EH
nombres à progression géométrique appartient à la classe dont ces nombres désignent l'écartcment maximum). Il s'aperçut aussi que c'est surtout en approchant de la voie lactée qu'on voit les étoiles doubles devenir fré<pientes. Il appuya beaucoup sur cette particularité que les étoiles composantes sont rarement de même grandeur. A ce fait s'en lie un autre très-curieux; non-seulement les composantes diffèrent en intensité, mais elles diffèrent aussi en coloration ; en général leurs couleurs respectives sont complémentaires; la grande est blanche , rouge ou jaune , la petite bleuâtre ou verdâtre. Continuant ainsi sous toutes les faces l'inspection détaillée, minutieuse, des étoiles doubles, préoccupé surtout de l'idée de déterminer une parallaxe d'étoiles fixes en mesurant par le micromètre de position et les angles de position et les distances mutuelles des composantes, il eut la surprise , il eut le bonheur d'apercevoir, au lieu de cette oscillation annuelle de l'une au* tour de l'autre, telle que la parallaxe annuelle la produirait, un changement régulier et progressif toujours dans le même sens, portant tantôt sur fa distance , tantôt sur l'angle de position. Ainsi ces groupes binaires ou ternaires n'avaient point pour composantes des étoiles indépendantes placées par hasard sur deux lignes visuelles très- rapprochées ! ainsi leur réunion n'était point un simple effet de projeetion ou de perspective! ainsi la variation apparente du lien qu'elles occupent semblait provenir non de la variété de position de l'observateur, mais d'un mouvement réel des étoiles elles-mêmes ou d'un mouvement général rectiligne du soleil et de tout le système solaire , d'où résultait une parallaxe d'un ordre plus élevé que celle qui tient au mouvement circulaire de la terre! Ce fait immense, étourdissant de beauté en même temps que de simplicité, et qui montrait des systèmes d'étoiles, des étoiles extérieures roulant autour d'étoiles centrales comme nos planètes et comètes autour du soleil, étoile lui-même et peut-être petite composante d'une étoile double, devait d'abord ne s'offrir à l'esprit que comme un soupçon ; un observateur sévère devait s'en méfier, s'en défendre , le constater vingt fois , le suivre à distance et en temps et en espace avant d'oser l'émettre en présence du monde savant; car si les petites composantes étaient douées de mouvement, ce mouvement était si lent qu'il fallait des années d'observation pour savoir à quoi s'en tenir. Enfin, en 1803, après vingt -trois ans d'observation, Herschell n'eut plus de doute ; il annonça qu'il existe parmi les étoiles doubles des systèmes stellaires formés au moins de deux étoiles qui tournent l'une autour de l'autre dans des orbes réguliers , systèmes qu'on peut nommer étoiles binaires, pour ne pas les confondre avec les étoiles doubles : toute étoile double est binaire, mais toute étoile binaire n'est pas double. Il cita de cinquante à soixante exemples de
Il Fit
changements plus ou moins notables dans les angles «le position des étoiles doubles , changements la plupart trop régulièrement progressifs pour qu'il puisse rester le moindre nuage sur leur véritable nature. Il désigne principalement comme incontestablement binaires a des Gémeaux (Castor), tj et a de la Couronne , 70 et X du Serpentaire, ; de l'Ourse, Ç du Verseau, du Lion , y de la Vierge , % et jx du Bouvier, tj de Cassiopée, S du Cygne , p du Dragon , e 4 et t 5 de la Lyre. 11 assigne même approximativement la durée des révolutions périodiques de quelques-unes : Castor, par exemple, a trois cent trente-quatre ans, y de la Vierge, sept cent huit; y du Lion (le plus vaste qu'on connaisse jusqu'ici), douze cents; en revanche ; de l'Ourse n'a que cinquante-huit, t) de la Couronne n'a que quarante-trois années de période. Déjà la dernière a complété une révolution entière depuis sa première découverte par Herschell, et elle est Tort avancée dans la seconde; et il n'y a plus aucun moyen de douter de la rigueur des sublimes résultats d'Herschell. Toutes les observations postérieures en confirment de jour en jour non-seulement l'ensemble et l'idée mère, mais encore les détails. Les astronomes aujourd'hui ne comptent pas moins de trente ou quarante systèmes binaires indubitables , et presque tous , sauf ceux qu'on a découverts en ces derniers temps, avaient été ou calculés ou signalés au moins par Herschell. 11 n'est plus besoin sans doute d'insister sur l'importance de cette découverte, la plus grande qui ait été faite en astronomie sidérale , qui transformait enfin d'anciens romans en certitude, qui montrait des soleils satellites de soleils, qui rendait en quelque sorte la nature plus majestueuse d'uniformité, de constance dans ses voies, et Newton plus admirable. Mais les travaux de l'infatigable Uanovrien étaient tellement au-dessus du temps auquel il parlait qu'on ne fit aucun effort pour les étendre. A peine furent-ils mentionnés dans les traites d'astronomie de cette époque, et même pendant vingt ans ils furent un peu tournés en ridicule par les hommes dont ils devaient éclipser la gloire. Les progrès de la science avaient préparé la route dans laquelle Newton et Laplace s'étaient avances; mais les découvertes d'Herschell, au contraire, n'avaient aucune connexité avec celles de ses prédécesseurs : il est le créateur d'une science toute nouvelle, dont personne n'avait entrevu les prodiges. Heureusement les antipathies nationales s'effacent; les rivaux de gloire pardonnent ou s'adoucissent devant la tombe. Herschell est mort à Slough , le 23 août 1822, à 83 ans, sans infirmités et sans douleurs. 11 était président de la société astronomique de Londres , membre associé de l'Institut de France, astronome royal, et chevalier de l'ordre hanovrien des Guelfes. La Providence a comme voulu assurer la continuation de son nom et de ses trait personne de son fils, digne collabo-
rateur, digne continuateur de cet illustre père. Ce fils, John Herschell , a fait avec Soulh im catalogue de positions et de distances apparentes d'étoiles qui a mérité le grand prix d'astronomie à l'Institut de France, et il a été le compléter par trois années d'observations au cap de Bonne- Espérance. D'autres personnages de la famille d'Herschell, au reste, ont bien mérité de h science. Son frère, habile mécanicien, l'aidait dans ses travaux et réalisait ses inventions. Sa sœur, miss Caroline , très-versée dans les mathématiques et l'astronomie , rédigeait tout» les observations de William et les publiait, soit séparément, soit dans les Transactions pkiluophiques; elle découvrit elle-même plusieurs comètes (1" août 1786, 31 décembre 1788, 7 janvier 1790 , 8 octobre 1793), sans toutefois déterminer la place de cette dernirre , et publia , conjointement avec son frère , l'ouvrage intitulé Catiloeu des étoiles reconnues d'après les obsemnou it Flamsteed , et non insérées dans le Cataloqvt «*■ glais, 1798, in-fol. La société astronomique de Londres a décerné, en 1828, une médaille d'or à miss Herschell pour le catalogue de vingt-ci»! mille nébuleuses, observées par son frère William, qu'elle a construit à l'âge de soixante-duhuit ans, depuis son retour en Hanovre. — Voici le tableau des ouvrages, c'est-à-dire des wernaa publiés dans les Transactions philosophiques it l* société royale de Londres de 1780 à 1818 par Herschell. Nous les rangeons méthodiquement d'après les matières qu'il y traite, et nous plaçons après chacun l'indication et du tome où on k> trouvera et de l'année à laquelle se réfère la publication. 1,1-6. Télescopes, Micromètres, etf ln Réponse aux doutes possibles sur les jrW//»*roa'r* ampliflcalifs dont Herschell a usé (t. 72, M&.i 2° Description d'un micromètre à lampe et wm d'en faire usage (t. 72, 1782); 3° Description fa télescope réfléchissant de quarante pieds de b*j (t. 85, 1795); 4" Recherches sur la manière de t«r le soleil avantageusement avec des télescopes t &f ouverture et à grands pouvoirs (t. 90, 1800); 5* périences pour faire connaître jusqu'à quelp»* to télescopes permettent de déterminer les trihjettk angles et de distinguer le diamètre des objets ;f plication des résultats à l'étoile <THardi*g (t- 1805); 6° Puissance des télescopes pour pénétrer i travers t espace ; étendue comparative de cette pw sance dans ta vision naturelle , dans Us télesap' de différentes grandeurs et de diverses construé^éclaircissements tirés d'observations choisies (I. *t 1808). On peut joindre à ces mémoires les numéros 30, 31 , 43 , 58 , où se lisent aussi des indications relatives aux instruments d'obserTaw ou à la manière d'observer. — H, 7-12- Tm"Ix d'optique. 7° Recherches sur la cause d'une »«"'' tinction de la vision , qui a été attribuée à « ** ceur des pinceaux optiques (t. 74, 1780;; 8* £*7* rience sur la cause des anneaux colorés "écont*^' par S'ewton, et qui se forment entre
superposées (t. 97, 1807); 9° Continuation des expériences sur les anneaux colorés concentriques . etc. ft- 99, 1809); 10° Supplément aux expériences sur les anneaux colorés (t. 100, 1810); 11» De la faculté des couleurs prismatiques d'échauffer et d illuminer les objets ; et remarques qui prouvent l'inégale réfrangibilité de la chaleur rayonnante (t. 100, 1800); 12° Expériences sur les rayons de chaleur (t. 100, 1800). — III .13-34. Planètes et leurs satellites. 13° Observations astronomiques relatives aux montagnes de ta lune (t. 70, 1780); U° Sur trois volcans de la lune (t. 77, 1787); 15" Observation du passage de Mercure sur le soleil; remarques sur l'action des miroirs (t. 93, 1803); 16» Observations sur Vénus (t. 83, 1793); 17° Apparences remarquables dans les régions polaires de Mars, inclinaison de taxe de celte planète, position de ses pôles et sa forme sphéroidale; quelques aperçus sur te diamètre réel de Mars et de son atmosphère (t. 84, 1784); 18° Observations sur Us deux corps célestes récemment découverts (ce sont les deux planètes Cérès et Junon , vues en 1801 , Tune par Piazzi , l'autre par Harding) (t. 92, 1802); 19° Observations sur la nature du nouveau corps céleste découvert par Olbers (Pallas ou Vesta); Observations sur la comète qu'on attendoit en janvier 1807, à son retour du soleil (t. 97, 1807); 20° Observations des changements d'intensité des satellites de Jupiter et de leurs variations de grandeur; temps qu'ils emploient à tourner sur leurs axes; mesure du diamètre du second satellite et estime de la grandeur comparative du quatrième (t. 87, 1797); 21» Relation de la découverte du sixième et du septième satellite de Saturne, et remarques sur la construction de Panneau, sur la rotation de la planète autour d'un axe, sur sa forme sphéroidale et sur son atmosphère (t. 80, 1790); 22° Des satellites de Saturne et de la rotation de Vanneau autour d'un axe (t. 80, 1790); 2ùa Anneau de Saturne et rotation autour d'un axe du cinquième satellite de la planète (t. 84 , 1792) ; 24° Observations sur une bande quintuple de Saturne (t. 84, 1794); 25° Rotation de Saturne auteur d'un axe (t. 84, 1 794); 26° Observations sur la forme singulière de la planète Saturne (t. 95, 1805); 27° Observations sur la figure , U climat et l'atmosphère de Saturne et de ion anneau (t. 9G, 1806); 28° Sur la comète de 1781 (t. 71, 1781), comète qui n'est autre chose que la planète Uranus ; 29° Lettres à Banks sur le nom à donner à la nouvelle planète, c'est-à-dire à Uranus ( t. 73, 1783); 30° Du diamètre d' Uranus, avec description d'un micromètre à disque et à périphérie lumineux ou obscurs (t. 73, 1783); 31° Observations des satellites de la planète de George ; remarques des appareils télescopiques employés dans cette circonstance (t. 105, 1805); 32° Planète Je George et ses satellites (t. 78, 1788); 33» Découverte de deux satellites qui tournent autour de George (t. 77, 1787); 34" Découverte de quatre nouveaux satellites de George; annonce du mouvement rétrograde des anciens; explication de leur disparition à I certaines distances de la planète (t. 88, 1798). — I
