la Galilée par Hérode, il met les Parthes dans ses intérêts, et avec leur secours pénètre dans Jérusalem. Il se saisit d'Hyrcan et de Phasaè*! , qui se brise la téte contre une muraille pour éviter une mort honteuse : mais Hérode lui échappe, s'enfuit sous un déguisement en Egypte, et de là se rend à Rome pour implorer l'appui d'Antoine alors tout-puissant. Antoine le fait déclarer par le sénat roi de Judée , et lui fournit des troupes pour chasser les Parthes et Antigooe. Tandis qu'Hérode pousse le siège de Jérusalem, il épouse Mariamne, nièce d'Antigone et petitefille d'Hyrcan, afin de fortifier par cette alliance ses droits au trône que les Romains venaient de lui donner. Jérusalem fut prise au bout de quarante jours et saccagée : la fortune présentait à Hérode une occasion de se venger de ses ennemis, et il ne la laissa point échapper. Tous les membres du grand sanhédrin qui l'avait jugé furent massacrés, excepté un seul dont l'opinion lui avait été favorable. Jamais prince ne fit couler plus de sang pour affermir son autorité. Il avait nommé grand prêtre Aristobule , son beaufrère, âgé de dix-sept ans; mais informé peu après que ce jeune homme conservait des partisans , il le fit noyer dans le Jourdain. A la demande d'Antoine, il déclara la guerre aux Arabes, et remporta sur eux une victoire signalée que suivirent des revers non moins éclatants. Apprenant que dans le même temps Hyrcan avait reçu un présent du roi des Arabes, il le fit mourir, sans respect pour son grand âge ni pour son ancienne dignité. Ce nouveau crime ajouta à l'éloignement que son épouse sentait déjà pour lui. Cependant la victoire d'Actium venait d'assurer à Auguste

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l'empire du monde , et ce prince pouvait nourrir de Justes défiances contre les partisans d'Antoine. Hérode alarmé marche à la rencontre d'Auguste ; mais, avant de partir, il donne l'ordre d'étrangler Mariarnne , s'il ne rerient pas. Arrivé à Rhodes, il se présente à l'audience de l'empereur sans diadème , et , loin de s'excuser de sa fidélité pour Antoine, fi s'en fait un titre à la bienveillance du vainqueur. Auguste fut touché de son discours, et le confirma dans la possession de la Judée, à laquelle il réunit plusieurs villes qui en avaient été démembrées. Le froid accueil qu'il reçut de Mariarnne à son retour le persuada de la vérité des soupçons qu'on lui avait inspirés contre elle; et peu après il la fit empoisonner : mais son amour pour cette épouse chérie s Y tant rallumé, il tomba dans une noire mélancolie; il erra plusieurs mois de ville en ville , poursuivi par des re- ! mords qu'il ne connut que cette seule fois. Revenu enfin à Jérusalem, il fit périr Alexandra, mère de Mariarnne , sous le prétexte qu'elle avait tenté d'exciter une sédition pendant son absence. Il construisit un théâtre et un cirque, et institua des jeux quinquennaux en l'honneur d'Auguste. Ces fêtes , contraires à la loi des Juifs , donnèrent lieu à des plaintes et à des soulèvements qui furent étouffés par de nouvelles barbaries. Cependant Hérode montra les qualités d'un bon roi dans la famine qui désola la Judée vingt-cinq ans avant Jésus-Christ. H fit fondre ses bijoux et sa vaisselle, vendit ses meubles les plus précieux et acheta en Egypte assez de grains pour ramener l'abondance dans ses Étals. Ce fut alors, sans doute , que la reconnaissance lui décerna le nom de grand, que lui a conservé la postérité, moins frappée de ses fureurs que de sa magnificence. Il se rendit à Kome seize ans avant Jésus-Christ pour visiter les deux fils de Mariarnne , Alexandre et Aristobule , qui y étaient élevés sous les yeux d'Auguste. Il fut accompagné dans ce voyage par Nicolas de Damas, philosophe ingénieux, mais courtisan adroit, et il profita de son crédit sur l'empereur pour en obtenir de nouveaux avantages. Il avait rappelé près de lui un fils nommé Antipater, qu'il avait eu avant son mariage de Doris, femme de basse condition ; celui-ci ne put pas voir sans jalousie l'affection qu'llérode portait aux enfants de Mariarnne , et il résolut de les perdre dans son esprit ; ils se justifièrent aisément des crimes qu'on leur imputait; mais Hérode, crai- ■ gnant qu'ils ne songeassent à venger la mort de leur mère, saisit le premier prétexte pour renouveler des plaintes qui n'avaient point été trouvées fondées. Auguste l'autorisa à faire examiner leur conduite, et les juges ayant eu la lâcheté de les déclarer coupables, il fit étrangler ses deux (ils. Ce fut alors qu'Auguste dit le mot célèbre , « qu'il m valait mieux être le cochon que le fils d'Hé- « rode. » Ce ne fut donc point parce que ses fils auraient été compris dans le massacre des enfants mis à mort, suivant l'évangéliste, par l'ordre

