‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 47 sur 106 · HEP · texte numérisé non relu

HEP

« dît-Il, et regardant comme une obligation d'être

* utile , je considère moins les difficultés de ce « travail que l'avantage qu'il peut procurer à mes

* compatriotes; et je crois n'avoir pas formé une « petite entreprise en écrivant le premier sur « celte matière. « Son ouvrage, intitulé Agriculture générale ou t on traite des travaux des champs, de l'éducation det animaux, des propriétés des plantes, etc., a eu plusieurs éditions en espagnol et une traduction italienne (par Mambrino Rosco da Fabriano), imprimée en 1587, in-4°. Les plus anciennes éditions sont celles de Tolède, 1520, 1546, 1531, in-fol., sous le titre de Libro de agricultura, etc. La dernière, imprimée à Madrid, chez Sancha , 1777, in-fol., est intitulée Agricultura gênerai. que trata de la Labransa. etc. L'auteur a composé son travail en compilant, chez les anciens , et surtout dans Cresecnzi , les préceptes et les méthodes d'agriculture qui pouvaient être utiles à ses compatriotes. 17 disait qu'en agriculture, comme dans les autres entreprises, il fallait trois choses : pouvoir, savoir et vouloir. L — fE.

HERRERA (Ferdinand de), poète espagnol, naquit à Séville, vers l'an 151 fi. Très-versé dans les langues grecque, latine, italienne et française, il passait encore pour un profond théotogien : néanmoins il s'appliqua de préférence à la poésie, et il fut le premier des quatre poètes espagnols qui obtinrent le surnom de divin. Quoiqu'il eût embrassé à trente ans l'état ecclésiastique . tons ses vers sont adressés à une dame distinguée de l'Andalousie, qu'il célèbre sous les noms d'Estelle, Etiodore, Aglaé, etc. : mais son amour était aussi pur et aussi platonique que eelui de Pétrarque, qu'il lâcha d'imiter dans ses compositions, tout en suivant les traces de Boscan et de Garcilaso. Herrera mourut dans sa patrie vers l'an 1595. Le recueil de ses poésies (Obras de Herrera, Séville, 1582, 1619, 4 vol.) contient des sonnets, des chansons , des élégies , etc. , remplis de verve , de grâce et d'expression ; mais son style manque parfois de correction, défaut qui aurait dû empêcher de lui prodiguer, un |>eo trop libéralement, l'épithèle de dieht. Parmi ses chansons, on remarque celle tjoi commence Suave mdlo, iù que tn tardo butlo, etc. On a encore de lui : 4° Re/achm de la guerra de Cypre y batalla de Lepattto, Séville, 1572, 4 vol. ; 2» Vida y muerte de Thomas Mort, ibid., 4592, 1 vol., traduite du latin de Stspleton; 3* une édition des Poésies de Garcilaso de la Vega, avec des notes intéressantes, Séville, 1580, in -H». D'après les notices que nous ont laissées les contemporains 6" Herrera, et notam-

HERRERA (Antoine), historien espagnol, avait pris ce nom, qui était celui de sa mère; son père s'appelait Tordesillas; il naquit en 4559 : 11 fut d'abord secrétaire de Vespasien de Conzagne, vice-roi de Naples ; ensuite Philippe II le nomma premier historiographe des Indes et de Castille,/

lui accorna une pension consuieraDie. iierrerai fut, peu de temps avant sa mort, élevé an poste' de secrétaire d'Etat; il mourut à Madrid, le 29 mars 4628. On a de lui, en espagnol : 4° Histoire générale des gestes des Castillans dans les tU$ et terres fermes de la mer Océane, de f <ro» 4492 à l'an 1554, Madrid, 1604-1645, 4 vol. in-fol. ; ibid., 1729-1730, 5 vol. in-fol. avec figures. Cette édition , donnée par André Gonzalez Barcia , a été revue non-seolement sur les historiens originaux qui ont traité de la découverte et de la conquête de l'Amérique, mais encore sur les archives de la couronne d'Espagne : Barcia a fait plus; 11 a donné une continuation à Herrera. (.'édition d'Anvers, 4728, 4 vol. in-fol., est très-mauvaise. Cet ouvrage, divisé en huit décades, comprend , comme on le voit par le titre , une période de plus de soixante ans. Quoique Herrera ne fût pas sorti d'Europe, les excellents matériaux qu'il eut à sa disposition le mirent à portée d'écrire arec exactitude l'histoire de la découverte de l'Amérique et de tout ce qui suivit cet événement mémorable. Il se rend à lui-même le témoignage d'avoir travaillé avec une ardeur infatigable à découvrir la vérité : la critique ne l'a jamais contredit. « De « tous les auteurs espagnols, dit Roberlson, Her- « rera est celui qui nous a donné le récit le pin « exact et le plus circonstancié de la conquête dn « Mexique et des antres événements d'Amérique. « Le soin et PattenlioD avec lesquels il a consulté ■ non-seulement les livres, mais les papiers ori- « ginaux et les actes publics qui pouvaient Jeter « quelque lumière sur l'objet de ses recherches, « surtout rimparlialité et la candeur qu'il a mises « dans ses jugements, rendent ses décades fort « précieuses. On pourrait même à juste titre le pla- « eer parmi les meilleurs historiens de sa nation. « sans l'ordre chronologique trop scrupuleux qu'il « a voulu observer dans lesévénementsdu nouveau « monde; ce qui rend son ouvrage si diffus, si « obscur, si décousu, que ce n'est qu'au moyen « d'un travail péri il de qu'on rassemble les diverse»

poèmes (qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous); tels que la Bataille det Géants dans les champs Phlégreens, le Rapt de Proserpine, YAmaéhf, ete. Mais la perte qui est la plus à regretter est celle de son manuscrit contenant Y Histoire générale d'Espagne Jusqu'à

■ circonstances d'un fait. Au reste, il indique les « aoorees où il a puisé pour composer son « eueil. » On lui reproche aussi de l'i déguiser quelques faits odieux de ses compatriotes., un peu d'amour pour le merveilleux (c'était le goot du temps) et de l'endure dans le style. Comme son ouvrage offre une mine de faits inépuisable , les écrivains qui ont traité le même sujet après lui l'ont pris pour modèle et pour guide. Nicolas de la Cosle a entrepris de traduira Herrera en français : la mort le saisit quaad il eut aebevé la seconde décade. Cette version, qui est en 3'

1660H671. Le troisième volume fut publié, après la mort de la Cosle, par sa veuve. Il y en a aussi une traduction anglaise , par Jean Stevens , Londres, 1725-1726, 6 vol. in-8°. 2° Description des Indes occidentales, Madrid, 1G01, in- lui., caries : elle 6e trouve à la ûn du second volume de la première édition de l'ouvrage précédent. Herrera publia ce livre pour servir d'introduction à son grand ouvrage. G. van Baerl le traduisit en latin, et l'inséra dans un recueil qu'il fit imprimer sous ce titre : Xovus orbis, site Descripiio Indice occidenlalis ; accesserunt et aliorum Indice occidentales descripliones, etc., Amsterdam, 1622, in-fol., cartes. La traduction française de ce recueil est intitulée Description des Indes occidentales , qu'on ap* pelU aujourd'hui nouveau monde, etc., translatée d'espagnol en français, Amsterdam et Paris, 1622, in-fol., cartes. Cette description , purement géo-

Eaphique, embrasse toute l'Amérique ainsi que > Philippines , les lies de l'Especerie , etc., la nouvelle Guinée, les lies de Salomon et les tles des Larrons , et se termine par une notice sur le gouvernement des Indes ; elle est bien faite. « De Bry, dit Camus, a tiré de la collection de « Baerl la traduction de la description d'Herrera, « pour l'insérer dans la 12e partie de ses grands « voyages ; il a exactement copié le texte et les m cartes; le texte est même réimprimé page pour « page. » 3° Histoire de ce qui s'est passé en Angleterre et en Ecosse pendant quarante-quatre ans qu'a técu Marie Stuart, reine d'Ecosse, Lisbonne, 1 1590, in-12; 4» Cinq litres de l'histoire du Portu- j gai et de la conquête des îles Açores dans les an- \ nies 1581 et 1583, Madrid, 1591, in-4°; 5° Histoire des affaires de France depuis l'an \W5 jusqu'à la fin de fan 1594, Madrid, 1598, in-4°; 6° Histoire du monde, sous le régne de Philippe II, depuis l'an 1581 jusqu'à l'an 1398, Valladolid, 1606, 3 vol. in-fol.; Madrid, 1613, 3 vol. in-fol.; 7° Traité, relation et discours historique des mouvements de l' Aragon arrivés dans Ut années 1591 et 1592, Madrid, 1612, in-4°; 8° Commentaires sur les gestes des Espagnols, des Français et des Vénitiens, eu Italie, et des autres républiques, princes et capitaines italiens fameux, depuis fan 1285 jusqu'à l'an 1559, Madrid, 1624, in-fol. Quelques-uns de ces ouvrages sont devenus rares : tous sont écrits purement; la plupart sont bons, mais aucun n'égale l'Histoire des Indes. E — s»

JIERBEKA (François), peintre espagnol, naquit à Séville en 1576. 11 étudia sous Louis Fernande*, artiste alors très-renommé. Herrera fut le premier qui s'écarta de ce style gêné et timide que conservaient depuis longtemps les peintres andalous; et, se formant un style à lui, il établit une nouvelle école que tous s'empressèrent d'imiter, et notamment son élève, le célèbre Diego Velasquec. Peu de peintres ont travaillé avec autant de rapidité : aussi a-t-on de lui un grand nombre de tableaux. Il n'était pas difficile sur les moyens d'exécution ; il dessinait souvent avec des roseaux,

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et peignait arec des brosses , sans que cela diminuât le mérite de ses ouvrages. I "i prête de son caractère éloignait de son atelier les élèves; et lorsqu'il restait seul, ce qui arrivait fréquemment, c'était, dit-on, sa servante, à laquelle il avait donné quelques notions de peinture , qui esquissait ses tableaux. Herrera était aussi habile graveur en bronze , et on l'accusa d'avoir cédé à la tentation de fabriquer de la fausse monnaie. S'étant réfugié dans le collège des jésuites, il y peignit un St-Hermenegilde. Le roi Philippe IV, dans un de ses voyages, ayant vu et admiré ce tableau, voulut en connaître l'auteur, et lui accorda sa grâce. De retour dans sa famille , Herrera , qui n'avait jamais pu dompter la dureté de son caractère, se vit bientôt abandonné non-seulement par ses élèves , mais aussi par sa femme et ses enfants. Le cadet, François, lui vola tout son argent, et s'enfuit à Rome (voy. l'article suivant}. Herrera , se trouvant seul , vint à Madrid , où il mourut en 1656. Les meilleurs ouvrages de cet artiste sont disséminés en grande partie dans les églises de Séville. Celui qui établit sa réputation fut son Jugement universel, qu'on voit dans l'église de St-Brrnard de la même ville. Cet artiste excellait dans les bodegoneillos , ou tableaux représentant des viandes, de la volaille et des poissons. U en peignit un grand nombre de ce genre , qui ont presque tous passé dans l'étranger. Le dernier, à ce qu'on croit, fut acheté en 1800, dans une des ventes publiques (qui se font chaque année à Madrid), par un Anglais, qui le paya deux mille piastres, quoique le tableau fût d'une petite dimension. Dans le grand genre, le style d'Herrera se rapproche de ceux du Guerchin , de l'Espagnolet, desCarrache. — Son fils, François Murera, dit le jeune, né en 1622, fut peintre et architecte. Ayant quitté la maison paternelle , il continua ses études à Borne , où il se distingua par quelques ouvrages , et notamment par son habileté à peindre les poissons , ce qui lui attira le surnom de La Spagnuolo de' pesci. Quand il eut appris la mort de son père, il revint à Séville , où un tableau qu'il entreprit, représentant St- François, lui mérita sa nomination à la place de second président de l'Académie de peinture établie dans cette ville en 1060, sous la direction du célèbre Murillo. Naturellement orgueilleux , et ayant hérité du caractère de son père, il indisposa Murillo contre lui, et transporta son atelier a Madrid. Herrera avait beaucoup de talent pour ia peinture à fresque : aussi Philippe IV l'employa dans différents ouvrages, et le prit à son service, en lui donnant de riches émoluments. En 1672, Herrera se rendit à Saragosse pour lever les plans de l'église de la Vierge dite du Pilier : mais il abandonna bientôt la profession d'architecte, pour laquelle il n'avait pas de grandes dispositions; et, de retour à Madrid, il se consacra entièrement à la peinture. On compte à SéviUe parmi ses ouvrages les plus remarquables un