IV, 35-39. Comètes. 35° Remarques sur la nouvelle comète (t. 77, 1787); 56» Obser rations sur une comète (t. 79, 1789); 37° Observation d'une comète pour déterminer sa grandeur et la nature de son illumination; remarques sur une irrégularité dans la figure apparente de Saturne (t. 98, 1808); 38» Observations astronomiques sur une comète, et remarques sur la constitution de ses différentes parties (t. 102, 1812); 39° Observations sur une seconde comète, et remarques sur sa constitution (t. 102, 1812). — V, 40-46. Des planètes en général, du soleil, DU SYSTÈME solaire. 40° Observations astronomiques sur les rotations des planètes autour de leurs axes, pour décider si la rotation diurne de la terre est toujours la même (t. 71 , 1 781 ) ; 41° Sur la quantité et la vitesse du mouvement solaire (t. 95, 1805); 42° Sur la direction et la vitesse du soleil et du système solaire (t. 95, 1805); 43» Observations pour découvrir la nature du soleil; causes et symptômes des émissions variables de chaleur et de lumière; remarques sur l'usage qu'on peut faire des observations du soleil; observations additionnelles au précédent mémoire, avec des essais tendant à mettre de côté les verres obscurcissants et à faire usage dans le même but de la transmission de la lumière solaire à travers les liquides (t. 91, 1801); 44» Sur le mouvement propre du système solaire et les divers changements qui ont eu lieu parmi les étoiles fixes depuis le temps de Flamsteed [t. 7Z, 1783); 45» Expériences sur Us rayons solaires et terrestres qui produisent de la chaleur; vue comparative des- lois auxqueiUs Us lumière et Ut chaleur obéissent (t. <JO, 1800); 46° Expériences sur la rèfrangibilité des rayons invisibUs du soleil (t. 90, 1800). — VI, 47-56. Astronomie stellaire, simples catalogues, soit d'étoiles multiples ou de nébuleuses, soit d'intensités. 47° Catalogue d'étoiUs doubUs (t. 72, 1782) ; 48» Second catalogue d'étoiles doubUs (t. 75, 1785); 49° Des étoiles nébuleuses et convenance de ce nom (t. 81 , 1791); 50» Catalogue d'un millier de nébuleuses et amas d'étoiles (t. 76, 1786); 51» Catalogue d'un second millier de nébuUuses et amas d'étoiles; quelques remarques sur la construction des deux (t. 79, 1789); 52» Catalogue de cinq cenU nouvelles nébuleuses , et remarques sur la construction des deux (t. 92, 1802); 53° Catalogue d intensiUs comparatives pour reconnaître la permanence de l'éclat des étoiles (t. 86, 1796); 54» Second catalogue des intensités comparatives des étoiUs (t. 86, 1796); 55° Troisième catalogue des intensités, etc.; remarques sur un indice relatif aux observations des étoiUs fixes contenues dans le second volume de /'Histoire céleste de Flamsteed; conséquences utiles déduites de cet indice (t. 87, 1797) ; 56» Quatrième catalogue des inUnsités, etc. (t. 89, 1799). — VII, 57-69 (auxquels on peut joindre le 44°). Haute astronomie stellaire. 57° De la parallaxe des étoiles fixes (t. 72, 1782); 58» Observations astronomiques pour dèUrminer Us distances relatives des groupes d'étoiles et la puissance de nos télescopes
(t. «08,1818); 59» Méthode fcments qui arrivent parmi les étoiles fixes; remarques sur ta stabWté de ta lumière de notre soleil (t. 86 , 1 790) ; 60° Observations astronomiques sur l'étoile périodique du Cou de la Baleine ( t. 70 , 4780) ; 61- .Sur rétoile périodique d'Hercule ; remarques tendant à établir que tes étoiles tournent sur leurs axes (t. 86, 1796) ; 62" Sur les changements qui ont eu lieu dans les positions relatives des étoiles doublet et sur ta cause d'où ils protiennent Çl. 93, 1803) ; 63™ Continuation des recherches sur les changements dans les positions relativet det étoiles doubles (t. 91, 1804); 61° Observations astronomiques pour déterminer tes régions des corps célestes et l'étendue de la voie lactée (t. 107, 1817); 65° Obtervations astronomiques sur ta partie sidérale des deux et sa connexion avec la partie nébuleuse (t. 104, 1814} ; 60» Sur la nature et la constitution physique du soleil H des étoiles (t. 85, 1795) ; 67° Analyse de quelques observations tendant à une investigation de la construction des deux (t. 74, *784); 68- Sur la construction des eieux (t. 75, 1785); 69° Observations astronomiques sur la construction des deux qui semblent jeter du jour sur f organisation des corps célestes (t. 1(H, 1811). Les numéros 42 et 44 se rapportent aussi en grande partie à la haute astronomie stellaire. — Vill, 70-71. Mélanges. 70° Observations mélangées (t. 82, 1792); 71" Sur quelques particularités observées pendant la dernière éclipse de soleil (t. 84, 4794). A— o et P— ot.
HENSCHELL (miss Carolinr-Luchece), sœur et tante des ce'lèbres astronomes de ce nom» s'est acquis aussi des droits à de longs souvenirs par h part constante qu'elle prit pendant un demisiècle aux grands travaux de son frère William et par ses propres découvertes. Née comme lui dans le Hanovre, mais plus jeune que lui de douze ans, elle n'en avait que vingt-deux lorsqu'cn 1774 elle dît adieu au toit paternel pour aller retrouver à Bath le savant inconnu qui, comme on sait, tout en remplissant les fonctions d'organiste et en demandant à l'enseignement de la musique des ressources pour vivre, préludait dès lors aux vastes études astronomiques qui ont illustré son Dom. Caroline, qui sans doute était venue dans d'autres vues se fixer auprès de lui, s'éprit bientôt pour la science d'une ardeur non moins vive que son frère lui-même, et après n'avoir, tantôt que comme passe-temps, tantôt (pie comme obli-
{feance, mis les yeux à la lunette ou noté scrupueusement l'instant des passages , se voua tout entière aux labeurs de ta vie scientifique des Tycho et des Messicr. Infatigable associée des observations nocturnes et diurnes de William, c'est elle qui , à mesure qu'un phénomène se produisait, énonçait de la voix, notait de fa plume l'heure astronomique au chronomètre ou à la pendule. C'est elle aussi qui , mathématicienne exercée, expéditive, assidue, exécutait les énormes calculs indispensables pour traduire à la foule le
résultat de l'exploration des eieux poursuivie put son frère. Ce n'était pas encore assez pour elle, et quand pour quelque raison William laissait reposer le télescope, le sextant, le cercle murii, elle allait pour son compte rompre le chômage, et entreprenait à part eMe des observations doat l'honneur hit reste sans partage. C'est ainsi que, s'intéressant tout particulièrement à la spécialité des Halley et des Ilngré, elle signala successiwment jusqu'à huit comètes nouvelles, dont trois peut-être avaient été aperçues en même temps qu'elle les annonçait au monde savant, mais dont cinq au moins lui restent en propre, ainsi qu'on peut s'en convaincre en parcourant les Trusterions philosophiques de la sodèté royale de Lonirak ces comètes doivent être ajoutées en grand nombre et des nébuleuses et des groupes d'étoiles dont jamais mention n'avait été faite par aucun Mt On nous permettra d'en indiquer les principales: ce sont d'abord le numéro 1 de la cbsse S do catalogue de sir William Herschell , lequel rappelle beaucoup , tant par son aspect que par s forme, h superbe nébuleuse découverte par Simon Inarius dans Andromède ; puis les nume'ros 1!, I? et 27 de Fa classe 7 , et enfin dans la classe 8 les numéros 45 , 65 , 72 , 77 et 78. On doit encore à miss Caroline Herschell trois ouvrages qui , quoique tenant de la simple compilation, soutapW à rendre de grands services et ne pouvaient ferla être rédigés par un vulgaire dilettante en astronomie. En voici les titres : 1° Cataloju de fit? cent soixante et une étoiles, observées par Flamiteti et qui cependant avaient été omises dans le O logue britannique (British C...), les éditeurs de « recueil ayant ignoré les documents où ces observations gisaient enfouies ; 2° Table rèjxttw m observations relatives à chacune des étoiles d* tish Catalogue (A gênerai index of références I» every, etc.); 3° Catalogue portatif (exactement Zone Catalogue) des nétnsteuses et des grovtxs laires découverts par sir WilBam HersekelL lt* deux premiers de ces ouvrages ont paru reuœs en un volume aux frais de la société' royale u< Londres; et Baily , p. 388-390 de la vie dettesteed, en relève vivement l'utilité. Le trois** remarquable non-seulement par le fond deseboses. dont la gloire revient à son frère , mais au» Ptf fe soin arec lequel sont réduites ses obserrrt»» et par sa méthode, fut admis, en 1828, |«r » sodété astronomique de Londres, aux honoeors* la médaille d'or. Ce n'était pas là la premi^ compense qu'avaient conquise sa science faste et sa persévérance modèle dans des eto* ardues et généralement étrangères jadis 3 • sexe. George ni , dont on connaît la preuiW f11 pour les travaux du frère , assigna de même i sœur une pension qui l'élevail au-dessus «Jjj position trop précaire dont souvent aTa '^i^ à gémir les notabilités dn momie savant. ^ aussi le plaisir de voir parfois les personne^sou sexe aborder à son instar les études uranop
phiqii« . feuilleter la table des logarithmes , aligner des sinus, et vouloir apporter leur quotepart aux catalogues de corps célestes. Elle en tH en Angleterre , elle en fit en France (celle par exemple à qui Lalande adressa le fameux madrigal :
elle en vit en Hanovre, après son retour, car c'est en Hanovre que se passèrent ses dernières aimées. Jamais sa mémoire n'avait été infidèle aax lieux témoins de son enfance. La mort de son frère , en 1822 , rompit le dernier lien qai t attachait à l'Angleterre; et très-peu de temps après ce funeste événement, eMe débarquait septuagénaire sur ces plages dont elle s'était éloignée dans la fleur de ses vingt ans. Chose prodigieuse!, elle y vécut encore vingt-six ans, entourée des hommages des sommités de la science comme des attentions de la reine et du roi de Hanovre, s'intcreasan t avec l'ardeur d'un âge moins avancé aax progrès de ses étoiles chéries, et longtemps, sinon toujours, étonnant tous ceux qui participèrent à son intimité par le spectacle d'une verdeur qu'avaient peu visiblement usée chiquante années passées à suivre le cours des astres pendant les nuits brumeuses et anti-astronomiques de l'Angleterre , et souvent pendant l'hiver, souvent jusqu'à six et sept heures du matin. Sa mort eut lieu le 9 janvier 1848. Val. P.