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d'Hérode , à l'occasion de la naissance de Jésus- Christ; fait mentionné par Macrobe en même temps que le mot d'Auguste (roy. Jésus-Christ). Antipater, voyant ses droits au trône établis par la mort de ses frères , songea à s'en assurer la possession par un nouveau crime. 11 fit part de son projet à la femme de Phéroras, son oncle, et elle se chargea d'empoisonner Hérode, tandis qu'il irait à Rome attendre l'issue du complot. ! Cette femme ayant fait l'essai du poison sur son! mari , les soupçons d'Hérode s'éveillèrent , et il intercepta une lettre d'Antipater qui lui apprit le plan odieux qu'il avait formé. Il dissimula jusqu'au retour d'Antipater, et l'ayant fait arrêter, il instruisit Auguste de son crime. Hérode était malade depuis quelques mois ; le bruit de sa mort, annoncée par les Pharisiens, s'étant répandu, quelques docteurs de la loi abattirent l'aigle d'or qu'il avait placé au-dessus de la porte du temple, ce qui était une profanation. A cette nouvelle, Hérode sentit renaître toutes ses fureurs ; il fit arrêter les auteurs de cette sédition , et ils furent brûlés vifs. Cependant sa maladie empirait de jour en jour ; les médecins lui conseillèrent l'usage des bains, qui, loin de calmer ses douleurs, les augmentèrent encore; il se fit transporter à Jéricho, où il reçut une lettre d'Auguste qui le laissait libre de faire punir son fils : cette lettre le calma un peu ; mais au bout de quelques instants les douleurs devinrent tellement insupportables, qu'il voulut se tuer avec un couteau laissé à sa disposition. Mais Achiab, son neveu, qui se trouva présent, lui arrêta le bras. Antipater, apprenant .que son père était & l'extrémité, tenta de sortir de sa prison; mais Hérode donna sur-le-champ l'ordre de l'étrangler. 11 ne survécut que cinq jours à ce dernier acte de cruauté, et mourut le 28 mars, l'an de Rome 780, quatre ans avant l'ère vulgaire et un an après la naissance de Jésus-Christ (roy. Jésus-Christ). Comme il prévoyait que la fin de son règne serait un sujet de joie à tous les Juifs auxquels il était odieux , il avait imaginé de réunir les principaux de la nation dans l'Hippodrome, et de les y faire égorger après sa mort , afin d'obliger ses ennemis eux-mêmes à la pleurer ; mais cet ordre sanguinaire ne fut point exécuté. Archelaus, l'alné de ses fils , qu'il avait nommé son successeur par son testament, lui fit faire des funérailles magnifiques (coy. Archelaus). « Ce monstre, dit Voltaire, « composé d'artifice et de barbarie, qui joignait • toujours la peau du renard à celle du lion, « était pourtant voluptueux, et aimait la gloire. « Il voulait plaire à Auguste, son maître, et même « aux Juifs, qu'il tyrannisait. • On ne peut se faire une idée juste de sa magnificence qu'en lisant Josèpbe. Il embellit et fortifia la ville de Samarie, à laquelle il donna le nom de SébasU, mot grec qui a la même signification qu'âugwte ; il construisit sur l'emplacement de la tour de Straton une ville qu'il appela Céiarét, en l'honneur de

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empereur ; fil revêtir le bassin du port en marbre blanc ; y bâtit un théâtre , un cirque , et un temple dédié à Auguste ; il éleva deux palais à Jérusalem, l'un sur la montagne de Sion ; l'autre à soixante stades de la ville, C|iii prit le nom A'Hérodion. Il entreprit, pour flatter les Juifs, la reconstruction du temple de Jérusalem -, mais le plan qu'il avait adopté était si vaste et si niagnif:quc, qu'avec quelque diligence qu'on y travaillât, il ne put le voir achever. Ce temple fut détruit par Titus soixante-quatorze ans après sa fondation. Enfin Hérode ne se borna pas à étaler son luxe et ses richesses dans la Judée, il pensionna des poètes à Rome, (il distribuer des prix aux jeu olympiques. L'histoire de ce prince a exercé la critique d'un grand nombre de savants, qui se sont appliqués surtout à fixer d'une manière précise l'époque de sa mort. 1-e meilleur morceau qu'on ait sur ce point si important de la chronologie est un Mémoire de Fréret , inse'ré dans le vingt-deuxième volume du Recueil de l'Aca* démie royal* des inscriptions . Cellirius a publié une Histoire d' Hérode en latin, Leipsick, 1712, in-8°, dans laquelle il s* est attaché à réfuter les paradoxes du P. Hardouin, et à éclaire ir les difficultés qui pouvaient rester sur l'origine de ce prince. W — s.

HEKODE-ANTIPÀS, après la mort de son père, obtint d'Auguste la Galilée, avec le titre de tétrarque. Il s'occupa d'abord de mettre ses États à l'abri des invasions, ferma de murailles Saphorts, dont il fit sa capitale, et fortifia Beratamphta, qu'il nomma Juliade, en l'honneur de Julie, fille d'Auguste. U se maintint dans la faveur de Tibère et donna le nom de Tibrriade, en l' honneur de ce prince , à une ville qu'il bâtit sur les bords do lac de Génézareth, et qu'il rendit l'une des plus importantes de la Galilée. Il était marié à la fille d'Arc tas , roi d'Arabie ; mais il la répudia pour épouser Hérodias, sa nièce, dont la beauté l'avait séduit. Arétas, irrité de l'affront fait à sa fille, déclara la guerre à Hérode, et remporta sur lui plusieurs avantages. Hérode recourut alors à la protection de Tilière; ce prince donna l'ordre à Vitellius, son lieutenant dans la Judée, de marcher contre les Arabes et de lui envoyer leur chef mort ou vif. Tibère mourut sur ces entrefaites , et Vitellius, qui haïssait Hérode , négligea d'exécuter les ordres qu'il avait reçus. Cependant Agrippa, fils d'Arehélaus, ayant été nommé roi de Judée, Hérodias, jalouse de la préférence accordée à son frère sur son mari , engagea Hérode à solliciter le même titre, U céda aux instances d'une femme qu'il chérissait tendrement, et se rendit avec elle à la cour de Caligula; mais Agrippa, ayant été informé du motif de son voyage, Ut partir aussitôt un affranchi avec une lettre pour l'empereur, dans laquelle il lui annonçait qu'Hérode était prêt à se révolter contre les Homains. Caligula , ému de colère i la lecture de cette lettre, se

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borna à demander à Hérode s'il était vrai qu'il eut dans ses arsenaux des armes pour soixante-dix mille combattants : sur sa réponse affirmative , 1 lui ota la Galilée, qu'il réunit au royaume d'Agrippa, et l'exila i Lyon. Hérodias, qui avait causé ses malheurs, demanda elle-même à les partager. Us obtinrent au bout de quelques années la permission de passer en Espagne , et ils. y moururent tous les deux dans l'obscurité. C'est) Hérode-Autipas qui, à la demande de sa femme, fit périr St-Jean-Baptisle. Ce fut devant lui que l'datc renvoya Jésus-Christ comme étant né soi sujet (nom, Jeas- Baptiste et Jésus-Christ). On a de ce prince des médailles qui out souvent exercé la critique des savants. Noris a donné : Epistola ad Ant. Vagi de tiumo Herodit-Amtipœ , dans les addiUons à son ouvrage De nnno et epoekit .Vyro- Macedonis; et Rigord une Dissertation historique sur uue médaille d' Hérode -Antipa*. Paris, 1689, in-4°. Le Bret a inséré dans le Mtrcurt de juin 1740 des Remarques sur les différents* dissertations publiées touchant les médailles d' Hérode - Antipae. — Héroic, roi de Chalcis , petit-fils de Hérode le Grand , dut à l'amitié de son frère Agrippa la protection de l'empereur Claude, qui érigea pour lui la Chalcide eu royaume. Ce bon frère lui donna une nouvelle preuve de sa tendresse en lui accordant en mariage sa fille Bérénice , princesse célèbre par sa rare beauté. Après la mort d'Agrippa, Hérode continua de jouir de la faveur de Claude , qui l'établit surveillant du temple de Jérusalem , et lui laissa le droit de nommer à la grande sacriticature , place si importante chez les Juifs. U mourut l'an 47 de l'ère vulgaire, laissant trois fils, dont aucun ue lui succéda, la Chalcide ayant été réunie aux États d'Agrippa II. W — a

HÉKODES-ATTICUS. l'oyet Attkus.