St-Françoit, et à Madrid un St-Vineent Février prêchant au peuple , une belle Cène , et les fresques peintes dans les églises de St-Philippe, des Récollets et d'Atocha. Herrera était un bon peintre du second ordre; et l'on admirait son coloris et la grâce de ses figures : mais son caractère tyrannique lui faisait beaucoup d'ennemis ; il s'en vengeait par des satires, genre auquel il exerçait souvent son pinceau. On cite, entre autres, le trait suivant : I n seigneur distingué de la cour l'avait chargé de choisir dans une vente publique les tableaux qui lui sembleraient les meilleurs. Herrera exécuta fidèlement la commission, et en rendit compte au seigneur. Ce dernier cependant, •'étant rendu sur les lieux, n'eut aucun égard au choix de Herrera, et acheta des tableaux fort inférieurs. L'artiste, piqué de ce manque de confiance et d'égards, peignit aussitôt un tableau où il représenta un beau jardin orné des fleurs les plus rares; et il plaça au milieu un grand singe, tenant dans sa main une tète de chardon. Il allait lui-même présenter ce tableau au seigneur dont il avait fait une satire si expressive et si araère; mais, chemin faisant, il rencontra un de ses amis intimes qui, ayant appris le sujet de son voyage, et en prévoyant les conséquences, lui arracha le tableau des mains et le déchira. Herrera n'en put sauver que le singe. On dit que, dans la suite, il le vendit à un quaker, et que le singe se trouve encore aujourd'hui en Angleterre , tenant sa téte de chardon à la main. — Il y eut d'autres artistes renommés du nom d 1 1 huukk \ , tels que Jean et Pierre, peintres; Antoine, sculpteur, qui floriss uni! vers le milieu du 17* siècle : Sébastien, peintre, sculpteur, et surtout architecte distingué, mourut à Madrid en 1G71. B — s.

HERRGOTT (i&A*Qi: au»), ou Jean-Jaequet, comme il fut appelé avant de prendre l'habit religieux , bénédictin célèbre par ses connaissances profondes en diplomatique, naquit à Fribourg en Brisgau, le 9 octobre 1G94. Herrgott montra de bonne heure une grande application : à l'âge de quinze ans, il avait déjà terminé ses études, et il accepta une place d'instituteur à Strasbourg. Il conduisit ses élèves à Parus, où il suivit leur éducation pendant deux années. A vingt ans, il prit Tbabit de St-Benott dans le monastère de St- Blaise. 11 se fit bientôt chérir par son affabilité, et surtout par le zèle qu'il déploya dans ses recherches pour mettre au jour les monuments diplomatiques du moyen âge, qu'il trouva dans la riche bibliothèque de son couvent. Herrgott fut nommé grand sommelier, et dans la suite député des étals de la haute Autriche près de la cour impériale à Vienne. Son érudition lui mérita les bonnes grâces de l'empereur Charles VI et de l'Impératrice Marie-Thérèse. Herrgott fut nommé conseiller impérial et historiographe en 1736, et on lui fournit tous les secours nécessaires pour ses savantes recherches sur les monuments historique» de la maison de Habsbourg. Le prince

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abbé de St-Blaisc le nomma son conseiller inmc , vicaire et prévôt à KreUingen. Ce savant religieux mourut à Vienne le 9 octobre 1762, après avoir acquis une grande réputation par les ouvrages suivants : 1° l 'dus disciplina monattka , seu eoUectio auctorum ordinit S. Benedicti, maximum partent ineditorum, qui de monattka disciplina tradarunt, Paris, 1726, in-4° ; 2° Genenlogia diplomalica attguttat gentit Habtburgira qua eontinentur tera gentit kujus exordia, anliquitatet. propagation] net, pottettionet et prarogativar. chartit ae diplomatibus , n° cmliv , maximum padem hadenut wedUit atterta ; adjeetit tigillit aliisque monumentit art ineitit , mappa . item geographica et indicibut locupletitnmit . Vienne, 1737-1738, 2 vol. in-fol., avec une carte de la Suisse, 23 planches et beaucoup de vignettes. L'histoire de la maison de Habsbourg avait été écrite avec beaucoup de partialité jusqu'à l'époque ou Herrgott, après avoir étudié tout ce qu'on avait publié sur l'histoire de l'ancienne Allemannie et de la Bourgogne, entre* prit d'écrire une nouvelle histoire de la maison de Habsbourg , et de puiser ses matériaux dan* les chartes, inscriptions et monuments. Le comte de Sinzendorf et le baron de Bartenstein, deux gentilshommes de la cour de Charles VI , distingués par leurs lumières, firent part de cette entreprise historique à l'empereur, qui en approuva le plan , et combla dès ce moment de ses faveurs l'historiographe de sa maison. Herrgott, retenu à Vienne par ses fonctions de député des étals du Brisgau , obtint que deux religieux de l'abbaye de St-Blaise (Stanislas Wûlberz et Laur. Gumpp.), munis de lettres de l'empereur, fussent chargés de parcourir la Suisse, d'examiner les archives, les chancelleries des princes et des villes, et même des collections de particuliers, de copier les chartes et autres titres importants, et de dessiner les sceaux. Telle fut l'origine de cet ouvrage, qui présente à l'historien le double avantage d'être écrit avec une grande circonspection , et d'être imprimé avec le plus grand soin. Herrgott a divisé le premier volume de son ouvrage en six livres , qui sont précédés de huit dissertations critiques. Le premier livre traite de la géographie du comté de Habsbourg. Les cinq autres donnent la généalogie de la maison de Habsbourg I depuis Ethico ou Adalric , premier duc de l'Ailemannie. Les deux divisions du tome 2 contiennent les diplômes, chartes et autres monuments de l'antiquité, qui, dès l'an 501 jusqu'à 1471, ont quelque rapport à l'histoire de la maison de Habsbourg. 3° Monumenta Augutta domut Auttriacat, tomut primat, tigilla tetera, intignia, etc., evm audario diplomatum Auslriacorum , Vienne, 1750, in-fol., avec 25 planches. Herrgott avait employé douie ans à recueillir les matériaux de cet ouvrage, dans lequel il examine avec le plus grand détail les armoiries, les sceaux et toutes les marques de dignité des archiducs d'Autriche, de- | puis Ernest 1", de la maison de Babenberg, jusqu'à

Maximilien I«f , fil» de l'empereur Frédéric le Pacifia**. Les soins île l'auleiir, le papier, l'exécution typographique et le» gravure» répondent à la magni licence du souverain qui avait ordonné à Ilerrgott d'entrepreudre ce travail. Il le continua sou» ce titre s a* Xumotheca princi/mm AuUri*. ex gatis aulit Casareat potissimum iusiructa et altitude attela , qutt a firima a-tate qua in Auslrin cttta fuit moneta . sttb Babenbergica ttirpis marchionibus. ad vaque llabtburgica: gentil ftrineipes. Itnea kispanoattitriactr , kujusque mascutum ultimum , Carolum II | regem Uispaniee numos cujuscwtqu* forma et metalli; pr«,ipue tamen mnemonicos atque iconicos qui tel ho'-um jusstt, tel eorum gratta, ab atiit per- j cussi tel fusi fvervnt. typit (tneis expressos. de durit. Pars prima et stcunda tomi secundi Monument. \ug. dom. Austnacœ, l'ribourg, 1752-1755, io-fol., avec 92 planche». L'auteur y suit l'ordre chronologique. Ilerrgott publia ensuite, toujours comme continuation de son grand ouvrage , la description d'un autre genre de monuments, sou» ce titre : 5° Pinacothec* pristctpum Anâtrtœ , in qua mnrchiomm. ducum archiduc «moue Austriee utrtutque sexus, simulacra, statum. anagtgpka cœteraqve. sculpta, cœlata, pictave monument*, tabula eneis incisa refenmturet commentants illustrantur. Vienne, 1760, in-fol. , avec 15 planches dan» la première partie, et 98 daus la deuxième. Après quelque» dissertations préliminaire», l'auteur m placé un Auctarium dipfumaticum. composé de quatre-vingt-deux charte», la plupart inédites, et dont la plus ancienne est de 1280. La seconde partie renferme le» portraits de» princes de Habsbourg, suivis de ceux des prince» autrichien», dont la série se termine à Ferdinand IV, roi des Romain», et à son frère Cbarles-Joseph. Un quatrième volume de l'histoire des monument» était déjà en partie achevé par Ilerrgott et par tleer, quand l'incendie de 1768, qui consuma les édifices du monastère de Sl- Hlaise, dévora aussi ce précieux, manuscrit. Le prince abbé, Martin Gerbcrt, composa de nouveau ce quatrième vohime, et le publia sous le titre de Tuphographia principmm Austrtat , etc. ; rov. GcasuT). Un cinquième volume devait suivre celui-ci sou» ce titre : Inscriptiones Aug. donms Austriaca, ex (emplit, forts ; palatus, sépulcres, cryptis, n g m s ttneis, saxets, tt lus que inonumentis, nec non scrtptoribns fid* dignis, uMcis fer* \ gentium collectée; mais ce travail n'a pas été achevé. Nous ajouterons seulement que la U&scnptioa des monuments 4e la maison de Habsbourg est k guide le pèas sur pour l'historien qui veut répandre quelque lumière sur l'histoire un peu obscure des prince» de cette maison. B — a — a.

HLHRLlBbKGLR (Dsvu>) naquit à Zurich en 1697, et y mourut en 1777. Graveur habile el industrieux , après avoir reçu ses premières instructions du peintre et graveur Melchior Fuessli, il se rendit à Angsbourg , et ensuite à Amsterdam , où il ae perfectionna sous Bernard Picart, qui le distingua, et pour lequel il a beaucoup

travaillé. 11 voyagea en France et en Angleterre, et revint en 1729 dans sa patrie. Il publia un grand ouvrage, Nouvelle descri/ition topographifun de la Suisse, qui parut depuis 175-4 jusqu'en 1775, en 5 volumes formant 55 cahiers, lesquels renferment 525 planches. Il a eu de» coop érateurs* tant pour les planches que pour le texte, dont le* difierentes parties sont d'un mérite inégal. La traduction française, commencée par si. Mottet, à Neufchàlel, n'a pas été terminée. La Topographie pnrtifulière des Alpes, commencée par UccruV berger en 1774, e»t l'édition augmentée d une section de son grand ouvrage : la suite n'en a point paru. Il a publié quelques cahiers d'un Pam~ tkéon suisse, renfermant les portrait» et les éloges des Suisses célèbres ; le» Cris de Zurich et 4a Bdle, un grand nombre d'autre» gravures, et une édition de l'ouvrage de Picart sur les cérémania* religieuses: il a imité parfaitement la manière de ce graveur. U — i.

