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d'une manière niaise pour divertir se* amis, et en faisait des parodies très-plaisantes. Boswell a conservé, entre autres, une Méditation /aile sur tm boudin. On trouve aussi dans le Mattaehusett's Magaùtu, journal américain ( octobre 1796), un article sur le même sujet, intitulé Sensibilité bur-
I es que, écrit dans le même esprit de dénigre-
HER VIEUX DE CHANTELOUP (J.-C.), né à Paris en 1083, y fut longtemps commissaire ou inspecteur des bois à bâtir, et devint le doyen de ces fonctionnaires, qui étaient alors nombreux cl fort occupés; ce qui prouve que l'on prenait pour la sûreté et la solidité des constructions plus de précautions que l'on n'eu prend aujourd'hui. Her vieux remplit eo même temps d'autres fonctions assez bizarres, crlles de gouverneur des serins de madame la princesse de... C'est en cette qualité sans doute qu'il fut auteur d'un Nouveau traité des serins de Canarie, Paris, 1745, in-12 de 368 pages sans la table. Ce traité , que l'auteur composa dans ses moments de loisirs, prouve qu'il n'y a point d'ouvrage , quelque peu important qu'il soit eo lui-même, qui n'exige beaucoup de recherches et de soins. Il a eu plusieurs éditions. On a joint aux dernières le Traité du rossignol et des petits oiseaux de volière. Iiervieux mourut à Paris, le 20 août 1747. M-d j.
HERVILLY ( Louis-Charles , comte d'), né à Paris en 1753, servit d'abord dans le régiment du roi infanterie. Il passa dans l'année 1779 en Amérique, se distingua dans cette campagne, et obtint , à son retour, un brevet de colonel. Peu de temps après, on lui confia le régiment de Roban Soubise. Il le commandait à Rennes en 1788 , et par son excellent caractère il se concilia l'estime de toute la noblesse de Dretagnc. Il se signala en 1789 par la courageuse résistance qu'il opposa aux efforts que firent les révolutionnaires pour s'emparer du drapeau de son régiment. Il fut, en 1791 , choisi pour colonel de la cavalerie lorsqu'on forma la garde constitutionnelle du roi, et fut nommé maréchal de camp l'année suivante.
II déploya pendant tout ce temps un zèle et une activité infatigables, et dans la journée du 20 juin 1792, il partagea avec le maréchal de Mouchy l'honneur de veiller à la sûreté de Louis XVI , qu'il ne quitta pas non plus le 10 août. Ayant suivi la famille royale à l'assemblée, il fut chargé
Cr le roi de porter aux Suisses l'ordre de cesser jr feu, et ayant été assez heureux pour échapper au massacre, il revint à son poste dans la loge du logographe. Louis ayant été conduit au Temple, le comte d'Hervilly passa en Angleterre, où il obtint l'autorisation de lever un régiment français. Commandant en 1795 la première division du corps d'émigrés destinés à opérer une descente en Bretagne, il débarqua le 27 juin avec douze ou quinze cents hommes, à portée de Carnac, marcha sur ce village et y établit son quartier général. Il s'empara, deux jours après, du
fort Peothièvre, dont il détermina la garnison à servir le roi; il en forma une compagnie de chasseurs , jugeant que, si , une fois mis en avant de l'armée républicaine, ces soldats ne désertaient pas, il pouvait compter sur leur fidélité. La nouveaux enrôlés montrèrent de la bravoure, et on n'eut aucun reproche à leur faire ; aussi , ayant été pris, furent-ils fusillés par ordre de ceux qui commandaient les troupes de la convention , tandis que les autres soldats prisonniers trouvèrent grâce devant ces mêmes commandants. On a répété souvent que la garde du fort Penthièvre fut confiée, le 29 juin, aux soldats pris par d'Hervilly; mais, en réalité, ce fut la deuxième compagnie de grenadiers qui resta dans ce fort. Les différents chefs de corps qui faisaient partie de l'expédition, et nommément te comte de Puisaye, qui prétendait être commandant en chef de l'armée catholique et royale de Bretagne, étaient tous d'avis de marcher en avant ; mais d'Hervilly, qui avait l'entière disposition de tout ce qui se trouvait à la solde du gouvernement anglais, objecta qu'il attendait des renforts, que son artUlerie était peu nombreuse, que les chevaax manquaient pour la traîner, qu'enfin il ne croyait pas devoir s'éloigner de la protection de l'escadre, en voyant surtout que les paysans bretons, animés d'ailleurs d'un fort bon esprit, n'avaient aucune expérience militaire. S'il eût moins écouté les conseils de la prudence, et profilé de ce que les forces du général Hoche n'étaient encore que de 7 à 8,000 hommes, le général d'Hervilly aurait pu se réunir à un corps considérable de chouans, déjà formé dans la province; il aurait trouvé en Bretagne , par des secours d'hommes et de vivres, les moyens d'assurer sa position; enfin il est probable qu'il serait resté maître des événements de cette campagne. 11 se détermina, le 5 juillet, à abandonner Carnac, et à rentrer dans la presqu'île de Quibcron. Il ordonna aussitôt une reconnaissance générale pour s'assurer de la position des républicains. Dans la nuit du 6, il fit sortir sa troupe du fort Penthièvre. Au point du jour, il répondit avec ses deux pièces à un feu de tuousqueterie et de canon ; mais l'avantage resta à l'ennemi. Déjà le général Hoche , dont la troupe se grossissait de jour en jour, et qui s'était retranché, occupait les hauteurs de Sainte-Barbe; par ce moyen, il tenait la petite armée royale bloquée dans la presqu'île, où s'étaient réfugiés une multitude de royalistes. Le 1 1 , on fit une sortie; un petit camp de républicains, placé en avant de ce poste de Sainte-Barbe, fut surpris. Ceux qui le défendaient furent tués ou faits prisonniers. Les royalistes s'avançaient en bon ordre et ne s'attendaient pas à être attaques, lorsqu'on entendit tout à coup battre la retraite par ordre de d'Hervilly. La prise du petit camp avait donné du cœur à sa troupe , composée d'émigrés et de chouans ; mais quelques obus lancés par les républicains avaient mis parmi elle un peu de cou-
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fusion. Le 14 on fut Informé de l'arrivée d'un conToi composé de 1,000 hommes, qui étaient commandés par M. de Sombreuil. On a beaucoup reproché à d'Hervilly d'avoir empêché le débarquement de cette deuxième division , et on a prétendu qu'il n'avait cédé qu'au désir d'avoir seul tout l'honneur de la bataille qu'il était résolu de livrer le 16 aux républicains retranchés sur les hauteurs de Sainte-Barbe ; mais avant de mourir à Londres il a dit plusieurs fois qu'il ne s'était décidé à brusquer l'attaque, et à se priver du renfort venu d'Angleterre, que dans l'espoir de surprendre les troupes de Hoche. Le poste de Sainte-Barbe étant séparé du fort de Quiberon par une langue de terre très-étroite, on ne pouvait y marcher autrement que d'Hervilly en donna l'ordre. Il y avait à ce poste , très-lort et très-difficile à aborder, à travers deux lieues de falaises, 16 à 18,000 hommes, une artillerie formidable, enfin tout ce qui devait rendre douteux le succès : on le tenta. Les troupes furent dirigées en trois colonnes. On avait fait embarquer, dans un des ports de la presqu'île, des chouans commandés par le comte de Vauban , qui , après un grand détour sur mer, étaient descendus à terre, et devaient venir prendre l'ennemi par derrière, tandis que les troupes de ligne l'attaqueraient en avant. Hoche se serait ainsi trouvé entre deux feux. Il avait été convenu que des fusées , tirées par le corps que conduisait M. «le Vauban, donneraient des signaux , le premier pour annoncer le débarquement , le deuxième pour faire connaître le moment où il serait arrivé derrière les républicains. Ces deux signaux furent donnés; mais non pas un troisième qui devait avoir lieu dans le cas où celte troupe de M. de Vauban serait obligée de se rembarquer. Les chouans, qui étaient sous les ordres de ce chef, lâchèrent pied aussitôt qu'ils eurent reçu le feu de l'ennemi , et ils regagnèrent la mer. Cette défection attira sur d'Hervilly toutes les forces des républicains, tandis qu'il les croyait attaquées sur leurs derrières. Les colonnes de droite, composées des régiment* de la marine et de Dudrenay, se dirigeant mal, le général envoie un aide de camp pour les empêcher de s'exposer au feu d'une batterie masquée; mais cet aide de camp est tué en portant l'ordre ; les deux colonnes , celle du régiment de la marine , sont écrasées par le feu de la batterie ; les deux régiments se trouvent dans un extrême désordre. Us traversent, en se sauvant, la colonne de gauche, et se jettent dans la mer. On a dit que le feu terrible de l'ennemi avait fait perdre la tête à d'Hervilly , et qu'il ordonna la retraite avant que son régiment de Royal-Louis eût éprouvé la moindre perte. A la vérité , il avait beaucoup moins souffert que les autres ; mais déjà plusieurs des officiers et soldats étaient tués, blessés ou faits prisonniers , lorsque cette retraite fat commandée. La colonne de gauche, que formait ce régiment , se retira dans le plus grand ordre ,
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et sauva le reste de l'armée. Les royalistes, accablés par le nombre , perdirent beaucoup de monde, et laissèrent sur le champ de bataille trois cents morts et quinze pièces de canon. d'Hervilly, blessé mortellement, en cherchant à rallier les deux colonnes de droite, se fit conduire au camp , ne cessant de donner des ordres tout le long de la ligne , et ne quitta le parapet pour aller se faire panser qu'après avoir vu son régiment effectuer sa retraite en bon ordre. Le 21 , informé de la surprise du fort de Quiberon, et n'espérant plus rien, il retrouva la force nécessaire pour monter à cheval , et se rendre à la mer, où une frégate le vécut et le conduisit en Angleterre. On a cherché à rejeter sur ce commandant le tort de la très-grande mésintelligence qui éclata entre lui et M. de Pnisaye, dès le premier jour du débarquement. Le fait est que toute cette petite armée était persuadée que le comte d'Hervilly avait seul le commandement, et que M. de Puisaye ne donna pas le moindre ordre dans la journée où l'on marcha à l'ennemi. Du reste, on a prétendu que le comte d'Hervilly ne connaissait pas le genre de guerre qu'il fallait faire dans le pays on II était débarqué. La crainte de voir partager l'autorité l'empêcha, dit -on encore, de seconder ou secourir les généraux royalistes de l'intérieur, et il fut cause nommément de la reprise d'Auray et de Landevant , dont le chevalier de Tinteniac et le comte Dubois Berthelot, arrivés en Bretagne un peu avant loi, s'étaient emparés, à l'aide des paysans qn'ils avaient armés. D'HerviHy n'avait fait, pour ainsi dire, que leur montrer un détachement «lu régiment de la marine , et leur avait retiré deux pièces de canon qu'il venait à peine de leur envoyer; à la vérité, H était difficile que ce commandant se dégarnit de la plus faible portion du peu d'artillerie qu'il avait. Ce fut un malheur pour lui de D'avoir pas la confiance des Bretons; et il ne pouvait l'avoir, puisqu'il n'en était pas connu. Quand ils virent qu'il ne les faisait pas soutenir par les troupes débarquées, leur mécontentement se changea bientôt en haine. On l'accusa de touloir établir une distinction injuste de solde et de vivres entre ses troupes et les royalistes que l'abandon du poste de Ste-Barbe avait obligés, le 7 juillet, de refluer dans la presqu'île de Quiberon. Lorsqu'on fut certain qu'il ne survivrait pas à ses blessures, on chercha à faire porter sur lui tous les torts de cette malheureuse campagne. Peut-être ses talents militaires n'étaient-ils pas proportionnes à sa bravoure; peut -être manquait-il du sang-froid qu'exige on commandement général. 11 est certain qu'à Quiberon il avait le désavantage de faire la guerre pour la première fois , et qu'il commit plus d'une faute ; mais on ne peut assez louer sa loyauté, son dévouement absolu à la cause poar laquelle il mourut .' à Londres le « novembre 17U5, estimé et regretté de tous ceux qui l'avaient bien connu. L t fc
HERWAGEN (Jean), en latin. Hervagius, typographe renommé de B&le, avait épousé la veuve de l'imprimeur Froben; il fut lié avec le célèbre Erasme, et mourut de la peste en 156i. Parmi les ouvrages qu'il a donnés , on distingue la collection précieuse et rare des Seriptores rerum Germankarum, imprimée en 1532. — Son fils Gaspard, mort en 1377, fut professeur de jurisprudence à Baie. U— i.