HÉR0D4EN, historien célèbre, appartient à 1a Grèce par la langue dans laqueUe il a écrit; mais on ignore, du reste, sa naissance et sa patrie. 0 vécut au 3e siècle de notre ère, et, d'après son propre témoignage, prolongea sa carrière pendant la plus grande parUe de ce siècle : U rempUt des fonctions honorables, soit au service des \ empereurs, soit à celui de l'État (voyez livre I, c. 4 de son Histoire). La modération qui brilk partout dans ses écrits semble indiquer que sa vie fut paisible comme son caractère; et nous pouvons conjecturer, d'après un aveu qu'il Lût au commencement de son livre, que ce lut dans un âge avancé et au sein d'une agréable retraite que, recueillant les souvenirs de sa longue vie et les fruits précieux de son expérience, U écrivit l'histoire des empereurs dont il avait vu le règne et approché la personne. Cette histoire , divisée en huit livres, commence à la mort de Marc-Aurèle et s'étend jusqu'à l'avènement de Gordien 1H à l'empire, renfermant ainsi, depuis l'an 180 jusqu'à l'an 238 de l'ère vulgaire, un espace de cinquante -huit années, sous dix-sept prince» qui régnèrent successivement «u conjointement. Oa

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voit par là quelle est l'importance de cette partie de l'histoire romaine, dont il est le plus grave et I r. s ... l'unique témoin, puisque les auteurs de l'Histoire Auguste, qui ont écrit longtemps après lui, ne font guère que le copier, ou, lorsqu'ils s'écartent de ses récit», méritent en général beaucoup moins de confiance C'est un témoignage que lui rend Jules Capitolin lui-même, cbap. 12 de aa lie d Altintu, où il invite ses lecteurs curieux de détails plus approfondis à les chercher dans .Marins Maximus ou dans Hérodien, qui, ajoute- Ml , se distinguent également par leur exactitude et leur fidélité (qui ad fidem pleraque dixerunt). C'est cependant sur la foi de ce même Capitolin que la plupart des critique» modernes ont adopté une opinion bien moins avantageuse pour le caractère et la véracité d'Hérodien. Il prétend ailleurs (lia des deux Maximms, cb> 13), qu'Uérodien, en boine d'Alexandre Sévère, s'est montré plus favorable qu'il n'aurait <lù envers Uaximin, successeur de ce prince. Ce reproche , grave en soi-même, est toutefois modifié par la manière dont il est exprimé; et les mots quantum videmus semblent indiquer la défiance que Jules Capitolin, ordinairement moins circonspect et moins timide, avait ici de son propre jugement. La partialité d'Hérodien consisterait dans le récit, peu honorable pour Alexandre Sévère, qu'U nous a laissé des deux expéditions de ce prince contre les Perses et contre les Germains; et il est certain qu'à ne juger que d'après le récit absolument contraire de Jules Capitolin , on devra accuser le premier d'avoir trahi la vérité. Mais, entre deux relations différentes d'un même événement, il serait injuste d'en condamner l'une uniquement sur la foi de l'autre. L'hommage rendu en général à la véracité d'Hérodien par Jules Capitolin devait naturellement affaiblir l'effet dn reproche contraire, qu'il lui adresse sur un point où ils différent essentiellement entre eux; et le caractère île modération qui brille dans tout l'ouvrage d'Hérodien, et particulièrement dans les Vies d'Alexandre Sévère et de Maximin, attaquées par Capitolin , était encore un motif de plus pour faire pencher la balance en sa faveur. Tel est le parti qu'a pris sur cette question le célèbre critique Isaac Casaubon. Hérodien n'a pas manqué de défenseurs, qui embrassèrent plus virement encore ses intérêts, et notamment le docte Boeder, dans la préface d'une édition qu'il donna de cet auteur en 1644, et surtout dans les notes dont celte édition est accompagnée. Ce sentiment doit donc prévaloir sur celui de Bodin , qui , dans un livre autrefois très-vanté, aujourd'hui fort peu lu , De meihodo hisloriarum , c. 4, déclare, avec le ton tranchant qui lui est ordinaire, qu' Hérodien n'avait aucun soin de rechercher la vérité. I n autre critique beaucoup plus instruit et surtout beaucoup plus réservé dans ses expressions, Gérard- Jean Vossius, avait dit aussi qu' Hérodien, généra* le mou ami de la vérité, manque è eetlë vertu dans

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ee qu'il rapporte d'Alexandre Sévère et de Maximin. Mais les raisons favorables au caractère d'Hérodien ont encore été exposées avec plus d'étendue et de chaleur par le judicieux Lamothe le vayer (Jugement des principaux historiens, œuvres, 1. 1 , p . 33i- 33i, édition in-fol., Paris, 1656), et surtout par l'abbé Mongault, dans la préface qu'il a mise audevant de sa traduction d'Hérodien. Tout ce qu'on peut alléguer en faveur de la véracité d'Hérodien semble donc depuis longtemps épuisé : mais on peut néanmoins lui reprocher des défauts graves et réels; un ton de rhéteur dans les harangues et épltres dont il a semé son histoire, et qui ont paru à un judicieux critique, Tillemont (Histoire 1 des empereurs, t. 3, note 2, sur Macrin), fourrage de l'auteur lui-même, plutôt que celui des per- | sonnages auxquels il les attribue; un manque [ d'ordre et de netteté dans la composition générale de l'ouvrage, défaut qui résulte principalement de l'omission des dates et de la négligence ^ apportée par l'auteur à distinguer les années par les consulats ; l'absence de beaucoup de détails rigoureusement nécessaires à l'intelligence des faits, et, entre autres, de ceux qui ont rapport à la géographie : les notions de ce genre qu'offre l'ouvrage d'Hérodien sont tellement erronées ou insuffisantes, que le critique cité précédemment ne balance pas à croire et à déclarer que cette science lui était presque entièrement étrangère. En général, il semble qu'llérodien ait beaucoup trop songé à l'agrément : l'intention de plaire par les fleurs et les ornements «le la rhétorique est tellement marquée, qu'elle en devient fatigante. Photius , qui , dans sa Bibliothèque , cod. 90, donne beaucoup d'éloges à sa manière de narrer et d'écrire, vante surtout le soin qu'il met à éviter certaines locutions ambitieusement j puisées dans les sources du plus pur atticisme, qui donnaient au style un air de roideur et I d'affectation ; et en même temps l'application non moins heureuse arec laquelle il avait banni , de ses écrits ces expressions communes et fatni- I lières qui ôtent toute idée d'art et d'étude. Ces louanges doivent s'entendre avec quelques restrictions : la diciion d'Hérodien est quelquefois plus recherchée qu'élégante ; et son grec est ! généralement plus fleuri qu'il n'est pur. Mais j Photius passe toutes les bornes de l'éloge, h>rsj qu'il ajoute que la narration de cet auteur ne se charge jamais de détails superflus ou inutiles, et qu'en même temps il n'omet aucune circonstance nécessaire. Cest précisément dans des redon • danees déplacées et dans des omissions de choses essentielles que consistent les plus graves défauts i de l'histoire d'Hérodien. Malgré ces taches, qu'un goût plus sévère que celui de Photius découvre sans peine dans cet ouvrage, on ne doit pas I moins le regarder comme l'une des productions j les plus précieuses de la littérature grecque des bas siècles; et par les défauts, aussi bien que par les qualités du style, cet ouvrage ressemble beau-