HfiRSLNT (Ciiables), chancelier de l'église de Met*, naquit à Paris vers La fin du 10' siècle. Les biographes le qualifient de docteur en théologie, titre qu'il ne prend dans aucun de ses ouvrages, à la tête desquels il ne manque jamais d étaler tous ceux qui pouvaient lui appartenir. H entra , - n 1 1 i I 3 , dans la congrégation de l'Oratoire, nouvellement établie, et se lit un. grande réputation comme prédicateur. Ses succès en ce genre lui enflèrent le cœur, et lui donnèrent des prétentions qui, jointes à ton caractère naturellement hautain et impétueux , le rendirent d'une société djincile à ses confrères. Il leur causait d'ailleurs beaucoup d'inquiétudes par ses emportements en chaire contre les moines. Furieux d'avoir manqué un prieuré que M. Iliron , évéque d'Angers, avait fait unir an collège de l'Oratoire de cette ville, il sortit de la congrégation , et se déchaîna contre elle dans les deux libelles suivants : Avis touchant les y eti < s de l Oratoire, par an prêtre qui a demeuré quelque temps avec eux, 1626, in-12. — Articles concernant la congrégation de l'Oratoire en France. Dans l'épure dedicatoire à l'assemblée du clergé, de 1(126, il dénonçait le père de Bérulle comme chef d'une nouvelle secte qu'on devait s'enapresser de proscrire. L'auteur y avait déguisé son nom sous ceux de Philippe Morel et de Jacques Lefevre. Le mauvais effet que ces deux écrits produisirent contre Lui dans le public le portèrent à en publier un troisième sous ce titre : Jugement de la congrégation de l'Oratoire de Jétut,
par m prêtre qui en nt jorti depuis peu de temps, Paris, 1626. L'est une ample rétractation 4e toutes les calomnies contenues dans les deux précédents, où l'on voit néanmoins qu'il conservait de la rancune, pour la privation du bénéfice dont il avait été frustré. L'oraison funèbre de la duchesse de Lu valetto , qu'il prononça Cannée suivante à Metz, lot valut la dignité de chancelier de m cathédrale de cette ville, que lui donna révènue, frère de la duchesse. 11 publia, en 1632, un Traité de la souveraineté du roi à MeH, page Messin, etc., contre les prétentions de l'empire et do duc de Lorraine, et contre les maximes des habitants de Meta , qui ne voulaient reconnaître d'autre titre au roi que celui de protecteur de leur ville. Comme Hersent s'y intitule lui-même trés-reoérend père, Richard Simon en a concln qu'il était rentré dans l'Oratoire, d'où 11 fut exclu de nouveau en 1651, par le P. de Condren, a de ses sorties accoutumées contre les D'autres croient que toutes ses tentatives pour y rentrer avaient été inutiles. A l'époque des démêlés de la cour de France avec cetle de Rome, Hersent composa son fameux ouvrage, Optati Galli de eanendo schiemate, ad Ut etrev. eccl. GaU. primates, ssreaiep., ep. liher ptrrmmelicus. Ce lévre,est daté de Lyon, du i" janvier 1640; il est extrêmement rare. On en donna une contrefaçon , qu'on distingue de l'édition originale à la page 7, lignes 15 et 16 , où on lit superiore pour superiorum; et à l'arrêt du parlement qui a douze pages, et seulement orne, dans h> contrefaçon. L'objet de cet ouvrage, dont il envoya un grand nombre d'exemplaires à Rome , était d'alarmer le public sur le projet attribué au cardinal de Richelieu de se faire déclarer patriarche en France ; sur la publication du traité Des libertés de t'Ègtise gallicane . qui se débitait alors ouvertement malgré la censure qu'en avait faite le clergé et où l'on proposait de réduire les Annales; sur la déclaration de 1639 concernant Les mariages, qu'il représentait comme contraire au concile de Trente, etc. Ce livre fut censuré par seize évéques réunis à Paris, ayant à leur tète l'archevêque de la capitale, comme faux, scandaleux, plein de calomnies, et fut condamaé par le parlement à être brûlé, comme plus propre a exciter qu'à prévenir le schisme. Le cardinal de Richelieu y lit faire quatre réponses, dont la meilleure est ceHe d'Isaac liant rt, sous ce litre ! De eonsensu hterarckia et monarchim.
ph de lieux communs, surcharge d'une foule de passages entassés les uns sur les autres, sans aucune liaison entre eux. L'auteur, pour prévenir les effets du ressentiment du cardinal dë Richelieu, s'il venait à être découvert, s'empressa de chanter la palinodie par un écrit dont il est fait mention parmi les manuscrits du chancelier Séguîer, sous ce tore : Optati tialli libellus pome-
;'était attacher trop d'importance à un ouvrage ssez mal écrit, plus mal raisonné encore, rem-
nitenliœ ad M. eeeUtiœ Gall. primates, etc. Le huitième article de cette rétractation contient une ample justification du cardinal ministre sur ses prétentions au patriarcat de France. Dans un voyage qu'Hersent fit à Rome en 1643, il présenta au pape Innocent X un mémoire apologétique pour Jansénius contre la bulle d'Urbain VIII. Ce mémoire, qui a été inséré dans le journal de Saint-Amour, est intitulé Super bullas Urbani VIII advenus Janseniutn admonitiones quadam Innocentio X. Cinq ans après, il prêcha, dans l'église de St-Louis de la même ville, le panégyrique de ce saint roi, où il entreprit encore la défense de la doctrine de Baius et de Jansénius, récemment condamnée; il le fit imprimer à Rome avec l'approbation du maître du sacré palais, et uneépltrc dédicatoire au même pape : mais le tribunal de l'inquisition l'ayant cité à comparattre , il se sauva promptement en France; ce qui n'erapécha pas ce tribunal de condamner son discours et d'excommunier sa personne. Cet homme turbulent termina sa carrière au château de Largoue, en Rretagne, après 1660. Outre les ouvrages dont nous avons parlé, il est l'auteur des suivants : \° Caroli Hersentii presbyteri, etc., D. Dionysii Areopagita de myttiea theologia librum apparat as , interpretatio , nota, commentant , periphrasis , Paris, 1626, h i-8". Ces notes et commentaires sont précédés d'un discours préliminaire, destiné à l'apologie de la Théologie mystique. 2° La pastorale sainte , OU Paraphrase du Cantique des cantiques, selon la lettre, et selon le sens allégorique et mystique, Paris, 1633, in-8°. Dans l'introduction, il réfute ceux qui entendent ce livre du mariage de Salomon avec la fille du roi d'Egypte; il n'y voit que l'union de Jésus-Christ avec son Eglise , même dans le sens que la lettre présente à l'esprit : malgré la diffusion de cette paraphrase , elle contient d'assez bonnes choses. 3° Le sacré monument dédié à la mémoire de Louis le Juste, Paris, 1643, in-s> : ce sont trois oraisons funèbres de Louis XIII, prononcées dans trois différentes églises de Paris. On y retrouve tout le mauvais goût des orateurs de cette époque. Donnant lui attribue un Traité de la fréquente communion et du légitime usage de la pénitence, Paris, 16*4, in-4°, dans lequel l'auteur prétend que M. Arnauld et les jésuites sont tombés dans des excès opposés, et où il se flatte d'avoir été suscité de Dieu pour concilier les deux partis. Gabriel Martin , dans le catalogue imprimé de la bibliothèque de M. Duifay, avance, sur le seul fondement de quelques lettres initiales de nom et de prénom, qu'Hersent est auteur d'une traduction française du Mars gaU liau de Jansénius, évéque d'Ypres, imprimée en 1637, sous le titre de Mars français. Enfin Vigneul llarville dit que les cinq volumes d'instructions chrétiennes de M. de Singlin ne sont que des sermons de Charles Hersent. T — d.
11ERSLN (Jean de), docteur en théologie de la faculté de Paris, prieur des Augustins de Lyon,
où il florissait à la fin du 13* siècle. On a de lui : Le Voyage et Pèlerinage tToultre mer au saint Seputehre de Jérusalem (traduit en latin de Bernard de Breydenbach), imprimé à Lyon le xviu jour de freurier(sic), lan mil cccclxxxix (1490, nouveau style). Voyez la Biblioth. franc, de du Verdier, t. 2, p. 443, et le Manuel de M. Brunet, t. 1 , p. 449. A. P.
HERSLEB (Pierbe), écrivain norvégien, naq-uit dans le diocèse de Trondhiem (Dronlheim) le 25 mars 1689. Après avoir terminé avec succès ses études ecclésiastiques et s'être fait distinguer par ses écrits, il fut nommé curé de Gunderslev dans l'Ile de F, ilster en 1718, et la même année prêtre du château royal de Frederiksborg. En 1725, il devint prédicateur de la cour de Copenhague , et cinq ans plus tard évéque de Christiania. Placé sur le siège épiscopal de Copenhague en 1737 , il obtint depuis le rang de conseiller de conférence, et mourut le 4 avril 1737. U a publié, outre un grand nombre de sermons et d'ouvrages théo logiques: 1° Diss. de Vesta etvestalibus, Copenhague 1701; *>Append. addissert. de Vesta. ibid., 1704; 3° De Heliolatria , quam christ ianis objeeerunt pagina , ibid., 1703; 4a Dissertatio de duobus Jacobis, ibid. , 1703 ; 5° Dissertatio de cœna et prandu quantitate, ibid., 1706; 6° Sur le sacre du roi Frédéric V et de la reine Louise , en danois , ibid. , 1749. D— i— 6.