I1EKHMAN (Fraîicois-Antowe), diplomate distingué, naquit le 30 mars 1 758, a Schete»ladt,d' une famille ancienne et considérée. Ses ancêtres avaient exercé les premières charges dans les villes libres et impériale» de l'Alsace. Ce fut l'un d'eux qui, après la conquête de cette province par Louis XIV, vint négocier à Paris la conservation d'une partie des franchises de ces cités , sortes de république» où le pouvoir fut longtemps électif. La père de Herrman , procureur général au couses! souverain d'Alsace, plus tard membre de l'assemblée îles notableset de l'assemblée nationale, l'avait destiné à la magistrature. Il s'y prépara par de sérieuses étude» qui devaient trouver leur application dans une carrière plus conforme à ses aptitude». Si la civilisation n'est pas une iléviMion complète des voies de la nature, pourquoi se refuserait-on à reconnaître le rapport des organisations individuelles avec l'organisation sociale, à laquelle elles doivent correspondre ? Quoi qu'if en soit , doué du génie politique , Uerrman renonça à la magistrature et se destina à la diplomatie, mats d'une manière d'abord indirecte. Admis dans l'intimité du maréchal de Castries, ministre de la marine , il avait trouvé en lui tout à la fois un digne appréciateur de son caractère, de ses talents, et cet appui qui trop souvent manque au mérite encore ignoré. Depuis leur institution par Golbert, les consulats dépendaient du département de la marine dont les attributions s'étendaient aussi au commerce. Uerrman dut à M. de Castries le poste de consul général à Londres U avait à peine trente ans, et les circonstances dans lesquelles il allait débuter étaient des plus difficiles. L'orgueil britannique ne pardonnait point au cabinet de Versailles cette guerre qui avait vu notre pavillon se dérouler avec éclat sur toute» les mers, et qui venait de se terminer par l'affranchissement de l'Amérique du Nord. Son alliance avec l'une des premières familles d'Ecosse ouvrit à Uerrman les cercles les plut

11 s'en fit estimer par son caractère et rechercher par les séductions d'un rsprit à la fois prorond et plein de saillies. Il fut si habile a se servir de ses relations, que sa mission devint bientôt tonte politique. Indépendamment des informations secrètes, le cabinet était tenu au courant des plus grands intérêts qui s'agitaient nonseulement dans le royaume uni , mais dans tout l'empire britannique. Noos citerons particulièrement deux mémoires dn plus haut intérêt envoyés par Herrman, l'un sur les affaires de l'Inde orientale, l'autre sur la traite des noirs. Plus «l'une fois il était arrivé au consul général de devancer l'ambassadeur et assez souvent d'avoir mieux su apprécier les circonstances et prévoir les événements. l,ouis XVI décida donc qu'à l'avenir la correspondance de Herrman serait lue en conseil. Lorsque éclatèrent les orages révolutionnaires , le roi lui donna des ordres directs pour Tachât d'un grand approvisionnement de grains. Le aèle que Herrman mit à répondre à ces dernières marques d'une auguste confiance le compromit aux yeux des autorités qui venaient de S'emparer du pouvoir souverain. A la cessation de ses fonctions à Londres , il reçut l'avis de ne pas rentrer en France. Pendant cet «il volontaire , il fut souvent employé par le comte de LHle (Louis XVIII) à des négociations dont les phases devinrent celles de la révolution. En 1901, il fut autorisé par le prince à rejoindre une famille qui avait tous les droits à sa plus tendre sollicitude. Il vit la France assez calme au dedans et resplendissante de gloire. Pour rien au inonde, pas même la reconnaissance et la fidélité politique , dont H donna f»lus tard un bel exemple, il n'eût voulu contribuer à compromettre les destinées «le son pays par un changement de gouvernement. Il se tint donc aussi à l'écart des partis qu'indépendaut de l'autorité. Mais l'autorité, après l'avoir fait observer «le près , sûre de ses intentions , ne tarda pas à faire on appel à ses talents. Herrman ne crut pas devoir refuser son concours , si faible que sa modestie le lui faisait supposer, à l'homme extraordinaire qui seul pouvait raffermir l'édifice social a peine relevé et encore chancelant sur une base élective. £ovoyé comme premier secrétaire d'ambassade à Madrid, Herrman s'y trouva bientôt chargé d'affaires et négocia en cette qualité un traité qui mit pour ainsi dire le royaume des Lspagnes à la disposition du premier consul. «Un différend assex grave s'étaut élevé entre la France et le Portugal, Herrman parvint à l'aplanir et fut nommé consul général à Lisbonne. Bien que cette position pût sembler moins importante que celle qu'il avait occupée à Madrid , il n'hésita point à accepter. U lui suffisait d'être utile , et il voyait dans Lisbonne à peu près le seul point , de tout le midi de l'Europe , où l'influence anglaise était encore à coras. Lors de l'invasion de la Péninsule en 1808, chargea Herrman de

générale dn Portugal avec le titre de ministre de l'intérieur et des finances. Le pays dut être frappé d'énormes contributions pour suffire aux besoins de l'armée d'occupation , mais elles furent réparties avec tant d'équité, perçues avec une telle intégrité, qu'il n'y eut qu'une voix pour honorer Herrman. Nous trouvons , a cette occasion, son nom cité avec éloge dans les Âfrwuùres d'un àomme d'État (t. 10, p. 116), assurément peu suspects de partialité en faveur du gouvernement impérial et «le ses agents. Rentré en France après l'évacuation du Portugal , Herrman fut envoyé en Prusse, sur l'ordre direct de l'empereur, pour présider i une importante et difficile opération. H s'agissait de recevoir du cabinet de Berlin pour vingt millions de denrées coloniales confisquées sur h* commerce anglais dans la Baltique , et dont la déduction serait à faire sur le montant des contributions extraordinaires imposées à la Prusse. Herrman s'acquitta de cette mission i la satisfaction des deux souverains. Napoléon récompensa avec générosité le liquidateur intègre , et le roi de Prusse lai remit la croix de commandeur de l'Aigle rouge. L'empereur nomma Herrman consul général à Kœnisberg , et manifesta presque aussitôt l'intention de l'emmener avec lui en Russie. Pressentant la funeste issue de cette campagne, Herrman sut décliner la proposition. A la rentrée des Bourbons , il pouvait s'attendre à ce que les services «nfil avait Temlus à leur cause pendant l'émigration ne seraient pas oubliés. Mais déjà les courtisans de tous les régimes rntouraient le trône restauré, ne laissant aucun accès au dévouement éprouvé et aux conseils d'une prévoyance que les événements «levaient deux fois justifier. Ce ne fut qu'en 1822, lors de l'entrée de M. de Montmorency aux affaires étrangères, «pie Herrman fut rappelé au service comme sous-secrétaire d'État à ce département. Quoique dans un âge avancé et infirme, il montra la plus grande activité «lans tous les devoirs de cette haute et difficile position. Il se fit vider les cartous , se mit au courant de toutes les questions, de toutes les affaires en voie de solution ou de négociation ; et , après s'être ainsi éclairé par lui-même sur les choses et les hommes, il eut le rare mérite qui avait autrefois distingué son protecteur le maréchal de Castries : il sut consulter. Même avant «le rentrer sur la •cène politique , Herrman n'avait pas cessé de suivre d'un regard attentif la marche des événements, et peu de personnes, mieux que lui, pouvaient en comprendre la gravité. H se prononça de la manière la plus décidée pour l'intervention de 1823. Son opinion eut d'autant pli» de poids, qu'ayant résidé en Espagne, il en avait pu sérieusement étudier la situation. Lorsque , de retour du congrès «le Vérone, M. de Montmorency quitta le ministère, Herrman, par une Adélité politique devenue de plus en plus rare, crut devoir se retirer avec lui, ne gardant que le titre de conseiller d'Etat en service extraordinaire , qui ne le liait

en aucune façon à l'administration nouvelle. II cessa dès lors de prendre une part active aux affaires , mais non de s'en occuper avec la plus constante sollicitude , et plus d'une fois , il nous est permis de le croire , il fit parvenir des conseils inspirés par l'amour du bien public. Herrman a publié : 1 " Résultat de Us politique de l'Angleterre dans ces dernièret années, Paris, thermidor an 11 (1805), traduction d'un discours prononcé aux communes par M. Trueman ; 2" Observations sur Us discours prononcés dans la chambre des communes le 14 avril 1825, par M. Canning. et sur les dernières négociations qui ont eu lieu entre la France et l'Angleterre, relatirement à l'Espagne, Paris, 1825 ; 5» De l'état actuel de l'Espagne et de ses colonies, considéré sous le rapport des intérêts politiques et commerciaux de la France et des autres puissances de C Europe, Paris, 1824. Herrman n'attacha pas son nom à ces écrits; mais ils révélaient assez un homme initié aux affaires et capable de les diriger. Son mérite perça pour ainsi dire le voile de l'anonyme dont il avait voulu se couvrir. Après une longue et cruelle maladie , il est mort à Paris, le 29 septembre 1837. Ch — u.

HEHKMAMN (Frédéric) , écrivain allemand, né en 1773 à Mytweyda , mort le 11 janvier 1819, avait été professeur au gymnase de Lùbeck , et depuis 1807 avait cumulé avec sa chaire les fonctions de conseiller aulique du prince de Schwarzbourg-Rudolsladt. Parmi les ouvrages qu'on lui doit et dont plusieurs sont destinés à l'éducation de la jeunesse , nous remarquerons : 1° Voyage en Thuringe , Leipsick , 1804 , in-s , lig. ; 2U La famille AngéU, histoire du temps de la révolution française, Liibeck, 1801, in-8°; 3° l'Espagne ou Description de cette région de l'Europe d'eprès les sources géographiques et statistiques les plus pures, io-8°, reproduit sous le litre de Manuel complet de géographie à l'usage des étudiants et de tous ceux qui lisent les journaux , lr« partie, Espagne; 4° Magasin d'histoire ancienne et moderne des États et des peuples européens, Hambourg, 1816-18, gr. in-8°, 5 part, (en collaboration avec Ch.-F.-H. Hartmann) ; 5° Des pirates de la Méditerranée et de leur anéantissement , Liibeck , 1815 , in-8°. Cet ouvrage, composé au moment où les souverains, encore enivrés de leur victoire de 1814, dépeçaient à Vienne les riches lambeaux de la dépouille napoléonienne, est écrit avec la naïveté d'un homme qui ne voyait pas que le problème barbaresque n'était qu'un leurre jeté à l'opinion publique, afin de lui donner le change, tandis que les coryphées du congrès se partageaient le positif ; mais I il n'en contient pas moins des vues précieuses et quelques utiles renseignements. La question est bien traitée sous les trois rapports commercial, politique , héréditaire. 6° De ta chute des nations, OU Miroir des gouvernants et des gouvernés, Liibeck, 1809, in-8°; 7» Catéchùme rationnel, à l'usage des enfants (en allemand et en français), ! 6" édit., Leipsick, 1815, in-8» ; 7« édit., 1824. La |

méthode d'Herrmann consiste à faire sortir de récits courts, et facilement intelligibles pour le jeune âge, les principes de morale et de religion qu'il formule. 8° Divers articles dans Y Encyclopédie de Gruber et dans plusieurs recueils périodiques. Le plus curieux est intitulé De ï influence de la possession de la Louisiane par les Français sur le commerce et la population des Etats- Unis de F Amérique du Nord. C'est à tort qu'on l'a dit auteur des Cura euripidea, dues à J.-O.-J. Herrmann. — Herrmann (G.-F.), d'Égerbach en Alsace, où il vit le jour en 1754, mourut en 1827, professeur de langues anglaise et française au lycée de Weimar, après avoir vécu d'abord à Weissenfels , puis enseigné ( 1805-1807 ) les langues modernes à Stralsund. Il a laissé, entre autres ouvrages élémentaires, une édition avec notes en allemand des \uits cTYoung. YVeissenfels , 1800; des grammaires française et suédoise à l'usage des Allemands, et un Catalogue alphabétique des villes, bourgs et autres lieux des grands duchés de Mecklembourg-Scbwérin et Mecklembourg-Strelitz , Uov tock, et Schwerin, 1819, in-4°. P— ot.