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coup à celui de Quinte-Curce, avec lequel Hérodien a de plus le rapport de l'obscurité* commune, qui courre l'existence de l'un et de l'autre. — On a longtemps, faute de notions suffisantes, confondu notre historien arec un autre Hérooien, grammairien deprofession , natif d'Alexandrie (roy. l'article suivant). Cette erreur, accréditée , sur la foi de Gessner et de Sigonius, par Sylburge, un des premiers et des plus savants éditeurs d'Hérodien, a été partagée par Lamotbe le Vayer, et même par l'abbé Mongault , quoique le docte et exact Fabricius eût démontré (Bibliothe*. grac, t. 7, p. M), par le simple calcul des temps, que l'identité des deux personnages était inadmissible; et que Tillemont {Histoire des empereurs, t. 2, p. 176, Marc-Aurèle, art. 34) eût encore insisté sur cette difficulté cbronologique. Il est certain, en effet, que le grammairien du nom d'Hérodien, qui fut en faveur auprès de Marc-Aurèle, mort l'an 180 de notre ère, ne saurait guère être le même que celui qui termina son histoire cinquante-huit ans après cette époque , c'est-à-dire en l'an 238 de la même ère. Mais un passage d'Hérodien , auquel les critiques ne semblent pas avoir fait assez d'attention , ajoute encore plus de force à cette objection, en donnant plus d'étendue à la vie d'Hérodien : il dit lui-même (liv. 2, ebap. 49) qu'il s'est proposé d'écrire l'histoire des soixantedix années dont il a été le témoin, et qu'il commence à la mort de Marc-Aurèle. Son ouvrage devait donc, dans son plan primitif, embrasser tout l'espace qui s'étend de l'an 180 à l'an 250 de notre ère : ainsi ce n'est point seulement par cinquante-huit années, mais bien par soixantedix , qu'Hérodien , à l'époque où il entreprit d'écrire son livre , était séparé de celle de la mort de Marc-Aurèle; ce qui rend encore plus impossible, ou du moins plus difficile, le synchronisme prétendu du monarque et de l'historien. Ce passage d'Hérodien nous apprend en outre que son plan, tel qu'il l'avait d'abord conçu, comprenait douze années de plus qu'il n'en a traité dans son histoire, telle qu'elle nous est parvenue. On peut donc, par une seconde induction aussi probable que la première, conjecturer qu'Hérodien fut interrompu par la mort dans la composition de son ouvrage , ou du moins qu'il laissa imparfaite l'histoire des douze dernières années qui lui restaient à décrire pour la conduire jusqu'à l'époque qu'il s'était lui-même assignée comme terme de son travail. L'histoire d'Hérodien a été traduite avant d'avoir été imprimée en original : la traduction latine d'Ange Politien eut , dans la

année, 1493, deux éditions, à Home et à Bologne, in-folio, et la première édition grecque d'Hérodien est celle qui sortit des presses vénitiennes des Aide en 1503, in-folio. L'édition grecque et latine, donnée par Henri Estienne, Paris, 1581, in-4°, est celle qui a servi de base pour le texte à toutes les éditions subséquentes , dont il est par conséquent inutile de faire ici rénumération : on

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en trouvera d'ailleurs la liste dansFabridus. Cette édition de Henri Estienne est remarquable encore par les nombreuses corrections et additions qu'il a faites à la version latine de Politien , regardée à juste titre comme l'un des chefs-d'œuvre de la latinité moderne, mais non comme un modèle d'exactitude et de fidélité (voyez sa Prêt fat. ta suum examen inlerpret. PoUtian.). Ses notes correctives ou supplémentaires sont imprimées à la marge, en plus petit texte, et l'exécution typo-

[raphique de cette édition est digne, sous tous es rapports, de la haute réputation dont jouissent les presses des Estienne. Le texte d'Hérodien et les faits contenus dans son histoire sont devenus dans ces derniers temps un des principaux objets de la critique allemande. L'édition de T. -G. Irmiscb , cum notis variorum, donnée à Leipsick en 5 volumes publiés de 1789 à 1808 , est peut-être celle où a été portée au plus haut degré cette surabondance , tant et si justement reprochée à l'érudition germanique, qui étouffe le sens et le texte d'un auteur sous un amas de notes trop souvent superflues. L'édition de Fr. Feldhan, Leipsick, 1791, in-8°, se recommande par un choix judicieux d'éclaircissements utiles; mais les notes, en allemand, ont le défaut d'en restreindre trop le mérite et l'intérêt à la seule nation dans la langue de laquelle elles ont été rédigées. L'édition toute grecque de M. Wolf, Halle, 1792, in-8°, est celle où le texte original parait le plus près de sa pureté primitive. Enfin, le savant Emmanuel Bekker en a publié une autre édition , le texte seul , Berlin, 1826, in-8°. Cette dernière est fort estimée pour sa pureté et sa correction. Quant aux traductions françaises d'Hérodien , nous n'avons à mentionner que celle de l'abbé Mongault , publiée en 1700, in-8°, et réimprimée en 1745, in-12: les versions qui l'avaient précédée, plutôt gothiques que françaises, et que le laborieux Fabricius a pris la peine d'indiquer, étaient déjà oubliées avant l'apparition de la sienne, dans laquelle les critiques du temps (voyez le Jounuu des savants, année 1700, 19 juillet) reconnurent le double mérite d'une élocution élégante, jointe à l'expression ûdèle du texte, et qui a conservé jusqu'à nos jours cette honorable réputation. R. K.