HERT ou HERTIUS (Jean-Nicolas), publiciste estimé du 17* siècle, naquit, en 1632, à Oberklée, près de Giessen. Dès sa première jeunesse, il se distingua par une application extraordinaire : depuis 1667 jusqu'en 1676, il étudia le droit dans différentes universités d'Allemagne , et l'enseigna ensuite dans sa ville natale. 11 fut reçu docteur à Giessen en 1686 , et nommé successivement professeur de droit public, doyen de la faculté de jurisprudence, assesseur du tribunal de la révision générale en liesse , inspecteur du fisc académique, enfin chancelier de l'université de Giessen, et conseiller du landgrave de liesse. Hert avait un attachement particulier pour sa patrie; il refusa les offres les plus brillantes de Louis XIV, du roi de Suède et de l'université de Leipsick. Peu de jours avant sa mort, qui arriva le 19 septembre 1710, il avait reçu du roi de Prusse l'offre de la place de chancelier de l'université de Halle, avec le titre de conseiller effectif. Hert écrit en trèsbon latin ; et quand la matière qu'il se propose de traiter lui parait trop sèche ou trop abstraite, il la relève par quelques réflexions littéraires qui ne sont pas sans mérite. Ses ouvrages les plus estimés sont : 1° Elementa prudentiat cveilts, ad fundamenta solidioris dortrina jacienda, Giessen, 1689, in-8»; 2° Tractatus jur. publ. de statumm imperii R. G. jure reformandi jwcta temporum seriem, compositions scilicet Passaeianœ et pacis Westphalica, Giessen, 1710, in-fol.; ibid., 1726, in-fol. (en allemand et sans nom). J. C. Kocb. en a publié une nouvelle édition, Giessen, 1771,
ln-4<\ Cet ouvrage, en faveur de la religion protestante, contre l'auteur d'un livre intitulé Vindieia juris reformandi, qui avait embrassé la religion catholique, acquit à Hert la bienveillance des souverains protestants. 3° De fide diplomalum Germmia- imperatorum et regum. ibid., 1699, in-4°. Celte production de Hert fut très-bien accueillie : on y trouve des observations sur les chartes des rois et des empereurs d'Allemagne. Baring l'a insérée dans la seconde édition de sa Claris diplomaties, pages 325-368; et on l'a réimprimée plusieurs fois. 4° De contultationibus , legibut algue judiciis in specialibus rom. germanici im petit rebut publicis, Giessen, 1686, in-4°. 5° De notifia veteris Germania poputorum, ibid., 1709, in-4°. L'auteur démontre, dans cette dissertation, l'origine du droit public d'Allemagne. 6° Notifia veteris Francorum regni, vsque ad exeessum Ludovki PU, ibid., 1710, in-i°; ouvrage très-érudit. 7° Paramiarum juris germanici Epidipnis. ibid., 1710, in-4°; 8° Commentationes atque opuscula de setectis et rarioribus argumentis ex jurisprudentia universali, publica.feudalieirom. . Francfort , 1700-1713, 2 vol. in-4°; ibid., 1737, 2 vol. in-4°. La dernière édition de ce recueil, publiée par J.-J. Hombergk, contient des notes marginales très -curieuses , tirées des manuscrits de l'auteur, avec un grand nombre de suppléments. 9° Responsa et concilia mm deductionibus nonnullis, lam proprio quant facultatif juridieœ nomine , elaborala . Francfort, 1729-1730, 2 vol. in-fol. Ce recueil, publié après la mort de Hert par son fils, renferme des consultations sur toutes les branches de la jurisprudence. D'après le jugement du célèbre publiciste Ptitter, celles qui traitent des questions du droit public sont d'un grand mérite. Il est remarquable que l'université de Giessen n'a célébré par aucun éloge la mémoire de son savant chancelier. Jugler, dans ses Biographies des jurisconsultes, a donné la Vie de Hert au cinquième volume, p. 131-152; et on y trouve aussi une notice détaillée de ses ouvrages. B— n— d.
HERTKL (Jacques) , philologue , né vers 1536 à Hof (Curia Variscorum) , dans la principauté de Culmbach, acheva ses études théologiques à l'Académie de Baie, et se consacra tout entier à l'enseignement. Nommé recteur de l'école St-Pierre, il fut peu de temps après élu diacre de la paroisse du même nom , et mourut en 1564 , à l'âge de 28 ans, regretté de tous ceux qui l'avaient connu. Son épitaphe , que l'on voit encore dans l'église St-Pierre, est rapportée dans les Monumenta Barileensia, p. 120. Outre des éditions de quelques opuscules de Luther et des épithètes latines de Ravisius Textor, on a de Hertel : 1° Comicorum greecorum, numéro L, quorum operaintegra non exstanl, tenUutia qua supersunt collectée et in certos locos disporita. gr.-lat., Bâle, 1560, in-8°. Ce recueil est rare et recherché. Fabricius , dans sa Bibiioth. gr., 1. 1", p. 452, a donné les noms de cinquante auteurs dont on y trouve des fragments. Celui que
Gain, Morel (voy. ce nom) avait publié en 1553 n'en contient que de quarante-deux poêles. On trouve des exemplaires de la collection de Hertel SOUS Ce titre : Bibtiotheca quinquaginta cetustissimorum comicorum quorum intégra opéra non exstanl, etc. , Vérone, 1616 ; mais Franck avertit que , dans cette prétendue nouvelle édition , il n'y a que le frontispice de changé (voy. le Cat. de la bibL de Bunau. t. l»', p. 44). 2° Theognidis et aliorum poelarumgnomicorum Phocylidis .Pythagora, Solonis,t\C.t sententiœ versa ad terbum, in-8°. Cet ouvrage, adopté pour la plupart des écoles d'Allemagne, a été réimprimé plusieurs fois. Les meilleures éditions sont celles de Bâle, 1576; Leipsick, 1580, et Hclmstadt, 1666, in-8°. 3° Definitiones ac descriptiones theologicœ ex vetentm et recentiorum monumentis collecta. Bâle, 1564 , in-8». W— s.
HERTZ ou HERTZIUS(MiciiEL),bibliographe allemand, né en 1638, à Schmira près d'Erfurt, mort le 15 novembre 1713, s'appliqua successivement au droit et à la théologie, et exerça diverses fonctions dans l'enseignement jusqu'en 1685 , où il fut nommé pasteur évangélique de Buckau près de Schneeberg. n a publié une Bibliothèque germanique ou Xotice des écrivains, etc. (en latin) Erfurt, 1674, in-fol.; ibid., 1679, 1700, in-fol.' Cet ouvrage, qui est bon et assez exact, est divisé en quatre parties. La première contient l'indication des auteurs qui ont traité de l'Allemagne, de son climat , de ses productions naturelles , de l'origine de ses habitants , des différents noms qu'ils ont portés, de leurs langues, de leurs mœurs, des lois qui les ont régis , etc. : la seconde offre la liste des histoires générales de l'Allemagne depuis les temps les plus reculés ; la troisième, celle des histoires particulières des empereurs depuis Charlemagne , et enfin la quatrième , le catalogue des histoires des cercles ou provinces. L'ouvrage de Hertz a précédé la Bibliothèque historique de France, et peut en avoir donné l'idée. On cite encore de lui : 1° Germania gloriosœ seu Bibtiotheca Germanica sciagraphia, Leipsick, 1693, in-i". C'est un abrégé de son grand ouvrage. 2° De vietimis humanis dissertatio. W — s.
HERTZ (Marc), l'oyez Herz.
HERTZBERG (Éwald-Frédéric , comte de), ministre d'État de Frédéric II , roi de Prusse, naquit en 1725, à Lottin en Poméranie, d'une ancienne famille, noble , mais pauvre. Son père s'était distingué, en qualité de major, au service du roi de Sardaigne. En 1739, on l'envoya au gymnase de Stettin , où , à l'âge de dix-sept ans , il composa, en latin , une assez bonne Histoire généalogique des premiers empereurs d'Autriche. Ilertzberg continua ses études à l'université de Halle, et s'appliqua surtout au droit public. Avant de quitter cette université, il composa une dissertation, trèsdélaillée, Sur le droit public des Étals de Brandebourg : mais le cabinet de Berlin en défendit l'impression. Il fut obligé de choisir un autre sujet pour sa thèse. C'est peut-être à cette contrariété
qu'il faut attribuer l'énergie avec laquelle le comte de llerlzbtrg, devenu ministre, protégea la liberté de la presse. Après avoir terminé ses études à Hnll» , il fut employé au ministère des relations extérieures à Berlin, et dans les archives secrètes. Frédéric H distingua son intelligence, et se servit «le lui pour prendre des extraits de plusieurs titres dont il avait besoin pour ses Mémoires de Brandebourg. Le roi fut si content de ce travail , qu'il chargea flertzberg d'écrire un Mémoire sur l'état militaire des électeurs de Brandebourg , et il l'en récompensa en le nommant, en 1747 , conseiller de légation. Dans cette même année , Hcrtzberg s'occupa d'une Bèfutation de rffistoire des fautes politiques commises par les puissances européennes à l'égard des familles de Bourbon el de Brandebourg , et l'année suivante il composa, en français, un Mémoire contre l'Angleterre, concernant la libre navigation du pari/Ion prussien. Des raisons d'État empêchèrent la publication de ces deux écrits. Les archives du royaume avaient été emballées en 1713 : Hertzberg reçut, en 1750, l'ordre de les faire sortir des caisses et de les mettre en ordre : ce fut surtout cette occupation qui lui permit d'étudier à fond l'histoire politique et les secrets de la diplomatie prussienne. En 1752, l'Académie de Berlin couronna son Mémoire Sur la population primitive de la Marche de Brandebourg. M en fut nommé membre dans la même année , et le roi lui conféra le titre de conseiller intime de légation. Depuis 1755, Hertzberg assista aux conférences ordinaires du département des relations extérieures, et fut aussi chargé d'une partie de la correspondance secrète. Alors il composa en français VUistoire de l'ancienne puissance maritime de Frédéric-Guillaume le Grand, électeur de Brandebourg , et de la compagnie africaine . et de ses établusemt ni s sur la côte d Afrique, vendus aux Hollandais en 1720. Paula en a inséré une traduction allemande dans son Histoire politique de la Prusse , p. 485-528. Quand Frédéric II , en 1756, ouvrit la campagne par une invasion dans la Saxe, où il parvint à se procurer la correspondance du cabinet de Dus le , depuis 1746 jusqu'en 1756, contenue en quarante volumes, il les transmit à Hertzberg, qui, en huit jours , composa en latin , en français et en allemand , un Mémoire raisonné sur la conduite des cours de Vienne et de Saxe , et sur leurs desteins dangereux contre le roi de Prusse , acte les pièces originales et justificatives gui est fournissent les preuves. Ce Mémoire, répandu avec profusion (1), ne demeura pas sans réponse. A l'ouverture de la campagne de 1757, Frédéric II manifesta l'intention d'abandonner la Prusse et la Westphalie, et de concentrer toutes ses forces entre la Viftule et le Weser, pour agir contre l'Autriche, lit ru berg lui donna, dans une lettre anonyme, le con-
<U On «n > et, j ii « V ituuc , dlt-u» , dus cent dix m nie racm-
PIUki « un jour. {OBurtujolit. de Hwuberg, t. l.p. 6.}