HERWART DE HOUEH BOURG (Jean-Georges), chancelier de Bavière, était né dans le 16' siècle à Augsbourg, d'une famille patricienne. Il cultiva les mathématiques avec beaucoup d'ardeur et s'occupa depuis de chronologie. Ayant prié J. Scaliger de lui communiquer ses notes sur Eusèbe , Scaliger trouva la demande fort indiscrète (1). Devenu chancelier de Maxirailien, Herwart entreprit , par l'ordre de ce prince , de venger la mémoire de l'empereur Louis de Bavière des inculpations du P. Bzovius, qui , ne trouvant rien à répondre aux arguments de son adversaire , prit le parti de se rétracter (uoy. Bzovius). Herwart mourut vers 1025. On a de lui : 1° Tabula arithmetica prastaphertteot univertales, Munich, 1010, in-fol., manuscrit très-rare. Ces tables avaient pour objet d'abréger les calculs arithmétiques; mais l'invention des logarithmes les a rendues tout à fait inutiles. Montucla donne une courte analyse de cet ouvrage dans Y Histoire des mathématiques, t. 2, p. 13. 2° Chronologia nova, vera et ad calculum astronomicum revocata, ibid., 1612, in-4°, première partie. Scaliger ne faisait aucun cas de la chronologie de Herwart. 3° Ludoeicus IV tor defensus, ibid., 1618-19, 3 par. in-i°. Cet ouvrage est encore utile pour l'histoire d'Allemagne. — Heawabt (Jean-Frédéric), fils du précédent, a publié : Admiranda ethnica theologia mgtleria poputata, etc., Munich, 1620, in-4°, livre rare, où il prouve que les premières divinités des Egyptiens ont été les phénomènes de la nature personnifiés et adorés sous des noms symboliques. Cette opinion, regardée dans le temps comme singulière, est à peu près démontrée aujourd'hui. A la fin de cet ouvrage on doit trouver une partie séparée intitulée Exacta temporum ratio a de et tus mcredioiles chronologia tulgaris erroret; c'est la suite de la Chronologia nota que le chancelier Herwart n'avait pas eu le temps de terminer. W— s.
HERWYN DE NEVELE (Pierre-Antoine) naquit le 18 septembre 4753, à Hondscboote, où son 'père était bourgmestre. Après avoir fait ses humanités au collège des oratoriens à Furnes, il se rendit à Douai pour y suivre des cours de philosophie et de droit , et joignit à cette étude celle des sciences naturelles, notamment de la physique et de l'analomie. Son goût pour l'agriculture s'y fortifia aussi par l'observation des excel-
(1) m Ce Ut de chancelier de Bavière (ait une chronologie oui
• cal bien mite , et me (ail prier de lui envoyer me» cahiert d'Lua aèbe. Ce»t ua bavard ; il m'a écrit , il a voulu enaeigner Tyeho-
• Braljé en astrologie, qui eat un admit [Statiatrana ucumio, au mot cAanctlUr.)
lentes méthodes qu'il voyait pratiquer; el de retour à Hondschoote , où U fut nommé conseiller pensionnaire de la ville et de l'arrondissement, il eut occasion de mettre à profil les connaissances agronomiques qu'il avait acquises. Dt vastes marais appelés moires brlgiquei, situés sur la frontière de la Flandre française et de la Flandre autrichienne , avaient été concédés depuis longtemps par les souverains des deux pin, i charge de dessèchement; mais les travaux considérai les entrepris à cet effet n'avaient jamais réussi. Enfin, en 1780, les marais de la partie autrichienne ayant été cédés à M. Van der iby aux mêmes conditions , Herwyn , avec l'agrément du concessionnaire , se chargea de cette opératk* difficile et dispendieuse. Aidé de son frère M baron Herwyn), il fit construire des moulin» à palettes et à vis d* Archimède pour élever les eaux, il établit des digues, des saignées intérieures, des canaux de ceinture, des écluses, des ponts. Son entreprise fut couronnée d'un plein succès et terminée en 1787. L'évacuation des eaui stagnantes, en assainissant le pays, rendit a l'agriculture environ trois mille arpents, dont jusqu'alors on n'avait pu tirer aucun parti. En 1789, le bailliage de Baillcul l'envoya comme député au états généraux , où il vota avec la majorité; il fut nommé et constamment réélu, pendant toute U session , membre et secrétaire du comité A'agriculture et de commerce. Revenu à Hootlschoote, i) eut le commandement d'un batailloo de la garde nationale, dont il excita tellement If zèle pour le service militaire, que, lors de la levée des trois cent mille hommes au commentement de 1793, la commune en fournit un l»efi au delà du contingent qui lui avait été a»^- Chargé des travaux de défense de la contrée.Htfwyn protégea la retraite de l'armée française! * tint à l'arrière-garde avec son bataillon, qu'il ramena à Dunkerque , et prit une part glorieuse a la défense de cette ville. H venait d'être noœœe commissaire desjguerres, lorsque, sur un ordre du comité révolutionnaire, il fut arrêté à Uondscbowt le 9 octobre 1793. Conduit à Dunkerque, p^ j Arras , enfin à Douai, avec sa femme, qui pas voulu se séparer de lui, un des geôliers Je la prison les tint pendant sept jours dans un cachot; mais cette conduite, si brutale en apparence , était cependant un acte d'humanité !» geôlier voulait ainsi les soustraire aux fore» d'une troupe révolutionnaire dont on cr3'^' l'arrivée dans la ville. Le danger passé, il JJ donna une chambre. Après sept mou d'incarcération, Herwyn et sa femme comparurent de«J une commission militaire comme prévenus d intelligences avec l'ennemi, et ils furent acquttlts^ cette accusation mensongère qu'on ne leur a» même pas fait connaître. Sorti de prison, Her^ reprit ses foncUons de commissaire des guerre», il servit sous Pichegru et sous Moreau. Apr* conquête de la Hollande, il résida pendant
ans, en qualité de commissaire ordonnateur, dans la ville de Bruges, et y fut, durant quelques mois, commissaire du directoire près le département de la Lys. Dans ces divers emplois il atténua les mesures rigoureuses qui lui étaient prescrites, fil rendre à la liberté les prêtres qu'on avait arrêtés , et s'opposa fortement à l'enlèvement des otages qu'on voulait prendre à Bruges. En 1799, le département de la Lys l'élut député au conseil des anciens, dont il fut nommé secrétaire; et, après le 18 brumaire, il fut appelé au sénat conservateur. Vers cette époque , il se réunit encore à son frère pour recommencer les travaux de dessèchement des moértt belgiques, que les ravages de la guerre avaient entièrement ruinés, et en rétablir l'exploitation. Ils y consacrèrent de nouveau une partie de leur fortune, et terminèrent en deux ans cette vaste entreprise , pour laquelle une médaille d'or leur fut décernée, en 1804, par la société d'agriculture de la Seine , qui les admit ensuite l'un et l'autre au nombre de ses membres. Vers 1801, cinq ans après la mort de sa première femme, Herwyn épousa mademoiselle van der Meersch, de l'ancienne famille belge de Nevêle, dont il se fit légalement autoriser à prendre le nom et les armes. En 1814, il vota comme sénateur la déchéance de Napoléon, et entra à la chambre des pairs dès sa création. Louis XVIII le nomma comte héréditaire, mais ses lettres patentes ne furent expédiées que le 17 mars 1815; le 20 à midi , lorsque le roi avait déjà quitté la capitale et qu'on attendait Bonaparte aux Tuileries, Herwyn se présente à la cour royale pour prêter son serment de fidélité au roi entre les mains du premier président « Si vous êtes « homme à le prêter, lui dit le magistrat, je suis a homme à le recevoir. » Le serment est prêté, et l'acte en est transcrit sur les registres de la cour. Pendant les cent jours, Herwyn, qu'on croyait en Belgique , mais qui n'avait pu suivre Louis XVUI à Gand, se tint soigneusement à l'écart. Après son retour, le roi lui fit remettre son portrait orné d'une légende qui consacrait l'action du 20 mars, et le nomma grand officier de la Légion d'honneur. Il continua de prendre part aux travaux de la chambre des pairs : mais, dans ses hernières années, une goutte nerveuse, dont il '{tait attaqué depuis longtemps, le força de mêler une vie retirée; et, à la suite de cruelles ouflrances, il mourut le 16 mars 1824. On trouve dans les Mémoires de la société royale et centrale d'agriculture (année 1824, p. 124) une Notice biographique sur Herwyn de Nevéle , par II. Sylvestre. » P — rr.