HEHODIEN , que Priscien appelle maximus a*ttor artis grammatiea, était fils du célèbre Apollonius l) y seule, et naquit à Alexandrie dans le second siècle de l'ère chrétienne. Tout ce que nous savons aujourd'hui de sa vie, c'est qu'il s'établit à Rome, et dédia à l'empereur Marc- Antonin sa Grammaire générale, dont nous n'avons plus que des abrégés inédits. Outre trois fragments contenus dans le second volume des Grammairiens d'Aide, un autre fragment à la suite du Pkrynichus de Pauw, et un petit traité des chiffres qui se trouve dans le quatrième volume du Trésor de H. Estienne et ailleurs, il nous reste d'Hérodien un traité de la propriété et du choix des

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mots, intitulé Philetarus, et que Pierson a donné avec Mcci . un traité du barbarisme et du solécisme publié à la suite d'Ammonius, par Valckenaer, qui ne connaissait pas le nom de l'auteur (Villoison le découvrit plus tard dans un manuscrit de Venise); deux traités, l'un des figures, et l'autre des différentes espèces de vers , dans les Anecdota de Villoison; enfin des fragments sur les fautes de langage et sur l'accentuation , dans l'ouvrage de M. Hermann De emendanda ratione grammaticœ graca. Ses Èpimérismet, ou J*artitiont, sont encore manuscrits. Un savant 'anglais, M. Barker, en promettait une édition. Au reste, il parait que les Êpimérumes sont faussement attribués à Hérodien. Bast , qui connaissait si bien cette partie de la littérature grecque, les cite dans sa lettre critique , sous le nom du Pscudo- Hérodien. Nous finirons en engageant le lecteur à consulter quelques remarques de Bast insérées dans le Répertoire de M. Schoell , p. G7 et 4M; et, pour les autres ouvrages d'Hérodien , perdus ou encore inédits , nous le renvoyons à la Bibliothèque de Fabricius. B — ss.

HÉRODOTE , célèbre historien grec , naquit à Halicarnassc en Carie , l'an -1e de la 75e olympiade, 484 avant notre ère. Si , par le titre de Père de l'histoire , qu'on est convenu de lui donner , on entend que ce fut lui qui, pour nous servir de la pensée de Cicéron, orna ou perfectionna l'histoire, Hùtoriam ornant , rien n'est plus juste que cette qualification. Mais Hérodote ne fut pas le créateur du genre historique. Avant lui, une foule d'autres auteurs s'étaient exercés , et même avec succès, dans cette carrière difficile. On peut en voir une liste assez nombreuse dans Denys d'Halicarnasse : nous nous contenterons de citer ceux qui ont conservé jusqu'à nos jours un reste de célébrité, tels que Xanthus de Lydie , Hécatéc de Milet, Phérécyde , Acusilaùs , Hellanicus de Lcsbos , et Charon de Lampsaque. Ces deux derniers , aussi bien que Denys de Milet, avaient même traité, en grande partie , le sujet que choisit depuis Hérodote , et Denys d'Halicarnasse observe que celle concurrence, loin d'effrayer et de décourager son inexpérience, ne servit qu'à enflammer sou émulation et à développer son talent. Hérodote avait puisé de bonne heure le goût des lettres dans la direction de ses premières études et dans les exemples mêmes de sa famille. Neveu du célèbre poète épique Panyasis , à qui plusieurs critiques de l'antiquité assignent le premier rang après Homère , les rayons de cette gloire poétique éclairèrent le berceau d'Hérodote. Plus tard, les ouvrages des auteurs dont nous avons parlé éveillèrent son génie naissant. En les lisant, il conçut le désir de visiter les pays dont le tableau s'offrait à son imagination sous des couleurs si agréables, et l'état de sa fortune lui permit de satisfaire un goût qui distinguait alors les sages de son pays. II est douteux qu'avant d'entreprendre ses longs voyages, il eût formé le plan ou seulement conçu

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l'idée de l'ouvrage dans lequel il en déposa les fruits, et l'on peut, sans crainte de porter atteinte à son mérite, abandonner une question assez indifférente en elle-même. Il est également incertain s'il visita la Grèce et les Iles qui l'environnent avant de s'engager dans les régions plus éloignées et moins connues de l'Orient. Peut-être cst-il plus naturel , pour tracer une carte exacte de ses voyages, de supposer qu'une curiosité plus vive l'entraîna d'abord vers les pays qui , moins fréquentés de ses compatriotes, semblaient lui promettre une plus ample moisson d'observations nouvelles. Quoi qu'il en soit, l'Egypte, si renommée dans tous les temps pour la sagesse de ses institutions, parait avoir été l'un des premiers et des plus constants objets de son attention et de ses recherches. Ce pays , rendu longtemps inaccessible aux étrangers par la politique ombrageuse de ses souverains, et par les préjugés inhospitaliers de ses habitants , s'était récemment ouvert aux sollicitations des Grecs , et quoiqu'il offrit à leurs avides regards une terre presque entièrement neuve , et que , depuis , une foule innombrable de voyageurs l'ait parcouru en tout sens et décrit en toute langue , on peut dire qu'il n'est aucun écrivain , soit ancien , soit moderne, qui nous en ait donné une description aussi exacte et aussi curieuse. Il ne se borna pas à cette connaissance des lieux : les productions du sol , les mœurs, les usages et la religion des peuples, l'histoire des derniers princes avant la conquête des Perses, et plusieurs particularités intéressantes sur cette conquête elle-même , furent autant de notions , ou tout à fait neuves , ou plus fidèles, qu'il rapporta de son voyage d'Égypte ; et le second livre de son histoire, consacré tout entier à la description de celle contrée fameuse, est encore, après tant de siècles, la source la plus abondante et la plus pure où il soit possible de puiser pour la connaissance de son ancienne histoire et de ses anciennes localités. De l'Egypte, il passa dans la Libye, qui en était voisine, et sur laquelle il recueillit une foule de renseignements également nouveaux pour ses contemporains et curieux pour nous. La description exacte qu'il nous a laissée de celte contrée depuis les frontières de l'Egypte jusqu'au détroit actuel de Gibraltar, est trop conforme aux relations des voyageurs les plus estimés , et en particulier à celle du docteur Shaw, pour qu'il soit permis de penser qu'Hérodote eût composé la sienne d'après des données étrangères. Son séjour à Tyr est attesté par lui-même. Il visita les côtes de la Palestine , et remarqua, sur les colonnes qu'y avait fait élever Sésostris , l'emblème qui caractérisait l'antique lâcheté de ses habitants. De là , il se rendit à Babylone, ville alors si opulente et si magnifique. Plusieurs savants modernes, et entre autres Desvignoles, doutent, il est vrai, qu'Hérodote ait jamais voyagé en Assyrie. Mais nous pensons qu'en examinant avec soin les différents pas-