HERSAN (Marc-Antoine), l'un des professeurs les plus distingués de l'université de Paris, naquit à Compiègne en 1652 : il enseigna les humanités et ensuite la rhétorique au collège du IMesMS avec un zèle et un succès extraordinaires. Ses confrères le désignèrent plusieurs fois, malgré sa jeunesse , pour la place de recteur ; mais il fut impossible de le déterminer à l'accepter. 11 fut le maître du célèbre Rollin , qu'il détermina par set conseils à entrer dans la carrière de l'enseignement, que son disciple devait parcourir d'une manière si brillante. Invité à se charger de l'éducation de l'abbé de Louvois , il se démit de sa chaire , et eut la satisfaction d'être remplacé par Rollin. n lui conserva toujours l'amitié la plus tendre, et lui résigna , en 1697, sa place de pro> fesseur adjoint au collège royal. Alors il se retira dans sa patrie, et s'y consacra entièrement au service de pauvres enfants. « 11 leur fit bâtir une « école, dit Rollin , et fonda un maître pour leur

■ instruction. Il leur en tenait lieu lui-même : il « assistait souvent à leurs leçons ; il en avait « presque toujours quelques-uns à sa table ; il « en habillait plusieurs ; il leur distribuait à tous, « dans des temps marqués, diverses récompenses « pour les animer , et sa plus douce consolation

■ était de penser qu'après sa mort ces enfants

■ feraient pour lui la même prière que Gerson « avait demandée par son testament à ceux dont * il avait pris soin » {voy. GzasoN). Hcrsan mourut à Compiègne au mois de septembre 1724, âgé de 72 ans. Il eut, ajoute Rollin , le bonheur de mourir pauvre, en quelque sorte, au milieu des pauvres ; ce qui lui restait de biens ayant à peine suffi à un établissement de sœurs de la charité, destinées à instruire les jeunes filles et à prendre soin des pauvres malades. Cet illustre professeur a laissé peu d'ouvrages ; mais ils sont tres-reinar-

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quables par la pureté du style, la noblesse des sentiments, et surtout par le goût de l'antiquité qui caractérise les bons auteurs du siècle de Louis XIV. Ce sont : 1° l'Oraison funèbre du chancelier Leiellier (en latin), Paris, 1686, in-4°. Elle a été traduite en français par Bonarit, docteur de Sorbonne (roy. le Dictionnaire des anonymes, n° 10,370), ou par Noël BosquUlon, de l'Académie de Soissons, ibid., 1688, in-4°. C'est un chefd'œuvre d'éloquence et de sentiment : elle a été réimprimée dans les Selecta orationes , publiées par Gaullyer, 1728, in-12. 2° Des vers latins, dans les Selecta carmina , publiés par le même éditeur : les différentes pièces d'Hersan sont autant de modèles, chacune dans son genre ; 3° Pensées édifiantes sur la mort , tirées des propres paroles de l'Ecriture sainte et des saints Pères, Paris, 1 722, 1710, in -12; 4° le Cantique de Moïse après le passage de la mer Rouge, expliqué selon les règles de la rhétorique, Paris, 1700, in-12, et inséré dans le 2e volume du Traité des études. Uersan avait encore composé une Rhétorique où il avait fait entrer tout ce qu'il y a de plus exquis dans les anciens ; mais , malgré son respect pour son maître, Rollin avoue qu'il la trouve trop longue, et qu'il lui paratt plus utile de recourir aux sources. On terminera cet article par le portrait que Rollin a tracé de son bienfaiteur : « Je puis dire, sans « flatterie , que personne n'a jamais eu plus de « talent que lui pour faire sentir les bons endroits « des auteurs , et pour donner de l'émulation aux « jeunes gens ; mais il était encore plus estimable « par les qualités du cœur. Bonté, simplicité, « modestie portée presque jusqu'à l'excès, ilésiu- « téressement, mépris des richesses, générosité... o c'était là son caractère. » W— s.

HERSAIS* (Jacques-Frasçois), médecin, né à Cbambois, près Argentan, en 1758. Il commença d'excellentes études à Caen , et se livra surtout avec ardeur à celles qui ont pour objet l'art de guérir. Il fit à Paris de rapides progrès dans cette science si importante , et , de retour à Caen en 1784, il y fut admis dans la faculté de médecine. Sa thèse de docteur régent fut justement remarquée, à cause des vues importantes qu'elle offrait sur l'hydropuie de la poitrine, et de l'emploi de la paracentèse qu'il conseillait comme pouvant, dans certains cas qu'il déterminait, procurer une guérison complète. 11 obtint à Caen , en 1786 , la chaire de clinique. La mort prématurée de son épouse , qu'il aimait tendrement , accéléra beaucoup la fin de sa carrière. Il succomba à ses chagrins le 5 décembre 1809 , à peine âgé de 50 ans. Son éloge , prononcé à la société de médecine de Caen par le docteur Desbordeaux, médecin fort instruit, a été imprimé (Caen, in-12 de 23 pages). D — b — s.

HERSCHELL {William;, un des plus grands astronomes de tous les temps et de tous les pays , naquit à Hanovre le 15 novembre 1738. Le nom d'IIerschell est devenu trop illustre pour qu'U

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n'ait pas été naturel de chercher, en remontant la chaîne des temps , dans quelle position sociale se trouvaient les familles qui l'ont porté. Toutefois, la juste curiosité que le monde savant avait montrée à ce sujet n'a pu être entièrement satisfaite. On sait seulement qu'Abraham, bisaïeul d'IIerschell l'astronome, fut expulsé de Mahren à cause de l'attachement qu'il montra pour la foi protestante , que son fils Isaac était fermier dans | les environs de Leipsick, que le fils atné d'Isaac, Jacob Herschell , résista au désir qu'avait son père de le voir se livrer à l'agriculture, qu'il cultiva la musique avec succès et qu'il alla s'établir à Hanovre. Jacob Herschell , père de l'astronome William, était très-distingué dans sa profession et ne se faisait pas moins remarquer par les qualités du cœur et de l'esprit. Son peu de fortune ne lui permit pas de donner à sa famille, composée de six garçons et de quatre filles, une éducation aussi complète qu'il l'eût désiré; mais du moins, par ses soins, les dix enfants devinrent tous d'excellents musiciens. L'atné, Jacob, acquit même une habileté rare et qui lui valut la charge de chef de musique dans un régiment hanorrien avec lequel il séjourna assez longtemps en Angleterre. Le troisième fils, William, était resté sous le toit paternel. Sans négliger les beauxarts, U prenait, pendant ses moments de loisir, des leçons de français et se livrait surtout à l'étude de la métaphysique, pour laquelle il conserva un goût décidé jusqu'à la fin de ses jours. En 1759, William Ilerschell, âgé alors de vingt et un ans, passa en Angleterre, non pas avec son père, comme on l'a toujours imprimé par erreur, mais accompagné de son frère Jacob, dont les relations dans ce pays semblaient devoir faciliter ses débuts. Cependant, ni Londres ni la province ne lui offrireut d'abord de ressources, et les deux ou trois premières années qui suivirent son expatriation furent marquées par des privations cruelles, noblement supportées. Un heureux hasard mit enfin le pauvre llanovrien en relation avec lord Durham , qui l'engagea comme instructeur du corps de musique d'un régiment anglais en garnison sur les frontières de l'Ecosse. A partir de ce moment, la réputation du musicien Herschell s'étendit de proche en proche, et, dans le courant de l'année 1765, il fut nommé organiste à Halifax (Yorksbire). Les émoluments de celte place , des leçons particulières de musique données en ville, procurèrent au jeune William une certaine aisance. U en profita pour refaire, ou plutôt pour achever sa première éducation. C'est alors qu'à l'âge de trente ans il apprit le latin et l'italien , sans autre secours qu'une grammaire et un dictionnaire ; c'est alors aussi qu'il se donna lui-même une légère teinture de grec. Tel était le besoin de savoir dont Herschell était dévoré que, pendant son séjour à Halifax , il trouva moyen de faire marcher de front, avec ses pénibles exer-( cices de linguistique, une étude approfondie de

, fort obscur, de R. Smith sur la théorie mathématique de la musique. Cet ouvrage supposait , soit explicitement, soit implicitement, îles connaissances d'algèbre et de géométrie qu'Herschell n'avait pas, et dont il se rendit complètement maître en très-peu de temps. En 17o6,Herschell fut uomiué organiste de la chapelle octogone de Bath. C'était une place plus lucrative que celle d'Halifax, mais aussi de nouvelles obligations vinrent fondre sur l'habile pianiste. Il avait à se faire entendre dans les oratorios . dans les salons de réunion des baigneurs , au théâtre , dans les concerts publics. Au centre du monde le plus fashionable de l'Angleterre, HerscheU ne pouvait guère refuser les nombreux élèves qui voulaient s'instruire à son école. On conçoit à peine qu'au milieu de tant d'occupations, de tant de distractions de toute nature, HerscheU soit parvenu à continuer lea études qui déjà, dans la ville d'Halifax , avaient exigé de sa part une volonté, une constance, une force d'intelligence peu communes. C'est par la musique, quelque étrange que cela ait dû paraître au premier aspect, qu'Herscbell arriva aux mathématiques. Us mathématiques à leur tour le conduisirent à l'optique , source première et féconde de sa grande illustration. L'heure sonna enfin où toutes ces connaissances théoriques devaient guider le jeune musicien daus des travaux d'application complètement en dehors de ses habitudes, et dont l'éclatant succès doit peut-être moins étonner encore que leur excessive hardiesse- Un télescope, un simple télescope de deux pieds, tombe dans les mains d'Herschell pendant son séjour à Bath. Cet instrument, tout imparfait qu'il est, lui montre dans le ciel une multitude d'étoiles que l'œil nu n'y découvre pas; lui fait voir quelques-uns des astres anciens sous leur véritable aspect , nous voulons dire avec des circonstances de constitution physique et de forme que les plus riches imaginations del'anliquité n'avaient pas même soupçonnées. HerscheU est transporté d'enthousiasme. Il aura sans retard un instrument pareil , mais de plus grande dimension. La réponse de Londres se fait attendre quelques jours : ces quelques jours sont des siècles. Quand elle arrive en lin , le prix que l'opticien demande se trouve fort au-dessus des ressources pécuniaires d'un simple organiste. Pour tout autre, c'eût été un coup de foudre. Cette difficulté inattendue inspire au contraire a HerscheU une nouvelle énergie : il ne peut pas acheter un télescope, il le construira de ses mains. A partir de ce moment, le nusicien de la chapelle octogone se lance dans une multitude d'essais sur les alliages métalliques qui réfléchissent 1a lumière avec le plus d'intensité; sur les moyens de donner aux miroirs une figure parabolique; sur les causes qui, dans l'acte du polissage, altèrent la régularité île la figure doucie , etc. Une ai rare, une si constante persévérance reçoit enfin son prix, et en 1774 HerscheU a la joie de pouvoir

examiner le ciel avec nn télescope newton! en de cinq pieds anglais de foyer, exécuté tout entier de ses mains. Ce succès l'excite à tenter des entreprises encore plus difficiles. Des télescopes de sept , île huit , de dix et même de vingt pieds de distance focale couronnent ses anlents efforts. Comme pour répondre à ceux qui n'eussent pas manqué de trouver une superfluité d'apparat, on luxe inutile, dans la grandeur des nouveaux instruments et dans les soins minutieux de leur exécution , la nature accorda au musicien astronome , le 13 mars 1781 , l'honneur inouï de débuter dans la carrière de l'observation par la découverte d'une nouvelle planète, placée aux conUns de notre système solaire. A dater de ce moment, la réputation d'Herschell, non pins comme musicien, mais à titre de constructeur de télescopes et d'astronome, se répandit dans le entier. Le roi George III , grand amateur

de sciences , fort enclin d'ailleurs à protéger les nommes et les enoses a origine nanovrieniie , se fit présenter HerscheU , fut charmé de l'expose simple, lucide, modeste, qu'il lui traça «le ses longues tentatives, entrevit tout ce qu'un observateur si persévérant jiourrait jeter de gloire sot son règne, lui assura une pension viagère de trois cents guinées, et de plus une habitation voisine du château de Windsor , d'abord à Clay-Hall et ensuite à Slough. Les prévisions de George 111 ne tardèrent pas à se réaliser. Aujourd'hui, on peut le dire hardiment , U n'existe pas de lieu dans le monde qui ait été illustré par des découvertes plus nombreuses, plus inattendues que le jardin et la petite maison de Slough. Le nom de ce village ne périra plus; les sciences le transmettront religieusement à la postérité la plus reculée. — La vie anecdotique d'Herschell est maintenant terminée. Le grand astronome ne quittera plus guère son observatoire que pour aller soumettre à h société royale de Londres les sublimes résultats de ses veilles laborieuses. Ces résultats, contenus dans soixante et onze mémoires, sont une des principales richesses de la collection célèbre connue sous le nom île Pkilosophirai transactions. L'analyse ehronoloaiqm et détaillée île tant de travaux dépasserait de beaucoup les limites iTun simple article biographique , et nous jetterait d'ailleurs dans maintes et maintes redites. L'ordre systématique sera préférable. Il fixera plus nettement la place éminente qu'Hersent 11 occupe parmi le petit nombre d'hommes de génie dont le nom retentira encore chez nos derniers neveux. An surplus, on trouvera à la fin de l'article les titres des soixante et onze mémoires de l'illustre astronome et la date exacte de leur publication. Ce tableau , où la variété et l'éclat le disputent à l'étendue, excitera encore l'intérêt de ceux.-là mêmes à qui notre première étude pourrait paraître suffisante. Il en est des grands hommes comme des monuments des arts : on ne les connaît bien qu'après les avoir étudies sou» #•