HERY (Thierry de), le même que plusieurs écrivains du temps désignent sous le nom de Théodoric (de sou prénom Tkeodoricus), fut un de nos plus grands chirurgiens : il naquit à Paris, au commencement du 16* siècle, et y mourut le 12 mai 1599 (1). Né avec les plus heureuses dispo- (11
sitions pour les sciences, Héry s'adonna d'abord à l'élude de la chirurgie au collège de St-Côme et St-Oamien de Paris, fondé par St-Louis. Devenu habile chirurgien, il se mit à étudier la médecine sous le professeur Houlier, qui brillait dans l'université de Paris. Dès que Héry voulut se livrer à la pratique, il y obtint des succès, qui le placèrent au rang des plus grands maîtres. Le trai* tement de la maladie syphilitique lui parut mériter, tous ses soins : cette maladie ravageait la Franc*, depuis plusieurs années; et l'ignorance de ceux qui prétendaient la guérir ne faisait que l'aggraver. « Les misérables qui en étaient affectés, « dit Quesnay, étaient abandonnés à la pourri- ■ ture; ils ne trouvaient qu'un surcroît de maux « dans les mains qui les traitaient. » François 1er, qui sut apprécier le mérite et les talents de Héry, l'envoya en Italie à la suite de ses troupes. Ce fut la première fois qu'on vit un chirurgien attaché au service des armées. Auparavant, ceux des médecins ou des chirurgiens qui s'y trouvaient s'y rendaient à la suite de quelques grands personnages. François l«f est le véritable fondateur des officiers de santé militaires. Arrivé en Italie, Héry trouva l'armée infectée de syphilis : il s'appliqua, avec un zèle infatigable, au traitement de cette cruelle maladie. 11 fit, sur les lieux, la recherche des documents laissés par les premiers médecins qui avaient traité cette affection , lors de son invasion en Europe, encore récente à cette époque. La bataille de Pavie ayant mis un terme à celle guerre, Héry voyait cesser sa mission; mais toujours attaché au projet qu'il avait d'acquérir les connaissances propres à combattre avec succès la syphilis, il se réfugia dans la ville de Home, et là parvint à s'introduire à l'hôpital de St-Jacques le Majeur, où l'on traitait un trèsgrand nombre d'individus affectés de cette maladie. 11 y étudia avec autant de zèle que de sagacité la méthode inventée par Bérenger de Carpi : c'était l'usage du mercure en frictions. Renfermé dans cet asile de la douleur, Héry put observer à loisir la marche, les phénomènes et les déguisements de la syphilis : il reconnut que le mercure en est le seul antidote , et que tous les autres remèdes sont impuissants pour la guérir. Carpi administrait son remède sans méthode et sans distinction, l'art était à son origine, sous ce rapport : Héry lui fit faire d'immenses progrès; et lorsqu'il quitta l'hôpital de Sl-Jacques, où il était venu pour s'instruire, il y laissa d'utiles préceptes, et le disciple y fut honoré comme un maître. De retour à Paris, où la renommée l'avait fait connaître d'avance comme possédant une méthode rare pour guérir une maladie désastreuse, Héry fut accueilli avec enthousiasme le sauveur futur de ses concitoyens. On
t le de te* Œuvre» , 40e Héry mourut 4»at>t 1683. Cette aMertlo» ,
le consulter de toutes le du royaume. Les accidente les plus graves, les plus rebelles, cédaient aux soins de cet habile praticien, il fut récompense* de ses efforts par les dons de la fortune : la sienne s'élevait à cinquante mille l'eus; ce qui équivaudrait à pins d'un million de nos jours. On dit qu'étant allé à l'église de Si-Denis pour y visiter la sépulture de nos rois, il voulut voir d'abord le tombeau de Charles VIII. 11 s'arrêta silencieusement devant ce monument; puis il s'agenouilla comme s'il eût été devant un objet de vénération. Le religieux qui l'accompagnait , le prenant pour an homme d'esprit borné, crut qu'il rendait aux restes de Charles VIII le culte que l'on rend au» saints , et voulut le désabuser. « Non, répondit Héry, je n'invoque pas le « prince, je ne lui demande rien : mais il a ap- « porté en France une maladie qui m'a comblé de « richesses; et, pour un si grand bienfait, je lui « rends des prières que j'adresse à Dieu pour le ■ salut de son âme. » Héry ne voulut point dérober à ses successeurs les procédés qui lui avaient si bien réussi dans le traitement de la syphilis; c'est dans cet esprit qu'il composa l'excellent traité qui nous reste de lui, et qui est intitulé La méthode curaihc de la maladie vénérienne, vulgai-
appelée
vérole ■ et de lu diversité de
ses tympUimet , composée par Thierry de Héry . Heu tenant du premier ôarbier-ehiruraien du roi, Paris, 1352, 1569, 1654, in-8°. On remarque que cet ouvrage vraiment original est le premier qui ait été écrit en français sur la syphilis. L'auteur ne se borne point à indiquer les méthodes curalives appropriées aux divers cas : il décrit tous les accidents de la syphilis, toutes les formes que prend cette affreuse maladie, et trace la méthode à suivre dans chaque circonstance. Ce traité, qui est écrit avec précision et netteté, est encore lu, même de nos jours, avec un grand intérêt, par ceux qui veulent étudier convenablement l'histoire de la syphilis; et la doctrine qui est enseignée dans le livre de Héry est celle que nous suivons encore, è quelques perfectionnements près, qui sont dus aux progrès que l'art fait
chaque jour. F
HÈRZ (*Usc), israélite, professeur royal de philosophie à Berlin, a cultivé et enseigné, d'une manière remarquable, la physique expérimentale et la philosophie. Né le 17 janvier 1747 d'un père qui n'était qu'an simple maître d'école, il eut à lutter contre la pauvreté rt contre les préventions attachées au culte qu'il professait. Il triompha de tous les obstacles par une ardeor infatigable pour le travail, qu'alimentait l'amour de rhomanité, et que fécondaient un talent facile, une pénétration vive , une grande habitude de méditation. H sut s'attirer, soit comme médecin, soit comme savant, une considération personnelle, qni rejaillit sur ses coreligionnaires. Il fut le disciple de Haut et l'ami de Hendelssobn. En 1777, lorsque Kaot, bien éloigné d'avoir obtenu fa iv>
il devait jouir par la suite, commet* çait à poser les bases de son édifice philosophie, Herx, dans des cours publics qu'il ouvrit s Berlin, et où étaient admises des personnes de toutes auditions, développa, avec une clarté qui n'a pas toujours été l'attribut de ce système , et aree un singulier succès, les vues principales du metapatsicien de Kœnigsberg, quoique sans adopter entièrement toutes les doctrines de son ancien professeur. Par la suite, Herx s'affligea de voir succéder à la philosophie kantienne proprement dite fa doctrines qui lai paraissaient oiseuses ou funestes. Son principal ouvrage est «ne Reckertht ne a vertige, imprimée en 1786, dont la première partie considère ce phénomène sous le rapport psyché* logique, et la deuxième sou 6 le rapport mette". Ses Reeherrhet sur les muses de la diftmet <fe
médecins ont eu deui
goûts et ses Lettres
éditions. Il a publié en 4787 son Court de pkpum expérimentale . En 1787 et 1788 il combattit, datt le journal hébraïque /• Cellectewr. l'abus des «v humât ions précipitées , que la superstition maistenait parmi les Israélites. 11 est mort le 19 janvier 1805, conseiller et médecin privé du pnte de Waldeck. La médecine était la seule professien libérale que les lob de sa patrie permraeot m Israélites. Il s'y rendit célèbre par la prauoae en même temps que par ses travaux théoriques : 1 ne s'y distingua pas moins par la nobles*, h moralité de son caractère , et par son drtiolàt*» sèment. D. G-*>
HLSCIIAM (àboui^Walid), l lsam des hislurieai grecs, seizième khalife et dixième de la «1>n*tt des Omraiades , habitait Rusafa , ville qu'il "* fondée ou plutôt restaurée, en Mésopotamie, pria des bords de l'Euphrate , lorsqu'à la mort de M frère Yésid il (*oy. ce nom), qui l'avait déclare sou successeur, il quitta sa paisible retraite, l'an M6aj l'hégire (744 de J.-C.). Il se rendit a Damas, ou d fut installé dans la chaire kbalifaie ; mais il résida le plus souvent è Rusafa, dont la position et h température lui offraient un séjour plus agréai*- Ouelques auteurs arabes semblent avoir pris pla*" è peindre llescham sous un aspect odim et ridicule. Il avait les cheveux roux et les yeu» hotte. Son avarice sordide fut le fléau de ses sujeMul1 accabla d'impôts. On obtenait tout de lui arec* l'or. Il se renfermait souvent pour contempk' * compter ses trésors, dont iui seul avait \»"*- Il ne se montrait jamais qu'avec des vêlements déguenillés; et, sans le cortège dont d éa** touré, on l'eût pris pour le dernier d'* u"*^ mons. Il avait pourtant plusieurs garde-rote remplies d'habits, genre de luxe inconnu M» prédécesseur*. Il poussait aussi jusqu'à la prodi-
galité la passion des chevaux, et quoiqe
il ne les
ses écuries. Scrupuleux plus que dévot , il cttgjB surtout un silence rigoureux dans les n**^***' et II punissait sévèrement les gens de sa ma»» et même ses entants oui 4e violaient ou qui *V
vaient tard à la prière. SI Hescham ne fut pas eiempt de travers et de défauts, ce n'était pas non plus un prince sans mérite et sans talents; il fallait en avoir pour gouverner seul et sans premier ministre le plus vaste empire qui ait existé. S'il n'eut pas l'humeur belliqueuse, s'il ne commanda passes armées en personne, il sut trouver dans sa famille et parmi ses officier* des généraux braves et habiles qui portèrent au loin la gloire et la puissance musulmanes, et maintinrent dans l'obéissance les nombreux et divers peuples soumis au joug du Koran. Son frère Moslemab 'ttoy. ce nom), ses (ils Moawiab et Soliman, firent de fréquentes expéditions contre les Grecs, et s'emparèrent de Césarée en Cappadoce, d'Amassé et de plusieurs autres places de l'Asie minmre. Moawiah mourut d'une chute de cheval en 731; mats, deux ans après, son frire Soliman ayant, par suite d'une victoire, fait prisonnier un Pergamien qui prétendait être Tibère, fils de l'empereur Justinien 11, le khalife, pour tenir dans la crainte la cour de Constantinopie, le traita avec distinction et l'envoya avec un train magnifique à Jérusalem et dans les principales villes de Syrie. Sou» le règne précédent, les khozars avaient chassé les musulmans de leurs conquêtes dans les pays caucasiens , et pénétré dans l'Adterbaldjan et l'Arménie. Deux généraux de Hescham périssent sur le champ de bataille en remportant sur eux deux victoires inutiles. Dans le même temps, Abd'er-Rahman-al-Gafaki , lieutenant du khalife en Espagne et dans la Gaule narbonnaise, voulant pousser plus loin ses conquêtes, est vaincu et tué devant Tours le 7 octobre 732 (1). Sur toutes les autres frontières la victoire couronne les armées du khalife. Son frère Moslemah chasse les Khozars, les poursuit au delà du Kour, et fait rentrer Derbeud, le Daghestan et le Chirwan sous la domination musulmane. Son neveu Merwan, depuis khalife (twy. IIerwan H), envahit le pays des Khozars, assujettit les habitants à un tribut en argent, en denrées et en esclaves, et établit la chaîne du Caucase , jusqu'à la mer Noire, pour barrière entre les musulmans et les barbares du Nord. Dans la partie orientale , Asad-al-Casari remporte sur les Turcs Uoeikes de grands avantages, tue leur khan dans une bataille, et Naseribn-Sayar leur enlève la Transoxane. Enfin, sous le règne de Hescham, les Arabes firent deux descentes en Sicile. La première se borna au pillage et à la dévastation-, mais, dans la seconde, l'an 122 (739-40), Abd'er-Rabmau-ben-Habib, son général , battit les chrétiens et pénétra jusqu'à Syracuse, qui , pour éviter les horreurs d'un siège, paya une forte contribution. Hescham régnait depuis quinze ans, lorsque Zéid, arrière-petit-fils d'Alj , entreprit de faire revivre ses droits au khalifat comme descendant du prophète. Comp-
|1| Il taut réduire au moins i un dixième la perte attribuée •M Arabe* daua cette bataille pat les hiatorkn» du terni».
tant sur les secours des inconstants Soutiens, qui lui manquèrent de parole, il se laissa engager dans le désert de Bassora, où , abandonné par ses troupes et réduit à la famine, il périt dans un combat avec les quatorze hommes qui lui étaient restés fidèles, et sa tête fut envoyée au khalife. La famille des Abbassides commença vers le même temps à élever des prétentions au khalifat, dont elle ne devait pas tarder à s'emparer (coy. Ibranva, Y Un, m . et Aboul-Abbas). La révolte des Rerbers en Afrique , des factions et des guerres civiles en Espagne troublèrent aussi les dernières années de Hescham et durent lui causer quelques inquiétudes sur le sort d'un empire qu'il avait gouverné dix-neuf ans arec sagesse et habileté, et qui , après lui , suivant le testament de Yézid II, allait avoir pour maître le fils de ce prince, Walid , qu'à cause de ses vices et de la perversité de son caractère , il avait été* forcé d'éloigner de la capitale ( coy. WampII). Hescham mourut d'une esquinancie l'an 123 (janvier 743) , à 53 ans. Un secrétaire de son neveu ayant aussitôt fait mettre les scellés sur les trésors et sur tout le mobilier de Hescham, notamment sur sept cents coffres remplis de linge et d'habits , il fallut emprunter une chaudière où l'on fit chauffer 1 . m pour laver le corps du khalife défunt, et un linceul pour l'ensevelir. Sept ans après, Damas étant tombé au pouvoir des Abbassides, ce corps fut exhumé, flagellé par la main du bourreau , puis brûlé et les cendres jetées au vent. De plusieurs fils que Hescham avait eus, il ne laissa que Soliman, qui périt avec toute la race des Ommiades; mais l'un de ces derniers, fils de Moawiab et petit-fils de Hescham , échappa au massacre et alla régner en Espagne, où lui et sa postérité ont figuré plus longtemps et plus glorieusement dans l'histoire que leurs ancêtres à Dama* ( roy. Abocmme et les deux articles Hescham ci-après). Hescham avait été favorable aux chrétiens de Syrie; il leur permit , après une vacance de quarante ans, d'élever au siège patriarcal d'Antioche Etienne, pour qui il avait beaucoup d'estime et de bienveillance. A — T.