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sages de sa description de Babylone , on sera convaincu qu'un témoin oculaire a pu seul retracer arec autant de précision les singularités de cette grande ville et les mœurs de ses habitants : tel était aussi le sentiment de l'illustre auteur des Recherches et dissertations sur Hérodote, M. le président Rouhier. La Colchide fut le dernier pays de l'Asie que parcourut Hérodote. Parvenu au pays voisin des Scythes , de ces peuples si peu connus alors dans la Grèce qu'ils avaient primitivement peuplée , il pénétra dans leurs solitudes immenses, par les voies qu'avaient récemment ouvertes les colonies grecques du Pont-Euxin, et

Jusqu'aux limites, peu éloignées sans doute, que a civilisation n'avait pu franchir. Il passa de là chez les Cites, dans la Thrace, en Macédoine; enfin il descendit par l'Épire dans la Crèce, qui était à la fois le terme et l'objet de ses longs royages et de ses pénibles recherches. De retour dans sa patrie, Hérodote s'attendait à y jouir de la considération due à ses travaux et du repos nécessaire pour les communiquer à son pays : il ne fut trompé que dans l'une de ses espérances. Un de ces tyrans qui s'élevaient alors si fréquemment au sein des républiques grecques , Lygdamis, avait usurpé dans Halicarnasse l'autorité suprême , et le sang des plus nobles citoyens, entre autres de Panyasis , avait cimenté sa puissance, nérodole, trop digne d'attirer sa haine, chercha un asile à Samos , et ce fut probablement dans cette douce retraite qu'il mit en ordre tous les matériaux recueillis dans ses voyages, qu'il forma le plan de son histoire , et qu'il en composa les premiers livres. Suidas , à qui nous devons quelques particularités sur la vie d'Hérodote , prétend, avec assez de vraisemblance, que ce fut son séjour à Samos qui lui lit préférer le dialecte ionique, dans lequel il écrivit son histoire, au dialecte dorien qu'on parlait dans sa patrie. L'étude n'abaorbait pas tellement ses pensées, que les souvenirs de sa patrie opprimée et les désirs d'une ▼engeance légitime ne vinssent souvent interrompre ses méditations. Tourmenté de ces idées, H conçut le projet de chasser le tyran , communiqua ce dessein aux autres victimes de la tyrannie , et lorsque son complot généreux fut assez bien lié dans toutes ses parties, il reparut en libérateur dans Halicarnasse , qui naguère l'avait vu partir en proscrit. Mais, par une étrange fatalité , la liberté qu'il avait rendue à son pays lui devint encore plus funeste que le despotisme même dont il l'avait délivré. Les nobles qui étaient entrés dans la conspiration d'Hérodote n'avaient voulu , en renversant le tyran , que se substituer à sa place. Ils établirent une aristocratie plus dure, plus oppressive que le gouvernement arbitraire qu'on venait d'abolir, et le peuple, au Heu d'un seul maître , dont il pouvait du moins attendre la paix en respectant ses volontés , se vit en proie a une foule de petits tyrans , dont il fallait sans cesse assouvir l'avidité et redouter les

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. caprices. Hérodote, devenu bientôt odieux au peuple, qui le regardait comme l'auteur de ses disgrâces , et aux nobles , dont il refusait d'être le complice , dit à sa patrie , aussi ingrate que malheureuse , un éternel adieu , et s'embarqua pour la Grèce. On y célébrait alors la 81» olympiade , et l'on sait quel immense concours de citoyens de tout âge et de toute condition cette solennité brillante attirait de toutes les parties de la Grèce dans le gymnase d'Olympie. Hérodote lut, devant cette multitude assemblée, le commencement de son histoire, et les morceaux les plus propres à exalter l'enthousiasme et à flatter l'orgueil de ses compatriotes. Son succès fut complet, lies applaudissements universels et des transports inexprimables éclatèrent à ce tableau si vrai , si I animé, si touchant de la lutte des Grecs contre les Perses, et du triomphe de la liberté sur le despotisme. En un instant, nérodote devint l'honneur et l'entretien de toute la Grèce. Son nom , jusqu'alors inconnu, fut bientôt dans toutes le» bouches ; et , depuis ce jour , il ne put faire un pas, sans être partout accompagné et suivi de ce murmure flatteur : Le eoilâ. L'effet de cette première lecture d'Hérodote ne se borna point à ces impressions profondes répandues chez tout un peuple. Le jeune Thucydide , à peine âgé de quinze ans, assistait à la Tête des jeux Olympiques; des larmes d'émulation coulèrent de ses yeux en contemplant l'homme sur lequel étaient fixés tous les regards. Hérodote s'en aperçut : Il osa prédire au père de cet enfant la brillante destinée qui l'attendait , et la Grèce dut peut-être à ces paroles d'un grand homme un grand homme de plus. Encouragé par les applaudissements qu'il arait reçus , Hérodote employa les douze années suivantes à continuer et à perfectionner son ouvrage. Ce fut alors qu'il voyagea dans toutes les contrées de la Crèce, qu'il n'avait fait, jusqu'à ce moment, que parcourir. Il examiua avec attention les archives de ses différents peuples, recueillit à leur source même les traditions locales des grands événements , et vérifia sur les monuments originaux les généalogies des plus illustres famille*. Il est prohable qu'en se transportant ainsi chez les divers peuples de la Grèce , il lut , dans lcur> assemblées publiques , les morceaux de son histoire qui concernaient chacun d'eux , moins sans doute dans l'intention de recueillir de frivole* applaudissements, que dans l'espoir d'obtenir des renseignements utiles. Cependant, le rhéteur Dion Chrysostomc prétend , dans sa harangue adressée aux Corinthiens , qu'Hérodote récita d'abord devant ce peuple une description de la bataille de Salamine , conçue en des termes très-honorables pour la valeur corinthienne, et qu'ayant demandé une récompense qui lui fut refusée , il imagina , depuis , un autre récit injurieux pour le même peuple. Si une pareille accusation était fondée , elle suffirait pour rendre à jamais méprisables le nom et le caractère d'Hérodote. Mai*