rers points «le me. — Perfectionnement* des moyens d'observation. Le» perfectionnements apportes par Herschell dans la construction et clans l'usage des télescopes ont contribue' trop directement aux découvertes dont ce grand observateur a enrichi l'astronomie pour que nous eussions pu hésiter à les placer ici en première ligne. Avant d'avoir trouvé des moyens directs, certains, de donner aux miroirs la forme de sections coniques, il fallait bien qu'Herschell , comme tous les opticiens ses prédécesseurs, cherchât à atteindre le but en tâtonnant. Seulement ses essais étaient dirigés de telle sorte qu'il ne pouvait y avoir de pas rétrograde. Dans son mode de travail, le mieux, quoi qu'en dise le proverbe, n'était jamais l'ennemi du bien. Quand Herschell entreprenait la construction d'un télescope, il fondait et façonnait plusieurs miroirs à la fois : dix par exemple. Celui de ces miroirs auquel des observations célestes faites dans des circonstances favorables assignaient le premier rang était mis de côté, et on retravaillait les neuf autres. Lorsqu'un de ceux-ci devenait fortuitement supérieur au miroir réservé , il en prenait la place jusqu'au moment où à son tour un autre le primait, et ainsi de suite. Est-on curieux de savoir sur quelle large échelle marchaient ces opérations , même à l'époque où , dans la ville de Bath , Herschell n'était qu'on simple amateur d'astronomie? Il fit jusqu'à deux cents miroirs new ioniens de sept pieds anglais do foyer; jusqu'à cent cinquante miroirs de dix pieds, et environ quatre-vingts miroirs de vingt pieds. Il paraît que , pendant sa résidence à Slough, Herschell parvint, après mille tentatives, à substituer des procédé» directs et sûrs à la routine méthodique dont nous venons de parler. Ces procédés ne sont pas encore connus du public. Leur efficacité cependant ne saurait être douteuse. Voici en effet ce que sir John Herschell écrivait à la date du 5 juillet 1859 à l'un des auteurs de cet article : « Eu suivant de point « en point les règles que mon père a laissées; en " me servant de ses appareils, j'ai réussi en un « seul jour à polir avec un succès complet, et cela « sans me faire aider par personne , trois miroirs « newloniciis de près de dix-neuf pouces anglais « d'ouverture. « Les avantages qu'Herschell avait trouvés en 1783, 1781 et 1785, dans l'emploi de télescopes de vingt pieds à larges diamètres, lui firent désirer d'en construire un beaucoup plus grand. La dépense devait être considérable; le roi George III y pourvut. Le travail , commencé vers la lin de 1785, fut fini en août 1789. Toutefois , la description de l'instrument et du pied ne parut qu'en 171)3. Cet instrument avait un tuyau cylindrique en fer de trente-ueuf pieds quatre pouces anglais de long (lî mètres), et de quatre pied» dix pouces de diamètres (1 mètre 47). De telles dimensions sont énormes, comparées à celles des télescopes exécutés jusque-là; mais elle» paraîtront bien mesquines à tous ceux qui

ont entendu parler d'un prétendu bal donné dant le grand télescope de Slough. Les propagateur» de ce bruit populaire avaient confondu l'astronome Herschell avec le brasseur Meux, et un cylindre dans lequel un enfant ne pourrait pas se tenir debout avec certains tonneaux en bois, grands comme des maisons, où l'on fabrique la bière à Londres. Le télescope d'Herschell , de quarante pieds de long , réalisa une idée dont les avantages seraient peu appréciés si nous ne rappelions ici quelques faits. Dans toute lunette ou télescope, il y a deux parties principales : la partie qui engendre les images aériennes des objets éloignés, et la petite loupe à l'aide de laquelle on grossit ces images, tout aussi bien que si elle» avaient une cousistance matérielle. Lorsque l'image est produite à l'aide d'un verre lenticulaire , le lieu qu'elle occupe se trouve situé sur le prolongement de la ligne qui va de l'objet au centre de la lentille. L'astronome armé d'ure loupe qui désire examiner cette image doit nécessairement se placer au delà du point où les rayons qui la forment se sont croisés. Au delà, qu'on le remarque bien , veut dire ici plus loin de la lentille objective. La téte de l'observateur, son corps, ne peuvent donc nuire à la formation et à l'éclat de l'image, pour petite que soit la distance

j à laquelle on doive l'étudier. Il n'en est plus ainsi de l'image formée par voie de réflexion. Cette

j image est alors située entre l'objet et le miroir

• réfléchissant, et l'astronome quand il s'en approche pour l'examiner intercepte inévitable-

| ment, sinon la totalité, du moins une trèsnotable partie des rayons lumineux qui , sans cela , auraient contribué à lui donner une grande intensité. On comprendra maintenant pourquoi, dans les instruments d'optique où les images de» objets éloignés s'engendrent par la réflexion de la lumière, on s'est vu obligé de porter ce» images, à l'aide d'une secorde réflexion, hors du tuyau qui contient et maintient le miroir principal. Quand le petit miroir sur lequel celle seconde réflexion s'opère esl plan et incliné de 45° sur l'axe du télescope; quaud l'image est rejetée latéralement vers une ouverture située au bord du tuyau, et portant la loupe oculaire; quand, en un mot, l'astronome vise définitivement dans une direction perpendiculaire à la ligne qu'on parcourt, les rayons lumineux venant de l'objet et aboutissant au centre du grand miroir, le télescope est dit mutonien. Dans le télescope grégorien , l'image formée par le miroir principal tombe sur un second miroir très-petit, légèrement courbe , paraHèle au premier qui la rejette au delà du miroir principal par une ouverture dont celui-ci est percé dans son milieu. Dans l'un et dans l'autre de ces télescopes, le petit miroir, interposé entre l'objet et le grand miroir, forme pour ce dernier une sorte d'écran qui empêche la totalité de sa surface de contribuer à la formation de l'image. Le petit miroir joue encore, sous le

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•apport de l'intensité, un autre rôle très-fâcheux. Supposons que la matière dont les deux miroirs sont formés réfléchisse la moitié de la lumière incidente. Dans l'acte de la première réflexion , l'immense quantité de rayons que l'ouverture du télescope avait reçue peut être considérée comme réduite à moitié. Sur le petit miroir l'affaiblissement n'est pas moindre. Or, la moitié de la moitié c'est un quart. Ainsi l'instrument n'enverra à l'œil de l'observateur que le quart de la lumière incidente. Une lunette où ces deux causes d'affaiblissement n'existent pas donne donc, à parité de dimensions, quatre fuis plus d'éclat qu'un télescope newtonien ou grégorien. Dans son grand télescope , Herschell a supprimé le petit miroir. Le grand miroir n'est pas mathématiquement centré sur le tuyau qui le contient; il y est placé un peu obliquement. Cette légère obliquité est telle lue les images vont se former, non plus dans l'axe du tuyau, mais trés-prês de sa circonférence ou, si l'on veut, de sa bouche extérieure. L'observateur peut donc aller les y observer directement à l'aide d'un oculaire. Une petite portion de la téte de l'astronome empiète alors, il est vrai, sur le tuyau, forme écran et arrête quelques rayons incidents ; mais dans un grand télescope la perte n'est pas à beaucoup près de moitié, comme elle le serait inévitablement par l'effet du petit miroir supprimé. Ces télescopes où l'observateur, placé à l'extrémité antérieure du tuyau , regarde directement dans le miroir en tournant le dos aux objets, Herschell lésa appelés frontvu v télescopes (télescopes à vue de face). Dans le soixante-seizième volume des Transactions philosophiques , il dit que l'idée de cette construction se présenta à lui dès l'année 1776; qu'il l'appliqua alors sans succès à un télescope de dix pieds; que, pendant l'année 1784, il en fit un essai également infructueux sur un télescope de vingt pieds. Nous trouvons cependant que, le 7 septembre 1784, un front-view lui servait à observer des nébuleuses et des groupes d'étoiles. Quoi qu'il en soit de ces diverses dates, on ne pourrait sans injustice se dispenser de remarquer qu'un télescope frontview était déjà décrit , à la date de 1732 , dans le sixième volume du recueil intitulé Machines et inventions approuvées par l'Académie des sciences. L'auteur de cette innovation , Jacques Lemairt , qu'on a confondu à tort avec le jésuite anglais Christophe Maire, collaborateur de Boscowich dans la mesure de la méridienne comprise entre Rome et Rimini, n'ayant en vue que des télescopes de dimensions modérées, se voyait obligé, pour ne rien sacrifier de la lumière, de dévier le grand miroir de manière que l'image engendrée sur sa surface tombât tout à fait en dehors du tuyau de l'instrument. Une si forte inclinaison aurait certainement déformé les objets. La construction front-view n'est admissible que pour Je grands télescopes. Les praticiens savent pour quelle part immense les pieds des luneUes et des

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télescopes entrent dans l'exactitude des travaux astronomiques. La difficulté d'une installation solide et cependant mobile augmente très-rapidement avec les dimensions et le poids des instruments. On peut donc concevoir qu'Herschell eut à surmonter bien des obstacles pour monter convenablement un télescope dont le seul miroir pesait plus de deux milliers. Ce problème, il le résolut à son entière satisfaction , à l'aide d'une combinaison de mats, de poulies, de cordages dont il serait impossible de donner ici une idée exacte sans le secours de figures. Nous nous bornerons à affirmer que ce grand appareil et les pieds d'un tout autre genre qu'Herschell imagina pour les télescopes de moindres dimensions assignent à cet illustre observateur une place distinguée parmi les plus ingénieux mécaniciens de notre temps. Les personnes du monde, nous dirons même la plupart des astronomes, ne savent pas quel rôle le grand télescope de quarante pieds a joué dans les travaux, dans les découvertes d'Herscbell. On ne se trompe pas moins quand on imagine que l'observateur de Slough se servait sans cesse de cet instrument colossal, qu'en soutenant, arec M. de Zach (voy. Monatliche correspondes, jasivar 1802), qu'il n'a été d'aucune utilité, qu'il n'a pas servi à une seule découverte, qu'on doit le considérer comme un simple objet de curiosité. Ces assertions sont formellement contredites par les propres paroles d'Herscbell. Dans le volume des Transactions philosophiques de l'année 1795 (p. 350), nous lisons, par exemple : « Le 28 août 1789 , « ayant dirigé mon télescope (de quarante pieds) « vers le ciel , je découvris le sixième satellite de « Saturne, et j'aperçus les taches de celte planète, « mieux que je n'avais pu le faire jusque-là. » (Voir aussi, quant à ce sixième satellite, les Trans. philos, de 1790, p. 10.) Dans le volume de 1790, p. 11, nous trouvons : « La grande lumière « de mon télescope de quarante pieds était alors ■ si utile que, le 17 septembre 1789, je remarquai « le septième satellite, situé alors à sa plus grande « élongation occidentale. » Les lunettes que construisit Galilée, ceUes qui lui servirent à découvrir les sateUites de Jupiter, les phases de Vénus et les taches du soleil , grossirent successivement quatre, sept et trente-deux fois les dimensions linéaires des astres. Ce dernier nombre ne fut pas dépassé. En remontant, autant que je l'ai pu faire, aux sources où je devais espérer de trouver quelques données précises sur les instruments à l'aide desquels Huygens et J.-D. Cassini Grent leurs belles observations, nous voyons que les lunettes de douze et de vingt-trois pieds de long (de deux pouces un tiers d'ouverture), qui conduisirent Huygens à la découverte du premier satellite de Saturne et à la détermination de la vraie forme de l'anneau, grossissaient respectivement quarante-huit, cinquante et quatre-vingt-douze fois; rien ne prouve que ces illustres observateurs aient jamais appliqué à leurs immenses lunettes des