seil de ne pas découvrir ses provinces , et de fortifier plutôt son armée de 40,000 hommes. Itt roi, qui devina aisément l'auteur de cet avis, en exécuta la dernière partie ; mais il quitta ses provinces, et il les perdit. La même année, Hertzberg fut nommé premier conseiller intime et secrétaire d'État au ministère des relations extérieures. Dans cette place il fut chargé de toutes les dépèche* secrètes, tant en français qu'en allemand , et de celles qui avaient peur objet les affaires «le la Silésie : U conserva en même temps la direction des archives secrètes. Hertzberg développa surtout une grande énergie après la funeste lotaiUe de Collin. La forteresse de Stettio , dégarnie de troupes, se trouvant menacée par les armées suédoises, il sut déterminer les états de la Poatéranie à lever dix bataillons de milice et quelques escadrons de cavalerie légère , qui résistèrent à l'ennemi. Le traité de paix avec la Russie et la Suède (17G2J fut l'ouvrage de ce diplomate, qui négocia, l'année suivaute, la paix de Uubertsbourg, le jour même que Frédéric H avait Ûxé à son ministre pour terme des négociations. Hertzberg succéda, peu de temps après, au comte ile4>o«lewils, dans la place de ministre des relations extérieures, ea conservant ses premières fonctions. Les cabinets de St-Pétersbourg et de Vienne avaient décidé , en 1772, le premier démembrement de la Pologne. Le ministre Hertzberg sentit qu'il était urgent, pour la conservation de la monarchie , de faire valoir les prétentions qu'eUe pouvait avoir sur tes provinces de la Prusse occidentale, qui en avaient été séparées par le traité de 1466. Ses talents et les qualités insinuantes du prince Henri tirent complètement réussir ses vues à cet égard (o«f . Heahj de Prusse). En 1779, Hertzberg prit une part très-active aux discussions que la Prusse, comme aHiée de la Saxe , eut avec l'Autriche, au sujet de la succession de Bavière (cou. FaSoÉauc- Aoguste;. Le traité de Teschen, qui termina cette guerre, fut encore l'ouvrage de ce diplomate , et quand l'empereur Joseph II , en 1784 , tenta de s'emparer de la Bavière par d'autres moyens , la fameuse Union des princes du Xord contre l'Autriche Tut concertée et établie par Frédéric (I, le prince héréditaire et le ministre HerUberg : ce dernier publia même, à ce sujet, différents liémoires «pu déplurent beaucoup à la maison d'Autriche. Ce fut aussi lui qui, à la même époque, contribua particulièrement à apaiser les troubles en Belgique. Le rétablissement du stalhouder en Hollande , la limitation de la puissance française sur ces provinces, furent son ouvrage , et quand le cabinet de Versailles s'opposa au départ de la princesse d'Orange, Hertzberg rédigea, par ordre de Frédéric 11 , un Mémoire dans lequel ce prince demandait une prompte satisfaction , qu'il obtint. Ce succès fut celui qui flatta le plus le comte de Ht rtzberg. Frédéric 11 appela cet ancien serviteur auprès de lui dans ses derniers moments , et Frédéric-Guillaume H , en montant sur le tronc, le
combla de marques de faveur et de Tiff nvcflïance : il roi conféra la décoration de l'Aigle noir, Pèlera è la dignité de comte , le nomma curateur de PAeadémie des science», et le confirma dans ses fonctions de ministre des relations extérieures. Le comte de Hertzberg rétablit alors, par ses efforts , la tranquillité en Hollande , et influa puissamment sur le maintien de PéquiHbre en Europe. Le congres de Reichenbacb . en f 790, fut le résultat de ses travaux. Ce ministre ne pouvait jamais se consoler de ce qu'à cette époque on n'avait pas exécuté en totalité son projet de traité , qu'il se plaisait à considérer comme le chef-d'œuvre île la diplomatie. Son mécontentement fut encore augmenté par la nomination de deux nouveaux ministres, et son amour-propre, Irrité de voir ainsi borner son activité, rengagea, en juillet 4791 , à demander sa démission, ou du moins la faculté d'être débarrassé entièrement des soins do ministère. Le roi ne lui accorda que la dernière partie de sa demande, et lui refusa également l'abandon que le ministre voulut faire de toute espèce de traitement. Le comte de Herlrberg continua d'assister aux séances du conseil d'État ; mais il ne prit aucune part aux affaires, et s'occupa uniquement des travaux de l'Académie, de la culture des vers à soie, qu'il avait introduite en Prusse, et de réconomie rurale , qu'il perfectionna par des essais faits en grand dans sa terre de Beitz. Voulant écrire YHtêt-t^r* du reçue de Frédéric II, il sollicita du roi son successeur la permission d'en puiser les matériaux dans les archives secrètes: il l'obtint , mais on loi suscita tant de difficultés , qu'il fut obligé d'abandonner son projet. Cependant pour témoigner sa reconnaissance aux mânes du grand Frédéric, il proposa a ses compatriotes, en Poméranie, d'élever par souscription, » Stetlin , un monument à ce prince , et lui-même y contribua pour mille thalers. Cette belle statue pédestre, exécutée en marbre par Scbadow, fut consacrée solennellement le 10 octobre 1795, et le comte de Uertzherg prononça, dans cette occasion, l'éloge de Frédéric le Grand avec toute l'effusion d'un cœur reconnaissant. ' iioique sa sant<: eut souvent été altérée par l'excès do travail, sa vie régniière et une
Knde sobriété prolongèrent sa carrière jusqu à je de 00 ans: il mourut le Î7 mai 4795, après avoir servi la Prusse pendant un demi-siècle. La physionomie du comte de Hertzberg annonçait on profond penseur: il ne donnait, au reste, aucune attention à son maintien ni à son extérieur, et n'avait ni les manières , ni le langage , ni le costume d'un homme de cour. Une seule fois il se présenta devant Frédéric II avec on habit de velours magnifique , et c'était uniquement pour faire plaisir à ce monarque, parce que ce velours avait été fabriqué en Prusse , de la soie produite sur les terres du comte. Sa société intime se composait en général des gens de lettres et des savants les plus distingués qui se trouvaient à Berlin. A
ane érudition profonde il réunissait une faculté' extraordinaire à traiter les affaires : il avait surfont nne grande prédilection pour l'étude de l'histoire ; les nombreux discours qu'il a prononcés à l'Académie de Berlin , et qui ont pour
- I , i J — - 1 .... M t-f-A f av* f .i. r.ifi ï .>nt
orrjri aes rcctiercnps insiorii|ues , en raonapoR la preuve. Le comte dè Hertrberg avait la conviction intime qu'une publicité absolue est la meilleure garantie de toute administration politique , et tout en blâmant ceux qui abusaient de la liberté de la presse, il la protégea de tout sonpouvoir. Il exprima cette opinion de la manière la plus énergique dans le discours qu'il prononça' devant l'Académie le jour que Frédéric -Guillaume Il monta sur le tronc. Les qualités brillantes du comte de Hertzberg ne purent faire entièrement oublier son extrême susceptibilité, sa vanité et son entêtement : ces défauts se firent surtout sentir dans les dernières années de sa vie. Rien ne peint mieux le caractère de ce ministre que les trois lettres qu'il écrivit au roi Fréféric-Guillaumc H, en juillet 1791. Elles ont été publiées dans les Arckitvs d'foxî par Haber» lin, n» 1, 1790, au sujet du nouveau partage de la Pologne. « J'avoue, dit-il, que, selon mes idées, « c'est la plus grande faute politique que les trois « puissances puissent faire, et surtout la Prusse.
■ Le titre dont les trois puissances se servent o pour partager la Pologne est si oditux et si
■ déeri», qu'il fera toujours un tort infini à la <r réputation des trois souverains , et que leurs « noms en seront flétris à jamais dans l'histoire, « et j'avoue que je ne comprends pas comment « le concilier aree leur religion et leur con-
■ science. » Après avoir développé le danger qui pouvait résulter pour la Prusse de la guerre contre la France , il conseilla an roi d'entamer des négociations de paix avec la république française et de se faire médiateur entre elle et les puissances coalisées. La réponse de Frédéric-Guillaume H , en date du 20 juillet 1794, eut de quoi atterrer le coinle de Mertzlierg. « Il fut un temps, «■ écrivit le roi à son ministre, où vous remplissiez « un devoir en me soumettant votre opinion sur
• les affaires que je confiais à votre zèle. Aujour- « d'hui que votre carrière diplomatique est finie,
• je vous eusse tenu compte de la discrétion qui
• m'eut épargné des conseils, dont je ne fais cas
• qu'autant que je les demande, etc. » Cette lettre fût un coup de foudre pour le ministre prussien , et sa santé en fut sensiblement altérée. La Ntlérature germanique , et surtout le perfectionnement de la langue allemande , très-négligée sous le règne de Frédéric H , eurent dans le comte de Hertzberg on sélé protecteur , malgré sa prédilection pour la nation française et pour sa littérature. L'instruction publique fut aussi perfectionnée par ses soins et par ses générosités: eafln tout ce qui pouvait faire fleurir la monarchie prussienne était sur de le trouver disposé an sacrifice de ses moments et de sa fortune. Ses
IIER
ouvrages les plus importants ont été mentionnés dans le cours de cet article. Nous ne donnerons pas l'énumération de ses nombreux écrits politiques, ni des discours qu'il a prononces à l'Académie des sciences en français. La majeure partie de ses dissertations a été traduite en allemand par de Dohm. Les littératures suédoise , danoise, polonaise et anglaise ont été également enrichies par de bonnes traductions de quelques-uns des discours académiques du comte de Herlzberg. Ceux de ses mémoires politiques qui n'ont pas été imprimés ont été déposés dans les archives secrètes à Derlin ; les autres ont été réunis et réimprimés sous ce tilre : Recueil des déductions, manifestes, déclarations , traités et autres actes et écrits publics qui ont été rédigés et publiés pour la cour de Prusse, par le ministre d'État comte de Hertiberg , depuis le commencement de la guerre de sept ans, Hambourg, 1 789-1 793, 3 vol . in-8° ; — et sous le litre d OEuvres politiques, publiées par de Mayer, Paris, 1795, 3vol. in-8°. Huit de ses discours académiques , traitant tous d'objets historiques , ont été réunis sous ce tilre : Huit dissertations que M. le comte de Hert&berg a lues dans les assemblées publiques de l'Académie royale des sciences de Berlin, tenues pour l'anniversaire du roi Frédéric II, dans les années 1780-1787, Berlin, 1787, in-8°. La vie de ce ministre a été écrite par Mursinna, Schlichtegroll , Baur, etc. Nous renvoyons surtout à celle de F.-L. Posselt, publiée en allemand sous ce titre : Èwald Frédéric, comte de HerUberg, avec des extraits de sa correspow danee sur les affaires politiques du temps , Tubingue , 1798 , in-8°. B— a — o.
IIERVAG1US. Voyex Heuwacen.