cette assertion d'un rhéteur assez moderne , tel que Dion Chrysostomc, dans les ouvrages duquel on découvre à chaque page tant de fait» controu- ▼és et d'opinions systématiques, de quelle auto» rité pourrait clic être pour flétrir la réputation d'un écrivain qui ne craignit pas d'appeler la Grèce entière en témoignage de sa véracité sur des fait* presque contemporains, dont les témoins oculaires et même quelques-uns des principaux acteurs avaient pu converser avec l'historien qui les a décrits? Douze ans après la lecture faite aux jeux Olympiques, Hérodote lut, à la fête des Panathénées de l'an 444 avant notre ère , son ouvrage, qui pourtant ne fut terminé qu'en 420 environ. Les Athéniens ne bornèrent pas leur reconnaissance à des louanges stériles : ils firent présent d'une somme de dix talents (54,000 livres de notre monnaie) , à l'écrivain qui avait si bien préconisé les hauts faits de leur nation , et cet événement eut assez d'éclat pour mériter d'être inséré dans la Chronique d'Eusèbe. Tant d'honneurs et de bienfaits auraient dû fixer Hérodote chez un peuple qui se montrait si sensible à ses talents. Cependant, entraîné bientôt par cette curiosité Insatiable qui avait promené sa jeunesse parmi tant de nations diverses, il se joignit à la colonie que les Athéniens envoyèrent quelques années après en Italie, à Thurium, ville bâtie près des ruines de l'antique Sybaris. On suppose une autre cause de son émigration , et nous indiquerons plus bas ce second motif, qui nous parait moins vraisemblable que le premier. Quoi qu'il en soit , il fixa irrévocablement sa demeure à Thurium ; ou, s'il en sortit, ce ne fut, selon la conjecture de Larcher, que pour faire quelques excursions dans les villes voisines. Le long séjour qu'il fil à Thurium fut cause que plusieurs auteurs de l'antiquité le crurent originaire de cette ville, et H suffît pour expliquer le surnom d' Hérodote de Thurium , que lui donnaient St ration , Aristote et une foule d'autres écrivains, au témoignage de Plutarque. Peut-être aussi , mécontent , comme il devait l'être, d'Halicarnasse , sa patrie, qui avait méconnu son mérite et proscrit sa personne, ne fut-il pas fâché de substituer lui-même au nom de cette ville ingrate celui de sa patrie adoptive; on du moins laissa-t-il accréditer, par son silence, la méprise qui s'établit à cet égard. Le loisir dont il jouit à Thurium pendant le reste de ses jours lui permit de retoucher son histoire et d'y faire des additions considérables. C'est-là le seul sens raisonnable dont soient susceptibles ces paroles de Pline : Hhtoriam eondidit Thuriù in Italia ; paroles qui ont cependant induit plus d'un savant en erreur. Les critiques modernes qui se sont occupés avec le plus de soin et de succès d'éclaircir les ouvrages d'Hérodote, Bouhier, Wesselîng et Larcher, ont remarqué les faits qui, postérieurs par leur date à celle du passage de cet écrivain en Italie, doivent nécessairement avoir été ajoutes par lui dans le texte de sa composi-

tion primitive. L'un de ces événements, qui appartient très-certainement à l'année 408 avant notre ère , nous apprend , en même temps , qu'Hérodote en l'écrivant avait au moins soixante-dix-sept ans, et c'est le seul indice qui nous autorise à croire qu'il ne termina sa carrière que dans un âge avancé : du reste, on ignore les particularités de sa vieillesse et de sa fin. Il est probable qu'il mourut à Thurium, puisque cette présomption si naturelle est appuyée du témoignage de Suidas. D'autres auteurs, dont, il est vrai, le même Suidas nous laisse ignorer les noms, et, par conséquent, l'autorité, le faisaient mourir a Pella en Macédoine. On voyait aussi, près d'une des porte» d'Athènes , parmi les monuments de la famille de Cimon , un tombeau d'Hérodote ; mais ce tombeau , érigé par la reconnaissance des Athéniens à la mémoire d'un homme qui les avait céléhrés dans ses écrits, n'était probablement qu'un cénotaphe, et c'est aussi le sentiment du savant Dodwell. Quant aux autres particularités de la vie d'Hérodote, nous les ignorons complètement, à l'exception de celle-ci qui se lit dans Photius. Un certain ThessaUcn, nommé Plésirrhous, faiseur d'hymnes de son métier, fut tendrement aimé d'Hérodote , qui , par son testament, l'institua son héritier. C'était ce Plésirrhous qui avait écrit le proéme ou exposition de son histoire. Il eût manqué quelque chose à la gloire d'Hérodote, si l'envie ne l'eût point attaquée. On se doute bien qu'un homme dont les ouvrages avaient excité tant d'admiration et recueilli tant d'éloges dut être de bonne heure en butte aux traits satiriques et empoisonnés des écrivains médiocres de son temps, et Dion Chrysostome, qui ne craignit pas au bout de cinq siècles de se rendre l'écho de l'une de ces calomnies , nous prouve combien elles durent être nombreuses dans le siècle d'Hérodote. Le nom de l'un de ses plus violents détracteurs s'est conservé jusqu'à nous et méritait de partager la triste célébrité de celui de Zotle ; mais, par un hasard singulier, c'est sur le monument même de l'illustre écrivain dont il n'avait pu obscurcir la renommée, c'est dans l'épitaphc (!) consacrée à la mémoire d'Hérodote , que le nom de son obscur ennemi s'est sauvé du mépris de son siècle, pour recueillir le mépris du nôtre. Il s'appelait Moraus, et nous ne savons de lui rien autre chose , sinon que , par ses morsures (c'est l'expression originale de l'inscription}, il contraignit Hérodote à fuir la patrie qu'il avait illustrée par ses talents. Heureusement, pour l'honneur de l'humanité, on peut douter que les attaques d'un si vil adversaire aient exercé une aussi fâcheuse

(1 ) Cette épitaphe aovs * été conservée par Etienne de Hymne»

et par le acollaste d'Aristophane, mais avec de» altération, <jui en rr dent le sens trèa-difficil* A saisir La leçon adoptre par M. Brunck dut* tm AnaUeUt, et par M. Jacub» dan» aoa A* (knlogtê greegut, signifierait que de* crit\q*t$ amirtê, taux déaiffnatloM d'auteur, auraient obligé Hérodote 4 »e bannir de M patrie. Noua avona préfère la leçon >|<U lait de M mu, un nom propre | et c'eal celle que Larcher a aulne dan* aa traduction.