HESCHAM t*r (Abool-Walid), et non pas HisiM , comme l'écrivent les historiens espagnols, second émir ou roi musulman de Cordoue , de la dynastie des Menoanidet ou Ommadet. succéda, l'an 172 de l'hégire (788 de J.-C), à son père Abd-erliahman I", qui peu de temps auparavant l'avait fait solennellement reconnaître pour son héritier présomptif (noy. Aboéxame). Cette préférence que Hescham devait, non pas au droit de sa naissance, ni à l'ascendant de sa mère, mais à son air majestueux et à ses qualités morales qui lui valurent les surnoms d' Md-Adei et d" Md-liadhi (le juste et l'affable), excita le mécontentement de ses frères aînés, Soliman et .Mu l'Allah , qui se révoltèrent de concert dans leurs gouvernements de Tolède et de M cru la. Le premier, vaincu par Hescham, se réfugie dans le pays de Tadmir (Murcie et Va-
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lence), laissant la défense de Tolède à son frère Abd'Allah, qui , après avoir soutenu un siège de trois mois , se rend à Cordoue pour y implorer la clémence de Hescham. Le monarque le reçoit à bras ouverts, et lui accorde ainsi qu'à Soliman un pardon général. Celui-ci essuie une seconde défaite près de Lorca , se soumet enfin ; mais sa récidive lui avait fait perdre tous droits à une entière clémence. Banni de l'Espagne et nanti du produit de la vente de ses apanages, il se retire en Afrique et s'établit à Tanger en 174 (790-91). La révolte du wali de Tortose fut assoupie par celui de Valence, qui vengea la défaite et la mort de son prédécesseur en faisant couper la téte au rebelle. Après avoir triomphé d'une autre insurrection qui menaçait d'embraser l'Aragon et la Catalogne, Hescham envoya trois armées contre les chrétiens. L'une ravagea la Calice et les provinces d'Astorga et de Lugo; les autres franchirent les Pyrénées, et ajoutèrent, en 794, la conquête de Narbonne à celle de Cirone. L'immense butin que ces expéditions valurent au monarque fut employé par lui à des constructions et à des réparations d'édifices publics , et surtout à l'achèvement de la grande mosquée de Cordoue , dont une moitié seulement subsiste encore dans la cathédrale actuelle , sans en rappeler l'ancienne magnificence. Hescham encourageait les travailleurs par son exemple, en mettant chaque jour la main à l'œuvre. Non moins cher à ses peuples que redoutable à ses ennemis, ce prince mourut en 180 (790), dans la 40» année de son âge et la huitième de son règne. Un astrologue lui avait prédit sa lin prochaine; maiî supérieur aux préjugés vulgaires, et confiant dans la providence divine, il récompensa l'astrologue au lieu de le punir, continua de faire le bonheur de ses sujets, et de se livrer aux épanchements de l'amitié ainsi qu'à ses goûts paisibles pour la musique , pour les plantations d'arbres et la culture des fleurs. Avant d'expirer il donna de sages conseils à son fils Hakem, qui n'en profita pas (roy. Hakim). Hescham établit à Cordoue et dans plusieurs autres villes d'Espagne des écoles où l'on enseignait l'arabe aux chrétiens, pour les obliger à ne plus faire usage du latin. Sa bonté et sa libéralité lui avaient gagné tous les cœurs. Il prenait soin des veuves et des enfants de ses soldats, rachetait les captifs et secourait les pauvres de toutes les religions indistinctement. A — t.
HESCHAM 11 (Al-Mowaied-Billah), Vhtem des historiens espagnols , dixième roi merwanide d'Espagne et troisième khalife de cette branche des Ommiades, n'avait que onze ans lorsqu'il succéda l'an de l'hégire 366 (de J.-C., 976) au sage Hakem 11 son père (roy. Mostaxser), par le crédit de sa mère , et sous la tutelle du célèbre Abou- Amer Mohammed Al-Mansour (roy. Massour), que la faveur de cette princesse avait élevé au rang de hadjeb (grand chambellan). L'enfance de Hescham se prolongea peudant plus de trente-
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deux ans , sous l'administration de ce premier ministre et de son fils Abd'-el Melek, qui le remplaça. Mais cette époque fut très-brillante par les victoires de ces deux ministres sur les rois chrétiens de Léon , de Navarre , sur les comtes de Barcelone et de Castille, sur les rois musulmans de Fez et de Tunis (eoy. Haçan [Ktnnoun] et Zeiri), et par l'affluence d'étrangers, surtout de poètes, de savants et de gens de lettres que leur munificence attirait à Cordoue. Hescham ne prenait aucune part à tout ce qui se passait autour de lui ; renfermé dans son palais, entouré d' esclaves, plongé dans la mollesse, il était invisible pour tout le monde, même lorsqu'aux jours solennels il assistait dans une tribune à la grande mosquée, et l'on ne connaissait son existence que parce que son nom était prononcé dans la khothbah ou prière publique et gravé sur les monnaies et sur les inscriptions. Après la mort d' Abd'-el-Melek, en 399 (1008), le faible khalife donna la charge de hadjeb à Abd-er-Rahman , frère du défunt. La mauvaise administration de ce jeune homme , la faveur dont il jouissait auprès de son maître, qui n'avait point d'enfant, et son ambition qui ne tendait à rien moins qu'à devenir l'héritier du trône, excitèrent une grande révolution qui fut fatale au monarque, à son minisire et à tout l'empire. Mohammed , prince du sang des Ommiades, se révolta l'an 399 (1009), pénétra dans Cordoue , fit resserrer étroitement le khalife , en répandant le bruit de sa mort, fit cruciticr l'imprudent hadjeb, et s'empara du pouvoir en prrnantle titre A'Al-Alahdy (eoy. ce nom). Cet usurpateur ayant été chassé par un autre prince ommiade (roy. Soléimaïi), Hescham ne fit que changer de prison et de geôlier. Mais l'un des principaux officiers du palais, l'Esclavon Wadhahel-Ameri , qui, dévoué à ce malheureux prince et dépositaire du secret de son existence , avait dissuadé Mahdy de le faire périr, et conseillé à Soléiman de le rétablir sur le trône, feignit de servir l'un en trahissant l'autre. Élevé à la charge de hadjeb par Mahdy, qu'il avait fait rentrer dans la capitale, il abusa de sa confiance pour le dépopulariser, l't ffrayer et le perdre. Enfin , sans son ordre et à son insu , il fait sortir Hescham de sa prison, le 21 juillet 1011, le conduit à la grande mosquée et le fait proclamer publiquement légitime souverain. Trois jours après, Mahdy est amené devant le khalife, qui lui reproche sa révolte , lui fait trancher la téte et l'envoie à Soléiman , rival de cet usurpateur. Soléiman fait porter celte téte à Obéid-Allah , fils de Mahdy, comme gage de réconciUaljon et d'alliance , et bientôt ces deux princes rebelles eurent réuni leurs forces. Wadbah, conlirrae dans la charge de hadjeb, s'empare de Tolède, bat l'armée d'Obéid-Allab, qui est fait prisonnier, conduit à Cordoue et décapité comme son père. La mort de ces deux personnages n'affermit point Hescham sur le trône. Pour résister à Soléiman, il chercha
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i m Taire des partisans, en distribuant des gouvernements héréditaires à des esclaves de la faction des Amérides, qui plus tard en devinrent souverains. Il appelle même de Ceuta deux princes Edrissides, Aly ben Ilamoud et Cacem, promettant de déclarer l'un d'eux héritier du trône, s'ils lui amenaient des secours. Devenu ombrageux et timide sans être plus habile , il prohibe les assemblées les plus innocentes , et par sa défiance il s'aliène l'affection des Cordouans, que ses liaisons avec les princes chrétiens avaient indisposés, et que la peste et la famine exaspérèrent en 1012. Ingrat envers Wadhah, auquel il devait la liberté et le trône, il le condamne à mort sans l'entendre et sur de simples soupçons; mais malgré la bravoure de Khairan , nouvel hadjeb et gouverneur d'Almérie, Hescham ne peut empêcher la prise de Cordoue par Soléiman , qui la fait saccager par ses troupes pendant trois jours. Son harem est profané, et lui-même, au milieu du désordre, disparaît, assassiné peut-être par ordre de Soléiman, et ne laisse après lui que l'anarchie et la guerre civile. Son premier règne avait duré trentedeux ans , et le second un an et neuf mois. A-t.
HESCHAM III Al-Motad-Billah (Abou-Bekr), dix-neuvième roi de Cordoue, seizième de la dynastie des Ommiades et douzième khalife d'Espagne, fut proclamé en 417 (1026) , après la mort de Yahiah al-Motaly (voy. ce nom); mais, connaissant l'inconstance et l'ingratitude du peuple, il refusa longtemps de quitter sa paisible retraite, et de venir prendre possession du trône. Toutefois, pour justifier son absence, il soutint pendant trois ans la guerre contre les princes chrétiens, qui, profitant des dissensions des musulmans, avaient fait des progrès sur tous les points. Ce ne fut qu'en décembre 1029 qu'il fit son entrée dans la capitale , à travers une foule immense et des cris de joie universels. Cependant les pressentiments de ce sage prince ne furent pas trompés. Malgré son affabilité, sa bienfaisance , son zèle pour la justice, ses soins continuels pour contenir les séditieux, soulager les indigents, et rétablir la tranquillité, il ne put ranger sous son obéissance que quelques walis du second ordre. Ceux de Grenade, de Malaga et de Saragosse s'étaient rendus indépendants; ceux de Séville et de quelques autres places combattaient pour le devenir, et le khalife termina cette guerre désastreuse, au bout de deux ans , par un traité que les Cordouans taxèrent de faiblesse; et ils attribuèrent à la mauvaise étoile de leur souverain les malheurs de son règne. Le sage khalife, jugeant par la pusillanimité des uns et l'esprit d'indépendance des autres que cette génération n'était capable ni de gouverner ni d'êlre gouvernée , eut néanmoins le tort de trop compter sur l'attachement du peuple, et crut n'avoir rien à craindre dans sa capitale. Une terrible sédition éclata en 422 (30 novembre 1031). Hescham abdiqua sans regrets, quitta aussitôt la ville avec sa
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famille et un détachement de sa garde , pour se retirer dans un château qu'il avait bâti , où plusieurs personnages distingués , savants et poètes s'attachèrent à sa mauvaise fortune , et il y mourut, à la fin de 1036. Ce prince, digne d'un meilleur sort, termina la dynastie des Ommiades ou Merwanidcs, qui durant deux cent soixante-quatorze ans avait fait la gloire et le bonheur de l'Espagne, et à laquelle aucune dynastie ancienne ou moderne ne peut être comparée pour le grand nombre de princes qu'elle a fournis (voy. les Abdér ame , Méhémed, Mostanser , Hescham Ier ci-devant). L'Espagne musulmane fut alors divisée en petits États, ce qui en facilita la conquête aux rois chrétiens de l.ron , d'Aragon , de Castille et de Portugal, d'une part, et de l'autre aux rois musulmans de Maroc (voy. Joissotr). A — t.