HER VAS y Panduro (le P. Laurent), laborieux et célèbre philologue, était né le 1er mai 1735, à Horcajo (Manche espagnole), d'une famille noble. Ayant embrassé la règle de St-Ignace , Q fut chargé d'enseigner la philosophie au séminaire royal de Madrid, puis au collège de Murcie. Envoyé ensuite en Amérique, il y séjourna longtemps dans les missions et ne revint en Europe qu'en 1767, époque à laquelle ces établissements furent otés aux jésuites. Partageant le sort de ses confrères, il fut transporté en Italie, et s'établit à Césène, où l'étude des mathématiques et de la physique charma quelque temps les ennuis de l'exil. II revint ensuite à la philosophie; et, conduit de l'étude de l'homme à celle de l'origine des langues et de leur filiation, il finit par étendre ses recherches plus loin qu'aucun philologue ne l'avait jusqu'alors tenté. Les jésuites espagnols ayant obtenu la permission de rentrer dans leur patrie, le P. Hervas en profita pour revoir ses parents et ses anciens amis. Pendant un séjour qu'il fit dans la Catalogne , il employa ses loisirs à visiter les archives de la ville de Barcelone et celles de la commanderie de Saint-Jacques d'Ucles, où il découvrit plusieurs documents précieux. Forcé de nouveau de quitter l'Espagne, il fut accucUli par le pape Pie Vil, qui le uoinma préfet
de la bibliothèque Quirinale. Il mourut à Rome le 24 août 1809. Durant son séjour dans le nouvel hémisphère, étant obligé d'apprendre plusieurs idiomes pour expliquer aux Indiens les vérités du christianisme, Uervas avait été frappé de la diversité des langues qu'ils parlaient et recueillit, tant par ses recherches qu'avec le secours des autres missionnaires, un grand nombre de vocabulaires différents ; ensuite il étendit son travail aux idiomes des autres pays de la terre; et, portant ses méditations plus loin, il entreprit d'embrasser dans un grand ouvrage l'ensemble de l'histoire des progrès de l'esprit de l'homme, depuis le moment où commence sou existence physique. 11 effectua ce vaste dessein à ses frais, dans la langue de la contrée où il vivait, et traduisit aussi dans celle de sa patrie ce qu'il avait publié eo italien. Il s'occupa également de l'institution des sourds-muets; et le gouvernement espagnol lui accorda une pension en récompense de son zèle et de ses efforts assidus. On a de lui : Idea delT unicerso, che contiene la storia délia cita dell' uomo; elemenii cosmografici ; ciaggio estatico al tnondo planetario. e storia delta terra, Césène, 1778 à 1 787, 21 vol. m- i". Ce livre se subdivise en plusieurs parties : 1° Conceùone, nascimento, infanxia e pue' rizia, 1778 ; 2° Pubertà e giocentù dell' uomo, 1778. L'enseignement des sciences fait l'objet de cette partie. 3°, 4°, 5°, G° Virilité dell uomo. 1779-1780, 4 roi. 11 y est question de la religion, de la société civile, des usages, des arts et métiers, du commerce , de la figure humaine , des mœurs. 7° Vecchiaja e morte delC uomo, 1780 ; 8° Xotomié dell' uomo, 1780. Ces huit ouvrages sont traduits en espagnol sous ce titre : Histoire de la vie de t homme, 8 vol. in-4°, et l'Homme physique, Madrid, 1799, 1801, 2 vol. in-4\ 9° et 10° Viaggio estatico al mondo planetario, 1780. C'est un traité complet d'astronomie, écrit d'un style agréable et faede: les nouvelles découvertes en astronomie y sont citées. L'auteur le refondit en le traduisant eo espagnol, Madrid, 1792-1794, 4 vol. in-4\ 11° à 16° Storia delta terra, 1781-1783, 6 vol. Hervas y traite de la création, de l'état d'innocence de l'homme, de la figure et de la grandeur de la terre. 1 7" Catalogo délie lingue conosciute e nothia délia loro affinità e dieersilà, 1784; traduit en espagnol, Madrid, 1800-1803, 6 vol. in-4". Le premier comprend les nations de l'Amérique; le second celles des lies du grand Océan et du continent asiatique ; les quatre autres les nations européennes. On a reproché à ce livre de manquer de critique et d'esprit philosophique, en reconnaissant toutefois que c'est un recueil utile. Les communications verbales des anciens missionnaires servirent beaucoup pour sa composition. 18° Origine, fonmuione, mécanisme ed armonia degl' idiomi, 1783; 19° AritmeJica délie tutuoni le dtvisione del tempo fra gli orientait, 1786; 20» l ocabulario poliglotto con prolegomeni sopra pii di CL lingue. 1787, livre d'une grande uUlité;
cinquante idiomes y sont comparés entre eux, d'après une liste de soixante-trois des mots les plus usuels de chacun d'eux ; 21° Saggio prattico dtlte lingue eon proUgomeni e una raccolta di orasioni dominicali in più di trecento lingue e dialetti, 1787 Ces cinq derniers ouvrages, quoique publiés séparément, ne forment en quelque sorte que les différentes parties d'un tout. Peignot (Diction», bibliolog., t. 2, p. 380) en a donné l'analyse d'après le Journal de littérature étrangère. Le volume contenant le recueil des oraisons dominicales est non-seulement le plus riche, mais aussi le mieux fait de tous ceux qui avaient été publiés jusqu'à l'époque où il parut. Hervas range les langues d'après les pays où elles sont parlées et d'après leur degré d'affinité entre elles, et, comme nous l'avons remarqué plus haut, commence par celles de l'Amérique. Son séjour prolongé dans cette partie du monde et les secours que lui fournirent ses confrères les missionnaires qui avaient demeuré dans d'autres régions lointaines lui procurèrent les moyens de faire connaître des langues dont le nom même était ignoré (1). Le nombre des oraisons dominicales est de trois cent sept ; Hervas y a joint des cantiques, des prières, et de petites compositions en vingt-deux idiomes dans lesquels il n'avait pu obtenir la prière du Seigneur. L'auteur s'occupe uniquement de la langue et fait abstraction complète de l'écriture , et par là évite de divaguer, comme il était arrivé à ses prédécesseurs quand ils avaient conclu de IVcriture à la langue, ou s'étaient laissé distraire de leur objet par deux choses aussi étrangères l'une à l'autre que la langue et l'écriture. Conséquemment à son plan, Hervas donne toutes les prières en caractères latins, et avec la prononciation espagnole. Il les accompagne d'une traduction littérale et de remarques grammaticales, seul moyen de déterminer la structure des langues et d'imprimer à un recueil d'oraisons dominicales un caractère qui l'élève au dessus d'une simple collection de morceaux curieux. Indépendamment des ressources qu'tiervas tira de ses propres connaissances et de celles de* missionnaires qui comme lui habitaient l'Italie, il mit à profit pour ce beau travail les trésors littéraires du collège de la Propagande. Les quatre-vingt-six premières pages du volume sont consacrées à un exposé de toutes les langues dans lesquelles l'oraison dominicale est présentée, et à un tableau de tous les peuples qui les parlent. Tous les hommes qui de nos jours se sont occupés de l'étude des langues ont consulté les ouvrages d'Hervas , et toujours avec fruit, car son Catalogue est une mine inépuisable qui contient des notions multipliées sur les idiomes divers, sur leurs dialectes et sur leurs patois ; sur l'origine des peuples, sur leurs migra-
(1) L'auteur promettait de* Grammmrti abrégut de* dix-huit
principale» langue» de l'Amérique. Le P. CabaUero tenait d'IIcriu lui- même qu'il le* avait edrewees à M de Humboldt pour le* (aire imprimer dan» le MUhrUtl* de Yatcr.
tions et sur leurs filiations. Cette partie est celle qui parfois prête le plus à la critique. Hervas n'a pas porté son attention sur les langues de l'Afrique au sud du grand désert de Sahara ; il ne parle que de celles de ce continent qui ont du rapport avec l'arabe, de sorte qu'il n'a pas consacré un livre spécial aux idiomes africains. Adelung (roy. ce nom) a donné à la fin du tome premier de son Mithridates une notice très-détaillée sur les ouvrages d'Hervas relatifs à la linguistique; ils ont été mis à profit pour le présent article. En rejetant les idées d'Hervas sur l'origine et la formation des langues, Volney regrette cependant « qu'un livre si rapproché de nous par son « idiome espagnol n'ait pas été traduit ou du > moins longuement extrait par quelque bon es- « prit français » (Discours sur f étude philosophique des langues). Indépendamment de ce grand ouvrage qui aurait suffi pour remplir la vie d'un écrivain moins laborieux, on a du P. Hervas : 1° De' Vantaggi e tzantaggi dello stato temporale di Cesena. 1776; 2° Lettera sul calendario metticano, dans le tome 2 de YHistoire ancienne du Mexique de Clavigero (voy. ce nom); 3° Analisi filosoficoteologica délia natura délia carità; Foligno, 1792* in-4°. C'est une défense de l'opinion de son confrère Bolgeni (roy. ce nom); 4° Bevolutione religionaria francese, Madrid (vers 1800). Cet ouvrage, sur la constitution civile du clergé et la persécution des prêtres en France, fut imprimé sans l'aveu de l'auteur, qui en avait fait une traduction
; espagnole restée en manuscrit. On a encore d'Hervas, en espagnol: 1° École espagnole des sourdsmutts, Madrid, 1795, 1799, in-12; 2° Catéchisme pour les sourds-muets, pouvant aussi servir à toutes sortes de personnes, ibid., 1795, 1800, in-12; 3° Prééminence et dignité de la maison mère de Uclés et de son prieuré ecclésiastique de l ordre mili-
i taire de Saint-Jacques ; avec une notice sur les anciennes tilles d'Vrci et de Stgobriga, Carthagène,
I 1801 , in-4». l'clès est un bourg d'Espagne, dans la province et à dix lieues ouest-sud-ouest de Cuença, bâti autour d'une colline sur laquelle était une forteresse à laquelle fut substitué en 1108, après une victoire signalée remportée sur les Maures, le monastère qui devint le chef-lieu de l'ordre de Saint-Jacques. 4" Description des archives de la couronne d'Aragon à Barcelone, et notice des archives générales de l'ordre militaire de Saint-Jacques à Uclis. ibid., 1801, in-4». Hervas prend en tète de ses écrits le titre de théologien du cardinal Albani, doyen du sacré collège, et celui de canoniste du cardinal Roverella, prodataire du saint-père. U a laissé plusieurs ouvrages manuscrits en espagnol : l'Histoire de l'écriture; la Paléographie universelle, avec des alphabets de toutes les langues; la Morale de Con/ucius ; l'Homme revenu à la religion; l'Histoire des premières colonies de t Amérique; une Grammaire et un Dictionnaire espagnol-italien ; la Bibliothèque des jésuites de 1760 à 1790; Traité de la société humaine;
la traduction de VHittoirt de VÈglite de Bcrault- Bercastel arec une continuation en plusieurs volumes; des traductions et des traités théologiques dont on trouve la liste dans le Supplément du P. Caballero à la Bibliothèque des jésuites. E — s et W— s.
HERVAS (don Josef-MabtiNEz), marquis d'Aiménara, financier et diplomate espagnol, naquit au mois de juillet 4760, dans la ville dTxyar, au royaume de Grenade, et se fit d'abord connaître comme financier. Se trouvant à Paris, dès avant la révolution de1789, administrât eur de la banque Saint-Charles, il continua d'y résider comme banquier, et fut nommé, par le roi Charles IV, d*alw>rd consul d'Espagne ; puis, après la retraite cfAzara (r«jr. ce nom), chargé de remplir auprès du gouvernement français les fonctions de ministre d'Espagne. Il était alors dans une situation très-prospère, jouissant de la coufiance de sa cour, en crédit auprès du premier consul Bonaparte , possesseur «tu riche hôtel de l'Infantado (1). En 1803, il maria sa fille au général Duroc, et fut créé, par Charles IV, marquis d'Aiménara; mais peu après ses affaires de ban pie s'embarrassèrent ; il fut contr<iint, à la fin de 1805, de suspendre ses payements pour la somme énorme de quarante millions, et il se retira en Espagne, où la faveur de son souverain le consola de cette disgrâce. Il fiit nommé, en 1806, envoyé extraordinaire à Constantinople, où il résida deux ans. Lors des démêlés de la famille royale d'Espagne avec l'empereur des Français, et de l'invasion qui en fut la suite, le divan ayant demandé au marquis d'Aiménara des explications sur les événements qui «e passaient dans la Péninsule, il parait que l*embassadeur, indécis et flottant, ne put donner une réponse satisfaisante et reçut l'ordre de quitter sa résidence. De retour dans sa patrie en 1809, il eut part aux faveurs du nouveau gouvernement. Joseph Bonaparte le nomma membre de son conseil d'Etat, puis président du conseil de commerce; enfin Alménara remplaça don Romuro au ministère de l'intérieur, et fut décoré du grand cordon de l'ordre royal d'Espagne. Au milieu des chances de la guerre, ses fonctions difficiles se trouvèrent «i quelque sorte suspendues et il n'eut que peu d'occasions de signaler son administration par des actes dignes de remarque; mais on s'aceorde à louer la sagesse de ses mesures, sa modération et son zèle pour adoucir les maux de l'invasion. La chute de la dynastie napoléonienne entraîna la sienne : il accompagna Joseph Bonaparte, lors de son retour en France en 1814, et une ordonnance de Ferdinand VII le bannit du royaume (2). Après avoir passé quelque temps à Paris et dans une profonde retraite à Baugy en Picardie, il fit
11» Depuis l'b.MH Ta!leyra»d, dau I» n c'était alors le siège de la banque Saint-Charles.