grossissements linéaires de plus de cent cinquante fois. Auzout qui , en même temps astronome et artiste, était parfaitement au courant de l'état de l'optique pratique à son époque (1664), cite les meilleures lunettes du célèbre Campani, des lunettes de dix-sept pieds de long qui supportaient sur le ciel un grossissement de cent cinquante fois; une lunette de trente-cinq pieds sortie des ateliers de Rives, et présentée en cadeau, à cause de sa perfection , par le roi d'Angleterre au duc d'Orléans, dont le grossissement maximum s'élevait à cent fois ; une lunette de Hook de douze pieds de long où le grossissement n'était pas porté au delà de soixante-quatorze ; une lunette d'Auzout de trente et un pieds, armée d'un grossissement de cent quarante; enfin, une lunette, travaillée aussi par Auzout, et qui, avec la colossale longueur focale de trois cents pieds, ne grossissait que six cents fois. Après l'invention de l'achromatisme, ces nombres, à parité de longueur des lunettes, furent notablement dépasses, et cependant les astronomes éprouvèrent une surprise extrême lorsqu'en 1782 ils apprirent qu'Herachell avait appliqué à un télescope à réflexion de sept pieds anglais (2 m. 135 mill.) des grossissements linéaires de mille, de mille deux cents, de deux mille deux cents, de deux mille six cents et même de six raille fois. Ce sentiment, la société royale de Londres l'éprouva, et Herscbell reçut officiellement l'invitation de donner de la publicité aux moyens dont il avait fait usage pour reconnaître dans ses télescopes l'existence de pareils grossissements. Tel fut l'objet d'un mémoire inséré dans le soixante-douzième tome des Transactions philosophiques, et qui dissipa tous les doutes. Personne ne s'étonnera que d'abord on ne voulût pas croire légèrement à des grossissements qui semblaient devoir montrer les montagnes de la lune, comme la chaîne du mont Blanc se voit de Mâcon et de Lyon. On ignorait alors qu'Herschell ne s'était servi des grossissements de deux mille six cents et de six mille fois qu'en observant de brillantes étoiles; que la lumière réfléchie par les corps planétaires était trop faible pour qu'elle eût pu supporter les mêmes amplifications que la lumière propre des fixes. On avait renoncé, plutôt théoriquement qu'à la suite d'expériences précises, à engendrer de tris-forts grossissements, même avec des télescopes à réflexion. On croyait que l'image d'un point ne peut être nette, tranchée sur ses bords, à moins que le pinceau de rayons à peu près parallèles, provenant de ce point et qui , après avoir traverse l'oculaire d'un instrument d'optique, pénètre dans l'œil, n'ait une largeur suffisante. Ceci une fois admis, on fut conduit à supposer qu'une image cesse d'être bien définie quand elle n'ébranle pas sur la rétine deux au moins des filaments nerveux dont cet organe est censé recouvert; mais ces suppositions gratuites, entées ainsi les unes sur les autres, s'évanouirent devant les observations d'Herschell.

Après s'être mis en garde contre les effets de la diffraction , c'est-à-dire contre l'éparpiilement que la lumière éprouve quand elle passe près des arêtes terminales des corps, l'illustre astronome prouva, en 1786, qu'on peut voir nettement un objet à l'aide de faisceaux dont le diamètre n'égale pas la deux-millième partie d'un pouce anglais (0.000012708 ou moins de treize millièmes de millimètres) (1). — Découvertes en optique. C'étaient déjà de véritables créations en optique appliquée que ces procédés directs et sûrs, qu'après d'habiles tâtonnements et à force d'avoir varié les expériences au laboratoire et les observations au ciel, Herschell finit par substituer à la routine, et qui, depuis ce temps surtout, ont fait du métier de l'opticien un art et presque une science. Il faut regretter que ces procédés, et les théories toutes spéciales sur lesquelles probablement ils sont fondés, n'aient pas été rendus publics par leur auteur; mais indubitablement ils le seront un jour. Partie importante du legs de gloire laissé par Herschell à son fils, ces procédés, ces théories, n'ont pas été perdus, puisque l'héritier de l'habile astronome pratique les uns. possède les autres; et déjà il en a transpiré quelque chose parmi les artistes et les savants. Mais ce ne sont pas les applications de l'optique qui seules ont fait de vastes pas par l'impulsion d'Herschell, l'optique scientifique lui doit aussi beaucoup. De belles recherches, d'utiles conclusions ont signalé ses efforts dans cette haute branche de la physique. Ses r. marques sur la réfrangibilité des rayons invisibles du soleil (1800), ses travaux sur l'inégale réfrangibilité de la chaleur rayonnante (1800) présentent beaucoup de détails aussi curieux que neufs. Ces travaux en amenèrent d'autres. Reprenant la théorie des rayons différemment colorés, non plus comme Euler et comme l'abbé Rochon, relativement à leur propriété calorifique, mais relativement à leur propriété illuminante, et, ne doutant point qu'aux différences de couleur ne répondissent des inégalités, soit dans l'abondance, soit dans la puissance de la lumière comme dans le degré de chaleur, il voulut savoir quels sont les rayons qui jouissent au plus haut degré de la faculté d'éclairer les objets; il trouva qu'aux rayons jaunes appartient ce privilège, et qu'il décroît à partir de ces rayons éminemment lucides jusqu'à l'une et l'autre extrémité du spectre. Il tenta de fixer par des chiffres les augmentations ou diminutions d'intensité que déterminent les diversités de coloration (1800). De 1807 à 1810, il mit au jour une série de beUes expériences sur la cause des

[11 Ici se termine la première partie du travail de M. irago; la seconde comprend la partie bibliographique, mali dan* l'ordre chronologique des publications. Cet ordre a certes de l'Importance, et nous voulions le conserver; mais l'utilité supérieure de l'ordre méthodique, la lumière que jette sur la série des travaux de l'illustra astronome leur groupement par malicra» , la facilité qu'a tout lecteur de rétablir l'ordre primitil, nous a décidé A modifier la forme, non le fond, de cet annexe final dont rien n'est retranché. \

se forment entre deux lentilles superposées. Un autre problème l'occupa aussi. Depuis longtemps les tacheï. rues par Galilée et Riccioli sur le disque solaire avaient donné l'idée que le corps même du soleil, au lieu d'être, comme le vulgaire se le figure, une énorme fournaise ou bouillonnent des matières embrasées et en fusion, n'est antre chose qu'un noyau solide, opaque et obscur; que l'irradiation émane d'immenses agglomérations gazeuses sans cesse incandescentes qui enveloppent ce grand astre et forment auteur de lui une resplendissante, et que, lorsque ces par une raison quelconque, sont entr' ouverts, on aperçoit la masse solide interne qui n'est pas lumineuse. Fourier, secrétaire de l'Académie des sciences, aimait à raconter à ce sujet l'aneedole suivante : « Un astronome anglais, M Klliot, se battit en duel et tua son adversaire. Traduit devant les tribunaux, il eut été condamné è mort, si son avocat n'avait eu f adresse de le faire passer pour fou, en montrant aux juges un manuscrit que son client destinait à la société royale de Londres, et dans lequel il prétendait établir lobmrité du corps du tùkU. La démence parut prouvée, et l'accusé fut acquitté comme plus digne de figurer à lied la m qu'à Newgate. » Aujourd'hui nos meilleurs astronomes pourraient an même titre être envoyés à Charenton. Les magnifiques expériences de M. Arago ont achevé «le mettre hors de doute les sou|>çoiis îles physiciens sur l'atmosphère lumineuse du soleil et sur l'état non incandescent de son noyau solide. Il a prouvé que les rayons solaires, même obliquement transmis, n'étant point polarisés, la lumière solaire ne peut provenir que de l'atmosphère de l'astre. Mais par quelle cause les masses gazeuses en ignition peuvent-elles s'entr'ouvrir de manière à laisser passer par ces vastes interstices , dont le diamètre est quelquefois de seize mille lieues ou plus encore, le noir profond du globe solaire? Lalande voulait que ce fussent les cimes de montagnes plus hautes que la dislance île la surface du soleil à Pcxtrémité extérieure de l'océan atmosphérique lumineux qui l'environne; et, comme les taches à leur périphérie présentent une espèce de bordure moins sombre qui semble les encadrer et qu'on nomme pénombre, il expliquait cette apparence par la moins grande longueur des colonnes gazeuses sur les flancs des alpes solaires. Malheureusement pour cette hypothèse , la pénombre n'offre pas , du corps de la tache à la région lumineuse, cette diminution graduelle d'obscurité qui correspondrait à l'allongement graduel des colonnes à mesure qu'on descend la déclivité du mont. Herschell , après avoir longtemps médité sur le phénomène, et surtout en considérant cette multitude de petits points obscurs ou pores qui, sur la partie du disque solaire non envahie par les taches, se montrent dans un état perpétuel de changement, et dont l'aspect ne saurait mieux se

qu'à celui d'une précipitation chimique flocoaneuse opérée avec lenteur au sein d'un fluide transparent et vue d'en haut , imagina , et tout semble favoriser cette supposition, qu'entre le noyau solide et noir de l'astre et l'océan de gaz flambants et lumineux qui forme ceinture autour de lui, existe un milieu élastique transparent, non lumineux par lui-même, lequel porte à son intérieur, à un niveau considérablement plus bas, une couche nuageuse. Vivement éclairée d'en banc, c'est-à-dire ici de l'extérieur, cette couche m peut manquer de refléter énormément de hxnière, et dès lors «le produire une pénombre, tandis que le noyau solide qui reçoit l'ombre des nuages saurait en refléter. Les oscillations du fluule lumineux, se mêla ut sans se confondre avec des couches diaphanes non lumineuses, donnent lien

d'une précipitation chimique, en d'autres termes, d'une combinaison manquée qui semble près de se faire et qui ne se fait pas. Quant au déchirements temporaires des deux couches, mais principalement de la couche supérieure, il suffît, pour les produire, de vastes courants atmosphériques ou d'agitations locales puissantes; et loin qu'on doive s'étonner de l'existence de ces rants, de ces agitations, on se demande ils n'existeraient pas. Ces faeules, droites, courbes, à embranchements, plus lumineuses que le reste de l'atmosphère ignée et pris desquelles souvent se forment des taches lorsqu'il n'y en avait pas auparavant, en sont encore un indice : très-probablement ce sont comme les faites de vagues immenses auxquelles ont donné naissance de violentes agitations de l'enveloppe atmosphérique incandescente. Resterait à dire d'où provient cette incandescence prodigieuse tant de fois supérieure aux chaleurs les plus fortes, aux illuminations les pins vives à l'aide desquelles l'homme ait volatilisé le platine et l'or. Sans avoir nsoia cette question, Herschell en a peut-être avancé la solution en insistant sur l'analogie de la lumière des aurores boréales et de la luniurt du soleil, en émettant le soupçon que la conflagration de l'atmosphère lumineuse est due bien moins à de véritables combustions de matières pondérables qu'à des phénomènes de frottement, à des excitations que produisent des décharges électriques, en un mot à des causes dont l'essence est de m reproduire par km* action même et d'engendrer indéfiniment la chaleur qu'elles enf jourd'hui. Il est simple en effet que des de matière électrique , en circulant dans le ' nage immédiat du soleil ou en traversant les espaces planétaires, déterminent dans les régions les plus hautes de l' atmosphère solaire des phénomènes de la nature de ceux que manifestent ai clairement, bien que sur une échelle mini mi comparativement an soleil , les aurores boréales. Au reste, cette opinion est loin d'exclure complètes combustions plus matérielles; et