HESDLN (Simon de) fut chargé par le roi Charles V de traduire en français \ il ère-Maxime. On a trouvé parmi les manuscrits de l'abbaye bénédictine de Rheinau en Suisse cette traduction écrite sur papier, à l'exception du commencement et de quelques feuilles du milieu qui sont de parchemin. Elle est en deux volumes in-folio , avec des peintures très-bien conservées. On lit à la page trente-sept verso du second volume : « Par « layde divine sans laquelle nulle chose n'est « droitement commencée ne proffitablement con- « tinuée ne menée à la fin, la translacion de « Valère le Grand terminée, laquelle chose com- « mença très-reverend maistre Simon de Hesdin, « maistre en théologie , religieux des hospitaliers « de Saint-Jehan de Jherusalem qui poursuiuy « jusques au vij livre ou chapitre Stratagèmes et « la laissa tout de là en avant jusques en la fin « du livre , je Nicole de Gonnesse maistre es ars « et en théologie ay poursuiuy ladite translacion « au moins mal que j'ai peu , et ne doulte point « que mon style de translater nest si bel ne s| « parfait comme est celui de devant , mais je prie « à cculx qui le liront qui me le pardonnent, car « je ne suis mie si expert es histoires comme U « estait et fut flnee cette translacion l'an mil iiijc « et ung (1401), la veille de Saint-Michel Arcan- « gel. Explicit. » La même traduction se trouvait aussi en 1762, manuscrite, en 2 volumes in-fol. dans la bibliothèque des Jésuites de Louvain ; et elle existe également à la bibliothèque de Paris (voy. Val ère-Maxime). G— t.
HESE (I) (Jean de), voyageur néerlandais, était prêtre du diocèse d'Utrecht. Il se trouvait à Jérusalem au mois de mai 1 389 ; de là, il gagna les bords du Jourdain, puis la mer Rouge et l'Egypte; ensuite il visita l'Ethiopie, l'Inde moyenne, dont le rot, vassal du prêtre Jean, résidait dans une ville où l'apôtre Sl-Thomas avait prêché l'Évangile. Une navigation de vingt-quatre jours porta Hese à la capitale des États du prêtre Jean , et un voyage de quatre jours le fit parvenir à Houlna, lieu de
|U Quelque* bibliographe* écrivent à tort Hee»e et He»*e.
370 HÉS
la sépulture de St-Thomas. Il revint à Jérusalem I et enfin regagna l'Europe. Sa |>érégrination est contenue dans un volume intitulé Hincarium Joannit de Hese presbyteria Jérusalem, describent dispositiones terrarum , insularum, montium etaquarum . ac etiam qua-dam mirabilia et perieula , per iiversas partes mundi contingentas lueidissime enarrans. Tractatus de X nationibus et sertis christianorum. Fpistola Joannis Soldai ad Pium papam iecundum. Epistoln responsoria Pii papa ad Soldanum. Jonnnis presbyteri maximi Jndorum et Ethioporum imperatoris et patriarcha e/iistola ad EmmanueUm Morne gubematorem de maribus Indorum, deque rjus / otentia, ditsiliis et excellentia.— Tractatus pulcherrimus de situ et dispositione regionum et insularum toths U», Sec non de rerum mirabitium ac gentium diversitate , petit in-4°, sans date ni lieu d'impression. — Sans date, Paris, Courmont, in-4°; Dcventer, 1504, in 4°; Anvers, 1563, ln-8°. La rareté de ce livre fait son seul mérite. Nous avons écrit notre article, ayant sous les yeux un exemplaire de la première édition , qui donne la date du voyage telle que nous l'avons marquée. Les autres lui ôtent un siècle, le plaçant en 1489. La quatrième édition a été publiée par Nicolas Maraeranus (voy. ce nom), qui raconte dans la préface qu'ayant trouvé ce voyage chez un ecclésiastique de la forêt des Ardennes, il le copia et le fit imprimer, croyant être le premier qui l'eut publié; son édition diffère beaucoup des précédentes; mais on ne sait si la diversité des leçons est due à celle des manuscrits ou à ses corrections; il annonce qu'il a corrigé la barbarie du style , et rendu plus clairs quelques passages obscurs. Il avoue qu'il ne sait rien sur Fauteur, et le juge arec équité en disant qu'il raconte une inliuilé de choses miraculeuses, étonnantes, à peine croyables et inconnues dans nos pays européens. C'était le goût du temps, et Jean de Hese s'y est conformé sans réserve. Les éditeurs de ce voyageur ne nous apprennent pas quels sont les auteurs des morceaux qui suivent son Itinéraire et avec lequel la plupart n'ont aucuo rapport. La lettre du Soudan et là réponse du pape Pie U sont évidemment fabuleuses. Comme la relation de Hese est citée dans divers ouvrages, nous avons «ru devoir lui consacrer cet article; l'obligeance de M. Henri Ternaux, qui possède les trois premières éditions, nous a été très-utile pour le composer. U bibliothèque de Paris a la deuxième et la troisième. Beckmann (voy. ce nom) dit dans son Histoire littéraire des anciens voyages que la bibliothèque de l'université de Gœtlinguc possède la première , la troisième et la quatrième édition du livre de Hese, sur lequel nous lui devous de bons renseignements. E— s.
HESIJi i».tOKCE), jésuite allemand, né eu IG09 an diocèse de Passau, exerça dans sa société, avec quelque distinction, le ministère de la chaire, joint à l'enseignement de l'éloquence et de la philosophie; mais c'est surtout comme biblio-
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graphe et comme critique qu'il s'est fait connattre , lors de la fameuse contestation élevée sur l'auteur de Ylmitation de Jésus-Christ an 17" siècle. Néanmoins Dupin , dans sa Bibliothèque ecclésiastique, ne fait aucune mention de cet écrivain, quoiqu'il nomme avec éloge Thomas Carré bénédictin anglais , auteur du Kempis a se ipso restituas , où se trouvent beaucoup de citations et de documents rapportés sur l'autorité même d'Héser. Les jésuites flamands Rosweyde et Botbndns avaient réuni , en faveur du pieux chanoine régulier Kempis , plusieurs indices tirés de manuscrits et d'auteurs anciens, de la même classe et du même pays, lléser poussa plus loin ses vues; U produisit, dans sa Dioptra Kempensis. Ingolstadt, 1650, in-12, une longue suite de témoignages, plus ou moins spécieux, d'écrivains de tous les ordres et de toutes les contrées. Le savant Naudé, qui correspondait avec lui, et qui , bien que partie intéressée dans la cause (voy. Feontem}, n'en était pas moins bon juge en bibliographie , atteste les soins presque incroyables avec lesquels Héser, outre les manuscrits et les éditions nombreuses fruits de ses recherches, avait recueilli les décisions et les suffrag< s d'une centaine d'auteurs graves, que l'éditeur appelait le jugement des Centumeirs. Cependant, à cette nuée de témoins, qui ne faisait qu'ajouter aux anciens titres des noms nouveaux , le docteur Launoy opposa une autre centurie de témoignages, qu'un abbé de bénédictins allemand se proposait de mettre au jour, et qui devaient être tirés uniquement des manuscrits et des éditions anciennes de Ylmiiation, sous le nom de Gerscn (ou plutôt Gerson} Le père Héser alors, dans un second ouvrage, sous le titre âi'Hecatampylos, s'efforça aussi de porter de son coté jusqu'à cent le nombre , soit de manuscrits , soit d'éditions anciennes et même modernes, qui s'appuyaient d'un nom différent. Hais l'ouvrage du bénédictin n'ayant point paru, celui du jésuite est également resté inédit. Le zèle ardent et dévotieux dlléser ne se ralentit pas; il publia plusieurs ouvrages apologétiques pour Kempis; la plupart sous des titres extraordinaires , quoiqu'ils fussent écrits d'un style ai*é et même trivial. Naudé, qu'il seconda vivement, en réimprima quelques-uns, ou y mit des préfaces. On en peut voir la liste dans le Catalogue des ouvrages sur la Contestation, à la suite de la Dissertation de Barbier sur les traductions fram- Çaises de l'Imitation. Nous ajouterons à cette liste, pour la compléter, YObeliscus Ktmpensis aueiori librorum de Imitalione Christipositus. curante G. Rtsero, Munich , 1669. Cette production de l'enthousiasme du jésuite donne à la fois, dans le titre , un nouveau lieu d'impression ou de séjour, et une époque ultérieure île la vie d'Héser. De même, ses Hantissa Gerseuianv , seu ampla responsto ad ea qua coram archiepiscopo Parisùnsi in /a fur cm causa Gerseuis acta sunt, annoncent que l'auteur vivait encore en 1674, date de la publication de
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ces Aeta , en téte de la dissertation de 0. Delfau. Le témoignage positif de Sotwel prouve qu'il a même survieu à cette époque. Lette réponse vu» lumineuse d'Héser, demeure e manuscrite chez les chanoines réguliers de Diessen en Bavière, n'a point été perdue; elle est devenue, ainsi que YHtraiompylo». l'arsenal d'où Eusèbe A mort, en s'annonçanl sous le titre d'flWenu redirhns. a tire une grande partie des armes dont il s'est servi avec succès contre les nouveaux gersénistes allemands, français et italiens, au 18* siècle; ee qui prouve par le fait qu'Héser était meilleur dialecticien dans l'attaque qu'il n'ar été bon arguraentateur dans la défense. A cet égard il se montre plutôt panégyriste qu'avocat. Outre VOôe- Hstut h' emprunt, ses Sepiuaginta pabno> composent un volume d'éloges, consacrés autant à la gloire de l'ouvrage qu'à celle de Rémois ; car il a eu la bonne foi «le laisser subsister le nom de Gerson dans les passages qu'H a cites de St-lgnace de Loyola , de Conzalès et de liellormin. Ce même got'tt de piété lui a fait eitraire du livre de 17*»tatmn une Theotogiea myttictr Somma, publiée à Augsbourgen 1 726 ; c'est encore un extraità ajouter à ceux do même genre. Mais ces sortes de compilations , dont une table assez ample pourrait tenir heu , ont peu de mérite, et deviennent superflues, quand on a le livre même , qui est fort court. Les titres littéraires les plus réels du P. Iléser sont : 1" le Lexiron grrmanico-thomteum . où ce critique montre avec esprit que les idiotismes de ['Imitation traités d'italirismes par Cajetan et Valgrave sont iH" véritables germanismes (germanissimi germauismi ; quoiqu'on doive reconnaître que plusieur» locutions semblables sont des expressions bibliques, et que beaucoup d'autres manières de parler, comme l'a dit Corneille, forment des gallicismes; 2" la partie bibliographique de la tHoptra Kemprnris , on l'auteur est le premier qui ait donné la- connaissance détaillée et généralement exacte d'une multitude d'éditions de Y Imitation des 16e et 1T» siècles, et d'un grand nombre de traductions du même livre , publiées dans les différentes langues du monde. G — ce.