|2| La HioçrapAie dti Aomm * nrmli, t. I, p. 6», dit ouVn 18U , apte* le retour de Ferdinand VU , le roaxqui» d'Aiménara fut enfermé i la tour 6e Segueie, et qualités quelques mou de captivité tt fut banni d Espagne.
nn voyage à Vienne en Autriche arec la duebeae de Frioul, sa fille (juillet 1816), et revint «fa» à Paris ; mais, au bout de quelques années de •idence dans cette dernière ville, il fut rappelé en Espagne et ses anciennes fonctions de conseiller du roi, dans le conseil des finances et du commerce, lui furent rendues. Il les a consenea jusqu'à sa mort, arrivée à Madrid, au mois df septembre 1830. Le marquis d'Aiménara a publie": 1° Éloge historique du général Ricardos (roj. « nom), en espagnol, et traduit en français, la même année 1798, in-8°; frDefensa dt dmhttf- Martinet de Hervat, contra la acusaàon d' dttlev tad, etc., Paris , imprimerie de P.-N. Rouprw, septembre 1814, in-8°; réimprimé à Cadii en 1815, et traduit en français par Esménard.soui ce titre : Défente de don Joseph-Martine, dt Hna, chevalier de C ambassade de S. M. C. à Paru, «V tordre royal de Charles III, etc. , contre facautitw calomnieuse de S. Ere. M. P. Cécatlos, tx m\ni» de Charles IV et de tout les gouvernements qui «f existé en Espagne après f abdication de ce rnowirqu. intentée cinq ans après la mort funeste et prématuré dudit chevalier Hervat . dédiée aux pères dtfmilk de font let pays par le marquis d"Mmenarj.pèni raeensé, Paris, septembre 1814, in-8» dr «page» Dans ses Observations sur un ouvrage de M. Mquitt. intitulé Exposé des motifs du roy«qt ^ ™' Ferdinand VII à Riyonne. Cévallos avait accusé le chevalier de llervas d'avoir, au mois d'ami W accompagné à Madrid Savary, lorsque ce poM y fut envoyé par Napoléon pour hâter le deV»1 de Ferdinand et consommer ainsi la ruine de la maison de Bourbon , d'avoir servi à Rovigo & compagnon et de conf.dent, et d'avoir contribue, par des insinuations perfides, à décider le prin« à venir se livrer aux mains de son ennemi- Le marquis d'Aiménara répond que si son fils accompagna le duc de Rovigo à Madrid, et fut contre son gré, mais d'après les ordres de l'homme auquel personne alors ne savait résister en Europe il prouve par les témoignages de Michel-Josep* de Azanza, de Consalve O'Farrill et de M. L de Urquijo, que le chevalier de Hervas fit tous se? effbrts pour détourner Ferdinand de se reoJrr a Bayonne; qu'à Vittoria, lorsque déjà le peux* était en route, il demanda une entrevue au «* de îlnfantado, et lui représenta les disposition menaçantes de Bonaparte et le danger de se confier à sa loyauté; qu'enfin, à Bayonne mr* Ferdinand reconnut le zèle et le dévouement da chevalier de Hervas en lui disant : « Hen». J< » sais que tu travailles pour nous, je ne l'oublié « pas. » Le marquis ifAlménara s'efforce de prouver qu'il a toujours été lui-même dévoué à la a» son de Bourbon. Pendant qu'il était charge «• faïres en Franee, il avertissait fréquent Charles IV des projets hostiles que le Y***!" sul nourrissait dès lors, et il lui fit connaître* mot de Bonaparte au sénat, après l'assassinat duc d'Enghien, « qu'il ne ferait jamais fop5
« tant qu'il existerait en Europe un seul priuce « de la maison de Bourbon. » Voici comment le marquis d'Alménara se justifie d'avoir servi Joseph Bonaparte : « D'autres m'écrivaient de fiayoune à « Constantinople ; ils m'annonçaient la conviction . où ils étaient de l'impossibilité de changer la • destinée de nos princes, sur lesquels il ne nous « restait plus qu'à verser d'inutiles larmes; ils ne « voyaient plus qu'un parti raisonnable à prendre, « celui de réunir toutes les lumières, tous les « efforts pour réorganiser la patrie, • p. 20. 3" il mon$. B — e (Belleinare), l'un des rédacteur! de U% Gazette de France, Paris, impr. de PiUet aîné, 1818, m - 1° d'une demi- feuille. Un extrait de cette lettre fut inséré dans les Annales politiques, moraiet et hoir ait et du 23 décembre i 81 8. II. Belleinare, rendant compte, dans la Gazette de France du 22 novembre 1818, de V Histoire de la guerre d'Espagne contre Supoléon Bonaparte, avait pris la défense du chevalier de Uervas contre les auteurs de cet ouvrage, qui avaient reproduit l'inculpation de Cévallos; le marquis d'Alménara lui en adresse des reme relui eu ts. 4" Cariât de la reina Vitiuia à tu hemuina la pristeesa Fertumdina, 1K22 ; traduit en français sous ce titre : Considérations sur l'état actuel de l'Espagne. Lettres de la reine Wttinie à sa saur la princesse Fernandine , attribuées au marquis d'Alménara, traduites de l'espagnol par un ex-habitant de Madrid, associé de plusieurs académies, Paris, 1822, in-8°de 83 pages. U y a deux lettres, qui sont supposées avoir été écrites dans les mois d'août et de septembre 1821 par la jeune épouse du roi d'Espague, peu après son arrivée dans ce pays, et dans lesquelles elle rend compte à sa sœur des objets qui ont attiré son attention dans sa nouvelle résidence. Dans ce cadre romanesque, l'auteur a enchâssé un tableau de la situation morale, industrielle et politique de l'Espagne, qui forme le sujet de la première lettre; la seconde renferme un résumé des événement* qui se sont passés en Espagne depuis les premières années de ce siècle. L'auteur justifie le prince de la Paix, Godet, de la plupart des fautes dont on l'accuse; mais il fait une censure au i ère de la conduite de Fcrdiuand Vil depuis la rentrée de ce priuce dans ses États, en 4814; U lui reproche des prodigalités, le rétablissement des anciennes législations provinciales, source de mille abus; il voit une ineptie complète dans la coude son admiuistraUou ;enfln ilregarde une réforme radicale comme nécessaire et imminente. F— u..
HERVE, archevêque de Reims et chancelier de France, d'uae famille noble de Champagne, descendait par sa mère de la race impériale des Garlsvingien* (Marlot, Métro?, remensit kiti., t. I, p. 526). Élevé d'abord dans le palais des rois, avec les enfants des principaux seigneurs, il fut promu jeune encore, en 900, du consentement de tous les évéques suirruganls, à l'archevêché de Reims, en remplacement de Foulques, qui
venait d'être assassiné. Flodoard, contemporain d'Hervé , vante son zèle et sa science dans les psalmodies et les chants ecclésiastiques, et c'est sur ce seul renseignement que Uoucbi Deinosebares a avancé qu'il était chanoine de Reiras. Le premier acte de son ministère fut de prononcer, dans un coucile des évéques de sa prorince, une sentence d'excommunication contre les meurtriers de son prédécesseur. Les seigneurs français étaient alors tlivisés en deux partis : les uns, attachés à la dynastie de Charlemagne, voulaient la maintenir sur le trône; les autres, plut nombreux et plus puissants, ne supportaient qu'avec peine la souveraineté d'une famille que des liens d'origine et de parenté rattachaient trop aux rois île Germanie ; et, croyant que cette alliance ne pouvait qu'être funeste à leur indépendance, ils voulaient trouver un roi plus national. Déjà ils avaient manifesté ouvertement leur antipathie par l'élection du roi Eudes. Les archevêques de Reims, chefs du parti opposé, semblaient hériter du dévouement et de la fidélité* à la postérité de Charlemagne ; c'était Foulques, prédécesseur d'Hervé, qui avait sacré Charles le Simple, compétiteur du roi Eudes, et Hervé en montaot sur le siège devint le meilleur appui de Charles le Simple. Une des principales occupations de son ministère fut de rattacher les pays qu'il avait sous sa juridiction ecclésiastique aux Carloviugiens. Il ne négligea rien pour arriver à ce but : en même temps qu'il faisait fortifier Mouson, Coucy, Epernay, il parcourait les autres lieux de son diocèse pour maintenir les peuples dans le parti de Charles, et l'on est peu étonné de voir dans un concile qu'il assembla en 909, 1 Trosley, parmi les canons relatifs aux dogmes et ceux de discipline ecclésiastique , une disposition qui prescrit de garder la fidélité au roi. Hervé tint d'autres conciles pour arrêter les désordres et les violences qui se multipliaient dans ces temps malheureux. U excommunia , en 922 , un comte nommé Erlebald, qui, ayant élevé un château fort sur la lieuse, ravageait les campagnes et les villages de l'archevêché de Reims , et se retirait à l'abri dans sa forteresse. Les avertissements canoniques ayant été inutiles, Erlebald continuant ses déprédations, Hervé vint attaquer son château appelé Macerint ( Maizières) , et après un siège de trente jours prit la forteresse et la détruisit. — Les Uongrois ravageant la Lorraine, Charles le Simple entreprit une expédition contre eux (919). Vainement il appela à lui tous ses vassaux ; Hervé fut le seul qui vint le joindre, lui amenant quinze cents de ses hommes. L'année suivante CharJes , se trouvant à Soissons abandonné de tous les grands, qu'il s'était aliénés en élevant Haganon au-dessus d'eus, n'eut encore d'autre défenseur que l'archevêque de Reims. Hervé, après le plaid général assemblé à Soissons et rompu par la retraite des seigneurs, conduisit le roi à Reims, le garda sept mois dans sa ville, et parvint enfin i
le faire reconnaître par les grands, à la condition qu'Haganon serait éloigné. Charles le Simple avait récompensé le dévouement de l'archevêque de Reims en le nommant grand chancelier, en 911, après la mort d'Anscheric, évêque de Paris. Le soin des intérêts politiques ne fit point négliger à Hervé les affaires ecclésiastiques. Il recommanda aux évêques suffragants de défendre la doctrine du dernier concile général de Nicée, condamna dans des conciles l'hérésie de Photius, fit reconstruire l'église de Notre-Dame de Mousson , y fit placer les ossements de St- Victor retrouvés non loin de là , et y établit un chapitre de chanoines; il consacra à Reims l'église de St- Denis hors les murs. A la fête de Noël de l'année 902, comme le roi Charles, Richard, duc de Bourgogne, et plusieurs autres seigneurs étaient réunis à Reims pour célébrer cette grande solennité , Hervé ordonna la translation solennelle des reliques de Sl-Remi dans l'abbaye de ce nom à Reims ; il fit ensuite de nombreuses donations à la communauté des religieux, et décora l'église de plusieurs vases et ornements précieux. La conversion au christianisme des Normands, récemment établis en France , occupa aussi Hervé : quelques auteurs croient même qu'il fut en cette occasion , et pour travailler plus efficacement à cette œuvre, créé légat apostolique par Sergius III. Il écrivit alors au pape Jean IX et à Witon, archevêque de Rouen , deux lettres sur l'inconstance des nouveaux convertis ; il nous reste seulement celle qu'il adressa à Witon. Hervé exerça la dignité de grand chancelier jusqu'en 919 ou 920(1). On ignore pour quel motif Charles le Simple la lui retira pour la confier à l'archevêque de Trêves ; et il est remarquable que cet événement coïncide avec le rappel d'Haganon. Les seigneurs, irrités du retour de cet homme , se réunissent et choisissent pour roi le plus puissant d'entre eux, Robert, duc de France, frère du roi Eudes. H parait qu'Hervé partagea le mécontentement des seigneurs, car ce fut lui qui sacra à Reims, en 922, le roi nouvellement élu. L'archevêque ne survécut que trois jours à cette cérémonie; il mourut le 2 juillet. Quelques auteurs ont dit qu'il sacra Robert à regret, forcé par les seigneurs réunis à Reiras à cet effet, et qu'il mourut de chagrin d'avoir participé à l'exclusion de Charles le Simple. — Outre sa lettre à Witon, on a de lui la sentence d'excommunication qu'il prononça contre les meurtriers de son prédécesseur; les canons du concile de 1 rosi ey de 909, qu'il rédigea lui-même. Ste-Palaye a retrouvé en Italie quelques vers qu'on lui attribue. Ils paraissent avoir été faits pour être gravés sur l'autel de St-Remi à l'occasion de la translation des reliques du saint L. Il — l
HERVÉ (Daniel), prêtre de l'Oratoire, né à St- Père, dans le duché de ReU, au diocèse de
(l) Les derniers diplômes souscrits du nom d'Hervé, chance» Uec, font de 919. (Seript. r*nm/rme., t. 8.)