M. Arago, en démontrant la réalité de ces combustions de principes, les uns fournis par le soleil lui-même, les autres attirés des planètes ou de

force supérieure de l'astre central, n'a ni détruit ni voulu détruire les conjecture» d'Herschell sur les causes de la conflagration : tout au plus tes a-t-U limitées en précisant infiniment les résultats, en discutant le problème dans tous ses détails et sous toutes les faces. — Travaux relatifs mu système planétaire. Fresque toutes les planètes, sans en excepter les menues planètes dont la découverte a signalé le commencement du 19e siècle et qui sont comme la monnaie de la planète intermédiaire qui manquait entre Mars et Jupiter, ont occupé Herscliell à tour de rôle. C'est Herscnell qui a le premier insisté non point sur le nombre et l'étendue, non point sur la roideur et la hauteur des montagnes qui hérissent la très-majeure partie de la surface de la lune, mais sur l'excavation des sommets, sur la forme circulaire que presque toutes présentent au dehors, sur la petite éminence conique a pente abrupte qui surgit de l'aire plane du centre de l'entonnoir, en un mot sur tous ces détails révélateurs du vrai caractère volcanique. Il était réservé à son fils d'aller plus loin encore dans ses observations et de reconnaître ent sur quelques-unes, à l'aide de puistélescopes, îles marques décisives de strati-

de déjections. C'est Herscnell aussi qui a signalé particulièrement l'aspect de taches blanchâtres vers les poies de Mars, tacnes qui disparaissent presque entièrement après avoir été longtemps exposées au soleil, et qui, au contraire, parviennent à leurs plus grandes dimensions après les longues nuits d'hivers polaires qui vont dans cette planète à plus de onze de nos mois. Il en a conclu avec beaucoup de vraisemblance que ce sont des amas de neige qui tendent à se fondre au retour de la belle saison et qui grossissent lorsque le soleil éclaire l'hémisphère opposé. Nous passons sous silence une multitude d'observations remarquables sur Mars, sur l'inclinaison de son axe , sur la position de ses pôles, sur sa forme sphéroklale, sur son diamètre réel, sur son atmosphère, toutes réunies dans le même Mémoire (1802), ainsi que les observations sur Vénus (4793), sur Mercure (1803), sur trois des quatre planètes télescopiques (1802, 1807), enfin sur les satellites de Jupiter, sujet souvent traité depuis Galilée, mais où Herscliell n'en trouva pas moins beaucoup s observer et à dire, et dont il suivit scrujHileui se m ent les changements d'intensité, les variations de grandeur, les durées de rotation sur leurs axes, mesurant plus exactement qu'on ne l'avait fait le diamètre du deuxième satellite, et estimant par comparaison la grandeur du quatrième (1797). Mais ce que nous ne pouvons nous dispenser de rappeler, c'est qu'llerschell encore eut la fortune d'apercevoir le premier (en 1789),

et pendant longtemps il fut le seul qui pût se vanter de les avoir aperçus, les deux satellites inférieurs de Saturne (dits vulgairement le sixième et le septième) : pour distinguer ces deux lunes qui échappent a l'observation non par leur éloignement de Saturne, mais par leur proximité même, par ce fait qu'elles viennent effleurer les bords de l'anneau et qu'elles se meurent exactement en son plan , il lut fallut son puissant télescope à réflecteur de quatre pieds d'ouverture, qui n'existe plus aujourd'hui : encore son œil ne put-il les saisir qu'une fois, à l'époque où l'anneau disparaît dans les télescopes ordinaires et se réduit dans les plus puissantes lunettes à un filet de lumière plus mince qu'un cheveu : Rerschell vit alors ces satellites, presque imperceptibles eux-mêmes, enfiler cette ligne déliée comme les grains d'un chapelet, s'éloigner ensuite, mais pour un temps très-court, de l'extrémité de cette droite, apparaître à part et tout entiers, et en fin revenir en toute hâte se dérober comme d'ordinaire à nos regards. Effectivement , on a été des années sans les revoir; et ce n'est que dans ces derniers temps que les savants de l'observatoire du collège romain , à l'aide de la grande lunette de Caurhoix, viennent de retrouver positivement les satellites momentanément perdus et entre lesquels existe peut-être encore un autre satellite ou un ensemble de très-petits satellites qui comblera la lacune du sixième au septième comme la découverte de Cérès, Junon, Pallas et Testa, combla, il y a près de cinquante ans, l'intervalle trop vaste entre la quatrième et la cinquième planète. Au reste, c'est Saturne, c'est cette planète dont le mécanisme est plus merveilleux, plus artistement élaboré que celui de toutes les autres, qui semble plus que toutes les autres avoir stimulé la curiosité d'Herschell. Sa figure, sa rapide rotation autour d'un axe , la rotation du double anneau, la rotation du cinquième satellite, les éléments et les phases de tous ces astres secondaires, les climats étonnamment divers d'un globe où le jour à l'équateur n'excède guère cinq heures, tandis qu'aux pôles il est de quinze ans, et où nul doute qu'il ne subisse d'incessantes modifications , soit par la multiplicité des lunes qui à tour de rôle ou simultanément éclairent les divers points de sa surface, soit par les variations d'aspect de l'étrange appendice qu'un hémisphère voit comme deux arceaux concentriques chargés d'une illumination continue, tandis que sur l'autre ils projettent d'épaisses et longues traînées d'ombre, tous ces faits astronomiques si curieux, mais les uns si difficiles à calculer, les autres si énigmatiques et offrant un champ si vaste aux conjectures, ont successivement exercé sa patience d'observateur et sa sagacité de théoricien : les Transactions philosophiques de la société royale de Londres ne contiennent pas moins de sept Mémoires d'Herschell relatifs à Saturne (de 1790 à 1806); et il en est encore question dan» un hui-

tièmc (n° 57 de la liste bibliographique qui termine l'art.). Enfin nous voici aux limites extrêmes du système solaire, en admettant que les planètes aujourd'hui connues soient toutes les planètes existantes, et abstraction faite des comètes qui parcourent des orbites elliptiques si démesurément allongées dans le sens du grand axe qu'on a pu se demander si, dans leurs excursions, elles ne visitaient pas d'autres systèmes

Sue celui de notre soleil. A une distance presque ouble de celle qui sépare Saturne de cet astre central , et enfermant par conséquent en son orbite près de quatre fois l'aire de l'orbite de Saturne, roulait inaperçu en quelque sorte depuis le moment de la création un sphéroïde de douze mille lieues de diamètre, le troisième en volume de ceux qui font leurs révolutions autour du soleil, muni de deux, peut-être de cinq ou six satellites. Ce grand astre fut enfin vu ét mis à sa véritable place de 1781 à 1783. Herschell le nota pour la première fois le 13 mars, pendant le cours d'une revue du ciel où chaque corps céleste visible aux télescopes de certaine puissance était soumis à l'examen. A vrai dire, il est de fait aujourd'hui que déjà cet astre avait été aperçu au moyen de médiocres télescopes et inséré , mais comme étoile fixe, dans plusieurs catalogues. C'est que la faiblesse des instruments d'observation ne laissait pas voir, au lieu du point lucide et indivisible qui caractérise l'étoile fixe, le disque auquel se reconnaissent les planètes. La vaste puissance amplifiante des constructions d'IIerschell ne laissait plus de possibilité à l'erreur : au disque très-agrandi de la prétendue étoile fixe le moindre écolier en astronomie eût incontinent reconnu un corps céleste autre qu'une étoile , et il n'y avait de questions possibles que celles-ci : « Est-ce une comète? « Est-ce une planète 1 » Herschell d'abord s'y trompa ; mais cette méprise dura peu, et il la reconnut lui-même. Ni cette erreur «l'un premier moment ni celte facilité de découvrir et de qualifier le corps céleste une fois l'instrument donné n'altèrent soit le droit de priorité , soit le haut mérite d'IIerschell. Il en est de la découverte de cette planète comme de la découverte de l'Amérique : rien de plus simple quand les instruments amplificatifs existent. Mais quand ils n'existent pas, quand ils n'ont jamais existé, quand personne n'en rêve l'existence et qu'on est tenté de trouver ridicule la tentative d'en avoir, les créer, les créer de sa pensée et de ses mains, voilà ce qui n'est pas simple, voilà ce qui sort de la ligne commune, ce qui décèle la vocation, le génie; voilà ce que n'eussent point fait en dix mille ans ceux qui trouvent la découverte facile. Et d'autre part , Colomb aussi , après sa découverte de l'Amérique, ne sut point ce qu'il avait découvert : il crut seulement avoir touché l'Inde, et, qui plus est, il mourut sans s'être défait de son illusion. Plein de modestie autant que de joie, Herschell,

en l'honneur du monarque de la Grande-Bretagne, son généreux protecteur, voulut donnai sa planète la dénomination de George {Gtorjnm ridus). La postérité n'a point adopté cette dts> gnation ; mais pour être juste elle n'eût pas dû non plus pousser l'amour du classique jusqu'à faire de la planète de George la planète Cninus, quelques subtilités qu'on puisse faire valoir à l'appui de ce masque mythologique : le nom d'IIerschell eût dû prévaloir finalement. Hnirensèment la gloire d'IIerschell ne tient en aucune façon à cette homonymie de la planète et du savant , et jamais il n'est question de l'une sacs qu'involontairement le nom de l'autre vienne r placer sur les lèvres. Outre la planète principale Herschell aussi a signalé au monde savant les satellites qui accomplissent autour de lui des orbes si différents et qui sont de notre système solaire les objets les plus difficiles à distinguer, tint par leur éloignement et leur petitesse relative que par les circonstances particulières qui accompagnent leurs courses et qui doivent les rendre souvent invisibles pour notre œil. De ces su satellites deux furent annoncés dès 1787 : leur «istence est indubitable ; ils mettent l'un moins de six, l'autre moins de neuf jours à parcourir leur orbite. Pour les quatre autres et surtout pour le dernier, il plane quelques doutes sur leurrwlnt ; un peu de temps encore, et probablement il! s'évanouiront. L'observation des deux premiers satellites d'Uranus a fait connaître plusieurs phénomènes extraordinaires. Contrairement à l'analogie remarquée dans tout le système solaire aussi bien pour les planètes secondaires que pour la principales , les plans de leurs orbites sont presque perpendiculaires à l'écliptique (l'inclinaison de ceux-là sur celui-ci allant de W 80; leurs mouvements sont rétrogrades (c'est-à-dire que , si on projette sur le plan de l'écliptique les points qu'ils occupent dans l'espace, les points •!■• projection, au lieu d'aller de l'ouest à l'est autour du centre, se porteront en sens contraire) ; lews orbites sont exactement, ou peu s'en faut, cifculaires ; leurs nœuds ne laissent point apercevoir de mouvement sensible , ou du moins point de mouvement rapide, et leurs inclinaisons n'ont point éprouvé de changement appréciable , bien que la planète aujourd'hui ait accompli plus d*un< demi-révolution autour du soleil depuis l'anDée de la découverte. Ces particularités, pour lesquelles, pendant longtemps , on n'avait eu d'autre garant que le témoignage d'IIerschell (1798), ont été vérifiées de la manière la plus complète F son fils, trente ans après le moment où elles avaient pris rang dans la science (1888 et innées suivantes). Elles ouvrent un vaste champ aui méditations des savants que l'aspect de ces anomalies aux extrémités du monde solaire, non mou» que celles qui se lient aux énormes excentricité» des comètes, semble préparer à voir le mj* analogies faiblir et se rompre dès qu'on pa»e *

d'autres systèmes. Les comètes, ne fût-ce que sous ce point de vue, eussent mérité peut-être qu'Herschell s'y arrêtât longtemps aussi. Mais on ra le voir, tant d'autres objets accaparèrent son attention que les comètes sont de tous les objets de la science astronomique celui sur lequel il a donné le moins de travail. Cependant il en a étudié encore un bon nombre, et ses observations, nous ne disons pas sur le Georgium tidut qu'il a eu tort, au commencement de sa carrière scientifique, de prendre pour une comète (voy. plus haut}, mais sur les trois comètes qu'il a décrites en 1787, 1789, 1808, et sur les deux comètes de 1811 , sont toutes dignes d'éloge pour la précision et l'exactitude, bien qu'elles n'aient rien ajouté de fondamental à la science. Le plus remarquable de ces cinq Mémoires est celui qui traite de la première comète de 1811. llerschell n'a pas donné non plus une attention persévérante au système solaire pris en masse , et aux faits généraux , les uns communs à toutes les planètes, les autres appartenant exclusivement à l'astre central , mais qui n'en exercent pas moins une influence générale sur la totalité du système. Il ne les a pas complètement négligés pourtant. A cette classe de travaux se réfèrent, outre des portions considérables de Mémoires où il examine des questions d'optique , deux autres Mémoires sur la quantité et sur la vitesse , sur la vitesse et la direction du système solaire (1805); deux autres, l'un sur le mouvement propre de ce système, l'autre sur les rotations de chaque planète autour d'un axe. Les plus récentes de ces communications, en annonçant comme indubitable que le système solaire n'est pas fixe, et qu'il se porte tout entier vers Ç d'Hercule , conclusion liée fortement à d'autres superbes résultats des opérations tl'Herschell , nous amènent à l'analyse de ses travaux, les plus vastes en même temps que les plus minutieux, les plus curieux en euxmêmes en même temps que les plus riches en conséquences. — Travaux en astronomie sidérale. C'est cette partie de la science astronomique qui doit le plus à llerschell. Non-seulement il l'a enrichie d'une multitude de faits nouveaux, mais il en a reculé les limites , il y a ouvert des voies nouvelles , il nous a rendu l'espoir de déterminer un jour ou l'autre, et peut-être prochainement , la distance de quelques étoiles. Les nébuleuses avant lui n'avaient été qu'imparfaitement (étudiées, et dans le peu que disaient les astronomes sur ce sujet régnait la plus grande confusion, llerschell, afin de faciliter en les régularisant les observations, a provisoirement réparti les nébuleuses en trois classes (1° amas d'étoiles où les étoiles peuvent nettement se discerner; 2-» nébuleuses probablement résolubles en étoiles distinctes , si l'on amplifiait les pouvoirs du télescope; 3° nébuleuses proprement dites, dont on ne présume pas que la nébulosité puisse se résoudre en étoiles). Grâce à la puissance de ses