HESIODE, ancien poète grec, sur la vie iluquel on n'a que fort peu de détails. Lui-même nous apprend seulement que son père, pressé par la pauvreté, quitta la ville de Curaes, ou plutôt Cyme , sur la cote de l'Êolide, en Asie mineure, pour venir s'établir en Béotie , à Asera , petit hftnror aux environs de l'Ileticon. L'opinion la l„u9 .idmise chez les anciens était qu'Homère et Hésiode furent contemporains , c'est-à-dire qu'ils vécurent vers le commencement du dixième siècle avant J. C, le second peul-ét/e vers la seconde moitié. Des grammairiens de b isse antiquité ont parlé d'un prix remporté par Hésiode dans une Jn! t<- prétendue avec Homère. Hésiode, ajoute» t-on, fait mention d'un certain concours poétique où il obtint le prix aux funérailles d'Amphidamas, roi ou premier magistrat de Cbalcis, en Eubée :
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I il consacra, dit-il, aux Muses de FHéliron le trépied qui lui fut adjugé. Dion Chrysostome rapporte une inscription, arrangée en distique, supposant cette consécration , et ajoutant que cette
| victoire a été remportée sur le divin Homère, Avant Dion, Varron trouvait dans cette même épigramme une preuve sans réplique de la coexistence d'Hésiode et d'Homère, liais , comme l'observe judicieusement ScaRger, n'est-il pas plus vraisemblable que cette inscription fut l'ouvrage de quelques admirateurs passionnés du vieillard d'Ascra, qui voulurent constater ainsi la supériorité qu'ils lui accordaient sur le chantre d'Achifle? Le passage indiqué d'Hésiode, l'un des plus suspects d'interpolation, se trouve dans le potfmff ùrt Travaux et des Jours (vers 6î>2). Le pofte dit en somme : ■ Je t'enseignerai les époques de hi navigation , quoique je n'aie jamais navigué moi-même, si ce n'est pour passer le détroit d'Anus, en Eobée. Alors je me rendis aux jeux d* Alcidamas : des prix nombreux y étaient proposés, et là je m'honore d'avoir remporté le prix de l'hymne , et obtenu un trépied à deux anses. Je le dédiai aux Muses de l'Hélicon, au lieu où elfes m'avaient transmis le talent des chants harmonieux. « On peut induire de ce passage, rapproché d'un autre qui le précède immédiatement , qu'Hésiode et probablement son frère Persès, auquel il s'adresse, naquirent en Béotie, après l'immigration de leur père. Quant à l'opuscule intitulé Combat d'Hésiode et d'Homère, reproduit par Barnés à la tête de son Homère , et par Kobinson et M. Boissonade à la suite de leur Hésiode, écrit postérieur au règne d'Adrien, ce n'est qu'une frivole fantaisie recueillie dans quchpie cairier d'écolier. L'autorité la plus antique est celle d'Hérodote (II, 53) déclarant plus anciens que lui-même de quatre cents ans , et non davantage, Homère et Hésiode, ce dernier ainsi mentionné a l'occasion tf un fait mythique attesté dans la Théogonie. La Chronique des marbres de Paros , Plutarque, Philostrate, et d'autres successivement, admettent cette contemporanéité. Qnelqnes écrivains (vovez Suidas, au mot Hesiooe) lui accordaient l'antériorité : on le fait vivre 622 ans avant l'expédition de Xerxès, dans une Vie d'Ho>nèrt faussement attribuée à Hérodote. D'antres l'ont placé pins tard que le chantre de Ylliade. soit vers la 4* olympiade, comme laCAroat^iwd'Eusèbe. Mais la question de l'âge propre d'Hésiode est, si insoluble qu'elle soit, bien moins complexe que celle des diverses poésies qui nous sont parvenues sous son nom, dans lesquelles une critique trop confiante a souvent cherché des données sur l'époque de l'auteur présumé , quoique les détails de composition soient souvent séparés par d'e^ normes intervalles de temps, d'esprit et de langage aux yeux d'une critique plus attentive. Un? jugement ferme et exercé est indispensable pour apprécier la valeur de certains rapprochements, soit de mœurs, soit de diction, appliqués à des
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passages dépourvus d'authenticité pour la plupart , sur lesquels on a fondé* bien des arguments frivoles. Des beautés du premier ordre et d'un caractère singulièrement original éclatent dans les deux principaux poèmes, let Travaux et la Théogonie; mais d'après la nature même de ces ouvrages, tous divisés en paragraphes didactiques, en un détail de faits ou de préceptes qui se réduisent fréquemment à un ou deux vers à la fois , et qui admettent les plus brusques incohérences, on conçoit sans peine comment ces monuments antiques, confiés uniquement dans l'origine à la mémoire populaire, ont dû perdre la possibilité d'une date fixe en se chargeant successivement de mille interpolations diverses. De là une habitude de langage bien motivée chez les philologues qui disent les poèmes hiiiodiqtut . plus souvent et plus volontiers que les poèmes d'Hésiode. Nous n'aurons pas Ici à insister sur ces différences d'authenticité. Mais en supposant même fabuleux les détails biographiques qu'on peut extraire de ces poèmes, il nous appartient encore de les recueillir. La plupart de ces détails se rencontrent d'ailleurs dans les passages dont la couleur est le plus antique. Nous revenons donc d'après ces textes au fils de l'émigré de Cyme, élevé comme berger ( TAéog.. v. 23) et agriculteur au village d'Ascra , près de l'IIélicon. Malgré des débuts pénibles, l'héritage dut acquérir quelque valeur : les deux frères Hésiode etPersès plaidèrent devant un juge qui, gagné par des présents, donna gain de cause au second (Opp. et D , v. 58). Toutefois, le poète vit tomber dans la misère ce frère injuste et inconsidéré, il l'assista de ses propres ressources, et plus encore de ses conseils, car c'est à lui qu'il adresse son poème économique, en assaisonnant ses avis d'apostrophes un peu rudes. Peut-être abandonna- 1- il le bourg d'Ascra , qu'il qualifie peu favorablement (si ce n'est pas le fait d'un interpola teur) au v. 639 : « Ascra, séjour « malfaisant en hiver, odieux en été, toujours « mauvais. » Quelques conjectures à peine fondées sur des variantes de textes feraient supposer qu'il alla ensuite se fixera Orchomène (de Béotie), cette cité poétique et florissante dont la destinée était de disparaître promptement du sol de la Grèce. Ce qui est certain, c'est que dans cette contrée d'Orchomène, on montrait le tombeau d'Hésiode; mais Pausanias, qui nous l'apprend, ajoute que les Minyens, habitants du pays, pour mettre fin à une maladie contagieuse, avaient été chercher, sur l'avis d'un oracle, les restes du poète jusqu'aux environs de Naupacte, dans la Locride. Une corneille par son vol en avait fait ' découvrir la place au creux d'un rocher. La vieil ■ leste d Ilisiode était devenue proverbiale pour désigner un âge très-avancé. One tradition lui attribuait le privilège d'avoir eu deux jeunesses , et d'avoir été deux fois enseveli : tel est le sens d'un distique arbitrairement imputé à Pindarc. Quelques récits ont été imaginés sur les circon-
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stances de sa mort, occasionnée par une vengeance dont le motif lui était étranger, l'un de ses compagnons de voyage ayant insulté une femme daos la maison de son hôte. MaU il devient superflu de poursuivre ces détails peu accrédités d'ailleurs Ce qu'atteste l'antiquité tout entière , c'est l'imposante autorité, le charme impérissable des poèmes du vieillard d'Ascra, dont les beaux passages étaient les premières leçons des enfants dans les écoles grecques et romaines. Tels en sont encore les caractères aux yeux des modernes, sauf les nombreuses inégalités à discerner dans le petit recueil qui nous reste. Des nombreux ouvrages attribués à Hésiode, trois seulement sont parvenus jusqu'à nous, ce sont : ht Travaux et let Jour t. la Théogonie et U Bouclier d'Hercule. Le premier de ces poèmes en est aussi le plus riche de beautés poétiques et de hautes pensées morales. L'honneur d'avoir fourni à Virgile l'idée première de ses Giorgiques ; la description des cinq âges, les préceptes graves, naïfs, sublimes et gracieux de la sagesse primitive des peuples, et la fable de Pandore, ont mis cet ouvrage au rang des plus beaux présents que nous ail faits l'antiquité. Les Béotiens en conservaient religieusement une copie sur plomb, qu'ils montrèrent à Pausanias, laquelle commençait au onzième vers de nos éditions vulgaires (leçon que Brunck a suivie dans la sienne) (1). Aristote, Platon, Xénophon, Cicéron rappellent ou citent fréquemment ce poème. Nous n'avons pas à en faire l'analyse, mais nous observerons que le second titre , du jourt, se rapporte seulement, sur 826 vers dont il se compose, à une soixantaine de vers rejetés à la fin , où sont designés comme dans une sorte d'almanach populaire et superstitieux les jours du mois et de l'année favorables ou défavorables aux divers travaux du ménage, de l'agriculture ou de la navigation. Le poème de la Théogonie , en un millier de vers, est d'une composition fragmentaire et dépourvue de proportion comme Te précédent , quoique la nature de ces généalogies et de ces révolutions divines comporte même sans art une suite plus régulière. Ce monument, le second pour la valeur littéraire, est d'une suprême importance pour l'étude des antiques croyances religieuses de la Grèce proprement dite, dont Homère n'a connu ou rappelé que des souvenirs épars fort incomplets. Les antécédents de son Olympe, relativement moderne comme sa civilisation ionienne, apparaissent dans l'œuvre hesiodique , qui n'a ni la régularité suspecte d'un système, ni le caractère d'une fantaisie des-
1U Voici l'intéressant passage de Pausamas . Deteript. de la Crée* , IX, 31 : « Les Béotien» des environs de l'IIélicon a**arent, d'après leur tradition . qu'Hésiode n'a pas (ait d'autre ouvrage que le poème de» Travaux , encore en rctrancbcnt-ile l'exorde sur lea Mutes, le faisant commencer a l'endroit où il parle des deux «ortes d'émulation. Au lieu où se trouve la fontaine ( Hippocréne), ila me montrèrent du plomb , considérablement endommagé par le temps , sur lequel avait été grave la ' poème des Travaux. »