Nantes, entra dans la congrégation en 1612, àgl de vingt et un ans. Il s'y livra à l'éludé des sciences profanes et sacrées, professa la philo»phie et la théologie dans plusieurs collèges, mplit avec distinction divers autres emplois, et mourut à Rouen le 7 juillet 1694. On a de loi : ia La vie chrétienne de la vénérable saur Muré de l'Incarnation ( madame A «h rie ) , fond/tria des carmélites en France, etc., Paris, f 666 , in-8°. Cette vie , composée d'après les mémoires que les carmélites avaient fournis à l'auteur, est plutôt un panégyrique qu'une histoire ; les faits y sont noyés dans un déluge de réflexions et de moralités qui en rendent la lecture fastidieuse 2° Une Harangue prononcée en i 667 en présence des jurats de Bordeaux, avec lesquels le P. Hem était allé négocier l'acquisition du collège de Guyenne, que la ville avait offert dès 1639 i la congrégation de l'Oratoire ; 3° Apocah/pni lté Joannis apostoli explanatio historiée, Lyon, 1684, in-4°. C'est le meilleur ouvrage du P. Hervé. Il y fait un heureux emploi de l'histoire ecclésiastique et profane pour établir son système, qui consiste à expliquer les vingt premiers chapitres de te livre mystérieux par les événements arrivés dans l'empire romain et dans celui des Ottomans. 4° Paraphrase de la messe, Lyon, 1683, Mi; 3° Sermons sur les écangilei de tous let Jismika de r année. Rouen , 1692, 2 vol. in-8°. H y » P,w de solidité que d'éloquence dans ces discours. L» préface contient les avis que le P. de Bertille donnait à ses disciples sur la manière d'annoncer li parole de Dieu. Le P. Hervé avait fait beaucotp de recherches pour écrire l'histoire du cardinal de Bérulle. L'ouvrage que l'on conservait dans les archives du secrétariat de l'Oratoire ft*> composé sur d'excellents mémoires ; miis Vie a les mêmes défauts que celle de adm Acarie. Il existait de lui, dans la bibliolbèque de l'Oratoire de Rouen , une explication française, en manuscrit , des prophéties d'Osée et de Joël. La mort le surprit travaillant à la réfutations Traité de la Pdque du P. Lami, son confrère et son ami. T-*
HER VET (Gentun), sarant et laborieux tW*J gien, naquit en 1499 à Olivet, près d'Orl*» " s'appliqua fort jeune à l'étude des bdlesJett». et comme il était assez mal partagé des dons» la fortune , après avoir terminé ses cours, " * chargea de l'éducation de Claude de Laubespir depuis secrétaire d'État. Pendant son séjour a Paris , il se lia avec un Anglais nommé Tbom» Lupset, et ils publièrent ensemble lesœuTresdj Galien, traduites en latin par Tb. LJrDaa^. suivit son ami en Angleterre ; et par son crt* il y fut placé comme précepteur du frère ew du célèbre cardinal Polus : il accompagna » élève à Rome, et il y passa plusieurs années m la maison du cardinal; occupé à traduire en W» différents ouvrages des Pères. De retour en rri«* son mérite le Ut choisir pour enseigner \* &
manias au collège de Bordeaux , le plus fameux alors de tout le royaume. Il ne garda cet emploi que peu de temps , fit un second voyage à Rome, et, arec le consentement du cardinal Polus , accepta la place de secrétaire du cardinal Marcel Cervin. Il suivit ce prélat au concile de Trente, et y prononça plusieurs discours, dont un sur la sainteté du mariage, qui décida , dit-on, l'assemblée à défendre les unions clandestines. Hervct portait l'habit ecclésiastique ; mais il ne se détermina qu'à l'âge de cinquante-sept ans à entrer dans 1m ordres. Son pasteur, l'évéque d'Orléans, le pourvue aussitôt d'une cure, et le nomma ensuite son grand vicaire. Hervet fut un des théologiens catholir|ues désignés pour assister, en 15G1 , au colloque de Poissy : mais il n'y parla point, et Théodore de Bèze , son adversaire , dit qu'il fit prudemment , parce qu'il manquait de dialectique. Il retourna au concile de Trente avec le cardinal de Lorraine ; et, à la fin de la session, ce prélat le pourvut d'un canonicat de l'église de Reims. Hervet mourut en cette ville, le 12 septembre 1584, Agé de 88 ans, et fut inhumé dans le vestibule de la cathédrale, avec une épitaphe honorable. Niceron a donné la liste de ses nombreux ouvrages dans ses Mémoires, t. 17 et 20. Le savant Iluet loue ses traductions latines des Pères; et Sirmond a conservé celle de Théodoret dans son édition ; mais l'auteur échoua dans la traduction qu'il avait entreprise des Basiliques ; et Fabrot la trouva si remplie de contresens qu'il déclara qu'elle n'avait pu lui être d'aucune utilité pour son travail (eoy. Fabrot). Après la version de Théodoret , on peut encore citer celle des œuvres de Clément d'Alexandrie, qui n'est cependant pas exempte de fautes, au jugement de Fréd. Sylburge; celles des Questions d'Alexandre Aphrodisée , et du commentaire de Jean le grammairien sur le traité d'Arislote D$ anima, et enfin du traité de Sextus Lmpirious, ndversus mathematkos. Quant aux traductions françaises faites par Hervet , elles sont oubliées : quelques curieux recherchent encore celle qu'il a donnée du concile de Trente, Rome, 1564, in-8°; ibid., 1583, in-16, ou Paris, 1584, in-8°, parce qu'on trouve dans ces trois éditions une note qui apprend que trois cardinaux s'opposèrent à la confirmation du concile. Toutes les autres productions d'Hervet sont du genre polémique , et la plupart dirigées contre les calvinistes, qui, par ce motif, ont cherché à rabaisser son mérite autant qu'ils l'ont pu. Outre les Mémoires de Niceron, on peut consulter sur Hervet les Éloges des savants, par Tcissier, et les Sotes de Lamonnoye dans la nouvelle édition de la Bibliothèque de Lacroix du Maine. W — s.
HERVEY (James), théologien anglais, né à Hardingstone dans le comté de Northampton, en 1714, et élevé à Oxford , obtint quelques bénéfices ecclésiastiques de peu de valeur, avec les* quels il trouvait cependant le moyen de faire
beaucoup de charités. Il avait chargé une personne d'acheter diverses étoffes pour vélir les indigents qu'il nourrissait, évitant toujours d'être connu pour leur bienfaiteur. Il mourut, le 25 décembre 1758, âgé de 45 ans, dans sa cure de Weston-Favcll, ne laissant que fort peu d'argent, qu'il destina encore à habiller quelques pauvres., Hervey était un homme instruit, un prédicateur éloquent et d'une sensibilité douce, que l'on retrouve dans tout ce qui est sorti de sa plume. Quoiqu'il eût du talent pour la poésie, les ouvrages qui ont fait sa réputation sont écrits en prose ; ce qui les distingue des Xuits d'Young, avec lesquelles ils ont quelque rapport : la touche en est plus faible; ils sont, d'ailleurs, ornés de tout le charme d'un style harmonieux et élégant. En voici les titres : 1° Méditations et contemplations, contenant des méditations au milieu des tombeaux, des réflexions sur un jardin de fleurs, et un discours sur la création, 1746, in-8°; traduites en français. 11 donna aux pauvres les sept cent livres sterling que lui valut d'abord cet ouvrage, en disant que, puisque la Providence avait béni ses efforts, il se croyait tenu de soulager ses semblables. 2° Contempleitions sur la nuit et les cieux éloilés, suivies d'un morceau sur l'hiver, 1747, in-8°. Ce livre a été mis en vers blancs anglais par M. Newcoinbe, à l'imitation des Suite d'Young. 3° Remarques sur les lettres de Bolingbroke sur l'étude et l'utilité de Chu foire, en tant quelles ont rapport à l'histoire de l'Ancien Testament, ou Lettre à une dame de qualité, 1753, in-8°; 4° Theron et Aspasia, ou Suite de dialogues et de lettres sur les sujets les plus importants, 17S5, 3 vol. in-8°. Plusieurs écrivains ont vivement attaqué et censuré l'opinion que l'auteur exprime dans ces dialogues sur la justice attribuée à Jésus- Christ. 5° Des Sermons, imprimés après sa mort pour la troisième fois, en 1759. 6° Une édition des Méditations de Jenks, avec une préface, 1757; 7°une préface au Mémorial religieux (Pious memorials) de Burnham ,1753, in-8°; 8» onze Lettres à Wesley; 9° Lettres à lady Françoise Shvley, 1782, in-8°. Les âléditations ont eu un grand nombre d'éditions; la 21» est de 1781 : elles ont été élégamment réimprimées en 1808, avec plusieurs autres de ses ouvrages, en 3 volumes in-8°, ornés de 17 jolies gravures. Le Tourneur en a donné une traduction française, Paris, 1770, in-8° et in-12; et madame Thiroux d'Arconville une autre, Paris, 1771, in-12. On a imprimé à Londres, en 1782, the Beauties of Hervey. 1 vol. in-8°. Le recueil de ses œuvres forme 6 volumes in-8°. Le colonel Burgess a publié pour la première fois, en 1811 , des Lettres élégantes, intéressantes et évangélique* (de J. Hervey), etc., Londres, in-8°. Baour de Lormian a mis avec succès en vers français plusieurs morceaux des Méditations d'Hervey. On voit dans le Voyage aux Hébrides, par Boswcll, que le docteur Johnson faisait très-peu de cas des Méditations d'Hervey, et s'amusait à les tourner en ridicule. Il affectait d'en réciter des passages