télescopes, il n'en compta pas moins de deux mille cinq cents dans la partie du ciel visible à Londres, nombre qui, sans être la limite de ce que le ciel a de nébulosités, surpasse immensément tout ce que l'on connaissait, tout ce que l'on pouvait imaginer, et il dressa successivement le catalogue du premier millier en 1786, du second trois ans après, et des cinq cents dernières en 1802. Il est telle de ces nébuleuses où au télescope on distingue plus de mille étoiles, et déjà Chambers en avait compté cinq cents dans deux degrés de la nébuleuse d'Orion. Non content de laisser ainsi bien loin derrière lui les catalogues d'Hévelius, de Messicr, llerschell décrivit et précisa les formes diverses , si singulières quelquefois, des nébuleuses , surtout de celles de la troisième classe qu'il subdivisa en nébuleuses stellaires, nébuleuses planétaires et étoiles nébuleuses, ajoutant infiniment aux détails déjà connus, et mettant en relief, avec un art extrême, tantôt des différences , tantôt des ressemblances de nature à jeter un peu de jour sur l'organisation de ces systèmes étranges , sur les lois qui dominent leur arrangement, leur existence, sur leur nature peut-être et sur leur origine. Ainsi , par exemple, il remarque que leur répartition sur la voûte céleste n'est point uniforme. Elles apparaissent distribuées de préférence sur une large zone , laquelle croise presque perpendiculairement la voie lactée , et dont la direction générale ne s'écarte pas beaucoup du cercle horaire de ()u et 12b ; le nombre en augmente considérablement dans les parages de cette zone qui passent par les constellations de la Vierge, de la Chevelure de Bérénice, de la Grande-Ourse; mais pour les apercevoir, les plus puissants instruments suffisent à peine. Des amas d'étoiles qui forment la première classe de nébuleuses, les uns sont globulaires, les autres irréguliers. Ces derniers, moins riches d'ailleurs en étoiles et surtout moins condensés vers le centre et à contours moins nettement arrêtés, deviendront un jour, suivant Herschell, des amas globulaires; ce sont des amas globulaires dans un état moins avancé de condensation , mais qui , par l'effet de l'attraction mutuelle de leurs éléments, se rapprochent incessamment de la forme circulaire en tout sens. Le fait est que dans la plupart des amas irréguliers se rencontre une étoile rutilante beaucoup plus riche en lumière que toutes les autres , et placée, relativement à elles, dans quelque situation remarquable. De là, et de la combinaison de bien d'autres observations curieuses, une foule de questions qui offrent un champ inépuisable à la spéculation, et dont la plupart probablement ne seront jamais résolues, mais qui ont lancé l'esprit humain dans les sphères les plus élevées. N'existet-il pas une matière lumineuse et phosphorescente disséminée dans tout l'espace? N'est-elle pas tantôt milieu, tantôt atmosphère? N'est-clle pas ab sorbée par les étoiles près desquelles elle se con-

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dense et auxquelles elle fournirait un supplément de chaleur et de lumière? ou bien une concentration progressive due à la gravitation rapproche-t-elle la matière nébuleuse de manière à fonder de nouveaux systèmes stellaires ou des étoiles isolées? ou bien enfin la construction des deux présente- 1 -ri le la réalisation de l'un et l'autre système? Notre voie lactée n'est ellemême qu'une immense nébuleuse dont fait partie le soleil avi c son système de planètes et de satellites tout entier. Celte nébuleuse appartient à la classe îles amas. Déjà les anciens avaient soupçonné que la lumière blanche de cette vaste région du ciel provenait d'une agglomération d'étoiles minimes, et Galilée, en distinguant ces étoiles au télescope, avait changé le soujvçon en certitude. Mais c'est à Herschell qu'il était réservé, en opérant la décomposition de celte zone merveilleuse, d'y apercevoir les étoiles par millions, comme une poussière lumineuse sur la surface du firmament, d'y signaler toutes les inégalités que présentent leurs divers parages quant à l'accumulation des étoiles, accumulation si grande autour de certains points qu'il a été amené à en conclure, en comptant les étoiles comprises dans le champ de son télescope, qu'il en avait passé plus de quarante-quatre mille sous ses yeux en une heure, dans une zone de deux degrés de large, enfin d'en assigner la cause probable en supposant que les étoiles , au lit u d'être indifféremment distribuées dans l'espace suivant toutes les directions, forment une couche très longue et trèslarge, mais peu épaisse comparativement aux deux premières dimensions, et à l'intérieur de laquelle la terre se trouve vers le milieu de l'épaisseur, à peu de distance du point où la couche se bifurque et forme deux lames principales dont les plans ont l'un sur l'autre une faillie inclinaison. En effet, pour un œil situé de la sorte, les étoiles également réparties sur tous les points de l'espace apparaissent éparses et rares dans le sens du ra}on visuel perpendiculaire à la couche, lequel n'est autre que l'épaisseur, pressées et nombreuses dans le sens des rayons visuels menés selon le plan de la couche, ou peu obliques au plan de la couche, en d'autres termes dans le sens de la longueur et de la largeur. De front avec ces recherches, Herschell en menait d'autres qui provisoirement aboutirent, elles aussi, à un catalogue. Ce Tut le quadruple catalogue des intensités comparatives des étoiles (1796, 97 et 99). Le but spécial de cette laborieuse série d'observations fut de préparer aux astronomes, en leur donnant un point de départ, en fixant en quelque sorte un état photométrique du ciel en général , et de chaque constellation , de chaque étoile en particulier, le moyen de comparer les variations que peut présenter cet état dans la suite des siècles. Depuis longtemps déjà on avait remarqué les étoiles périodiques, et à Mira étudiée par Fabricius dès 15%, à Mira , disons-nous, ou o

de la Baleine dont les changements vont jusqu'à l'extinction et à la reviviflration complètes , s'étaient ajoutés successivement 34 du Lion, du Cygne, x du Sagittaire, etc. (1600, 1667, 1676), et d'autre part on soupçonnait bien que ces étoiles temporaires , qui, comme celles de 1J5 av. J.-C. (au temps dllipparqur), de 389 , de 913, de 1572-74, de 1604 et 1603, de 1670, ont apparo subitement , puis ont cessé de se montrer, étaient aussi des étoiles périodiques, mais à périodes extrêmement longues. Ilerschell , à force de songer simultanément à ces faits et de penser, conclusion bien naturelle , que si bon nombre d'étoiles mentionnées dans les catalogues anciens ne se retrouvent plus aujourd'hui au point marqué, ce n'est pas toujours la faute des catalogue s, et que des astres réellement observés ont réellement quitté le ciel visible, sentit qu'indubitablement ces disparitions périodiques de temps à autre signalées ne peuvent manquer d'être très-fréquentes, et que souvent elles ont passé incognito, même pour les astronomes; que d'autre part l'étoile ne cesse pas subitement de se montrer, mais que son éclat va faiblissant graduellement du maximum auquel il lui e6t donné d'atteindre , jusqu'à l'extinction totale; enfin , que ce* phénomènes ne sont point une exception mais ont lien en vertu de lois stables analogues probablement à celles que l'homme a pu saisir en étudiant le système , mais à une plus haute puissance et à un état plus compliqué de développement; il osa pressentir qu'en connaissant bien le décroissement et l'accroissement périodique de l'intensité d'éclat d'un nombre suffisant d'astres périodiques ou temporaires , les savants seraient moins loin de connaître ces lois. Une telle connaissance suppose île nombreuses observations successives et comparables; mais de simples amateurs d'astronomie , avec de bons yeux ou de médiocres instruments, peuvent facilement faire des observations de ce genre et servir ainsi la science par des recherches auxquelles l'astronome de profession, attaché aux observatoires publics et presque continuellement distrait par île plus hauts travaux, n'a pas le temps de se livrer. U ne s'agissait que de donner à ces utiles auxiliaires de bonnes méthodes et une base Uxe, pour faciliter et les observations mêmes et la comparaison. C'est ce dont Herschell s'est acquitté avec le plus grand succès par ses quatre catalogues, qui sont un procès-verbal de l'état photométrique de la partie du ciel visible à la latitude de Londres. Il y a joint d'ailleurs un ample exposé de la méthode qu'il a suivie pour déterminer l'intensité. En résumé, il prend pour base d'évaluation l'étoile moyenne de sixième grandeur qu'il appelle 1, et d'après cet étalon primitif, U évalue les 5'. 4e, 5«, 2» et !■* grandeurs moyennes à 2, 6, 12, 25, 100, indications qull faut se garder de prendre comme communes à toutes les étoiles artificiellement réunies en une classe pour la grandeur. Strius, par exemple.

selon ncrschell lui-même, valait bien plus que cent étoiles moyennes de G' grandeur, et il n'eut point du tout été surpris du résultat énoncé par son fils qui donne à cette reine des étoiles 324 d'intensité. En soumettant de cette manière à l'investigation l'éclat des fixes, Herschell découvrit la périodicité de plusieurs «rentre eux : tel fut notamment x d'Hercule tantôt tertiaire, tantôt quartaire, dont la période est de GO jours G heures. Passons à présent à une classe de corps que les gens du monde confondent souvent arec les étoiles temporaires ou périodiques, les étoiles multiples, tel est le nom qu'on donne à des étoiles qui , soit è l'oeil nu , soit vues avec de médiocres instruments, paraissent unes, mais que de puissants télescopes résolvent en deux ou. trois étoiles. Dés 1678, au plus tard, Cassini avait signalé comme telle la plus boréale des trois étoiles du front du Scorpion, et depuis il en avait été vu d'autres, notamment par Rîanchini, par Grischow, par Irlande. Mais le nombre en était toujours très-faible et personne n'avait étudié les circonstances de ces curieux phénomènes, encore moins en avait-on cherché les conséquences et Tes causes. Herschell fut donc le premier qui s'en occupa sérieusement, fondant ainsi toute une branche de l'astronomie stellaire, avançant très-loin lui-même dans cette carrière nouvelle, et jetant vraiment avec génie le dessin et la base île l'édifice magnifique qu'élèvent aujourd'hui ses successeurs. Les étoiles doubles sont tout à coup devenues le sujet d'une profusion de beaux travaux qui ont agrandi à l'infini le champ de la science et qui, tout en nous déroulant l'immensité de l'échelle sur laquelle l'univers est construit, font pourtant rendue sensible et saisissahle plus que par le passé. Mais avant que cet élan général vers l'examen des étoiles doubles se produisit, il fallut qu'Hcrschefl fût presque seul pendant vingt ans à les poursuivre. 11 commença par accroître prodigieusement le nombre de celles que l'on connaissait , et il en dressa un catalogue qui parut en deux Mémoires I 781 et 82), et qui en comptait déjà quatre cent quarante -cinq-, plus tard il en découvrit d'autres en assez grande quantité pour faire plus de cinq cents, bien faible chiffre sans doute si arithmétiquement on le compare à celui de Struve, dont le catalogue en désigne 3037, y compris les étoiles herschelliennes; bien imposant pourtant ponr peu qu'on songe que Struve n'a pas sextuplé la liste d'Herschell, et qu'nerschell a bien plus que décuplé l'ancienne liste. Herschell ensuite, pour faciliter l'étude des astres doubles, établit une division artificielle qui, certes, n'est fondée ni sur la nature des choses ni sur des caractères permanents, mais qui pour l'instant suffit aux besoins des observateurs; c'est la division en quatre classes d'après le plus ou moins d'écartement angulaire des composantes (4", 8", 16", 32", bien entendu que toute étoile double dont les composantes sont dislaules d'un arc moindre que ces

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