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tinée à l'amusement de l'imagination. C'est une grave et souvent majestueuse légende des divers ordres et des dynasties successives de divinités qui se développèrent dans la théologie grecque, soit par le progrès des populations, soit par leur mélange, selon leur caractère plus sacerdotal ou plus héroïque, depuis le mysticisme naturaliste des premiers âges , voué au culte du ciel , de la Terre, de l'Océan, Uranus , Ga?a, Pontos, etc., en traversant une longue nomenclature de divinités allégoriques et l'époque de Cronus et de Rhea, jusqu'à l'avènement de Jupiter, sa lutte contre les Titans, contre le génie de rhumanité(Prométhée), et enfin les générationsde dieux dont il est le père. Le symbolisme naïf et sérieux de cet ouvrage provoqua dès l'antiquité de nombreux commentaires dont il ne nous reste que les titres; la plupart des écoles philosophiques de la Grèce prétendirent faire rentrer leurs principes cosmogoniques dans les symboles religieux d'Hésiode, et de semblables efforts d'interprétation ont puissamment préoccupé de nos jours la science moderne. Enfin le troisième ouvrage attribué à notre poète, le Bouclier d'HercuU, est un morceau épique de quatre cent soixante-dix-neuf vers, fort inférieur aux deux précédents sous tous les rapports. Le début raconte la naissance des deux fils d'Alcmène, engendrés par Jupiter et par Amphitryon. Une lacune considérable du texte amène brusquement un combat entre Cycnuset Hercule, lequel revêt ses armes, et là vient une interminable description des tableaux tracés par Vulcain sur le bouclier, faible imitation du modèle offert dans l'Iliade. Cette description occupe plus du tiers du fragment total. Aucun lecteur instruit ne peut être dupe aujourd'hui de la fiction du nom d'Hésiode imposé à ce lambeau de l'école homérique dégénérée. La critique des anciens en a jugé ainsi elle-même, au témoignage d'un certain nombre de scholiastes. Quant aux ouvrages perdus pour nous que l'antiquité attribuait à Hésiode, il faut se rappeler, en en recueillant les indications, toute la négligence avec laquelle les anciens désignaient dans les œuvres poétiques tel ou tel - 1 1 e t traité de çà ou de là , plutôt que le véritable 'litre d'un livre complet et isolé, titre qui bien souvent manquait au travail aussi bien que l'intégrité même de la composition et du manuscrit. Cela est vrai surtout des plus anciens auteurs, et c'est ainsi qu'une longue énumération des OEuvres d'Hésiode pourrait sembler vraiment dérisoire. Voici ce que savait à cet égard, dans la confusion de ses souvenirs, le docte Pausanias (K, 31). Après avoir dit que les Béotiens de l'Ilélicon ne voulaient attribuer à leur poète que les Travaux, il ajoute : « Une opinion bien différente admet « qu'Hésiode composa un grand nombre d'autres « poèmes : ceux où sont chantées des femmes, « les Grandes Eoœ, comme on les appelle, la « Théogonie, et ce qui traite du divin Nelam- « pus , et comme quoi Thésée descendit aux
HÊS 373
• enfers avec Pirithous, les préceptes de Chiron | « pour l'éducation d'Achille, et de plus tout ce « qui traite des travaux et des jours. Les mêmes « prétendent qu'Hésiode apprit la divination chez « les Acarnaniens, et il existe des vers sur cet « art (epé mantika, Clavier traduit Des prédictions « en vers), que j'ai lus moi-même, et des inter- « prétations de signes (Clavier : Un livre d'explica- « tion des prodiges). » Avec d'autres compilateurs, tels qu'Athénée et Suidas, on pourra porter au compte d'Hésiode des poè'mes intitulés Astronomie, ou Astrologie, les noces de Céyx, le chant épitha- Iame de Thétis et de Pélée, le poème sur les Dactyles de l'Ida, l'.Egimius, un chant fun *bre sur un certain Ratrachus, les potiers, etc.. C'est à l'érudition spéciale de discuter entre ces vagues désignations celles qui rentrent les unes dans les autres, celles qui relèvent plus ou moins directement de l'Hésiode que nous avons, celles enfin qui attestent les diverses ramifications dans lesquelles se développa l'école poétique représentée par ce grand nom. Expliquons seulement ce titre bizarre des Grandes Eoœ, nouvelle preuve de l'absence des titres exacts , comme nous en voulons pour nos poèmes modernes. Eoa est la réduction en un seul mot de deux mots par lesquels le poète dans ses récits de femmes célèbres passait de l'une à l'autre en disant : ou telle que. C'est par ces mots appliqués à Alcmène que commence le Bouclier d'Hercule. Quant aux fragment/, dont on peut voir moins d'une centaine choisis dans la petite édition Roissonade, ils sont fort courts et de quelque intérêt grammatical, géographique ou mythologique. Le plus long, de dix-neuf vers, est une répétition, avec de notables différences, de la naissance de Minerve racontée dans la Théogonie. Enfin, nous possédons aussi quelques scholics aux poèmes d'Hésiode par Proclus, Tzetzes, Moschopulos, etc. Reste à donner un sommaire des éditions d'Hésiode (1). Les Travaux et les Jours furent publiés pour la première fois à Milan, 1493, in-fol., par les soins de Oémétrius Chalcondyle, arec Isocrate et Théocrite : mais comme le poème d'Hésiode ne se trouvait pas dans tous les e emplâtres, on regarda longtemps comme é lition princeps celle d'Aide Manuce, Venise, 1495, in-fol., qui renferme, avec plusieurs aulr s petits poè'mes gnomiques , la Théogonie d'Hé.-iode et le Bouclier d'Hercule. Le 16e siècle vit paraître un assez grand nombre d'éditions d'Hésiode, parmi lesquelles il faut distinguer celle de Victor Triocavelli, imprimée à Venise chez Zanetti, 1337, in-4°. C'est la première qui présente les trois poèmes d'Hésiode réunis, et accompagnés des seliolies grecques de Proclus, de Jean Tzetzès et de Moschopule : elle est d'ailleurs très-correcte et d'une belle exécution typographique. Celle de Bàle, 1342, in-8°, est avec la version latine de Valla, et
II) Ce »omm»lre est celui du premier auteur de cet trUcl*,
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les scholies de Tzelzès. Celle de Henri EUienne, Paris, 1560, in-fol., est la première où la critique du texte ait appelé l'attentioa de l'éditeur : elle e*t devenue la base de la plupart des suivantes. Oporinus donna à Baie, en 1574, in-8°, les OEucrrs d'Hésiode, avec une version latiae des scholies de Tzelzès. Celle de Spondanus, grecque et latine , la Rochelle, 1592, petit in-8°, est une édition rare et excellente. Le 17e siècle nous offre l'Hésiode de Daniel Heinsius, Plantiu, 1603, in-4' Cette édition , que tant de titres recommandent aux savants, est devenue excessivement rare; mais ce qu'elle renferme de plus précieux se retrouve dans celle d'Amsterdam, 1701, in -H", qui contient de plus les Lectiones Hesiodeat de Grasviu» et l'Index de Pasor. Jusqu'ici, l'érudition, les recherches savantes, et la collation des manuscrits avaient fait beaucoup pour Hésiode ; mais il ne devait rien encore au luxe typographique, lorsque Thom. Robinson publia sa belle édition à Oxford, 1734, grand in-4°. De nouveaux manuscrits furent consultés pour la Théogonie et les Travaux et les Jours. I /éditeur ajouta ses propres observations anx notes d'Heinsius, de Guyetet de Leclerc ; une dissertation sur la vie, les ouvrages et le siècle d'Hésiode; et le Combat d'Homère et d'Hésiode, avec une nouvelle traduction latine et les notes de Barnès. Cette édition, en un mot, ne laissait à désirer que les scholies grecques : aussi gagnat-elle beaucoup entre les mains de Lœsner, qui la publia de nouveau, avec d'importantes additions, Leipsiek, 1778, in-8°. Nous avons parlé déjà de celle de Brunck , p. 150 de sou Recueil des poètes g nomiqtset . Strasbourg, 1784. Le savant et ingénieux éditeur s'est servi pour établir sou texte d'un manuscrit d'Hésiode de la bibliothèque du roi , et d'un autre de Stobée , qui n'avait point encore été consulté. Il eut été à désirer que son travail embrassât les trois pommes attribués à Hésiode , au lieu de se borner à celui des Travaux, qu'il a heureusement corr gé dans plusieurs endroit* , et purgé de plus de cinquante ver», justement réputée suspects. L'année suivante (1785), Bodoni fit paraître, à Parme, les ouvrages d'Hésiode, avec la traduction en vers latins de Bernard Zamagna , de Raguse, traduction assez élégante , mais en général peu lidèle et qui ne méritait pas un tel honneur typographique. Nous ne devon» pas oublier l'édition publiée à Le rage-w, 1793, in-8", avec la traduction allemande de Hartmann, et les remarques de Wachler, ni celle de Lanzi, accompagnée d'une traduction italienne, ra tenm Hm, Florence, 1808, grand in-4"; elle ne contient que le poème des Travaux et des Jours, avec un discours préliminaire et de longues notes, qui n'offrent rien qu'on ne retrouve ailleurs. Sans parler des nombreuses traductions qui existent en vers latins des ouvrages de ce poète, il a été traduit en français, par Ant. Baïf, Paris, 1574, tn-4°; par le Gras, ibid., 1586 ou 1U59; par Bergier, dans son Origine des dieux
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du paganisme, Paris, 2 vol. in-12; par Gin, Paria, I 1785, in-12; et par Coupé, 1796,2 vol. in-18: chez les Anglais, par Chapman, Londres, 1618, in-4° ; par Thomas Cooke , avec des notes critiques et philologique», ibid., 1728 , 2 vol. in-40; 1 et par C. A. Elton, ibid., 1813 : en vers italiens, par le comte Carli, Venise, 1744; la Théogonie seulement et les Travaux, par Paolo Brazzuolo, Padoue, 1764, in -4° (1}. A-D-R Revu par V-c-a. HESIUS. Voyei É&Ui».
HESM1VÏ D'AURIBEAU (l'abbé Pierre), ItUérv teur, né à Digne en 1756, entra en 1772 dans la congrégation de l'Oratoire ; il fut professeur d'éloquence au Uans en 1780,et le roi le nomma en 1782 chanoine et archidiacre de l'église de Digne; il fut ensuite officiai et vicaire général du diocèse. La persécution le força de s'en éloigner en 1792. Réfugié à Rome, il fut accueilli avec une extrême bienveillance par madame Adélaïde, tante de Louis XVL, et, sous la direction du cardinal Gcrdil, y consacra sa plume à la défense de l'autel et du trône. Barrai de Rome en 1798 par l'armée française, sou» peine de mort, il eut le bonheur de suivre Pic M, qui lui accorda les diplômes les plu» honorable». Conclaviste du cardinal Carafa en 1800, il retourna avec cette émioence, en qualité de son majordome, dans la capitale du monde chrétien, où il poursuivit ses travaux avec le même zèle. Pie VU le nomma en 1805 à un canonical de, \a basilique de Sainte-Marie w via iota, première diaeouie cardinalice. Après avoir été professeur de littérature française à la faculté des lettres dans l'université de Pise , il revint en France, où il »t consacra à des objets ecclésiastiques et littéraires. Nous ignorons l'époque de sa raorL L'abbé d'Uesmivy d'Auribeau était membre de la société l.tiérairedu Mans, de l'Académie des arcade» de Rome, sou» le nom de Vatindo Ctdonio. de celle de Val d'Arao-Pétrarque, etc. Voici la bsle de ses principaux ouvrages : 1° Éloge funèbre de S. M. Louis XVI, prononcé en latin par Léardi, en présence de Pie VI, traduit en français, Rome, 1794, in-4° et in-8°; dédié à Mesdames de France; 2° Discourt aux Romains sur Us prodiges par lesquels le ligueur a manifesté sa. tpute-puusasut pour la défense et la gloire de son Eglise uUns ces derniers temps, par Marotli , traduit du latin en français, Rome, 1794, in-8° avec note»; 3° Traduction de la première lettre pastorale latine dm) cardinal Maury , éie'que de Montefiascone . elC-, Viterbc, 1794, in-8% 4» Mémoires pour sertir à l'histoire de la persécution française, recueillis par Ut ordres de Pie VI, Rome, 1795, 2 vol. io-S°; dédié» à Sa Sainteté; 5° Bienfaits de Pie VI et de tu Etat» entiers Us fronçait émigrés. Rome, 1796, in-8" , 6° Paris, rends tes comptes, Venise, 1799»
|1] On doit recommander aux ttudtenx lecteurs, outre l'fterflente édition de Lunner ci-densu» mentionnée, celte de C. GoeO> Ung, GoUia, 1S31, pourvue d'un tie»-doct« et nabi e «vicnr*-. taire: de plus , I He»iode d« collection» OaUford, BoisaonaAI et Dindort, enfin, une traduction allemande de J.-H. Vea*. Hcidclberg, lbOÔ.