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influence sur la destinée d'un grand homme. D'autres auteurs également inconnus, un Caystrius, un Polion, cités par Porphyre, cherchèrent à sortir de leur obscurité en déchirant les ouvrages d'Hérodote : l'un d'eux l'accusa d'avoir emprunté îles morceaux entiers de la description de l'Egypte par Hécatée ; l'autre avait composé un traité spécial sur les plagiats d'Hérodote. Ces reproches ne méritent sans doute aucune réponse de notre part , comme ils n'en obtinrent aucune dans le siècle où ils furent produits. Nous ne savons quel jugement porter d'un traité composé par liarpocration sur les mensonges d'Hérodote, duquel il ne nous reste que le titre dans Suidas. Les munies accusations, relativement à l'Egypte, se trouvaient dans le livre de Manéthon , au témoignage de Josèphe : mais ces auteurs, et surtout le dernier , n'étaient eux-mêmes rien moins qu'irréprochables sur cet article, et il est probable que si leurs critiques fussent parvenues jusqu'à nous , elles auraient tourné à leur confusion plutôt qu'à celle d'Hérodote. On éprouve un sentiment plus pénible à la lecture d'un traité de Plutarquc rempli des plaintes les plus amères et des reproches les plus vifs contre le caractère et la véracité «l'Hérodote, et ce n'est pas sans une surprise mêlée île chagrin que l'on trouve parmi les œuvres morales du bon Plutarquc ce traité intitulé De la malignité d' Hérodote ; lequel parait avoir beaucoup trop imposé à Lamothe le Vaycr {toy. son Jugement des principaux historiens). Tous les reproches graves contenus dans celte longue invective ont été victorieusement réfutés par les critiques modernes, surtout par l'abbé Geinoz, dans trois mémoires qui font partie du recueil de l'Académie des belles-letlrcs, et par Larchcr dans les notes mêmes dont il a accompagné sa traduction du traité de Plutarquc. Quant aux faits d'une moindre importance , il est assez indifférent que Plutarque et Hérodote ne soient pas du même avis, et , dans le doute , l'autorité de ce dernier, comme plus voisin des événements et plus à portée des sources, sera toujours supérieure. Mais quels purent être les motifs d'une animosité si indigne d'un philosophe , et si affligeante surtout dans un écrivain tel que Plutarque? 11 est heureux pour la mémoire d'Hérodote que ce soit Plutarque luimême qui nous ait mis dans la confidence de ces motifs. H a voulu, dit-il au commencement de sa diatribe , venger l'honneur de ses compatriotes, dont la conduite avait été représentée par Hérodote sous des couleurs peu favorables. Ainsi, c'est ici le patriotisme qui a égaré la philosophie, et ! les intérêts de la vérité ont été sacrifiés à ceux de la vanité nationale. L'histoire d'Hérodote, le monument le plus précieux peut-être que nous ait transmis l'antiquité , est assurément un de ceux que le temps a le mieux respectés, du moins dans son ensemble; car il a souffert, dans les détails, les altérations inséparables de la condition même de ces sortes d'ouvrages, que des mains ignorantes

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défiguraient sans cesse en les reproduisant. Cette histoire est divisée en neuf livres , à chacun desquels furent de bonne heure attachés, par une faveur alors unique, les noms des neuf filles de Mnémosyne. On a pu juger, par le* nombreux voyages qu'entreprit Hérodote avant d'écrire son ouvrage , par les laborieuses recherches dans lesquelles il dut s'engager pour en recueillir les matériaux, par le soin qu'il mit à consulter les archives, les inscriptions, les monuments de toute espèce que la Grèce et les contrées étrangères offraient à son infatigable curiosité, on a pu juger, disons-nous, quelle haute idée il s'était faite des devoirs d'un historien , et combien l'obligation d'être sincère et véridique lui paraissait plus rigoureuse encore que celle d'être agréable et disert. C'est ainsi, pour n'en rapporter qu'un seul exemple, qu'il se transporta successivement à Héliopolis et à Thèbes dans la haute Egypte, pour voir si les prêtres de ces deux villes s'accorderaient dans leurs récits avec les prêtres de Memphis, bien qu'il n'eût eu aucun juste sujet de se délier de la véracité de ceux-ci. Les particularités utiles, ou même simplement curieuses, concernant les mœurs, les productions, les localités d'un pays, n'échappèrent jamais à son attention, cl lorsqu'il recueillit quelque tradition peu croyable , quelque fait dont l'authenticité lui semblait suspecte à lui-même, il eut soin encore de nous les transmettre fidèlement, tout en exprimant ses scrupules et ses doutes. Cependant on n'a pas craint de le taxer, à ce sujet, d'une excessive crédulité, tandis qu'on ne lui devait que des éloges pour le soin qu'il avait pris de conserver à la mémoire une foule de traditions qui, toutes fausses et merveilleuses qu'elles sont, caractérisent très-bien le génie des anciens peuples. La faveur éclatante dont avait joui son ouvrage à sa naissance rendit peut-être les siècles suivants moins justes à son égard. Les écrits dcCtésias sur l'Inde et la Perse furent préférés aux siens, quoique déjà du temps d'Aristote on commençât à revenir de ce ridicule engouement ; mais il fut une époque dans l'antiquité où il était du bon ton de se moquer des contes du vieil Hérodote ; où les esprits le mieux faits pour l'apprécier se laissaient entraîner au torrent de l'opinion populaire. C'estainsiqueStrabonetlesplushabilesgéographes lui reprochaient la forme isolée qu'il avait donnée à la mer Caspienne, tandis que les observations' modernes ont démontré la justesse de l'opinion * d'Hérodote , et ont frappé à son tour de ridicule celle qui, pendant plusieurs siècles, avait prévalu sur la sienne et en faisait un golfe de l'océan Septentrional. Il en est arrivé de même de presque toutes les parties de la science et de l'histoire qu'Hérodote avait traitées dans son ouvrage. Le temps a remis à leur véritable place les écrits de ce grand homme et les moqueries de ses critiques. L'aveu de Boerhaave, qui reconnaissait que, dans les sciences naturelles, les opinions d'Hérodote

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