in -S", italien et français; 7° Témoignages authentiques contre le serment de haine à la royauté. Venise, «799, io-8°; 8" Oraison funèbre de rie VI. prononcée en latin par Braneadoro , en présence du sacré collège à Venise, traduite en français, et dédiée à S. M Louis XVIU, suivie de Notes du traducteur fort intéressantes pour l'histoire de ce pontife, Venise, 1795, in-fol., in-8° et in-16; la même, traduite du français en italien , par l'abbé Paliuario Canna, Kioiini, 1800, in-8°, fig.; 9° Oraison funèbre du cardinal Gerdil (voy. GlbjulJ, in- 8°; dédiée aux Français, avec des notes très- étendues; 10° l'Antiquaire, ou le Guide des étrangers pour un court d'antiquités romaines, traduit de l'italien, Rouie, 1802, in-8°; 11° Description du monument de Canota à la mémoire de Marie Christine, archiduchesse d'Autriche, traduite de l'italien, Rome, 1802, io-12; 12° Journées pittoresques des édifices antiques de Rouie et de ses environs, par L'ggeri, traduites de l'italien, Rome, 1804 et suiv., 5 vol. in - i ; 13° Journal sur les médailles antiques inédites, par Alex. Visoonti, traduit de l'italien, Rome, 180(3, in-t », et interrompu par les événements ultérieurs; 14* Discours académique sur les avantages de la langue française, avec des notes historiques et littéraires, prononcé en 1812 à IV ni ver si te de Pise, où M. d' Au ri beau était alors professeur de littérature française, Pise, 1812, in-4"; 19» Extraits de quelques écrits de l'auteur des Mémoires pour sertir à l'histoire de la persécution. Pise, 1814, 2 val. hv8°; 16» Lettres sur les conclaves , Paris, 1823, in-8°; 17° Discours académiques et mélanges historiques sur àlussillon, suivis d'un choix de réflexions des plus habiles écrivains sur l'éloquence sacne, pour ceux qui se destinent à la chaire, Besançon et Paris, 1823, in-8* (S* édition). Les Mélanges historiques sur Mastillon furent imprimés pour la première fois à la suite d'un discours inédit de ce célèbre orateur sur le danger des mauvaises lectures, le tout faisant partie de l'édition compacte des OEuures de Maseillan publiée par ileauce-Husand. L'abbé Hesmivy retoucha son travail, y ajouta trois éloges de Massii- Jon et le publia sous le titre ci-dessus. 18° Inscriptions du nouveau et magnifique reliquaire de la sainte ampoule dans le trésor de CégUse métropolitaine de Reims, suivies d'inscriptions pour les médailles du sacre et du couronnement de Charles X, roi de France, Paris, 1825, in-4"; «9° Histoire chalcographique des dix-sept années saintes du jubilé unirersel suisne du texte latin, etc., Paris, 1820, io-12; 20» Lettre à M. le comte mut les épita/mes de LU EE. MM. Us cardinaux de liait s set et de la Luxeme, suivie d'une notice sur la Sorbonnc et sur le cardinal de Richelieu, l'aris, 1826, in-4» (1). Z.
{Il Alexandre HemniTy d'Anribcau (son Irere cadet). capitaine de rai*.*eau , cheraîler de Bt-Loul». partit de Ilre.t en 1*98, »v*< d'Eotreca-teaux, puur aller à la découverte de la IVn.une Le 20 juillet 17SK1, le chevalier d'Eiitreeaateaux étant mort. Il prit le commandement de la HecArrçht et de VRtpérancr. Heenn dé far le» .Itfitarreter àBoutabatt. le tti terrier 1-W.leaeUirter.
HESNAULT (Jean), poc*te français du 17» siècle, était fils d'un boulanger de Paris. La date de sa naissance est ignorée ; et les biographes écrivent son nom de différentes manières. Ami de Chapelle, il reçut avec lui les leçons du philosophe Gassendi. On croit que, par la protection de Foutpiet, il obtint d'abord dans le Forez une recette des tailles, qu'il ne garda pas longtemps. Voici ce qu'Hesnault nous apprend lui-même dans une églogue de six cents vers que nous a conservée le Furetiriaua. 16%, in-12. Étant sans place, il alla tenter la fortune dans les Pays-Bas, en Hollande, en Angleterre, etc.; il espérait se fixer à Messine, lorsque des changements survenus dans le gouvernement de la Sicile le contraignirent de la quitter; de retour en France, il fut pourvu (dans le Bourbonnais, dit-on} d'un nouvel emploi qu'il perdit encore; il ne lui restait plus que l'appui du surintendant, dont la disgrâce éclata bientôt après. Tout le monde sait qu'Hesnault fit alors contre Colbert, ennemi de Fouquet, un sonnet plein d'énergie. Il voulut inutilement le supprimer, en apprenant la réponse si noble du ministre qu'il avait outragé (coy. Colbert). L'opinion deGoujet nous semble peu fondée lorsqu'il dit que ce sonnet, sans contredit l'un des plus remarquables que nous ayons en notre langue, pourrait être d'un nommé Mathuriu Hénaut , rimeur très-obscur, condamné, en 1661 , pour des vers satiriques, à neuf années de bannissement. En 1670, Jean llesnault publia un volume in-12 de 264 pages, intitulé Œuvres diverses, contenant la Consolation à Olimpe sur la mort d'Alcimedon; limitation de quelques chœurs de Sénéque le tragique; Lettres en vers et en prose,- le Bail d'un etrur; divers Sonnets et autres pièces, par le sieur D. H**», Paris, Claude Barbin. La Consolation à Olympe est en prose : cette dissertation d'un véritable élève dTÈpieure , contient plus d'un tiers du volume; et c'est mal à propos qu'on l'a comprise dans les CEnvres de St-Évreniond. Les morceaux imités de Sénètjuc sont les chœurs des second et quatrième actes de la Tronde, et du second acte de Thyerte : le plus souvent deux vers latins sont paraphrasés en huit ou dix vers français. Les trois lettres galantes à Iris, celles à Lucrèce et à Sapho présentent les développements d'une morale peu sévère; le Bail du cœur de Chloris est d'une grande licence. Parmi les sonnets on trouve, même en latin, criai de Y Avorton (1), que l'on cite toujours, quoiqu'il soit
rtvoluuonneir-.-» qui étaient «ouseee nrdrea, et arbora le f
blanc. Il drbarqua ensuite le» privmnirru et leur rendit la liberté. Victime de l'insalubrité dn climat de Plie de Java, i* y »acorimba •ta nioia aprea, et mourut dant ira eestimeiiu l<a plu» religieux le 33 auùt 17*1 ; l'oy.ife ,f Bntreerttieaui , par M île Rosacl, qui «ucreda 4 M d'Auribeau potrr le eemmaadeineat <
tll La plupart de» l>«rtk>anairea prétendent, d âpre* l'auteur du Siicie <U Louu XIV. diap. Ut. que ce «onnet a M lait A l'occasion d'une Site cTtionneur de la reine. Cesl une nadver- Unoe de Voltaire . puisqu'il rapporte 4 l'année 167a l'areutore trop connue de mademoiselle die Guerchi, qu'il ne nomme (On peut voir, dans le Xouveau Sthte dt ls>u\* XIV, \r* «mte» alIrcUMs de cette aventure, pour laquelle aux douie fille» d'tion- Heur on aubaiitua douce damée cf dé|4 Imorimé en 1670.
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irrégulier et surcharge d'antithèses. On voudrait y rencontrer également le sonnet sur les Douceurs de la vie privée (1) : il n'offre pas des idées ingénieuses comme le premier; mais il serait le plus intéressant du recueil. Bay le, à l'article Hesnault, s'exprime ainsi : « C'était un homme d'esprit et « d'érudition, aimant le plaisir avec raffinement...; « mais... il se piquait d'athéisme...; il avait com- « posé trois différents systèmes de la mortalité de « l'âme, et avait fait le voyage de la Hollande
« exprès pour voir Spinosa A la mort , il
« se convertit Son confesseur fut obligé de
»« l'empêcher de recevoir le viatique au milieu de t .«a chambre, la corde au col... 11 a montré à « madame Deshoulières tout ce qu'il savait et « croyait savoir : on prétend qu'il y parait dans « les ouvrages de cette dame ». Nous sommes loin de regarder comme incontestables les faits avancés par Baylc ; mais nous sommes étonné que l'abbé Goujet les rejette sans y opposer aucune preuve qui les détruise. Il est certain qu'Hesnault professe ouvertement le matérialisme dans ses propres ouvrages, et qu'en imitant ou traduisant les anciens il semble choisir de prédilection les endroits analogues à cette doctrine. Il n'est pas moins évident que sa vie, livrée au désordre des passions, nuisit à ses projets de fortune. Quant à madame Deshoulières , il serait injuste de lui supposer les opinions du poète dont elle fut l'écolière (voy. Deshoulières . ) Elle termine à la vérité l'idylle du ruisseau par les trois vers suivants :
Noos Irons reporter ta rie infortunée,
Que le hasard nous a donnée , Dans le sein du néant d'où nous sommes sortis.
Mais ces vers doivent-ils être pris dans un sens rigoureux et dogmatique, lorsque les principes de celte femme respectable sont partout ailleurs les plus sages et les moins équivoques? Suivant Titon du Tillet, l'époque de la mort d'Hesnault n'est pas plus connue que celle de sa naissance [Panuute français). D'après un nécrologe manuscrit de la Monnoye, il mourut à Paris en 1682. Ce dernier éditeur se trompe en affirmant que la « traduction qu'il publie en vers français du corn- « mencement de Lucrèce, par Hesnault, n'avait « jamais été vue qu'en manuscrit. » ( Recueil de pièces choisies, 4714, 2 vol.) Cette Invocation à Vénus, l'une de nos meilleures traductions en vers du 17" siècle, avait été mise au jour en 1694 dans un autre Recueil de pièces curieuses et nouvelles. Elle fut conservée par les amis du traducteur, qui s'était longtemps exercé sur le poème de Lucrèce, et qui, par un scrupule de conscience, sacrifia tout son travail , sur l'étendue duquel on n'est pas d'accord. Si l'on en croit la Monnoye, Boileau regardait notre auteur comme l'un des hommes qui tournaient le mieux un vers. Pour s'excuser d'en avoir parlé avec mépris dans sa 9«
(1) II tat inaéré dani la Bibhoth. /rû%f. de Goujet , t. 1S, et dan* les Anualtt pottiquu , t. 34.